Juin 2016
Partie 5 - Chapitre 3
Naélie s'était envolée pour aider son ami à sortir de l'eau, profitant du fait qu'il en dégoulinait pour ne pas le brûler trop fort. Et puis, c'était un Super Soldat, il guérissait vite, lui aussi. Sam les rejoint peu de temps après, leur annonçant que le faux psy s'était enfui en se mêlant à la foule. Le Captain transporta son meilleur ami, tandis que la jeune femme usait de ses pouvoirs pour les sécher tous les deux. Le blond la remercia à mi-voix, puis décréta qu'ils devaient trouver une cachette sûre, qu'ils finirent par dénicher dans un très vieux hangar. Par chance, s'y trouvait une machine pourvue d'un étau dans lequel ils enserrèrent le bras métallique de Barnes, en attendant son réveil.
Le temps leur paru être une éternité, surtout que Steve évitait soigneusement le regard de Naélie, ne voulant pas entamer une quelconque discussion avec elle. Pourtant, celle-ci n'avait pas dit son dernier mot et réussit à coincer le plus grand dans un coin, éloigné de Sam qui surveillait Bucky.
- Tu ne vas pas pouvoir m'ignorer comme ça, Stevie, s'énerva la jeune fille.
- Tu m'as laissé chercher mon meilleur ami pendant des mois, sans jamais me dire que tu savais où il était.
- Je n'ai jamais eu d'autres informations quant à l'endroit où il se cachait, que celle qu'il était en Europe. Tu as cherché, et tu n'as rien trouvé. Donc, même si je t'avais fourni l'info, elle ne t'aurait pas plus servi.
- Tu ne comprends pas pourquoi je t'en veux. C'est dingue, pour le coup, tu as exactement le même comportement que Stark, qui ne sait jamais pourquoi les gens sont en colère contre lui.
- Je t'interdis de me comparer à lui. Nous ne sommes pas pareils, pas du tout.
- Pourtant, si, Naélie.
- Je suis désolée, Steve. Mais comme je te l'ai déjà dit, je lui avais promis de ne pas le dénoncer.
Une voix s'éleva soudain dans le hangar, confirmant au soldat ce que venait de lui dire son amie. Ils se dirigèrent vers la pièce où se trouvait l'étau et Bucky, le trouvant réveillé, Sam face à lui. Le brun fixa Naélie puis posa son regard sur son ami. Il lui expliqua tout ce qu'il s'était passé, du moment où il avait croisé la jeune fille, au moment où il quitta son appartement, le lendemain. Cependant, il tut le passage durant lequel il était revenu sur ses pas pour l'embrasser et plus.
- Très bien. D'accord, mais ce n'est pas pour autant que tu es pardonnée, diablesse, grimaça Steve. Bon. C'est quel Bucky au juste ?
- Ta mère s'appelait Sarah, souffla-t-il.
Puis dans un rire, il révéla que le jeune Steve, celui d'avant le sérum, fourrait du papier dans ses chaussures pour paraître plus grand. Le plus jeune des deux sembla satisfait de cette réponse, et il se mit à interroger l'autre afin de comprendre pourquoi un type avait décidé de poser une bombe pour passer seulement dix petites minutes seul avec lui.
- Je ne sais pas...
Le blond ne se contenta pas de cette réponse, cette fois, poussant Barnes à lui expliquer ce qu'ils s'étaient dit. C'est alors qu'une nouvelle information arriva : il existe cinq autres Soldats de l'Hiver, et ils se trouvent enfermés en Sibérie. Ce qui voulait dire que le faux psy voulait s'en servir. Il avait dit à Steve vouloir qu'un empire s'effondre. Pendant que le brun leur racontait une journée où les autres membres de l'Escadron de la mort le plus puissant d'HYDRA s'étaient rebellés contre leurs chefs, Steve délivra son ami de l'étau, le laissant ainsi libre de ses mouvements. Contrairement à ce que pensait Sam, il n'essaya pas de les trucider une énième fois, se tenant bien tranquille, comme si le fait d'avoir son bras libre n'était qu'un détail.
