Musique citée :

Stratovarius - Winter Skies


Chapitre 9

Jamais le palais royal n'avait semblé aussi silencieux, même lorsque les portes furent fermées, trois années auparavant. Dans les escaliers du grand hall, deux enfants et une reine étaient figés sur place, chacun avec une mine atterrée. Anna et Steven semblaient à deux doigts de paniquer. En vérité, seule leur consternation les avait empêchés de s'enfuir à toute jambe à la vue de la souveraine.

Les deux jeunes personnes avaient fait très attention à ne pas se faire repérer lorsqu'ils s'étaient amusés ensembles au cours de cette année, ou ces six mois aux yeux de Steven, afin que les adultes n'essaient pas de faire partir le petit garçon ou n'empêche Anna de le revoir. Et tous les efforts du petit duo venaient d'être réduits à néant en un quart de seconde.

La mère d'Anna, la reine Iduna, se tenait droite dans l'escalier, sa bouche entre-ouverte et ses yeux bleu écarquillés, révélant un choc monumental. Juste devant ses yeux se trouvait un personnage qu'elle croyait impossible.

Au cours de l'année qui s'était écoulée, la souveraine à la robe mauve et noire avait eu plusieurs fois la visite de sa gouvernante, Gerda, à qui elle avait demandé de lui rapporter tout évènement étrange se passant au château. La dîtes servante était venu à chaque fois lui rapporter des histoires de bruits étranges, de voix d'enfants et même de brèves apparitions d'un étrange personnage au vêtement arborant une peinture de loup, ainsi que trois petites chaines à son pantalon et deux curieux pendentifs, les cheveux bruns surmontés d'une drôle de petite mèche.

Après plusieurs mois à en avoir entendu parler, mais sans remarquer la moindre chose suspecte, la souveraine d'Arendelle avait fini par ce dire qu'il ne s'était jamais agi d'autre chose que de rumeurs ; le fruit de l'imagination de quelques serviteurs s'ennuyant dans un palais trop vide et tranquille pour eux.

Mais maintenant, à moins d'un mètre d'elle, le fameux petit garçon était là. Celui dont tout le monde parlait comme d'un fantôme était avec sa fille adorée. Mais le plus incroyable aux yeux de la reine, c'était qu'elle les avait entendus parler ensemble comme s'ils se connaissaient bien.

Après un moment de silence ébahit, la mère finit par balbutier.

"Mais… Qui es-tu ?! A- Anna… Qui est-ce ?!"

Les deux enfants sortirent de leur stupeur et se regardèrent avec effroi. Mais ce qui étonna le plus le duo miniatures, c'est le fait que Steven était toujours là. Aucun d'entre eux ne comprenait ce qu'il se passait. En général, lorsqu'il se faisait repérer, Steven disparaissait sous le coup de la surprise. C'était arrivé deux-trois fois auparavant. Mais là, ce n'était pas le cas. Les enfants se regardèrent avec des yeux médusés qui semblait établir un dialogue muet entre eux. Anna lui demandait en silence pourquoi il ne disparaissait pas. Et les yeux de Steven lui répondaient qu'il n'en savait rien.

Puis Anna finit par réagir. Elle saisit d'une traite la main de l'étranger et s'enfuit avec lui à toute jambe dans le couloir. D'abord surprise, la reine se mît très vite à leur courir après.

"Anna ! Attend !" Cria-t-elle.

Les enfants fonçaient à vive allure, la peur au ventre. Anna n'aurait jamais cru avoir un jour peur de sa propre mère comme ça. Elle voulait lui échapper à tout prix. Elle ne voulait pas qu'elle le sépare de Steven pour toujours.

Le geek était juste derrière elle, mais le fait qu'il tirait sur son bras lui montrait qu'il commençait à fatiguer, à cause de leur jeu du templier et l'assassin de tout à l'heure. Il fallait absolument qu'Anna cache son ami quelque part. Mais, pour cela, elle devait d'abord échapper à sa mère et les petites jambes des deux enfants ne leur permettaient pas d'aller assez vite. La souveraine commençait à les rattraper sans problème.

C'est alors qu'Anna et son compagnon à mèche arrivèrent à un croisement. La petite rousse tourna dans un autre couloir et, au dernier moment, y découvrit juste devant elle une servante aux bras chargés de vêtements. La jeune fille et le geek l'esquivèrent sans hésiter, faisant sursauter la domestique au passage. Mais tandis que cette dernière suivait les enfants de son regard étonné, la reine tourna à son tour dans le couloir et percuta la femme de chambre, éparpillant au passage les tissus qu'elle portait. Les deux femmes se retrouvèrent au sol, pas mal déconcertées. Lorsque la chambrière se rendit compte de qui elle avait renversée, elle se mit à paniquer et s'excuser.

"V-Votre Altesse ?! Je-je suis désolé. Je ne vous avais pas vu."

La dame en mauve sembla un peu perdue pendant un instant. Puis elle remarqua sa fille et l'étranger, par-dessus l'épaule de la femme de chambre, en train de tourner dans un autre couloir.

Steven commençait à respirer fort, l'épuisement le gagnait. Anna regarda derrière elle et ne vit pas sa mère. Un peu soulagé, elle s'arrêta vite devant une chambre et en ouvrit la porte, disant à son ami en haletant.

"Cache toi ici."

"Mais… Et toi ?" Hésita Steven.

"Je vais l'attirer ailleurs."

Sous l'effet de l'adrénaline, le jeune anglais fit ce qu'elle dit sans discuter plus longtemps. Il entra dans la chambre et Anna ferma derrière lui. Mais lorsqu'elle se retourna pour jeter un coup d'œil, avant de courir à nouveau, la petite rousse sursauta de frayeur en découvrant la reine arrivant tout juste dans le couloir où elle était, avant de se fixer à quelques pas de l'enfant.

Toute deux avaient les yeux écarquillés, la mère de stupeur, la fille d'effroi. Le regard de la souveraine passa d'Anna à la porte et inversement. La princesse, en voyant cela, se rendit compte que sa fuite n'avait servi à rien. Même si elle avait pût échapper par miracle à sa mère, elle aurait fini par devoir lui parler et répondre à ses questions. Elle n'avait fait que céder à la peur en tentant d'échapper à l'inévitable.

Lorsque la dame en mauve commença à s'approcher de nouveau, Anna sentit que ce qu'elle redoutait le plus allait arriver. Elle était trop jeune pour imaginer comment, mais elle voyait déjà sa mère obliger Steven à ne plus jamais revenir. Elle se voyait à nouveau seule dans cet immense château. La petite fille rousse s'accrocha à la robe de sa mère pour la supplier.

"Non maman ! S'il te plaît !"

Cette action abasourdis la souveraine.

"Mais… Anna, qu'est-ce qui te prend ?"

La princesse à la mèche blanche leva les yeux vers le visage de sa mère. Celle-ci sembla encore plus sous le choc en découvrant que sa fille commençait à pleurer.

"Je t'en supplie maman…" implora la jeune fille. "C'est mon ami… Snif… Mon seul ami…"

La reine ne sût quoi faire ou dire en voyant la détresse dans les yeux de sa fille. Elle ne l'avait jamais vu dans un état pareil. Comme tout enfant, elle l'avait vu sangloter quand elle avait fait un cauchemar ou s'était fait mal. Mais ce n'était pas la même chose cette fois-ci. La mère voyait dans les petits yeux humides d'Anna un désespoir qui lui brisait le cœur. Un chagrin qu'elle aurait tout donné pour ne jamais voir chez sa fille.

