Bonsoir à tous ! Je viens tout juste de terminer ce chapitre et je vous le poste donc immédiatement. Je n'ai pas eu une minute à moi aujourd'hui, mais je suis ravie de pouvoir vous poster ce quatrième chapitre. Vous avez fait bon accueil aux trois précédents, et j'en suis enchantée.
Vos commentaires sont un véritable délice, alors encore une fois merci !
Je vous laisse découvrir quel vilain personnage refait surface à Poudlard, en espérant que cela vous plaise ! Bonne lecture !
Chapitre 4 : Le retour du cafard.
Il faisait un froid glacial dans le château. Le vent s'engouffrait dans les couloirs, faisait vaciller les flammes dans les cheminées et secouait élèves et professeurs de frissons désagréables. Désormais, nul ne parcourait le château sans s'être drapé au préalable d'une écharpe douillette et d'une cape épaisse. Dans les cachots de Pansy, c'était pire que tout. Le froid se mêlait à l'humidité et semblait imprégner les vêtements de chacun. Pansy avait disposé dans les quatre coins de la pièce des feux magiques qui peinait malgré tout à réchauffer la salle bien trop grande.
Comme à son habitude, Ted Lupin faisait le pitre en claquant des dents avec beaucoup trop d'entrain pour que ce fusse véritablement le cas, et amusait la galerie. Les élèves avaient cependant du mal à se réchauffer et se frottaient les mains l'une contre l'autre dans l'espoir vain d'y trouver un peu de chaleur.
─ Si ça continue comme ça, on va perdre un orteil, grommela une élève de Serpentard avec humeur.
─ Heureusement vous en avez dix, Miss, répliqua Pansy en entrant dans sa classe. Sortez vos manuels page 452.
Les élèves rassemblés autour des chaudrons s'exécutèrent. Les manuels affichaient désormais la page de la potion de réchauffement instantané.
─ Une goute de cette potion bien préparée, et vous serez réchauffés pour une heure.
─ Et si elle est mal préparée ? demanda un élève, curieux.
─ Soit vous serez condamné à avoir chaud comme en enfer durant toute votre misérable vie, soit vous mourrez d'une hypothermie foudroyante.
Cela sembla les motiver à s'appliquer, car bientôt, tous les élèves se mirent à l'ouvrage. Pansy passait dans les rangs, administrait des conseils, encourageait aussi, quand c'était nécessaire. Ce n'était pas une potion très difficile pour des septièmes années, mais elle savait que le froid était tel qu'ils n'auraient pas la tête à préparer une potion tue loup ou un filtre d'amour très compliqué. Elle-même avait grand mal à se réchauffer, aussi espérait elle se délecter de la potion de l'élève le plus doué.
Allant d'un chaudron à l'autre, Pansy s'arrêta bientôt derrière Ted Lupin qui discutait à voix basse avec un ami à lui qui semblait en grande difficulté pour couper en lamettes ses pattes de scarabée.
─… jamais eu aussi froid, grogna Ted. Même dans les dortoirs c'est une catastrophe.
─ J'ai mis deux pairs de chaussettes aujourd'hui, ça n'a rien changé, se désola l'autre.
─ Si encore il neigeait…
Quand ils aperçurent Pansy, les deux élèves prirent leur professeur à témoin avec un petit sourire malicieux.
─ Quand est-ce qu'il neige, Professeur ?
─ Je t'ai donné l'impression de savoir lire l'avenir dans une satanée boule de cristal, Lupin ?
La classe fut parcourue de quelques rires.
Elle avait beau ne pas enseigner la divination, Pansy se demandait elle aussi quand il se mettrait à neiger. La neige… songea-t-elle avec mélancolie. C'était bien la seule consolation de l'hiver. Qu'il fasse froid était assez pénible comme ça, alors si en plus, la neige se montrait trop paresseuse pour tomber… Tout cela annonçait une saison froide particulièrement ennuyeuse.
