Ce texte répond au couple de la semaine proposé sur l'Enfer de Dante : Sherlock Holmes x Molly Hooper.


Sherlock rentra dans la salle de musique et s'arrêta. Une jeune femme était en train de jouer du piano avec une fougue et une précision incroyables. Le brun hésita un instant avant de poser son étui à violon sur la table. Il le sortit et accompagna la jeune femme. Celle-ci sursauta, comme si elle remarquait tout juste la présence du grand brun. Celui-ci la regarda en arquant un sourcil :

-Pourquoi tu t'arrêtes ?

-Je n'avais pas réalisé qu'il y avait quelqu'un d'autre dans la pièce.

-Je viens juste d'arriver. Tu joues à merveille, continue.

-Je n'ai pas l'habitude de jouer en public.

-C'est ennuyeux pour quelqu'un qui est à l'Académie Royale de Musique tu ne crois pas ?

La jeune femme rougit de la tête aux pieds en baissant les yeux. Elle lança d'une petite voix :

-Je m'appelle Molly Hooper.

-Et moi Sherlock Holmes. Tu veux bien reprendre ?

-Je... je vais essayer.

La jeune femme posa ses doigts au-dessus du clavier, hésita, puis appuya sur les touches nacrées. Elle commença une magnifique mélodie, Sherlock ne l'avait jamais entendue. Il improvisa donc un accompagnement, le plus harmonieux possible. Molly termina la musique avant de soupirer d'une façon qui ressemblait beaucoup au soulagement. Le brun demanda en fronçant les sourcils :

-C'était de qui ? Je n'ai pas reconnu.

-C'est de moi.

-Tu composes ?!

-Oui.

-Moi aussi !

Molly se tourna vers le brun et lui sourit :

-On pourrait créer une mélodie tous les deux si tu veux ?

-Oui pourquoi pas.

Molly regarda sa montre et bondit du tabouret de son piano :

-Je dois partir ! Désolée, au revoir !

L'instant d'après elle avait disparu. Sherlock resta à fixer le piano plusieurs longues minutes. Il n'était pas sûr de ce qu'il devait faire à présent, cette rencontre avait été si étrange.


Les jours suivants, Sherlock ne recroisa pas la timide pianiste. Il en était très contrarié, il aurait beaucoup voulu discuter avec elle et faire un nouveau duo. Il parcourait donc les couloirs de l'école de musique, guettant l'apparition de la frêle Molly. Il aimait bien ce prénom : court, rond, agréable en bouche. Un jour, enfin, deux semaines plus tard, il la vit. Elle était installée, seule, derrière le piano. Sherlock entra :

-Je t'ai cherchée pendant deux semaines !

-Je suis désolée, j'ai... été occupée.

Molly évitait de le regarder, Sherlock trouvait ça louche. Normalement personne n'était absent aussi longtemps à l'académie. Il s'approcha et la fit se tourner vers lui. Elle avait un œil au beurre noir, un pansement au nez et une coupure à la lèvre qui commençait à cicatriser. Sherlock sentit son cœur s'emballer et la rage monter en lui :

-Qui t'as fait ça ? Est-ce qu'ils ont abusé de toi ? Qui ?!

Les yeux de la jeune femme s'emplirent de larmes et elle se détourna :

-Personne, tout va bien.

-C'est faux ! Tu as été frappée plusieurs fois, qu'est-ce qui se passe ?!

-J'ai l'habitude, ça va ne t'en fais pas.

-Tu ne devrais pas être habituée à te faire frapper ! Qui est-ce ?

La jeune femme hurla, des larmes de rage coulant sur ses joues :

-C'est mon père ! Mon père me frappe depuis que je suis enfant car il a des problèmes d'agressivité et il a tendance à boire ! Je te dis que ça va, j'ai l'habitude.

-Ta mère ne fait rien ?

-Non, elle est morte il y a 10 ans, c'est après ça que mon père a déclenché ses problèmes.

-Tu avais quel âge ?

-J'avais 5 ans à l'époque.

-Toi aussi tu as intégré cette école de façon précoce. Tu es une petite génie du piano.

-Oui, et toi aussi tu es un génie du violon j'ai l'impression.

-En effet, je suis très doué. Alors, on la commence cette composition ?

-Avec plaisir.

