Chapitre 15 : Nous rêvons d'étoiles…
Août 1982.
Deux semaines qu'Euphémia avait eu les résultats de son test de grossesse.
Deux semaines que Remus ruminait en silence, ne cessant de regarder le ventre de sa compagne avec une certaine anxiété. Ils avaient bien entendu pris un rendez-vous avec un Médicomage de St-Mangouste et celui-ci lui avait confirmé ces inquiétudes il y avait cinquante pourcent de chance qu'il soit ou non un Loup-Garou.
A la suite de cet entretien, ils n'en avaient pas reparlé comme par peur d'évoquer le sujet ou par crainte que l'un ou l'autre ne soit en désaccord sur la décision à prendre. Remus avait bien entendu envie d'être père, fonder une famille avec Euphémia était un doux rêve auquel il n'avait jamais trop osé y croire. Ils étaient en couple depuis peu de mois, néanmoins les épreuves, qu'ils avaient traversé ensemble, les rendaient plus fort pour affronter l'avenir qui les attendait.
Ils étaient soudés envers et contre tous.
Cependant, pouvait-il imposer cette situation à celle qu'il aimait ? Pouvait-il lui demander de garder l'enfant avec pour risque qu'il ne soit, lui aussi, un Loup-Garou ? Remus savait très bien les conséquences à venir pour l'avoir vécu dans sa jeunesse avec ses parents déménagement, regards, dégoût, isolement…
Oui, il avait déjà une maison isolée aux abords d'un bois, au vu de sa condition, et sans doute que cela leur permettrait d'éviter des déménagements successifs. Malheureusement, il était aussi réaliste, il n'était pas né Lycan mais devenu à l'âge de sept ans. Est-ce qu'un bébé serait en mesure de survivre à une première transformation ?
Est-ce que cet enfant, en prenant tous les risques en compte, n'était pas déjà condamné avant son premier souffle ? S'il venait à mourir au bout d'un petit mois, au bout de la première lune, ils s'y seraient attacher et la douleur n'en serait que plus grande…
Ne valait-il pas mieux qu'Euphémia avorte ?
Oui, mais s'il n'en était pas un…
Il aurait eu l'impression de passer à côté de quelque chose.
Désemparé et totalement perdu, Moony ne savait plus quoi penser, quoi faire et conseiller à Euphémia qu'il voyait se transformer de jour en jour. Son ventre s'était largement arrondi, il l'entendait régulièrement chantonner et curieusement ses cauchemars semblaient moindres depuis l'annonce de sa grossesse. Sans doute que son esprit, étant concentré sur autre chose, lui faisait peu à peu oublier ce qu'elle avait vécu. Elle rayonnait même si parfois des odeurs pouvaient l'accommoder et la faire vomir.
Il ne la sentait pas inquiète en outre mesure ou bien ne réalisait-elle pas bien la situation ?
Seulement pouvait-il l'en blâmer ?
Depuis qu'ils étaient ensemble, elle avait vécu deux pleines lunes avec lui et à chaque fois, elle était à son chevet pour le soigner, le faire manger ainsi que lui montrer qu'elle était et serait toujours là pour lui, quoi qu'il arrive.
Ce n'était pas pour lui déplaire, bien au contraire, c'était son réconfort après sa transformation. Il avait appris à apprécier sa présence et il y avait pris goût. Parfois, il n'arrivait toujours pas à concevoir tout ce qui avait pu se passer au cours de ces derniers mois et comme sa vie avait changé, juste parce qu'il l'avait rencontré elle.
Elle qui l'aimait malgré son statut de loup-garou.
Elle qui portait son enfant.
« Remus ? L'appela-t-elle en se retournant vers lui. Nous sommes arrivés, ajouta Euphémia en croisant son regard ambré. On se retrouve ce soir, dit-elle en posant une main affectueuse sur sa joue.
- Oui, tu es certaine de vouloir encore travailler ? Je veux dire, avec la gro…
- Remus, ce n'est pas une maladie, je vais bien, rassure-toi, lui souffla-t-elle amoureusement en déposant un baiser sur ses lèvres. Tu as tes cours à préparer pour la rentrée, alors profite en, parce qu'une fois que je serais rentrée à la maison, tu n'auras plus une seconde à toi, ajouta-t-elle d'humeur taquine et coquine.
