Hello! o/ (c'est un cookie dans ma main, demandez pas pourquoi XD vous pouvez toujours le grignoter durant votre lecture cela dit...)

Voici un nouvel OS écrit plus ou moins dans l'optique d'en faire un défi!

Univers: Fire Emblem Three Houses

Thème/Exigences: Faire en sorte que deux Edelgard interviennent dans le texte: l'étudiante et l'Impératrice de cinq ans plus âgée, mais en gardant ici l'univers de base. Donc pas de AU mais bien un texte rentrant dans le canon du jeu.

Encore une fois, l'univers et les personnages de Fire Emblem ne m'appartiennent pas mais sont la propriété d'Intelligent Systems.

Je les emprunte juste pour satisfaire...mon imagination, ahem...

Bonne lecture!


Cela fait quelques mois maintenant… Quelques mois seulement que je suis revenue, une nouvelle fois pour tout recommencer. Combien de fois encore cela va-t-il devoir se passer ? Combien de fois vais-je devoir voir, impuissante, sa vie lui être ôtée ? Et de ma main qui plus est… Je ne suis pas sûre de pourvoir l'endurer si mon épée sur sa silhouette devait à nouveau s'abaisser.

Aujourd'hui encore, elle me regarde avec cet éclat particulier qui m'est à moi seule réservé. Ce regard parme décidé et pourtant plein de douceur lorsqu'il que sur moi il est posé. Toutes ces fois où j'ai dû l'affronter, cette lueur ne s'était pourtant pas effacée. Comment pouvait-elle encore me détailler avec ce feu chaleureux, quand j'étais celle qui était destinée à éteindre la lumière au fond de ses yeux ?

Je secoue la tête pour m'éclaircir les idées. On pourrait penser qu'après tout ce n'est pas la première fois, cela ne devrait plus autant me toucher. Pourtant je constate qu'il reste toujours des morceaux de ce cœur muet qui est le mien à briser chaque fois que j'ai échoué. Échoué à la choisir et à l'accompagner jusqu'au bout de ses ambitions et ses idées. Échoué à la guider pour voir son tragique destin enfin transcendé.

La Bataille de l'Aigle et du Lion est derrière nous à présent et c'est ma classe, pour cette fois les Aigles de Jais, qui l'avons emporté. Qu'il fut étrange de vivre cette campagne pour la seconde fois de ce côté quand je n'en ai vécue qu'une seule avec les fauves et les cervidés. Mais ce combat terminé, les événements sont sur le point de s'accélérer pour me mener vers ce choix que je sais déterminant sur la façon dont cette partie va s'achever.

Seulement, comment être sûre de ne pas me tromper sur le chemin que je veux emprunter ? Je veux la choisir, je me désespère de ne pas déjà l'avoir fait. Qu'ai-je cependant, les fois précédentes, pu manquer ? Quel moment clé ? Je l'ignore et ce doute me ronge, le temps avançant et me précipitant à devoir de nouveau décider. Cette angoisse me noue le ventre, hante mes nuits, me tourmente durant la journée. Mais cette fois… Oui cette fois je ne passerais pas à côté ! C'est de l'Empire que je serais l'allié car c'est avec mon Impératrice que je désire marcher.

Le jour se lève à peine sur mon insomnie devenue une vieille amie. Mes cours ne commencent que plus tard dans la matinée et je préfère aller m'entrainer. Tout plutôt que d'avoir sans cesse à y penser… Le sol dallé, les armes alignées, il n'y a vraiment que ce lieu pour m'apaiser quand ce n'est pas à la Tour que je me rend pour la retrouver. Dans cette réalité j'ai vu mes sentiments m'être retournés alors que nos murmures ont côtoyés le secret de nos chambres fermées à clés.

Cette intimité que nous avons partagée, si elle m'a ravit le cœur et le corps, elle m'a également un peu plus écartelée, me rappelant ce choix que je dois à tous prix faire pour voir cette relation perdurer. Je sais que je ne pourrais le supporter si nos chemins devaient à nouveau diverger et peu importe que je puisse pour la énième fois tout recommencer. Car vraiment, qui serait humainement capable d'encore vivre ces événements appelés à se répéter ?

