Bonjour à toutes et à tous !

Après plus de trois ans d'absence, me revoilà enfin avec le troisième chapitre de Bleu nordique. Et pour tout dire, je ne pensais pas revenir un jour ici. Mais comme en ce moment (confinement oblige), je suis coincée chez moi, autant que ce soit productif. Alors me revoilà, de retour pour conter les aventures de Val Calidius !

Merci à tous ceux qui ont laissés un commentaire et qui j'espère, répondrons de nouveau présent...

A vrai dire, je ne suis pas trop fan de ce chapitre, trop de dialogue à mon goût. Mais bon, on verra bien.

Bonne lecture !


Chapitre 3

En route pour Rivebois


« Attendez ! »

Val manqua de trébucher alors que Ralof se jetait presque au sol.

« Bon sang, mais qu'est-ce qui vous prends ? » lui demanda-t-elle, agacée, tout en s'accroupissant près de lui.

Il lui fit signe de se taire et lui désigna du doigt le ciel. C'est alors qu'elle le vit. Le dragon qui venait de ravager Helgen. Le cœur de Val rata un battement alors qu'un sentiment de terreur prenait le dessus. S'il les repérait, ils ne pourraient se cacher nulle part. Et hors de question de faire demi-tour en retournant dans cette maudite grotte. Surtout après tout ce qu'ils avaient traversé pour en sortir.

Fort heureusement, la silhouette du dragon ne tarda pas à disparaître derrière les montagnes.

« Il s'en va. On dirait que c'est pour de bon, cette fois. »

Tout en se redressant, il se tourna vers elle.

« Impossible de savoir si d'autres s'en sont sortis en vie, mais ça va bientôt grouiller d'Impériaux ici. On ferait bien de déguerpir. »

Val hocha vivement la tête. Cependant un sentiment d'inquiétude la traversa.

« Qu'est-ce que vous comptez faire à présent ? interrogea-t-elle le Sombrage.

- Ma sœur Gerdur tient la scierie de Rivebois, plus loin sur cette route. Je suis sûr qu'elle accepterait de vous aider.

- Je peux très bien m'en sortir toute seule, maugréa la brune.

- Si vous le dîtes. »

Il haussa légèrement les épaules avant de continuer :

« Il vaudrait sans doute mieux nous séparer. Bonne chance, je n'aurais pas réussi sans votre aide. »

Val le regarda s'éloigner, marmonnant un bref « Ouais, bonne chance à vous aussi » en détournant le regard. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle sentait un léger pincement au cœur. Pourtant, elle devrait se sentir heureuse de s'en être sortie indemne. Peu de personne pouvait se vanter d'avoir survécu à l'attaque d'un dragon. A cette pensée, l'image des nombreux cadavres qu'ils avaient croisés durant leur périple lui apparut. Les cadavres calcinés des habitants d'Helgen puis les soldats Impériaux qu'elle et ses « camarades » avaient tués. Bien entendu, elle n'en était pas à son premier meurtre mais en règle générale, ils s'agissaient essentiellement de bandits. Juste des vauriens qui ne manqueraient même pas à leur propre mère. Mais jamais de soldat. Aussitôt, l'image de l'Impérial avec la hache plantée dans la tête lui vint en mémoire, lui provoquant des frissons d'horreur. Elle voulait oublier, il fallait qu'elle oublie.

A quelques mètres d'elle, Ralof s'éloignait sur la grande route.

« Hey ! lança Val. Finalement j'ai changé d'avis, je vous accompagne ! »

Le Sombrage l'attendit, un sourire signifiant « J'en étais sûr » sur les lèvres. Ce qui fit presque regretter la jeune femme.

« Vous savez, commença Ralof quand elle arriva à ses côtés, vous devriez m'accompagner jusqu'à Vendeaume et rejoindre la lutte pour libérer Bordeciel. Vous avez pu voir le vrai visage de l'Empire, aujourd'hui.

- J'y réfléchirais. »

C'était un mensonge. Elle se fichait totalement de cette pseudo « libération de Bordeciel ». Tout ce qui importait c'était sa survie, à elle.

Puis Ralof dit une phrase qui la fit tiquer :

« Et puis si quelqu'un sait ce que veut dire la venue du dragon, c'est bien Ulfric.