- Bon. Nous devons aller en Sibérie, fit Steve.
- Direction l'aéroport, soupira Sam.
- Il faut une voiture, rappela Naélie. Tout le monde ne sait pas voler. Et nous ne pouvons pas y aller juste nous quatre.
- Elle a raison, intervint Bucky. Vos copains ne nous laisserons pas tranquilles aussi facilement.
- Donc, il nous faut également des renforts.
- J'ai une petite idée, annonça Sam avec un air fier sur le visage qui fit rire la seule femme du groupe.
Steve passa un coup de téléphone d'une cabine téléphonique, accompagné par Bucky, tandis que les deux autres se mettaient en quête d'une voiture à "emprunter". Les yeux du Faucon se posèrent sur une magnifique voiture de sport rouge, et même si Hestia fut tentée, elle lui rappela qu'ils étaient sensés passer inaperçus.
- Oui, mais nous pourrions...
- Samy, moi aussi je rêve de conduire ce genre de bagnole, mais ce n'est pas le moment, tu le sais, au fond de toi. Allez, viens. Nous avons besoin de quelque chose de plus petit, et de plus discret.
Naélie attrapa le poignet de son ami, le tirant à sa suite tandis qu'il lançait un regard envieux à la voiture qui semblait lui faire de l'œil. Finalement, ils purent prendre possession d'une petite voiture assez étroite. C'était la seule qui n'avait pas été fermée à clef, ce qui facilitait les choses.
- Naé, oublies-tu que nous avons deux bêtes gonflées aux stéroïdes avec nous ?
- Oh, ça va, il y en aura un devant et un derrière, nous aurons suffisamment de place.
- Ouais. Je prends la place de devant, décréta l'homme, ne laissant aucune place aux protestations de sa jeune amie.
En retour, elle l'envoya balader, s'installant pour conduire la voiture à l'endroit où les attendaient les deux hommes du passé. Steve prit sa place, et Naélie se retrouva derrière avec Bucky, commençant à se dire qu'il était possible que Sam ait eu raison quant au manque place dans la petite voiture bleue... Le silence régnait dans l'habitacle, l'humain normal et la jeune femme profitant du trajet pour finir de dormir, chose qui semblait tellement lointaine pour eux. Ils furent réveillés par les Supers Soldats une heure plus tard. Ils mirent encore quelques minutes à arriver sous un pont où les attendaient un autre véhicule. Steve sortit, et le conducteur de devant fit de même. Naélie eut un léger sourire en voyant qu'il s'agissait de Sharon.
- Tu pourrais avancer ton siège ? demanda Bucky, tirant la figure.
- Non, répondit Sam dans le même état.
Ok. Donc, il y avait un froid entre ces deux-là. La blonde soupira bruyamment. Ses jambes étant écrasées par le siège de Sam, Bucky se déplaça sur le côté, empiétant sur la place de la jeune femme qui se retrouva coincée entre un gars de deux fois sa taille et une portière. Un nouveau soupire s'échappa de ses lèvres tandis qu'elle sentait ses joues virer au rouge à cause de la soudaine proximité de celui qui fut son amant, le temps d'une matinée.
- Je suis sûre qu'ils vont enfin s'embrasser, lâcha-t-elle soudain, faisant se tourner les deux hommes.
- De quoi tu parles ? s'étonna le brun.
- Ils ont déjà essayé, plusieurs fois. Et la tension qui règne entre eux, quand ils sont dans la même pièce...
- Quand ont-ils tenté de s'embrasser ? demanda Sam.
- La dernière fois, c'était devant l'ascenseur, avant que tu ne les interrompes pour leur montrer les infos de l'attentat de Viennes.
- Je te signale que tu les as interrompus aussi.
- Ouais ouais, si tu veux. En attendant, regarde plutôt notre petit Stevie devenir grand, se moqua Naélie en observant son ami et la nièce de son grand amour s'embrasser tendrement.
