Amis du jour, bonjour ! Amis du soir, bonsoir !

Voilà (enfin) le deuxième texte de ce recueil, en espérant qu'il vous plaise autant que le premier. Cette fois-ci, on voit à peu près tout le monde, y compris des personnages arthuriens qui ne sont pas dans la série (même si je ne suis pas certaine qu'il aurait apprécié la façon dont je l'ai intégré à l'histoire...).

Je tiens à remercier tous ceux qui ont pris le temps le temps de laisser un pythite trace de leur lecture, que ce soit par une review, un following ou un favori ! Merci aussi à Staffy pour sa correction !

Une bonna pythie lecture à tous !

Disclaimer : Aucun des personnages torturés ci-dessous n'est à moi ! Ils appartiennent soit à la légende, soit à la BBC (ou les deux).


« Je n'aime pas ce type. »

Lancelot hocha la tête, tout à fait d'accord avec Perceval, ne quittant pas des yeux l'homme qui se baladait tranquillement sur l'avenue commerçante sans se douter qu'il était suivi et surveillé. Ce type dégageait quelque chose de mauvais, une aura hostile qui poussait les passants qu'il croisait à s'écarter sur son passage, malgré son apparence soignée et son air de bon père de famille.

Le grognement de Perceval ne faisait que renforcer son impression. Son coéquipier était doué pour juger les gens. Dès le premier coup d'œil, il pouvait déterminer si la personne en face de lui avait des squelettes dans ses placards. Merlin était un peu dans le même genre, à la différence que le jeune informaticien pouvait justifier cette impression avec un raisonnement digne de Sherlock Holmes. Au contraire, chez Perceval, il s'agissait plus d'une intuition. Il avait « les boyaux en tripes », comme il disait (Lancelot n'avait pas encore réussi à déterminer l'origine de cette étrange expression...).

Il n'y avait que deux raisons qui pouvaient expliquer l'aversion de son coéquipier pour cet homme : soit il n'était pas du genre à aider les vieilles dames à traverser la route en portant leur sac, soit c'était bien le trafiquant d'armes dont Gauvain leur avait parlé.

« Lancelot, Perceval, quelle est la situation ? » S'enquit la voix de Léon dans la radio de leur voiture.

« Perceval se met à cuisiner ses boyaux à la française. » L'informa Lancelot sans pour autant cesser de surveiller leur suspect. « Ça doit être notre gars. »

A l'autre bout de la connexion, Léon grogna. Mais aucun des deux hommes assis dans la voiture n'aurait pu déterminer si ce grognement était dû à la mention de la nationalité tant honnie par Léon (à quelques exceptions près...) ou au fait que leur principal argument se révélait être une intuition. Leur chef d'équipe était un pragmatique, il avait besoin d'éléments tangibles, irréfutables et qu'il pouvait si possible tenir dans ses mains pour suivre une piste. Il avait une confiance absolue en Perceval mais, à ses yeux, une simple douleur à l'estomac, même si elle s'avérait souvent exacte, n'était pas suffisante pour courir un risque inutile.

« Il se dirige vers Cresset Street. » Indiqua Perceval, espérant convaincre leur collègue qu'ils étaient sur une bonne piste. « C'est là que Gauvain a situé son entrepôt. Jusqu'à présent, tout ce qu'il nous a dit s'avère exact. C'est un bon tuyau. »

« Excuse-moi de me méfier de ce que raconte un privé prétentieux qui inventerait n'importe quoi pour se faire remarquer... »

Il y eut un éclat de rire à l'arrière-plan. Gauvain était encore avec Arthur et Léon et n'avait pas raté une miette des paroles du bouclé. D'ailleurs, c'était sans doute ce qui expliquait ces dernières. Léon appréciait sincèrement ce détective casse-pied et trop curieux, à l'image du reste de l'équipe.

« Bon travail, les gars ! » Les félicita Arthur. « On s'occupera de ce type demain ! »

Perceval et Lancelot échangèrent un regard surpris.

