Bonsoir à tous ! Tout d'abord, désolée de ne pas avoir posté hier. Je vous avais prévenu, mais au fond j'espérai pouvoir le faire… Je n'ai tout simplement pas trouvé le temps, entre ma belle famille et mes amis, d'ouvrir mon ordinateur. Ca n'empêche qu'il y aura quand même 24 chapitres, bien sûr, et qu'on continuera donc encore deux jours après le 24 !

Vous avez été nombreux à commenter le dernier chapitre, et je suis vraiment contente de voir que certains sont tous les jours au rendez-vous, et prennent tous les jours le temps de me laisser un petit message, vous êtes des amours.

Je vous laisse découvrir ce chapitre qui est uniquement centré sur Drago et Hermione, cette fois-ci. J'espère qu'il vous plaira ! Bonne lecture !


Chapitre 20 : Déclaration à demi-mots.

Hermione savait que le temps lui était compté. Elle savait que le filtre d'amour faisant effet, Drago et Eurydice ne tarderaient pas à passer à la vitesse supérieure. Et même si cela lui coûtait de le dire, elle ne voulait pas qu'ils passent la nuit ensemble. Elle ne voulait pas les voir s'embrasser à nouveau, elle ne voulait pas voir les mains de Drago caresser tendrement les joues d'Eurydice, et le serrer contre lui. Elle n'aimait pas ce que Drago lui faisait ressentir, car cela s'apparentait bien trop à de la jalousie… Hermione grimaça à cette pensée. Voilà bien une émotion qu'elle n'était pas accoutumée à ressentir. Hermione, si douce, si bienveillante, si tolérante… Elle en venait à détester Eurydice. Pourquoi avait-il fallu qu'elle se mettre à développer pareils sentiments à l'encontre du seul homme que toutes les femmes semblaient vouloir s'arracher ?

Ne sachant trop comment réagir, Hermione quitta ses appartements, et se mit à errer dans le château. Elle ne savait pas ce qu'elle cherchait, mais peut-être espérait-elle que la solution lui sauterait aux yeux. Elle se dirigea plus ou moins consciemment vers le couloir qui abritait les appartements de Drago, et ne fut pas surprise de ne pas le trouver. Elle questionna quelques portraits, mais aucun d'entre eux ne semblaient l'avoir aperçu. Jetant un œil par la fenêtre, son regard se posa sur le carrosse magique de Beauxbâtons. Celui-ci était désormais, à l'instar du parc, recouvert d'une épaisse couche de neige, le rendant plus féérique encore.

Se décidant à s'y rendre pour voir si Drago s'y trouvait, Hermione rebroussa chemin et se dirigea vers les étages inférieurs pour regagner le parc. Elle se demandait ce qu'elle allait dire, ou faire. Comment Eurydice réagirait quand Hermione… Quand Hermione quoi ? Lui dirait que Drago était à elle ? Certainement pas. Peut-être qu'elle pourrait lui faire l'un de ces sermons dont elle avait le secret, la questionnant sur l'aspect moral de l'utilité d'un filtre d'amour pour faire tomber un sorcier dans ses bras. Elle avait su, quelques années plus tôt, que cela pouvait détruire une vie. Le souvenir cuisant de Tom Jedusor Sr et Merope Gaunt était le parfait exemple d'un couple qui avait explosé suite à l'arrêt de l'ingestion du philtre d'amour.

─ Professeur Granger ! appela une voix derrière Hermione, la sortant de ses pensées.

Hermione fit volte-face, surprise. C'était Ted Lupin et Victoire Weasley qui s'approchaient d'un pas rapide.

─ Il faut qu'on vous parle.

Hermione jeta un coup d'œil à sa montre.

─ Nous n'en aurons pas pour longtemps, affirma Victoire.

─ Je vous écoute.

─ Hier soir, je faisais ma ronde, avec Victoire, expliqua Teddy avec sérieux – ce qui était plutôt rare de sa part. Et j'ai vu… quelqu'un s'introduire dans les cachots du Professeur Parkinson.

─ Qui ? interrogea Hermione.

