Et voilà le chapitre 9 qui sort tout juste du four, embaumant la cannelle et les épices de noël !

Merci à tous ceux qui ont commenté les derniers chapitres, vous êtes des amours. Je suis vraiment contente de voir que cette fiction vous plait ! C'est toujours difficile de trouver des idées différentes de mes autres fictions, alors j'espère que j'ai réussi le pari !

Je vois que l'idée du thème de Versailles vous plait ! Pour répondre à une review, j'imagine bien aussi Hermione en robe rouge comme dans Outlander saison 2 haha. A voir !

Bonne lecture !


Chapitre 9 : Le mot interdit

Drago les avait prévenus. Aussi, quand Hermione rejoignit la Grande Salle, ce soir-là, elle ne fut pas surprise d'y trouver quatre nouveaux arrivants, portant tous, autour du cou, un badge avec leur photo et un mot tamponné à l'encre rouge sur le petit bout de carton « journaliste ». Parmi les quatre reporters, elle reconnut sans difficulté la chevelure blond terne aux ondulations douteuses de Rita Skeeter. Cette dernière n'avait pas tellement changé, malgré les rides qui s'étaient installés sur son visage. Ses petits yeux luisants et sa bouche outrageusement maquillée étaient restés intacts, et Hermione ressentit à son égard une vague de dégoût et de colère. Prenant soin de s'installer à l'exact opposé de la journaliste, Hermione se retrouva coincée avec Adriano et Merida. Malgré tout, la table n'était pas assez grande, pour qu'elle n'entendit pas la voix aigüe aux tons pompeux de Rita.

─ Quel plaisir de se retrouver à nouveau à Poudlard ! Et avec les mêmes protagonistes !

Elle lança un regard en direction d'Hermione, Viktor, Drago, Pansy et Neville, qui avaient tous assisté, et même pour Viktor, participé, au Tournois des Trois Sorciers, des années auparavant. Pour se tournant vers Eurydice, à côté de qui elle était assise, elle ajouta :

─ Et vous êtes une cousine de Fleur Delacour ?

─ En effet, répondit Eurydice, d'un air un peu pincé.

─ Il faudra que vous me donniez de ses nouvelles, très chère ! L'Angleterre n'attend que ça !

Eurydice, toujours aussi tendue, jeta un regard noir à Rita. Elle leva son petit nez retroussé d'un air méprisant, et répliqua avec son plus bel accent français :

─ Je ne donne pas dans la presse à scandale. Ma cousine m'a raconté comment vous écrivez vos petits papiers.

Un silence de mort s'abattit sur la table, tandis qu'Eurydice, sans s'en rendre compte, remontait dans l'estime d'Hermione. Elle s'était attendue à ce qu'au contraire, Eurydice se fasse un plaisir d'être interviewée, mais de toute évidence, Rita Skeeter ne faisait pas partie des amis de la France. Devant la gêne qui s'était installée, Drago toussa doucement, et prit la parole de sa sempiternelle voix basse.

─ Bien sûr, nous acceptons de répondre à quelques-unes de vos questions, Miss Skeeter. Cependant, nous mettons un point d'honneur à représenter nos élèves et nos écoles respectives avec le plus de respect possible. Nous attendons donc, en retour, que vos articles soient aussi proches de la vérité que du véritaserum.

─ Mais bien entendu, mon cher Drago, bien entendu.

Le dîner achevé, Rita décréta qu'elle allait commencer à interviewer quelques enseignants de Poudlard, pour avoir leur impression sur cet échange international. Bien évidemment, elle se tourna en premier vers Hermione, qu'elle connaissait et qu'elle avait hâte d'entendre. Hermione, qui s'était promis de jouer le jeu dans les limites du raisonnable, pour Poudlard et ses élèves, se dit que ce n'était pas une mauvaise chose de commencer. Le plus tôt elle serait interviewée et le plus tôt elle serait débarrassée de Rita Skeeter. Drago leur proposa de se rendre dans la salle des professeurs pour l'interview, tandis qu'il retournerait travailler dans son bureau.

─ Ah, Miss Granger, quel plaisir de vous retrouver après toutes ces années, sourit Rita de toutes ses dents jaunâtres.

─ J'aimerai vous dire que le plaisir est partagé, répliqua Hermione d'un ton neutre.

Elles étaient assises face à face, la table ronde, légèrement bancale de la salle les opposant l'une à l'autre. Rita sortit tout son matériel de journaliste : des rouleaux de parchemins, des plumes, de l'encre. Elle ne demanda pas si elle pouvait utiliser une plume à papottes, au plus grand soulagement d'Hermione qui s'était préparée à bondir hors de la pièce si Skeeter avait osé le lui demander.

─ Commençons voulez-vous.