"Je t'en prie maman…" implorait la petite rousse, entre deux sanglots.

La reine Iduna, qui ne comprenait rien à ce qu'il se passait, commençait à se sentir coupable. Au vue de ce que disait la princesse, elle semblait être la cause de toutes ses craintes. La mère d'Anna ne supportait pas cette idée. Quel que soit la situation, elle n'aurait jamais voulu être la source du malheur de sa fille. La dame en mauve se mit alors à genoux, puis elle prit sa fille dans ses bras en lui murmurant d'une voix confuse mais apaisante.

"Anna Anna… Allons, calme-toi. Chuuut… Tout va bien... Tout va bien."

La petite rousse, qui sanglotait sur l'épaule de sa mère, commença à se calmer. Sa mère mit sa fille face à elle et lui demanda, avec le plus de douceur possible.

"S'il te plait Anna, dit moi qui est cette personne avec qui tu étais."

La princesse sécha ses larmes et prononça, toujours un peu sanglottante.

"Promet moi de ne pas le faire partir…"

Sa mère ne pouvait pas faire cela. Elle ne savait rien de cet étrange enfant et voulait savoir si elle était en sécurité.

"Dis-moi d'abord de qui il s'agit." demanda la souveraine.

Anna hésita un peu, puis elle hissa le drapeau blanc. Elle renifla un coup, essuya une dernière larme et finit par parler.

"Il s'appelle Steven... Snif… Steven Ryan."

Cela remontait à loin, mais la reine Iduna se souvint d'avoir entendu ce nom une ou deux fois. Mais elle avait toujours cru qu'il s'agissait de son imagination. Elle prit ensuite la parole.

"Mais qui est-il ? Comment est-il entrée dans le château ?"

"Je ne sais pas… C'est magique."

La dame ne s'était absolument pas attendue à cette réponse. D'autant que celle-ci l'inquiétait plus que n'importe quelle autre.

"Que veux-tu dire Anna ?" questionna-t-elle.

La petite rousse se mit alors à tout raconter, tenant ferment des deux mains le pentacle à pierres bleues que lui avait offert le mini-métalleux.

"Je… J'avais vu une étoile filante un soir et j'ai souhaité avoir un ami. Il est apparu comme ça, sans prévenir. Parce qu'il peut se… transporter n'importe où comme par magie. Il dit qu'il est un rêveur. Moi je pense que c'est un ange gardien, parce qu'il est très très gentil. Je te le jure maman. Depuis qu'on s'est rencontré, il est souvent venu me raconter des histoires et jouer avec moi. Il m'a même offert ça."

La petite fille montra son précieux bijou, que sa mère prit dans sa main pour l'observé de plus près. Elle trouvait l'étoile argenté un peu curieuse, et elle s'en méfiait beaucoup vu qu'il s'agissait d'un cadeau d'un étranger, mais elle devait reconnaitre qu'elle était assez jolie. Un détail intrigua alors la souveraine. Elle interrogea alors sa fille.

"Depuis combien de temps le connais-tu ?"

Anna n'arrivait pas à soutenir le regard de la dame en mauve. Elle jouait avec ses petits doigts, le regard baisser. Elle lui répondit, redoutant sa réaction.

"… Environ un an."

Sa mère n'en crût pas ses oreilles. Les rumeurs de Gerda avaient effectivement commencé un an auparavant.

"Et je n'ai rien remarqué…" souffla la reine, effarée

"Parce qu'on a fait très attention." expliqua la fille à la mèche blanche. "Je… Je savais que toi et papa vous voudriez pas qu'il reste."

La reine réagit le plus calmement possible.

"Évidemment Anna. Tu ne dois pas parler aux inconnus. Encore plus s'ils apparaissent de nulle part. Et si c'était quelqu'un de dangereux ?"

Anna répliqua d'une voix épuisée par le chagrin.

"Il ne l'est pas. Je te le promets… Snif… C'est le garçon le plus gentil du monde. Il m'a même sauvé tout à l'heure…"

Sur ce point, la reine Iduna devait reconnaître les faits. Ce garçon, aussi étrange soit-il, avait empêché Anna de faire une chute potentiellement grave, en plus de l'avoir sermonné d'une manière que son mari, le roi, aurait approuvé. La dame ne savait plus du tout quoi pensé. Cela faisait un an que ce "fantôme", faute de mot plus approprié, passait du temps avec Anna selon elle. S'il avait voulu lui faire du mal, pourquoi l'aurait-il aidé ? Ou n'aurait-il pas agit plus tôt ? À moins d'avoir un horrible plan en tête. Peut-être voulait-il s'attirer la sympathie d'Anna pour d'obscures raisons…

La mère aurait voulu que ce soit aussi simple. Mais, étrangement, quelque chose l'empêchait de croire sans hésiter à cette hypothèse. Un détail qu'elle n'arrivait pas à saisir sur le coup. C'est alors que la petite rousse leva une nouvelle fois les yeux vers sa mère et la supplia.

"Je t'en prie maman… C'est le seul ami que j'ai… Snif… Je ne veux pas qu'il s'en aille…"

La reine eut alors un nouveau choc. Elle n'avait jamais compris que son enfant se sentait aussi seul. Elle et son époux avait autrefois parlé de la laisser sortir du château de temps en temps. Mais ils avaient renoncés à cette idée car cela aurait été trop dangereux de laisser une princesse aussi jeune dehors, même avec une escorte. Depuis l'incident avec Elsa, les deux souverains s'étaient jurés de protéger leurs enfants du mieux qu'ils pouvaient, quel qu'en soit le prix.

Seulement, elle n'avait jamais songé à ce prix-là : la solitude de sa fille.

La reine contempla les yeux humides d'Anna, le cœur serré. Puis elle lui demanda, la voix emplie d'inquiétude.

"Il compte tellement pour toi ?"

Anna s'essuya les yeux avant de dire.

"Oui. Beaucoup. Il s'amuse avec moi et me raconte pleins d'aventures incroyables, comme celles de la communauté de l'anneau."

La souveraine ne comprit bien sûr pas à quoi elle faisait référence, mais la laissa continuer.

"Parfois, on joue ensemble à faire semblant. Lui, il appelle ça des Jeux de Rôles… Snif… Quand il est là, Elsa et moi on ne s'ennuie plus…"

La reine écarquilla les yeux.

"Elsa ?!" s'exclama-t-elle.

La princesse plaqua ses deux mains sur sa bouche. Cette fois, elle en avait beaucoup trop dit.

"Tu veux dire qu'il a rencontré Elsa ?!" redouta la reine.

Anna se dépêcha de rassurer sa mère.

"Oui mais… Je-Je ne l'ai pas revu. Je le jure."

Iduna sembla moins paniqué mais pleinement confuse.

"Parfois, expliqua la jeune fille, sans le vouloir, il se retrouve dans sa chambre et ils passent du temps ensemble. Il s'amuse aussi avec elle…" Anna craignait la réaction qu'aurait sa mère après ce qu'elle allait dire. "Il l'a aussi convaincu… de me parler à nouveau."

La reine eut à nouveau très peur. Elle avait fait tout son possible pour éviter qu'Anna ne redécouvre les pouvoirs de sa grande sœur, afin d'éviter un nouvel incident comme il y'a trois ans. Anna ajouta très vite.