Tirant mon épée, je me positionne et tente de me vider la tête. Mon souffle ralentit, je me concentre et je vais frapper quand un raclement de gorge me stoppe soudainement. Qui donc viendrait si tôt pour me déranger ? Tous sont pourtant encore raisonnablement couchés. Je ne vois personne cependant et m'interroge si je n'aurais pas simplement rêvé toute éveillée.

—Non je te confirme que tu n'as pas rêvé, idiote !

Oh… C'est elle bien sûr, comment n'y ais-je pas pensé ? Cette constante présence, celle qui m'a octroyé le droit de recommencer. Seulement si je croyais premièrement que c'était là une bénédiction, le temps m'a fait reconsidérer ce don plutôt comme une malédiction. Sinon comment expliquer qu'à force il engendre en moi pareille affliction ? Mais Sothis n'est pas à blâmer pour mes choix erronés.

—Ecoute…j'ai eu un petit problème que je dois te montrer. Retourne dans ta chambre veux-tu ?

Un problème ? De quoi peut-il donc être question pour qu'elle s'adresse à moi d'un air si emprunté elle qui d'habitude ne s'embarrasse pas de gants pour me parler ? Rengainant mon arme, j'obéis néanmoins et rebrousse chemin jusqu'à mes quartiers plus tôt désertés. J'ai la main posée sur la poignée que je m'apprête à tourner quand celle que l'on appelle la Déesse me parle de nouveau avant que je ne sois entrée.

—Surtout, reste calme d'accord ? C'est juste…une erreur de process on va dire. Un léger bug du New Game mais rien d'irréparable. Normalement…

Je suis de plus en plus perplexe mais il ne sert à rien de laisser le suspens planer. J'ouvre et pousse le battant pour enfin rentrer quand je reste, le pas de la porte à peine franchit, figée. La surprise est de taille en effet car ce que mes yeux me montrent ne peut être vrai. Toute de rouge vêtue, sa couronne sur sa tête fièrement posée alliée à ses cornes dorées, l'Impératrice depuis mon lit est en train de me toiser. Ces yeux parme à nuls autres semblables me caressent et me transpercent dans le même temps de leur intensité.

C'est impossible et pourtant, elle me semble plus âgée que celle que j'ai depuis ces derniers mois enseignée. Ses prunelles recèlent moultes expériences que sa jeune version n'a pas encore vécues ou même seulement contemplées. Ses mains, que le vermeil habille élégamment, sont sagement posées sur ses jambes croisées et un sourire teinté de ce que je perçois être de la tristesse s'esquisse sur ses lèvres ourlées. Elle ouvre la bouche, s'apprêtant à parler et je somme à mes jambes de continuer à me soutenir, de ne pas trembler. Sa douce voix, toujours la même malgré les années ajoutées, sonne dans le silence de la pièce.

—Bonjour Professeur.

Par les Quatre Saints, cette sonorité… Elle brise ma volonté, donne envie à mes genoux de ployer. Ce n'est pourtant pas la première fois que je l'entends. Hier encore la déléguée et moi-même conversions après les cours chemin faisant. Mais cette voix, sa voix, je peux entendre le regret y résonner. Le même que celui qui marque mes pas, alourdit mon cœur et mes pensées. Je veux lui répondre mais j'ai peur d'entendre ma propre voix trembler à peine mes mots libérés. Alors je ne laisse qu'un murmure s'échapper.

—Edelgard…

Elle me regarde, un pli soucieux froissant ses traits délicats. Elle se lève alors lentement et s'approche de moi. Ensorcelée, je ne bouge pas car ses orbes m'ont piégés. La contempler ainsi apprêtée me remémore toutes ces fois où elle m'a affronté avant que je ne la fasse irrémédiablement chuter. Cette vision, c'est tellement douloureux… Pourquoi diable est-elle en ces lieux ?

—Pourquoi me regardez-vous ainsi ? Je peux lire la douleur dans vos yeux.