Ted et Victoire se jetèrent un regard inquiet. Hermione pressentait que la réponse était Eurydice Delacour. Et pour deux élèves comme eux, il était difficile de dénoncer de la sorte un adulte, faisant, de plus, partie de la délégation étrangère. Rassemblant son courage, Victoire, qui n'état pas Gryffondor pour rien, se décida à répondre.

─ Miss Delacour, Professeur.

Hermione ferma les yeux un bref instant. Bien, voilà qui était une preuve plutôt tangible sur la culpabilité d'Eurydice. Ne voulant pas s'attarder trop longtemps cependant, Hermione se contenta d'abréger la conversation.

─ Merci d'être venus m'en faire part. Je vais m'en occuper de ce pas. Si vous voulez bien m'excuser.

Et sans un regard de plus vers ses deux élèves, Hermione continua sa route jusqu'à rejoindre le parc de Poudlard. Elle n'avait pas anticipé, et n'avait pas pris une écharpe, ou une cape épaisse. Ses chaussures crissèrent sur la neige, tandis que de la poudreuse s'installait joyeusement dans ses chaussettes. Que ne fallait-il pas faire pour sauver Drago Malefoy des griffes d'une vélane ? Grognant et pestant contre le directeur de l'école, Hermione arriva enfin devant le carrosse. Celui-ci était presque désert, les élèves profitant des premières neiges pour admirer le paysage ou se réchauffer près du feu dans la Grande Salle.

Hermione entra. C'était la première fois qu'elle pénétrait le carrosse, mais comme pour le bateau de Dürmstrang, elle ne fut pas surprise de ce qu'elle y découvrit. Tout était décoré aux couleurs du blason de l'école française : bleu et blanc. Le bois clair, le bleu pastel et les canapés blancs donnaient une allure extrêmement apaisante à l'endroit. Ne s'attardant cependant pas, Hermione se mit à parcourir les couloirs. Si de l'extérieur, le carrosse ne paraissait pas si grand, à l'intérieur, c'était un véritable château.

Elle était sur le point de renoncer quand elle entendit des gloussements émaner d'une porte fermée. Collant sans honte son oreille contre le bois de celle-ci, Hermione ne tarda pas à reconnaître la voix mélodieuse d'Eurydice.

─ Ah, Drago, je suis contente que tu aies fini par céder…

─ Je ne sais pas ce qu'il m'a pris, de me refuser à toi de la sorte, disait la voix suave de Drago.

─ Tu étais bien le premier, à t'y opposer. Mais comme tu vois, j'arrive toujours à mes fins… J'espère bien que tu seras un amant fantastique …

C'en était trop pour Hermione qui, sans réfléchir, ouvrit brutalement la porte. Son regard se posa sur Drago, assis sur le bord du lit d'Eurydice, et sur celle-ci, a califourchon sur lui. Tous deux tournèrent les yeux dans sa direction. Drago parut surpris, Eurydice, elle, furieuse.

─ Qu'est-ce que vous faites là, Hermione ? demanda-t-elle sans cacher son irritation.

─ Je viens chercher Monsieur le Directeur, improvisa Hermione. Sa présence est requise dans son bureau…

─ Je suis sûre que cela peut attendre !

─ Non, répondit Hermione avec un ton autoritaire directement emprunté à Minerva McGonagall. Il s'agit du ministre.

Jamais Hermione n'avait menti avec tant d'aplomb. Ce n'était certainement pas dans sa nature, mais au fond d'elle, elle savait que c'était pour la bonne cause, et pas seulement un geste intéressé de sa part. Si elle aurait aimé que Drago ressente pour elle les mêmes émotions, elle ne faisait pas tout ça pour qu'il s'en rende compte. Elle aurait simplement aimé qu'il l'empêche de coucher avec quelqu'un sous l'emprise d'un filtre d'amour.

Drago, qui était resté silencieux jusqu'alors, se redressa et prit les mains d'Eurydice dans les siennes.

─ Je n'en aurai pas pour longtemps. Attends-moi, je reviendrais, toujours.

