Ami du jour, bonjour ! Ami du soir, bonsoir !
Voici (enfin) le troisième OS de ce recueil ! Au programme : Elyan fait son show ! J'espère qu'il vous plaira autant que les deux premiers ! Petite précision chronologique : cette histoire se passe avant les deux autres. C'est à dire que Lancelot n'est pas encore dans l'équipe et Elyan vient d'arriver...
Un grand merci à tous ceux qui ont pris le temps de lire l'OS précédent, et un plus grand encore à ceux qui ont laissé une pythite trace de leur passage. Merci également à Staffy pour la correction de ce texte.
Une bonna pythie lecture !
Disclaimer : Aucun des personnages torturés ci-dessous n'est à moi ! Ils appartiennent soit à la légende, soit à la BBC (ou les deux).
La journée avait été étrangement calme. Aucune plainte loufoque ou intervention catastrophique n'avait été au programme de la journée. Même Gauvain, pourtant si prompt à venir leur soutirer des informations, n'avait pas pointé le bout de son nez de fouineur. Oui, il faisait décidément bien calme, c'en était presque ennuyeux...
Pour passer le temps, Arthur, Léon et Perceval s'occupaient de leur paperasse en retard. Des montagnes de paperasse. Si Léon avançait avec une rapidité remarquable, ce n'était pas tout à fait le cas d'Arthur qui poussait un soupir découragé à chaque nouvelle ligne. Perceval, lui, avait déjà capitulé et était parti préparer son infâme café.
Au bout d'un énième soupir, le blond releva la tête vers son coéquipier.
« Je m'ennuie... »
« Tais-toi ! » Réagit aussitôt le bouclé. « Tu vas nous porter la poisse ! »
Le fils du commissaire haussa les épaules.
« Au moins, on ne resterait pas assis ici comme des cons à compléter ces foutus papiers ! »
« Arthur ! Léon ! Dans mon bureau ! » Tonna soudain la voix d'Uther Pendragon de l'autre côté du commissariat.
Les deux agents grimacèrent. Être convoqué dans le bureau du commissaire annonçait rarement une bonne nouvelle.
« Qu'est-ce que je disais ! » Grogna Léon en lançant un regard noir à son coéquipier. « Toujours envie d'action ? »
L'interpellé trouva judicieux de ne rien répliquer. Les deux agents abandonnèrent immédiatement leur activité précédente sans même prendre le temps de finir leur ligne. Car, c'était bien connu des occupants du commissariat, on ne faisait pas attendre Uther Pendragon sous peine de le regretter amèrement.
Gwen leur offrit son plus beau sourire d'encouragement lorsqu'elle les vit devant le bureau du commissaire. Immédiatement, Arthur prit cet air d'imbécile heureux qu'affichait tous les amoureux en présence de celle qui faisait battre leur cœur. Et lorsque son père leur ordonna d'entrer, il le fit avec détermination, prêt à affronter tous les dragons de la terre pour voir l'admiration briller dans les yeux de sa belle.
Léon ne le suivit étrangement pas avec le même entrain. Lui n'était pas dopé à cette drogue appelée amour.
Uther les regarda tour à tour et ses traits rudes se détendirent un peu à la vue de son fils.
« J'ai besoin que vous me rendiez un service tous les deux... » Finit par expliquer le commissaire, l'air grave.
Les deux coéquipiers échangèrent un regard surpris. Un service ? Pourtant, Uther détestait avoir à en demander. Selon lui, cela vous rendait dépendant des autres et cela plaçait une épée de Damoclès au-dessus de votre tête en attendant que votre bienfaiteur ne vous demande de lui rendre la pareille.
Bon, dans leur cas, cela signifierait plutôt qu'ils n'avaient pas la possibilité de décliner la proposition et que leur seule récompense serait de continuer à travailler dans une atmosphère sereine jusqu'au prochain cataclysme (et être dispensés un petit moment de corvée paperasse). Néanmoins, ce choix de formulation leur avait indiqué la caractère urgent de la chose. D'autant plus qu'il ne faudrait pas qu'elle s'ébruite.
Pourquoi fallait-il que ce genre d'affaires à problèmes tombe toujours sur eux ?
« On vous écoute, Monsieur ! » Fit Léon, s'attendant au pire. « Qu'y a-t-il ? »
« J'ai besoin que vous alliez au labo scientifique et que vous me rapportiez le rapport balistique de l'affaire Fleming... »
Arthur et Léon buguèrent. Quoi ? C'était tout ? Une simple course jusqu'au labo pour récupérer un stupide dossier ? Pas possible, c'était trop facile. Il devait obligatoirement y avoir une arnaque quelque part...