"Mais on ne s'est pas revu en personne. On ne fait que parler de temps en temps en gardant sa porte fermée."

La reine n'en fût pas moins inquiète. Elle demanda alors.

"Et… Qu'est-ce que ce… Steven… t'as dit sur Elsa ?"

Anna était trop bouleversée pour être intrigué par cette question. Elle se contenta de répondre.

"Il me raconte juste comment elle va, les histoires qu'il lui raconte, ce qu'elle étudie… C'est tout. Une fois, je lui ai demandé de me dire pourquoi je ne pouvais pas la voir mais il m'a dit qu'il n'en avait aucune idée. Et Elsa et lui m'ont dit que si toi et papa nous aviez séparé comme ça, c'était forcément pour notre bien, que je devais vous faire confiance parce que vous nous aimez toute les deux très fort."

La dame n'arriva étrangement pas à se détendre en entendant cela. C'était exactement ce qu'elle avait espéré qu'Anna dise, puisque cela montrait, apparemment, que la petite fille n'avait pas redécouvert les pouvoirs de sa sœur. Mais, justement, c'était tellement exact que s'en était étonnant. Elle se contenta alors de prendre son enfant dans les bras avec amour et la rassura.

"Bien sûr que nous vous aimons, Anna. Jamais nous ne ferions quoi que ce soit pour vous faire du mal."

Mais maintenant, la jeune femme brune n'était plus si sûre de ce qu'elle disait. En voyant sa fille, elle commençait à se demander si elle et Agnarr avait pris la bonne décision. Elle leva ses yeux vers la porte de la chambre dans laquelle Anna avait dit à son ami de se cacher. Elle devait absolument lui parler. La mère entendit ensuite un homme l'interpeller.

"Majesté ?"

La souveraine se retourna et découvrit un serviteur pansu au nez aquilin et l'ai un peu troublé. Elle s'inquiéta pendant un instant avant de se lever et l'interroger calmement.

"Kai, depuis quand êtes-vous ici ?"

"Je viens seulement d'arriver." Répondit le domestique. "Une dame de chambre m'a dit vous avoir heurté dans le couloir."

"Oh ! Ce n'est rien. Vous pouvez lui dire qu'elle n'a pas à s'inquiéter, que c'est oublié."

Kai s'inclina légèrement en s'exprimant.

"Bien ma dame. Mais… Elle m'a aussi dit que vous couriez après la princesse Anna et… un autre enfant ?"

Iduna se tendit mais ne laissa rien transparaitre de son angoisse. Elle jeta un coup d'œil à sa fille, qui semblait la supplier en silence de ses petits yeux. La reine déclara d'une voix calme et ferme.

"Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Elle a dû se faire des idées."

Cela surpris beaucoup Anna, tandis que Kai acceptait les dires de sa souveraine sans discuter. La reine ordonna ensuite au valet.

"Kai, pourriez-vous emmener ma fille dans sa chambre et vous assurez qu'elle y reste ? Il faudra que je lui parle, un peu plus tard."

"Bien sûr." Affirma le serviteur.

La reine regarda sa fille dans les yeux. Celle-ci essaya de dire.

"Mais… Maman…"

Sa mère la coupa doucement.

"S'il te plait Anna. Fais juste ce que je te dis."

La petite rousse montrait qu'elle avait encore très peur. Mais elle finit par rejoindre lentement Kai et partir avec lui, jetant un dernier regard vers sa mère avant de disparaitre au coin du couloir.

La reine Iduna se trouvait désormais seule. Elle prit un moment pour remettre de l'ordre dans ses idées. Elle se détendit un peu et finit par se tourner vers la porte derrière laquelle devait se trouver le fameux Steven. Elle prit une grande inspiration, en saisit la poignée et l'ouvrit.

Mais lorsqu'elle entra dans la chambre, elle ne vit personne.


Lorsqu'Anna ferma la porte derrière lui, Steven tenta de trouver un lieu où se cacher. Il avait essayé de se téléporter volontairement, lorsqu'ils étaient poursuivis, mais sans succès. Il avait un peu appris à contrôler sa capacité spéciale au cours de ces six derniers mois, à ses yeux. Ses résultats avait été assez satisfaisant pour qu'il s'étonne de ne pas avoir disparus dès que la mère d'Anna l'avait repéré.

Le métalleux tenta à nouveau de partir d'une simple pensée, mais il entendit Anna crier.

"Non maman ! S'il te plaît !"

Le geek se retourna, très inquiet pour la petite rousse, et plaqua son oreille contre la porte. Il entendit ainsi tout le chagrin de son amie, le cœur serré, ainsi que l'inquiétude de la reine en mauve. En écoutant ce qui se disait, l'enfant rêveur comprît ce qui l'avait empêché de disparaître. Pour faire cela, il devait avoir le désir profond d'être ailleurs. Seulement, lorsqu'il avait compris qu'il avait été repéré pour de bon, Steven s'était inquiété de ce qui allait arriver à Anna, de comment sa mère allait réagir. Cette crainte l'avait retenu auprès de la petite rousse, refusant de la laisser seule.

Malgré les angoisses de la reine, que le geek percevait et comprenait aisément, le garçon miniaturisé pouvait sentir l'amour qui motivait les paroles et les peurs de la souveraine. Cela lui faisait mal au cœur, comme à chaque fois qu'il voyait ou entendait l'une des deux princesses recevoir de l'affection de l'un de leurs parents. Au fond, il était ravi pour elles, mais il ne comprenait pas pourquoi son propre rêve lui montrait exactement ce qui lui faisait du mal.

D'ailleurs il ne comprenait pas pourquoi ses rêves devait forcements être aussi réaliste. Il voyait bien qu'ils se suivaient logiquement et que s'il se faisait prendre par les gens de ce château de conte de fée, au rêve suivant, il aurait beaucoup de mal à passer du temps avec Anna et la princesse des neiges.

Il entendit ensuite une troisième personne, que la dame en mauve appela Kai, et comprit qu'il allait bientôt avoir de la compagnie lorsqu'elle demanda au domestique de ramener Anna dans sa chambre.

Steven observa rapidement autour de lui et ne vit qu'un seul endroit où il pourrait se cacher : l'armoire. Il se dépêcha d'y entrer en fermant derrière lui le plus silencieusement possible.


La souveraine, après un instant d'incompréhension, ferma la porte de la chambre et se mit à regarder autour d'elle. Elle ne voyait aucun signe qu'il y'avait eu quelqu'un dans cette pièce. Sa fille avait dit qu'il pouvait se "transporter" ailleurs. Était-ce arrivé ? Ou simplement possible ? Elle avait vu suffisamment de magie dans sa vie pour croire que c'était une possibilité, et Anna semblait y croire.

Si c'était arrivé, alors il n'était clairement plus là depuis un moment.

Pour en être bien sûr, la reine se mit tout de même à regarder un peu partout. D'abord sous le lit, puis derrière les rideaux et même par la fenêtre. Finalement, elle arriva devant l'armoire. Elle saisit la poignée et entendit à l'intérieur un léger hoquet de peur qui la surprit. Elle prit alors son courage à deux mains et ouvrit grand le meuble. Ce qu'elle y découvrit l'intrigua plus qu'autre chose.

