Bonsoir à tous ! Je suis contente de vous retrouver pour ce 12ème chapitre, qui est un chapitre consacré uniquement à nos deux personnages préférés, j'ai nommé Hermione et Drago. Il était temps, au bout de 12 chapitres, vous ne croyez pas ? Et puis, j'étais d'humeur un peu romantique. J'avais envie que nos tourtereaux passent un moment rien que tous les deux !

J'espère que ce chapitre vous plaira. J'en profite pour répondre à un commentaire qui est souvent revenu dans les reviews. En effet, Victoire est la fille de Fleur qui est elle-même la cousine d'Eurydice. Mais si cette dernière n'a pas reconnu Victoire, c'est simplement parce que les deux cousines ne sont pas proches. L'une vit en Angleterre, l'autre en France, ce ne sont que des cousines éloignées, pas des sœurs, aussi il est très probable que l'une ne connaisse pas réellement la vie de l'autre.

J'espère que ça vous aura éclairés ! Je vous laisse à votre lecture !


Chapitre 12 : Une bulle de Noël.

Hermione avait choisi ce premier dimanche de décembre pour décorer ses appartements. Après avoir rendu à Poudlard sa forme habituelle – c'est-à-dire sans pistes de luge ni patinoire – à l'aide de sa collègue de métamorphose, elle s'était rendue dans les souterrains du château, dans un petit cagibi qui jouxtait les cachots de Pansy et dans lequel elle entreposait divers meubles et objets dont elle n'avait pas l'utilité à Poudlard. C'était aussi là qu'elle rangeait tous les ans les précieux cartons dans lesquels reposaient toutes ses décorations de Noël. Hermione souffle sur l'un des plus gros cartons pour le dépoussiérer et eut une quinte de toux en inspirant toute cette poussière. Les larmes aux yeux, elle batailla un moment à retrouver son souffle, avant de s'emparer de ses cartons, les empilant les uns sur les autres pour mieux les faire voler à l'aide de sa baguette.

─ Wingardium Leviosa ! murmura-t-elle dans la semi-pénombre de la petite pièce.

Les quatre cartons formaient une tour bancale qui se mit à flotter dans les airs en tanguant dangereusement de droite à gauche. Hermione, armée de sa baguette, les fit voler le long du couloir qui menait jusqu'au hall, et parcourut celui-ci d'une démarche tranquille mais vigilante en slalomant autour des élèves formait ci et là des petits groupuscules.

Connaissant le chemin par cœur, elle se perdit dans ses pensées, avançant d'un pas quasi automatique vers l'étage qui abritait ses appartements. Elle ne comprit pas immédiatement ce qu'il se passait quand elle se retrouva subitement sur le sol, se cognant brutalement le coccyx. Quelqu'un était rentré dans ses cartons, et sa vue étant cachée par ceux-ci, elle n'avait pas pu crier gare.

─ Mais enfin, qu'est-ce que… commença une voix derrière le tas de cartons qui venaient de déverser sur le sol tout leur contenu.

La tête de Drago apparut au-dessus du tas, et leurs regards se croisèrent.

─ Granger, qu'est-ce que tu fabriques ?

Sa voix était plus interrogative que furieuse. Ses grands yeux gris la scrutaient d'une manière si intense qu'Hermione se sentit rougir sans vraiment savoir pourquoi.

─ J'ai ressorti mes décorations de Noël, marmonna-t-elle en se frottant le dos, toujours assise sur le sol.

Drago la vit grimacer et s'avança rapidement vers elle. Il lui tendit une main assurée pour l'aider à se relever. Elle sembla hésiter une seconde, et au moment où Drago s'apprêtait à la retirer, elle s'en empara, plantant ses petits doigts froids dans la large paume chaude et accueillante de Drago. Ce contact aussi innocent qu'il fut réveilla un léger fourmillement dans le ventre d'Hermione auquel elle ne prêta pas vraiment attention, trop occupée à regarder l'ampleur des dégâts. Drago regardait aussi. Curieux, il se pencha et ramasser une vieille étoile aux branches un peu racornies et aux couleurs légèrement passées.

─ Attention ! dit Hermione en s'approchant et en lui prenant délicatement l'étoile des mains. C'est très vieux, et un peu fragile.

Devant l'air sceptique de Drago, elle ne put s'empêcher d'hausser les épaules, un peu penaude avant de murmurer :

─ Ce sont de vieilles décorations de famille auxquelles je tiens beaucoup.

Drago ne répondit rien. Il se contenta de se pencher et de ramasser une à une les boules qui s'étaient répandues sur le sol, pour mieux les mettre dans un des cartons. Hermione s'activa à son tour, se mettant elle aussi à l'ouvrage pour tout remettre à sa place. Quand elle eut terminé, elle était sur le point de remercier Drago et de prendre congé, quand elle le vit s'emparer de deux des cartons.

─ Qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-elle interdite.

─ Visiblement, faire voler quatre cartons était trop ambitieux pour toi, alors je les porte pour les emmener à bon port.

