Bon... Comme vous le savez tous, le confinement N°1 a engendré le report d'à peu près tous les films et toutes les séries Marvel. Donc, tant que je n'ai pas de nouvelles aventures dans lesquelles introduire Naélie, je vous offre un petit bonus sur la manière dont mon héroïne a obtenu ses pouvoirs. Bonne lecture, et merci d'avoir été au rendez-vous jusqu'ici (en espérant que vous le serez à nouveau quand tout redémarrera...).


Dimanche 24 juin 2011

Aujourd'hui était un grand jour. Enfin, le vendredi qui venait de passer l'avait été. Ce dimanche, c'était le moment de tout relâcher. Diplôme fraîchement en poche, tel la promesse de futurs événements merveilleux, Naélie fêtait la réussite de ses examens de fin d'année avec sa mère. La chaleur de ce week-end estival n'annonçait rien d'autre que de bons moments en famille pour tous les habitants du quartier. Les Ignis avaient fini de préparer le panier à pique-nique et un simple passage par sa chambre pour y attraper son téléphone avait suffi pour que tout s'effondre pour la jeune fille. Sans cela, elles seraient déjà parties elle et sa mère, ratant de peu l'arrivée de son frère. Et ce simple fait était la raison même de l'effondrement.

Thomas et Naélie ne s'aimaient pas. Mais vraiment pas. Enfin, c'était plutôt le plus vieux qui avait toujours fait la misère à la plus jeune sans qu'elle n'en comprenne les réelles raisons, mais qu'importe. Aujourd'hui âgés de dix-huit et vingt-trois ans, les deux frères et sœurs ne pouvaient plus se voir. Pourtant, l'aîné était expressément revenu de Boston, où il étudiait à l'Université jusqu'encore au moins les deux semaines suivantes, pour ''célébrer'' l'obtention du diplôme de sa cadette. Elle n'y avait pas cru, bien sûr. C'est pourquoi elle lui lançait maintenant de nombreux regards en coin, noirs, et emplis de reproches. Il venait gâcher l'après-midi détente que leur mère et elle avaient prévu de passer. C'était certain.

- Et comment sens-tu tes examens Tommy ? demanda Eugénia Ignis.

- Comme toujours, 'man. Les doigts dans le nez.

- C'est justement ce qui me fait peur, plaisanta la mère. Tu sais, Lilie est passée avec la mention très bien !

- Ouais, super, répondit-il simplement en affichant le temps d'une seconde une moue de dégoût avant de repartir sur son histoire de joueur de foot blessé et laissé sur le terrain lors d'un match.

Naélie se leva en trombe, montant dans sa chambre. Elle s'écroula sur son lit, pensant au délicieux sandwich qui l'attendait patiemment dans le panier sur la table du salon. Bon sang, tout aurait pu être parfait sans l'arrivée inopportune de Thomas. En étoile, elle ferma les yeux en rageant contre lui. Il faisait toujours tout pour gâcher sa vie, et les meilleurs moments de celle-ci juste par jalousie. Lui avait eu la mention minimale à ses examens de terminal. On frappa à sa porte, mais elle refusa d'ouvrir. Si c'était son frère, qu'il aille au diable. Si c'était sa mère, qu'elle continue de s'occuper de son fils sans voir ses sombres desseins.

- Lilie, ma chérie, tu boudes ?

- Non maman, répondit la jeune fille en levant les yeux au ciel, partagée entre l'envie que sa mère comprenne l'ironie et celle qu'elle s'en aille sans demander quoi que ce soit d'autre.

- Allez mon ange, viens, nous allons manger ici, Thomas n'a pas envie d'aller au bord du lac.

- Sans blague, marmonna Naélie en sentant ses yeux s'embuer sous l'effet de la colère. Je n'ai plus faim, répondit-elle sèchement.

- Arrête de faire l'enfant, Naélie, intervint la voix de Thomas. Sors.

- Fiche-moi la paix.

Elle entendit les pas des deux membres de sa famille s'éloigner et soupira encore plus et plus fort. Il avait tout gagné, encore une fois. Il était parfait à ce jeu. Il se comportait comme un ange devant leur mère et une fois celle-ci le dos tourné, il frappait, aussi bien au sens figuré qu'au sens littéral.

Elle avait tout essayé pour obtenir ne serait-ce qu'un peu d'amour de la part de ce frère si distant. À chaque fois, cela se soldait par la même phrase : "Tu n'es pas ma sœur. Je te déteste, dégage." Et en général, il claquait la porte de sa chambre en prime. Oh, il y eu bien cette fois, cette unique fois, où il l'avait tendrement serrée dans ses bras en lui disant ''Merci petite soeur'', juste après avoir remporté un concours au lycée grâce à elle. C'était six ans au paravent.