- Ce dragon était de votre côté ? » demanda-t-elle aussitôt.

Elle ne se rendit compte qu'à quel point sa question était stupide que trop tard.

« Quoi ? Oh, impossible ! s'exclama le Sombrage. Je crois que même Ulfric ne pourrait pas sortir un dragon de son chapeau. »

« Surtout qu'il n'en porte pas. » pensa Val, mi amusée.

« Nous avons eu de la chance qu'il ait attaqué, n'est-ce pas ? Encore un peu et le bourreau de l'Empire nous raccourcissait de quelques centimètres.

Val hocha vaguement la tête. Son compagnon avait une drôle de vision de la « chance ». On voyait que ce n'était pas lui qui avait manqué de se faire brûler vif.

« Vous savez ce qu'on dit. Quand ce n'est pas le moment… »

Pendant qu'ils marchaient, elle se mit à observer les environs. Heureusement pour eux, les routes étaient peu fréquentées. Seuls les plus téméraires – ou les plus fous – se risquaient à quitter leur chez soi. Après tout, nombreux étaient les dangers qui se trouvaient dans le monde extérieur.

« Pourquoi devait-on vous exécuter ? »

Cette brusque question l'a surpris.

« Disons que j'ai volée les mauvaises personnes. » grogna-t-elle.

Elle hésita quelques secondes avant de demander, à son tour.

« Et vous ? »

Ralof la contempla avec des yeux ronds.

« Vous l'ignorez vraiment ? C'était Ulfric Sombrage en personne !

- Ah oui. Ulfric Sombrage… »

Elle se frappât mentalement. Un peu plus et le Nordique finirait par croire qu'elle était vraiment stupide.

« Oui, confirma-t-il. Le chef de notre combat contre l'Empire. »

Voyant qu'elle était gênée, il chercha à la rassurer :

« J'oublie parfois que la plupart des gens ne savent pas de quoi il a l'air, en dehors de ce qu'on voit sur les avis de recherche de l'Empire.

- C'est vrai qu'il fait plus vieux… Et plus gros sur les avis de recherche. » concéda-t-elle.

Ce qui fit rire Ralof.

« Je suis sûr que s'il nous entendait, cela lui ferait plaisir ! »

Val esquissa un léger sourire avant de reprendre son sérieux.

« Comment vous êtes-vous retrouvés prisonniers des Impériaux ?

- Je faisais partie de la garde personnelle d'Ulfric. Nous nous rendions au Gué de Sombreflot, dans le sud d'Estemarche. Les Impériaux nous attendaient. La plus belle embuscade que j'aie jamais vue. Ils nous ont cueillis à cinq contre un, au moins. »

La voleuse haussa un sourcil, étonnée par le ton, mi dégoûté, mi impressionné du Sombrage.

« Ulfric nous a ordonné de cesser le combat. J'imagine qu'il ne voulait pas nous voir mourir pour rien. »

Il poussa un long soupir.

« Je pensais qu'ils nous emmenaient au sud, en Cyrodiil, pour nous montrer à l'empereur comme des trophées. Mais nous nous sommes arrêtés à Helgen, et vous connaissez la suite. »

Que trop bien.

Ralof jeta un bref coup d'œil en arrière.

« Nous ferions mieux de nous hâter. Je préfère ne pas croiser d'Impériaux qui pourraient savoir ce qui s'est passé à Helgen. »

Val hocha la tête. Elle non plus ne voulait pas tomber sur des soldats. Elle ne se sentait plus de taille pour en affronter de nouveaux.

Ils ne tardèrent pas à trouver la route principale qui conduisait tout droit à Rivebois. Mais alors qu'ils se précipitaient pour arriver au village avant la nuit, Val percuta de plein fouet le blond qui venait de se figer.

« Hey ! ça ne va pas de vous arrêter comme ça ? » s'énerva la voleuse.

Il ne sembla pas l'écouter cependant. Son regard étant focaliser sur des ruines situées dans les montagnes.

« De quoi s'agit-il ? demanda-t-elle.

- C'est le Tertre des chutes tourmentées. Je n'ai jamais compris comment ma sœur pouvait supporter de vivre dans son ombre.

Val haussa les épaules.

« L'habitude, j'imagine.

- Hm… Vous avez sûrement raison. »

J'ai toujours raison.

