Bonjour à toutes et à tous !

Me revoilà enfin après un peu plus de trois mois de retard. Pour me faire pardonner, voici un chapitre de presque 5000 mots ! J'ai vraiment mis beaucoup, beaucoup de temps à l'écrire. Sachant qu'il y aura pleins d'ennemis à affronter pour Val (et son nouveau compagnon bien entendu).

Merci à , mia78, Nina et JeTapeL'Incruste d'avoir laissés un commentaire.

Comme je ne sais pas trop quoi dire d'autres, je vais me contenter de vous souhaiter une bonne lecture.

Enjoy !


Chapitre 2

Impérial ou Sombrage ? Quel sera ton camp ?


Epouvantée, Val regardait le dragon qui se tenait juste au-dessus d'elle. Toujours couchée sur le sol, elle semblait incapable de bouger, trop sidérée par ce qu'elle voyait. Un dragon… Elle pensait que ce n'était qu'une légende, comme ceux des histoires que sa mère lui racontait. Pourtant n'était-ce pas une de ses fameuses « légendes » qui venait de cracher du feu, l'aveuglant par la même occasion ?

Les dieux avaient quelque chose contre elle, elle ne voyait que ça comme réponse… Sans rire, elle venait de frôler la décapitation et là elle se trouvait à deux doigts de se faire brûler vive.

« Hé, vous. Debout ! »

Cette voix…

« Allez, les dieux ne nous donneront pas d'autre chance.

- Ralof ? »

Elle leva la tête vers le Sombrage. Etrangement, voir son visage ralluma quelque chose en elle. Quelque chose qu'elle n'avait pas ressentie depuis la mort de Lokir, quelques minutes plus tôt.

De l'espoir.

Le blond l'aida à se relever et se mit à la tirer en avant.

« Par-là ! »

Il lui indiqua un donjon et elle se fit une joie de le suivre, bien qu'elle soit toujours attachée, contrairement à lui. Ils se précipitèrent vers le bâtiment, ne prenant pas garde aux villageois qui prenaient leurs jambes à leur cou ou aux Impériaux qui cherchaient à combattre la créature.

Val étant la dernière arrivée, ferma la porte derrière elle avec son pied en poussant un soupir de soulagement. Tout en espérant que les pierres tiendraient face aux attaques du dragon.

D'autres Sombrage s'étaient réfugiés ici. Et parmi eux…

« Jarl Ulfric ! l'interpela Ralof. Qu'est-ce donc que cela ? Les légendes auraient-elles dit vrai ?

- Les légendes n'incendient pas des villages entiers ! » répliqua le chef de la rébellion.

Val le fixa, se demandant comment lui et ses hommes avaient réussis à se libérer de leurs liens.

« Dîtes les gars vous pourriez… commença-t-elle avant de se faire couper net.

- On n'a pas le temps ! Il faut y aller. Maintenant ! »

De nouveau, Ralof la poussa en avant en beuglant des ordres :

« Par la tour, allez ! »

En temps normal, elle aurait sûrement protestée mais la situation actuelle ne lui permettait pas de se rebeller. Elle obéit donc, presque sagement et monta les marches vers le sommet de la tour. Cependant, elle finit par tomber sur un cul de sac. Dans le chaos, des pierres étaient tombées et bouchaient le passage. Près d'elle, un Sombrage tenta de la rassurer :

« Nous devons juste déplacer quelques-unes de ses grosses pierres pour dégager le chemin. »

Il s'avança et prit une pierre dans les mains, comme pour lui montrer la marche à suivre. Mais quand Val voulut s'avancer pour l'aider, le mur à sa droite éclata en morceaux et le Sombrage fut écrasé sous le poids. Surgit alors du trou béat la tête du dragon. Fixant avec horreur sa gueule remplie de crocs, elle eut juste le temps d'esquiver que des flammes la frôlèrent.