Elle entendit les rires de sa mère, puis la voix de son frère, provenant d'en bas. Tout semblait aller pour le mieux entre eux pendant qu'elle se morfondait. Soudain, un bruit si fort qu'elle cru qu'elle allait devenir sourde retentit, et en quelques instants, tout s'écroula. Littéralement. Le plafond lui tomba dessus, et elle eut juste le temps de se protéger le visage avant d'être coincée sous des tonnes de gravats.

Il fallut plusieurs longues minutes avant qu'elle ne reprenne ses esprits et commence à tenter de se dégager. Autour d'elle, indépendamment des blocs de béton provenant de sa maison, gisaient des morceaux d'une roche étrange qu'elle n'avait encore jamais vue. Et il lui sembla même que certain avaient la forme de membres humains. Mais elle fit abstraction de tout ça, n'ayant qu'une seule pensée : que s'était-il passé ? De la poussière l'enveloppait, si bien que Naélie était prise d'une quinte de toux qui n'en démordait pas, et la quasi-obscurité qui régnait dans les débris n'aidait pas à la rassurer. Très vite, elle ressentit toute la douleur et la peur.

La jeune fille repoussa une pierre qui lui écrasait la main, puis réussit à dégager un gros bloc de béton en équilibre sur un autre et qui penchait dangereusement vers sa jambe, miraculeusement intacte. L'autre, par contre n'avait pas eu cette chance et se retrouvait emprisonnée.

- Maman ? appela Naélie, paniquée. Maman, est-ce que tu vas bien ?

Si elle avait reçu une réponse, elle ne l'avait pas entendue. La blonde pria pour que ce soit à cause des obstacles et que sa mère soit encore en vie, saine et sauve. Lorsqu'elle appela son frère, elle n'eut pas beaucoup plus de soulagement. Elle était seule, livrée à elle-même et dans la crainte de ne pas revoir sa famille. La peur fut soudain remplacée par la rage et l'envie de sortir de là le plus vite possible. Elle poussa un cri au moment où elle se sentit propulsée vers le haut, brisant les blocs de béton qui l'emprisonnaient. Puis ce fut le noir total.

Lorsqu'elle se réveilla, elle était au milieu des gravats et des lumières bleues dansaient devant ses yeux. Elle se redressa lentement, sa tête lui tournant, puis essaya de comprendre ce qu'il se passait. Ce n'est que quelques secondes plus tard, lorsque des gros SUV se joignirent aux ambulances et à la police, qu'elle comprit. Les hommes qui en sortirent lui firent immédiatement penser au FBI, mais ils se présentèrent comme étant des agents du Shield. Naélie se leva aussi vite qu'elle le put et se dépêcha de se cacher derrière la montagne de morceaux de béton pour écouter la conversation des autorités.

- Une explosion. Oui.

- Et vous pouvez me dire d'où elle provenait, cette explosion ? demanda le policier, poing sur les hanches, vraisemblablement mécontent de voir intervenir cette organisation secrète.

L'agent aux lunettes de soleil noires secoua la tête négativement, puis demanda aux autres agents de fouiller les décombres à la recherche d'éventuels survivants. Ensuite, il se tourna vers le policier et lui annonça qu'ils reprenaient l'enquête, congédiant ainsi la police. Ce n'est qu'une fois que toutes les voitures blanc et noir se furent retirer du site qu'il enleva ses lunettes et observa la zone avec tristesse.

- Quel spectacle désolant, soupira-t-il.

- Je ne vous le fais pas dire, agent Coulson. Espérons que certains habitants aient survécu.

- Mais à quel prix ? Vous savez aussi bien que moi que ce qui était fabriqué dans cette usine peut avoir transmis ses propriétés aux potentiels survivants.

- Rien de dangereux y était fabriqué. Mais il y avait des expérimentations, et c'est ça qui nous inquiète.

Naélie se laissa tomber dos au mur de béton qui tenait encore debout. Une usine avait explosé... La seule qui aurait pu raser le quartier... C'était celle de Stark Industrie à la tête de laquelle est sa mère. Et de quoi parlaient-ils quand ils disaient que des expérimentations dangereuses étaient faites ? La jeune fille se releva juste assez pour ne pas dépasser de sa cachette, puis avança, le dos courbé, jusqu'à s'éloigner suffisamment du bruit environnant.

Elle parvint à quitter le quartier meurtri en titubant, s'appuyant contre un mur. Elle respirait difficilement, autant qu'elle avait du mal à avoir les idées claires. Plus encore que quand elle s'était retrouvée ensevelie, quelques instants plus tôt. Elle avait l'impression d'avoir dépensé une énergie plus que considérable sans vraiment savoir quand ni comment.

