Bonjour à toutes et à tous !
Me revoilà déjà pour le chapitre 4 de Bleu nordique. Comme quoi, ce confinement peu avoir du bon. Il faut dire que jouer à la switch ça aide aussi avec l'option capture d'écrans.
Je vous souhaite une bonne lecture.
Chapitre 4
A la rencontre du jarl de Blancherive
Au petit matin, Val s'apprêta à quitter Ralof et sa famille. Le Sombrage comptait rester un peu dans son village natal avant de rejoindre Vendeaume. Il souhaita tout de même bonne chance à son amie. Cette dernière espéra secrètement le revoir un jour, et si possible dans d'autre condition que lors de leur première rencontre.
« Traversez la rivière en direction du nord, lui expliqua Gerdur. Une fois les chutes passées, vous apercevrez Blancherive perchée sur la colline. »
Bien que le jarl Balgruuf n'ai pas encore officiellement choisi son camp et que Ralof lui ai dit qu'elle ne risquait pas de croiser d'Impériaux sur la route, Val décida de se changer. Elle troqua l'armure de Sombrage pour une tenue plus… discrète.
Sur le départ, Gerdur lui conseilla d'aller voir Alvor le forgeron ou Lucan Valerius au marché de Rivebois pour se fournir en matériel.
Elle fit ses adieux et se dirigea vers la place principale. Bien qu'elle n'ai peu de chose à vendre, avec un peu de chance, elle pourrait piquer quelques pièces ou voler quelques bricoles. Mais, à peine eut-elle franchi le seuil de la boutique qu'elle fut stoppée net par des cris :
« J'ai dit non ! Pas d'aventures, pas de mise en scène et pas de chasse au voleur !
- Eh bien, qu'est-ce que tu vas faire, alors ? Je t'écoute !
- Je ne reviendrai pas là-dessus. »
Un homme et une femme se disputaient. A en juger par leur apparence, Val devina qu'ils s'agissaient d'Impériaux.
Leurs cris s'arrêtèrent quand l'homme aperçu la brune.
« Oh, un client. Je suis désolé… »
La femme s'éloigna et alla s'installer à une table, ce qui n'arrangea pas Val. Comment pouvait-elle se saisir de l'or sur le comptoir avec une paire de yeux supplémentaire dans la pièce ?
« Il y a tout ce dont vous avez besoin au marché de Rivebois.
- Hum. »
Elle jeta un coup d'œil aux rayons derrière lui mais elle ne vit rien qui pouvait lui être utile. Il vendait essentiellement des objets magiques. Donc, aucun intérêt pour elle. Mais comme elle détestait se déplacer pour rien, elle chercha un sujet de conversation. Au moins le temps de distraire les deux Impériaux.
« Il s'est passé quelque chose ?
- Ouais, on… il hésita. S'est fait voler. Mais il nous reste encore plein de butin, hein ! Les voleurs ne voulaient qu'une chose.
- Ah bon ? Quoi donc ? »
Sa main se rapprochait doucement d'une pièce.
« Une décoration en or massif, un truc en forme de griffe de dragon. »
Ses doigts l'effleuraient. Encore un effort…
« Je pourrais vous aider à récupérer la griffe.
- Sans blague ? s'exclama Lucan Valerius. Je vais recevoir de l'or pour mon dernier chargement. Il est à vous si vous me rapportez cette griffe ! »
Aussitôt la main de Val revint à sa place, soudain plus intéressée par la conversation.
« Si vous pourchassez ces voleurs, dirigez-vous vers le Tertre des chutes tourmentées, au nord-est de la ville. »
Il regarda ensuite la femme derrière Val.
« Tu n'as donc plus besoin de partir, n'est-ce pas ?
- Oh vraiment ? lui répondit l'Impériale. Bon, je crois que votre nouvelle assistante a besoin d'un guide. »
Lucan Valerius se mit à blêmir.
« Qu-non… je… Oh, par les Huit, très bien. Mais uniquement jusqu'aux limites de la ville ! » céda-t-il.
Val suivit Camilla – car c'était son nom – en dehors de la boutique.
« Il nous faut traverser la ville et le pont pour atteindre le Tertre des chutes tourmentées. »
Elle désigna la montagne derrière les bâtiments.
« Vous pouvez la voir d'ici. »
Elle poussa un soupir tandis qu'elles se dirigeaient toutes deux vers le pont.
