Ami du jour, bonjour ! Ami du soir, bonsoir !
Comme promis, voici la suite de Scandale à l'ambassade (n'empêche c'est sans doute ma plus courte période entre deux post depuis que je suis sur le site ! Youhou !).
Un grand merci à tous ceux qui ont pris le temps de lire la première partie de cet OS, et un plus grand encore à Gwenesti qui laisse toujours une trace de son passage. J'espère que la suite sera à la hauteur de tes attentes et répondra à tes questions ! Merci également à Staffy pour la correction de ce texte.
Une bonna pythie lecture !
Disclaimer : Aucun des personnages torturés ci-dessous n'est à moi ! Ils appartiennent soit à la légende, soit à la BBC (ou les deux).
Dans l'épisode précédent (oui, je sais, c'est pas vraiment nécessaire. Mais j'ai toujours rêvé de faire ça…) :
Morgane, substitut de la Couronne, vient demander de l'aide à Arthur et Leon : elle soupçonne quelqu'un à l'ambassade de France de blanchir de l'argent. Sauf que l'ambassadrice de France a aussi mauvais caractère qu'Uther, que Lancelot a un petit problème de famille et tout le commissariat est en manque de caféine…
Les explications ne furent pas aussi pénibles que Lancelot ne l'aurait pensé. Gwen leur avait souri et avait embrassé Lancelot sur la joue, lui soufflant un « bonne chance » pas vraiment réconfortant, avant de retourner à l'accueil. Arthur leur avait lancé un regard mauvais, mais n'avait pas piqué de crise de jalousie (c'était déjà ça…).
À sa grande surprise, ses collègues le prirent plutôt bien. Perceval haussa les épaules, ne voyant pas où était le problème. Merlin se traita d'imbécile et récita tous les indices évidents (pour lui) qui lui aurait permis de le deviner. Quant à Leon, qui était celui dont la réaction inquiétait le plus le Français, il s'était contenté de grommeler que c'était une information qu'il aurait aimé savoir quand il lui avait fait passer son entretien, puis s'était replongé dans le dossier sans rien demander de plus.
Néanmoins, Lancelot n'était pas soulagé pour autant. Après tout, dans ce commissariat, les ennuis avaient tendance à vous tomber dessus quand vous vous y entendez le moins. Il ne se faisait donc pas trop d'illusions : pour l'instant, le bouclé n'avait que leur affaire en tête. Ce n'est qu'une fois ce dossier clos qu'il prendrait conscience de cette conversation. Et, là, Lancelot devrait s'attendre à passer un sale quart d'heure pour lui avoir caché une telle information…
Mais, pour arriver à ce moment douloureux, il faudrait d'abord comprendre ce qui se passait à l'ambassade de France. Et, vu que la résolution du mystère n'avançait pas beaucoup, il pensait raisonnablement qu'il serait encore tranquille un petit temps…
Leon parcourut le dossier que lui avait laissé Gauvain durant de longues minutes sans faire le moindre commentaire avant qu'Arthur s'impatienta et le lui arracha des mains.
« Je peux savoir ce que tu fais ? » Demanda le bouclé à son coéquipier d'un ton dangereusement froid.
« J'en ai marre que tu gardes tout pour toi ! D'abord l'existence de ce dossier, puis son contenu ! On est une équipe, merde ! »
Les autres personnes présentes dans le bureau se regardèrent, étonnées. Il était rare qu'Arthur et Leon se disputent. Et, même si elle était sûrement due à la fatigue accumulée la nuit dernière, ça n'en restait pas moins une situation assez bizarre pour leurs collègues.
« Et que comptes-tu faire que je n'ai pas déjà fait ? » Demanda Leon, une pointe d'ironie dans la voix, tandis que le blond prenait rapidement connaissance du dossier.
Le fils Pendragon ignora royalement la question de son coéquipier. Il lit encore un peu avant de lever les yeux vers Lancelot, Merlin et Perceval.
« Excepté Lancelot, Gauvain a mis deux noms en avant. » Expliqua-t-il à ses collègues. « Freya DuLac et Aredian Witchfinder. »
Le Français se figea à la mention de ce dernier.
« Tu connais ? » Lui demanda Merlin, à qui la réaction n'avait pas échappé.
« C'est son futur beau-père. » Ricana Arthur.
« Et notre suspect le plus crédible. » Ajouta Leon.
« Tu exclus la fille DuLac ? » S'étonna son coéquipier, qui connaissait le passif entre le bouclé et la jolie brune. « J'aurais plutôt pensé que tu la cataloguerais suspect numéro un. »
La remarque attisa la curiosité de Merlin et Perceval.
« Tu la connais ? »
Leon se rembrunit à la question. Il but une nouvelle gorgée de son thé avant de grogner :
« J'ai eu le déplaisir de passer une nuit avec elle. Moi de garde et elle dans la cellule de dégrisement. »
« C'était épique. » Ajouta Arthur en riant. « Et Leon a eu bien du mal à s'en remettre ! »
Pour la première fois depuis le départ de Gauvain, Lancelot sourit.