Après avoir parlé avec sa fille, la reine n'était plus très sûre de ce sur quoi elle allait tomber. Mais elle s'était tout de même attendue, au fond d'elle, à trouver un personnage un peu inquiétant et mystérieux, surtout au vu de son style vestimentaire unique et troublant. Rien que l'habit arborant des loups ne la rassurait pas.

Pourtant, pendant un instant, lorsqu'elle posa les yeux sur celui qui se cachait dans l'armoire, elle eut l'impression d'oublier tout ce qu'elle avait cru. Malgré ses habits étranges, et la petite mèche curieuse qu'il avait dans ses cheveux bruns, la reine n'arrivait pas à voir une chose terrible qui menaçait la sécurité de ses filles.

Face à ce petit corps à l'aspect fragile, elle avait l'impression de ne voir qu'un enfant. Puis elle vit le regard que lui lançait l'étranger. Elle n'en avait jamais vu de pareil chez quelqu'un d'aussi jeune. On aurait dit un mélange de crainte et de fermeté, comme s'il était inquiet mais refusait de baisser les yeux face à un adversaire. La dame en fût pas mal surprise. Ce n'était pas le genre de regard qu'on voyait d'habitude chez un petit garçon, mais plutôt chez quelqu'un de bien plus mature. Pour une raison quelconque, elle trouvait cette contradiction un peu triste.

Les deux personnages restèrent à se fixer sans dire un mot. La mère semblait figer avec un visage emplit d'incompréhension, tandis que Steven avait un air de défi. Au bout d'un moment, la souveraine finit par se mettre à genoux pour être au niveau du mini-geek, ce qui intrigua ce dernier.

La dame en mauve lui demanda alors d'une voix posée.

"Alors… C'est toi Steven ?"

Le métalleux ne sût pas trop comment réagir. Il s'était attendu à n'importe quelle réaction sauf celle-ci. Ne sachant quoi faire d'autre, il se contenta de répondre.

"Ouai…"

Le calme s'installa de nouveau. La situation était assez étrange. Aucun des deux intéressés ne savait quoi dire. La reine observa un peu plus l'étrange garçon avant de s'enquérir.

"Tu es donc le… fantôme dont tout le monde parle."

Steven répliqua en levant les yeux au ciel.

"Je ne suis pas un fantôme. Mais je suppose que je suis bien celui dont on vous à parler."

La reine posa donc la question la plus importante qui lui vint en tête.

"Alors qui es-tu ? Réellement."

Steven en avait marre de cette question. Il exprima une certaine colère en soufflant et sortant du meuble.

"Raah ça devient ridicule. Pourquoi est-ce qu'on me pose tout le temps cette question ? "

L'enfant se mit à crier au plafond.

"Hé! Mon esprit ! Tu crois pas que t'en fais un peu trop question réalisme ?!"

Cette réaction bizarre inquiéta beaucoup la dame en mauve, qui ne comprenait absolument rien.

"Qu'est-ce que tu racontes ?" s'enquit-elle.

Le garçon aux chaînettes soupira avant de déclarer, en faisant face à la souveraine.

"J'aimerais seulement savoir pourquoi est-ce que je ne peux pas rêver comme tout le monde."

La reine parût très surprise en entendant cela, encore plus en saisissant ce que ces paroles impliquaient. Elle tenta de demander.

"Tu crois… que tu es dans un rêve ?"

"Je SUIS dans un rêve. C'est obligé." insista Steven.

Le geek soupira afin de retrouver son calme. Ensuite de quoi il s'adressa à la souveraine le plus tranquillement possible.

"Écoutez… Je sais que vous vous inquiétez pour vos filles. C'est normal. Mais je vous promets que je ne leur veux aucun mal. Ni à Anna, ni à Elsa."

Cette fois, c'est la manière de parler du petit garçon qui étonna la mère d'Anna. Elle avait l'impression d'entendre une personne bien plus mature. Elle réagit cependant à ce que venait de dire l'étranger.

"Si je te disais que tu n'es pas dans un rêve, qu'est-ce que tu en penserais ?"

"Que c'est exactement ce que dirais un rêve."

"Alors tu imagines bien ce que je dois penser quand un être magique passe du temps avec mes enfants."

"Je ne suis pas…"

Mais Steven s'interrompit. Au vu de son aptitude dans ce rêve à être transporter partout, et combien il se doutait que la reine devait être certaine qu'il était un personnage magique, le métalleux n'essaya pas de débattre là-dessus. Ce rêve commençait à l'épuiser. Il soupira en prononçant.

"Pfff… C'est bien la première fois que je souhaite me réveiller."

L'insistance du garçon à la mèche poussa la reine à lui demander.

"Pourquoi es-tu si convaincu d'être dans un rêve ?"

Steven trouva la question ennuyeuse, car il était persuadé qu'il s'agissait d'une astuce de son esprit pour l'embêter, pour une raison quelconque. Il expliqua avec agacement.

"Parce que chaque fois que je ferme les yeux, je me retrouve dans un monde que je ne connais pas, où je peux me téléporter, sans que je ne sache comment, et où tout se passe super bien pour moi. Quel autre explication y'aurait-il à part qu'il s'agisse d'un rêve ?"

La reine ne savait plus sur quel pied danser. Chaque phrase de cet enfant était plus incompréhensible que la précédente. Elle proposa alors la seule chose qui lui vint à l'esprit.

"Pourquoi pas… la magie ?"

Steven sembla complètement sidéré. Il pensa avec effarement.

'C'est une blague ? Mon propre esprit me sort l'excuse du Ta Gueule C'est Magique ?!'

Il finit par souffler de frustration en annonçant, avec pas mal d'hypocrisie.

"Je ne crois pas à la magie."

La reine songea à sa conviction d'être dans un rêve avant de reprendre la parole.

"Je sais que c'est rare mais… là d'où tu viens, tu n'as jamais vu quoi que ce soit de magique ?"

"Bien sûr que non."

"Et ta mère ?" Essaya la reine, surprenant l'Otaku. "Ne t'a-t-elle jamais raconté de contes ou de légende parlant de… ?"

"Stop…" coupa sèchement le geek, au grand étonnement de la reine.

Le mini-métalleux avait prononcé ce mot sans violence mais avec une fermeté qui avait pris la souveraine au dépourvu. Mais ce qui l'inquiéta le plus fût le regard glacé qu'avait dorénavant le jeune homme. Mais il n'était pas fixé sur la dame, mais vers le sol, ou plutôt dans le vide.

"Saleté d'esprit…" prononça-t-il en serrant les dents. "Comment oses-tu me parler d'elle dans mes rêves, le seul bastion où je peux lui échapper, à elle et à mon père ?"

Dame Iduna voyait bien qu'il était désormais en colère. Elle ne saisissait pas pourquoi cependant. Le garçon ajouta.

"J'ai accepté le fait d'être son fils depuis longtemps. Mais pourquoi est-ce que je suis obligé d'entendre parler d'elle encore ici. Pourquoi est-ce que je dois être poursuivis jusque dans mon dernier refuge par cette… cette… cette garce ?!"

La reine fût choquée d'entendre. Au point d'ouvertement s'insurger.

"Comment peux-tu parler ainsi de ta mère ?! De la personne qui t'aimes le plus au monde ?!"

Steven se figea en entendant cela. Il leva les yeux vers la dame en mauve et la fixa avec un regard médusé qui troubla la reine.