« Ces voleurs doivent être fous, de se cacher là. Ces vieilles cryptes regorgent de pièges, de trolls et de tout un tas d'autres choses. »
Heureusement pour Val que Camilla lui tournait le dos, car au mot « trolls », celle-ci avait blêmi. Autant affronter de simples brigands ne lui faisait pas peur, autant un troll…
« Je me demande pourquoi ils n'ont volé que la griffe d'or de Lucan. Le magasin regorge d'articles qui valent tout autant. »
Val s'était posée la même question. Peut-être avaient-ils été interrompus lors du vol… Ou étaient-ils tous simplement stupides.
« Depuis quand a-t-il cette griffe ? demanda-t-elle.
- Il l'a trouvé environ un an après l'ouverture du magasin. Il n'a jamais dit d'où elle venait. Il n'est pas commode.
- J'ai cru comprendre. » ricana la demie Impériale.
Elles finirent par arriver aux limites de Rivebois.
« C'est le pont qui mène hors de la ville, expliqua Camilla. Le chemin dans la montagne au nord-ouest mène au Tertre des chutes tourmentées. »
Elle commença à faire demi-tour.
« Je pense que je devrais retourner auprès de mon frère. Il va avoir une crise si je suis trop longue. Un vrai gosse… »
Elle poussa de nouveau un gros soupir.
« J'ai encore quelque chose à faire à Blancherive, lui dit Val. Mais dès que j'en ai terminé, je pars à la recherche de votre griffe.
- Que Mara vous bénisse de nous aider. »
Elle prit les mains de la jeune femme, à croire que c'était une manie ici.
« Bonne chance. Lucan et moi allons attendre votre retour au magasin. »
Val se contenta d'hocher la tête en guise d'au revoir avant de reprendre la route vers Blancherive.
Sur la route, elle croisa un petit groupe de soldats de l'Empire, accompagné d'un prisonnier, sans doute un Sombrage.
En passant devant eux, Val ne pu s'empêcher de penser qu'elle avait bien fait de changer de vêtements. Ils ne prirent donc aucune attention à la jeune femme habillée en paysanne. Elle ne jeta même pas un regard vers le prisonnier et continua son chemin.
Elle ne tarda pas à rejoindre la région de Blancherive, passant devant l'hydromellerie d'hydrhonning. Mais alors qu'elle atteignait l'une des fermes, elle distingua une silhouette gigantesque dans les champs.
Un géant ?
Elle en fut si étonnée qu'elle s'arrêta net. En temps normal, les géants n'approchaient jamais de la civilisation et n'attaquaient que quand ils se sentaient menacer. Mais celui-ci combattait un homme et deux femmes.
Restant à une certaine distance, elle observa le combat. S'attendant à un moment ou à un autre à voir l'un des trois guerriers voler dans les airs. Mais, à sa grande surprise, ils eurent le dessus et le géant s'effondra sur le sol.
Alors qu'elle poussait une exclamation impressionnée, Val croisa le regard de l'une des deux femmes, une rousse abordant des peintures de guerre et armée d'un arc. La voleuse n'eut même le temps de s'enfuir que la rousse s'adressa à elle :
« Voilà une bonne chose de faite. Mais ce n'est pas grâce à vous. »
Val haussa un sourcil. Pour qui se prenait-elle ?
« Vous n'aviez pas l'air d'avoir besoin d'aide, concéda-t-elle.
- Non, mais un guerrier digne de ce nom n'aurait pas laissé l'occasion d'affronter un géant. C'est pour cette raison que je suis ici avec mes frères d'armes. »
Cela tombe bien, je ne suis pas une guerrière. Mais elle se garda bien de le dire à haute voix. Au lieu de ça, elle se contenta de demander :
« Vos frères d'armes donc ?
- Vous n'êtes pas du coin, hein ? la nargua la rouquine. Vous n'avez jamais entendu parler des Compagnons ? »
Val secoua la tête.
« C'est un ordre de guerriers, liés comme des frères et sœurs par leur honneur. »
La brune leva les yeux au ciel. Guerriers. Liens. Honneur. Décidemment, les Nordiques n'avaient que ces mots à la bouche.
« Ça m'a l'air d'une perte de temps. » commenta-t-elle.
Elle regretta aussitôt ses paroles en croisant le regard furieux de l'archère.
« On ne vous a pas demandé votre avis, répliqua-t-elle sèchement. Si vous pensez que vous valez mieux que nous, allez donc parler à Kodlak Blancrin. Vous verrez à quoi ressemble un vrai guerrier. »
Sur ces mots, elle s'éloigna. Val profita du fait qu'elle lui tourne le dos pour lui tirer la langue. Elle se mit ensuite à ricaner toute seule puis, en se retournant, prête à dépouiller le géant mort, elle manqua de percuter quelqu'un.