Hermione acquiesça en silence. Elle ne voulait pas parler plus qu'il ne le fallait, craignait que le moindre de ses propos sont mal interprétés et mal retranscrit dans la Gazette du Sorcier. Croisant les bras sur sa poitrine, dans une attitude réservée et plutôt fermée, elle tendit l'oreille en attendant que Skeeter ne se lance enfin.

─ Que pensez-vous de cet échange international et de l'accueil des délégations étrangères à Poudlard ?

─ C'est une très bonne chose. Nos élèves ne connaissent bien souvent que les murs de leur école, et n'ont, pour la plupart, jamais quitté la Grande Bretagne. C'est un moyen d'en apprendre plus sur le monde qui les entoure, les différentes cultures, les différentes magies. Je n'y vois que du positif.

Rita écrivit quelques mots en pattes de mouche sur son parchemin qu'Hermione ne parvint pas à lire à l'envers, tant l'écriture était ridiculement minuscule. Les questions s'enchaînèrent et Hermione ne trouva rien à redire. L'interview avait été menée d'une main de maître, toujours très professionnelle, sans dépasser les limites. Hermione en était arrivée à se dire que tout s'était bien mieux passé que ce qu'elle avait prévu, jusqu'à cette ultime question posée par Skeeter.

─ Que pensez-vous de la nomination de Drago Malefoy au poste de directeur de Poudlard ?

─ Il ne fait que remplacer la Directrice McGonagall. Ce n'est pas une nomination définitive.

─ Si ça l'était, auriez-vous réagi différemment ?

─ C'est-à-dire ? demanda Hermione, sur ses gardes.

─ N'êtes vous pas opposée à l'idée qu'un Mangemort dirige cette école ?

Hermione resta muette de stupéfaction. Elle mit quelques secondes à reprendre ses esprits.

─ Drago Malefoy n'est pas un mangemort, il a été innocenté il y a de cela des années. Remettez-vous en question les directives de notre ministre ?

─ Et vous ? Les acceptez-vous ? minauda Rita d'une voix mielleuse. Tout un chacun sait que Drago Malefoy et vous êtes de vieux ennemis. Depuis votre première année à Poudlard. Est-ce que ce n'est pas trop pour vous, de voir qu'encore une fois, c'est à Drago Malefoy, fils d'une longue lignée de sorciers, héritier privilégié du monde magique, que l'on confie une tâche aussi importante et non pas à vous, issue d'une famille entièrement moldue, régulièrement appelée sang-de-bou…

─ Assez ! gronda une voix dans le dos d'Hermione.

Rita reprit son souffle. Elle avait parlé si vite qu'Hermione avait eu du mal à trouver un moyen de la faire taire. Finalement, c'était Drago qui s'en était chargé. Il se tenait dans l'encadrement de la porte, l'air terriblement calme. Il n'avait pas crié, pourtant, il semblait que sa voix résonnait encore dans la petite pièce déserte. Ce calme apparent laissait cependant peu de doute quant à son véritable état d'esprit. Ses yeux lançaient des éclairs, et ses narines frémissaient. Hermione remarqua que sa mâchoire était crispée.

─ Mr le Directeur, dit Rita d'une voix légèrement moins assurée. Que faites-vous ici ?

─ Je trouvais le temps long. Vous aviez dit n'en avoir que pour une demi-heure, je venais voir si tout se passait pour le mieux et de toute évidence, j'ai bien fait, répliqua-t-il d'une voix glaciale.

Rita rassembla en hâte ses parchemins, ses plumes et son encrier.

─ Vous êtes ici sur le bon vouloir de notre ministère, rappela Drago. Je rappelle que depuis la loi de 2002, le mot « sang-de-bourbe » est proscrit et je vous prierai de ne pas le prononcer dans cette école.

─ Mais bien entendu, parfois, les mots dépassent ma pensée.

─ Sortez, il est tard, le Professeur Granger a surement autre chose à faire.

Rita n'attendit pas qu'on le luit répète. Elle rassembla ses affaires en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, et quitta au pas de course la salle des professeurs. Drago balaya la pièce du regard, et le posa finalement sur Hermione qui était restée silencieuse tout ce temps. Elle était pâle, comme habitée par de vieux démons.

─ Merci, souffla-t-elle finalement.

Drago la regarda de longues secondes. Sa voix était si basse qu'il n'était pas sûr d'avoir bien entendu. Quand il fut clair qu'elle venait de lui adresser à lui, il inclina légèrement la tête.

─ De rien, finit-il par dire. Je n'aime pas qu'on traîne dans la boue mes collègues.