« On ne continue pas la filature ? »

« Trop dangereux. » Répliqua immédiatement Léon, catégorique. « Ce type a toute une réserve d'armes à sa disposition. Je ne tiens pas à prendre de risques et on ne pourra réunir une équipe d'intervention que demain. »

« Mais on ne sait même pas dans quelle maison se trouve son stock ! » Protesta Lancelot.

« C'est une petite rue et il n'y a que quelques bâtiments qui correspondent à ce qu'on cherche... Il nous suffira de tous les fouiller demain... »

« Et notre gars aura tout le loisir de se faire la malle parce qu'on l'aura prévenu de notre arrivée en se trompant de maison ! » Grogna Perceval. « Écoute Léon, coupons la poire en deux : on continue de suivre notre homme jusqu'à ce que nous découvrions l'adresse exacte de sa planque. Ensuite, on rentre bien gentiment au commissariat et on oublie ce type jusqu'à demain. C'est honnête, non ? »

Il y eut un moment silencieux, où Léon parut hésiter. Lancelot ne comprenait pas trop ce qui était en train de se jouer (car quelque chose se jouait, ça, par contre, c'était certain). Il était encore nouveau dans l'équipe et ne saisissait pas toujours la portée de certains regards ou silences entre ses collègues. Tout ce qu'il sentait, c'était que Léon, pour une raison quelconque, ne croyait pas un mot sortant de la bouche de Perceval.

Au bout d'un moment, le chef d'équipe poussa un long soupir avant de leur donner son feu vert.

« C'est d'accord, allez-y ! Mais, par pitié, soyez prudents et ne sortez pas de cette voiture ! »

« Ne t'inquiète pas, on fera attention ! » Promit le grand blond avant de couper la communication, les empêchant ainsi d'entendre la réponse de Léon.

SsSsSsS

« Mais qu'est-ce que tu fais ? » S'exclama Lancelot en voyant Perceval détacher sa ceinture et ouvrir la portière. « Léon nous a demandé de rester dans la voiture ! »

« Tu fais toujours ce que tes supérieurs te disent, Lancelot ? » Le provoqua son coéquipier de l'extérieur avant de claquer sa porte.

« Quand je suis toujours en période d'essai, oui. » Grommela le Français dans sa langue maternelle (de toute façon, de là où il se trouvait, Perceval ne comprendrait quand même rien !).

Il hésita un instant avant de pousser un long soupir, à l'image de celui de Léon un peu plus tôt, et alla rejoindre le grand blond qui se cachait sous une fenêtre.

Ce dernier sourit en le voyant approcher et lui fit signe d'être le plus discret possible. Le trafiquant se trouvait de l'autre côté du mur.

D'un mouvement de la tête, Perceval lui désigna successivement une échelle de secours métallique qui menait aux étages et une petite fenêtre qui donnait sur la cave. Il voulait partir en exploration.

Lancelot jeta un regard noir à son coéquipier pour le prévenir que, s'il avait le moindre problème avec la hiérarchie par sa faute, Perceval le regretterait. Pourtant, le Français approuva le plan de son partenaire d'un bref hochement de tête.

Puisque la carrure du Gallois ne lui permettait pas de se faufiler par la fenêtre, il se dirigea vers les étages tandis que Lancelot s'occupait de la cave.

Cette dernière était mal éclairée et puait le rat mort. Soit ce manque d'entretien était une diversion pour faire croire aux visiteurs que la pièce n'était pas importante, soit leur trafiquant entreposait son stock ailleurs. Le jeune policier penchait étrangement plus pour la deuxième solution.

Tout à coup, il se figea. Il venait d'entendre un bruit venant d'un coin plus sombre de la pièce, comme un grognement rauque. Il sortit de sa poche son portable dont il se servit comme lampe de poche et s'approcha prudemment de l'origine du bruit.

Un chien. C'était un chien. Un berger allemand, certainement. Ou peut-être un leonberg.