La silhouette des Tertres s'éloigna dans leur dos. La jeune femme n'avait qu'une hâte : pouvoir se reposer. Ses bras et ses jambes la faisait souffrir. De plus, elle sentait la faim lui tenailler l'estomac. De quoi la rendre particulièrement de mauvaise humeur.

Enfin… Plus que d'habitude.

Heureusement pour elle, le Sombrage ne prit même pas la peine de s'arrêter devant les trois pierres gardiennes. De toute façon, Val était déjà protégée par la pierre du voleur et elle n'avait pas l'intention de changer de carrière.

« N'oubliez pas, ce n'est pas le territoire des Sombrages, ici. Tant que personne ne sait ce qu'il s'est passé à Helgen, on ne devrait rien risquer si on ne fait pas de bêtises. »

Il lui lança un regard appuyé.

« Et si on croise des Impériaux, c'est moi qui parle, d'accord ?

- Pour qui me prenez-vous ? se vexa la jeune femme.

- Pour quelqu'un qui a craché à la figure d'un Impérial. »

Elle se mordit la lèvre inférieure. Touché.

« Malgré ça… » continua-t-il.

Il lui sourit.

« Je suis heureux que vous ayez décidé de m'accompagner. Rivebois n'est pas loin. »

Gênée, elle détourna le regard en marmonnant un « Tant mieux ».

Mais en suivant le courant, ils entendirent un grognement animal. Puis le hurlement d'un loup. Ni de une, ni de deux, Ralof sorti son arc tandis que, l'épée à la main, Val chercha les bêtes du regard.

« Là-haut ! »

L'un des deux loups bondit sur la brune avant de retomber lourdement à ses pieds, une flèche plantée dans le crâne.

« Joli tir !

- Derrière vous ! »

La lame de l'épée s'abattit sur le flanc du loup qui glapit avant de s'effondrer à son tour.

« Sales bêtes ! » cracha la voleuse.

Elle détestait les loups. Toujours à attaquer en meute et surtout, rien à dépouiller à part leur peau ! Et cela ne valait rien à la revente, donc aucun intérêt pour elle.

« Dépêchons-nous avant que d'autres n'arrivent. » lui dit le Sombrage.

Elle hocha la tête et ils continuèrent leur chemin, ne tardant pas à apercevoir l'entrée du village.

« On dirait que personne ici ne sait encore ce qu'il s'est passé, observa Ralof en jetant un coup d'œil aux gardes. Venez, Gerdur est sûrement au travail, à la scierie. »

Ils pivotèrent sur la gauche, franchissant un petit pont traversant la rivière. Derrière eux, la demie Impériale entendit une vieille femme crier qu'elle avait vu un dragon.

« Il était aussi grand qu'une montagne et aussi noir que la nuit, clamait-elle. Il vient de survoler le tertre ! »

Ses paroles s'effacèrent peu à peu tandis qu'ils s'éloignaient davantage. Cependant, Val ne pouvait s'empêcher de penser que les habitants de Rivebois avaient eu de la chance que le dragon soit passé sans faire de dégâts.

Elle fut tirée de ses pensées par une Nordique aux longs cheveux blonds qui se précipita vers eux.

« Mon frère ! Par Mara, comme c'est bon de te revoir ! »

Tandis qu'elle s'approchait, son visage prit une expression inquiète.

« Cet endroit est-il suffisamment sûr ? Il paraît qu'Ulfric a été capturé…

- Je vais bien Gerdur, essaya de la rassurer son frère. Ou du moins, ça va, maintenant.

- Vous avez mal ? Que s'est-il passé ?

- Gerdur… » soupira-t-il.

Val ne pu s'empêcher d'esquisser un léger sourire, amusée par la situation. C'est à ce moment que le regard de Gerdur se posa sur elle.

« Et cette personne ? demanda-t-elle en observant son armure. Fait-elle partie de tes compagnons ? »

Avant même qu'elle est pu se présenter, Ralof prit la parole se tournant vers elle avec un sourire.

« Ce n'est pas une camarade, mais une amie. Je lui dois la vie, en fait. »

Amie. Ce mot résonna dans l'esprit de la voleuse. Cela faisait bien longtemps qu'on ne l'avait pas considéré comme tel…

« Y a-t-il un endroit où on parler ? reprit-il. Impossible de savoir quand les Impériaux apprendront ce qu'il s'est passé à Helgen..

