Wow ! Je suis bluffée par le nombre de commentaires que j'ai reçu sur le chapitre précédent ! Nous avons dépassé la barre des 300 reviews, je n'en reviens pas. Je ne pensais pas qu'une fiction de noël puisse autant plaire. Surtout une fiction qui n'est pas du tout travaillée et qui avance au jour le jour dans ma tête haha. J'ai une idée de la fin, bien sûr, mais chaque chapitre est inventé au moment où j'écris, ce qui peut donner lieu à des incohérences, donc je vous remercie pour votre tolérance !
Vous avez tous et toutes donné votre petite idée pour le paquet que Drago a reçu. Si beaucoup ont trouvé qui était l'expéditeur, personne n'a trouvé ce qu'il contenait. Je vous laisse le découvrir ! On aussi à un moment très attendu pour les personnages de l'histoire, je n'en dis pas plus, mais j'espère que ça vous plaira ! bonne lecture.
Chapitre 18 : La Ballade des Flocons
Drago défit délicatement le ruban rouge qui entourait le paquet, puis entreprit de retirer l'emballage de papier kraft. C'était une petite boîte aux couleurs festives : vert et rouge. Quelques paillettes, quelques dorures, c'était du plus bel effet. Retenant son souffle sans même s'en apercevoir, Drago ouvrit la boîte et y découvrit, non pas des sucreries ou des biscuits, comme il s'y était attendu, mais une enveloppe sur laquelle était écrit son nom. Drago leva les yeux, perplexe, et croisa le regard d'Hermione qui était tout aussi curieuse.
─ Ouvre-la, souffla-t-elle.
Déposant la boîte sur la table, Drago récupéra l'enveloppe et la décacheta. A l'instant même où il l'ouvrit, un parfum envoutant et délicat s'en échappa, tandis qu'il tentait d'extirper ce qui se trouvait à l'intérieur. Tant de mystère, c'était tout de même excitant. La surprise fut au rendez-vous. En effet, ce ne fut pas un billet doux que Drago sortit de l'enveloppe, mais plusieurs photographies animées, représentant toutes Eurydice dans des tenues pour le moins… extravagantes.
Sur la première, elle portait une robe qui semblait correspondre à la mode en vigueur à Versailles, des siècles plus tôt. De toute évidence, elle avait trouvé son costume pour le bal. Sa robe était d'un bleu hypnotisant, de la dentelle faisait ressortir les manches, le décolleté et le bas des jupons, tandis que des perles étaient brodées ci et là, attrapant la lumière et la faisait resplendir. Elle portait une perruque blanche poudrée, beaucoup trop haute pour que la gravité lui permette de tenir aussi droit. La magie y était sans doute pour quelque chose. Hermione, qui regardait par-dessus l'épaule de Drago, dut admettre que ce costume était splendide, et qu'il lui allait à ravir. Rien de vulgaire, mais beaucoup de sophistication et de délicatesse.
Sur la photo suivante, Eurydice avait retiré sa perruque, laissant tomber sa belle chevelure blonde en cascade. Elle s'était aussi débarrassée d'un de ses jupons, laissant apparaître une taille fine et ses petits pieds nus. Elle regardait droit devant elle, et faisait un clin d'œil en direction de Drago. Ce dernier continua sur sa lancée, et sortie la troisième photographie. Il commençait à comprendre le petit manège de la jeune femme. Plus il avançait dans les photos, plus elle semblait se dévêtir. En effet, sur celle-ci, Eurydice ne portait plus qu'une nuisette en satin blanc, particulièrement transparente, laissant à une imagination plus ou moins débordante le soin de deviner ce qu'il pouvait bien se cacher dessous. On pouvait deviner une poitrine généreuse, des hanches aguicheuses et de longues jambes fines et musclées.
Conscient de la présence d'Hermione derrière lui, Drago songea que ce n'était pas une excellente idée de continuer sur sa lancée. Il devinait aisément ce que pouvait dévoiler la quatrième photo. Jugeant qu'il n'était pas nécessaire d'en voir plus, il amorça un geste en direction de l'enveloppe pour remettre les photos à l'intérieur. Mais Hermione l'arrêta d'un geste.
─ Tu ne vas pas jusqu'au bout ? demanda-t-elle d'un air narquois.