« Tout va bien ? s'inquiéta Ralof qui arriva derrière elle.

- Oui, oui. »

Etrange… Pendant un moment, elle avait cru entendre le dragon parler.

« Vous voyez l'auberge, de l'autre côté ? Sautez sur le toit et continuez !

- Quoi ?! Mais c'est impossible !

- Allez ! On vous suit dès qu'on le peut ! »

Val pencha la tête vers l'auberge que le nordique lui désignait. Déglutissant légèrement, elle recula pour prendre son élan puis… s'élança en poussant un cri. Elle sentit la chaleur des flammes qui ravageaient le bâtiment la brûler alors qu'elle tombait lourdement sur le sol en bois. Elle mit quelques secondes à reprendre ses esprits avant de s'élancer vers la sortie, sans attendre les autres. Hors de question qu'elle reste plus longtemps ici, il fallait qu'elle se sauve et d'urgence. Alors qu'elle s'apprêtait à sortir avec prudence, elle entendit une voix :

« Haming, viens par ici ! Tout de suite ! »

Plissant les yeux, elle reconnue – non sans mal – le soldat Impérial qui l'avait pris de pitié. Il semblait s'adresser à un enfant se trouvant au milieu du chaos. Le cœur de la jeune voleuse se serra. Il fallait savoir que celle-ci avait un faible pour les enfants et elle n'eut pas le courage de l'abandonner à son triste sort. Elle se précipita donc vers lui, bousculant au passage le soldat alors que le dragon se posait près d'eux.

« Allez viens avec moi. » lui dit-elle avec le plus de douceur possible.

Il l'attrapa par le bas de sa tenue et elle commença à l'entraîner avec elle tandis que la créature prenant son souffle.

« Par les dieux… Reculez ! »

Ils se cachèrent derrière un mur, se protégeant de l'attaque de la bête.

« Encore en vie ? s'étonna le soldat en la voyant. Restez près de moi si vous voulez que ça continue. »

Etrangement, Val se sentait plus en danger avec lui qu'avec le dragon.

« Gunnar, occupez-vous du garçon, ordonna le soldat. Je dois trouver le général Tullius et rejoindre les défenses.

- Que les dieux vous guident, Hadvar. »

La voleuse le jaugea légèrement. Alors comme ça, il s'appelait Hadvar…

Ce dernier lui fit signe de le suivre, épée à la main. Bien que ne l'appréciant pas, elle le fit. Ne pouvant oublier qu'elle était toujours attachée et donc, sans défenses, contrairement à lui.

« Restez près du mur ! »

En effet, le dragon se posa sur la muraille à leur gauche, l'air visiblement très énervé. Heureusement pour eux, il ne sembla pas les repérer. La jeune voleuse étouffa un cri alors qu'un des archers perché sur la tour tomba devant eux.

Raide mort.

Elle se mit à trembler malgré elle. Trop près… Ce dragon était trop près. A tel point qu'elle pourrait presque touchée les écailles qui recouvraient son aile.

« Yol… Toor… Shul ! »

Cette voix… Elle était persuadée que cela venait du dragon !

L'immense créature s'envola dans les airs, toujours en semant le chaos dans son sillage. Et Val ne put détourner le regard de lui alors qu'il s'éloignait d'eux.

« Vite, suivez-moi ! »

Le cri d'Hadvar la ramena à la réalité. Elle secoua la tête pour se remettre les idées en place. Elle devait fuir.

Dans sa course, elle observa les environs. Tout était en feu… Les cadavres jonchaient le sol… Tout était détruit…

« Cela n'aurait pas dû se passer comme ça… Rien de tout cela n'aurait dû se passer ! »

Les Impériaux continuaient d'essayer d'éliminer la créature mais Val s'avait très bien que c'était peine perdue. Rien ne pourrait tuer cette chose.

Autour d'eux, les gens criaient. Villageois, soldats… Tous périssaient sous la puissance de ce monstre.