Cette main gantée, que j'ai tant de fois vue brandir sa hache pour contrer mon épée, voilà qu'elle la pose sur ma joue en un doux effleurement que je peine à supporter. Ce geste, chaque fois répété quand la mort est proche de l'emporter. Et ces mots, toujours les mêmes et ses derniers, qu'elle ne cesse de me livrer…

—Je voulais marcher à vos côtés…mais j'imagine que ce n'est pas ce qu'il s'est passé pour que vous portiez sur moi un regard aussi harassé.

—Je…je dois vous laisser, mes cours vont commencer. J'ignore ce qu'il a pu se passer mais on ne doit pas vous voir dans le monastère à déambuler.

Je suis lâche, je le sais. Et ce sentiment déplaisant accompagne mes pensées toute la journée quand je la quitte sans me retourner, sans pouvoir l'affronter. Combien de fois un cœur, même silencieux, peut-il se briser ? Trois fois ne sont-elles pas assez pour qu'une quatrième me soit infligée ? Et avant l'heure qui plus est, mon choix n'est même pas encore fait. Sothis reste silencieuse dans ma tête et je lui en suis reconnaissante. Je ne souhaite absolument pas discuter de cette soudaine apparition qui est pour moi si déstabilisante.

Cette instruction est longue alors que je songe sans cesse à celle qui dans ma chambre est mon invitée. Invitée que j'ai lâchement abandonnée. Je souffle longuement quand sonne l'heure de la fin des cours bien que je redoute de devoir y retourner. A la place, mes élèves tous partis, j'ère sans but tout en réfléchissant, plongée dans mes pensées. Mes pas, ces traitres, me conduisent invariablement à cette Tour surplombant les Montagnes d'Oghma. Pourquoi donc suis-je là ? Au fond je le sais. Un bruit de talons résonnant s'applique à me le rappeler.

—Quelque chose ne va pas Professeur ? Toute la journée vous sembliez ailleurs.

M'arrachant de l'horizon, mes yeux se posent sur elle, mon élève, mais aussi mon aimée dans la discrétion du jour et, depuis quelques temps maintenant, mon amante à la faveur de la nuit. Que puis-je lui répondre ? Certainement pas la vérité. Encore moins qu'une autre version d'elle m'attend dans mes quartiers. Je veux oublier et dans son parfum, sa douceur, ses mèches hivernales me noyer. Alors je ne réponds pas.

Je tends plutôt le bras vers elle et l'attire par sa main toute de blanc enveloppée, pour la rapprocher et contre moi la serrer. Bergamote, cet agrume doux et sucré chatouille mon nez. La jeune femme, certainement interloquée par mon attitude, recule doucement dans mon étreinte. Ses yeux, qui me détaillent avec cette inquiétude, ils ont la même teinte. Jumeaux des siens et pourtant si différents.

—Professeur… Que se passe-t-il ?

Je ne réponds toujours pas, je n'en suis pas capable. Je lui offre un regard d'excuse avant de me pencher sur son visage. Je l'embrasse alors, bien que ce ne soit sûrement pas très sage. Mais j'en ai cruellement besoin pourtant, ce baiser véhiculant les sentiments agités qui m'étreignent en cet instant. L'échange est bref, je ne souhaite pas que nous nous fassions prendre. J'ai senti l'hésitation de mon Aigle dans le contact qu'elle a tout de même souhaité me rendre. J'ancre mes prunelles bleuet dans les siennes et lui murmure quelques mots.

—Vous me manquiez tout simplement. Veuillez excuser mon égarement.

Lui mentir n'est pas ce que je veux mais comment pourrait-elle comprendre ? Heureusement elle ne m'interroge pas plus et se contente de me regarder de cet air tendre.

—Le repas sera bientôt servi, tâchez de ne pas le manquer.

Sa cape vole lorsqu'elle se détourne, les flammes vermeilles et les flocons immaculés tourbillonnants devant moi quand elle me laisse là. Je ne peux plus reculer, je dois y retourner. Lorsque je pénètre de nouveau dans mes appartements, l'Impératrice est retournée pour observer le paysage à travers la fenêtre. Je réalise alors ce que cette journée pour elle a pu être. Ainsi enfermée, piégée, dissimulée. Je m'en veux encore plus de l'avoir laissée sans même me retourner.