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Au déjeuner, la neige était aussi le sujet de discussion à la table des professeurs. Pansy avait pris Ted Lupin au mot et avait demandé à Sybille Trelawney, toujours fidèle au poste, si la neige avait l'intention de tomber.
─ Ma chère Pansy, les dons divinatoires ne sont pas faits pour répondre de telles questions.
─ Ah ? dit Pansy d'un air faussement surpris. Mais pourquoi sont-ils fait alors ?
Elle avait ajouté sa dernière question à voix basse si bien que seuls Neville et Hermione l'avaient entendue. Neville, qui n'aimait pas la neige, était d'avis qu'elle tomberait bien assez tôt. Hermione, quant à elle, se remémorait avec nostalgie les batailles de boules de neige opposant les Weasley, Harry et elle. Sans vraiment s'en rendre compte, elle leva les yeux vers le plafond magique de la Grande Salle, et se surpris à espérer y trouver quelques flocons. En vain. Le ciel, toujours chargé de nuage, restait silencieux à leur demande.
─ Bonjour à tous, dit une voix basse et rauque à quelques places d'Hermione.
Celle-ci leva la tête et vit Drago s'installer à la place du directeur et se servir une assiette de purée. Il était assis entre Merida, professeur de métamorphose, et Sybille. L'espionnant du coin de l'œil, Hermione le vit entamer la conversation avec Merida, qui était une sorcière d'une quarantaine d'années à l'aide sympathique et à l'esprit brillant – McGonagall ne l'avait pas choisie pour rien.
Au milieu du repas, Neville donna un léger coup de coude dans les côtes d'Hermione. Celle-ci se retourna et le regarda d'un œil inquiet.
─ On dirait que le directeur se fait des amis, marmonna-t-il.
Pansy, qui les avait entendus, se pencha vers eux.
─ Oui, il suit mes conseils. Vous feriez bien de faire pareil.
Hermione ne dit rien, mais elle était sceptique. Drago n'avait rien du sorcier bavard et chaleureux. Pourtant, elle devait bien admettre qu'il faisait des efforts, et Merida n'avait pas l'air ennuyée par sa conversation. Devant l'air perplexe des deux autres, Pansy soupira et brandit une fourchette menaçante.
─ Vous verrez, dans quelques semaines, il fera partie du gang.
─ Il n'y a aucun gang, protesta Neville. Et s'il y en avait un, Drago Malefoy n'en ferait certainement pas partie.
Pansy grogna, et se détourna de Neville pour mieux s'intéresser à la conversation de Drago et de Merida.
─ Il n'y a pas de gang, répéta-t-il à l'adresse d'Hermione cette fois-ci.
Hermione resta silencieuse, une fois de plus, se contentant d'hausser les épaules. Elle voyait bien que Drago faisait des efforts, d'ailleurs tous les autres professeurs s'accordaient à dire qu'il était différent de la première impression qu'il leur avait faite. Pourtant, elle n'arrivait pas à se défaire de ce passé tumultueux qui les unissait encore, malgré les années passées. C'était comme si une barrière invisible mais insurmontable l'empêchait de trouver du positif dans le comportement de Drago.
Quand le repas s'acheva, Drago demanda aux enseignants de rester quelques minutes supplémentaires pour les informer de détails supplémentaires concernant la correspondance internationale.
─ Evidemment, les journaux veulent couvrir l'évènement, commença-t-il. Ça ne m'enchante guère, mais la Gazette, toute puissante qu'elle est, a obtenu l'exclusivité sur cet échange. Des reporters vont donc aller et venir à Poudlard, interroger élèves, enseignants et délégations étrangères. Je compte sur votre bienveillance.
Drago n'attendait pas de réponse, mais le silence qui suivit ses déclarations était pesant.
─ C'est Rita Skeeter qui s'occupera principal des interviews.
