Disclaimer: Fire emblem Three houses n'est pas à moi. Je ne fais que m'amuser avec les personnages.

Couple: claurenz

Genre: Hurt/Comfort, Romance, Amitié, soulmates AU

Note: Cette histoire se déroulera dans un univers où la route des cerfs et celle des Lions fusionnent ensemble.


Partie 2: Âmes-Sœurs


Il n'aurait jamais avoué qu'il regardait régulièrement la marque sur son poignet. Chaque soir et chaque matin. Pour être sûr que Lorenz était toujours vivant. Pour s'assurer que le nom sur son poignet n'avait pas virer au blanc. Chaque jour il était soulagé. Mais aussi, chaque jour il guettait une lettre, mais sans succès. Il n'était pas surpris que Lorenz ne puisse pas communiquer vu les circonstances. Il avait écrit une lettre lui-même, mais, craignant qu'elle ne soit pas transmise à son destinataire et que cela leurs apporte des soucis, avait laissé tomber.

Que le comte empêche son fils de communiquer ne l'étonnait pas du tout. Il avait déjà laisser l'empire s'emparer de son territoire à la condition de pouvoir continuer à le gérer. Et s'était fait passer pour la victime auprès de la table ronde, gardant son fils comme otage, le laissant sur son territoire quand il venait à la capitale de l'Alliance. Et il justifiait cette absence avec des excuses bancales.

Il aurait du lui dire.

Il aurait du insister pour que le jeune Gloucester vienne avec lui à la capitale de l'Alliance.

Il aurait du lui dire qu'il était Khalid.

Lui demander, lui ordonner de rester avec lui. En sécurité.

Ca aurait été préférable.

Pour tout le monde (sauf leurs ennemis).

Il avait renoncé à trouer une solution, vu qu'il avait les mains pleines à cause de la situation et de la guerre. Foutu comte. Savait-il que son héritier pouvait fuir? Qu'il pourrait en avoir l'idée ou le désir? Qu'il avait déjà tenter de le faire peut-être? Claude ne savait pas, vu qu'il n'avait aucune nouvelle. Il n'avait eu aucune lettre, juste quelques rumeurs. Et ça le stressait un peu plus chaque mois. Encore plus avec la guerre qui empirait jour après l'autre. Edelgard ne savait pas quand s'arrêter.

Savait-il que son héritier allait lui tourner le dos? Pouvait avoir le désir de le trahir, de choisir le jeune duc de l'Alliance plutôt que l'impératrice? Peut-être.

Et Claude ne pouvait pas faire grand chose: Le comte était le père de Lorenz, même si Lorenz était adulte maintenant. Mais il ne pouvait pas l'emprisonner comme ça. Les conséquences pourraient retomber sur le fils Gloucester. L'empire était plein de sadique, surtout Hubert. Et pour s'emparer du territoire, tuer l'héritier de cette famille serait idéal.

Pouvait-il faire quelque chose? Non. Malheureusement il n'avait pas de raison d'agir là-dessus.

Et il était impuissant. Impuissant à gérer ses sentiments quand ils entraient en contradiction avec son devoir de duc.

Et ça le frustrait au plus haut point.

Mais que pouvait-il faire?

Ordonner que Lorenz soit là? Ca n'aurait aucun sens vu que le jeune homme n'avait aucun pouvoir dans sa famille. L'homme ne voudrait pas perdre son héritier en le laissant entre les mains du duc. D'ailleurs c'était la preuve qu'il était un traître qui soutenait l'empire, même si il ne l'admettrait pas, pas aussi rapidement sans doute.

Claude pourrait demander que Lorenz soit emmené ici comme preuve de bonne foi, ou comme otage en attendant que le comte prouve qu'il n'était pas un ennemi mais il connaissait son adversaire. Il trouverait une brèche, et s'en tirerait en manipulant les autres nobles. Donc, il allait devoir attendre qu'une occasion se présente. Afin d'agir comme il le désirerait.

Il aurait du, vraiment du, lui dire qu'il était Khalid.

Même si ça aurait été trop risqué de le faire...

...C'était de sa faute.


Lorenz écrivait dans ses moments de libre. Sa plume dansait sur le papier, les mots se déversant sur le parchemin. Des mots qui venaient dans son esprit, remplissant de nombreux carnets qu'il dissimulait dans son bureau. Des mots qui venaient droit de son cœur. Il connaissait l'identité de son âme-soeur. Il savait son nom. Il savait qui il était, ce qu'il était. Un prince Almyrian. Le futur roi d'un pays qu'il ne connaissait pas, d'un pays baigné de soleil. Si il ressemblait à Cyril, il avait des cheveux sombres, une peau bronzée, des yeux brillants.