« Mais, Léodagan ne fait pas vos analyses en priorité d'habitude ? » Demanda Arthur, soupçonneux.
« Léodagan a pris sa retraite il y a peu... » Grogna son père, visiblement peu ravi de la nouvelle. « C'est un gamin à peine sorti de l'université qu'ils ont mis à sa place. Et ce petit con a décidé de prendre tout son temps pour ses analyses, histoire de marquer son territoire... »
« Et vous pensez qu'il nous donnera ce rapport ? »
Dans ces moments-là, Léon s'estimait très chanceux d'avoir le fils du commissaire comme coéquipier. Tout autre que le blond aurait été rabroué pour avoir posé une question inutile et mis dehors sans sommation.
« Vous avez à peu près son âge. » S'expliqua pourtant Uther. « Peut-être se sentira-t-il moins obligé si c'est vous qui le lui demandez. Maintenant, dehors ! Et ramenez-moi ce rapport ! »
Il fourra le dossier de l'affaire et le nom du scientifique dans les mains de son fils et désigna la porte d'un signe de tête. Les deux agents ne se firent pas prier et sortirent de ce que beaucoup de jeunes recrues (et pas que les jeunes d'ailleurs) surnommaient affectueusement « Le Val Sans Retour ».
Ils saluèrent Gwen pour lui assurer qu'ils avaient survécu à la convocation, récupérèrent au passage Perceval, entre temps revenu dans leur bureau avec son infâme mixture, et le trio partit en direction du labo scientifique.
SsSsSsS
« Donc, il nous envoie faire ses courses ! » Résuma d'une voix hargneuse Perceval, installé sur la banquette arrière de leur petite voiture de service, après qu'Arthur et Léon lui aient raconté toute l'histoire.
Ces derniers soupirèrent de concert. C'était parfois à se demander comment le Gallois en était venu à entrer dans la police. Il n'avait qu'une confiance limitée en ses collègues, sauf exceptions (à savoir Arthur et Léon) et détestait, voire méprisait, sa hiérarchie. Non, vraiment, le cas de Perceval était une énigme qu'ils devraient tenter de résoudre un jour.
« Non, il nous envoie récupérer un témoignage essentiel à propos d'une affaire délicate. » Le corrigea calmement Léon, au volant. « Dis-toi qu'on va interroger un témoin capital, mais difficile. »
« Mais bien sûr ! » Grommela le grand blond.
« Elyan Smith... » Murmura Arthur, à la place du passager, avant de relever la tête du dossier pour regarder tour à tour ses collègues. « Vous pensez qu'il y a un lien avec Gwen ? »
Léon ne sut jamais si cette diversion avait été intentionnelle ou non. Quoiqu'il en soit, elle fut la bienvenue. Perceval en oublia de maudire Uther, trop occupé à taquiner son fils.
« Tu sais, à Londres, ce n'est pas les Smith qui manquent ! » Sourit le Gallois. « Je sais que c'est dur à concevoir, mais le monde ne tourne pas autour de ta jolie Guenièvre ! »
Léon eut un petit rire qui vexa Arthur. Il lança un regard noir au grand blond avant de se tourner vers le bouclé.
« Dis-moi, Léon, tes recherches pour lui trouver un équipier à taquiner rien qu'à lui, ça avance ? »
« Ça progresse. » Répondit-il mystérieusement. « Ça progresse... »
SsSsSsS
Lorsque Uther leur avait décrit leur nouvel expert scientifique comme sortant à peine de l'école, Léon avait pensé qu'il s'agissait de leur faire comprendre que ce n'était qu'un petit prétentieux sans expérience qui pensait savoir tout mieux que tout le monde – même s'il devait y avoir un peu de ça aussi. Mais, à leur grande surprise, Elyan Smith semblait vraiment avoir obtenu son diplôme la veille.
Sans aucun doute plus jeune que lui, il ne devait certainement pas être plus âgé qu'Arthur et Perceval qui avait respectivement vingt-huit et vingt-sept ans. Et il n'avait pas encore perdu le plein de confiance que l'on engorgeait en recevant son diplôme.
« C'est non. » Fit-il, catégorique, lorsque ses visiteurs lui expliquèrent la raison de leur venue. « Pas de favoritisme. Le commissaire Pendragon n'a qu'à patienter comme tout le monde ! »
« C'est une affaire délicate. » Tenta très diplomatiquement Arthur. « Nous avons vraiment besoin de ce rapport. »
« Eh bien, je le mettrais dans la pile "Urgent"... Comme les dix dernières demandes d'expertise qui sont arrivées ces deux derniers jours ! »
Et, sur ces paroles, le jeune scientifique leur tourna le dos et se remit à travailler comme si les trois policiers n'existaient pas.
