Déjà le cinquième chapitre ! Je m'étonne toujours de ce temps qui file à toute allure. Le mois de décembre me semble toujours infiniment long, à cause de l'attente, des microbes, du mauvais temps, mais aussi incroyablement rapide. Ecrire au quotidien est un véritable exercice de discipline que j'essaie d'inclure à ma routine, mais ce n'est pas toujours chose facile. Malgré tout, ça me permet « d'attendre Noël » !

Comment ça va par chez vous ? Pas trop froid ? Pas trop malades ? Avez-vous déjà mis votre sapin ? Moi c'est chose faite et j'en ai acheté un vrai cette année ! Je suis ravie.

Vous avez été nombreux à me faire la réflexion sur le fait qu'il ne soit pas logique que ce soit Skeeter qui couvre l'évènement. Et j'en ai pleinement conscience, mais que voulez vous ? Est-ce que la magie de Noël nous autorise à faire quelques entorses au règlement et au canon de l'histoire ? Je dirai que oui.

Pour ce qui est de leurs âges, à tous, j'avoue que je ne me suis pas posée la question, j'aurai dit une trentaine d'années, mais avec Teddy Lupin au milieu, ils sont surement un peu plus vieux que prévu. Encore une fois, c'est un détail sur lequel je ne me suis pas penchée. C'est aussi malheureusement les inconvénients d'écrire tous les jours, je n'ai pas le temps de peaufiner les détails, j'espère que vous me pardonnerez !

Bonne lecture à tous !


Chapitre 5 : Sorciers du monde.

Deux semaines avaient passé depuis l'altercation entre Hermione et Drago. Ils n'avaient pas eu de nouvelle discussion, et ni l'un ni l'autre ne s'était excusé. Les relations étaient toujours tendues, mais ils avaient tous deux eu le bon goût de ne pas en faire un scandale devant tout le reste de l'école. Ils se contentaient donc de s'adresser la parole quand cela était vraiment nécessaire et de ne pas rester seuls dans la même pièce.

Décembre arriva, et alors que Pansy préparait Noël, Hermione, elle, était sur le point de recevoir les délégations étrangères, car ils avaient annoncé leur venue le premier du mois, au soir. Elle avait pu entretenir avec chacune des écoles invitées une relation épistolaire, et chacun lui avait assuré avoir un logement pour leurs propres élèves, comme l'avaient fait Dürmstrang et Beauxbatons des années auparavant.

Quand il fut presque dix-huit heures, ce soir-là, tous les élèves de Poudlard se réunirent dans le parc pour y accueillir leurs invités. Les écoles arrivèrent les unes après les autres. Dürmstrang et Beauxbatons arrivèrent de la même manière que lors du Tournois des Trois sorciers. Les élèves japonais, américains et brésiliens arrivèrent tour de rôle, jusqu'à ce que tout le monde se retrouve dans le parc de Poudlard. Hermione avait prévu une large table proposant des boissons chaudes, afin de laisser à tous les élèves de faire connaissance dans un contexte moins figé que les quatre tables de la Grande Salle. C'était aussi l'occasion pour elle de rencontrer les accompagnateurs de chaque école.

Faisant le tour de toutes les délégations, elle ne tarda pas à trouver Viktor Krum, en grande discussion avec deux autres accompagnateurs étrangers qu'Hermione ne connaissait pas.

─ Herrrmione ! s'exclama Viktor en l'apercevant.

Il s'approcha à grands pas, et la serra chaleureusement dans ses bras. Viktor n'avait pas beaucoup changé. Il était toujours aussi athlétique, grand, et charmant. S'emparant de sa femme qu'il glissa sous son bras, il l'accompagna jusqu'aux deux autres, et fit les présentations de sa voix forte et gutturale.

─ Herrrrmione, laisse moi te prrrrrésenter Eurydice Delacour, de Beauxbatons.

Il fit un signe en direction d'une jeune femme magnifique, aux yeux d'un bleu azur et aux cheveux d'un blond presque blanc qui flottaient autour d'elle comme un halo de lumière. Delacour ? A n'en pas douter, cette jeune femme avait du sang vélane.

─ C'est une cousine de Fleurrrr.

