16ème chapitre ! On est déjà mardi, et dans une semaine exactement, nous célèbrerons le réveillon de noël (enfin pour ceux qui fêtent noël bien sûr !).
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Bonne lecture !
Chapitre 16 : Le sapin manquant
La cohabitation avec Drago se passa mieux qu'Hermione ne pouvait l'espérer. En réalité, ils ne se croisaient que rarement, Drago partant tôt le matin et ne rentrant qu'à une heure avancée dans la soirée. Hermione investissait les lieux tous les soirs. S'installant sur le canapé devant la cheminée, elle étalait ses livres et les parchemins à corriger, et passer de longues heures dans le silence, se délectant du crépitement des flammes dans l'âtre et de la chaleur ambiante. C'était la fin de la seconde semaine de décembre, et malgré tous ses efforts pour rester éveillée, Hermione se mit à piquer du nez au bout du second parchemin qu'elle avait commencé à corriger. S'autorisant quelques secondes de répit, elle ferma les paupières, et posa doucement sa tête contre l'accoudoir du fauteuil sur lequel elle se trouvait. Ce n'était l'histoire que de quelques secondes, quelques minutes tout au plus, pour reprendre des forces et corriger les vingt-quatre autres parchemins qui l'attendaient sagement sur la table basse.
Ce soir-là, Drago rentra plus tard encore que d'habitude. Il avait dû gérer des parents inquiets qui ne comprenaient pas que l'école ne soit pas mieux gardée. Il leur avait expliquer une heure durant que non, une escouade d'aurors ne pouvaient pas patrouiller en permanence dans l'école, et que non, les détraqueurs n'étaient pas non plus une bonne idée. Quand il avait quitté le bureau directorial, il était plus de minuit, et les couloirs étaient déserts. Du moins l'étaient-ils jusqu'à ce qu'il tombe sur Eurydice, parée de sa plus belle robe, attendant sagement devant la porte de ses appartements. Quand elle le vit arriver, son visage s'illumina d'un sourire radieux.
─ Je ne vous attendais plus, Drago, dit-elle en souriant.
─ De toute évidence si, vous m'attendiez, répliqua l'intéressé d'une voix lasse.
Il n'arrivait pas à faire semblant d'être heureux de la voir. Il était épuisé, et même si la jeune femme était de charmante compagnie, c'était une pie bavarde qui lui faisait toujours la conversation de trop longues minutes – quand ça ne se transformait pas en heures.
─ Nous n'avons guère eu le temps de discuter, cette semaine, je souhaitais vous proposer un petit rafraîchissement dans mon carrosse. Comme c'est vendredi soir, vous êtes officiellement de repos.
─ Je ne suis jamais de repos, grogna Drago. A vrai dire, j'espérai rentrer chez moi.
─ Oh, ce n'est pas un souci si vous préférez faire ça chez vous ! minauda Eurydice en battant des paupières.
Elle était magnifique, songea Drago. Ses beaux yeux bleus brillaient de malice, tandis que ses lèvres rouges et charnues semblaient lui crier « embrasse-moi ». Pourtant, Drago n'en fit rien. Au lieu de le faire frissonner, les sous-entendus lascifs qu'elle lâchait eurent l'effet d'une douche froide. « Faire ça chez vous »… Faire quoi au juste ? Drago se demandait s'ils parlaient toujours d'une conversation autour d'un verre. Préférant jouer la carte de la sincérité, il lui adressa un petit sourire navré.
─ J'accueille actuellement l'une des enseignantes sous mon toit, et ce ne serait pas galant de vous inviter à rentrer alors qu'elle est là.
Voyant qu'elle était sur le point de rappeler qu'ils pouvaient toujours aller dans son carrosser, Drago enchaîna :
─ J'ai eu une longue semaine, et je ne serais pas de bonne compagnie. Le manque de sommeil peut me rendre grincheux et désagréable.
Malgré tout, il lui adressa un sourire séducteur, espérant ne pas la vexer. Après tout, il n'était pas à l'abri d'avoir un jour envie de faire plus ample connaissance avec elle. Inutile de se la mettre à dos.
─ Mais ce n'est que partie remise, assura-t-il.
Devant son sourire charmeur, et sa promesse de remettre ça à une autre fois, Eurydice capitula et lui rendit son sourire. Ses dents blanches, parfaitement alignées, avaient quelque chose de faux. S'emparant de sa main, il y déposa un baiser chaste et poli, avant de la regarder un bref instant tourner les talons et rejoindre ses quartiers. Soupirant de soulagement, Drago entra dans ses appartements en se promettant de dormir au moins dix heures cette nuit là – ce qui serait sûrement la somme des cinq nuits précédentes.