Les voix des agents du Shield retentirent non loin d'elle, et pour une raison inconnue, elle sentait qu'il fallait qu'elle s'en aille le plus loin possible. C'est pourquoi elle s'enfonça dans les ruelles intactes du quartier qui se trouvait juste à côté du sien. Jetant un coup d'oeil derrière elle, Naélie ne remarqua pas la silhouette qui s'était postée sur son chemin et se la prit de pleine face, tombant sur ses fesses alors que l'autre n'avait même pas vacillé.

- Aïe ! Mais qu'est-ce que... Qui êtes-vous ? s'étonna la jeune fille en détaillant l'homme.

Il était grand et portait un manteau long noir ainsi qu'un cache-œil, lui donnant l'air d'un pirate avec une cape, comme Albator.

- Je suis le directeur du Shield. Nick Fury.

- Le directeur... Ne vous approchez pas de moi !

- De quoi avez-vous peur, mademoiselle ?

- Vous êtes une organisation secrète. Et vous êtes sur les lieux d'une explosion à peine quelques minutes après qu'elle ait eu lieu !

- Quelques minutes ? La déflagration s'est déclenchée vers 14h. Il est passé seize heures trente.

- Pardon ? Mais... Non, ce n'est pas... Je ne suis pas restée inconsciente aussi longtemps quand même...

- Il faut croire que si. Et vous, qui êtes-vous ?

- Naélie Ignis.

- La fille d'Eugénia Ignis, la directrice de l'usine. N'est-ce pas ?

Naélie hocha la tête, regardant autour d'elle pour s'échapper dès que l'autre baisserait sa garde. Mais il ne semblait pas être prêt à le faire. La blonde décida donc de rebrousser chemin, mais le directeur la retint par le bras.

- Il n'y a qu'une seule explication à la raison de votre survie après une explosion qui a décimé tout un quartier, mademoiselle Ignis. Vous avez été touchée par...

- Arrêtez, j'ai survécu grâce à un miracle, c'est tout...

- Comment êtes-vous sortie des décombres ?

- Je... Je ne sais pas...

- Vous avez obtenu des pouvoirs. Nous avons deux agents qui ont détectés des traces qu'ils ne peuvent expliquer. Mais je sais de quoi il s'agit.

La jeune fille essaya de se dégager, mais la poigne de l'autre était trop puissante. C'est alors qu'une boule de feu sortit de sa main, propulsant l'homme au loin. Naélie resta un instant interdite avant de s'enfuir, sous les cris de Fury.

- Nous pourrions vous aider ! Vous êtes détentrice d'un pouvoir considérable ! grogna-t-il en se tenant les côtes.

Mais la jeune fille ne l'écouta pas et continua sa course, parvenant à semer les agents qui la prirent en chasse, laissant une trainée enflammée dans son sillage. En passant à côté des ruines de sa maison, elle vit des brancards sortir des décombres, deux corps recouverts d'un drap noir posés dessus. Et un bras pendant dans le vide, carbonisé, au poignet duquel la blonde reconnu la montre de sa mère. Elle se stoppa net, s'écroulant à genoux en hurlant sa douleur.

- Mademoiselle Ignis... je suis navré pour votre mère et votre frère.

- Laissez-moi tranquille, répliqua Naélie. Laissez-moi !

- Agents Fitz et Simmons, pouvez-vous expliquer à Mademoiselle Ignis ce qui est sorti de l'usine lors de l'explosion ? demanda Fury à deux jeunes agents qui se levèrent d'un bond pour s'empresser d'obéir aux ordres.

Mais la blonde ne leur en laissa pas le temps, se ressaisissant pour reprendre sa course effrénée. Cette fois-ci, seulement, personne ne la poursuivit. Une femme s'approcha de l'agent qui avait fait dégager la police, bras croisés et fixant la jeune femme partir.

- Pauvre petite, déplora l'agent Coulson.

- Ne me le faites pas dire.

- Que faites-vous là d'ailleurs, agent May ? Vous n'étiez pas assignée au bureau ?

- Si. Mais je voulais voir les dégâts.

- Espérons que nous puissions lui venir en aide. Je ne voudrais pas qu'elle soit livrée à elle-même maintenant qu'elle n'a plus de famille pour l'aider à traverser cette épreuve.

Coulson quitta les lieux, laissant l'agent May pensive. Cette fille venait d'hériter de pouvoir, exactement comme celle qu'elle avait vu lors de la mission où elle avait obtenu son surnom. La Cavalerie. Était-ce lié ?