"La personne qui m'aime le plus au monde ?" Questionna le garçon aux pendentifs, comme s'il n'arrivait pas à croire qu'il ait pût entendre de tels paroles.

Le métalleux fronça les sourcils et déclara.

"Écoutez-moi… Je vais vous parlez comme si vous étiez réel, juste pour un instant."

La dame eut presque envie de reculer face à cette voix outrée et cet air furieux. Steven expliqua alors.

"Vous n'avez pas le droit de me juger ou de me dire comment je dois parler de ma mère. Vous ne savez rien de moi ou d'elle. Vous n'étiez pas là quand elle m'a laissé pleurer dans ma chambre pendant des heures ou lorsqu'elle m'a dit de me débrouiller quand j'avais des problèmes avec les autres enfants."

La souveraine commença à écarquiller les yeux, alors que certain souvenir revenait chez le jeune homme.

"Vous n'étiez pas là quand elle m'a dit que je n'étais pour elle qu'une source de problèmes."

La reine avait du mal à en croire ses oreilles, tandis que le jeune homme serrait les poings.

"Vous n'étiez pas là quand elle sortait pour passer du temps je-ne-sais-où en me laissant tout seul à la maison alors que je n'avais même pas huit ans."

La dame était consternée.

"Et finalement, ce n'est pas à vous qu'elle à filer une gifle assez forte pour vous jeter par terre en vous criant qu'elle aurait préféré que vous ne soyez jamais venu au monde."

La mère avait une main devant ses lèvres entre ouvertes, tant elle était sidérée par ce qu'elle venait d'entendre. Et ce qui l'abasourdit encore plus, c'était qu'aucune larme ne semblait sur le point de couler de ses yeux marron. L'étranger était visiblement en colère, furieux même, mais il n'avait définitivement plus l'air d'un petit garçon. Cette manière de se contenir avec difficulté, cette façon de raconter ses malheurs sans montrer le moindre signe de chagrin… Ce n'était pas une attitude d'enfant. C'était celle d'un jeune homme, de quelqu'un qui avait grandi bien trop vite.

Le mini-geek finit par soupirer un grand coup en baissant le regard, stabilisant sa respiration avant de prononcer dans le vide, avec un calme résigné.

"Et voilà que je me mets à me disputer avec le fruit de mon imagination. Je me sens complètement stupide. Est-ce que c'est trop compliqué pour mon esprit de me laisser juste un peu de temps pour moi ?"

Steven soupira à nouveau pour garder son air tranquille, mais sa voix semblait commencer à avoir du mal à retenir un grand malaise.

"Est-ce que je ne peux pas avoir juste un petit instant où je peux m'imaginer être apprécier comme je suis ? Je sais que j'ai toutes mes histoires, mes jeux et ma musique. Mais je ne suis pas idiot. Je sais que ce n'est pas réel, que cela me permet juste de passer un bon moment… même si cela m'apprend plein de choses en même temps."

A cet instant, la mère de la petite rousse et la princesse des neiges crût oublier complètement toute l'étrangeté de Steven. Car ce qu'elle voyait l'attrista énormément. Elle avait l'impression de ne plus voir qu'un petit garçon avec un regard et des pensés qu'il ne devrait pas avoir. Celui-ci se mît à respirer un grand coup pour rester calme. Puis il se mit à affirmer sur le même ton troublé.

"Je sais que vous n'êtes pas réel… Mais je vous jure que je ne ferais jamais de mal à Anna ou Elsa. Je sais qu'elles sont plus jeunes que moi, mais elles sont les seules personnes que j'ai jamais connus que je peux considérer comme de véritables amies…"

Iduna ne saisit pas ce que l'inconnu voulait dire en disant que ses filles étaient plus jeunes que lui, mais après ce qu'elle avait entendu, elle ne faisait plus tellement attention à ce genre de détails. En observant ce drôle de petit garçon, elle finit par comprendre pourquoi elle avait douté que Steven ait de mauvaises intentions envers Anna. Lorsqu'elle l'avait vu la gronder et la rassurer tout à l'heure, elle avait eu l'impression qu'il était parfaitement sincère, qu'il était réellement bienveillant vis-à-vis de la petite princesse. Elle s'était dit qu'il ne faisait peut-être que jouer la comédie. Mais en le voyant parler comme il l'avait fait, en le regardant droit dans les yeux… Elle n'avait vu aucun signe de mensonge.

À moins qu'il ne soit le plus grand acteur de la création, et malgré le fait que cela l'étonnait elle-même, elle avait l'impression qu'il ne mentait pas. D'une certaine manière, elle savait qu'il était sincère avec elle, car absolument rien dans ses yeux, ses paroles, sa voix ou ses gestes ne semblait indiquer une quelconque forme de tromperie. Sa raison lui disait qu'il y'avait toujours une chance qu'il soit un menteur, mais une part d'elle, plus intuitive, lui murmurait de lui laisser une chance.

La souveraine se retrouva, un peu malgré elle, très intriguée par toutes les choses étranges que disait Steven. En réaction à ce qu'il avait prononcé, elle se mit à lui demander.

"Tu n'arrêtes pas de dire que… tout, ici… n'est qu'un rêve. Pourquoi est-ce que cela ne pourrait pas être réel ?"

Steven soupira. Il était fatigué par ces questions. L'épuisement mental le poussa à simplement répondre sans lutter, d'une voix plus faible qu'avant.

"Parce que ce ne serait pas logique. Il y'a trop de détails qui manque pour former une explication cohérente."

La reine se souvint alors d'avoir eu un sentiment similaire la première fois que sa fille Elsa avait manifesté ses pouvoirs. Elle tenta alors de poser une question à l'étrange enfant.

"Ne t'est-il jamais rien arrivé qui ait semblé incompréhensible, voire impossible ? Quelque chose qui, plus tard, a eu une explication lorsque tu as attendu un peu plus ?"

Pour la première fois, Steven sentit une étrange confusion. La question de la dame en mauve l'avait comme foudroyer. Il aurait aimé répondre par la négative, mais cela aurait été comme se mentir à soi-même. Il y'a six mois, il n'aurait jamais cru à autre chose que la réalité pure de son quotidien. Pourtant, il s'était bel et bien retrouvé dans le monde d'un manga célèbre grâce à une petite boîte électronique. Il se rappelait très bien que, pendant un temps, il n'avait absolument rien compris. Il avait cru être en train de délirer. Mais en associant certains éléments, l'esprit le plus ouvert possible, il avait pût trouver des débuts d'explications qui l'avait fait accepter la réalité des choses, malgré leur allure impossible.

Alors pourquoi est-ce que cela aurait-été différent ici ?

Le geek miniature balbutia.

"Si mais… Ce n'était pas pareil."

"Pourquoi ?" Interrogea doucement la noble dame.

"Parce que là je n'ai absolument rien pour m'apporter une explication logique. Je n'ai… aucune idée de comment je pourrais débarquer dans un lieu que je ne connais pas simplement en perdant connaissance."

Dame Iduna ne comprenait toujours pas de quoi il parlait. Mais elle continua d'insister d'une voix douce, elle avait l'impression que c'était important.

"Tu as déjà dit cela, plus ou moins. Mais pourquoi est-ce que rien de tout cela ne pourrait être réel ?"

Steven voyait ce qu'elle voulait dire. Il n'apportait aucun argument. Le métalleux se contentait de dire que cet endroit était un rêve tout simplement parce qu'il n'acceptait pas l'idée opposée, pas parce qu'il avait des preuves que c'était une illusion.