« Nous sommes seuls maintenant, déclara sombrement Hadvar. Ne vous éloignez pas de moi ! »

Comme si j'avais le choix… pensa-t-elle.

Elle ne savait même pas où il l'entraînait ! Elle ne faisait que le suivre bêtement sans réfléchir. Elle eut une pensée pour Ralof, Ulfric et les autres. Avaient-ils survécus ?

Elle fixait le ciel aux allures d'apocalypse, guettant la moindre trace du dragon quand elle faillit percuter le dos de l'Impérial qui venait de se stopper.

« Ralof, espèce de traître ! cracha-t-il. Hors de mon chemin ! »

Val ressentit un vague sentiment de soulagement en apercevant le Sombrage qui se tenait à quelques pas d'eux.

« On s'enfuit, Hadvar, et vous ne nous arrêterez pas, cette fois.

- Très bien. J'espère que ce dragon vous enverra tous à Sovngarde. »

Sur ces mots, ils se séparèrent, prenant ainsi des chemins différents. Laissant au préalable une voleuse qui ne savait pas quoi faire.

« Vous, là ! cria le blond à son intention. Venez dans le fort !

- En avant, avec moi ! » lança le brun en armure dans la direction opposée.

Val avait donc le choix entre un hors-la-loi et un soldat de l'Empire. Empire qui n'avait pas hésité une seule seconde à l'emmener au billot alors que son seul crime était son avarice et son envie de vivre.

Elle n'hésita pas une seule seconde.

« Attendez-moi Ralof ! »

Pénétrant avant lui dans le fort, elle poussa un long soupir de soulagement. Quelque chose lui disait qu'ils avaient échappés au pire.

Pour l'instant.

Ralof entra à son tour et se précipita au bout de la pièce. Dans la précipitation, Val n'avait pas remarqué le Sombrage, allongé sur le sol. S'approchant avec prudence, elle observa le nordique se pencher vers son compagnon, le visage inquiet.

Inquiétude qui se transforma rapidement en chagrin.

« Nous nous retrouvons à Sovngarde, frère. » chuchota-t-il en fermant les yeux du défunt.

La jeune femme ne put s'empêcher de ressentir de la pitié pour lui. Après tout, il venait perdre bon nombre d'amis dans ce chaos.

« Je suis désolée. »

Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle s'excusait. Après tout, rien de tout cela n'était de sa faute. Mais elle se sentait presque obligée de le faire.

Ralof laissa échapper un soupir avant de se redresser et lui faire face.

« On dirait que nous sommes les seuls à en être sortis. »

Val déglutit malgré elle.

« Il ne faut pas dire ça ! Je suis sûre que d'autres personnes ont survécus ! »

Sa voix tremblante trahissait cependant sa crainte.

Le nordique secoua la tête, dépité.

« Aucun doute, cette chose était un dragon. Comme ceux des légendes et des contes pour enfants… Les hérauts de la fin des temps. »

En repensant à la créature qui les avait attaqués, la voleuse frissonna d'horreur. Un cauchemar… Tout ceci n'était rien d'autre qu'un horrible cauchemar.

« On ferait mieux de partir d'ici. Venez là, laissez-moi voir si je peux défaire ces liens. »

Val tendit les bras en avant, de bonne grâce. Elle n'eut même pas un mouvement de recul quand le blond sortit sa lame pour lui découper ses entraves.

« Et voilà. »

Une fois libérée, elle se massa les poignets.

« Enfoiré d'Impérial. » jura-t-elle entre ses dents.

Le soldat qui l'avait ligoté avait tellement serré les liens qu'elle était persuadée qu'elle garderait les marques pendant plusieurs jours.

Elle leva la tête en entendant des bruissements et haussa un sourcil en voyant son nouvel « allié » déshabiller le défunt.

Elle avait grandie à Faillaise. Elle connaissait les coutumes nordiques. Particulièrement quand il s'agissait de leurs morts. Et là, clairement, ce n'était pas l'une d'entre elles.