Hermione lui adressa un sourire chaleureux, mais la jeune femme resta de marbre. Guindée dans sa robe fourreau trop étroite, Eurydice se contenta d'hocher vaguement la tête en faisant une moue étrange. Viktor ne sembla pas s'en apercevoir car il se tournait déjà vers le second accompagnateur qui leur venait tout droit du Japon.

─ Et voici Kazuhirrrro Ikeda, de Mahoutokoro.

Le sorcier, un vieux mage aux cheveux argentés, affichait une mine réjouie. Il joignit ses deux mains et s'inclina deux fois devant Hermione qui s'inclina en retour. Kazuhiro avait tout d'un vieux sage. Ses cheveux longs étaient retenus avec un nœud dans sa nuque, tandis qu'une barbe moins longue que celle de Dumbledore mais tout même bien présente flottait sur son torse. Il lui plut immédiatement.

Les présentations faites, Viktor se tourna vers Hermione, tout sourire.

─ Je suis rrrravi de te revoirrr.

─ Moi aussi, Viktor. Je ne te cache pas que je suis contente de connaître au moins l'un des accompagnateurs étrangers. Tu seras un allié de taille, sourit Hermione.

Se trouvant un verre de vin chaud – réservé exclusivement aux sorciers majeurs – ils se mirent à parler du bon vieux temps, se remémorant avec joie le bal de Noël qu'avait eu lieu durant le Tournois, puis avec tristesse, la perte de Cédric Diggory. Ils parlèrent d'Harry et Ron, de Fleur aussi, et de son mariage, la dernière fois qu'ils s'étaient vus d'ailleurs. Hermione et lui passèrent en revue ces dernières années avec nostalgie.

─ J'ai divorrrrcé la même année, se désola-t-il finalement.

─ Je suis navrée, répondit Hermione.

Viktor haussa les épaules.

─ C'est ainsi.

Hermione était sur le point de changer de sujet lorsqu'un carillon clair et pur résonna à leurs oreilles. C'était le signal qu'elle avait mis en place pour signaler le moment de retourner au château. Les élèves de Poudlard, et notamment leurs préfets, guidèrent tout le monde à l'intérieur, et s'assurèrent que tous les élèves étrangers trouvent une place où s'asseoir dans la Grande Salle, tandis que les adultes, professeurs et accompagnateurs, s'installaient à leur tour à la table des professeurs. Hermione se retrouva entre Viktor et Neville, pour son plus grand plaisir.

Drago, vêtu de sa plus belle robe d'un bordeaux presque noir, se leva et s'installa derrière le pupitre qu'utilisaient les directeurs de Poudlard depuis des générations lorsqu'il s'agissait de faire un discours important. Attendant patiemment que le silence se fasse dans la salle, Hermione remarqua qu'il n'eut même pas besoin de réclamer le silence pour l'instaurer. En quelques secondes, la Grande Salle était assourdissante d'un silence presque parfait.

─ Bonsoir à tous, dit la voix basse et légèrement rauque de Drago. Je suis Drago Malefoy, directeur de cette école, jusqu'au retour de sa directrice, Minerva McGonagall.

Hermione fut surprise de l'entendre mentionner qu'il n'était que remplaçant… même s'il ne l'avait pas dit comme ça.

─ C'est un honneur ce soir, de vous accueillir toutes et tous dans notre école, et dans notre pays. En effet, resserrer les liens entre les écoles magiques du monde n'a jamais été aussi important qu'en ce jour où les liens internationaux façonnent l'histoire. Je vous prie d'applaudir chacune des écoles qui nous a fait l'honneur de venir jusqu'à nous.

S'en suivit la liste des cinq écoles présentes ce soir, en plus de Poudlard. Mahoutokoro, au Japon, Beauxbâtons, en France, Castelobruxo, au Brésil, Ilvermorny, aux Etats Unis et Dürmstrang, en Europe de l'Est. Tous les élèves applaudirent au fur et à mesure que les écoles étaient énoncées, jusqu'à ce Drago termine par citer Poudlard.

─ Je compte sur la convivialité des élèves de Poudlard, et de leurs professeurs, pour faire sentir à nos amis du monde entier qu'ils seront toujours les bienvenus ici. Ce mois sera la possibilité pour tous de s'ouvrir sur le monde magique, ses différentes cultures, ses différentes magies. Profitez-en, voilà une occasion qui ne se représentera peut-être pas. Sur ce, je vous souhaite un excellent appétit.