Il avait lâché cela comme une bombe qu'il avait retenue trop longtemps. Comme il s'y attendait, Hermione ne tarda pas à réagir. Il avait espéré qu'elle soit plus modérée, mais elle bondit comme une lionne sur sa proie.
─ Rita Skeeter ? s'exclama-t-elle. Alors laisse moi te dire, Drago, que les papiers qui seront écrits sur cet évènement ne seront qu'un ramassis d'ordures.
─ Professeur Granger, dit Drago d'une voix basse et menaçante, conscient des derniers élèves qui restaient dans la Grande Salle et dont les oreilles traînaient sans doute non loin d'eux. Je vous prie de modérer vos propos.
─ Est-ce que Skeeter a modéré ses propos quand elle a écrit des dizaines d'articles sur moi ou mes amis, il y a dix ans ?
Drago savait très bien à quoi Hermione faisait référence. Skeeter n'avait pas été tendre avec Potter, Weasley et Granger quand ceux-ci étaient en fuite durant l'ascension de Lord Voldemort. Assurant qu'ils avaient quitté le pays pour se dorer la pilule sur une plage paradisiaque, laissant le monde sorcier dans la misère la plus totale. Les plus informés d'entre eux savaient, qu'en réalité, le trio infernal ne faisait rien de moins que de sauver le monde.
─ Je ne te demande pas d'en faire ta meilleure amie. Juste de l'accueillir de manière cordiale.
─ Cordiale ? s'écria Hermione, tremblante de rage.
Si son éducation ne l'en avait pas empêchée, elle aurait craché au visage de Drago.
─ Je ne suis pas cordiale avec les cafards. En général, je préfère les écraser.
Et sans un mot de plus, elle se leva, tourna les talons et disparut de la Grande Salle dans un tourbillon de boucles brunes. Drago, de son côté, fulminait. Il serrait les poings convulsivement, et son nez frémissant n'annonçait rien de bon. Comme toujours dans ces cas-là, il serra les dents et quitta à son tour la table. Il n'avait pas apprécié qu'elle se donne en spectacle, et il irait le lui dire de vive voix.
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Il avait attendu la fin de la journée et la fin des cours pour aller trouver Hermione dans son bureau. En tant que directrice des Gryffondor, elle occupait l'ancien bureau de Minerva McGonagall, avant que celle-ci ne devienne directrice de Poudlard. Il la trouva installée derrière son bureau, en train de feuilleter un énorme volume joyeusement intitulé « Les Inféris : s'en défendre et les combattre ». Il frappa deux coups sur la porte ouverte et entra sans qu'on ne l'y convia.
Hermione leva les yeux et il fut content de voir qu'elle était surprise. Il s'installa tranquillement dans le fauteuil qui lui faisait face et joignit le bout de ses doigts, d'un air sérieux.
─ Je sais que tu n'affectionnes pas Rita Skeeter.
─ C'est un euphémisme. Si je devais faire un classement, elle se trouverait juste derrière Bellatrix Lestrange et Dolores Ombrage.
Drago tiqua. Elle avait mentionné sans aucun problème sa mangemort de tante. Cela annonçait la couleur : elle n'était pas prête à discuter.
─ Ca ne m'enchante pas non plus, dit-il d'une voix plus froide qu'il ne l'aurait voulu.
─ Mais tu l'acceptes.
─ Parce que les ordres viennent du ministère. Shacklebolt espère qu'une ribambelle d'articles élogieux sur Poudlard, et par extension, la Grande Bretagne, les sorciers du monde seront moins frileux à revenir. Tu n'es pas sans savoir que depuis la guerre, les touristes évitent notre île.
Hermione haussa les épaules.
─ Ce n'est pas de mon fait, et il serait peut-être bon pour nous tous que tu fasses l'effort d'accepter ces journalistes.
Les yeux d'Hermione lançaient des éclairs. Drago l'avait rarement vu aussi furieuse. Sauf peut-être en troisième année, quand elle avait… malencontreusement égaré son petit poing contre son nez.