- Helgen ? Il s'est passé quelque chose ? blêmit sa sœur avant de se reprendre. Absolument. Suivez-moi. »

Elle se mit ensuite à crier :

« Hod ! J'ai besoin d'aide, ça ne prendra qu'une minute. »

Voyant qu'elle n'avait pas de réponse, elle continua :

« Hod ! Viens par ici ! »

La silhouette d'un homme apparut au-dessus d'eux, perché sur le moulin.

« Ralof ! s'écria-t-il. Qu'est-ce que vous faîtes là ? »

Il aperçu soudain le regard impatient de sa femme.

« Ah… je descends tout de suite. »

Ils allèrent s'isoler un peu plus loin, à l'écart des oreilles indiscrètes. Un enfant aussi blond que Ralof et sa sœur surgit tout d'un coup et se jeta dans les bras du Sombrage.

« Tu me montres ta hache, tonton Ralof ? T'as tué combien d'Impériaux ? Tu connais vraiment Ulfric Sombrage ? questionna-t-il une fois que son oncle lu poser.

- Arrête Frodnar, l'arrêta Gerdur. Tes petits jeux ont assez duré. Va surveiller la route du sud. Viens nous prévenir si tu vois le moindre soldat impérial. »

L'enfant fit la moue tandis que son chien gémit à ses pieds.

« Mais maman ! protesta-t-il. Je veux rester avec tonton Ralof ! »

Ce dernier éclata de rire avant de prendre son neveu par les épaules.

« Regardez-moi ça, tu es presque un homme, désormais ! Tu pourras bientôt te battre, toi aussi ! »

Les yeux de Frodnar se mirent à briller.

« C'est vrai ! T'en fais pas, tonton Ralof, je laisserai pas ces soldats te prendre par surprise ! »

Il s'éloigna en courant, son chien sur ses talons tandis que son père vint se joindre à la discussion :

« Que se passe-t-il, Ralof ? Vous avez l'air épuisés, tous les deux.

- Je ne sais plus depuis quand j'ai dormi depuis la dernière fois. » soupira le Sombrage en s'installant sur la souche d'un arbre.

Seulement un jour s'était écoulé pour Val mais elle se sentait à bout de force, elle aussi.

« Par où commencer ? Eh bien, les nouvelles concernant Ulfric sont vraies. Les Impériaux nous ont tendus une embuscade à la sortie du Gué de Sombreflot. Comme s'ils savaient exactement où nous trouver. C'était il y a… deux jours, maintenant. »

Il s'arrêta quelques secondes, fixant un instant ses mains.

« Nous avons fait halte à Helgen ce matin, et je pensais que c'était fini. Ils nous avaient déjà alignés devant le billot du bourreau pour nous exécuter.

- Les lâches ! » rugit Gerdur, outrée.

Son frère esquissa un bref sourire narquois.

« Ils n'ont pas osé faire un procès équitable à Ulfric. L'accuser de trahison alors qu'il se battait pour son peuple ? Tout Bordeciel aurait compris la vérité. »

Sa voix changea brusquement de ton :

« Et puis… surgi de nulle part… un dragon a attaqué… »

En y repensant, Val eut un frisson d'horreur.

« En chair et en os ? demanda Gerdur, les yeux écarquillés. Un vrai…

- Même moi, j'ai dû mal à y croire, et pourtant, j'étais là. »

Il secoua la tête et regarda son « amie » qui ne pipait mot.

« Aussi étrange que ça puisse paraître, sans ce dragon, on serait morts. C'est la confusion qui nous a permis de nous enfuir.

- Mais Helgen a été détruit. » déclara froidement la voleuse en serrant les poings.

Un léger silence s'installa, bientôt couper par le Sombrage :

« Nous sommes vraiment les premiers à rejoindre Rivebois ?

- A ma connaissance, personne d'autre n'a pris la route du sud, lui répondit sa sœur en haussant les épaules.

- Bien. »

Il jeta de nouveau un coup d'œil à Val.