C'était une expression qui ne lui allait pas du tout. La raillerie était l'apanage de Pansy, et de toute évidence, Hermione s'y était bien trop frottée. Elle commençait à avoir ses mimiques, et ses mêmes airs trop désinvoltes. Ce n'était pas la Hermione Granger qu'il appréciait le plus, il devait l'admettre. Drago se contenta donc d'hausser un sourcil.
─ Nous savons tous les deux ce qu'il y a sur la dernière photo.
─ Peut-être, répondit Hermione. Tu ne veux pas t'en assurer ?
Devant son air provocateur et la lueur qui brillait au fond de ses yeux, Drago ne put s'empêcher de relever le défi. De toute façon, il n'avait rien à cacher, ni à avoir honte de ces photos. Pourtant, il ne pouvait s'empêcher d'éprouver une petite pointe de culpabilité, quand il ressortit la dernière photographie. Comme ils s'y étaient tous les deux attendus, la dernière représentait Eurydice dans ses sous-vêtements en dentelle rouge qui ne cachaient presque rien de sa nudité. Drago ne put qu'admettre, en toute objectivité, qu'Eurydice était sans doute l'une des sorcières les plus belles qu'il eut jamais vue. Pourtant, ces photos, au lieu de l'émoustiller, le mettaient terriblement mal à l'aise. Derrière lui, le reniflement dédaigneux d'Hermione le sortit de ses pensées. Il se retourner et la toisa en silence.
─ Ce n'est pas ce que j'appellerai des photos artistiques, dit-elle d'un ton méprisant qui ne lui allait pas du tout.
─ Je ne pense pas qu'elles aient été faites pour l'art, rétorqua Drago.
─ Ah oui ?
Ce n'était pas vraiment une question. Son air fermé en disait long sur sa pensée.
─ J'ignorai que vous vous fréquentiez tous les deux, finit-elle par dire d'une voix un peu plus douce, moins assurée aussi.
Drago la regarda de longues secondes. Son naturel moqueur se serait empressé de lui répondre que cela ne la regardait pas le moins du monde, pourtant, il espérait que cela la regarde un peu. Il aimait cette touche de jalousie qui brillait doucement dans son regard mordoré.
─ Pas tellement, répondit-il avec une nonchalance feinte.
─ Assez pour qu'elle t'envoie des photos d'elle complètement nue.
─ Elle n'est pas complètement nue, la corrigea Drago en levant les yeux au ciel.
─ C'est tout comme, répliqua Hermione avec mauvaise foi.
Drago ne put s'empêcher d'esquisser un petit sourire en coin. Hermione le remarqua aussitôt.
─ Qu'est-ce qui te fait rire Malefoy ?
Tiens, plus de Drago, on recommençait avec les noms de famille ? Voilà qui en disait long sur l'état d'esprit d'Hermione.
─ Toi, Granger. Toi et ta jalousie mal placée.
─ Je ne suis pas du tout jalouse ! Jalouse de quoi, d'abord ? De qui ?
─ D'Eurydice, répondit simplement Drago.
Son air calme et posé eut le don d'agacer encore plus Hermione, si c'était possible. De toute évidence, il se délectait de cette situation.
─ Je ne vois pas pourquoi je serais jalouse, puisque tu ne la fréquentes pas.
─ Ahah ! dit Drago d'un air triomphant.
Devant la mine surprise d'Hermione, il expliqua :
─ C'est drôle. Tu ne devrais pas être jalouse du tout, que je la fréquente ou non. Pourtant, c'est seulement le fait que je ne sorte pas avec elle qui te conforte dans l'idée de ne pas être jalouse.
─ Cette phrase était beaucoup trop longue, éluda Hermione en détournant les yeux.
Drago ne put s'empêcher de rire devant les joues roses d'Hermione et son regard fuyant. C'était ce qu'il attendait depuis longtemps. Il ne s'en rendait compte que maintenant, mais voilà des semaines qu'il attendait qu'elle lui fasse un signe, qu'elle laisse sous-entendre que les sentiments qu'il commençait à éprouver à son égard n'étaient pas qu'à sens unique. Hermione posait son regard un peu partout, sauf sur Drago. Celui-ci, qui sentait que c'était peut-être le moment, s'éclaircit discrètement la gorge.