─ Elle a traîné mon nom dans la boue, celui de mes amis, de ma famille. Elle n'a jamais écrit quoi que ce soit qui fut vrai sur ma personne et tu me demandes de l'accepter ?
─ Granger, cesse d'en faire tout un drame. Tu crois que je ne la hais pas ? Elle a tellement bavé sur le nom des Malefoy que même les futures générations en pâtiront toute leur vie.
─ Mais toi et ta famille, vous le méritiez, Malefoy ! éructa Hermione, folle de rage. Parce que pendant que vous vous cachiez bien à l'abri derrière les murs de votre manoir, nous, on dormait dans des tentes et on courait après le temps pour trouver un moyen de détruire Voldemort !
Drago bondit de son fauteuil. Les poings plantés sur le bureau en bois brut d'Hermione, le corps légèrement penché en avant, il la regardait d'un air si mauvais qu'elle eut un mouvement de recul. Elle sut, à ce moment précis, qu'elle était allée trop loin. Les Malefoy s'étaient repentis avant la chute de Voldemort, et c'était pour cela que leur nom avait été lavé après la bataille de Poudlard. Pourtant, elle ne parvenait pas à ne pas lui en vouloir d'avoir accepté la présence de Skeeter entre ces murs.
Les deux anciens camarades se regardaient en silence, droit dans les yeux. Si les sorts impardonnables avaient pu être lancés par leurs pupilles dilatées, nul doute que Poudlard aurait eu deux cadavres à enterrer ce soir-là. Cherchant au fond de lui toute la volonté pour quitter ces lieux sans lancer un sort à Granger, Drago serra les poings jusqu'à sentir ses ongles s'enfoncer dans la peau tendre de sa paume, puis se redressa de toute sa hauteur et tourna les talons.
Voilà des années qu'il ne s'était pas fait dépasser par ses émotions d'une manière aussi violente. Qu'est-ce qu'elle faisait de lui ? Elle était parvenue, en quelques mots, à faire fondre sa forteresse de glace pour l'envoyer directement dans les feux des enfers. Il s'était senti bouillir intérieurement, tel un volcan sur le point d'entrer en irruption.
Parcourant les couloirs d'un bas vif, Drago se dirigea directement vers les grandes portes qui gardaient l'entrée, et quitta les murs de Poudlard pour rejoindre le seul endroit dans lequel il s'était jamais senti en sécurité : le terrain de Quidditch. Il gravit quatre à quatre les marches des tribunes, et s'installa sur le banc le plus haut, le plus exposé aux courants d'airs. Il n'avait pas pris de cape, ni d'écharpe, et il ne tarda pas à être frigorifié.
Pourtant, l'air vivifiant de l'hiver lui remit peu à peu les idées en place. Il n'avait pas joué sur le bon tableau. La confrontation avec Hermione avait été un échec, mais il savait que sans son aide, il ne parviendrait pas à répondre aux demandes du ministère. Il savait, au fond de lui, qu'elle était la clé et que s'il parvenait à la convaincre elle, tous les autres suivraient. Mais comment faire pour s'entendre avec elle, quand elle ne lui inspirait que des émotions trop difficiles à contrôler ?
Certains d'entre vous avaient vu juste ! C'est le retour de Rita Skeeter, et elle n'est même pas encore là qu'elle crée déjà de la discorde entre nos deux personnages ! Comme vous le voyez j'ai un peu modifié le passé des Malefoy, parce que je ne voulais pas d'une ambiance trop lourde pour cette fiction de Noël en termes de passif. On reste donc sur des ennemis de Poudlard, et non pas de rivalité Mangemort/Ordre du Phénix.
Qu'en pensez-vous ?
J'adore faire des petites scènes avec Pansy aussi ! J'espère qu'elles ne vous paraissent pas trop longues ni superflues. J'attends vos avis avec impatience, bonne soirée et à demain !