« Peut-être qu'on va pouvoir dormir un peu. Je ne veux surtout pas mettre ta famille en danger, Gerdur, mais…

- Ho, arrête ! l'interrompit-elle. Vous pouvez rester ici aussi longtemps que nécessaire. Je m'occupe des Impériaux. »

Elle se tourna ensuite vers la seule brune du groupe et lui prit les mains.

« Les amis de Ralof sont mes amis. »

Elle lui tendit ensuite une clé.

« Tenez, la clé de la maison. Restez tant que vous le pouvez. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, faites-le moi savoir.

- Merci… »

Elle se sourirent avant que la blonde finisse par lui demander :

« A vrai dire… Vous pourriez faire quelque chose pour moi. Pour nous tous ici. »

Val perdu aussitôt son sourire.

« Le jarl Balgruuf à Blancherive doit savoir qu'un dragon rôde dans la région. Rivebois est sans défense… Nous devons l'informer et lui demander d'envoyer des troupes. Si vous faites ça pour moi, je vous le revaudrai. »

Pendant un instant, elle failli refuser. Mais en voyant l'expression de Gerdur, son cœur se serra. Ce n'était rien qu'une femme s'inquiétant pour son village et sa famille. Et puis, elle ne risquait rien en allant voir le jarl.

N'est-ce pas ?

« Très bien, j'irai voir le jarl. »

La Nordique poussa un soupir de soulagement.

« Merci, ma sœur. Je savais qu'on pouvait compter sur toi. » lui dit Ralof.

Elle hocha simplement la tête.

« Je retourne travailler avant qu'on ait besoin de moi, mais… quelqu'un d'autre a-t-il pu s'échapper ? Ulfric a-t-il…

- Il ne faut pas s'en faire. Il s'en est tiré, c'est sûr. Même un dragon n'arrêterait pas Ulfric Sombrage. »

Hod, qui n'avait pas ouvert la bouche depuis un moment, se râcla la gorge.

« Je vais les faire entrer et leur montrer où tout se trouve.

- Hmf, ricana sa femme. Ou les aider à siroter notre hydromel. »

Elle posa une main sur l'épaule de Ralof tandis que la voleuse remerciait les dieux d'enfin lui accorder du repos.

« Bonne chance, frère. A plus tard.

- Ne t'en fais pas pour moi, la rassura Ralof en se redressant. Je sais me faire oublier. »

Tandis qu'ils suivaient Hod jusqu'à la maison, le Sombrage glissa discrètement à Val :

« Je vous avais dit que ma sœur nous aiderait. »

Comme le soleil se couchait, ils ne croisèrent pas grand monde sur la route. Ils ne tardèrent pas à rejoindre la maison, où, une fois rentrés à l'intérieur, Hod leur proposa à boire et à manger. La voleuse en eut l'eau à la bouche. Elle n'avait pas mangée à sa faim depuis un long moment. Mais alors qu'elle se délectait de son repas, elle senti le regard du mari de Gerdur sur elle.

« Vous souhaitez quelque chose ? » demanda-t-elle, en essayant de ne pas être trop sèche.

Elle ne supportait pas qu'on la dévisage.

« Alors vous avez vu un dragon ? Dîtes-moi, il était comment ? Grand comme une maison ? »

Elle ne souhaitait pas vraiment en parler mais l'expression sur son visage ressemblait tellement à celui de son fils qu'elle ne put s'empêcher de répondre :

« Bien plus impressionnant que ça ! Il était aussi gros que l'auberge ! »

Et le pire, c'est qu'elle n'exagérait même pas.

« Ma parole ! ça doit valoir le détour. »

Il toussota, un peu gêné.

« Enfin, je n'ai pas vraiment envie d'un croiser un. J'espère que ce dragon restera le plus loin possible d'ici. »

Val hocha vivement la tête. Elle aussi espérait du fond du cœur qu'elle ne le croiserait plus jamais…


Ce fut le ventre plein qu'elle alla se coucher. Demain matin, elle irait en direction de Blancherive pour s'entretenir avec le jarl. Et ensuite, elle pourrait retourner à son ancienne vie.

Enfin ça… C'est ce qu'elle croyait. Ce qu'elle ignorait, c'est que sa vie changerait à jamais…


Voilà pour ce troisième chapitre.

Dans le prochain, on ira direction Blancherive à la rencontre du jarl.

Sur ce, j'espère à bientôt.

LaFaucheuse01