─ Ecoute Hermione, je…
─ Drago ! s'écria soudain Hermione.
─ Ces dernières semaines ont fait que…
─ Drago, viens voir !
Bon sang, mais elle n'allait jamais le laisser finir ? C'en était pénible. Il était sur le point de continuer coute que coute, quand Hermione s'approcha de lui, lui prit la main et le tira jusqu'à la fenêtre du salon. Drago ne comprit pas immédiatement à quoi tout cela rimait, jusqu'à ce que ses yeux découvrent enfin le spectacle qu'Hermione voyait déjà depuis plusieurs secondes.
─ Il neige ! s'exclama-t-elle avec ravissement.
C'était vrai. De gros flocons s'étaient mis à tomber, échouant sur le sol avec mollesse, se regroupant les uns avec les autres pour recouvrir peu à peu d'un épais manteau de poudreuse le parc de Poudlard. C'était magnifique. Drago ouvrit la fenêtre, et un courant d'air glacé envahi le salon. Cela ne sembla les déranger ni l'un ni l'autre. Se tenant toujours par la main, ils admiraient la danse lente et gracieuses des flocons qui virevoltaient au gré d'une brise capricieuse. Un silence cotonneux, presque assourdissant avait pris place dans le salon, et à l'extérieur des murs, leur laissant apprécier le spectacle, et s'émouvoir devant ce moment tant attendu.
─ C'est magnifique, souffla Hermione à voix basse.
C'était comme si elle ne voulait pas déranger la neige qui faisait son œuvre. Entrecroisant ses doigts autour de ceux de Drago, elle posa sa tête sur son épaule, et inspira profondément. Drago pencha légèrement la tête, collant sa joue contre le sommet de son crâne, appréciant l'instant, et le parfum sucré d'Hermione.
─ Tu entends ? demanda-t-elle à mi-voix.
─ Quoi ?
─ Les flocons, on dirait qu'ils chantent…
Drago tendit l'oreille. Il crut d'abord qu'Hermione se moquait de lui, mais en s'y attardant un peu plus, il crut entendre, dans le crissement de la neige, et le silence duveté, une mélodie lointaine.
─ C'est une ballade, ajouta Hermione. La ballade des flocons…
x.x.x
Personne n'avait pu résister bien sûr. La neige avait été tellement attendue, que tout le monde se précipita dans le parc pour l'admirer de plus près. Elèves de Poudlard, délégations étrangères, enseignants et accompagnateurs, tous, ou presque, se retrouvèrent sur les rives enneigées du lac. Hermione et Drago étaient descendus, et ne s'étaient lâchés la main qu'une fois arrivés dans le Hall d'entrée. S'emmitouflant dans leur cape la plus chaude, ils avaient suivi la horde d'élèves et avaient été séparés par ceux-ci. La bataille de boules de neige ne se fit pas attendre. Les élèves, surexcités, se mirent à former des boules avec leurs mains, tandis que les adultes, qui conservaient un minimum de dignité, restaient légèrement à l'écart pour superviser cette revisite de la Bataille de Poudlard. Hermione rejoignit Pansy qui se tenait là et encourageait avec enthousiasme les élèves de Serpentard qui s'étaient lancé sans une guerre sans pitié contre les Poufsouffle.
─ Plus à droite, O'Malley ! Tu vises aussi mal que tu prépares tes potions, gronda-t-elle à un élève de seconde année qui ne sembla pas goûter à la plaisanterie.
Hermione chercha un instant Drago des yeux, mais ne le trouva pas. Quand elle se retourna, Pansy l'observait d'un œil interrogateur.
─ Tu attends quelqu'un ? demanda-t-elle.
─ Non, non, répondit Hermione d'un ton qu'elle aurait voulu plus ferme.
Drago avait été sur le point de rejoindre les deux jeunes femmes, quand une main l'avait tiré en arrière. Sans surprise, c'était Eurydice qui l'attendait. Sans doute voulait être connaître son avis sur les clichés qu'elle lui avait gentiment offerts. Drago lui adressa un sourire poli, tandis qu'elle l'entraînait un peu à l'écart, en lisière de la forêt interdite.