« Si ça peut te rassurer, toi, aussi tu lui as laissé une forte impression. » Assura-t-il au bouclé.
Ce dernier pâlit légèrement, faisant sans doute un lien qui l'avait échappé jusque-là : si Lancelot était le fils de Viviane DuLac…
« Freya est ma sœur, oui. » Fit le Français, plutôt amusé.
Pour le coup, Leon eut toutes les peines du monde à cacher son embarras quand il réalisa qu'il avait marmonné ses pensées, au lieu de les garder pour lui.
« Elle t'a parlé de moi ? »
« Ça lui arrive de temps en temps… Surtout pour t'insulter d'ailleurs. »
« Eh hop ! Elle remonte dans la liste des suspects ! » Rit Merlin.
« Moi, j'aimerais surtout comprendre pourquoi tu soupçonnes plus le beau-père… » Intervint Perceval, en ramenant leur affaire au centre de la conversation (béni soit-il !).
« Ce n'est pas notre beau-père ! » Protesta aussi vite Lancelot.
« Parce que j'ai beau me creuser la tête, je n'arrive pas à trouver des motivations à la fille DuLac… Certes, c'est une peste insupportable, mais elle a tout ce dont elle besoin chez sa mère. Et, même pour pimenter sa vie, je ne la vois pas risquer sa réputation et sa position. »
« D'autant plus qu'elle nous a aidé à avoir un rendez-vous avec l'ambassadrice. » Ajouta Arthur. « Elle aurait très bien pu prétexter ne pas avoir réussi à la convaincre… »
« Et Witchfinder ? » Demanda Perceval. « Qu'est-ce qui te permet de le soupçonner ? »
« A part que c'est un salaud égocentrique obsédé par l'argent ? C'est le responsable de la comptabilité. »
Quatre paires d'yeux étonnés se tournèrent vers Lancelot. Ce dernier ne les avait pas habitués à ce vocabulaire dur et à ce ton hargneux.
« Quoi ? Je n'ai jamais prétendu être objectif ! »
La remarque fit sourire ses collègues, à part Leon qui était trop concentré sur l'affaire.
« Depuis combien travaille-t-il à l'ambassade ? Comment a-t-il été engagé ? Depuis combien de temps sort-il avec l'ambassadrice ? » Bombarda-t-il de question le Français sans prendre le temps de respirer.
« Leon ! » Lui rappela gentiment Perceval. « Le principe d'un interrogatoire, c'est de laisser répondre celui qu'on interroge avant de poser une nouvelle question. »
Ce commentaire lui valut un regard incendiaire de la part de l'interpellé. Le Gallois haussa les épaules, marmonnant quelque chose à propos de la susceptibilité anglaise, avant de se tourner vers Lancelot.
« Ça fait quatre ans qu'il est là, je crois… » Réfléchit-il. « Je suppose qu'il nous a été envoyé par l'état français… J'en sais rien en fait. Je devais être au Chili à l'époque. Quant à sa relation avec ma mère, ils étaient déjà ensembles quand je suis revenu… Peut-être que Freya s'en rappelle… »
Leon se crispa à la simple idée de demander de l'aide à la fille de l'ambassadrice. Il refusait d'avoir la moindre dette envers cette emmerdeuse !
« C'est bon. » Grogna-t-il. « Pas la peine de la déranger pour si peu… »
Il avait à peine fini sa phrase qu'on frappa timidement à la porte. La tête paniquée d'Yvain apparut quelques secondes plus tard à travers l'entrouverture de la porte.
« Arthur, est-ce que tu pourrais venir à l'accueil ? » Demanda le nouvel arrivant d'un ton presque suppliant. « Il y a un problème avec Gwen… »
Aussitôt, le blond bondit, prêt à porter secours à sa belle. Ses collègues le suivirent rapidement, inquiet pour la secrétaire.
Arthur et Lancelot se figèrent lorsqu'ils virent en quoi consistait le problème. Leon, lui, gémit.
Gwen, assise à son bureau, se tenait droite comme un I, et incendiait son vis-à-vis, qui n'était autre que Freya DuLac en personne. La fille de l'ambassadrice ne semblait pas plus accueillante. Debout, les bras croisés sur le torse dans le but de paraître plus imposante, elle soutenait le regard de la métisse avec la même intensité.
Dire que la tension entre elles était électrique aurait été un euphémisme… D'ailleurs, personne ne s'y était trompé et les occupants comme les visiteurs du commissariat évitaient soigneusement la zone.
« C'est qui cette fille ? » Demanda Perceval.
« J'ai bien ma petite idée, mais je n'en suis pas certain… » Répondit Merlin, un petit sourire aux lèvres.
Leur petite discussion sortit Lancelot de sa stupeur. Le Français s'élança vers la zone à risques.
« Freya, qu'est-ce que tu fais là ? »
Sa sœur se tourna brusquement vers lui, mettant finalement fin au combat silencieux entre les deux femmes.
« J'ai une meilleure question : qu'est-ce qu'elle fait là, elle ? » Fit-elle d'un ton mauvais, en désignant la métisse d'un geste méprisant de la tête.