Hermione ne trouva rien à redire. Elle s'empara des deux cartons qui restaient, les plus petits, et passa devant Drago qui lui emboita le pas jusqu'à ses appartements. Quand la porte s'ouvrit, il ne put s'empêcher de laisser un regard curieux glisser sur les murs, les meubles et la décoration des lieux. Le salon n'était pas très grand, mais comportait tout ce qui était nécessaire pour s'y sentir bien. Un canapé moelleux, recouvert de deux couvertures duveteuses aux couleurs pourpres, une modeste bibliothèque pleine à craquer, une table basse, un tapis rond aux couleurs chaleureuses, une cheminée crépitante. Dans un coin de la pièce, un immense sapin, pour le moment complètement nu, semblait attendre qu'on vienne le revêtir de sa plus belle parure : boules et guirlandes ne tarderaient pas à le rejoindre. Les murs étaient habillés de petites étagères, décorées de petites plantes vertes ou encore de cadres. Drago reconnut une photographie moldue d'un jeune couple venant visiblement de se dire oui. Les parents de Granger, à n'en pas douter. Sa mère avait la même chevelure de boucles brunes, et son père le même sourire tolérant et sincère. C'était la seule photo qui ne s'agitait pas. Les autres cadres, habités par les Weasley, Potter ou encore Pansy et Neville, s'animaient sous ses yeux scrutateurs.

La large fenêtre qui habillait le mur du fond donnait une vue remarquable sur les eaux plates et sombres du lac noir, pour le moment encombré par le bateau encombrant de Dürmstrang. Deux portes étaient fermées à clé et Drago en déduisit qu'elles donnaient sur une chambre et une salle de bain. Les appartements des professeurs de Poudlard ne contenaient pas de cuisine, pour la simple et bonne raison que tous prenaient leurs repas en compagnie de leurs élèves et de leurs collègues dans la Grande Salle.

─ Tu peux déposer ça là, dit Hermione en lâchant ses propres cartons sur la petite table basse.

Drago s'exécuta avant de se reculer et de jeter un coup d'œil au sapin.

─ Tu sais qu'on va avoir douze sapins immenses dans la Grande Salle ? Ils ne te suffisent pas ? demanda-t-il, un sourire dans la voix.

─ Ce n'est pas pareil. Ils seront décorés à la mode sorcière. Fées lumineuses et chandelles magiques. Les boules se mettront à chanter des cantiques de Noël sur notre passage, et l'étoile à leur cime scintillera de mille deux… Mais ce ne sera pas vraiment le sapin de tous mes noëls.

Devant l'air interrogateur de Drago, elle eut un petit sourire, et s'assit sur le canapé. Elle entreprit de déballer ses cartons à la recherche d'objets particuliers.

─ Mes décorations sont entièrement moldues, et elles ont toute une histoire.

Elle sortit un petit cheval à bascule autour duquel on avait glissé une petite ficelle pour pouvoir le suspendre plus facilement au sapin.

─ Celui-ci a été sculpté par mon arrière-grand-père. Il l'a offert à mon arrière-grand-mère en cadeau de mariage.

─ Sculpté ? Sans baguette ?

Hermione eut un petit rire.

─ Oui ! Avec un petit couteau, et ses outils à bois. Il était ébéniste. Il travaillait le bois pour en faire des meubles travaillés et uniques. Cette table basse est l'une de ses œuvres.

Les yeux de Drago s'attardèrent sur le meuble en question. S'il ne l'avait pas remarqué immédiatement en rentrant, Drago réalisa à quel point la petite table était finement travaillée. Ses pieds étaient joliment sculptés, son plateau merveilleusement verni. Malgré son âge, elle semblait aussi flambante qu'elle avait dû l'être au premier jour.

─ Ca, c'est une boule faite par un souffleur de verre en Alsace. C'est le voyage en France que mes parents ont effectué. Ma mère était enceinte de moi.

Hermione tenait précautionneusement dans ses mains une magnifique boule en verre sur lequel avait été peints des petits bonshommes de neige et des sapins.

S'en suivit plusieurs minutes durant lesquels Drago et Hermione sortirent toutes les décorations que cette dernière avait accumulaient au cours de sa vie, et que ses ancêtres avaient eux-mêmes accumulés. Férue d'histoire, elle avait une anecdote pour chacune de ses boules ou de ses petites sculptures en bois et Drago se surprit à en demander toujours plus de détails.

Bientôt, il ne resta plus rien dans le carton, si ce ne fut une guirlande étrange avec plein de petites ampoules et à son extrémité, un boitier surmonté de deux petites tiges de fer.

─ Qu'est-ce que c'est que ça ?

Hermione prit la guirlande dans ses mains et la regarda, nostalgique.

─ C'est une guirlande électrique.

Encore une fois, Drago ne semblait pas comprendre.

─ L'électricité aide les moldus au quotidien. C'est ce que leur fournit la lumière, l'énergie nécessaire pour faire fonctionner des appareils tels que la télévision, la machine à laver ou encore le réfrigérateur.

─ Granger, tu me parles chinois.

Et c'était une expression, car si Granger lui avait réellement parlé chinois, il aurait été en mesure de comprendre, lui qui parlait couramment le mandarin.