(Verts)

Il ne savait pas pourquoi il en était si certain. Comment il pouvait être si sûr de la couleur de SES yeux. Mais il était certain qu'ils étaient d'un vert brillant, magnifique. Comme deux oasis de verdure sous le soleil, disait la partie poète de son esprit, appréciant l'image qui lui venait à cette pensée.

Il ne comprenait pas d'où venait cette certitude.

Il écrivait sur un bel éphèbe dans un palais, vivant dans un palais aux pierres blanches, sous le soleil brûlant du désert. Il avait réussi à voir des dessins de voyageurs dans un livre obtenu grâce à Anna. Il se documentait sur le pays de celui qui lui était destiné, même si...personne ne le laisserait être avec cette personne, personne ne le laisserait tenter de le trouver.

Il ne rencontrerait jamais Khalid si les choses continuaient comme ça.

Edelgard ruinait sa vie, ses plans, ses projets, la cohésion de l'Alliance pour ses projets égoïstes et égocentrique. Et maintenant elle ruinait ses espoirs de trouver la personne dont le nom ornait son poignet trop pâle.

Il aimait écrire sur cet être qui était destiné à le rencontrer un jour. Même si cela n'avait que peu de chance d'arriver...mais pourquoi seraient-ils liés dans ce cas? Si ce n'est parce qu'ils étaient destinés à se rencontrer un jour, comme Seteth le lui avait affirmé sans douter un seul instant de ses paroles? C'était logique non?

Lorenz y pensait souvent, surtout après des moments de solitude, de faiblesses. Il y pensait à des moments où il se sentait horriblement seul, loin de ses amis. Il y pensait quand il regrettait cette année au monastère, loin de son père. Quand il était apprécié et qu'il était aimé par ses camarades.

Mêmes les taquineries de Claude lui manquaient. Claude avait des avis et des projets intéressants. Lorenz avait parfois eu des doutes, mais avec les mois qui s'étaient écoulés, il avait réalisé le génie du futur duc. Et il regrettait leurs longues discussions.

Sur un prince aux nom si beau, destiné à régner sur un pays aussi grand que beau.

Ses yeux était des oasis de verdure...Son sourire réchaufferait le plus glacé des cœurs.

Il ne le rejetterait pas, n'est-ce pas? Il lui laisserait une chance, une chance de le connaître, se se connaître mutuellement. N'est-ce pas?

Il avait apprit l'almyrian. Secrètement. Peut-être que son accent n'était pas parfait. Mais il arrivait à lire cette écriture, et à l'écrire, ce qui était déjà un bon début. Pour le parler, il faudrait pratiquer petit à petit, avec des gens de cette origine. Mais ça n'arriverait pas de si tôt. Malheureusement. Et il ne pouvait (voulait) pas harceler Cyril qui semblait avoir de mauvais souvenirs lié à son pays natal.

Il n'avait pas grand chose à faire quand il se retrouvait seul dans le domaine. Quand son père partait à Dedriu. Sans lui. Il était bel et bien conscient que Lorenz pourrait le trahir. Et il le forçait à rester au domaine, le faisait espionner par le personnel, suivre dans ses déplacements comme si il était un prisonnier et non son héritier.

Des mois passèrent, trop lentement. Il se comportait bien, très obéissant afin qu'ILS baissent leur garde. Que son père cesse de se méfier de lui. Et qu'il cesse de l'enfermer au domaine, qu'il cesse de le faire surveiller par les serviteurs. Même si certains étaient quand même de son côté et mentaient pour le protéger. Lorenz avait décidé de fuir, et il planifiait son plan de fuite pendant des mois. Préparant les détails avec minutie.

Pour garder courage et espoir, il suivait les marques sur son poignet, encore et encore. Ca réchauffait son cœur. Ca le faisait sourire le soir quand il se couchait et le matin quand il se levait, assez pour qu'il débute la journée avec courage.

Il voulait retourner à Dedriu. Aider l'Alliance contre cette invasion. De défendre sa terre, de la libérer. C'était son plan, son rêve, sa décision. Il ne pouvait pas rester ici et agir comme son père voulait qu'il agisse. Il ne pouvait pas faire ça et fermer les yeux sur les horreurs commise par l'empire. Sur l'injustice de tout cela. Il voulait quitter la cage de l'Empire, s'échapper de cette emprise qu'il rejetait. Il refusait d'aider les ennemis de sa patrie, il refusait de risquer sa vie pour une cause qu'il refusait de joindre, qu'il était forcé d'aider à cause de son père.