« Gwen travaille ici. » Répondit son frère refusant d'entrer dans le jeu de la brune et de parler leur langue maternelle, qu'ils étaient les seuls du groupe à comprendre. « Ça te pose un problème ? »
« Je récapitule : non content de travailler avec le nouveau mec de ton ex, tu travailles aussi avec l'ex en question ? »
« Parce que ça te regarde ? D'ailleurs, je ne vois même pas pourquoi je réponds à tes questions alors que tu ignores la mienne ! »
La Française poussa un petit soupir pour marquer la victoire de son frère et sortit une clé USB de son sac.
« Qu'est-ce que c'est ? »
« A ton avis ? » Rétorqua-t-elle, en anglais cette fois. « Je ne vais certainement pas laisser maman payer pour les mauvais coups de ce connard ! »
« On ne vous a jamais dit que c'était pas bien d'écouter aux portes ? » Plaisanta Arthur, qui avait bien deviné ce que contenait la clé et comment la fille de l'ambassadrice avait eu l'information.
L'intervention du fils Pendragon attira l'attention de la brune sur le petit groupe. Un petit sourire se dessina sur ses lèvres quand elle aperçut Leon.
« Et comment voulez-vous que je m'informe ? » Fit-elle remarquer en haussant les épaules. « Salut, Rosbif ! »
« Frog. » La salua Leon avec un bref signe de la tête.
Cela valut au bouclé les regards amusés de ses collègues. Il les ignora avec superbe et désigna leur bureau d'un geste élégant de la main.
« Je pense qu'il serait plus sage d'avoir cette discussion à l'abri des oreilles indiscrètes. Si vous voulez bien vous donner la peine, madame… »
Ce dernier mot, prononcé en français avec un accent britannique tout ce qu'il y avait de plus charmant, eut l'effet espéré : Freya en oublia complétement Gwen et elle se dirigea vers le bureau, non sans avoir adressé un sourire éclatant au bouclé.
Leon aurait bien souri à son tour s'il n'avait pas senti le regard suspicieux de Lancelot dans son dos. Pour avoir été témoin de la première rencontre entre Arthur et Elyan, il savait qu'il n'était jamais très conseillé de jouer avec les nerfs des petits frères…
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Les documents apportés par Freya étaient parfaitement limpides : il y avait bien quelque chose qui clochait avec les comptes de l'ambassade. Certaines rentrées d'argent n'avaient pas d'origine clairement identifiées et plusieurs associations qui recevaient une aide financière équivalent à ces rentrées s'étaient révélées, après une brève recherche, assez peu actives dans le domaine caritatif.
La bonne nouvelle, c'était qu'ils auraient quelque chose à mettre sous le nez d'Uther quand celui-ci viendrait leur demande des comptes. La mauvaise…
« Je vais tuer ce salaud. »
Lancelot avait prononcé cette phrase avec un calme olympien. Il semblait plus organiser une ballade au bord de la Tamise plutôt que d'éclater sous le coup de la colère et prononcer des mots qu'il ne pensait pas. Au contraire, il paraissait mortellement sérieux, ce qui n'était pas pour rassurer ses collègues.
« Si tu as besoin d'un alibi… »
Et la sœur semblait tout aussi sérieuse. À se demander comment Viviane DuLac avait élevé ses enfants.
« J'aurais plutôt besoin d'aide pour planquer le corps… »
« Stop ! » Les interrompit Leon. « On arrête tout de suite de préméditer un meurtre ! »
« Au moins, ne le faites pas dans un commissariat, avec des officiers comme témoins ! » Ajouta malicieusement Perceval.
« Personne ne va tuer qui que ce soit ! » Intervint Arthur, catégorique. « Et le premier qui parle encore de ça, même pour plaisanter, je l'envoie annoncer ce merdier à mon père ! »
Difficile de prononcer menace plus dangereuse… Plus personne n'osa ouvrir la bouche après ça.
« Bien ! » S'exclama le blond, satisfait. « Maintenant que c'est réglé, j'ai une question pour vous… »
Bien qu'il s'était tourné vers Freya et Lancelot, il semblait s'adresser à toute l'assemblée.
« Ce type travaille bien à l'ambassade ? »
« Jusque-là, c'est correct. »
« Donc, il est aussi couvert par l'immunité diplomatique, non ? Comment fait-on pour l'arrêter ? »
Freya secoua la tête.
« C'est beaucoup moins compliqué de casser l'immunité pour un simple employé de l'ambassade que pour un membre de la famille de l'ambassadrice… » Lui assura-t-elle.
« Il serait capable de demander maman en mariage rien pour ça ! » Grogna Lancelot.
Frère et sœur pâlirent subitement et échangèrent un regard paniqué. Ils venaient de mettre le doigt sur une faille dans le plan bien huilé.
« Facile si tu as l'accord de l'ambassadrice… » Gémit presque Freya. « Elle n'acceptera jamais ! »
Leon haussa un sourcil.
« Même si tu lui parles ? »
La Française fit une drôle de grimace.