- Vous aurez ma peau Miss Smith, rigola-t-il contre ses lèvres. Euphémia ?
- Oui, répondit-elle en fronçant des sourcils face à son ton grave.
- Je… »
« Je voudrais qu'on parle de notre enfant, ce soir… ».
C'est ce qu'il aimerait lui dire, c'est ce dont il aimerait parler avec elle. Malheureusement les mots ne vinrent pas, et à la place, il prononça un « Je t'aime » avant de s'en aller et de laisser une Euphie quelque peu perdue. Elle soupira profondément avant de rentrer dans la librairie afin d'y entamer son travail de la journée. Néanmoins la matinée ne lui parue jamais aussi longue, pourtant ce n'était pas les clients qui manquaient, surtout avec la rentrée qui s'annonçait.
Non, le problème était qu'elle avait hâte de retrouver Remus à cause de ce mauvais pressentiment qui lui nouait l'estomac. Elle savait ou plutôt, se doutait de quoi il avait voulu lui parler. Inconsciemment, elle porta une main sur son ventre tout en se regardant. Elle savait que Remus était quelque peu réticent face à cette grossesse plus qu'inattendue. Elle savait ces angoisses liaient à son statut de Lycan, elle pouvait les comprendre, néanmoins pouvait-elle pour autant renoncer à cette vie qui grandissait en elle ?
Le Médicomage leur avait déclaré que s'ils souhaitaient procéder à un avortement, le plus rapidement serait le mieux, étant déjà à un mois de grossesse révolue. Seulement, elle n'arrivait pas à s'imaginer qu'on vienne à le lui retirer, elle aurait comme la sensation de se sentir vide.
Comme lors de la mort de ses parents.
Elle n'avait pas envie de tuer cette vie qui était en train de naître.
Elle voulait voir le visage de cet enfant, son caractère, sa personnalité, le connaître et pouvoir l'aimer. Elle savait que Remus ferait un père exceptionnel, il suffisait de le voir en compagnie d'Harry et la pédagogie qu'il avait avec ses élèves.
Elle se moquait d'avoir un deuxième loup-garou dans son foyer où plutôt sa famille.
D'autant plus, que rien n'était sûr, il y avait aussi une chance que l'enfant prenne de ces gênes à elle. Elle voulait y croire, elle voulait au moins s'accorder ce rêve.
Ils avaient vécu bien pires et ils étaient là, debout, vivants et qui sait, prochainement parents ?
Alors qu'elle prit une pile de livre et qu'elle se retourna, elle tamponna violemment une personne sur son chemin qui la fit tomber en arrière. Euphémia grimaça légèrement en sentant son bassin cogner contre une bibliothèque tandis qu'elle entendit une voix qu'elle aurait pu reconnaître entre-mille
« Je suis désolé Euphie, est-ce que ça va ?
- Ça devrait aller Sirius, dit-elle en attrapant sa main pour s'aider à se relever. Que fais-tu ici ? Ce n'est pourtant pas le lieu prédestiné à te rencontrer, le taquina-t-elle.
- Bien sûr que si, puisque tu t'y trouves, répondit-il avec un sourire charmeur tandis que la concernée leva les yeux vers le ciel tout en soupirant.
- Tu ne peux vraiment pas t'en empêcher, ajouta Euphémia en ramassant ses livres.
- Quoi donc ? feignit-il en l'aidant.
- De charmer, répondit-elle comme une évidence.
- Cela fait partit de mon charme, répliqua-t-il en souriant d'un air amusé.
- Irrécupérable, épuisant, énuméra la jeune femme désespérée par le comportement enfantin de Sirius. Tu m'étonnes qu'à Poudlard, les professeurs étaient tournés en bourrique…
- Pas seulement en bourrique, renchérit-il en lui tendant le dernier livre de sa pile. Tu sembles en pleine forme, remarqua Sirius en la détaillant.
- Toi aussi, que me vaut l'honneur de ta visite ?