Il voulait retrouver ses amis les Cerfs d'Or. Des gens à qui il avait apprit à faire confiance, des gens en qui il croyait. Il voulait retrouver Claude. Le chef qu'il avait décidé de suivre, celui qu'il avait choisi et pour qui il était prêt à trahir son père.


Claude avait tellement changé. C'était normal en cinq ans. Bien entendu. Tout le monde avait changé, sans exception. Enfin la professeur, Seteth et Flayn n'avaient pas changé du tout.

Lorenz lui-même voyait à quel point il était différent avec ses cheveux longs. Un style qu'il avait toujours voulu avoir. Hilda et Marianne lui avaient toutes les deux affirmées que ça lui allait vraiment bien. Un compliment qui lui avait fait plaisir. Encore plus quand Claude lui avait sourit et avait dit que ce style lui correspondait parfaitement bien.

Et il devait bien admettre qu'il n'était pas le seul à avoir changé. Claude avait maintenant une légère barbe, il avait coupé sa tresse. Et ses vêtements lui donnait un aspect royal. Bien plus adulte. Il avait vraiment l'air d'un chef. D'un homme qu'on avait envie de suivre, de croire et d'écouter. Il se refusait à admettre qu'il avait regardé son chef du coin de l'oeil, encore et encore. Se faisant malgré tout surprendre plusieurs fois. Mais le duc ne l'avait pas mal prit, lui faisant un clin d'oeil qui l'avait fait rougir malgré lui.

Quand Lorenz et lui eurent enfin un moment seul à seul, loin des autres, le jeune duc lui sourit, réellement et sincèrement. «Tu vas bien Lorenz? Je me suis inquiété pour toi ces derniers mois.

- Oui. Je vais bien. Désolé de ne pas avoir donné...de ne pas avoir fait en sorte que mes lettres arrivent. Mon père les a surement intercepté. Même celles que j'ai envoyé à Hilda. Elle n'en a reçu aucune. Marianne non plus.

- Tu n'as pas donné de nouvelles pendant cinq ans, j'étais inquiet que tu sois retenu prisonnier dans ta propre maison. Je suppose que tu n'as pas reçu mes courriers. Comme je n'ai pas reçu les tiens.»

Pourquoi son cœur ne voulait pas se calmer? Pourquoi il était incapable de détourner son regard. Il était incapable de cesser de regard les pupilles vertes comme des aiguilles de pins. «Ha...J'en ai reçu certains, quand mon père ne se trouvait pas au domaine. J'ai après mis en place un système pour avoir mon courrier sans que ça passe par lui. J'ai réussis à contacter Léonie et Ignatz. Mais...c'était difficile. Il voulait me couper de l'Alliance et de la résistance que tu avais mise en place. Mais j'ai réussi à tromper sa vigilance et à venir ici.

- Evidement, je n'en attendais pas moins de toi. Si tu n'étais pas venu, j'aurais lancé une attaque sur le territoire de ton père.

- Pour me sauver?

- Officieusement. Officiellement, parce que ton père aurait trahi l'Alliance. Je n'aurais pas pu attaquer le comte sans une bonne raison. Malheureusement ils ne te voient surement pas comme tel.

- Je suis cependant déçu que tu n'ai pas reçu mes lettres. J'avais pourtant espéré que certaines étaient passés.

- Ha, je suppose que quelqu'un a tout fait pour briser le contact entre nous. Dommage mais ton père ne peut plus nous tenir à l'écart l'un de l'autre maintenant.»

Lorenz hocha la tête, la gorge sèche, troublé à l'idée de rester pendant des journées entières avec le duc Riegan. Pourquoi était-il si troublé en sa présence? Ce n'était pas normal. Heureusement qu'il ne lui avait envoyé aucun de ses poèmes. Il serait sans doute mort de honte si son père les avait lu. Ou si ses poèmes avaient été brûlés après le mal qu'il s'était donné en les écrivant.


Claude lui posa la main gauche sur le front, après avoir retiré ses gants de cuir, pour estimer sa température «Et bien, tu as une sacré fièvre. Heureusement Manuela a dit que tu serais guéris très rapidement. Elle reviendra ta voir tout à l'heure. Tu as besoin de repos, c'est tout. Et ça ira mieux sous peu. Pas d'inquiétude. Tu devrais même être remis pour la prochaine mission.