« Pas quand je lui avouerai avoir fouillé dans les comptes et vous les avoir apportés alors même qu'elle a expressément interdit à tous les membres de l'ambassade de parler à un quelconque agent de police, Lancelot compris ! »
« Comment avez-vous eu accès à ces comptes d'ailleurs ? » Lui demanda Perceval en fronçant les sourcils.
« Je fais un stage au service compta. C'est pas important. »
Cela ne sembla pas vraiment rassurer le Gallois qui se tourna vers Leon.
« On ne risque pas d'avoir un problème avec ces documents si on les a obtenus sans l'accord de l'ambassadrice ? »
« Pas si un citoyen nous l'apporte de son propre gré. Et comme on n'a rien demandé à Freya, c'est bon. » Assura Lancelot à la grande surprise de ses collègues.
Merlin ne put s'empêcher de lui lancer un regard impressionné.
« Je vais vraiment finir par croire que tu es parfait. Il y a un truc que tu ne sais pas faire ? »
« Ses goûts en matière de petite copine sont désastreux. » Répondit sa sœur avant que le Français ne puisse ouvrir la bouche.
La remarque lui valut un regard noir de la part du principal intéressé. La brune leva les mains, comme pour se dédouaner, mais ajouta :
« Il n'a aucune patience, ce qui, dans le milieu dans lequel on a grandi, peut être très embêtant. Imaginez sa tête à la fin d'un discours interminable du ministre anglais de la culture lors du vernissage d'une exposition, fruit de la collaboration franco-britannique… juste après s'être aperçu que c'était au tour du ministre français de parler. Un souvenir impérissable ! J'ai eu du mal à ne pas éclater de rire ! »
« Et c'est pour ça que j'évite les réceptions de ce genre… » Conclut Lancelot, pas vraiment ravi que sa sœur lâche des informations compromettantes devant ses collègues, avant de se tourner vers Merlin pour s'expliquer. « Mon meilleur ami est avocat. La veille de son examen, j'ai passé la nuit à le faire réciter son droit. J'en ai retenu quelques petites choses… »
« Donc, si je vous suis, il n'y a plus qu'à convaincre l'ambassadrice… »
La remarque de Perceval engendra quelques grimaces.
« Pas sûr que « il y a plus qu'à » soit l'expression appropriée… » Grimaça Arthur qui se rappelait encore sa rencontre de la veille avec Viviane DuLac.
« Elle peut pas être pire qu'Uther, si ? »
Le silence qui suivit sa question fut sans doute la plus réponse la plus éloquente. Cela intrigua Freya qui demanda à son frère :
« Ton chef est vraiment si terrible ? Je veux dire, je connais les rumeurs qui circulent… Mais à ce point ? »
« Honnêtement ? Je ne veux même pas imaginer une confrontation entre ces deux-là… »
« UTHER PENDRAGON ! J'AI DEUX MOTS A TE DIRE ! »
Toutes les personnes qui avaient reconnu la voix perçante – et visiblement très en colère – qui venait de retentir dans le hall de l'accueil devirent aussi blanc qu'un linge, sous les regards intrigués des autres.
« Lancelot, la prochaine fois que tu veux faire une autre remarque dans ce genre, par pitié, abstiens-toi ! » Grogna Leon.
Quelques secondes plus tard, Gwen apparaissait à la porte :
« Les garçons, je crois qu'on a un problème. »
Viviane DuLac, furieuse, venait de débarquer comme une furie dans le bureau d'un Uther Pendragon probablement pas d'humeur très patiente à cause de son manque de caféine. Si quelqu'un avait voulu parier sur la fin de ce match, il aurait certainement prédit la destruction du bâtiment.
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Le commissariat de la rue Tintagelle avait la réputation dans le milieu d'être un véritable nid à problèmes. À chaque fois qu'une affaire avait le potentiel de terminer en catastrophe, c'était obligatoirement pour la pomme des agents d'Uther Pendragon.
Alors, avec cette réputation, les occupants du commissariat avaient l'habitude des situations qui sortaient de l'ordinaire. C'est pourquoi on s'intéressait peu au spectacle qui se déroulait dans le bureau du commissaire…
Enfin, c'était surtout parce qu'Uther leur avait gentiment signifié de continuer de travailler d'un regard tout ce qui avait de plus explicites. Sinon, ils auraient bien continué à regarder. À près tout, c'était pas tous les jours qu'on voyait le terrible commissaire pris en tenaille, sans pouvoir en placer une, par une femme en tailleur qui lui hurlait ces quatre vérités en face, tout en incluant de temps à autre ce qu'ils avaient deviné être des insultes en français. D'habitude, c'était plutôt la situation inverse – français mis à part.
Les seules personnes qui ne trouvaient pas le spectacle divertissant s'étaient regroupées autour du bureau de Gwen, poste stratégique pour observer ce qui se passait dans commissariat. Et, plus la discussion à sens unique avançait, plus le petit groupe devenait mal à l'aise.
« Non seulement tu engages mon fils sans avoir la politesse de me mettre au courant avant, mais maintenant tu te sers de ma fille pour obtenir des informations dans mon dos ! » Hurlait Viviane, rouge de colère.