Il n'avait jamais eu d'animal de compagnie. Sa mère, surprotectrice envers ses enfants, n'aurait jamais pris le risque d'amener le moindre élément qui aurait pu constituer un danger pour ses petits, au grand désespoir de Freya qui rêvait d'un autre compagnon de jeu que son petit frère. Il avait néanmoins grandi avec des chiens, ceux qui gardaient l'ambassade. Avalon et Clarent, deux leonbergs, molosses redoutables avec les visiteurs indésirés et peluches grandeur nature avec les enfants. Freya et lui s'étaient plus d'une fois faufilés chez John, le gardien, pour s'occuper d'eux.

Le chien qui se trouvait devant lui n'avait rien à voir avec Avalon ou Clarent. Il était maigre, sale et de mauvais poil. Ses yeux noirs le fixaient comme une menace et il montrait un peu plus ses dents à chaque pas qui rapprochait Lancelot de l'animal. Il restait néanmoins immobile, ne tirant pas sur sa laisse pour essayer de s'approcher.

Le jeune policier marcha doucement vers lui, priant pour que le chien ne révèle pas sa présence en aboyant. Lorsqu'il fut assez prêt, il comprit pourquoi l'animal ne bougeait presque pas : son collier était si serré qu'il lui aurait été impossible de tirer sur sa chaîne sans que cela soit douloureux.

Ce fut sans doute la décision la plus rapide qu'il n'ait jamais prise.

Il fit un pas en avant. Le chien montra aussitôt les dents.

« Doucement... » Murmura-t-il à l'animal comme s'il s'agissait d'un enfant. « Je ne vais pas te faire de mal... »

Sa laisse ne lui permettait pas de se montrer plus menaçant. Le chien se contenta donc d'observer l'humain s'approcher d'un œil méfiant, paré à se défendre au moindre geste dangereux. Lancelot s'approcha précautionneusement et s'appliqua à retirer le collier le plus délicatement possible.

Trop absorbé par sa tâche, il n'entendit pas les cris qui éclatèrent à l'étage, ni la bagarre qui suivit. Ce n'est que lorsque la pièce fut soudainement éclairée que Lancelot, qui venait juste d'achever son ouvrage, releva la tête et vit un homme à l'entrée de la cave, pointant une arme sur lui.

Au même moment, le chien bondit sur lui et l'entraîna par terre. Sa tête heurta violemment le sol et tout devient noir.

SsSsSsS

« Lancelot ! Lancelot ! »

« Merlin, ça fait dix minutes que tu lui cries dans les oreilles – et dans les nôtres par la même occasion. Tu ne crois pas que si tu pouvais le réveiller, ce serait déjà fait depuis le temps ? »

« Quoi ? Tu crois que c'est grave ? Gaius ! »

« Bravo, Arthur, bravo ! Ne t'inquiète pas, Merlin, il est simplement sonné. Il devrait bientôt reprendre conscience... »

« Il n'a rien alors ? »

« Il aura certainement un sacré mal de tête vu le calvaire que tu fais subir à ses oreilles mais sinon rien. »

« Arthur ! »

Un petit gémissement s'échappant du Français mit fin à la conversation. Arthur, Merlin et Gaius observèrent leur collègue reprendre conscience, prêt à intervenir aux moindres problèmes. Ils ne remarquèrent pas le berger allemand, couché dans un coin de la pièce, relever brusquement la tête au son émis par celui qui l'avait libéré.

Lancelot se redressa péniblement et regarda autour de lui.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » Demanda-t-il, encore un peu sonné, dans sa langue maternelle.

Arthur et Merlin se regardèrent. Aucun des deux n'avait compris le moindre mot, n'ayant pas de très grandes connaissances en français.

« Faut repasser à Shakespeare, Lancelot... » Fit doucement Merlin. « Nous, on comprend rien à Molière... »

« Pardon ? »

« Tu parles français, mon garçon... » Lui expliqua patiemment Gaius dans la même langue. « C'est sans doute à cause du choc. Néanmoins, ce serait gentil de repasser en anglais, pour qu'Arthur et Merlin puissent te comprendre... ».