- ...» Lorenz grogna faiblement, ignorant le regard inquiet de Claude. Il se sentait détaché de la réalité. Il avait du mal à se concentrer. Et à comprendre les paroles de son leader, ou à mettre un sens sur ses mots. Il était à bout de forces, et luttait pour ne pas se rendormir, trop épuisé pour réfléchir. Mais il résista au sommeil, pour écouter ce que l'autre disait. Mais il avait du mal à s'accrocher à la réalité.

Foutu fièvre.

Il avait l'impression d'être dans un brouillard épais.

Et il avait l'impression que ses sens étaient ouatés.

Le jeune aux cheveux bruns soupira, blasé et continua, plus lui-même que pour son allié «Tu peux oublier ta fierté un instant? Tu as besoin d'aide, tu es faible pour le moment. Je ne vais rien te faire d'autre que t'aider.» Il fronça les sourcils, se mordant la lèvre et soupirant «Tu aurais du le dire avant que tu n'allais pas bien. Tu ne serais pas cloué au lit maintenant. Manuela va te faire la leçon quand tu iras mieux. Prépares-toi.

«Tais-toi» bafouilla-t-il, fermant les yeux. Il était trop fatigué pour réagir ou pour réfléchir. Cependant il n'allait pas se laisser taquiner dans une telle situation. Même par Claude. Surtout par Claude.

Jamais.

Il ne pouvait pas lui laisser un avantage.

Surtout quand il ne pouvait pas se défendre.

Le jeune Riegan sourit, sans se fâcher devant cette réponse, disant d'un ton plus joyeux «Ha finalement. Tu as retrouvé ta langue ~» Il attrapa une serviette blanche, et un broc d'eau tiède «Tout le monde est occupé, alors je vais t'aider à essuyer ta peau. Je vais t'aider à te rafraîchir et à te changer. Tu te sentiras mieux. Ca aidera ta température à baisser. Allez je vais te relever en position assise.

- Je ne transpire pas à cause de la fièvre» s'obstina Lorenz, reculant légèrement sur le matelas. Et il n'allait pas se déshabiller devant lui. Il n'avait pas besoin de lui.

Claude haussa un sourcil, amusé. «Tu mens très très mal. Et tu es bien prude. Et tu ne peux pas le faire seul. Sois raisonnable.

- Tu ne me verras pas torse nu. Je ne me déshabillerais pas devant toi.

- On est fait pareil tu sais. Et puis on est déjà allé une ou deux fois au sauna ensemble hein!? Je ne me souviens pas que tu te sois montrer gêné ce jour-là. Plutôt agacé. Je me souviens que tu avais une moue furieuse du début à la fin.

- …

- Tu peux garder ton bracelet tu sais? Je ne vais pas fouiner là-dessus. Tu le sais pourtant très bien.

- Tu l'as déjà vu de toute façon.» Lorenz finit par obtempérer, s'essayant malgré sa tête qui tournait, avec l'aide de son chef, et retira maladroitement sa chemise. «Dépêches-toi dans ce cas» Se mettre à moitié nu devant son rival (Ami? Supérieur? Chef? Duc? Parasite qui occupait ses pensées?) le gênait un peu. Il était fatigué, il avait terriblement chaud et il se sentait vraiment poisseux, suant à cause de la fièvre qui le dévorait. Dormir lui semblait être la meilleure idée pour le moment. Se reposer lui permettrait de reprendre des forces.

Claude eut un petit rire. Amusé. Et fier de lui. «Voilà. Tu vois? Ce n'est pas si terrible non?»

L'autre hocha faiblement les yeux. Il toussa un peu. «Merci Claude. Tu avais raison. Ca me fais du bien.

- ho tu me remercie? Tu dois être plus malade que je ne le pensais.» taquina le chef de l'armée, soulevant un sourcil «C'est à marquer d'une pierre blanche. je m'en souviendrais toute la vie.»

Leurs yeux se croisèrent. «J'aime tes yeux.» dit soudainement le future comte, sans vraiment réaliser ce qu'il disait, sa haute température l'empêchant de réfléchir et de se retenir de dire certaines choses qu'il pensait. «Ils sont magnifiques.»

Les pupilles vertes s'écarquillèrent alors que les joues brunes rougissaient et que leur propriétaire murmurait «Ha...merci. Tu ne vas vraiment pas bien pour dire un truc comme ça.