Il tapa dans ses mains, et les mets tant attendus apparurent sur les tables jusqu'alors laissées vides. Une exclamation de surprise s'éleva parmi les élèves étrangers, tandis que ceux de Poudlard, habitués à cette extravagance, entreprenaient déjà de remplir leurs assiettes.

A la table des professeurs, les discussions allaient bon train.

─ J'enseigne le Quidditch, bien surrrr, expliqua Viktor à Neville qui lui demandait ce qu'il devenait. J'entrrrraine aussi l'équipe jeunes espoirrrrs Bulgarrres. Nous avons bon espoirrrrr de parrrrticiper à la prrrrochaine Coupe du Monde de Quidditch.

─ A Beauxbâtons, le sport n'est pas une priorité, expliqua Eurydice d'une voix claire, hautaine.

─ Sans en faire une priorité, il a été prouvé que le sport fait du bien aux élèves, philosopha Neville, qui n'avait jamais beaucoup aimé le sport lui-même.

Eurydice renifla d'un air dédaigneux et se retourna vers Drago à côté duquel elle était assise.

─ Vous êtes directeur depuis longtemps ? roucoula-t-elle en battant des paupières plus que ne l'exigeait la nature humaine.

─ Je ne fais que remplacer le Professeur McGonagall pendant sa convalescence, expliqua Drago d'une voix neutre.

─ Et sinon, vous enseignez quelle matière ?

─ Je n'enseigne pas, reprit Drago. Je suis plutôt bureaucrate que professeur.

Cela sembla réjouir Eurydice.

─ Comme je vous comprends. Je n'enseigne pas moi-même, je suis ce que l'on appelle Conseillère Principale. Je m'occupe de la discipline à Beauxbatons.

─ Ca ne m'étonne même pas, grogna Pansy entre ses dents en jetant un coup d'œil à Drago.

De toute évidence, Eurydice n'avait fait bonne impression à personne. Sauf à Drago peut-être, qu'elle couvait du regard et avec qui elle était entrée en grande discussion sur la langue française, quand elle avait découvert que le directeur le parlait couramment.

Hermione, quant à elle, discutait toujours avec Kazuhiro et Viktor, ravie d'en apprendre plus sur les us et coutumes de leur pays respectif. Ce fut une excellente soirée. Les elfes de maison s'étaient surpassés, et le repas était digne d'un jour de fête. Les conversations étaient animées, tant chez les élèves que chez les professeurs, et les rires fusaient de temps à autre, réchauffant la température glaciale de la Grande Salle.

Quand minuit sonna, quelque part dans le château, les élèves furent priés de rejoindre leurs dortoirs. Les accompagnateurs et leurs propres élèves regagnèrent leurs propres logements, désertant les uns après les autres la Grande Salle qui redevenait silencieuse. Bientôt, il ne resta à la table que les professeurs de Poudlard et Drago, qui finirent par se souhaiter une bonne nuit et quitter à leur tour la table pour retrouver la chaleur d'un lit douillet.

Hermione traversa les couloirs pleins de courant d'airs, et arriva devant la porte de ses appartements avec soulagement. Cherchant la clé dans ses poches, elle se rendit compte avec horreur qu'elle avait laissé sa cape, et ses clés donc, dans la Grande Salle. Sans ce trousseau, inutile d'espérer rentrer, car même une baguette magique ne serait pas venue à bout des sortilèges de protection lancés sur cette porte. Non, il lui fallait cette clé coute que coute. Soupirant d'un air las, Hermione rebroussa chemin et alla récupérer sa cape dans la Grande Salle vide, et plongée dans l'obscurité.

Alors qu'elle traversait pour la énième fois les couloirs du château, elle fut sortie de ses rêveries par des bruits, des chuchotements, qui provenaient d'une salle de classe inutilisées depuis des années. Hermione se demanda si elle avait vraiment envie d'aller disputer des élèves qui ne se trouvaient pas dans leur dortoir, mais finalement, sa conscience professionnelle l'emporta. S'approchant d'un pas discret, elle jeta un coup d'œil dans l'entrebâillement de la porte. Et la surprise fut telle qu'elle en resta bouche bée.