Ils s'installèrent à une table et commencèrent à réfléchir à leur musique. Molly était incroyable, elle était vraiment douée, Sherlock n'avait jamais rencontré quelqu'un avec son génie musical avant. Molly était la première personne à l'égaler sur ce point, et ça forçait son respect. Il aimait beaucoup sa queue de cheval sage, son tailleur-jupe, ses ballerines vernies, son collier de perle avec les boucles d'oreilles assorties. Le brun était triste que son visage fusse gâché par les coups de son père. Molly tourna finalement la tête vers lui :

-Alors, tu en penses quoi ?

Le brun n'avait pas du tout écouté ce qu'elle disait, il était trop concentré à l'admirer. La jeune femme semblait gênée par cet examen. Sherlock regarda la partition vierge que la jeune femme avait commencé à noircir et hocha la tête :

-Oui, c'est très bien. Ça va être magnifique.

-Et... comment on va appeler cette musique ?

-Que dirais-tu de Sherlolly ?

-Magnifique !

Elle sourit et écrivit en haut de la partition un magnifique Sherlolly, rond, pétillant. Sherlock ne put retenir un sourire amusé, cette jeune femme était pleine de vitalité, ce qui contrastait bien avec son caractère calme et plutôt sombre. Au bout d'un moment, le violoniste lança :

-Et si tu venais vivre chez moi ? Tu ne dois pas rester avec un père violent.

-Je suis la seule famille qu'il lui reste, sans moi j 'ai peur qu'il ne fasse une bêtise.

-Oui, mais en retour il te frappe. Un nez cassé, une lèvre ouverte et un œil au beurre noir ce n'est pas la fin du monde mais ça ne va faire qu'empirer. Il finira par te tuer, et si il ne te viole pas c'est que tu es très chanceuse !

Molly se passa une main sur le visage, elle ne savait pas quoi dire. Elle se pencha et déposa un baiser sur la joue du brun :

-Merci, c'est très gentil de vouloir m'aider.

-Mon offre tient toujours, si tu veux, la porte de chez moi est grande ouverte.

-Je suis sûre que tu vis encore chez tes parents.

-Non, ils me paient un appartement à quelques rues d'ici.

-Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

Sherlock soupira et attrapa la partition pour continuer la composition. Il ne pouvait pas forcer Molly à être aidée si elle ne le voulait pas.


Les deux prodiges continuèrent de composer ensembles, bientôt ils arrivèrent à « Sherlolly 12 » avant même d'avoir réalisé que onze compositions étaient déjà passées. Ils s'ouvraient un peu plus l'un à l'autre. Finalement Molly avait accepté de venir vivre chez Sherlock, un soir son père l'avait laissée pour morte après l'avoir frappée jusqu'à ce qu'elle perde conscience. À son réveil Molly avait appelé Sherlock, en pleurs, et le brun l'avait amenée à l'hôpital. Il était resté à son chevet les quatre jours où elle était restée là-bas, puis lui avait montré son appartement. Pendant son hospitalisation Molly avait porté plainte contre son père et avait demandé à être émancipée.

Sherlock était aux petits soins avec Molly, ce qui impressionnait grandement sa famille. Jamais le brun ne s'était montré aussi responsable ni aussi sociable. Le brun semblait métamorphosé lorsqu'il était avec la jeune femme. Sherlock, bien que n'ayant jamais montré le moindre intérêt pour qui que ce soit, semblait avoir fini par tomber amoureux de Molly. La fragilité, la douceur et la sincérité de la belle pianiste avait fini par séduire l'insensible brun. Ses parents étaient surpris, ils avaient pensé que leur cadet ne serait jamais en couple et s'étaient fait à cette idée. Toutefois, voir leur brun secrètement épris de sa « colocataire », leur faisait chaud au cœur.

Sherlock garda ses sentiments pour lui un moment, avant d'enfin décidé de les avouer à Molly. Pour cette révélation il prépara un délicieux dîner aux chandelles et attendit qu'elle rentre d'un rendez-vous chez sa gynécologue.

La jeune femme rentra et arqua un sourcil en voyant que quelque chose était différent. Sherlock lui sourit, il portait une chemise violette et un pantalon noir. Il lui sourit :

-J'ai préparé le dîner, j'espère que tu as faim.

-Je meurs de faim oui !

Elle lui sourit et ils s'installèrent à table. La jeune femme rougit légèrement :

-C'est beau, dis donc tu t'es donné du mal !

-Merci, je voulais que cette soirée soit spéciale.

-Pourquoi, il y a un problème ?

-Non loin de là.