- Je reviens de chez Gringott et je me suis dit que c'était l'occasion de te voir, expliqua tout simplement Black en haussant des épaules tout en regardant autour de lui. Après tout, nous nous ne sommes pas revus depuis le repas chez James et Remus semble être en mode silence radio, du coup, je viens prendre des nouvelles en direct…
- Oh, souffla Euphémia en se dirigeant vers le fond de la boutique pour y déposer magiquement sa pile de livre qu'elle entreprit de redistribuer sur leur étagère. Nous allons bien, Remus est juste un peu… »
Un peu quoi ? Sonné ? Bouleversé ? Inquiet ? Que devait-elle lui dire ? Personne n'était encore au courant pour sa grossesse et pourtant ce n'était pas faute d'avoir insisté auprès de Remus pour qu'ils en parlent aux autres. Seulement, il refusait et aux yeux d'Euphémia c'était une erreur, ils le connaissaient tous depuis son entrée à Poudlard et liés comme des frères. Sirius et James seraient sans doute les personnes les plus à même pour le rassurer et le conseiller…
« Un peu quoi ? reprit Sirius en la fixant face son silence.
- Je, je, crois-tu que c'est possible que nous prenions une pause à la terrasse de Florian ?
- Ce n'est pas à moi qu'il faut demander cela, mais à ton patron, rigola Padfoot avant de reprendre son sérieux devant le désarroi d'Euphémia. Que se passe-t-il ? Ne me dit pas qu'il recommence avec son petit problème de poil, lui chuchota Sirius.
- Eh bien, oui et non, disons que, que d'ici quelques mois une deuxième boule de poils pourrait voir le jour…annonça –t-elle en tentant un regard vers Black qui semblait enregistrer ses propos.
- Va demander une pause à ton patron, je t'attends chez Florian, répondit simplement Sirius en partant devant. »
Il ne lui fallut que quelques minutes pour rejoindre Sirius après que son patron lui ait accordé sa pause déjeuné étant bientôt l'heure de fermer la boutique pour le repas du midi. Euphémia prit place sur une chaise et elle sentit clairement le regard perçant de Black en train de la scruter. Elle ne lui aurait rien dit, qu'il n'y aurait vu que du feu, à dire vrai, hormis sa poitrine qui semblait un peu plus volumineuse, physiquement rien ne disait qu'elle était enceinte.
Enceinte de Remus.
Il comprenait un peu mieux le silence de son meilleur ami qui avait du se mortifier sur place à l'annonce de cette grossesse. Il savait par avance que si Euphémia lui avait demandé à le voir en privé, c'était sans aucun doute pour avoir son aide et des conseils.
« Comment a-t-il réagit ? demanda Sirius en fixant la jeune femme qui se mordit les lèvres.
- Ni mal, ni bien, il parait comme absent, comme…
- Sous le choc? Compléta Black en soupirant.
- En quelque sorte oui, approuva-t-elle en hochant de la tête. Sirius, est-ce imprudent de vouloir penser et souhaiter le mettre au monde ? lui demanda-t-elle de but en blanc, suspendu aux lèvres de son ami.
- Tu connais le risque, je suppose que Remus t'en a informé…
- Ainsi que le Médicomage que nous avons rencontré, l'informa-t-elle en se tordant nerveusement les doigts. Je sais tout cela, mais sincèrement, vouloir le condamner avant même que cet enfant ne soit né, je…suis-je folle de rêver à cette famille, à trois ?
- Je…Ecoute Euphémia, entreprit Sirius en lui prenant ses mains. Je ne suis pas le mieux placé pour te parler de famille, comme tu le sais, personnellement mon unique famille se résume à vous, confia Black en ancrant son regard dans le sien. Souhaiter cet enfant, le voir pousser son premier cri et le regarder grandir, n'est pas un crime Euphie même s'il doit être un Lycan, chuchota-t-il en faisant attention au monde autour d'eux. Remus a toujours été complexé par sa nature, lui expliqua-t-il calmement. Il croyait ne pas mériter l'amour d'une femme alors imagine l'idée d'être père… Aujourd'hui, il lui arrive tout cela, il t'a toi et sans doute avait-il déjà quelques difficultés à le réaliser, alors apprendre qu'il risque de devenir père a du le bouleversé au plus haut point, Remus est ainsi, tu ne le changeras pas…
- Je ne veux pas le changer, je l'aime ainsi, c'est juste que…j'ai peur qu'il ne me demande d'avorter Sirius et je ne suis pas certaine que je réussirais à l'accepter bien gentiment, ce bébé, peu importe ce qu'il sera, je le veux, décréta-t-elle déterminée.
- C'est parfait ! s'exclama-t-il en claquant des mains, le sourire aux lèvres.