Pansy était assise sur un bureau, et embrassait langoureusement quelqu'un qui ne pouvait être nul autre que Neville Londubat. Hermione aurait reconnu sa silhouette entre mille. Tous deux étaient étroitement entrelacés et s'embrassaient avec passion, laissant échapper de temps à autres quelques soupires emplis de désir. Hermione resta là, totalement immobile, ne sachant que faire.

De toute évidence, elle ne pouvait pas faire comme si elle n'avait rien vu, car il lui semblait que l'image allait rester sur sa rétine jusqu'à la fin de sa vie. Jamais elle n'aurait cru que Pansy et Neville entretenaient ce genre de relation. Elle se sentit un peu vexée de voir que ni l'un ni l'autre ne lui avait fait assez confiance pour lui en parler, mais aussi ridiculement frustrée de ne pas s'en être aperçue par elle-même. Plongée dans ses pensées, et toujours sous le choc d'une telle vision, Hermione ne réalisa pas immédiatement qu'elle n'était plus seule. Quelqu'un se tenait juste derrière elle, et regardait, comme elle, Pansy et Neville s'adonner à des caresses de plus en plus intimes.

Ce fut le souffle brûlant qu'elle sentit sur sa nuque qui la sortit de sa contemplation. Elle se retourna brusquement, surprise, et tomba nez à nez avec Drago qui regardait lui aussi la scène d'un air surpris.

─ Est-ce que c'est … commença-t-il.

─ Pansy ? Oui.

─ Et est-ce qu'elle est en train de…

─ Bécoter Neville ? Oui, répondit Hermione à voix basse.

Drago s'arracha avec difficulté à ce spectacle inattendu et baissa les yeux sur Hermione. Il ne s'était pas attendu à la trouver si proche de lui. Leurs corps n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, si bien qu'il pouvait sentir sa chaleur corporelle émaner d'elle. Elle avait les joues légèrement plus roses que d'habitude, et les yeux brillants. Drago esquissa un petit sourire en coin, se demandant si c'était cette scène surprenante qui avait émoustillé les sens de la belle Granger.

─ Tu savais ? demanda-t-il finalement.

─ Non, souffla Hermione. Toi non plus ?

Drago hocha la tête de droite à gauche. Décidément, ces deux là avaient bien caché leur jeu. Un petit cri aigu, provenant de Pansy les fit tous deux tourner la tête dans leur direction. C'en était trop. Neville avait passé ses mains sous la robe de sorcière de Pansy, et celle-ci semblait rayonner de plaisir. Hermione détourna la tête, et tira légèrement la porte vers elle. Ils ne pouvaient décemment pas assister à un tel spectacle. C'était leur intimité après tout.

Légèrement amusé, Drago recula pour la laisser fermer la porte, et enfonça ses mains dans les poches d'un air pensif. Il n'aurait jamais imaginé cela de Pansy, elle cachait bien son jeu. Et elle ne perdait rien pour attendre, car Drago ne garderait pas cette information pour lui très longtemps.

─ Qu'est-ce qui te fait rire ? demanda Hermione.

Drago ne s'était même pas rendu compte qu'un petit rictus s'était formé sur ses lèvres. Il haussa les épaules.

─ Rien, on dirait deux adolescents. Ca me rappelle quelques souvenirs.

Hermione n'en demanda pas plus. Hors de question de l'écouter s'étendre sur ses multiples conquêtes. Elle secoua légèrement la tête, comme pour effacer cette vision de sa tête – en vain – puis fit mine de tourner les talons. Avant de retourner vers ses quartiers cependant, elle prit le temps de se retourner.

─ Bonne nuit, murmura-t-elle à l'adresse de Drago.

Celui-ci, surpris, perdit son sourire. Il inclina doucement la tête et répondit à son tour :

─ Bonne nuit, Hermione.


Bon, certains avaient déjà vu le coup venir. Pansy et Neville semblent être un peu plus que de simples amis. J'aime bien ce couple, il me fait rire. Pansy, autoritaire et impitoyable, Neville, un peu gauche, mais profondément loyal. C'est un couple explosif !

En tout cas, voilà un secret qu'Hermione et Drago partagent à présent.

J'espère que le retour de Viktor vous a plu, on découvre aussi un nouveau personnage secondaire, la belle Eurydice Delacour, qui, vous l'aurez compris, s'est pris d'un petit béguin pour Drago ! Alors, quels sont vos pronostiques sur les prochains chapitres ?