Cette phrase avait tout d'une réplique de film, tout droit sorti d'une romance à l'eau de rose. Hermione ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel. Drago se pencha et embrassa tendrement Eurydice, tandis que celle-ci, boudeuse, refusait presque de lui lâcher les mains. Hermione aida Drago à s'en dépêtrer en le tirant vers l'extérieur, et il la suivit, le même petit sourire béat au bout des lèvres.

─ J'espère que ça ne va pas durer des heures, marmonna-t-il. Je n'aime pas être séparé de mon Eurydice…

Ils venaient de regagner le château, et Hermione s'arrêta net. Elle fit volteface et plongea son regard dans celui de Drago. Il n'y avait pas une once de pitié dans son regard mordoré, quand elle répliqua d'une voix glaciale :

─ Il y quelques heures, ton Eurydice ne comptait pas autant pour toi.

─ Qu'est-ce que tu racontes, Granger, je l'aime depuis que je suis sur cette terre.

─ Tu ne savais pas qu'elle existait avant le mois dernier, gronda Hermione.

Les élèves autour d'eux semblaient de plus en plus curieux, aussi Hermione ne rajouta rien. Elle se contenta de le forcer à la suivre jusque dans ses appartements à lui, et à l'y pousser sans ménagement. Drago, surpris, regarda à droite, puis à gauche avant de lui lancer un regard soupçonneux.

─ Le Ministre de la Magie n'est pas là, dit-il lentement.

─ En effet, répondit Hermione.

─ Alors que faisons-nous ici ?

─ Je t'empêche de faire la bêtise de ta vie, expliqua Hermione en le poussant doucement vers le canapé où il s'assit un peu à contre cœur.

Elle s'installa à côté de lui, et plongea ses yeux droits dans ceux de Drago. Ils paraissaient un peu fiévreux, et bien différents du regard intelligent qu'Hermione lui connaissait – et avait appris à apprécier. Elle posa ses deux mains sur ses épaules, et le força à la regarder.

─ Tu es sous l'emprise d'un filtre d'amour, articula-t-elle lentement, comme pour s'assurer qu'il comprenait bien ce qu'elle lui racontait.

─ Je le saurais, si c'était le cas.

─ Non, tu n'en aurais pas la moindre idée, répliqua Hermione. C'est là tout l'intérêt d'une telle potion.

Drago secoua la tête de droite à gauche comme pour chasser une mouche invisible. Mais Hermione ne le lâcha pas pour autant. Resserrant son emprise autour de ses épaules, elle s'approcha un peu plus et continua à le darder de son regard sévère.

─ Tu n'es pas amoureux d'Eurydice Delacour. Ce n'est pas avec elle que tu passes la plus grande partie de ton temps, ce n'est pas avec elle que tu déjeunes, ni avec elle que tu discutes pendant des heures, le soir venu. Tu ne crois pas que vous seriez sans arrêt ensemble vous vous aimiez vraiment ?

─ C'est bien ce que je compte faire, dit Drago d'un air rêveur. Passer toute ma vie avec elle.

─ Mais Drago, avant aujourd'hui, est-ce que tu avais déjà passé ne serait-ce qu'une heure en sa compagnie ?

Drago se tut, et sembla se mettre enfin à réfléchir. La réponse ne sembla pas lui satisfaire, car, au lieu de répondre, il se contenta de secouer la tête.

─ L'amour, ça ne s'explique pas, répondit-il finalement.

Hermione eut un petit rire ironique. Voilà une phrase qui était pleine de vérité. Car tandis qu'elle tentait de le convaincre qu'il n'aimait pas Eurydice, Hermione en venait peu à peu à la conclusion qu'elle aurait pu tomber amoureuse, si Drago avait continué sur sa lancée. Chassant cette idée de son esprit, elle se radoucit quelque peu. Inclinant doucement la tête pour mieux le regarder, elle relâcha légèrement la pression sur les épaules de Drago, et murmura dans un souffle :

─ Ca ne s'explique pas, mais ne vient pas d'un seul coup… Ca met du temps à s'installer. Ça passe par des regards, des gestes… Des sourires et des rires.

Drago parut perplexe.

─ Est-ce qu'Eurydice te fait rire ? Est-ce que tu fais rire Eurydice ?

Le mutisme de Drago encouragea Hermione à continuer.