Mais il refusait toujours de croire qu'il y'avait une chance qu'Arendelle soit un véritable univers, plutôt que le fruit de son subconscient.

"Je ne peux pas croire que ce n'est pas un rêve…" Souffla-t-il.

"Pourquoi ?"

"Parce que si c'est faux je…"

Steven s'arrêta net. Il avait prononcé cela comme par réflexe, sans comprendre ce qui lui prenait. La reine sembla intriguée… Puis elle ouvrit grand les yeux de surprise.

Elle avait compris ce qui le bloquait réellement.

Elle affirma, d'une voix préoccupée.

"Tu as peur… d'être déçu."

Steven écarquilla les yeux. Il voulait répliquer à cela. Mais il n'y arriva pas.

Il fût un instant sans voix, regardant la reine droit dans les yeux. Puis il soupira, épuisé par cette joute verbale. Il baissa le regard avant de raconter, sous le regard soucieux de la dame en mauve.

"Quand je suis arrivé ici, il y'a longtemps, la première chose qui me sois arrivé, c'est de rencontrer Anna. Elle ne me connaissait pas et pourtant, malgré mon allure et mes… particularités, elle m'a tout de suite accepté à bras ouvert. Elle a voulu jouer avec moi, a écouté mes histoires et m'a considéré très vite comme un ami… J'ai pensé qu'elle était inconsciente." Iduna approuvait mentalement. "Puis je me suis dit que c'était sûrement parce que j'imaginais des choses. Jamais personne ne m'avait accepté aussi rapidement et sincèrement. J'ai ajouté à cela le fait d'être dans un château magnifique, le genre que j'ai toujours voulu visiter, et mon manque d'explications rationnelles. J'ai donc conclut que tout cela était trop beau pour être vrai. Cela ne pouvait être qu'un rêve."

La reine commençait à comprendre, Steven continua.

"J'avais le sentiment d'avoir trouvé un petit paradis à moi. Un endroit où rien de ce qui me fait mal ne pouvait m'atteindre et où on m'appréciait comme je suis. Si j'avais cru que c'était réel, j'aurais pris le risque de découvrir le contraire, malgré des détails bizarrement réalistes, comme le fait que j'y avais les mêmes contraintes physique qu'au réveil ou que chaque rêve se suivait dans le temps. Mais je ne pense pas que je l'aurais accepté, car cela aurait signifié que je n'ai même pas la possibilité d'avoir un vrai moment pour moi quand je dors, loin de ce qui me fait mal."

Les yeux de la mère semblait s'attendrirent devant ce petit garçon. Un détail la chiffonna cependant.

"Mais, ces détails réalistes ne t'ont pas fait te poser de questions ?"

Steven la fixa un instant, le regard vide, avant de regarder à nouveau le sol et avouer.

"Je crois… que j''ai choisis de ne pas faire attention à ces détails, parce que, au fond, j'étais trop heureux d'être ici."

Le jeune homme au tee-shirt à loups semblait dans un état proche de la dépression nerveuse. Le voir ainsi, malgré tout ce qu'elle avait redouté, fit de la peine à la dame en mauve.

"J'ai sûrement refusé de considérer que cet endroit était réel car, si mon espoir s'était brisé, je n'aurais été définitivement plus capable de m'amuser. L'illusion aurait été brisée à jamais et je n'aurais probablement plus jamais été capable d'agir comme si ça l'était un peu."

Malgré l'étrangeté de cette situation, la reine ne pouvait s'empêcher d'avoir un regard miséricordieux pour Steven. Encore plus en voyant qu'il ne versait toujours aucune larme. Elle comprenait, à cela et au ton de sa voix, qu'il ne cherchait pas à s'apitoyer sur son sort. Il voulait seulement dire à voix haute ce qu'il pensait pour comprendre ce qu'il avait en tête.

L'enfant prononça alors quelque chose qui surpris la dame, car sa vision onirique d'Arendelle s'était fissurée, mais pas encore brisée. Il prenait encore Iduna pour une illusion.

"Vos filles sont merveilleuses. Elles sont tellement gentilles. J'en suis le premier surpris mais, parfois, j'ai presque l'impression de les prendre pour mes petites sœurs."

La reine parut très étonnée. La situation était devenue assez surréaliste à ses yeux. Mais en se rappelant ce que Steven avait déclaré sur sa famille, un peu avant, elle pensa le comprendre et son regard s'adoucit. Elle n'était pas naïve au point de croire que toutes les personnes sur terre étaient gentilles, mais elle n'aurait jamais cru qu'une femme pouvait être aussi cruelle avec son enfant. Elle se sentit désolé pour ce petit garçon.

Iduna voulut faire quelque chose qu'elle croyait être pure folie. Elle ne savait pas si elle le voulait vraiment ou si elle avait perdu la raison. Mais plus elle regardait cet enfant perdu, plus elle se mettait à penser qu'elle devait le faire. Alors, sans dire un mot, la dame se mit tout doucement à lever ses bras vers Steven. Elle les passa près du jeune homme, puis les referma autour de lui. L'enfant se figea d'ahurissement et d'incompréhension, tandis que la mère commençait à le serrer contre elle.

Le garçon à la mèche ne comprenait pas ce qu'il se passait. Il était trop fatigué pour lutter, ou même se tendre de surprise. Il posa alors une simple question, d'une voix étonné.

"Qu'est-ce que… vous faîtes ?"

Elle ne répondit pas tout de suite, car elle dût elle-même trouvé le pourquoi de son geste.

Face à son silence, le garçon aux chaînettes déclara calmement, bien que confus.

"É… Écoutez… C'est gentil mais je n'ai pas besoin qu'on ait pitié de moi."

C'est là qu'Iduna eut sa réponse. Elle finit par prononcer avec douceur.

"Ce n'est pas de la pitié. Je veux juste t'apporter un peu de tendresse."

Steven comprit encore moins.

"De… De Quoi ?" S'étonna-t-il. "Mais pourquoi ?"

La réaction de la reine prit le jeune homme au dépourvu.

"Est-ce qu'il faut vraiment une raison pour être tendre avec quelqu'un ?"

Steven était complètement perdu. Il avait souvent entendu des paroles similaires dans des tonnes de mangas, de jeux et de séries. Il avait même choisis ce genre de paroles pour son avatar dans pleins de RPG. Mais il n'aurait jamais cru entendre quelqu'un lui dire cela un jour.

D'autant qu'il savait qu'elle était sincère. Pour une raison qu'il ne comprenait pas, il sentait que le geste de la mère d'Anna n'était pas motivé par la pitié. C'était de la pure compassion. Un véritable acte de bonté.

Il voulut penser que c'était une preuve qu'il était dans un rêve. Seulement, pour cela, il aurait été obligé admettre qu'il ne croyait pas à ce que la dame en mauve lui avait fait comprendre sur lui-même tout à l'heure. Il aurait également dût reconnaitre qu'il jugeait impossible qu'une véritable personne pouvait être aimable avec une autre sans raison, que ce n'était qu'une illusion. Cela aurait été hypocrite car, même s'il n'en avait jamais été témoin, il avait toujours voulu y croire. La reine lui murmura.