Le jeune homme fronça les sourcils, tentant de se concentrer sur les paroles de son aîné et pas sur l'espèce de crétin qui avait décidé de jouer du tambour dans sa tête. Il finit enfin par comprendre le problème et ne put s'empêcher de sourire.

« Oh... Désolé... »

« Crois-moi, désolé, tu peux l'être ! » Gronda la voix de Gwen qui venait d'apparaître à l'entrée de la cave. « Quand Léon en aura fini avec Perceval, tu vas en prendre pour ton grade, je te le garantis ! »

Lancelot perdit très vite son sourire tandis qu'Arthur et Merlin grimacèrent, compatissants avec leurs pauvres collègues devant subir la colère du bouclé. Et, connaissant le personnage, Léon n'allait certainement pas s'arrêter à une petite engueulade... Perceval et Lancelot allaient regretter d'avoir désobéi à ses ordres.

« Quoi, il hurle toujours sur Perceval ? » S'étonna Gaius, qui, ne côtoyant pas le bouclé tous les jours, n'avait qu'un vague idée de la boule de nerfs que ce dernier pouvait être.

La jeune femme acquiesça en soupirant.

« Et il n'est pas prêt d'avoir fini vu comme il est parti ! »

Arthur tapota gentiment l'épaule du Français.

« Eh ben mon gars, j'aimerais pas être à ta place quand il va débarquer ici ! »

Puis, après avoir jeté un coup d'œil en direction de la boule de poil dans le coin de la pièce, il ajouta :

« Enfin, si Cerbère le laisse passer évidemment ! »

« Si vous pouviez arrêter avec les références, je vous en serais extrêmement reconnaissant... » Grogna Lancelot, qui, avec son mal de tête, avait du mal à suivre. « Qui est Cerbère ? »

Son collègue lui indiqua d'un signe de la tête le chien qui pencha la tête quand il comprit qu'il était devenu le centre de l'attention.

« Il était avec toi quand on t'a trouvé. » Expliqua Merlin. « Et il n'a laissé personne t'approcher à part nous quatre. À croire qu'il savait qu'on ne te ferait aucun mal... »

« Par contre, quand Gauvain a essayé de s'approcher, il s'est montré très menaçant. » Ajouta Gwen, l'air taquin. « Léon n'a pas encore tenté le coup, il est trop occupé avec Perceval. Néanmoins, à mon avis, s'il s'avance dans son état actuel, c'est pas certain qu'il fasse plus d'un mètre... »

Lancelot n'écouta que d'une oreille distraite les explications de ses amis. Il ne pouvait détacher son regard du canidé. Ce dernier quitta enfin son poste d'observation pour marcher vers le petit groupe. Il se réinstalla ensuite à côté du Français, toujours assis par terre, et posa la tête sur la cuisse du policier. Puis, il soupira d'aise quand le jeune homme, amusé par le comportement de l'animal, lui gratta affectueusement le derrière de l'oreille.

« On dirait une grosse peluche ! » S'exclama Gwen, complètement sous le charme.

« Qui pue et qui menace la moitié de notre équipe ! » Lui rappela Arthur qui, connaissant la jeune femme, avait une petite idée de ce qui allait suivre.

La métisse haussa les épaules.

« Pour l'odeur, il suffira de lui faire prendre un bain ! Quant aux menaces... Il faut juste lui laisser le temps de s'adapter à notre présence ! Allez Arthur ! On peut pas le garder ? »

Elle ponctua sa demande d'un sourire à vous en faire fondre la calotte polaire. Arthur rougit furieusement et détourna la tête, sachant bien que, s'il croisait le regard de biche de Gwen, il était foutu. Lancelot et Merlin échangèrent un sourire amusé mais ne firent aucun commentaire.

« Désolé de te décevoir, Gwen, mais il me semble qu'il a déjà choisi son nouveau maître... » Trancha Gaius en désignant Lancelot de la tête.