« Bon sang Ralof, mais qu'est-ce que vous faîtes ?! »

Celui-ci lui tendit les vêtements de son compagnon, l'air sombre.

« Prenez l'équipement de Gunjar, tant que vous y êtes. Il n'en aura plus besoin. »

Val grimaça légèrement. Pas que ça lui dérangeait de voler les affaires d'un mort. Elle l'avait déjà fait. Plusieurs fois même. Mais ce n'était pas ça qui la dérangeait…

« Euh, vous pourriez vous retournez s'il-vous-plaît ? demanda-t-elle, gênée.

- Hm… ? Oh oui ! Pardon ! »

Il lui tourna le dos, les mains sur les yeux pendant qu'elle se déshabillait à son tour, afin de porter l'uniforme bleu, un poil trop grand pour elle. Elle attacha alors ses cheveux en queue de cheval, afin de ne pas être gênée par eux si elle venait à se battre. Et quelque chose lui disait que cela n'allait pas tardé. Mais maintenant qu'elle portait une hache, elle se sentait un peu mieux.

Juste un peu.

« Vous avez fini ? »

Elle reporta son attention au Sombrage. Il lui tournait toujours le dos. Elle pourrait facilement lui planter la lame de sa hache dans le crâne…

« Oui, c'est bon.

- Bien. »

Il la regarda de bas en haut.

« Cela vous va plutôt bien.

- Merci. »

Un léger silence s'installa.

Silence qui fut bientôt interrompu par le blond :

« Je vais voir si je peux trouver un moyen de sortir d'ici. »

Fais donc… pensa Val pendant qu'elle faisait quelques moulinets avec son arme. Elle n'avait pas vraiment l'habitude d'utiliser des haches. Elle préférait largement utiliser des poignards ou des couteaux. C'étaient plus légers. Et surtout plus discrets.

« C'est verrouillé, grogna Ralof. Voyons cette porte. »

Ils essayèrent tous les deux de la forcer mais rien à faire. Ils étaient bloqués.

« Bon sang. On ne pourra pas l'ouvrir de ce côté. »

Le nordique semblait au bord du désespoir. Mais alors que Val allait lui proposer d'attendre sagement que le dragon se décide à quitter les lieux, ils entendirent une voix de femme parfaitement reconnaissable.

« Les Impériaux ! s'exclama Ralof. A couvert ! »

Il n'eut pas besoin de le répéter deux fois que Val s'était déjà dissimulé derrière le pan du mur, serrant sa hache dans la main, le cœur battant.

Ils ne tardèrent pas à apercevoir deux Impériaux, dont la femme qui était responsable de la conduite de Val au billot. A sa vue, Val laissa un sourire cruelle apparaître sur son visage. Elle avait hâte de lui faire payer ce « choix ».

« Pour Ulfric et Bordeciel ! » cria Ralof, une fois la grille descendue, tout en se jetant sur les Impériaux, bientôt suivi par Val.

Cette dernière n'hésita pas une seule seconde à abattre la lame de sa hache sur eux. Ce n'était pas la première fois qu'elle tenait la vie de quelqu'un entre ses mains. Et ce ne serait pas la dernière fois non plus.

Les soldats se battaient bien. Si bien que Val se prit quelques coups en passant, bien qu'elle essayait du mieux qu'elle pouvait de les parer avec sa hache. Heureusement pour elle, elle pouvait compter sur l'expérience du Sombrage à ses côtés mais aussi à l'effet de surprise dont ils avaient fait preuve.

Elle fixa une dernière fois l'Impérial qu'elle affrontait. Il commençait à faiblir. Il lui suffirait d'un seul coup pour le finir...