« Je ne… »
« Tais-toi ! »
L'ordre avait claqué, comme un coup de tonnerre, et Uther se recroquevilla un peu plus dans son siège.
Arthur grimaça en voyant la scène.
« J'ai mal pour lui… »
Les autres hochèrent la tête.
« Il va être insupportable après ça… » Ajouta Perceval, presque dans un gémissement. « Et nous, on va être mutés à la circulation pour l'avoir placé dans cette situation sans le mettre au courant… »
Nouveaux hochements de tête de l'équipe.
« Bordel, Viviane ! » Hurla à son tour Uther en se levant d'un bond aussitôt qu'il sentit que l'ambassadrice relâchait un peu la pression. « Je ne comprends pas un mot de ce que tu me racontes ! Ton fils, ce n'est même pas moi qui l'ait engagé ! J'avais donné carte blanche à un de mes meilleurs éléments pour le recrutement ! »
« Je me demande si tu seras encore un de ses meilleurs éléments quand il va apprendre qu'on a enquêté dans son dos… » Souffla Lancelot à Leon, sans que celui-ci n'arrive à déterminer s'il s'agissait d'une plaisanterie destinée à détendre l'atmosphère ou non.
« Quant à ta fille, je ne sais même pas à quoi elle ressemble ! »
« Donc, tu ne lui as pas demandé de t'apporter les comptes de mon ambassade ? »
« Pourquoi est-ce que j'aurais besoin de consulter les comptes de ton ambassade ? »
Uther était dans l'incompréhension la plus totale. Viviane dut comprendre que ce n'était pas feint car elle baissa d'un ton quand elle lui demanda :
« Attends, tu es en train de me dire que tu n'as pas envoyé ton fils et le mien m'accuser de blanchir de l'argent hier ? »
De plus en plus pâle, il secoua la tête avant de se tourner vers l'accueil, l'air menaçant. Aussitôt, la Française suivit son regard et fronça les sourcils en reconnaissant quelques têtes familières. Comprenant très bien le danger, les membres de l'unité déglutirent méchamment et Arthur et Lancelot, se sentant particulièrement visés, reculèrent même de quelques pas.
Seule Freya ne semblait pas impressionnée. Elle roula les yeux, murmura quelque chose à propos de la soi-disant vaillance des forces de l'ordre et s'avança d'un pas décidé vers le bureau du commissaire. Dans ses mains, le dossier comptabilité de l'ambassade de France, qu'ils avaient imprimé pour mieux l'étudier. Elle claqua ce dernier sur le bureau du commissaire, en ignorant royalement celui-ci et n'ayant d'yeux que pour sa mère.
« Voilà ! » S'exclama-t-elle en pointant du doigt certaines lignes du dossier. « Maintenant que tu as eu les preuves sous les yeux, tu ne peux plus dire que tu ne savais pas ! Désormais, c'est à toi de voir. Soit tu t'obstines à le couvrir alors qu'il a abusé de ta confiance, soit tu leur donnes l'autorisation de l'embarquer et on laisse cette histoire derrière nous !»
« N'empêche, elle a du cran… » Fit Leon, une certaine admiration dans la voix.
Viviane considéra sa fille un bref instant avant de baisser les yeux sur les comptes. Elle les étudia un moment, puis pâlit brusquement. Comme coupée en deux par le choc, ses jambes cédèrent et l'obligèrent à s'asseoir sur la chaise face au bureau d'Uther.
Lancelot s'avança alors et, après avoir prudemment jeté un coup d'œil du côté de son patron, il s'accroupit pour être à hauteur de sa mère et prit les mains dans les siennes.
« Je sais que tu l'aimes, et que tu aimerais que ce soit réciproque. » Lui dit-il d'un ton doux. « Et j'aurais tellement voulu que ce soit le cas. Après tout, tu l'aurais mérité après nous avoir supportés, Freya et moi… »
Sa sœur lui tapa gentiment l'arrière du crâne pour le punir de ses paroles. Cela fit sourire la matriarche.
« Mais cet homme, il se sert de toi. Il finira par te rendre malheureuse. Alors, s'il te plaît, ne le laisse pas t'entraîner avec lui dans sa chute… Il n'en vaut pas la peine. »
Le sourire de l'ambassadrice se teinta de tristesse. Elle replaça doucement une mèche imaginaire derrière l'oreille de son fils, dans un geste de douceur maternelle.
« Il n'est pas trop tard pour ça ? »
Leon s'avança alors, malgré un certain malaise. Néanmoins, il était le chef de l'unité, c'était à lui de mettre les choses au clair.
« Jusqu'ici, il s'agissait d'une enquête officieuse. » Expliqua-t-il sans oser croiser le regard de l'ambassadrice ou celui du commissaire. « Nous n'avons ouvert aucun dossier vous concernant… »
« D'ailleurs, je ne suis jamais venue ici, pas vrai, Rosbif ? »
Le bouclé leva les yeux au ciel, bien qu'avec un petit air amusé. Viviane haussa un sourcil et observa sa fille avec curiosité. Cependant, elle trouva plus judicieux de ne faire aucun commentaire. Cela ne l'empêcherait pas de se renseigner un peu plus profondément sur ce Talbot…
« Effectivement, Frog… Je ne sais d'ailleurs toujours pas ce que tu fous ici… »
Freya prit un air faussement outré, mais un raclement de gorge du côté d'Uther les ramena au nœud du problème.