─ Est-ce qu'un regard te suffit à la faire frissonner ?

Sans s'en rendre compte, le visage d'Hermione s'était de plus en plus rapproché de celui de Drago. Leur nez se touchait presque, et Drago avait écarquillé les yeux pour mieux la voir. Hermione n'avait pas détourné le regard, mais ses mains avaient quitté les épaules de Drago et étaient retombées mollement sur ses genoux. La voix d'Hermione n'était plus qu'un souffle, qui caressait doucement le visage de Drago.

─ Est-ce que, quand vous vous touchez, tu as l'impression d'être parcouru par un courant électrique ?

Hermione semblait se noyer dans l'iris d'acier de Drago. Elle ne voyait plus que ça, et avait oublié Eurydice. Voilà bien longtemps qu'elle n'avait pas exprimé ses sentiments de la sorte. Bien sûr, sous couvert de questions et de sauvetage, mais finalement, la vérité s'échappait d'entre ses lèvres avec une telle simplicité qu'elle en fut surprise.

─ Hermione… murmura Drago.

Hermione ne réalisa pas que les yeux de Drago n'étaient plus aussi vitreux. Elle ne se rendit pas compte que son souffle s'était accéléré, ni même qu'il avait posé une main sur l'un de ses genoux, effleurant du bout des doigts sa main légèrement tremblante. Elle ne se rendit pas compte de tout cela, parce qu'elle était trop concentrée sur la distance si infime qui séparait leurs lèvres. Les yeux de Drago quittèrent les siens pour balayer son visage, s'arrêtant sur son nez, ses joues rosies, sa bouche légèrement tremblante. Tout se passa très vite. Les doigts de Drago s'entrelacèrent aux siens, et sans qu'elle sache si c'était lui, ou elle qui avait parcouru la distance qui les séparait, leurs lèvres se trouvèrent avec une facilité déconcertante.

Elle avait imaginé ce premier baiser doux, et tendre. Il n'en fut rien. La bouche de Drago, ardente et passionnée, s'empara de ses lèvres et ne les quitta plus. Ses mains lâchèrent celles d'Hermione pour mieux s'emparer de son visage, glisser dans ses cheveux, dans son cou, la rapprochant toujours plus de lui, jusqu'à ce que leur corps se touchent, et qu'il sente sa poitrine se soulever contre lui. Leurs langues se trouvèrent, et Hermione, qui n'était plus que sensations, ne se vit même pas monter sur ses genoux. Toute la pression qu'elle avait accumulé au court de ces dernières semaines sembla se relâcher quand Drago glissa une main sous son pull pour se mettre à la conquête de son dos.

Sa main était brûlante, et faisait presque mal à Hermione. Pourtant, quand il la retira, cela fut comme si elle ressentait déjà le manque. Leurs lèvres cessèrent de se mouvoir en chœur, et bientôt, leurs yeux s'ouvrirent pour se regarder l'un l'autre. Hermione recula, perdue, tandis que Drago retirait prestement ses mains de son dos frissonnant.

─ Qu'est-ce que … dit-il à bout de souffle.

Hermione se redressa et le regarda droit dans les yeux.

─ Est-ce que tu veux toujours épouser Eurydice Delacour ? demanda-t-elle avec désinvolture.

Drago ouvrit des yeux ronds.

─ Bien sûr que non, répliqua-t-il.

─ C'est bien ce qui me semblait.


Et voilà ! Vous voyez, vous n'avez pas attendu jour supplémentaire pour rien, puisqu'on assiste au tout premier baiser de Drago et d'Hermione ! Bon bien sûr, il n'était là que pour annuler le filtre d'amour haha. Je tenais à ce que leur premier baiser n'aie pas lieu dans le dernier chapitre, car j'aime aussi l'idée qu'il vive un peu leur romance dans la fiction, parfois c'est un peu frustrant de ne pas savoir ce qu'il se passe par la suite.

J'espère que ça vous a plu en tout cas ! On se retrouve demain pour la suite et l'annonce de Pansy et Neville à leurs amis, à propos de leur relation. Il était temps, je crois !

Bonne soirée à tous !