« Rendez-vous à Sovngarde, pourriture. »

Et elle abattit sa hache sur son crâne, avec toute la force dont elle pouvait faire preuve. La puissance du coup fissura le casque du soldat dans un horriblement craquement. Val eut alors toutes les peines du monde à retirer son arme de son emplacement. Elle tira si fort dessus que du sang sortit de la plaie béante, venant s'écouler aux pieds de la voleuse. Cette dernière retint de justesse un haut-le-cœur pendant que l'homme qu'elle venait de tuer s'écroulait lamentablement sur le sol. Elle le fixa un long moment, incapable de calmer les tremblements qui l'agitaient.

Bon sang… Mais qu'est-ce qu'elle venait de faire ?

« Hey ! Ce n'est pas le moment de rêvasser ! »

Elle sursauta en entendant la plainte de Ralof. Il était toujours aux prises de la capitaine Impériale.

Balayant ses mauvaises pensées, elle se jeta presque sur la femme plus âgée et lui fit un mauvais croche-patte.

« Espèce de traître ! » cracha-t-elle en foudroyant Val du regard.

Celle-ci leva les yeux au ciel. Toujours la même rengaine.

« Je ne suis alliée à personne, la nargua-t-elle, méprisante. Je ne peux donc pas être une traîtresse. »

A son grand regret, ce fut son compagnon d'infortune qui l'acheva.

Il jeta un regard étrange à la jeune femme qu'elle préféra ignorer.

« L'un de ces Impériaux avait peut-être la clé. » se contenta-t-il cependant de lui signaler.

Val espérait surtout qu'ils avaient de l'or sur eux.

Elle préféra fouiller la femme, prétextant que c'était à elle de le faire et non pas à un homme.

Bon, la vérité c'était qu'elle se sentait incapable de regarder l'autre soldat qui baignait dans son sang.

Elle ne trouva malheureusement pas d'or sur le cadavre mais elle obtint néanmoins un poignard et troqua sa hache maculée de sang et de cervelle pour une épée. Au moins, celle-ci semblait plus légère et surtout plus maniable. Plus rapide en sommes. Hors rapidité rimait avec efficacité quand on était un voleur.

Et plus on est efficace, moins il y a de risques de se faire pendre.

Malgré le fait qu'elle soit une femme sortant à peine de l'adolescence, Val n'a jamais pu compter sur son physique pour passer inaperçu. Surtout en période de conflits. Les nordiques ayant plutôt tendance à la mépriser et à la regarder de travers.

Parfois elle maudissait être à moitié Impériale et à moitié Nordique.

Au final, c'est Ralof qui trouva la clé en premier.

« Ça semble prometteur. Voyons si la porte va s'ouvrir. »

Il valait mieux pour eux deux qu'elle s'ouvre… Après tout, il était hors de question que Val reste une minute de plus avec trois cadavres dans la même pièce.

« Ca y est ! s'exclama le Sombrage. Venez, partons d'ici avant que ce dragon ne nous fasse tomber toute la ville sur le crâne. »

La jeune voleuse n'eut aucun remord à laisser les morts derrière elle. Pour l'instant, seule sa propre survie comptait pour elle. Rien d'autre.

Elle laissa le soin au blond de prendre les devants. Elle ne lui faisait pas entièrement confiance et ne souhaitait pas vraiment se faire poignarder dans le dos.

Ils descendirent les escaliers avec hâte, ne tardant pas à tomber sur le long couloir. Les yeux bleus de Val se plissèrent alors qu'elle parvenait tant bien que mal à distinguer des silhouettes humaines à quelques mètres d'eux. La question maintenant était de savoir s'ils s'agissaient de Sombrage, d'Impériaux ou encore de simples survivants au massacre.

« Attention ! »

Ralof l'écarta de justesse alors que des pierres se mirent à tomber, bouchant le passage. Tout ça sous le rugissement du dragon qui semblait voler au-dessus d'eux.