La jeune femme observa un moment le chien, qui prenait toujours le Français pour un cousin, et en arriva aux mêmes conclusions que le médecin. Elle poussa un long soupir.

« Pourquoi ai-je rompu avec lui au juste ? »

Merlin éclata de rire lorsqu'il vit la mine déconfite d'Arthur et celle rouge de gêne de Lancelot. Gaius, plus fin, ne laissa paraître son amusement que par un fin sourire.

Mais la bonne humeur ambiante fut soudainement interrompue. Le chien releva brusquement la tête et se mit à grogner en direction de la porte où venait d'apparaître Gauvain.

« Couché, la boule de poil ! » Siffla le détective en s'approchant. « Alors, notre belle au bois dormant s'est réveillée ? »

« La belle au bois dormant t'invite à aller te faire foutre ! » Répliqua aussitôt Lancelot.

« Tu vois que tu comprends quand on parle en références ! » Le taquina Arthur.

Ce qui lui valut un regard noir de la part du Français. Néanmoins, le fils du commissaire ne s'en soucia pas le moins du monde et se tourna vers Gauvain.

« C'est Léon qui t'envoie ? »

Le détective opina du chef.

« Yep ! Tout le monde a fini là-haut, lui compris – je plains d'ailleurs les oreilles de ce pauvre Perceval. Je suis donc venu voir si vous étiez prêts à partir de votre côté ! »

« Tout va bien. » Lui assura Gaius. « Dis à Léon que l'on arrive... »

Après une courbette théâtrale et un coup d'œil en direction de Lancelot, l'Écossais disparut à l'étage.

Comme s'il avait compris qu'ils allaient partir, le chien se redressa en position assise et attendit patiemment que les humains se dirigent vers la sortie pour les suivre. Arthur, le prenant comme un signal, tendit à sa main vers le Français, toujours à terre, pour l'aider à se relever et le petit groupe alla rejoindre leurs collègues au rez-de-chaussée.

SsSsSsS

Comme prévu, Léon passa à Lancelot un savon phénoménal qui n'arrangea rien à son mal de crâne. Néanmoins, à en croire Gauvain, ce n'était rien comparé à l'engueulade qu'avait dû se farcir Perceval un peu plus tôt.

Ce dernier haussa un sourcil lorsqu'il aperçut la boule de poils collée aux jambes du Français et qui grognait dès qu'on s'approchait un peu trop près du policier. Gwen lui sourit et lui assura qu'elle lui expliquerait toute l'histoire sur la route.

Le trajet vers le commissariat se fit dans une ambiance tendue, la plupart des membres de l'équipe craignant un peu l'accueil que leur réserverait Uther. Mais, à leur grande surprise, ce n'est pas le commissaire qu'ils trouvèrent dans leur bureau mais Elyan, s'amusant à tourner sur le fauteuil de Perceval.

« A ton aise ! » Grogna le grand Gallois, pas d'humeur à supporter les gamineries de son meilleur ami.

Le jeune scientifique immobilisa la chaise juste en face du blond.

« De ce que j'ai cru comprendre, tu es assez mal placé pour critiquer qui que ce soit aujourd'hui ! Moi, à ta place, je ferais profil bas ! »

Puis, avec la mine digne du plus innocent des angelots, il bondit de son siège, tapota gentiment l'épaule de Perceval et se tourna vers Léon.

« Uther veut te voir dans son bureau. De ce que j'ai compris, il aimerait savoir pourquoi il n'a pas été prévenu de la descende sur Cresset Street. »

Le bouclé grimaça.

« Je vais venir avec toi. » Décida Arthur. « On ne serait pas trop de deux pour essayer de contenir s... »

« Ses pulsions dictatoriales ? » Ne put s'empêcher de l'interrompre Gauvain avec un mauvais sourire.

Ce n'était un secret pour personne que le détective était loin d'apprécier le commissaire. Ce qui était d'ailleurs tout à fait réciproque.