« Hey, vous pou… »
Elle se tût en croisant le regard orageux de l'homme qui lui faisait face. Elle fut intimidée par ce guerrier aux longs cheveux bruns qui la détaillait de la tête aux pieds.
Au bout de quelques secondes, elle finit par craquer et à demander, d'une petite voix :
« Oui ?
- Vous avez l'air robuste. Venez à Jorrvaskr et devenez un Compagnon ! »
… Hein ?
Avant qu'elle puisse dire quoi que ce soit, il partit à la suite de ses sœurs d'armes, laissant la voleuse seule avec le cadavre.
Pff… Tous des cinglés.
Val arrivait enfin aux portes de la cité quand elle fut arrêtée par un des gardes :
« Halte ! La ville est fermée à cause des dragons. Seules les affaires officielles sont autorisées. »
La brune se râcla la gorge.
« Rivebois demande l'aide du jarl. »
Le garde recula d'un pas.
« Rivebois est en danger, elle aussi ? Dans ce cas, allez-y. Vous trouverez le jarl à Fort-Dragon, en haut de la colline. »
Il reprit son poste tandis que Val franchissait le seuil de Blancherive.
Val n'eut aucun mal à trouver la résidence du jarl. Et encore moins d'y pénétrer, les gardes étant plus préoccupés par ces histoires de dragons que par sa présence. Seule une elfe noire la remarqua et l'aborda, dégainant son épée tandis que le jarl semblait se disputer avec un homme à la calvitie.
« Que signifie cette interruption ? siffla l'elfe. Le jarl Balgruuf ne reçoit aucun visiteur. »
La demie Impériale leva les yeux au ciel. Avaient-ils tous décidés de l'emmerder aujourd'hui ?
« C'est Gerdur qui m'envoie. Rivebois est en danger. »
L'elfe ne se détendit pas pour autant.
« En tant qu'huscarl, ma tâche est de protéger le jarl ou ses gens de toute menace, expliqua-t-elle. Maintenant, expliquez-vous, vous avez toute mon attention. »
Val serra les dents.
« On m'a demandé de ne remettre ce message qu'au jarl. »
Les deux femmes se foudroyèrent du regard.
« Tout ce que vous avez à dire au jarl, vous pouvez me le dire à moi. Je commence à me dire… »
Elle fut coupée par le jarl :
« C'est bon, Irileth. Je veux entendre ce qu'elle a à dire. »
Tout en rengainant son épée, la prénommée Irileth fit comprendre à la voleuse qu'elle l'avait à l'œil.
Le jarl Balgruuf le Grand ressemblait tout à fait à la description que Val se faisait d'un jarl. Grand, blond, barbu et vêtu des plus beaux vêtements.
« Rivebois serait en danger ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
- Un dragon a détruit Helgen, lui raconta la brune, et Gerdur craint fort que ce soit bientôt le tour de Rivebois.
- Gerdur ? Elle s'occupe de la scierie, si je ne m'abuse. Un pilier de la communauté. Elle ne fait pas de fantaisies… »
Il se gratta la barbe, réfléchissant un instant.
« Helgen détruite par un dragon, c'est sûr ? Ce n'était pas un raid des Sombrages qui a mal tourné ? »
Val se mordit la lèvre inférieure. Devait-elle lui dire qu'elle avait fait partie des prisonniers destinés au billot ?
« J'étais là, se contenta-t-elle de répondre. J'ai vu le dragon réduire Helgen en cendres.
- Par Ysmir, jura le jarl, Irileth avait raison ! »
Il se tourna ensuite vers l'homme à la calvitie.
« Qu'en pensez-vous, maintenant, Proventus ? Devons-nous continuer à croire en la solidité de nos murs ? Contre un dragon ?
- Mon seigneur, implora Irileth, nous devrions envoyer des troupes à Rivebois sur le champ. Si le dragon rôde dans ces montagnes, le danger est imminent… »
La voleuse ne pu n'être que d'accord avec elle, à son grand regret.
L'homme à la calvitie, un Impérial vu son nom, prit la parole :
« Le jarl d'Epervine considèrera ça comme une provocation ! Il pensera que nous avons rejoint Ulfric et que nous allons l'attaquer. »
Irileth et Proventus se seraient sans doute disputés si le jarl n'était pas intervenu :
« Assez ! clama-t-il. Je ne resterai pas à rien faire pendant qu'un dragon dévaste ma châtellerie et massacre mon peuple ! »
Il se tourna vers sa huscarl et ordonna :
« Irileth, envoyez sans attendre un détachement à Rivebois.