« Désolé. » S'excusa platement l'Anglais avant de se tourner vers Viviane. « Nous autorisez-vous à consulter les comptes de votre ambassade et d'agir en conséquence, votre Excellence ? »
Le tout avec la plus exquise des courtoisies de l'aristocratie anglaise. Il essayait clairement de lui faire oublier leur dernière confrontation. Cela amusa beaucoup la Française.
« Mais avec plaisir, Sir… » Déclara cette dernière sur le même ton.
On se serait cru dans un dîner mondain, non pas dans un commissariat de police…
« Super ! » S'exclama Arthur en sautant sur son téléphone. « J'appelle Morgane… »
Uther haussa un sourcil à la mention de la jeune substitut de la Couronne. Qu'est-ce que sa fille venait faire dans cette histoire ? Ce qui lui rappelait…
« Maintenant que cette affaire semble réglée, quelqu'un pourrait-il enfin m'expliquer ce qui se passe ? »
Tous les membres de l'unité s'entreregardèrent, mal à l'aise et – il fallait l'avouer – complétement paniqués. Ils avaient oublié ce léger détail…
« Oui, Morgane ? » S'exclama Arthur, son téléphone collé contre son oreille. « C'est bon ! On a l'accord de l'ambassadrice ! Par contre, je te laisse expliquer toute l'histoire à ton père ! Après tout, c'est toi, la cause de tout ce bordel… »
Et il refila le portable à son père, en même temps que la patate chaude à sa sœur. C'est beau la famille…
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Elyan émit un petit sifflement impressionné lorsqu'il vit sortir Lancelot de vestiaire.
« La classe, DuLac ! »
Depuis qu'il avait eu vent de l'affaire DuLac, une semaine plus tôt, le jeune scientifique avait repris ses bonnes vieilles habitudes et appelait à nouveau son ancien beau-frère par son nom de famille. Ou plutôt, celui qu'il portait lorsque ce dernier sortait encore avec sa sœur.
À côté du métis, Perceval approuvait l'exclamation de son ami. Le Français était vêtu d'un élégant costume noir. Il ne portait cependant pas sa veste, sans doute à cause de la chaleur du commissariat, et la tenait nonchalamment par-dessus son épaule.
« Le charme à la française… » Plaisanta le Gallois en détaillant son coéquipier. « T'aurais pas un rencard, par hasard ? »
L'interpellé secoua négativement la tête. Néanmoins, la question eut l'air de beaucoup l'amuser.
« Pas vraiment, non. Même si j'ai effectivement un dîner de prévu dans un restaurant avec un dress-code assez strict ! »
« La bonne réponse, c'était que tu avais rendez-vous avec les deux femmes de ta vie ! » S'exclama la voix de Freya, qui venait de pénétrer dans le commissariat, vêtue avec autant d'élégance que son frère, à l'exception d'un sac en papier entre ses mains qui ne collait pas vraiment avec le reste. « Salut, Elyan ! Ça fait longtemps ! »
Le métis lui rendit son salut d'un petit geste de la main. Tous les deux se connaissaient un peu, du fait de la relation entre Gwen et Lancelot, mais pas assez pour ressentir la même animosité l'un envers l'autre qu'ils ressentaient contre l'autre moitié du couple déchiré. Et ce n'était pas plus mal, vu leur fort caractère respectif…
La Française détailla son cadet d'un œil critique. Cadet qui la laissa faire, habitué à cette inspection vestimentaire.
« T'aurais quand même pu mettre une cravate ! »
Perceval et Elyan pouvaient presque entendre le ronronnement dans sa voix. Elle prenait un malin plaisir à taquiner son frère, c'était évident. Néanmoins, elle perdit bien vite son côté rieur lorsqu'elle aperçut Gwen qui se dirigeait vers leur petit groupe, accompagnée d'Arthur et de Leon. La secrétaire se tendit également un bref moment lorsqu'elle remarqua la présence de la Française. Cependant, elle se reprit très vite et trouva plus judicieux de l'ignorer. À la place, il s'intéressa plutôt à son petit frère :
« Qu'est-ce que tu fais ici, toi ? »
Elyan prit un air outragé.
« Eh ben ça fait plaisir ! Puisque ça semble tant d'intriguer, j'ai accompagné Gaius qui devait voir Uther pour un problème sur je ne sais quel dossier ! »
« Quoi ? Un mort a porté réclamation ? »
« Ou alors mon père veut savoir combien de temps dure une cure de désintoxication à la caféine… »
Elyan n'eut pas l'occasion de répondre à la question de Perceval ou au commentaire d'Arthur car Viviane DuLac venait de pénétrer dans le bâtiment. Tous ceux qui avaient été présents une semaine plus tôt se raidirent un peu. Après tout, des personnes capables de mater leur commissaire, ils n'en connaissaient pas de masses et ils devaient avouer que c'était impressionnant…
L'unité, elle, était plus intriguée par le grand sac qu'elle tenait dans les mains et qu'elle posa bien en évidence sur le bureau de Gwen.