—Je vous quitterais bientôt, vous serez ainsi libérée du fardeau d'avoir à me cacher.

La blessure est largement perceptible dans les mots qu'elle m'adresse, toujours de dos. Déesse, ne suis-je bonne qu'à être la source de tous ses maux ?

—Elle a raison tu sais, je ne vais pas tarder à la renvoyer. Tu es sûre que c'est comme ça que tu veux voir les choses se terminer ?

Sothis, son nom invoqué, s'est décidée à se manifester. Non, ce n'est pas ce que veux, que nous nous séparions encore ainsi bien que cette fois elle conserve sa vie.

—Edelgard ! Je…

Elle se tourne enfin, me toisant rudement. Comment lui en vouloir ? Je le mérite sûrement.

—Vous êtes ici, vous savez ce que j'ai enduré. Ou du moins vous devez en avoir une idée. Vous voir brisée et de ma main, c'est une vision qu'aujourd'hui je ne peux plus affronter, un acte que je me refuse à réitérer.

—Alors faites en sorte que cela n'ait pas à se reproduire comme avant. Ne subissez pas les événements !

—Je…

Mais je n'ai pas le temps de continuer ma phrase qu'elle est proche de moi, comme en écho à la scène de tout à l'heure à la Tour bien que ça n'en soit pas le reflet exact. Cette fois le regard de cette version n'est pas tendre mais brûlant et acéré.

—Choisissez-moi si c'est réellement ce que vous voulez ! Hésiter ne va pas vous y aider. Pour ma part je ne l'ai jamais fait.

Elle s'arroge alors le droit s'emparer de mes lèvres sans que je ne l'y aie invité. Cet échange est entièrement contrôlé par l'Impératrice, je lui suis totalement soumise. Miroir inversé du baiser que j'ai, avec sa jeune version, précédemment échangé. Et cette fois ce ne sont pas mes émotions que je transmet mais bien les siennes que je ressens. Son désespoir, sa détermination et, oserai-je le dire ? Son amour aussi est bien présent. De quelle réalité peut-elle venir pour me porter de tels sentiments si puissants ?

Elle s'écarte, mettant fin à notre rapprochement et je brûle de lui poser la question qui m'est venue juste avant. Mais elle semble l'anticiper car elle me coupe à peine ai-je esquissé de parler.

—Le couronnement Professeur, tâchez de ne pas le manquer car je ne serais pas celle à venir vers vous pour vous y convier.

Ces paroles sonnant étrangement énigmatiques sont les dernières qu'elle m'adresse avant d'être comme auréolée de lumière. J'imagine qu'il est temps pour elle de repartir vers ce qui semble pour moi être encore hier. L'éclat de ses yeux, qui n'ont de cesse de me chavirer, illumine une dernière fois son regard avant qu'elle ne se dissolve telle une image éphémère.

Le repas passe comme dans un rêve alors que j'ai rejoint à table mes collègues et mes élèves. Quand je regagne une nouvelle fois mes appartements pour prendre non seulement du recul mais surtout du repos, j'ai la surprise d'y trouver quelqu'un de nouveau. Frêle silhouette faiblement éclairée par la lune de ce début de soirée, son identité m'est révélée par sa cascade de cheveux immaculés. C'est vrai, nous avions convenu de ce soir nous retrouver.

—Je ne peux vous forcer à vous confier mais j'ose espérer que si cela vous pèse réellement vous viendrez de vous-même m'en parler.

Un sourire, le premier sincère depuis le début de cette invraisemblable journée, étire mes lèvres devant les paroles de celle qui est devenue plus que seulement ma déléguée. Je songe aux derniers mots que son autre version m'a adressé alors que j'approche pour contre moi la serrer. Je ne subirais plus son destin, j'ai la ferme intention de le changer. Et bien qu'elle n'en soit pas consciente alors que nous échangeons caresses et baisers, c'est bien grâce à ce conseil qu'une autre El m'a donné que je parviendrais à le déjouer.