Troublée
Chapitre 1
Point de vue de Bella
Je ne voyais rien. Tout était noir. Toutefois, malgré la noirceur, je distinguai deux choses : des murs de béton brûlants et la solitude.
Les murs de béton étaient étroits et ceux-ci dégagèrent une chaleur suffocante. Quant à la solitude, elle était si lourde que j'eus du mal à respirer et à penser. Cependant, malgré cette difficulté, deux questions me traversaient l'esprit : où étais-je ? Que faisais-je ici ?
Soudain, je sentis une présence. Je n'étais pas capable de tourner la tête pour distinguer de qui ou de quoi il s'agissait, mais je devinai qu'elle n'était pas là pour me rassurer. Elle était là pour attaquer sa proie : moi. Je devais sortir de cet endroit le plus vite possible.
Je me mis donc à avancer sur mes de genoux. Je savais qu'il était plus facile et rapide de courir, mais l'espace était trop petit pour que je puisse me lever. Je voulais avancer plus vite, mais c'était comme si un énorme poids était accroché à chacun de mes pieds.
Heureusement pour moi, la présence semblait lente. Il fut donc plus facile pour moi de me sauver par la petite porte que je venais d'ouvrir avec vitesse pour ensuite la refermer aussi rapidement que possible.
Je me levai pour distinguer que j'étais encore dans la pénombre. Des lumières éclairaient toutefois mon environnement et je sentis un froid glacial parcourir mon corps. Je n'étais plus dans l'obscurité totale. L'espace était vaste. La chaleur suffocante ne pesait plus, ce qui me soulagea grandement.
Cependant, le soulagement fut de courte durée quand je découvris ceux qui m'entouraient : des créatures si maigres et si blanches. Elles étaient si maigres que je pouvais voir la forme de leurs intestins cachés sous leur peau. Une chose était sûre, ce n'était pas humain. Elles sautaient une par une du haut bâtiment pour ensuite s'écraser sur le sol en ne laissant qu'une énorme flaque de sang. C'était un suicide, mais au lieu de voir des visages tristes et apeurés, je vis d'énormes sourires tatoués sur chacun de leur horrible visage qui montrèrent des dents si aiguisées qu'on aurait dit des fines lames de couteau. C'était comme si elles s'amusaient comme s'amusent les enfants.
Je voulais m'enfuir et effacer de ma mémoire ces horribles monstres, mais j'étais coincée. Je ne pouvais pas m'enfuir. Devant moi avait le vide et derrière moi avait un étroit tunnel de béton où régnait quelqu'un ou quelque chose de tout autant effrayant que ces répugnantes créatures qui me donnaient envie de vomir.
Soudain, à travers d'étranges rires mêlant à des gémissements, j'entendis une voix tremblotante :
- Que fais-tu ici ?
C'était une vieille femme aux cheveux blancs. Ses vêtements étaient dépareillés en plus d'être déchirés. Elle avait aussi un nez tordu, un peu comme celui d'une sorcière vue dans les films et programmes télévisés.
- Je veux mourir, moi aussi, répondis-je.
Mais que venais-je de répondre ? Je ne voulais pas mourir, mais bien sauver ma peau et vivre une vie normale. Peut-être étais-je si désespérée et horrifiée que j'avais décidé de mettre fin à mes jours. N'avais-je vraiment aucune échappatoire ? Je savais que j'allais mourir un jour, mais pas si jeune. Pas à dix-huit ans et non de cette horrible façon.
Sans que je puisse m'y attendre, je sentis deux mains glacées me pousser vers l'avant.
Ayant à peine le temps de crier, mon corps s'écrasa sur le sol de pierre et je ressentis une énorme douleur derrière la tête.
Et, pareil à l'éclair d'un flash, j'ouvris les yeux.
J'étais étendue, mais la pièce était noire, ne laissant rentrer qu'un mince filet de lumière. Je remarquai aussi que j'étais couverte de sueur
Horrifiée et troublée par ce que je venais de voir, je poussai un cri.
- Bella ? entendis-je.
La voix était douce, ce qui me rassura.
Toutefois, je sentis une main glacée prendre mon poignet. Elle était froide comme la peau des créatures, mais aussi douces. La peau des monstres n'était pas si lisse et douce.
Toutefois, mon rêve avait semblé si réel. Était-ce vraiment la vérité ?
Incertaine et troublée, je me mis donc à hurler.
- Bella, c'est moi !
Je reconnus la voix d'Edward.
Je tournai brusquement la tête pour apercevoir son visage angélique et ses traits anxieux.
Je sentis soudainement les larmes me piquer les yeux.
Je ne voulais pas que mon bien-aimé me voie dans cet état lamentable. Je décidai donc de m'asseoir sur le bord de mon lit, dos à lui.
Je concentrai mes efforts pour contenir mes larmes et mes sanglots qui grondaient en moi comme le fait le tonnerre dans un nuage, mais malgré mes efforts qui me semblaient surhumains, mes sanglots sortirent de plus belle.
Mes sanglots me secouaient si violement qu'ils ressemblaient à des spasmes musculaires douloureux. C'était comme si on m'avait étiré les muscles comme s'ils étaient de longs élastiques.
Je me mis à hyperventiler. Je ne respirais plus correctement. Allais-je mourir comme dans mon foutu cauchemar ? Je ne pouvais, ne voulais pas.
Je sentis mon cœur battre dans mes paumes, monter dans ma gorge, et finalement, dans mon cerveau. Il battait si fort dans chacune des connexions nerveuses. J'avais l'impression que chacun de ses battements allaient abîmer chaque petit neurone qui se trouvaient dans mon cerveau.