─ Pour faire court, il suffit de mettre cet embout dans une prise électrique, et la guirlande s'allume, et des musiques de noël sortent par-là, dit-elle en montrant le petit boîtier en plastique. C'est une guirlande que mes parents ont acheté pour mon premier noël.

─ Montre-moi, exigea Drago, de plus en plus curieux.

─ Je ne peux pas.

Une ombre de tristesse voila un instant son regard brillant.

─ Poudlard n'est pas relié à l'électricité. Je n'ai pas de prise électrique dans mes appartements. Depuis que j'enseigne ici, impossible de la faire briller. Mais je la mets quand même autour du sapin, par principe.

Elle se leva, et joignit le geste à la parole. D'une main experte, elle enroula sa guirlande tout autour du sapin jusqu'alors totalement nu. Quand elle eut terminé, Drago se leva à son tour, et lui apporta le carton qui contenait toutes les boules. Reconnaissante, elle le remercia et demanda d'une voix timide :

─ Tu m'aides à mettre le reste ?

Drago acquiesça, et s'en suivit une heure de décoration intensive. Au bout du premier quart d'heure, Hermione s'était mise à fredonner des chants de noël que Drago avait entendu dans son enfance, mais qu'il était bien incapable de chantonner. Aussi se laissa-t-il bercer par la voix douce et rêveuse d'Hermione, tandis qu'il suspendait tour à tour les boules et les petits bonshommes de bois. Quand ils eurent terminé, Hermione recula de quelques pas pour prendre du recul et admirer le spectacle. Drago lui, la regardait elle. Parce qu'il la trouvait fascinante en cet instant précis. Des étoiles brillaient dans ses yeux, tandis qu'elle admirait le sapin de son enfance.

─ Il est exactement comme dans mes souvenirs, se réjouit-elle.

Ses yeux se posèrent un bref instant sur la guirlande restée éteinte, mais elle n'ajouta rien, se contentant de les féliciter tous les deux pour leur beau travail.

─ On dirait que tu as fait ça toute ta vie, dit-elle en lui tendant une tasse de thé parfumé à la cannelle.

─ Vraiment ? Et bien Granger, il est temps pour moi de t'avouer que c'était la première fois que je décorais un sapin.

Hermione ouvrit des yeux ronds.

─ Vous ne faisiez pas de sapin chez toi ?

─ Si, mais les elfes s'en chargeaient pour nous, répondit Drago d'une voix morne.

─ C'est triste.

Et Drago de réaliser qu'Hermione ne disait pas cela pour la forme ou par courtoisie. Elle trouvait cela vraiment triste, comme si elle ne concevait pas qu'un enfant soit privé d'un tel bonheur. Drago lui adressa un petit sourire moqueur et répliqua pour dédramatiser la situation :

─ Il n'y a bien que les moldus pour attacher autant d'importance à cela !

Hermione fit mine de s'offusquer, puis le silence retomba dans le petit salon. On n'entendait plus que la cuillère de Drago qui tournait au fond de sa tasse de thé, et le feu qui crépitait dans la cheminée. Cette situation n'était pas pesante, comme s'y était attendu Drago. Au contraire, ce silence semblait libérateur, chaleureux et rempli d'ondes positives. Malgré tout, il devait admettre que quelques musiques de Noël n'auraient pas été de trop pour parfaire cette ambiance féérique.

Quand il eut terminé son thé, il était déjà tard. Quelque part dans le château, une horloge sonnait sept coups. C'était l'heure de dîner. Hermione se leva et Drago prit congé.

─ Tu ne manges pas avec nous ?

─ Non, Granger, j'ai perdu trop de temps à cause de ces conneries, dit Drago avec un petit sourire en coin. J'ai de la paperasse à remplir.

Hermione, qui se serait offusquée de telles paroles quelques semaines plutôt, se contenta de sourire et de lui adresser un timide geste de la main. Elle savait que Drago avait passé un bon moment, son sourire en témoignait. Mais il fallait bien que cette étrange bulle de joie explose à un moment et c'était son sarcasme qui y avait mis fin. Ils se séparèrent au bout du couloir, et tandis qu'Hermione se dirigeait vers la Grande Salle, Drago, lui, revenait sur ses pas sur la pointe des pieds, et pénétrait pour la seconde fois de la journée, les appartements d'Hermione dont il avait retenu le mot de passe…


Alors, qu'avez-vous pensé de ce chapitre uniquement consacré au Dramione ? Je sais qu'il ne se passe finalement pas grand-chose entre eux, mais ils commencent à s'apprivoiser, à passer du temps ensemble, et ressentir des choses dont ils n'ont pas encore conscience. C'est un bon début non ? Et puis, la décoration du sapin, c'est une étape obligatoire dans une fiction de Noël haha. Autant qu'ils le fassent tous les deux.

Bon, pas de grand mystère sur ce que va faire Drago dans l'appartement d'Hermione alors qu'elle n'y est pas… Vous avez tous une petite idée ? Rien de très folichon, soyons clair, mais de quoi faire briller encore plus d'étoiles dans les yeux de notre professeur préféré ! J'attends vos pronostiques. A demain !