- Mon âme-soeur a les yeux verts aussi. Comme les tiens. Je ne sais même pas comment je sais ça. Mais j'aime cette couleur. C'est pour ça que j'aime tes yeux.

- Vraiment?» Maintenant Claude était intéressé. Il semblait même trop intéressé, et Lorenz aurait trouvé ça louche si il avait pu réfléchir correctement «Comment l'as-tu découvert? Je me pose vraiment la question.

- Je me suis réveillé un jour avec cette certitude. Je ne sais pas d'où ça vient.

- Peut-être ton instinct. Tu désire si fortement le rencontrer que le lien a réagi. Et t'a donné une information. C'est assez rare que cela arrive cependant. Tu dois vraiment éprouver un manque. Je crois que tu devrais arrêter de parler avant de dire quelque chose que tu devrais regretter.

- Je ne pourrais jamais le rencontrer. A quoi ça sert de le vouloir? C'est sans espoir.»

Claude retira la serviette et la replia, aidant ensuite l'autre noble à mettre une chemise sèche. Puis il passa les doigts dans les cheveux violets pour les remettre en place. Sa voix était très (trop) calme quand il affirma «Il ne faut jamais dire jamais. Ne te décourage pas.

- Expliques moi comment je pourrais rencontrer le prince d'Almyra?

- Lorenz.

- C'est impossible. Je suis condamné à être loin de lui pour toujours. Peu importe ce que moi je ressens.

- Écoutes...

- C'est une malédiction. Pour lui comme pour moi.

- Je ferais tout pour la paix avec notre voisin quand la guerre sera finie. Et tu feras parti de la délégation de paix. Tu le rencontreras, j'en suis certain. Je ferais en sorte que tu le puisse. Sans que personne n'ait quoique ce soit à dire. Ainsi tu auras la liberté de décider, de choisir par toi-même.»

La fièvre empêchait toujours Lorenz de réfléchir correctement, le coupant de la réalité. Presque sans s'en rendre compte il murmura, doucement, à moitié conscient, incapable de faire la différence entre les mensonges, les manipulations, le rêve et la réalité. «Claude? A ton avis...

- Oui?

- Tu pense que Khalid pense à moi? Que je suis quelque chose pour lui? Quelqu'un? Et pas juste un nom sur sa peau?» Il ne savait pas pourquoi il disait ça à son rival, à son duc, à son allié, à son ami. «Qu'il m'apprécierais si je le rencontrais.»

Pourquoi se confiait-il à son leader?

Sur une peur stupide qui n'avait aucun lieu d'être?

Sur une angoisse absurde?

Claude n'en avait rien à faire de ses états d'âmes. Il promettait déjà beaucoup, et surement uniquement car il avait ses propres projets. Il ne donnerait pas autant de mal pour lui autrement. Il était si idiot. Admettre une telle faiblesse, une pensée qui le torturait. Et puis, comment Claude pourrait savoir? Pourrait répondre?

Il sentit plus qu'il ne vit le duc se pencher sur lui, sentit sa main sur son front. Mais il ne vit pas le sourire triste de son chef, ou son regard indéchiffrable «Je suis certain que tu occupe une part non négligente de ses pensées. Que tu es aussi important pour lui qu'il l'est pour toi.»

Et il sombra dans un sommeil plus apaisé qu'avant, même si il n'avait pas compris les mots qui lui avaient été dit.


Quand il ouvrit faiblement les yeux, plus tard, se sentant quand même un peu mieux, Claude n'était plus là (ses souvenirs étaient flous à ce sujet d'ailleurs) mais une autre amie était présente. Elle lisait quelques chose. Quand elle remarqua qu'il était réveillé, elle se redressa et sourit. «Alors. On est revenu à la réalité? Tu as eu de la fièvre pendant trois jours. Tu nous as inquiété tu sais?

- Je crois. Je me sens mieux.» Il déglutit, avec difficulté. Il mourrait de soif.

Alors qu'elle vérifiait sa température, elle fronça les sourcils. «Oui elle semble être pratiquement tombée. J'irais le dire à Manuela quand je m'en irais. Elle viendrait faire un bilan de ton état.» Elle lui tendit un verre d'eau qu'il attrapa et but avec avidité. «Tu vas devoir te reposer pendant quelques jours, ou alors ne surtout pas forcer.

- Je suis désolé d'avoir posé tant de problèmes. C'était indigne de mon rang.

- Ne sois pas ridicule.» Elle roula des yeux. Soupirant. Comme si il disait une chose absurde «Ca n'était pas de ta faute. Tout le monde peut tomber malade.

