Ami du jour, bonjour ! Ami du soir, bonsoir !

Une bonne année, pleine de bonheur, merveilles, inspirations et bonnes fics !

Et, pour commencer l'année sur de bonnes bases, un nouvel OS ! Au programme : un Arthur embarrassé, une Gwen énervée et un héros inattendu !

Un grand merci à tous ceux qui ont pris le temps de lire l'OS précédent, et un plus grand encore à ceux qui ont laissé une pythite trace de leur passage. Merci également à Staffy pour la correction de ce texte.

Une bonna pythie lecture !

Disclaimer : Aucun des personnages torturés ci-dessous n'est à moi ! Ils appartiennent soit à la légende, soit à la BBC (ou les deux).


Aussitôt que cette fille avait passé le seuil du commissariat, Gwen avait su qu'elle n'allait pas l'aimer. Grande, des cheveux d'un blond doré, de beaux yeux bleus mis en valeur par ce qu'il fallait de maquillage, habillée à la pointe de la mode et perchée sur des talons tellement hauts que la métisse se demanda comment elle ne se foulait pas les chevilles à chaque pas. Oui, cette fille était une de ces poupées des beaux quartiers, une fille à papa qui avait toujours eu ce qu'elle voulait quand elle le voulait et dont le seul but dans la vie était de n'avoir aucune ride passée quarante ans.

Son impression ne s'était pas arrangée lorsque la blondasse lui demanda de sa petite voix aiguë et suffisante où était Arthur Pendragon. Gwen avait haussé un sourcil, se demandant ce que cette fille voulait à son petit ami.

Alors qu'elle hésitait à la rembarrer avec le plus hypocrite des sourires désolés de sa panoplie en lui disant qu'Arthur était absent, ce dernier était apparu (question timing pourri, on pouvait difficilement faire mieux...). Et, sous les yeux effarés de la secrétaire du commissariat, la blondasse s'était jetée sur son mec en hurlant son nom à tout le commissariat.

Le blond s'était figé, reconnaissant la voix surélevée de la folle furieuse.

« Viviane ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? » Avait-il demandé, gêné, en jetant un coup d'œil dans sa direction.

Il avait grimacé en voyant la cocotte-minute qu'était devenue sa compagne. Parce que, bien sûr, Gwen avait vite compris de quelle Viviane il s'agissait. Viviane Prince, son ex petite amie.

« Il faut absolument que je te parle ! » S'était écriée la blonde, faisant profiter tout le commissariat de leur conversation. « J'ai bien réfléchi ! A propos de nous ! »

S'apercevant que Gwen était sur le point de commettre un meurtre (ce qui, dans endroit rempli de policiers, n'était pas vraiment l'idée du siècle) et voulant éviter l'incident diplomatique, Arthur l'avait emmenée dans un coin plus tranquille, à l'abri des oreilles de la métisse.

À l'abri de ses oreilles mais pas de ses yeux. Gwen ne quittait pas le duo du regard. Elle essayait de s'imaginer de quoi ils discutaient. Puis, quand elle en avait marre de tenter de lire sur leurs lèvres, elle visualisait le petit coup de cygne de cette blondasse entre ses mains et le tordait de toutes ses forces (plusieurs de ses crayons – paix à leur âme – en firent les frais).

« Continue comme ça et tu vas faire flamber le quota de matériel que notre pauvre petit budget nous autorise à posséder ! » Plaisanta la voix de Merlin. « Tu devrais plutôt essayer ça ! »

La jeune femme se tourna vers l'informaticien et le vit appuyé sur son bureau. À côté de lui, Lancelot lui tendait une gomme en forme de bâtonnet mou, un petit sourire dessiné sur le visage.

« Merci ! » Grogna-t-elle en se saisissant brutalement de l'objet.

Ses deux amis se regardèrent, étonnés. D'habitude, Gwen était un rayon de soleil, jamais de mauvaise humeur ou ne préférant pas le montrer. Le problème devait être de taille pour qu'elle soit aussi désagréable.

« Alors, c'est qui cette fille ? » L'interrogea finalement Lancelot après quelques minutes où il avait évalué les risques pour son intégrité physique s'il posait la question délicate.

« Son ex. »

Le mot avait presque été craché.

« Ah ! » S'exclama Merlin en ignorant complètement le ton menaçant de la métisse. « Laquelle ? »

Lancelot jeta un regard admiratif à son voisin. Il fallait avoir un sacré cran pour poser ce genre de question à la jeune femme après une telle déclaration de haine. Ou bien être complètement inconscient.

« Viviane Prince ! » Grogna la secrétaire en tordant avec rage la pauvre gomme que lui avait confié Lancelot. « Pourquoi faut-il que toutes les Viviane soient des salopes ? »

Le Français grimaça. Visiblement, sa mère n'avait pas vraiment laissé un bon souvenir à la métisse... Néanmoins, vu l'humeur déjà exécrable de cette dernière, il trouva plus sage de ne pas remettre ce sujet sur le tapis.