« Culotté le gamin ! » Siffla beaucoup moins diplomatiquement Arthur entre ses dents, se moquant pas mal d'être à portée d'oreilles du dit gamin (puisqu'il les ignorait comme un enfant, le blond ne voyait aucun problème à lui rendre la pareille).
« Arthur... » Soupira Léon, qui n'avait pas tellement envie de voir leur rapport dégringoler en bas de la pile parce que son coéquipier avait vexé le scientifique.
Elyan releva brusquement le nez de son écran et considéra Arthur d'un œil nouveau. Un fin sourire s'étira alors sur les lèvres du jeune homme.
« Bon, puisque vous avez fait tout ce chemin pour ce rapport et qu'il est presque terminé, je veux bien vous le donner... »
Les trois policiers échangèrent un regard soupçonneux. Ce brusque revirement de situation et le ronronnement dans la voix du scientifique leur évoquaient autant de confiance qu'une Morgane Fay qui débarquait comme un démon dans leur bureau pour leur demander un service. Elle puait les problèmes, cette histoire...
Pourtant, pas le choix. S'ils rentraient les mains vides alors qu'ils auraient pu revenir avec le Graal, ils étaient bon pour subir les représailles d'Uther pendant un long moment (et, cette fois-ci, fils ou pas, ils allaient déguster). Ils avaient besoin de ce rapport !
« Je dois juste vérifier un petit détail » Les prévint Elyan. « Ça ne sera pas long. Si vous voulez, vous pouvez venir avec moi... »
Flairant le piège à plein nez, ils hésitèrent un instant. Néanmoins, refuser, c'était prendre le risque qu'il revienne sur sa décision de les faire passer en priorité.
Ils suivirent donc le scientifique dans ce qui ressemblait à une salle de tir, avec cible de forme humaine accrochée à distance raisonnable. Elyan déverrouilla une armoire de fer située dans un coin de la pièce et en sortit une boîte contenant une arme à feu.
« Alors comme ça, c'est vous Arthur Pendragon... » Fit-il en chargeant l'arme sous les yeux pas très rassurés des trois autres.
« On se connaît ? »
« Non, mais ça va venir ! »
Et, tout à coup, sans prévenir, il vida le chargeur sur une des cibles. Toutes les balles vinrent se loger dans une partie bien particulière de l'anatomie masculine.
« Guenièvre Smith, c'est ma grande sœur ! »
SsSsSsS
Gwen discutait avec Merlin lorsqu'ils revinrent, auréolés de gloire, le précieux rapport dans leurs mains. Quand elle les aperçut, la métisse se détourna de l'informaticien pour lui offrir son plus beau sourire.
Aussitôt, Arthur prit la poudre d'escampettes, prétextant devoir apporter le rapport à son père. La secrétaire et le jeune homme le regardèrent s'éloigner, étonnés.
« Ben, il a son ex aux trousses ou quoi ? » Demanda l'informaticien, amusé.
« Il a eu une dure journée... » Éluda Perceval, un petit sourire aux lèvres avant de se tourner vers Gwen. « Tu ne nous avais pas dit que ton petit frère travaillait comme scientifique au labo... »
Son visage s'éclaira à la mention de son cadet.
« Elyan ? Oui, il a commencé il y a quelques semaines... Je voulais vous faire la surprise... »
« Ah ça pour une surprise... » Murmura Léon, pas encore tout à fait remis de leur rencontre.
« Il est charmant, pas vrai ? »
« Charmant, en effet... »
Et voilà ! Bonbons ou tomates ? Dans tous les cas, merci d'avoir pris le temps de lire ce texte !
Pour ceux que ça intéresse, Léodagan, dans la légende arthurienne, est le roi de Carmélide et le père de Guenièvre. Et, si l'on ajoute l'interprétation du personnage par Lionel Astier dans Kamelott, le poste d'expert en balistique et mentor d'Elyan semblait tout trouvé !
Je rappelle que, si vous avez des idées à proposer pour la suite des opérations, je suis tout ouïe...
Autre chose : j'ai un autre texte qui n'a plus qu'à passer à la correction... Est-ce que vous préférez que je le publie la semaine prochaine, avec le risque de ne plus en avoir pendant un petit moment, ou que j'attende encore un peu avant de le faire ? À vous de choisir !
Que la pythie soit avec vous !
Nerya