« Messieurs… Mademoiselle Smith… » Les salua-t-elle, un peu plus froidement en ce qui concernait Gwen.
Tous lui rendirent son salut d'un hochement de tête avant que Leon ne se risque à demander :
« Que nous vaut le plaisir de votre visite ? »
Le peu d'assurance dans le ton de sa voix amusa beaucoup l'ambassadrice.
« Je suis venu vous apporter ceci… »
Elle désigna d'un geste élégant de la main le sachet sur le bureau. Devant les regards interrogatifs, et un peu suspicieux, des agents de Pendragon, Freya ne put s'empêcher de plaisanter.
« Ben quoi, vous savez pas reconnaître un pot de vin quand vous en voyez un ? »
« Freya ! » S'indigna son frère.
« Tu avoueras quand même qu'on n'en est pas loin ! »
« C'est un cadeau. » La corrigea l'ambassadrice. « Pour avoir discrètement réglé cette affaire de blanchiment d'argent… Et surtout pour avoir continué à enquêter, malgré mon manque de coopération… »
« Ça, c'est l'euphémisme du siècle… » Maugréa tout bas Lancelot.
Ses collègues ne purent que lui donner raison. Cela ne les empêcha pas de s'intéresser d'un peu plus près à ce que contenait le sac. Ils n'en crurent pas leurs yeux quand Elyan en sortit une superbe machine à café, dernière cri. Perceval en versa presque une petite larme. Gwen, elle, s'approcha discrètement de Lancelot.
« Tu n'as pas honte de fournir ainsi à ta mère des renseignements cruciaux sur le commissariat ? » Lui souffla-t-elle sur le ton de la plaisanterie.
Le Français haussa les épaules.
« Elle a insisté… Et je me suis dit qu'il valait mieux pour notre survie à tous qu'Uther retrouve très vite ses doses quotidiennes de caféine… »
Ce fut au tour de Freya de s'avancer et de tendre le sachet qu'elle tenait dans la main à Arthur.
« Et ça, c'est de notre part, à Lance et moi ! Pour nous avoir débarrassé de l'horrible beau-père… »
La dernière phrase avait été prononcée tout bas, histoire de ne pas être entendue par Viviane. Le fils Pendragon accepta le présent en la remerciant, non sans avoir jeté un coup d'œil suspicieux du côté de Lancelot qui lui offrit son air le plus innocent.
Il sortit du sachet divers boîtes de cafés d'origines variées, mais d'excellente réputation. S'y trouvait également quelques variétés de thés d'aussi bonne qualité pour Leon. Une idée de Freya.
Ce fut ce moment que choisit Uther pour sortir de son bureau, Gaius sur les talons. Lorsqu'il vit Viviane, il ouvrit la bouche pour la gratifier d'une remarque cinglante. Cependant, rien n'en sortit. Car, entre-temps, il remarqua le Graal dans les mains de son fils et la machine à café sur le bureau de sa secrétaire.
« Café… » Murmura le commissaire en s'approchant des boîtes, comme si sa vie en dépendait.
Il ressemblait de plus en plus à un drogué en manque… Ça en devenait inquiétant.
Ils s'attendaient tous à un commentaire acerbe du côté de Viviane, mais, étonnamment, rien ne vint. Ils se tournèrent vers l'ambassadrice, qui n'avait même pas remarqué l'arrivée d'Uther. Son attention était entièrement consacrée à Gaius…
Attention qui était par ailleurs tout à fait réciproque. Le médecin s'était figé au seuil du bureau du commissaire dès qu'il avait aperçu la Française. Et, depuis, il n'avait d'yeux que pour elle…
« Bonjour Gaius… » Déclara-t-elle, en rougissant comme une petite fille. « Ça fait longtemps… »
« Trop longtemps, Viviane… » Répliqua l'autre en s'approchant. « Tu n'as pas changé… »
« Tu sais bien que si… Mais c'est gentil d'affirmer le contraire… »
Les membres de l'unité échangèrent un regard curieux. Ils savaient qu'Uther et Viviane étaient de vieilles connaissances. Par contre, ils ignoraient que c'était également le cas de Gaius…
Freya, elle, s'approcha doucement de son frère.
« C'est qui, lui ? » Lui demanda-t-elle dans le creux de l'oreille, d'un ton soupçonneux.
« Notre médecin-légiste… » La renseigna son cadet. « C'est un homme très gentil. »
La Française réfléchit quelques instants afin de peser le pour et le contre. Finalement, elle haussa les épaules.
« Bah, un médecin-légiste, ça peut toujours servir, non ? »
SsSsSsS
Aussitôt que la famille DuLac sortit du commissariat, Freya passa à l'attaque et questionna sa mère à propos de ses liens avec Gaius.