"Je ne peux que te dire que tu ne rêves pas. Te promettre que je suis réel, tout comme Anna, Elsa et ce château. Je comprends que tu puisses avoir peur d'avoir mal si ce n'est pas vrai. Mais même si c'était le cas, est-ce que ce serait bien de faire semblant de croire à une illusion ?" Steven commençait à avoir le cœur qui se serrait. "Tu peux choisir de ne pas y croire, mais cela n'aurais alors aucun sens de revenir ici. Ou tu peux accepter ce que je te promets. C'est risqué, mais il n'y a que comme ça que tu pourras pleinement profiter de ce que peux t'offrir le monde."

Steven ne savait pas quoi dire. Son esprit semblait comme figé. Jamais il n'aurait pût imaginer un discours pareil, pas plus que son subconscient. Cela aurait signifié que son esprit lui-même aurait voulu qu'il souffre de déception, étant l'origine de ses rêves.

Il commença à sérieusement douter. Sa capacité d'analyse se retourna contre lui. À la lumière de tout ce qu'il avait entendu et comprit, seules deux possibilités lui vinrent en tête : Soit il était devenu complètement fou, soit il n'était pas dans un rêve, et ceux depuis le début.

Tandis qu'il fixait devant lui, complètement sidéré, la reine continuait de serrer le jeune garçon dans ses bras. Elle n'était pas sûr d'avoir saisi grand-chose à ce qu'avait dit Steven. Mais elle pensait avoir comprise quelque chose, la plus importe de toute : Il n'était pas si différent d'Elsa. Un enfant perdu dans une tempête de magie, de phénomènes qu'il ne comprenait pas. Et, comme sa fille, il avait souffert par le passé. Et lorsque quelqu'un avait été gentil avec lui, il avait trouvé cela trop merveilleux et soudain. Il avait eu très peur. L'enfant s'était donc réfugié dans la croyance d'être dans un monde imaginaire.

La mère ajouta.

"Si ce n'est qu'une illusion, un jour tu le sauras avec certitude, d'une manière ou d'une autre, mais tu garderas de bon souvenirs de tout cela. Et c'est déjà beaucoup, tu ne penses pas ?"

Steven ne savait plus quoi dire. Pour la première fois de sa vie, il ne savait plus rien. Il ne pensait même plus. Si ce monde était réel, cela voulait dire qu'il y'avait réellement des gens qui l'avait accepté comme il était. Des personnes qui s'était ouvert à lui et l'avait considéré comme un ami sans aucun a priori, ou plutôt en n'en tenant pas compte.

Il repensa aux bons moments qu'il avait passé avec Anna et Elsa, aux histoires de Tolkien qu'il leur avait raconté, et qu'elles avaient adorées, ainsi qu'aux jeux qu'ils avaient faits ensemble. Il se souvint très clairement de leur gentillesse et de combien elles semblaient ravies de le voir chaque fois qu'il venait.

Il répéta de sa voix fatigué, et chargé d'une sincérité encore plus profonde qu'auparavant.

"Je ne veux pas faire de mal à Anna et Elsa…"

La mère serra le jeune homme un peu plus fort contre elle.

"Je sais…" Admit-elle à voix basse. "Maintenant je le sais."

Plus Steven restait dans les bras affectueux de la dame, plus son cœur lui faisait mal. Ce n'était pas désagréable, mais cela faisait remonter des souvenirs bien trop douloureux. Des moments de son passé qu'il n'aimait pas ressasser.

Maintenant, il savait qu'Anna n'aurait aucun problème, Elsa non plus. Il avait compris quel genre de mère était la reine Iduna. Le cœur de Steven devint lourd, bien qu'aucune larme ne fût versée. Il n'en pouvait plus. Il avait besoin d'être un peu seul. Il voulait être ailleurs.

C'est à ce moment que la reine se rendit compte qu'il n'y avait plus rien dans ses bras. Elle écarquilla les yeux et regarda autour d'elle. Se fût à elle de croire qu'elle devenait folle. Elle dût faire un effort pour se rappeler de ce que lui avait dit la petite rousse sur la capacité de Steven à se transporter ailleurs d'une simple pensée. Elle regarda alors par la fenêtre. Le soleil était bien haut.

Steven avait laissé une reine bien confuse en partant. Elle ne savait toujours pas ce qu'il se passait dans ce château, ni si elle devait en parler à son époux, le roi Agnarr. Elle avait plus de questions que de réponses.


Au milieu de la nature, un duo un peu particulier avançait le sourire aux lèvres. Un petit garçon blond s'apprêtait à rentrer chez lui, accompagné de son ami le jeune renne. Il avait passé toute la journée à se reposer après une nuit d'entrainement avec les collecteurs de glace.

Lorsqu'il arriva au bord de la mer, près de la ville d'Arendelle, il eut envie de s'amuser un peu. Il s'empara d'un galet et tenta de faire des ricochets. Au bout de quelques tentatives ratés, le petit animal prit une pierre entre ses dents, visa et cracha son projectile, qui rebondit sur l'eau plusieurs fois avant de couler. Le garçon du nord eut un regard surpris pour son compagnon, qui lui sourit d'un air presque supérieur.

L'apprenti collecteur lui répondit avec un regard qui disait 'Ne te la raconte pas trop. Je t'aurais la prochaine fois.' Puis ses yeux remarquèrent une figure un peu plus loin sur la berge, assis contre un arbre. Il s'en approcha avec curiosité, son ami renne sur les talons, et sembla surpris en découvrant un petit garçon aux vêtements à loups et chaînettes à la ceinture.

"Steven ?" s'écria avec plaisir le petit blond.

Le geek, complètement affalé contre un tronc, tourna à peine sa tête en demandant, d'une voix faible.

"Kristoff ? Sven ?"

D'abord souriant, le duo des glaces saisit, au ton qu'avait l'étranger, que quelque chose clochait. Ils n'avaient pas vu le curieux garçon à la mèche folle depuis plusieurs semaines, et ils devaient reconnaitre que c'était dommage. Ils ne se voyaient pas souvent mais, à chaque fois, ils passaient un bon moment avec Steven. Il jouait avec eux dans la forêt, racontait des aventures fascinantes, comme celles des aventuriers de la Porte de Baldur, ou bien il se contentait de rester avec eux à discuter pendant qu'ils s'entrainaient à collecter de la glace. Cela semblait peu de chose, mais à leurs yeux, s'était très important. Ils avaient fini par considérer Steven, malgré ses bizarreries, comme un ami digne de confiance. Kristoff l'interrogea donc d'une voix concerné.

"Ça ne va pas ? Ça fait un moment qu'on ne s'est pas vu."

Steven ne répondit pas. Il était simplement assis, les bras ballants et les yeux dans le vide. Sven s'approcha de lui, l'air attristé de le voir ainsi, et lui fit une caresse au visage. Mais le mini-métalleux ne réagit pas plus.

Kristoff s'assit près de lui et tenta.

"Il s'est passé quelque chose ?"

Les yeux du geek bougèrent un peu, puis il regarda Kristoff du coin de l'œil. L'enfant aux médaillons prononça.

"Quelque chose ? J'imagine qu'on peut dire ça…"

"C'est quelque chose de grave ?"

Steven sembla réfléchir un moment. Puis il prononça.

"Non… Rien de grave… J'ai juste eu… beaucoup en tête ces dernières heures."