« Sa colère. » Le corrigea le fils d'Uther en ne manquant pas de lui jeter un regard noir.

« Tu chipotes sur les termes, là ! »

Le blond leva les yeux au ciel mais préféra ne pas répliquer. Il fit un signe de tête à Léon et les deux se dirigèrent vers le bureau du commissaire.

« Arthur ! Je peux utiliser ton ordinateur ? » Lui cria Merlin alors que le blond était presque arrivé à destination.

Il lui fit comprendre d'un signe de la main de faire ce qu'il voulait. L'informaticien s'installa donc au bureau d'Arthur, fit craquer ses doigts et pianota sur le clavier devant lui à une vitesse incroyable, sous les yeux intrigués de ses collègues.

« On peut savoir ce que tu fais ? » Lui demanda Gwen en s'approchant pour regarder par-dessus son épaule.

« J'essaie d'en apprendre un peu plus sur le nouveau garde du corps de Lancelot. » Répondit-il comme si c'était l'évidence même.

« Le quoi ? » Interrogea Elyan.

De façon parfaitement synchronisée, tous les membres de l'unité désignèrent le chien qui avait fini par se coucher au pied du bureau du Français.

Le métis haussa un sourcil avant d'interroger sa sœur du regard.

« Longue histoire. Et j'en ai marre de me répéter... »

« Eh bien, tu n'aurais pas eu à la raconter une fois de plus si vous m'aviez laissé le temps de vous accompagner ! » Grogna le scientifique, qui n'avait pas digéré d'avoir (encore) été laissé sur le carreaux.

Gwen et Merlin lui offrirent un regard désolé.

« Nous étions pressé, Elyan... » S'expliqua la jeune femme.

« Vous avez bien pris le temps d'embarquer Gaius ! »

« Il y avait eu coup de feu. » Se justifia Merlin avec tout son tact habituel. « On a pensé qu'il pouvait être utile. »

« Il y a coup de feu et vous embarquez un médecin-légiste ? » Fit Lancelot en fronçant les sourcils. « Vous êtes des optimistes dans ce commissariat, y a pas à dire ! »

Gaius lui sourit et lui tapota gentiment l'épaule.

L'ordinateur d'Arthur fit soudain un petit bruit signalant la fin d'une recherche et Merlin poussa un petit cri de victoire.

« C'est bon ! J'ai son dossier ! » S'écria fièrement l'informaticien.

« Comment diable as-tu fait ça ? Et si vite ?» Lui demanda Gaius, que le jeune homme étonnerait décidément toujours.

L'informaticien haussa l'épaule.

« Son numéro était gravé sur la plaque de son collier. Je l'ai simplement mémorisé et je l'ai entré dans la base de données du... Comment appelle-t-on ce truc ? Vous savez quand vous devez déclarer un animal potentiellement dangereux... »

« Parce tu vois cette boule de poils comme dangereuse ? » Rit Elyan.

Au même moment, l'animal émit une sorte de petit couinement ennuyé, qui ne fit que renforcer l'amusant du métis.

« Regarde sa réaction quand Gauvain s'approche de Lancelot et dis-nous qu'il ne semble pas dangereux... »

« Bref ! » Intervint le détective, qui n'avait pas apprécié la dernière remarque de Perceval. « De quelle race est Cerbère ? Personnellement, je pencherais pour un berger allemand mais il a les poils bien trop longs pour ça ! »

Perceval hocha la tête, plutôt d'accord avec lui.

« Je pensais à un leonberg... » Avoua Lancelot. « Notre... voisin en avait deux et il y a un air de ressemblance. »

Gwen et Elyan lui lancèrent un regard amusé. Ils n'avaient pas manqué de noter l'hésitation de leur collègue sur le terme à employer pour désigner le fameux « voisin ». Le jeune homme n'était visiblement pas encore prêt à assumer le rôle du fils de l'ambassadrice de France. Ce qui se comprenait très bien quand on connaissait les relations tendues entre Viviane DuLac et Uther Pendragon.