- Quand même.» Il mettrait les bouchées doubles pour rattraper son retard causé par la maladie. Il allait devoir s'entraîner un peu plus, c'est tout.

Soudain la fille aux cheveux roses sourit diaboliquement «Dis donc Lorenz. Je ne savais pas tout de toi hum?

- Quoi?

- Tes poèmes.»

Il sentit son cœur s'arrêter quand il vit que Hilda tenait son plus récent carnet entre ses doigts manucurés. Elle avait un petit sourire en coin «Ne les lis pas!» s'écria-t-il, paniqué, un sentiment d'horreur grandissant en lui. «Ca parle de...

- De la personne qui a volé ton cœur?

- Ne lis pas!» Il supplia, tendant faiblement la main pour attraper son recueil. «C'est personnel.

- Trop tard. Je m'ennuyais en te veillant, en attendant que ta fièvre tombe et que tu te réveille. Et je l'ai trouvé. Un peu de lecture dans cette chambre trop silencieuse.» Elle le feuilleta, amusée. «Dis donc, le bel éphèbe que tu décris dans tes écrits ~

- Hilda.

- Ce prince aux yeux forestiers, venant de l'Est. Ce jeune homme aux boucles sombres. Et au teint doré.» Son sourire s'élargit de plus en plus alors que ses yeux pétillaient d'amusement «Tiens tiens tiens...ça me rappelle quelqu'un.

- Arrêtes, s'il te plaît.» Ses joues se colorèrent de rouge, alors que la gêne enflait en lui comme une vague. Comment ça, ça lui rappelait quelqu'un? Quand il y pensa, il réalisa que ça correspondait à ...non non. «Ce n'est pas...

- On dirait Claude quand même.»

Il rougit. Non. Il parlait de son âme-soeur dans ses poèmes. Claude avait des yeux émeraudes comme le prince par hasard. Il ne parlait pas du jeune duc. Il parlait d'un être qu'il n'avait jamais vu. Celui dont le nom était gravé sur sa peau. Pas du tout. «Non.»

Ridicule.

Absurde.

«Ce n'est pas Claude.»

Elle pouffa avec amusement, comme si elle ne le croyait pas et qu'elle était certaine qu'il mentait. Il rougit encore plus, le visage virant à l'écarlate. D'accord il n'avait aucune preuve que son âme-soeur ait les yeux de cette nuance feuillage. Mais il en était certain. Comme si il les avait vu de ses propres yeux. Mais il ne pouvait pas le dire. Il ne pouvait pas dire à Hilda que son âme-soeur était le prince d'Almyra. Il se condamnerait sans aucun doute. Et même Claude ne pourrait pas le sauver face aux nobles qui le rejetteraient.

Inutile que le duc risque son titre pour lui.


Son âme soeur ne ressemblait pas à Claude.

Pas du tout.

Il tentait de s'en convaincre. Encore et encore. Presque tous les jours. Parfois ça l'empêchait de dormir. Et il se posait des questions, relisant encore et encore ses poèmes. Non. Ca ne ressemblait pas à Claude. N'est-ce pas? Ca ne pouvait pas être Claude. Il parlait de son âme-soeur, pas de...Il se massa les temps, fatigué de se justifier.

Ridicule. Impossible.

Ca n'était pas vrai.

Même si ils avaient tous les deux les yeux verts. Et des cheveux sombres. N'est-ce pas? Avait-il mit le visage de Claude sur l'idée de son âme-soeur? Parce que Claude lui plaisait? Non. C'était ridicule. Ridicule. Absurde. Même si le physique de Claude lui plaisait, il devait bien l'admettre. Il se demandait parfois ce qui se cachait derrière le bracelet de cuir sur le poignet du jeune duc.

Et se surprenait à le regarder assez souvent, parfois avec un peu trop d'insistance. La seule fois où Claude l'avait surpris, il lui avait sourit avec un rien de taquinerie. "Tu es curieux ou tu veux juste équilibrer les scores?

- Ne...ne sois pas ridicule, je ne tomberais pas aussi bas!"

Il se répéta dans l'obscurité, le cœur battant "Claude et Khalid n'ont rien à voir." Même si il doutait de plus en plus. Même si quelque chose ne se sentait pas...même si quelque chose n'allait pas.

Peut-être qu'en se le répétant encore, et encore, il allait s'en persuader?