« Tu n'exagères pas un peu ? » Rit Merlin, amusé par les grognements de son amie (et visiblement peu préoccupé de s'attirer ses foudres). « Ils ne font que discuter. Imagine si Arthur crisait à chaque fois que l'inverse se produisait ! »

« On serait pas sorti de l'auberge... » Murmura Lancelot.

« C'est pas pareil ! » Protesta la secrétaire, de mauvaise foi. « D'abord parce que Lancelot ne me colle pas comme une sangsue en manque de liquide corporel ! Et puis, Arthur sait très bien qu'il n'y a plus rien entre nous ! »

L'informaticien lança un regard amusé en direction de son voisin qui avait soudainement trouvé dans la discussion entre Arthur et Viviane un sujet des plus intéressants. Évidemment, le fils Pendragon n'avait pas jugé utile de mentionner à sa belle la discussion houleuse qui avait suivi l'annonce du passé commun de Lancelot et Gwen. En fait, Merlin était certain qu'à part lui, personne n'était au courant – et encore, lui le savait parce qu'il avait surpris les deux concernés alors que Lancelot hurlait au blond que, non, sa présence n'avait rien à voir avec Gwen et qu'il n'avait aucune intention de la reconquérir.

Le Français se redressa brusquement et devint aussi blanc qu'un linge. Alerté par ces signaux d'alarme, le jeune homme risque un coup d'œil en direction de son meilleur ami et de sa sangsue. Viviane était vraiment, vraiment très proche d'Arthur. Un pas de plus et c'était l'annihilation totale de toutes les distances de sécurité imposées par le blond.

L'informaticien espéra un court instant que la situation passerait inaperçue aux yeux de Gwen. Seulement, cette dernière fronça les sourcils en remarqua la mine paniquée de ses deux amis et suivit leur regard pour savoir ce qui les embêtait tant.

Ce fut évidemment le moment choisi par Viviane pour embrasser Arthur.

« La salope ! » S'écria la jeune femme en bondissant comme une furie de son bureau, prête à en découdre avec la blondasse qui osait embrasser son mec.

« Gwen, non ! »

Les garçons ne furent pas trop de deux pour empêcher leur amie de se jeter à la gorge de sa rivale. Néanmoins, après quelques instants de lutte, la secrétaire se figea, au grand soulagement de Merlin et de Lancelot qui avaient de plus en plus de mal à la contenir. Ils en profitèrent pour découvrir ce qui avait réussi à calmer la métisse aussi sec.

Arthur avait repoussé Viviane et lui hurlait de ne plus jamais recommencer. Mais ce ne fut pas ça qui attira leur attention. Une boule de poils brune bien connue dans le commissariat s'approcha doucement du duo. D'abord craintive, elle finit par prendre de confiance et renifler, intriguée, Viviane. Elle éternua, sans doute agressée par le parfum abondant de la blonde.

Et puis, sans que personne ne puisse l'en empêcher, Galaad, leonberg de Lancelot et mascotte du commissariat, leva sa patte arrière et soulagea un besoin pressant sur la jambe de Viviane Prince.

SsSsSsS

Elyan éclata de rire quand Merlin lui raconta l'incident alors que les trois têtes pensantes de l'unité discutaient dans le laboratoire du métis. Gaius, plus réservé, avait juste affiché un sourire amusé. Cela ne l'empêcha cependant pas de secouer la tête, désespéré par les frasques de l'équipe la plus imprévisible d'Uther.

« Et qu'est-ce qui s'est passé ensuite ? » Demanda-t-il, s'attendant au pire.

Merlin dut le remarquer parce qu'il prit un air offusqué.

« Que vas-tu imaginer ? Nous avons été la courtoisie même ! » S'exclama le jeune informaticien. « Après que Viviane ait percé les tympans de tout le commissariat, Lancelot a accouru et s'est confondu en excuse auprès d'elle. Il était rouge... »

« De gêne ou parce qu'il se retenait de rire ? »

« Sans doute un peu des deux... Bref, il lui a fait son numéro de charme, lui a servi avec le plus beau des sourires quelques excuses bidons qu'elle a gobés sans problème, a grondé un peu Galaad pour la forme et l'affaire était réglée ! Viviane en a presque oublié Arthur ! »

Il y eu un petit bip sonore provenant d'un des nombreux ordinateurs de la pièce. Merlin, qui était le plus proche, se pencha pour en connaître l'origine.

« Ne t'avise pas de toucher le moindre bouton ! » Le menaça aussitôt Elyan qui voyait les mains de l'informaticien s'approcher dangereusement du clavier.

Merlin se figea net.

« Je n'ai rien fait ! »

« Ouais, c'est aussi ce que tu as dit la dernière fois ! »

« Je voulais juste rendre tes ordinateurs plus performants ! C'était pour te rendre service !»