« En fait, vous avez raison tous les deux... C'est un bâtard. »

« Oh... »

Ils n'eurent pas le temps d'en dire davantage : Léon et Arthur venaient de pénétrer dans la pièce, la mine renfrognée de ceux qui venaient de passer un mauvais quart d'heure peinte sur leur visage. Leurs collègues se regardèrent, aucun d'eux ne voulant prendre le risque d'ouvrir la bouche et d'attirer l'attention sur lui.

Ce fut finalement Merlin, brave parmi les braves, qui brisa le silence.

« Alors, sur une échelle de un à dix, sa colère s'évaluait à combien ? »

« Douze ! » Grogna Léon. « Et nous sommes tous invités à rentrer chez nous... »

« Père considère qu'on en a assez fait pour aujourd'hui. » Expliqua Arthur devant les regards surpris qui accueillirent la déclaration de Léon. « En clair, il ne veut plus voir nos têtes de la journée, et surtout pas celle de ces deux-là ! »

D'un geste de la tête, il désigna les deux réfractaires du jour. Si Lancelot eut le bon goût de baisser la tête, Perceval soutint le regard accusateur du fils du commissaire, une lueur de défi dans ses yeux.

« Si je devais le refaire, je le ferais. » Le prévint simplement le Gallois.

« Que tu t'exposes en voulant jouer les cow-boys, c'est ton problème ! » Siffla Arthur entre ses dents. « Là où ça coince, c'est quand tu mets la vie de ton coéquipier en danger ! »

« Et pour le chien ? » Demanda soudainement Gwen, qui voyait la situation dégénérer et qui n'avait pas tellement envie que la dispute entre les deux agents soit publique.

Après un dernier regard à Perceval lui promettant qu'ils continueraient cette conversation plus tard, le blond se tourna vers sa compagne, les traits adoucis, et lui sourit. Comprenant ce que cela signifiait, la métisse poussa un cri de joie et bondit dans le bras de son amoureux pour l'embrasser.

Au même moment, Léon s'approcha du Français et lui tapota gentiment l'épaule.

« Félicitions, Lancelot ! » S'exclama le bouclé avec un petit sourire. « Tu es l'heureux propriétaire de la nouvelle mascotte de l'unité ! »

SsSsSsS

Lancelot sortait de sa douche quand il entendit une clé s'introduire dans la serrure de son appartement. Il ne s'en inquiéta pas : il n'y avait qu'une seule personne qui possédait un double de ses clés. Un fin sourire se dessina sur son visage alors qu'il se séchait les cheveux à l'aide d'une serviette.

« Trois, deux, un... » Décompta-t-il tout bas.

Un cri aigu retentit dans le salon. Gagné !

Sans se presser, il enfila un pantalon et se dirigea vers la pièce principale de son appartement. Comme il s'y était attendu, il y trouva une jeune femme aux longs cheveux noirs figée, un sac de voyage à la main, devant la canapé où avait élu domicile son nouveau colocataire.

« J'ai entendu crier. Tout va bien ? »

Sa question sembla ramener Freya à la réalité et elle se tourna vivement vers son frère.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? » Demanda-t-elle, presque hystérique, en désigna le chien qui occupait toute la longueur du canapé.

Ce dernier grogna, n'appréciant pas d'être qualifié de « ça ».

« Mon chien. »

« Depuis quand tu as un chien ? »

« Environ deux heures... C'est une histoire compliquée... Je te la raconterais au dîner – parce que je suppose que ce n'est pas un sac de sport que tu tiens et que tu restes camper ici pour la nuit. »

La jeune femme lui offrit son plus beau sourire pour toute réponse et son frère soupira.