Lorsqu'elle croisa le regard de Steve, elle le vit lever les bras, en signe d'exaspération amusée, si bien qu'elle tourna la tête pour voir les deux autres hommes hocher la tête, comme s'ils félicitaient le blond d'avoir "pécho". En plus, elle pouvait même voir un sourire sur le visage de Bucky. Levant les yeux au ciel, elle ne s'interdit pas un pouce en l'air à l'adresse de leur ami. Quand Sharon s'en fut allé, Steve revint avec leurs équipements. Et au moment où il s'assit derrière le volant, Naélie s'accrocha à l'appuis-tête, plaçant son visage juste à côté de celui de Steve.
- Je suis fière de toi, Ballerina !
- Oh, tais-toi, rigola le surnommé en démarrant.
Ils en avaient pour quelques longues minutes de route. Mais le silence devenant trop pesant, la jeune femme se mit à poser des questions à ses camarades, jusqu'à ce que se soit Bucky qui la devança.
- Comment as-tu eu tes pouvoirs ?
- Une explosion. Il y a cinq ans, maintenant.
- Une explosion ? demanda Sam, à qui elle n'avait jamais expliqué les faits, non plus.
- Oui. J'avais dix-huit ans, et c'était un dimanche de juin, juste après les examens de fin d'année. Ma mère ne travaillant pas, elle avait décidé que nous irions profiter du beau temps tout en fêtant l'obtention de mon diplôme. Mais un peu avant que nous ne partions, mon grand frère est arrivé. Il était à l'université, donc nous ne le voyions plus si souvent. Ma mère a changé nos plans, et nous sommes restés à la maison. L'usine a explosé une heure après. Ils sont tous les deux morts, moi, j'ai hérité de supers capacités.
- Je suis désolé, Naélie, souffla Bucky en baissant la tête, sourcils froncés.
Ils arrivèrent à l'aéroport où les attendaient un nouveau véhicule. Une camionnette blanche. En sortirent Clint et Wanda, auprès desquels la blonde s'empressa de se rendre, les prenant dans ses bras, heureuse de les revoir, surtout l'archer qui était pourtant sensé être à la retraite.
- Comment vont les petits ? le questionna la plus jeune.
- Bien. Nathaniel fait enfin ses nuits, et les deux grands nous aident beaucoup, trop contents de m'avoir à nouveau à la maison.
- Je suis désolé de vous en avoir sorti, interrompit Steve en saluant son ancien collègue Avengers.
- T'inquiètes pas, j'en avais besoin. Et puis... J'avais une dette, répondit Clint en désignant Wanda, faisant référence à Pietro.
- Merci d'être de notre côté.
- Il était tant que je me bouge le cul, sourit la sorcière en regardant l'archer à son tour.
Le père de famille leur présenta alors leur nouvelle recrue, un homme assez grand et mince, brun, bourré de caféine d'après lui. Scott Lang, alias Ant-Man, dont Naélie avait bien sûr entendu... ah non, jamais entendu parler de lui. Mais lui, il la connaissait. Du moins, il connaissait Hestia, ce qui lui donna le sourire quand ils se serrèrent la main. Il salua également Wanda et Sam. Steve lui fit un topo, précisant qu'ils étaient hors-la-loi, et le nouveau l'accepta sans problème.
Soudain, Bucky, qui était sorti de la petite voiture, frappa son poing sur le toit de celle-ci, troublé par quelque chose. Tout le monde se tourna vers lui, le regard interrogatif. Lentement, le brun contourna le véhicule qu'ils allaient se faire une joie d'abandonner et de ne plus jamais utiliser – pauvres jambes – pour venir se planter devant Naélie, inquiet.
- Dimanche 26 juin 2011, à 14 h 30, précisément...
- Comment... Quoi ? bafouilla Naélie.
- L'usine de Stark Industrie basée dans une banlieue aux alentours de New York.
- Comment tu sais ça ?