- A vos ordres, majesté. »
Elle s'inclina avant de s'éloigner tandis que l'Impérial se dandinait sur lui-même, visiblement gêné.
« Si vous voulez bien m'excuser, le devoir m'appelle.
- Il vaudrait mieux, oui. »
Lâche, commenta mentalement Val quand il passa devant elle, la laissant seule avec le jarl.
« Beau travail, la complimenta-t-il. Vous m'avez trouvé de votre propre initiative. Vous avez rendu un grand service à Blancherive et je ne l'oublierai pas. »
Elle se garda bien de lui dire qu'elle l'avait surtout fait parce qu'elle se sentait redevable envers Gerdur et sa famille.
Le jarl fit un signe de tête à un de ses gardes qui tendit une armure en acier à la voleuse.
« Prenez ceci, en gage de mon estime pour vous. »
Elle aurait préférée recevoir de l'or mais l'armure pourrait toujours lui servir. Au moins à la revente.
« Merci seigneur. »
Le jarl se gratta de nouveau la barbe. »
« Vous pourriez faire autre chose pour moi. Une tâche qui sied peut-être à vos talents particuliers. »
Et c'était reparti !
Val joua l'innocente :
« Mes talents particuliers seigneur ? Je ne suis qu'une pauvre jeune femme. »
Le jarl éclata de rire.
« Je ne suis peut-être plus tout jeune mais je sais reconnaître quelqu'un qui est capable de ce battre quand je le vois. »
Elle se mit à rougir. Visiblement, elle n'avait pas vraiment le choix.
« Venez, fit Balgruuf en se levant de son trône, allons voir Farengar, le sorcier de ma cour. Il fait des recherches sur une affaire en lien avec ces dragons et ces… rumeurs de dragons. »
Il la conduit vers une pièce adjacente où un homme vêtu d'une cape bleue regardait une carte. En les entendant arriver, il leva la tête.
« Je crois avoir trouvé quelqu'un qui pourrait aider à la réalisation de votre projet concernant le dragon, Farengar, lui expliqua le jarl. Expliquez-lui tout ça dans le détail. »
Le sorcier se tourna vers Val et la détailla un instant.
« Comme ça le jarl vous croit capable de m'aider ? ricana-t-il avant de reprendre un peu de sérieux. Oh oui, il devait sans doute penser à mes recherches en matière de dragons. »
Il croisa les bras.
« Oui, j'aurais bien besoin qu'on aille me chercher quelque chose. Enfin quand je dis chercher, il s'agit plutôt d'explorer de dangereuses ruines à la recherche d'une tablette ancienne qui pourrait aussi bien se trouver ailleurs. »
Val fronça les sourcils.
« Dîtes-moi juste ce que vous voulez que je fasse. »
Farengar eut un sourire en coin.
« Vous avez hâte de partir à l'aventure. Excellent. Plus vite vous partirez, plus vite ce sera réglé, n'est-ce pas ? »
Exactement !
« J'ai, heu, entendu parler d'une tablette se trouvant au Tertre des chutes tourmentées. C'est une « Pierre de dragon » censée contenir la carte des tombes de dragons. Rendez-vous au Tertre des chutes tourmentées, trouvez cette tablette, sans doute enterrée dans la chambre principale, et rapportez-la moi. Il n'y a pas plus simple. »
Alors elle devait se rendre au Tertre ? Cela tombait bien ! Elle n'avait plus qu'à faire une pierre deux coups en récupérant non seulement la tablette mais aussi la griffe d'or de Lucan.
« C'est une priorité, maintenant, intervint le jarl. Il nous faut tout ce qui peut servir à affronter ce ou ces dragons. Nous en avons besoin avant qu'il ne soit trop tard.
- Entendu, jarl Balgruuf, lui répondit Farengar. Vous m'avez visiblement trouvé un bras droit qualifié. Je suis sûr qu'elle s'avérera très utile. »
Val haussa un sourcil. Il avait vraiment la confiance facile.
Le jarl s'adressa ensuite à elle :
« Réussissez et il y aura une récompense à la clé. Blancherive aura une dette envers vous. »
Une récompense hein ? Décidemment, elle avait bien fait de venir à Blancherive ? Puis, avec un peu de chance, les ruines contiendraient des trésors cachés.
Elle avait déjà hâte !
Après avoir enfilé l'armure d'acier que le jarl lui avait offert, Val quitta la ville.
Prenez garde à vous, brigands, car la grande Val Calidius arrive !
Voilà pour ce chapitre, encore assez court je dois l'avouer et avec beaucoup de dialogues. Le prochain devrait contenir plus d'actions.
Sur ce, à la prochaine !
LaFaucheuse01