« Bon sang, ce dragon n'abandonne jamais. »

C'était un dragon. Les dragons n'étaient pas vraiment connu pour leur… bienveillance. Du moins, si on n'en croyait les histoires que Val avait lues à ce sujet.

Ils finirent par entrer dans une pièce, plus grande. Sûrement une réserve si on n'en croyait les proies suspendues au-dessus du feu ou aux couverts et autres accessoires qui trônaient sur la table.

Et au milieu de tout ça, ils y avaient des Impériaux.

« Génial. » grommela Val.

Elle qui venait tout juste de changer d'arme parce que l'ancienne était tâchée de sang…

« Prenez tout ce qui est important et partons ! Le dragon est en train de tout brûler ! »

Au moins espérait-elle que ceux-là avaient de l'or sur eux…

Ralof et elle s'approchèrent le plus discrètement d'eux et bondirent.

« Des Sombrages ! hurla l'un d'entre eux.

- Mort à l'Empire ! » répliqua Ralof en attaquant.

Val leva les yeux au ciel tout en parant les coups. Pourquoi se sentait-il obligé de crier ainsi ?

Les soldats étaient peu nombreux et les deux « compagnons » n'eurent pas eu beaucoup de mal à s'en débarrasser.

« Une réserve. Essayez de trouver des potions, on en aura besoin. »

Elle profita qu'il est le dos tourné pour fouiller les soldats et étouffa un juron quand elle ne trouva pas une seule pièce d'or. Bon sang ! C'était la deuxième fois ! Les soldats de l'Empire étaient vraiment pauvres à ce point ?

Elle fouina donc dans les étagères et fit main basse sur quelques potions qui pourrait lui être utile si elle tombait sur d'autres Impériaux.

« Terminée ? lui demanda Ralof quand elle avança vers lui en traînant des pieds. Ne restons pas ici.

- Après toi. »

Ils débouchèrent de nouveau sur un couloir quand un cri de douleur leur parvenu.

Ralof se précipita, reconnaissant la voix d'un de ses camarades.

« Sang de troll ! C'est une salle de torture ! »

Val se pinça les lèvres. L'Empire était donc si cruel ?

En voyant des soldats torturer des Sombrages, son sang ne fit qu'un tour. Si bien qu'elle n'éprouva aucune pitié à les abattre de quelques coups d'épée.

« Vous allez bien ? s'inquiéta le blond qui l'accompagnait. Le jarl Ulfric était avec vous ?

- Non, lui répondit l'un d'entre eux, je ne l'ai pas revu depuis l'apparition de ce dragon. »

Pendant qu'ils discutaient entre eux, le regard de la voleuse fut attiré par un livre. Ou plutôt, elle fut attirée par sa couverture qu'elle reconnue entre mille.

Le Livre de l'Enfant de dragon.

Elle se souvenait que, gamine, sa mère lui racontait souvent cette histoire. Si bien que Val connaissait par cœur la fameuse prophétie du dernier Enfant de dragon.


« Lorsque l'anarchie gagne les huit extrémités du monde.

Lorsque marche la Tour de cuivre et que le temps est remanié

Lorsque le triplement béni échoue et que la Tour rouge tremble

Lorsque le souverain Enfant de dragon perd son trône et que la Tour blanche tombe

Lorsque la Tour enneigée est démolie, sans roi, maculée de sang

Le Dévoreur de mondes s'éveille et la roue tourne vers le dernier Enfant de dragon »


Elle n'avait jamais compris cette prophétie, pas plus que sa mère. En fait, elle avait toujours crue qu'il s'agissait d'une simple légende.

Pourtant, les dragons aussi étaient censés être des légendes et les voilà de retour à Bordeciel.

Elle fourrait le livre dans son sac en bandoulière quand la voix de Ralof ressortit dans la conversation :

« Une seconde… On dirait qu'il y a quelque chose dans cette cage. »

Val tourna la tête vers l'endroit qu'il lui désignait. Aussitôt, ses yeux se mirent à briller quand elle vit ce qui se trouvait près du mage mort.