Elyan haussa un sourcil, peu convaincu. La dernière fois que l'informaticien avait bidouillé sur ses machines, il avait été bon pour réinitialiser tout son système et avait perdu tous les résultats d'analyses qu'il n'avait pas eu le temps de sauvegarder. Il avait alors dû tout recommencer et avait pris un retard fou. Cela avait provoqué un joyeux bordel pour pas mal de commissariats de la ville dont les enquêtes dépendaient de ces résultats, sans compter le tribunal (il avait bien cru sa dernière heure venue ce jour-là, quand il avait dû annoncer à Morgane Fay qu'un rapport balistique vitale pour son affaire arriverait certainement avec un peu de retard...). Et tout ça à cause des bonnes intentions de Merlin !

Ce dernier croisa les bras, l'air boudeur. Il avait voulu aider un ami et voilà comment il était remercié ? Il était un incompris !

« Et Uther ? » Demanda Gaius, désireux de revenir à la conversation initiale.

« Quoi Uther ? »

« Comment a-t-il réagi ? »

Le commissaire n'avait dû que moyennement apprécier toute cette pagaille. Et, le connaissant, Gaius se doutait bien que les tympans du commissariat n'avaient pas simplement soufferts des cris de Miss Prince.

« Ben... Plutôt bien, bizarrement... » Expliqua Merlin, comme s'il se demandait encore comment un tel miracle avait été possible. « Quand Viviane a crié, il est sorti de son bureau comme s'il s'attendait à une nouvelle évasion saxonne. Mais, quand il a posé les yeux sur Viviane, Arthur et Lancelot qui tenait fermement Galaad ainsi que la flaque sur le sol et qu'il nous a aperçu, Gwen et moi, nous retenant de ne pas rire, il s'est assez vite calmé... »

Gaius eut un petit sourire.

« Il a certainement dû plus ou moins comprendre ce qui s'était passé... »

Ses cadets lui lancèrent un regard perplexe, doutant un peu de cette affirmation, et le médecin n'en sourit que davantage.

« Vous savez, jeunes hommes, contrairement à ce que vous semblez tous penser, Uther n'est pas devenu commissaire en terrorisant des gamins de banlieue ou en harcelant les chauffards à coup de pv pour excès de vitesse ! C'était l'un des meilleurs inspecteurs de Londres ! »

Les deux plus jeunes échangèrent un regard peu convaincu.

« Tu es sûr qu'il n'a tué personne pour obtenir la promotion ? » Demanda Merlin, une grimace aux lèvres.

« Merlin ! »

« Je plaisante ! Bon, pour en revenir à notre histoire, il a ensuite tranquillement demandé à Viviane si tout allait bien. Après un petit coup d'œil en direction de Lancelot, elle lui a assuré que tout allait pour le mieux. Ça a classé l'incident et il est retourné dans son bureau. »

« Quoi, c'est tout ? » S'étonna Elyan. « Pas de sermon sur l'obligation pour ses agents de se conduire de manière irréprochable ? Ni de menace de passer la journée à attendre les chauffards sur le London Bridge ? Rien ? Il est malade ? »

Pour toute réponse, l'informaticien haussa les épaules en levant les paumes en l'air en signe d'ignorance.

« Il n'a jamais vraiment apprécié Viviane. » Expliqua Gaius. « Il la trouvait superficielle, sans compter qu'il ne s'est jamais vraiment bien entendu avec son père... Qui sait ? Il a peut-être même bien ri à l'abri des regards ! »

Merlin tenta un instant d'imaginer Uther Pendragon rire. Et abandonna bien vite tant cette image lui paraissait impossible. Uther, rire ? Autant demander à Perceval d'obéir aux ordres et à Léon d'aimer les Français !

« Et donc, ça s'est terminé comment ? »

« Viviane est repartie, non sans adresser un petit signe de la main à Arthur et Lancelot – je vous raconte pas la tête de Gwen quand elle a remarqué que, non contente d'embrasser son mec, la blondasse tentait aussi de draguer son ex ! »

« Ils ont dû passer à sale quart d'heure, les pauvres... »

La sympathie d'Elyan aurait pu paraître crédible sans la lueur de satisfaction qui brillait dans ses iris et le ronronnement de sa voix quand il imagina la scène.

« Sûr qu'ils n'ont pas reçu un très bon accueil... Contrairement à Galaad qu'elle a accueilli comme un véritable héros ! Elle en est encore plus folle qu'avant ! »

« C'est possible, ça ? »

« Faut croire... Et c'est ainsi que s'achève mon histoire ! Galaad auréolé de gloire et le commissariat de nouveau paisible ! »

« Jusqu'à la prochaine catastrophe... » Murmura Gaius.

« Ou la prochaine ex d'Arthur en visite... »

« Quoi, il y a beaucoup ? »

« De quoi ? Des catastrophes potentielles ou des ex ? »

« Les deux, mon cher Merlin, les deux... »


Et voilà ! Bonbons ou tomates ? Dans tous les cas, merci d'avoir pris le temps de lire ce texte !

Je rappelle encore et toujours que, si vous avez des idées à proposer pour la suite des opérations et des remarques qui pourraient faire avancer l'affaire, je suis tout ouïe ! (promis, je ne mors pas !)

Que la pythie soit avec vous !

Nerya