─ Tu as eu mon cadeau ? sourit-elle.
─ Oui, je ne pouvais pas passer à côté, répliqua Drago avec un petit sourire en coin. Plutôt … inattendu comme cadeau.
─ Je voulais marquer ton esprit.
Drago eut un petit rire rauque. Cette fille était tout ce qu'il y avait de plus surprenant. Elle n'avait pas froid aux yeux, et en tant normal, cela lui aurait plu. Elle n'était pas la coquille vide qu'il avait au début imaginé. Au fil des jours, il avait découvert une sorcière intelligente, drôle, mais aussi extravertie. Si son cœur n'avait pas battu pour un regard chocolat et des boucles brunes, sans doute se serait-il laissé tenter par la belle effrontée qu'était Eurydice.
─ C'est réussi ! lâcha-t-il finalement.
─ Ce n'était pas mon seul cadeau. Disons que c'était un prélude…
Elle battait des paupières et ses longs cils lui faisaient un regard de biche. Drago les regarda un long moment avant de se reprendre.
─ Ecoutez, Miss Delacour …
─ Eurydice, le corrigea-t-elle.
─ Eurydice … Ces photos étaient tout ce qu'il y avait de plus … séduisant. C'est la première fois qu'on m'offre ce genre de présent.
─ J'espère bien, minauda Eurydice.
─ Cependant, je dois vous avouer que… Et bien, il y a quelqu'un d'autre.
C'était la première fois que Drago cherchait autant ses mots. Il n'était pas intimidé, loin de là, mais son rôle de directeur incluait la diplomatie, et pour rien au monde il n'aurait voulu heurter la sensibilité d'Eurydice. Il l'appréciait sincèrement, mais sans doute pas autant qu'elle devait l'espérer. Voulant s'assurer de ne pas mettre en danger les correspondances internationales qui allaient avoir lieu, il préféra se montrer prudent et diplomate.
─ Oh… souffla Eurydice, visiblement déçue.
Sa bouche avait forcé un 'O' parfait, et sa moue désappointée fit presque culpabiliser Drago.
─ Bien, je comprends… finit-elle par dire.
Drago ne sut quoi répondre. Il se contenta de prendre sa main dans la sienne et de la serrer doucement, tentant, tant bien que mal, de lui faire passer toute sa compassion, et ses excuses de ne pas répondre à ses attentes. Se méprenant, sur le geste, Eurydice leva la tête et le regarda avec une flamme nouvelle dans le regard, que Drago ne vit pas immédiatement. Elle se leva sur la pointe des pieds, et Drago la vit s'approcher de sa joue. Ne voyant pas où était le mal à recevoir un baiser sur la joue, il la tendit doucement, et attendit. Au dernier moment, cependant, Eurydice colla ses lèvres peintes d'un rouge sang, sur les siennes, lui délivrant un baiser brûlant.
Le goût du rouge à lèvre se répandit dans la bouche de Drago. C'était un goût sucré, qui lui rappelait les sablés qu'il mangeait étant enfant. Un goût délicieux. Quand Eurydice recula doucement, les yeux brillants, Drago la regarda comme il ne l'avait jamais vue. Elle était tout ce qu'il attendait, merveilleuse, intelligente, parfaite ! Il avait l'impression de se réveiller d'un rêve, comme si sa vie n'avait été que brouillard jusqu'à ce qu'il réalise enfin la chose la plus importante de toute sa vie : Eurydice Delacour était la femme de sa vie.
Alors, alors … Des photos sexy de la part d'Eurydice, qui l'eut cru ? Bon, ça n'a rien d'étonnant dans le fond, elle est sûre de ses charmes, elle aime se montrer, c'est aussi ça le féminisme. S'assumer telle qu'on est et tenter le tout pour le tout ! Ca ne plait pas à Hermione, c'est clair.
La neige est enfin tomber ! il était temps, à quelques jours de Noël seulement. Et voilà qu'Eurydice entre à nouveau en scène. Bon, vous devinez que le filtre d'amour n'était pas dans le paquet … Voilà un baiser échangé plutôt inattendu, et surtout, à la vue de tous !
J'espère que ce chapitre vous à plu ! je vous souhaite une bonne soirée et à demain !