Il lui offrit un charmant sourire et ils mangèrent tranquillement. Au moment du dessert, le violoniste posa sa main sur celle de la pianiste :

-J'ai préparé tout ça car je voulais te dire une chose : je t'aime.

Des larmes de joie coulèrent sur les joues de la jeune femme et elle sauta au cou de Sherlock :

-Merci ! C'était tellement bien préparé ! Je t'aime aussi Sherlock !

Elle pressa ses lèvres contre les siennes. C'était un baiser doux et léger, elle n'avait jamais embrassé qui que ce soit avant, et d'après l'air surpris du brun, c'était réciproque. Il referma ses bras autour d'elle, lui rendant son baiser. C'était le plus beau jour de sa vie, il était amoureux, et celle qui avait volé son cœur l'aimait en retour.


Ils continuèrent leur formation à l'Académie Royale de Musique, composant toujours tous les deux. Ils étaient le couple phare de l'académie, des maisons de disques leur avaient déjà proposé d'enregistrer leurs créations. Toutefois, les deux adolescents préférés rester prudents, ils ne voulaient pas se laisser aveugler par ce genre d'offres toutes plus belles les unes que les autres. Ils faisaient de la musique par amour pour cet art, et ils avaient peur que de se lancer dans l'industrie musicale professionnelle ne gâche cet amour et ne finisse par les lasser. Ils réfléchissaient donc à cela.

Un soir, ils furent invités au palais de Buckingham pour jouer un récital pour l'anniversaire de la reine. Le couple était plutôt intimidé, du haut de leurs 16 ans ils ne savaient pas vraiment comment réagir, ni ce qu'ils allaient jouer. Heureusement, Mycroft, le grand frère de Sherlock veillait à leur bien-être. C'était lui qui payait leur appartement et qui filtrait les demandes de prestations pour les deux virtuoses. Il était leur agent artistique indirect, officieux, mais toujours dans leur intérêt. Tout ce que voulaient les adolescents c'était être tranquilles, faire ce qu'ils aimaient comme ils le voulaient.


C'était tout à fait impensable, personne n'aurait pu le croire, mais maintenant ils avaient tous les deux 18 ans et aujourd'hui ils se mariaient. Sherlock portait un smoking et un haut-de-forme comme le voulait la tradition. Molly arriva bientôt à l'église. Elle portait une magnifique robe blanche, elle ressemblait à un ange avec son voile. Sherlock était complètement sous le charme, sa Molly était plus belle que jamais. Il souleva le voile, le mit en arrière et prit la main de sa fiancée dans la sienne. Sherlock avait demandé à Mycroft d'être son témoin, Molly, elle, avait demandé à Clara, une amie de l'Académie. La cérémonie commença et tout disparut autour d'eux, ils étaient les plus heureux du monde. Et dire qu'ils en étaient là grâce au hasard, pour une fois ils s'étaient trouvés au bon endroit au bon moment. Cette rencontre imprévue s'était révélée être le signe du destin, ils avaient trouvé leur âme sœur, celle qui les complétait. Ensemble, ils pouvaient être eux-mêmes, jamais ils n'auraient pu en espérer autant. Le prêtre demanda :

-Monsieur Sherlock Holmes, voulez-vous prendre Mademoiselle Molly Hopper ici présente comme légitime épouse ?

-Je le veux.

-Et vous Mademoiselle Molly Hooper, voulez-vous prendre Monsieur Sherlock Holmes ici présent comme légitime époux ?

-Je le veux.

-Par les pouvoirs qui me sont conférés je vous déclare mari et femme, vous pouvez embrasser la mariée.

Sherlock se pencha et embrassa tendrement sa femme. Ils avaient tant à découvrir ensemble! Ils avaient réussi à rester chastes jusqu'à leur mariage, mais ils comptaient bien se rattraper à partir d'aujourd'hui. Molly regarda l'alliance à son doigt et une larme coula sur sa joue, Sherlock l'avait sauvée, lui avait apporté plus d'amour que quiconque auparavant. Aujourd'hui elle était devenue sa femme, et un jour, elle serait la mère de ses enfants. La jeune femme avait hâte d'arriver à ce stade, mais en attendant, elle comptait bien profiter pleinement de chaque instant aux côtés de son mari et partenaire de musique. Car depuis quelques mois, Sherlolly était devenu un groupe de musique qui avait tout de suite eu un succès mondial. Une rencontre hasardeuse avait créé un avenir épique et heureux.


Fin.


Une fois n'est pas coutume, un petit Sherlolly ça change du Johnlock !