« Tu veux manger quoi ? »

Ça faisait longtemps qu'il avait abandonné l'idée de faire entendre raison à Freya dans ces moments-là. C'est pourquoi il n'avait pas pris la peine de demander les raisons de sa présence. L'expérience lui avait appris que cela n'apportait rien, sinon des cris et des insultes. De plus, il en avait plus qu'assez de jouer les intermédiaires entre sa mère et sa sœur. Alors, il se contentait d'accueillir cette dernière le temps que la tension entre mère et fille s'apaise sans jamais prendre parti pour l'une ou pour l'autre.

Freya haussa les épaules.

« Ce que tu veux ! C'est déjà bien gentil de m'offrir le gîte, je ne vais pas en plus t'imposer mes goûts culinaires... »

« C'est surtout que tu n'as aucune idée de menu à me proposer... »

« Aussi. »

Après une rapide inspection du réfrigérateur et avoir constaté qu'il n'y avait pas assez de nourriture pour deux, ils décidèrent de commander au traiteur grecque qui se situait à quelques rues de l'appartement. En attendant le dîner, ils s'installèrent dans le salon et Lancelot raconta à sa sœur l'intervention clandestine que Perceval et lui avaient réalisée, sa rencontre avec l'animal et comment, sans qu'il comprenne vraiment ce qui se passait, on l'avait désigné comme dog-sitter de la nouvelle mascotte de l'équipe.

« Et il grognait dès qu'un de tes collègues approchait ? » Rit Freya quand il eut fini. « Donc il a grogné après le Rosbif ? »

Le jeune homme hocha la tête, reconnaissant Léon dans la sympathique dénomination. Sa sœur se tourna vers le chien et lui offrit son plus beau sourire.

« Toi, je t'aime déjà ! Même si tu me piques mon canapé ! »

« Aux dernières nouvelles, il s'agit encore de mon canapé, que tu squattes de temps à autre. » Grogna le propriétaire des lieux.

« Et pendant cette période, c'est mon canapé ! » Insista la jeune femme en fixant l'animal pour lui faire comprendre qu'il était sur une place réservée.

Pour toute réponse, son rival se réinstalla un peu plus confortablement entre les coussins et la regarda, l'air de dire « Essaie donc de me faire bouger de là ! ». Freya écarquilla les yeux et se tourna vers son frère.

« Lancelot ! » Pleurnicha-t-elle presque. « Ta boule de poils est méchante ! »

« Je pensais que tu l'aimais bien... »

« J'ai changé d'avis ! Dis-lui de me rendre ma place ! J'étais là avant lui !»

On sonna à la porte : le dîner était arrivé.

« Négocie avec lui ! » Fit le jeune homme, intraitable, en se levant pour aller ouvrir la porte.

Il récupéra la livraison et paya le livreur. Quand il revint dans le salon, il trouva sa sœur accroupie devant le canidé en lui promettant mille et une merveilles s'il la laissait dormir sur ce canapé cette nuit.

« Alors, ça avance ? » La taquina son frère en mettant la table.

« Autant essayer de résonner une bourrique ! Néanmoins, ce serait déjà plus facilement si je connaissais le nom de ta boule de poils... »

Lancelot sourit, se rappelant le débat animé entre Merlin et Gwen, qui l'avaient ramené à son appartement, pour choisir le nom de l'animal.

« Il s'appelle Galaad. »


Pythites infos pratiques :

Pour ceux que ça intéresse (et qui l'ignorait), dans le mythe arthurien, Galaad est le fils de Lancelot et le chevalier le plus pur, le seul à pouvoir s'asseoir dans le Siège Périlleux de la table ronde. C'est d'ailleurs lui qui trouvera le Graal, accompagné de Perceval et du chevalier Bohort (bon, d'accord, il meurt peu de temps après pour avoir regardé dedans, ce qui est tout de suite beaucoup moins classe mais quand même !).

Alors ? Bonbons ou tomates ? Dans tous les cas, merci d'avoir pris le temps de lire ce texte. N'oubliez pas que je suis ouverte à toutes suggestions concernant cette fic (sauf peut-être pour certains couples, ils sont déjà déposés !)

Que la pythie soit avec vous !

Nerya