C'était sans compte Hermione qui dormait sur le canapé. A ses cheveux ébouriffés et ses lèvres légèrement entrouvertes, Drago comprit qu'elle était là depuis un bon moment. Il eut un petit sourire en coin en voyant les parchemins qui attendaient d'être corrigés, et la plume qui reposait sur ses genoux. Elle avait sombré sans s'en rendre compte. Alors qu'il se contentait habituellement de jeter une couverture sur elle afin qu'elle n'ait pas froid et de rejoindre sa chambre, Drago se décida ce soir là à lui assurer une nuit confortable. S'approchant à pas de loup, il glissa une main dans son dos et une autre sous ses genoux pour la porter tant bien que mal jusqu'à sa chambre.
Hermione n'eut pas l'air de s'en rendre compte. Il la porta jusqu'à son lit, souleva les couvertures et l'y installa confortablement. Elle s'agita quelque peu, et ouvrit des yeux encore endormis. Ses paupières papillonnèrent un instant, et se posèrent sur Drago, toujours penchée au-dessus d'elle en train de la border. Se redressant sur ses coudes, elle approcha son visage tout proche du sien, et Drago sentit le rythme de son cœur s'accélérer dans sa poitrine. Il pouvait sentit le souffle doux et chaud lui caresser le visage, tandis que les yeux mordorés d'Hermione le fixaient d'un air étrange. Sans qu'il ne s'y attendre, il sentit alors les lèvres d'Hermione se poser furtivement sur sa joue et y déposer un baiser inattendu. Quand elle s'éloigna pour mieux se rendormir, il semblait que la peau de Drago brûlait à l'endroit où elle l'avait embrassé.
C'était doux et curieux à la fois, et Drago ne put s'empêcher de porter ses doigts sur sa joue, l'air songeur. Regardant une dernière fois Hermione qui semblait avoir définitivement rejoint les bras de Morphée, il ne put qu'admettre qu'il la trouvait belle, dans ce naturel déconcertant qu'était le sommeil. Loin de la beauté surnaturelle d'Eurydice, loin aussi, du charme piquant de Pansy. Elle était belle à sa façon, et d'une façon si candide que Drago n'eut pas le cœur à nier qu'elle était, en cet instant, tout à fait à son goût.
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─ Comment avancent les préparatifs du bal ? demanda Drago d'une voix distraite en buvant son café.
─ Je suis contente que tu le demande, dit Pansy. Rien ne va.
L'air mélodramatique qu'elle affichait eu le mérite de sortir Drago de sa torpeur, et d'attirer le regard d'Hermione et Neville qui n'étaient pas très loin.
─ Qu'est-ce qui se passe ?
─ Vous savez que chaque année, nous décorons la Grande Salle avec douze sapins.
Les trois autres acquiescèrent. En effet, c'était une tradition à Poudlard qui perdurait depuis que la première pierre de l'école avait été posée.
─ Et bien figurez vous qu'il en manque un. Nous n'avons que onze sapins, que j'avais prévu de décorer ce week end à l'aide des préfets.
─ Qu'est-ce que tu racontes, Pans', dit Neville en levant les yeux au ciel. La forêt en est pleine, tu n'as qu'à en choisir un, ce sera ton douzième sapin.
─ J'en étais sûre, gronda Pansy. Je croyais que tu étais un vrai botaniste, et que tu me comprendrais toi. Nous avons onze sapin épicéa, tout droit arrivés d'Irlande.
─ Et ? demanda Drago intrigué.
─ La forêt interdite ne contient que des sapins de Douglas, répondit Hermione. Ils n'iront pas ensemble.
─ Exactement ! s'écria Pansy. Merci Hermione, toi au moins, tu partages mon goût pour l'esthétisme.
─ Mais alors où est passé ce douzième sapin ? Si tu l'as commandé avec les autres … interrogea Neville.
L'air mystérieux que Pansy affichait lui donnait un petit air de Sherlock Holmes qui lui allait bien. Ce n'était cependant pas une enquête digne du fameux détective, et Pansy, aux yeux d'Hermione, faisait tout une histoire de peu de chose. Cependant, elle ne s'aventura pas à le lui dire, estimant qu'il était encore trop tôt pour se prendre la tornade Pansy en pleine tête.
─ Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Neville sans sembler réellement inquiet.
─ On annule tout, lâcha Pansy en se pinçant l'arrête du nez.
Hermione, Drago et Neville se regardèrent avant d'étouffer un petit rire. Neville, charmeur, enroula son bras autour des épaules de Pansy, et la serra contre lui un bref instant.
─ Enfin, Pansy, on n'annule pas Noël !
─ Onze sapins, Neville, tu ne te rends pas compte !
─ Personnellement, je ne m'amuse pas à les compter, répliqua Drago.
─ Personne ne s'en rendra compte, c'est sûr, la rassura Hermione.
Pansy, furieuse, se leva d'un bond. Débout, devant les autres, son petit nez en l'air, d'un air dédaigneux, leur jeta un regard glacial.