Kristoff lui demanda s'il voulait en parler. Après un temps d'hésitation, Steven lui dit que ce n'était pas important, qu'il y'avait juste à savoir qu'il avait besoin de se remettre les idées en place. Kristoff respectait ce genre de chose. Il demanda à Steven s'il voulait être seul, bien que Sven semblait vouloir rester à ses côtés. Steven dit qu'ils pouvaient rester, que cela ne le dérangeait pas. Kristoff s'assit à côté de son ami bizarre, tout comme le petit renne. Les enfants restèrent ainsi en silence pendant un moment. L'apprentie collecteur et son compagnon s'inquiétait pour Steven. Celui-ci semblait figé comme une statue avec un visage qui les préoccupait.

Puis, sans prévenir, Steven se mit à interroger Kristoff.

"J'ai juste l'impression… d'être dans une situation trop belle pour être vraie. Et je ne sais pas quoi penser."

Kristoff ne savait pas de quoi il parlait, encore plus parce que Steven ne leur avait jamais parlé des princesses. Cela n'avait aucun intérêt de parler des autres éléments d'un rêve au fruit de sa propre imagination. Mais, étrangement, le petit blond pensait savoir ce que le geek ressentait. Du coup, il raconta.

"Tu sais… Quand Bulda m'a adopté, j'ai cru que c'était une blague."

Steven tourna son regard perdu vers Kristoff. Il avait réussi à attirer son attention.

"J'ai même pensé à m'enfuir, je pensais qu'elle voulait peut-être me manger. Mais, finalement, j'ai finis par accepter la chose et aujourd'hui, je suis très heureux."

Les paroles de Kristoff calmèrent l'esprit de Steven. Ce que disait le petit blond rejoignait assez ce que lui avait expliqué Iduna. Si Kristoff était bel et bien réel, alors ce qu'avait dit la reine était juste. Ne pas tenter sa chance ne lui apporterait rien à part des regrets. Il se décida donc en soupirant, trop épuisé pour montrer des signes d'enthousiasme, de considérer cet univers comme réel, d'imaginer qu'il y'avait une chance que quelque chose de merveilleux lui soit arrivé.

Le geek sembla toujours perdu dans ses pensées. Il ne savait pas trop comment réagir à cette décision. Mais il sentit qu'il devait prononcer quelque chose. Il murmura un faible.

"Merci…"

Le petit blond et son renne, un peu rassuré, sourirent au geek. Kristoff, voyant que le métalleux n'était toujours pas aussi réactif que d'habitude, essaya quelque chose.

"Je sais ce que tu vas me dire mais… parfois, une petite chanson peux aider…"

Steven, par réflexe, leva les yeux au ciel. Il avait toujours détesté chanter et Kristoff le savait. Il s'amusait un peu avec le geek pour lui remonter le morale. Seulement, cette fois, Steven se sentait tellement perdu et fatigué que rien n'avait plus vraiment d'importance pour l'instant.

Il regarda le sommet des montagnes au loin. Le paysage était magnifique. Le ciel était bleu comme de la glace. Cela lui rappelait qu'il était techniquement en Norvège, et qu'il avait pût voir la beauté des paysages d'Arendelle durant les six mois qui s'était écoulé. Il avait pris toutes ces choses magnifiques pour des illusions, mais si c'était une réalité, alors c'était complètement différent.

Il se rappela l'hiver. Il avait passé plusieurs journées à jouer avec Anna dans le jardin du palais, se balançant des boules de neiges en riant, après quoi il rejoignait Elsa pour lui raconter le Seigneur des Anneaux.

Pris dans la tourmente de son esprit, le geek mélangea tout. Il ne semblait plus vraiment dirigé quoi que ce soit. Il était trop fatigué. Sa mémoire trouva ce qui associait le plus mélancolie et l'hiver pour lui. Ses lèvres s'entrouvrirent et là, malgré l'absence de musique, une voix se voulant mélodieuse en jaillit, sous les yeux écarquillés de Sven et Kristoff.

Walking by a frozen lake
Silent snow in the air
Dreaming of the summer day
Carry me till I'm there

Les paroles du geek ne représentaient aucun évènement ou sentiment actuelle, mais il est quasiment impossible de trouver une chanson pouvant représenter précisément ce qu'il ressentait. Chaque chanson à son histoire qui lui est propre. La voix du geek ne fût presque qu'un murmure, mais aux yeux de Sven et l'apprentie collecteur, c'était quelque chose de jamais vue qui se déroulait sous leurs yeux.

Winter skies, leave me alone
When I lose my way
Winter skies you call me home
Winter skies, leave me alone
When I lose my way
Winter skies you call me home

Bring me back when I am lost
Far from your embrace
Bring me silence, bring me frost
Your familiar face

Winter skies, leave me alone
When I lose my way, northern star
You call me home

Winter skies, leave me alone
When I lose my way
Northern land
You are my home

Winter skies, leave me alone
When I lose my way
Northern land
You are my home


Pendant ce temps, au château d'Arendelle, la reine Iduna entrait dans la chambre de sa fille, Anna. La dame découvrit sa fille recroquevillé sur son lit, serrant fort sa poupée à l'effigie d'Elsa. La petite rousse parut inquiète en voyant sa mère. Celle-ci s'approcha de la petite rousse et s'assit près d'elle. Elle prononça alors.

"Anna…" Elle soupira un coup avant de poursuivre. "J'ai parlé avec ce… Steven."

La fille aux tresses parut encore plus inquiète, mais elle attendit que sa mère poursuive. La dame en mauve baissa un instant les yeux, l'air aussi épuisé que son enfant, avant d'annoncer.

"J'ai décidé… que tu pouvais continuer de le voir."

La princesse ne réagit pas sur le coup. Elle n'en croyait pas ses oreilles. Anna se mit alors à avoir un grand sourire de joie et de soulagement, mais sa mère l'interrompit en déclarant.

"Mais tu dois me promettre de faire attention. Et tu devras me raconter tout ce que tu feras avec Steven, sans rien oublier, et de ne rien dire à ton père. Cela doit rester un secret."

Anna était trop heureuse pour se poser de question. Elle se contenta de se jeter dans les bras de sa mère et la serrer très fort en déclarant avec euphorie.

"Merci maman ! Je te le promets !"

La mère prit également sa fille dans les bras. Elle n'était toujours pas sûre qu'il s'agisse d'une bonne idée. Mais elle refusait de rendre sa fille malheureuse. Elle ne voyait pas d'autre solution, car elle savait que son mari refuserait que ce jeune garçon reste auprès d'Elsa et Anna. Mais elle était convaincue de la sincérité de Steven et qu'il les aidait à se sentir moins seules. La fille aux tresses déclara.

"Je t'aime maman."

Iduna murmura.

"Moi aussi je t'aime, Anna."

La reine se sentait mieux, mais pas encore soulagé, elle avait encore le plus difficile à faire.

Elle devrait parler de toute cette histoire à Elsa un peu plus tard.

La dame ignorait comment elle allait lui annoncer tout cela, ou comment sa fille réagirait, mais elle devait le lui dire avant qu'Anna ne le fasse. Sinon la princesse des neiges pourrait paniquer et perdre le contrôle de ses pouvoirs en découvrant que leur secret avait été révélé.

Et elle devrait s'assurer que le roi ne sache rien de ces visites magiques.

Décidément, la souveraine ignorait si l'arrivée de ce Steven Ryan était une chance ou une catastrophe.


Œuvres citées :

Le Seigneur des Anneaux, Baldur's gate