Il la salua d'un signe de tête et quitta la salle sans ajouter quoi que ce fut. Hermione resta songeuse, et légèrement honteuse. Honteuse de n'avoir rien dit à Skeeter, honteuse aussi, de voir que Drago prenait son parti, alors qu'elle lui avait dit quelques semaines plus tôt, que lui avait mérité de voir son nom traîné dans la boue. Elle devait se rendre à l'évidence, Drago Malefoy n'était plus le même.

x.x.x

─ Et le match aura lieu quand ? demanda Hermione d'un air perplexe.

─ Samedi, répondit le professeur Yule, qui enseignait le vol sur balais à Poudlard depuis deux ans.

Il venait de lui expliquer que plusieurs élèves avaient demandé à jouer un match de Quidditch entre les écoles. Ce serait Poudlard contre les étudiants internationaux. Ceux-ci étaient venus en trop petit nombre pour avoir une équipe par délégation, aussi chaque école avait fourni des élèves volontaires et qui jouaient déjà au Quidditch dans leur pays, pour former une équipe qui s'opposerait à celle de Poudlard, rassemblant les meilleurs éléments des quatre maisons.

─ On a choisi le petite Weasley pour attrapeur. Victoire est une vraie torpille, elle finira par dépasser le mur du son si on ne l'arrête pas, dit Yule d'un air rêveur. C'est de famille bien sûr, beaucoup de ses oncles et tantes étaient dans l'équipe de Gryffondor à leur époque.

Il disait cela d'un air sérieux, comme si l'information avait pu échapper à Hermione qui connaissait plus que très bien la famille Weasley pour en faire quasiment partie. Il lui dit que deux batteurs avaient été sélectionnés à Serdaigle et Poufsouffle, et que le gardien serait celui des Serpentards, réputé pour ne rien laisser passer.

─ C'est Viktor Krum qui entraîne l'autre équipe toute la semaine. Quel challenge !

─ J'imagine, répondit distraitement Hermione pour qui le Quidditch n'avait jamais eu beaucoup d'importance.

Yule ne s'en offusqua pas car déjà, Viktor arrivait dans la Grande Salle. Il l'interpela d'un geste de la main, et celui-ci les rejoignit tous les deux.

─ Bonjourrrr Herrrmione.

─ Bonjour Viktor, nous parlions justement de toi, sourit l'intéressée. Je viens d'apprendre que vous prévoyiez un match de Quidditch international ?

─ Oui, mon équipe et moi-même avons hâte de mettrrrre à Poudlarrrd la rrraclée du siècle.

─ Ne vendez pas la peau de l'hippogriffe avant de l'avoir tué, Viktor. Poudlard ne connait la défaite.

Tandis que les deux tentaient l'un l'autre de se convaincre, Hermione s'éclipsa discrètement. Voilà bien une conversation qu'elle ne souhaitait pas avoir. Si elle appréciait voir un bon match de Quidditch en compagnie de ses amis, elle ne supportait pas entendre les autres parler de stratégie ou de figure à faire en balai volant. Quand ils eurent tous les deux terminé, cependant, Viktor se rapprocha à nouveau d'Hermione.

─ Aprrrrès le match, je t'emmène manger pour fêter notrrrre victoirrre.

─ Ou la nôtre, répliqua Hermione qui s'était subitement découverte légèrement chauvine.

Viktor eut un rire guttural qui attira l'attention des autres. Quand Hermione prit place à entre Drago et Neville, la dernière place qu'il restait loin de Rita, ce dernier se pencha vers elle et demanda :

─ Depuis quand Viktor Krum sait faire autre chose que grogner et aboyer des ordres ? J'ignorai qu'il savait rire.

─ Neville, tu es plein de préjugé.

─ Bien sûr qu'il sait faire autre chose, murmura Pansy sur un ton de complot. C'est juste qu'il ne sait le faire qu'avec Hermione.

Son regard équivoque fit rougir Hermione qui n'avait pourtant rien à cacher. Trop occupée à se justifier en disant qu'il n'y avait rien entre le sorcier bulgare et elle, Hermione ne se rendit pas compte que Drago avait recracher son café dans sa tasse, en entendant les paroles de Pansy.

─ C'est un vieil ami, finit par dire Hermione d'une voix qu'elle aurait voulu plus neutre.

─ C'était un vieil ami quand il t'a invitée à venir au bal avec lui en quatrième année ? demanda Pansy d'une voix pleine de sous-entendus.

Hermione ne répondit rien, se contentant d'hausser les épaules. Elle savait, elle, ce qu'il en était vraiment.


Et voilà Drago qui vole à la rescousse d'Hermione, coincée entre les griffes crochues de Rita Skeeter ! Quel chevalier cet homme. Elle comprend peu à peu qu'il est très différent de l'homme qu'elle a connu autrefois et c'est une bonne chose !

Sinon, vous l'avez compris, on va assister à un match de quidditch entre les écoles, et ça risque d'être explosif ! J'attends vos avis avec impatience, à demain !