- Comment ? émit-elle surprise de sa réaction.
- Eh bien oui, tu lui dis la même chose qu'à moi, pourquoi compliquer les choses ?
- Mais, mais, s'il s'entête à…
- Euphémia, il t'aime, la coupa Sirius le plus sérieusement du monde. Je ne dis pas qu'il n'essaiera pas de te convaincre de ne pas garder le bébé mais si tu es suffisamment sûr de toi, il finira par t'écouter, à toi de le convaincre qu'il ferait un père formidable, et si vraiment il continue d'être borné, James et moi-même interviendront et compte aussi sur Lily pour lui tirer les oreilles, rigola Padfoot en arrachant un sourire chez la jeune fille.
- Merci pour ton écoute Sirius, j'y arriverais, je t'en fais la promesse, assura-t-elle plus que jamais motivée à convaincre Remus de garder l'enfant. »
C'était à elle de trouver les mots pour le rassurer et le convaincre d'assumer cette grossesse. Elle ne regrettait pas d'en avoir discuté avec Sirius, cela l'avait rendu plus confiante en ce qu'elle désirait faire. Quand Black vint à quitter Euphémia, il lui déposa un doux baiser dans ses cheveux tout en lui soufflant un dernier « courage », lui rappelant qu'elle était une Gryffondor. Cependant, certaines choses étaient plus facile à dire qu'à faire et quand vint enfin le moment de rentrer à la maison, l'angoisse et l'inquiétude de ne pas réussir lui retournèrent l'estomac.
Le repas se déroula dans la sérénité habituelle, les fenêtres de la maison étaient grandes ouvertes en raison des températures estivales tandis qu'une petite brise venait faire voler les rideaux et rafraîchir l'air de la maison. Elle finissait de nettoyer et ranger la cuisine alors que Remus était sortit dehors prendre l'air, réfléchissant à comment aborder le sujet avec Euphémia.
Il ne souhaitait pas la blesser en outre mesure et ni la faire pleurer, mais il avait beau retourner la situation dans tous les sens, la venue de cet enfant était juste impossible. Ils ne pouvaient se reposer sur le fait qu'il y avait une chance infime que le bébé puisse hériter des gênes d'Euphémia.
C'était un pari risqué auquel il ne souhaitait pas prendre part.
Il sentit alors deux bras s'enrouler autour de sa taille tandis que le corps chaud d'Euphémia vint se coller contre lui, son menton reposant sur le haut de son épaule droite. Il ferma les yeux quelques instants, se laissant bercer dans la douceur de ses bras avant d'entendre sa voix contre son oreille :
« Le ciel est magnifique ce soir, il n'y a un pas un nuage pour venir l'obscurcir…
- C'est vrai, on peut y voir toutes les constellations…Mia, entama-t-il en se retournant pour lui faire face, nous devons parler…
- Je sais, confia-t-elle en se reculant légèrement. Cela concerne l'avenir de cet enfant, n'est-ce pas ? lui demanda-t-elle en posant une main sur son ventre.
- Il n'en a aucun et tu le sais très bien, répondit calmement Remus en l'observant l'âme en peine. Cet enfant ne peut voir la lumière du jour…
- Pourquoi ? répliqua-t-elle sur la défensive. Parce que tu es un loup-garou et que tu juges qu'il sera inapte à le vivre lui aussi ?
- On ne le vit pas Euphémia ! s'exclama Lupin en sentant la colère monter en lui. On le subit ! Chaque jour de ma vie depuis que je suis devenue ce monstre, je l'ais subi ! Les regards, l'éloignement, la pitié, la douleur des transformations ! Comment crois-tu qu'un bébé pourra arriver à survivre à sa première pleine lune ? COMMENT ? »
La concernée déglutit passablement à la simple pensée de perdre l'enfant lors de sa première lune. Elle n'avait pas pensé à ce fait inévitable, s'il était un Lycan. Non, non, elle se refusait de spéculer, il y avait aussi une chance pour qu'il soit le plus humain possible ! Ils devaient aussi croire en cette possibilité !
« Je n'en ai aucune idée Remus ! Mais il peut aussi être tout à fait humain ! Nous sommes ces parents et nous serons là pour lui ! décréta la jeune femme avec vigueur.