"Pourquoi osait-il les comparer? A cause de la folie de Hilda?" Il en voulait un peu à son amie. Même si il n'était pas surpris par ses actions. Celle-ci avait eu l'audace de lire un de ses poèmes au réfectoire, devant tous le monde. Il avait cru mourir de honte. Et avait vu Claude s'étouffer avec sa boisson, se mettant à se frapper la poitrine en toussant.

Sans doute ayant lui aussi remarqué la ressemblance?

Il n'avait pas osé lui poser la question.


Failnaught brillait au sol, comme appelant son maître. Claude grimaça de douleur en appuyant sur sa blessure. Heureusement ça n'était pas grave. Heureusement un soin bien lancé et ça ne serait plus qu'un mauvais souvenir.

Lorenz aida son chef à s'appuyer contre le tronc d'arbre. "Tout va bien?

- Ca ira quand Marianne aura lancé ses sorts de soins.

- J'aurais du mieux étudier la magie blanche.

- tu as déjà fait assez. Tes tentatives ont au moins diminué la douleur." Il eut un sourire fragile, reprenant de petites inspirations pour lutter contre les élancements.

Lorenz regrettait vraiment de ne pas avoir étudier la foi plus qu'il ne l'avait fait. Dans une guerre, tout le monde aurait du connaître les bases. Il allait changer ça dès qu'ils seraient de retour au monastère. Et il allait étudier pour changer ça. Ca ne se reproduirait plus. Il allait travailler ça pour que ça n'arrive pas.

"Laisse moi revoir ta plaie."

Claude eut un mouvement de recul "non c'est bon. Pas la peine. Ne fatigue pas ta magie pour ça, je peux tenir jusqu'à ce que les autres arrivent."

- Ne fais pas l'enfant." gronda le noble aux cheveux violets, roulant des yeux. Il lui attrapa le poignet pour écarter sa main "Respire doucement. Ca aidera à supporter la douleur."

Il lança un faible sort de soin, et Claude eut un geignement de douleur. "Tu ferais mieux de surveiller les environs plutôt que de gaspiller ton énergie pour de trop petits sorts. Ca peut attendre l'arrivée de Marianne de de Lysithéa." Lorenz l'ignora et lança un nouveau sort, et le jeune duc se laissa aller contre le tronc, résigné. Poussant un profond soupir, abandonnant toutes protestations. "On ne peux rien te dire hein?

- Je fais mon devoir. C'est mon devoir en temps que noble de l'Alliance, en tant qu'allié, et en tant que camarade. Je ne peux pas laisser le futur duc perdre tout son sang sans que je fasse quoique ce soit.

- Bien sûr." admit Claude avec un petit sourire en coin. Hochant la tête avec amusement, il répliqua d'un ton taquin, mais affectueux: "Comme toujours. Hum?"

Le jeune Gloucester rougit, ses joues devenant écarlates. "Pense ce que tu veux. Je ne pourrais pas te faire changer d'avis non?

- hey. Je te connais maintenant? Tu ne peux plus me surprendre. Et tu me connais également assez non?

- Tu es bien arrogant de penser me connaître aussi bien que je me connais." Il rassembla sa magie pour lancer un nouveau sort, se demandant pourquoi son cœur battait aussi fort et aussi vite. "Et oui tu ne peux plus me tromper aussi souvent qu'avant"

Ce n'était rien.

Probablement la fatigue.

Probablement l'adrénaline de la situation.

Probablement la crainte d'être surpris.


Il avait embrassé Claude. Il n'arrivait pas à le croire. Comment avait-il pu faire ça? Lui donner un baiser? Comme ça? Durant une fête suite à la victoire sur Edelgard et celle sur Thalès.

Il aurait pu blâmer l'alcool mais ça ne changeait rien. C'était quand même arrivé.

Il avait pensé qu'il ne pourrait plus regarder Claude en face. Il était horriblement gêné malgré les paroles apaisantes de son chef qui lui assurait que ce n'était pas grave du tout.

Mais les événements se succédèrent trop vite.

Bien trop vite.

Et le combat final eut lieu contre une armée de gens morts depuis des lustres.

Claude était partit. Deux jours après avoir battu Némésis. Il l'avait salué, avec un sourire, lui donnant une étreinte plus qu'amical, lui disant qu'il allait lui manquer. Et Lorenz avait sentit son cœur chavirer. Il aurait voulu protester, lui dire de rester mais les mots lui avaient manqué.

"Je reviendrais. Je te le promets. Ce ne sera pas définitif. C'est aussi pour le bien de Fodlan que je fais ça."