« De l'or ! » s'exclama-t-elle, ravie.

Elle se saisit des crochets sur la table et se mit en tête d'ouvrir la cellule avec toute la précaution possible. On ne savait jamais… Elle pourrait avoir besoin de crocheter d'autres serrures plus tard.

« Prenez ce dont vous avez besoin et allons-y. » lui conseilla le « chef » de leur petite troupe, tout en s'éloignant.

La voleuse ne l'écoutait déjà plus. Trop émerveillée par ce qu'elle tenait dans les mains.

Sans prêter plus attention au mage près d'elle, elle prit les quelques pièces et les rangea dans ses poches. Inutile de s'attarder d'avantage.

« Hey ! cria-t-elle à l'adresse de ses compagnons d'infortune. Attendez-moi ! »


Val haïssait l'Empire.

Enfin, c'est ce qu'elle se disait alors qu'elle esquivait la flèche qui frôla de justesse son cou.

« Utiliser votre bouclier bon sang ! grogna le Sombrage à ses côtés et dont elle ignorait le nom.

- Ouais, ouais. »

C'est qu'elle n'avait pas vraiment l'habitude de se servir de bouclier. Même si, face aux Impériaux qu'ils combattaient, cela pourrait lui être utile.

Tandis que les Sombrages s'occupaient des autres soldats, elle se précipita, tête baissée et bouclier en avant, vers l'archer qui semblait l'avoir pris pour cible. Il poussa un cri, à la fois de surprise mais aussi de douleur alors qu'elle le percutait de plein fouet. Il y eut un craquement tandis qu'ils tombaient tous les deux au sol. Elle comprit bien vite que sous l'impact du coup, l'arc de l'Impérial venait de se briser. Légèrement étourdie, elle eut du mal à se redresser et à lever son épée. Elle n'eut droit à son salut qu'à l'intervention de Ralof qui profita que le soldat soit toujours à terre pour l'abattre d'une flèche dans la tête.

« Vous allez bien ? » demanda-t-il à Val, une fois arrivé à sa hauteur.

Celle-ci opina légèrement de la tête, encore ébranlée.

« Tant mieux. »

Il se tourna ensuite vers ses deux camarades.

« Nous allons passer devant vérifier que la voix est libre. »

La voleuse supposa que par « nous », il parlait aussi d'elle.

C'est donc en soupirant qu'elle le suivi. De nouveau.

Quand est-ce que tout cela se terminera ?

Elle laissa le nordique prendre de l'avance tandis qu'elle se penchait sur le mort. Il n'avait pas d'or sur lui mais au moins, il possédait une dague. Et ce genre d'arme pour une voleuse, c'était du pain béni.

Quand elle retrouva Ralof, celui-ci venait d'activer un mécanisme, leur permettant ainsi d'avancer.

« Voyons où cela mène. »

La plus jeune prit alors les devants, bien décidée à sortir de là.

« Couvrez mes arrières. » dit-elle au blond, plus armé qu'elle.

Elle ne le laissa pas l'occasion de répondre qu'elle traversait déjà le ruisseau, sans se préoccuper de finir mouillée.

Soudain, un grand fracas dans son dos la fit sursauter. Avec horreur, elle constata que des pierres venaient de s'écrouler, les empêchant de faire demi-tour.

« Nous devons continuer, l'incita Ralof. Les autres trouveront une autre issue. »

Val ne s'inquiétait pas vraiment pour eux. En fait, elle s'en fichait même un peu. Seule sa propre survie comptait à ses yeux. Rien d'autre.

Sur le chemin, ils tombèrent sur un squelette tenant dans sa main une bourse. Bourse qui fut très vite confisquer par la demie-Impériale, prétextant en avoir plus besoin que lui. Pendant ce temps, Ralof cherchait toujours un moyen de s'enfuir.