- HYDRA voulait qu'elle disparaisse. Trop dangereuse. Eugénia Ignis, née le 17 juin 1964, âgée de 47 ans. Célibataire, deux enfants adultes, situation aisée. Intervention déguisée en accident, récita Bucky, de plus en plus inquiet.
- S'il te plaît, tais-toi, le supplia Naélie en sentant les larmes lui monter aux yeux au fur et à mesure qu'elle comprenait ce que lui racontait l'autre.
- Ma mission était de détruire l'usine et de tuer Eugénia Ignis, termina l'ancien Soldat de l'Hiver.
La blonde retint ses larmes le plus longtemps possible, fixant Bucky avec un regard dur et froid. Steve s'approcha, posant sa main sur son épaule, mais elle se dégagea violemment, ne quittant pas le brun des yeux. Elle voulait lui sauter à la gorge, lui faire payer, et pourtant, elle savait très bien qu'il n'était consciemment pas responsable de cet acte. Il était contrôlé, manipulé, utilisé. Il n'était pas lui-même, il n'était pas James Barnes, mais le Soldat de l'Hiver, l'arme suprême d'HYDRA. Pourtant, Naélie n'arrêta pas la pulsion qui prit possession d'elle et sa main s'écrasa brutalement sur la joue du plus grand, sous le regard peiné de leurs amis. Le silence... C'est tout ce qu'elle entendait, malgré que Wanda lui demandait de revenir tandis qu'elle s'éloignait du groupe, laissant enfin ses larmes la submerger.
Elle s'arrêta derrière une colonne contre laquelle elle se laissa glisser en ramenant ses genoux contre sa poitrine pour les entourer de ses bras et y fourrer son visage. La révélation était vraiment, mais alors vraiment inattendue, et prouvait à quel point HYDRA avait les moyens de bien effacer leurs traces. L'explosion de l'usine avait été déclarée accidentelle. Un défaut dans le nouveau compteur électrique. Durant la nuit, d'après les enquêteurs, une étincelle avait pris, puis cela s'était transformé en un faible incendie qui avait gagné les produits utilisés pour le projet sur lequel les ouvriers travaillaient. Et boum dans l'après-midi. C'était exactement ainsi que l'inspecteur le lui avait raconté.
Au bout de plusieurs minutes, une voix retentit dans le parking, en Allemand, si bien que Naélie ne comprit rien. Moins de trente secondes plus tard, Wanda et Clint venaient la trouver, lui annonçant qu'ils évacuaient l'aéroport, donc que ça voulait dire qu'ils étaient découverts et qu'ils devaient se dépêcher de partir grâce à l'hélicoptère qu'il s'était procuré.
- Allez-y, déclara Naélie sans relever la tête.
- Naé, il est désolé et pas responsable, voulu lui dire l'archer.
- J'ai dit, allez-y, répéta la jeune femme en les foudroyant cette fois du regard.
- On comprend. On est navrés, Naé, fit Wanda en tirant sur l'épaule de Clint pour qu'il se relève et la suive. Steve et Scott vont tenter de rallier l'hélico. Clint et moi nous cacherons dans l'un des bâtiments pendant que Sam et Bucky prendront la fuite par le terminal. Nous allons faire diversion pour pouvoir nous emparer de leur quinjet, lui expliqua-t-elle. Au cas où tu voudrais nous accompagner quand même.
La blonde tourna la tête, leur faisant comprendre qu'ils devaient la laisser tranquille. Elle avait simplement besoin de digérer les nouvelles. Juste un peu de temps, même si elle se savait égoïste de le réclamer maintenant au lieu d'attendre que tout soit terminé. Mais il le fallait, sinon, elle n'était pas certaine de pouvoir se contenir face au Soldat de l'Hiver.
- Non, souffla-t-elle. Non, James n'est pas le Soldat d'HYDRA qui a causé la mort de ma mère... et de mon frère. Il n'est pas ce monstre. Bon sang, Naélie, reprends-toi, maintenant, lèves ton cul et va les aider ! se cria-t-elle à elle-même.