« Nous sommes de vieux amis… » Expliqua-t-elle laconiquement. « Ça date de mon année d'études en Angleterre, bien avant ta naissance. Nous nous sommes perdus de vue lorsque je suis revenue en France… Je ne savais pas que tu travaillais avec lui, Lancelot… »
Mais son fils ne l'écoutait pas. Son attention avait été attirée vers quelque chose, de l'autre côté de la rue.
« Vous m'excusez une seconde ? » Demanda-t-il à deux femmes. « J'ai encore une petite chose à régler… »
« Ne tarde pas trop, je ne veux pas perdre notre réservation… »
Il traversa donc la rue d'où Gauvain, appuyé contre sa moto, l'avait salué d'un léger signe de la main.
« Tu attends quelqu'un ? » S'enquit le Français.
« Plus maintenant… Tu es très élégant, soit dit en passant. La grande classe ! »
Lancelot aurait très bien pu lui retourner le compliment. Après tout, avec sa veste en cuir noir et son casque en main, le détective ressemblait à ces vieux héros de série des années quatre-vingts. Ceux qui faisaient craquer les filles rien qu'en souriant. Et son air charmeur n'arrangeait rien à la situation.
À la place, le Français détourna la tête, voulant masquer l'embarras qui s'emparait de lui à chaque fois que l'Ecossais lui servait, consciemment ou non, son numéro de charme. Car le détective était un séducteur né, et parfois, sans s'en rendre compte, il flirtait un peu trop les limites que lui avait imposées Lancelot.
« Merci… » Fit néanmoins ce dernier. « Donc, tu voulais me voir ? »
Le détective opina du chef.
« Je voulais m'excuser, pour ce qui s'est passé la dernière fois. J'ai été un peu dur… »
« Tu avais travaillé toute la nuit sur ce dossier. Tu étais juste un peu sur les nerfs et tes mots ont dépassé ta pensée… Je ne vais pas t'en vouloir pour une bêtise pareille. »
Face à la sympathie de son interlocuteur, Gauvain poussa un long soupir. Seulement, cela ressemblait plus à du dépit qu'à du soulagement.
« Tu sais, j'ai grandi entre les mensonges de mon père et les intrigues de ma mère. » Avoua l'Ecossais, le regard dans le vague. « A mes dix-huit ans, j'ai quitté la maison et je n'y ai plus remis les pieds depuis, tant que je déteste cet endroit rempli d'hypocrites… Et depuis, je ne supporte pas d'apprendre que mes proches me mentent… »
« Je ne t'ai pas menti, Gauvain… Je ne voyais juste pas en quoi ma famille était un sujet de discussion pertinent entre nous. Crois-moi, moi aussi j'ai grandi dans un milieu rempli d'hypocrites. Et tu apprends très vite à ne pas te vanter du poste de ta mère avant d'être certain que les personnes à qui tu veux te confier t'apprécient pour ce que tu es, et non pas pour de qui tu es le fils… C'est un réflexe que j'ai attrapé et que je peux difficilement supprimer. »
L'Ecossais hocha pensivement la tête. L'argument du Français se tenait. Il n'empêche qu'il avait encore du mal à avaler son mensonge – ou son omission volontaire si Lancelot préférait. Car il appréciait sincèrement la dernière recrue de l'unité de Leon, et aurait aimé que tout soit clair entre eux dès le début.
Un coup de klaxon résonna subitement dans la rue jusqu'alors assez calme.
« Lancelot DuLac ! Tu as parlé de quelques secondes, pas de deux heures ! » S'écria la voix de Freya. « J'ai faim, moi, merde ! »
Son frère échangea un regard entendu avec son vis-à-vis. Quand il disait qu'il ne cachait pas du tout son identité…
« On est quitte alors ? » Voulut-il néanmoins savoir.
« On est quitte. »
Cela suffit au Français qui s'éloigna alors pour rejoindre la petite 2CV bleue de sa mère.
« Néanmoins, si tu tiens vraiment à te faire pardonner, tu pourrais enfin accepter ce verre que je te réclame depuis quatre mois ! » S'écria Gauvain alors qu'il arrivait de l'autre côté de la rue.
« Un jour, peut-être ! » Lui répondit l'autre. « Mais pas aujourd'hui ! J'ai déjà un rendez-vous ! »
Après tout, ce n'était pas tous les jours que sa mère les invitait Chez Françis, le meilleur restaurant français de Londres. Il ne pouvait pas manquer ça, même pour le sourire de Gauvain.
Et voilà ! Des remarques ? Des suggestions ? Des critiques ? Avez-vous aimé ? Détesté ? Comment avez-vous trouvé Viviane ? Et les autres ? J'ai introduit quelques possibilités de couples, qu'en pensez-vous ?
Dans tous les cas, merci d'avoir pris le temps de lire ce texte !
Je rappelle encore et toujours que, si vous avez des idées à proposer pour la suite des opérations ou des remarques qui pourraient faire avancer l'affaire, je suis tout ouïe ! (promis, je ne mors pas !)
À très vite ! Que la pythie soit avec vous !
Nerya