─ Moi, je le saurais.
Et sur ces mots, elle quitta la table des professeurs et la Grande Salle. Interloqués, Drago et Hermione continuèrent de fixer l'endroit où elle venait de disparaitre. C'était bien Pansy, ça, songea Drago. Impétueuse, inflexible, intraitable. C'était ce qui faisait d'elle une personne entière, mais aussi parfois difficile à contenir. A côté d'eux, Neville avait l'air pensif, et un petit sourire était apparu sur ses lèvres. De toute évidence, s'il y en avait un qui était complètement sous le charme de cette impératrice capricieuse, c'était bien le professeur de botanique.
─ Cette fille est folle, finit par dire Drago en se resservant une tasse de café.
Personne ne le contredit.
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Drago s'était attardé avec Neville et Kazuhiro à la table du petit déjeuner. C'était aussi bien pour ça, le samedi matin. Il n'y avait pas besoin de se dépêcher, de courir à droite et à gauche. Plongés dans une conversation passionnante sur l'utilisation du bois de cerisier pour les baguettes magiques des sorciers japonais, ils ne s'étaient même pas rendu compte que la table s'était peu à peu vidée.
Quand il regagne ses appartements, où il était presque sûr de trouver Hermione en train de corriger ce qu'elle n'avait pas eu le temps de corriger la veille, il fut surpris d'entendre de la musique s'échapper par la porte. C'était du jazz de noël. Curieux, il tourna doucement la poignée de la porte d'entrée, et jeta un coup d'œil à l'intérieur. Hermione avait mis en route le vieux tourne-disque magique qui prenait la poussière sur le buffet de l'entrée, et était occupée à décorer un sapin qui était familier à Drago. Il reconnait immédiatement les boules et les décorations, c'était le sapin d'Hermione, qu'ils avaient décoré la semaine précédente, et qu'elle avait de toute évidence rapatrié dans son salon. Elle était de dos, et se déhanchait sur la musique avec un rythme gracieux qu'il ne lui aurait pas imaginé. Il l'entendait fredonner en même temps que le chanteur, enchaînant les petits pas de danse comme si elle se savait seule au monde.
Drago la regarda de longues secondes, mais fut bientôt pris sur le fait. En effet, démarrant un tour sur elle-même, faisant tournoyer ses boucles brunes autour d'elle, Hermione ne tarda pas à se rendre compte de sa présence. Il pensait qu'elle se sentirait gênée, pourtant, si elle ralentit la mesure, elle n'arrêta pas pour autant de passer d'un pied à l'autre en respectant le rythme. Lui adressant un sourire adorable, elle s'approcha et prit ses mains dans les siennes.
─ C'est ma chanson de noël préférée, dit-elle. Vous dansez, Drago Malefoy ?
Et il dansa. D'abord maladroitement, puis, au fur et à mesure qu'elle impulsait la cadence, ses pieds semblèrent trouver peu à peu leur place. Sans qu'il ne sache vraiment comment, il se retrouva au milieu de son salon, à faire tourner Hermione du bout des doigts, ses rires ponctuant de temps à autres la trompette délicate du jazzman. Il ne sut combien de temps ils dansèrent, mais cela lui parut une éternité délicieuse. Il aurait aimé que ça dure plus encore, quand soudain les dernières notes se mirent à retentir. Il la vit tourner sur elle-même une dernière fois, plus vite que jamais, et elle perdit l'équilibre avant de s'écraser sur son torse en riant. Tout échevelée, les yeux brillants de rire, elle recula d'un pas et salua Drago comme une comédienne aurait salué son publique.
─ Merci, sourit-elle.
─ Je suis un piètre danseur, grogna Drago.
─ Tu danses déjà mieux que mon père ! D'habitude, c'est avec lui que je partage cette danse sur cette chanson. Tu as été bien meilleur cavalier.
─ Tout le plaisir était pour moi, alors.
─ La prochaine fois, on essaiera les claquettes ! dit Hermione avec enthousiasme.
Et Drago d'espérer qu'il y aurait bel et bien une prochaine fois. Car plus le temps avançait, et plus les moments passés seul avec Hermione le mettaient de bonne humeur. C'était arrivé un peu par hasard, et sans doute n'aurait-il pas parié dessus. Pourtant, à présent que cela arrivait, il ne pouvait s'empêcher d'espérer que cela se produise, encore et encore.
Et c'est tout pour aujourd'hui. C'était quand même so dramione, non ? Pansy fait tout une histoire de rien du tout, mais c'est Pansy, alors on lui pardonne. Eurydice tente, mais elle n'est pas aussi lourde que prévu, je finis par bien l'aimer celle-là haha. Et on termine sur une petite danse entre nos deux tourtereaux. C'était la petite bulle de noël ! Bonne soirée à tous et à demain.