- Cela ne suffit pas ! Nous ne pourrons pas le protéger continuellement ! Même si, par miracle, cet enfant survit à sa première lune, il y aura encore le problème de sa scolarisation puis de ces interrogations face aux regards des autres, lui apprendre à mentir, à grandir dans une société ou l'on hait les loups-garous !
- C'est faux Remus ! trancha-t-elle plus que jamais déterminée. Nous pouvons aussi lui apprendre qu'il peut se faire aimer par des sorciers et sorcières ! Tu oublies James, Lily, Sirius, Harry, ils t'ont toujours soutenu, aimés ! Ils t'ont prouvé à maintes reprises que tu pouvais être aimé pour ce que tu étais ! Dumbledore t'a fait confiance en te laissant être scolarisé à Poudlard et en te donnant le poste actuel de Professeur ! Nous aurons aussi son soutien ! Nous ne sommes pas seuls ! Cet enfant ne sera jamais seul Remus ! Jamais ! dit-elle avec une abnégation sans faille en l'affrontant du regard. »
La gorge sèche et nouée, les poings serrés, il ne savait pas quoi lui répondre, elle paraissait décidée, quoi qu'il lui dise. Bien sûr, elle n'avait pas entièrement tord, il devait le lui reconnaître, seulement il craignait que tout cela ne suffise pas. Il ne voulait pas affronter le regard de son enfant s'il venait à échouer. Il ne voulait pas voir la déception et la souffrance dans ses yeux par sa seule et unique faute.
« Remus, souffla Euphémia en posant une main sur son visage. Je veux croire en l'avenir de cet enfant, je veux y croire et y rêver avec toi…
- Si nous venons à échouer, si cet enfant finit par nous reprocher un jour de l'avoir mis au monde, qu'est-ce…
- Nous n'échouerons pas Remus, lui certifia-t-elle en ancrant ses yeux dans les siens. Tu feras un père exceptionnel et cet enfant sera fier de t'avoir en tant que père, même si tu es un loup-garou, chuchota Euphie. Il est le fruit de notre amour, je ne peux pas penser une seule seconde à le tuer, se serait comme tuer l'amour qu'on se voue Remus…
- Te rends-tu compte que nous pouvons aussi le perdre à sa première pleine lune ? lui rappela-t-il en posant ses mains sur son ventre. Supporteras-tu cela ? Supporteras-tu la douleur de le perdre après l'avoir vu et touché ?
- Tu seras là, murmura-t-elle la voix étranglée.
- Bien sûr, comme toujours, je serais toujours là pour toi, dit-il avec douceur.
- Je le serais aussi, souffla-t-elle en frottant son nez contre le sien. Je veux le voir naître avec toutes les conséquences que cela impliques, nous serons ensemble, je veux rêver et croire aux miracles, conclut-elle en encerclant son cou avec ces mains. »
Elle happa ses lèvres dans un doux baiser sous le ciel étoilé en ce mois d'Août.
Elle se moquait des regards, des jugements, de la crainte que pouvait ressentir les sorciers vis-à-vis des Loups-Garous. Si cet enfant venait à naître Lycan, elle serait là pour le lui apprendre, elle se savait assez bien entourée pour que leur enfant grandisse dans de bonnes conditions.
Elle voulait faire le bonheur de Remus.
Elle voulait le voir père, elle voulait construire une famille avec lui.
Elle voulait concevoir l'avenir avec lui.
Elle voulait voir les étoiles briller dans ses yeux.
Elle voulait éliminer cette peur qui le tiraillait de part en part.
Elle sentit alors la main de Remus se mêler dans ses cheveux pour mieux la rapprocher et approfondir le baiser. Peu à peu il l'emmena vers d'autres horizons pour lui montrer d'autres étoiles, lui faisant oublier leur dispute.
« Je t'aime Remus Lupin, murmura-t-elle contre ses lèvres qui dévoraient les siennes dans une lenteur affligeante. »
Et à cet instant, le monde pouvait bien s'écrouler, la terre s'arrêter de tourner, Remus se sentit transporté d'une joie incommensurable. Quelque part, tout au fond de son cœur, même si la crainte des jours à venir se faisait ressentir, il avait hâte de connaître l'enfant qui grandissait dans le ventre de celle qu'il aimait, et cela plus que tout au monde…
Ensemble, ils affronteraient l'avenir.
Ensemble, ils aimeraient cet enfant.
Ensemble, et ce, jusqu'à leur mort…