Il n'avait rien dit de plus. Restant muet face aux questions. Refusant de lâcher la moindre information sur là où il allait, ou sur ce qu'il allait faire. "Je ne peux pas encore te le dire, mais je te le dirais quand je reviendrais. C'est autant pour ta sécurité que pour la mienne. Pour vous, ceux que je laisse à Fodlan, comme pour moi, je dois garder le secret pour le moment."

Il quittait Fodlan alors?

Il n'y avait pas beaucoup d'endroits où il pouvait se rendre.

"Je te fais confiance Claude.

- Quand ça sera fini, je te promets, j'aurais des choses à te dire.

- Et moi je serais le comte Gloucester quand tu reviendras! Je vais m'occuper de l'Alliance et tu as intérêt à te prouver et à avoir de bonnes excuses pour ton absence pour que je te rende le territoire."

Claude avait rit, plissant les yeux "Je n'en doute absolument pas."

Et il était partit. Oui. Il avait promit qu'il reviendrait dès qu'il pourrait, aussi vite que ça lui serait possible. Qu'il devait retrouver voir ses parents. Qu'il avait une chose très importante à faire. Une chose qui ne pouvait pas attendre.

Lorenz sentait qu'il savait, qu'il se doutait d'où il allait, comme si un instinct lui souffla la vérité.

Mais il refusa d'écouter.

Pas avant d'en avoir la preuve.

Même si il en avait eu des dizaines, de preuves.

Il aida à relever le pays, prenait régulièrement le thé avec Byleth, au monastère, échangeant des nouvelles sur le territoires. Parfois Dimitri se joignait à eux, venu partager ses propres informations avec Byleth et Seteth. Parfois il était trop occupé à son devoir de roi pour se déplacer jusqu'au monastère.

Pas de nouvelles de Claude.

Il voyait certains de ses amis se mettre ensembles, certains liés par la destinée des marques, d'autres non marqués mais amoureux.

Dans ses moments-là, il se sentait terriblement seul. Trop seul. Et regardait sa marque qui ne changeait heureux pas de couleur. Khalid allait bien. Mais il ne voyait toujours pas d'idées sur les possibilités de le voir un jour.

Toujours pas de nouvelles de Claude.

Ca commençait à l'inquiéter.

Il ne pouvait pas arrêter d'y penser, frottant toujours son poignet sans le réaliser, et personne ne le remarquait dans ses moments-là, donc personne ne lui signala.


Jusqu'à ce qu'un jour, dans le ciel, lors d'une bataille contre une armée d'ennemis issues des factions perdantes de la guerre, une wyverne blanche surgit dans le ciel, suivie par une véritable armée d'archers sur des dragons semblables, mais gris, marrons et noirs.

Claude était revenu. A la tête d'une armée d'almyrienne. Habillé de façon royale.

Et fut appelé le "Roi Khalid" par Nader. Et quand il se présenta à ses anciens alliés, avec ce même sourire qu'il avait toujours eu. Dans un salut royal. Et tout dans sa stature et sa voix reflétait le monarque qu'il était désormais.

Khalid. Comme le nom sur son poignet.

Khalid. Le Roi d'Almyra. Cela voulait dire qu'il était prince avant.

Alors..

Alors...

C'était bien LUI.

Son poignet lui sembla brûler.


Il aurait pu dire qu'il était surpris, en colère, déstabilisé, soulagé ou heureux. Mais en même temps il éprouvait un étrange sentiment de libération, comme si un poids était retiré de ses épaules.

Claude était revenu.

Claude était devenu le roi d'Almyra.

Claude et Khalid ne faisaient qu'un.

Depuis le début, son âme-soeur était prêt de lui, et n'avait rien dit. Peut-être pour ne pas révéler d'où il venait vu les relations entre Almyra et l'Alliance, puis avec la guerre. Il était le duc, il ne pouvait lâcher une nouvelle comme celle là.

Surtout à tous ceux qui lui faisaient confiance.

Claude qui pouvait faire venir des renforts directement de Almyra, recruter l'un des plus grands guerriers de ce pays. Ca cachait quelque chose. Claude était trop à l'aise avec eux quand il parlait leur langue, se détendant comme si c'était aussi familier que respirer. Il savait comment les Almyrians réfléchissaient et se battaient. Ils en connaissaient tellement sur ce pays, trop pour l'avoir lu.

Peut-être qu'au fond..

..Lorenz l'avait toujours su, même sans le réaliser, ou le comprendre.

Que Khalid était près de lui.