« Hmm… songea-t-il. Ça ne mène nulle part. Je crois que nous allons devoir essayer par là. »

Il lui indiqua le chemin à sa droite.

Val haussa les épaules. De toute façon, ils n'avaient pas bien le choix.

Et puis… Ils ne risquaient plus rien. Cela faisait un moment qu'ils n'avaient pas croisés de soldats de l'Empire et elle doutait fortement que le dragon puisse les atteindre d'ici.

N'est-ce pas ?


« Des Givrépeires ! Attention ! »

Val poussa un cri strident alors qu'une araignée géante atterrissait devant elle. Heureusement pour elle, Ralof lui plantait une flèche entre les yeux avant qu'elle ne crache son venin. Permettant également à la brune de reprendre ses esprits et de planter la pointe de son épée dans le crâne d'une autre givrépeire.

Par chance, celles-ci étaient relativement jeunes et donc assez petites pour leur espèce. Si bien que les deux partenaires ne tardèrent pas à se débarrasser d'elles.

« Je déteste ces horreurs, frissonna de dégoût le Nordique. Tous ces yeux, vous comprenez ? »

Bien entendu qu'elle comprenait. Elle non plus ne portait pas les grivépeires dans son cœur. Du moins, pas plus que les membres de l'Empire.

Restant bien sur ses gardes – cette fois-ci – Val et son compagnon continuèrent leur traversé sous-terraine. La voleuse sentait qu'ils approchaient du but quand une masse attira son attention quelques mètres plus loin. Mais alors qu'elle avançait, certes avec prudence, Ralof la retint par le bras.

« Un instant. Il y a un ours droit devant. Vous le voyez ? »

Un ours ?

Effectivement, en plissant bien les yeux, il s'agissait bien de la silhouette d'un ours.

« Oui je le vois, répondit-elle.

- Je préfère l'éviter pour le moment. Nous pourrions peut-être passer discrètement. »

Val hocha vivement la tête. En effet, cela lui paressait une bonne idée.

« Allez-y doucement et attention où vous mettez les pieds. »

La brune ne répondit rien sur le coup mais, à la façon dont elle fusillait son camarade du regard, sa remarque semblait l'avoir agacée.

Pour qui la prenait-il au juste ? Une débutante ?

« Je sais ce que j'ai à faire. » finit-elle par siffler avant de commencer à marcher silencieusement, collée contre la paroi.

Tournant le dos au Nordique, elle ne vit pas celui-ci lever les yeux au ciel face à son comportement.

« Je suppose que je dois couvrir vos arrières dans ce cas. » souffla-t-il, plus pour lui-même que pour elle.

Ils finirent par traverser la grotte sans aucuns soucis. Au plus grand bonheur des deux combattants dont la pensée d'un énième combat les fatiguaient plus qu'autre chose.

Soudain, à quelques mètres d'eux, ils virent une faille dans la paroi rocheuse. Un vent froid vint alors les frapper en plein visage alors que les yeux tentèrent de s'habituer à cette vive lumière.

« Je crois que c'est la sortie ! s'exclama Ralof. Je savais qu'on allait s'en sortir ! »

Le cœur de Val bondit dans sa poitrine alors qu'ils se précipitèrent vers l'extérieur de la montagne. Même la sensation sous ses bottes alors qu'elle courrait sur la neige lui arracha un sourire.

« Enfin libre. » pensa-t-elle.

Ce qu'elle ignorait, c'est que les ennuis venaient tout juste de commencer…


Et voilà pour ce deuxième chapitre.

Je mettrais sûrement beaucoup de temps à publier le prochain chapitre, même si je pense qu'il sera plus court que le précédent (enfin j'espère, c'est dur de faire des transitions, avec toutes ces quêtes)

Bon je pense que vous vous doutiez que ma petite Val ferait parti des Sombrages. Vu son amour pour l'Empire...

Bref. Je vous dis à la prochaine !

LaFaucheuse01