Ami du jour, bonjour ! Ami du soir, bonsoir !
Non, je n'ai pas disparu de la circulation. L'année 2020 a juste été une année compliquée au niveau de l'écriture. Néanmoins, j'avais une bonne excuse : j'étais occupée à travailler sur un petit projet scolaire qu'on appelle mémoire. Une bagatelle, vraiment. Enfin, maintenant, je suis libéréeeee, délivréeee ! Donc, pour fêter ça, je me lâche ! Trois O.S. sur trois fandoms différents !
Pour Unité Camelote, retour à ce qui fait la saveur de l'équipe : leurs bourdes. Je vous laisse donc découvrir les joies d'un Team Building à la campagne…
Un grand merci à tous ceux qui ont pris le temps de lire les OS précédents, et un plus grand encore à ceux qui ont laissé une pythite trace de leur passage. Merci également à Staffy pour la correction de ce texte.
Une bonna pythie lecture !
Disclaimer : Aucun des personnages torturés ci-dessous n'est à moi ! Ils appartiennent soit à la légende, soit à la BBC (ou les deux).
Arthur grimaça en constatant l'état du réseau.
« Pas de signal. C'est officiel, nous sommes complétement paumés ! »
La déclaration fut accueillie par un petit soupir de dépit du côté de Perceval et Lancelot. Léon, lui, ne réagit même pas. Le front plissé, il avait les yeux rivés sur la route devant lui, plongé dans une profonde réflexion. Comme si, tout à coup, il serait touché par la grâce divine et se rappellerait miraculeusement du chemin à suivre.
Seulement, Arthur ne croyait plus au miracle depuis longtemps. Depuis ses onze ans précisément. Lorsqu'il avait appris que la jolie fille avec qui il avait grandi et dont il avait secrètement le béguin était en réalité sa demi-sœur et qu'il avait dû abandonner toute idée de mariage entre eux.
D'autant plus que, à moins que les agents divins possédaient une carte de la région ou, mieux encore, un signal GPS, ils ne leur seraient pas d'une grande utilité dans leur situation.
Comme tous les ans, les employés des différents commissariats de la ville étaient conviés à une petite partie de paint-ball, histoire de « resserrer les liens et d'oublier les rivalités entre les gardiens de la Paix ». Une idée du Big Boss évidemment. Ce même chef qui n'avait jamais mis les pieds à cette activité imposée. Dans le cas contraire, il se serait très vite rendu compte que c'était surtout l'occasion de régler ses comptes avec le commissariat rival, celui qui vous piquait les affaires les plus croustillantes et vous refilait les dossiers les plus barbants.
Habituellement, ce petit affrontement cathartique se déroulait dans une ancienne zone industrielle de Londres. Seulement, cette année, le lieu avait été changé. À la place, ils avaient rendez-vous en périphérie, en plein milieu de la campagne londonienne. Sans aucun signal décent et personne dans les alentours pour demander leur chemin.
« Quelle idée aussi de confier la carte à Léon ! » Grogna Perceval, à l'arrière de la voiture.
Ça, Arthur voulait bien l'admettre, ça n'avait effectivement pas été l'idée du siècle. Car, aussi pratique et organisé que pouvait être le bouclé, il n'avait par contre aucun sens de l'orientation. Mais le blond était persuadé que son coéquipier aurait quand même été capable de lire une carte correctement.
Apparemment, ce n'était pas le cas.
« Uther va nous tuer ! » Ajouta le Gallois dans ce qui ressemblait vachement à un gémissement désespéré.
Cette année, son père avait pour ambition de régler ses comptes avec le commissariat de la rue des Saxons, l'éternel rival de celui de la rue Tintagelle. Enfin, les termes exactes employés ressemblaient plutôt à : « les massacrer, les anéantir, les annihiler ! ». Cependant, difficile de respecter cet ambitieux programme sans ses meilleurs éléments. À la place, Uther allait devoir compter sur les compétences de Merlin et d'Yvain, quasi inexistantes dans ce domaine.
« Moi, c'est Gauvain qui va me tuer. » Déclara Lancelot, néanmoins assez calmement, en jetant un coup d'œil à son téléphone.
Cela lui valut deux paires d'yeux intrigués – Léon était toujours profondément absorbé par la route devant lui.
« Que-ce que Gauvain vient foutre dans cette histoire ? »
« Vous savez ce verre qu'il me réclame depuis des mois ? Et bien on devait le prendre ce soir ! »
Arthur contint difficilement son exclamation de victoire – des semaines qu'ils essayaient de pousser Lancelot dans les bras de l'Ecossais, sans succès. Mais, avec ce verre, l'espoir renaissait !
« Tu sais, cet intérêt que tu portes à sa vie amoureuse devient de plus en plus alarmant… » Fit remarquer Perceval.
« Quelle vie amoureuse ? C'est juste un verre ! »
« Tu ne peux pas comprendre. » Répliqua le blond en ignorant complétement la protestation de Lancelot. « A chaque fois qu'il s'approche de Gwen, c'est plus fort que moi, je panique. Si je veux limiter les risques de faire un infar à trente ans, pas le choix, il faut le caser ! »
« Mouais… Enfin, j'veux pas briser tes beaux espoirs, mais s'il a proposé cette date à Gauvain pour un rencard, c'est, qu'inconsciemment, il est pas encore tout à fait prêt à tourner la page… »
« Vous pourriez arrêter de parler de moi comme si je n'étais pas là ? Surtout pour faire de la psychologie à deux balles, c'est vexant. Et puis, c'est un verre, pas un rencard, merde ! »
Perceval se tourna vers Arthur avec une expression qui disait clairement : « Qu'est-ce que je te disais ? ». Ce à quoi le fils du commissaire répondit par un soupir désespéré. Non, ce n'était pas encore aujourd'hui qu'il serait débarrassé de la peur de voir Lancelot lui piquer sa compagne sous son nez.
« C'est marrant, cette route me dit quelque chose… » Déclara Léon, sortant tout à coup de son mutisme réflexif.
L'affirmation du bouclé coupa court à la discussion, ses collègues lui lançant un regard plein d'espoir.
« … J'ai déjà dû me perdre par ici ! »
SsSsSsS
« Quelle idée aussi d'aller se perdre en pleine campagne sans aucun signal et juste des vaches pour nous indiquer le chemin alors qu'il y a plein de trucs à faire à Londres ! On aurait pu – je sais pas moi – faire du kayak sur la Tamise ! »
Léon observa Perceval, l'air circonspect.
« Dis-moi, t'es bien flic, toi ? Non parce que je te rappelle quand même qu'on en a arrêtés deux sur leur kayak la semaine dernière ! »
« C'était juste un exemple… » Grommela le Gallois.
Ils étaient officiellement en retard. La partie de paint-ball inter-commissariat avait commencé un peu plus d'une heure auparavant. L'unité, elle, après avoir tourné en rond pendant une bonne demi-heure, avait fini par capituler – d'autant plus que le compteur de la réserve d'essence flirtait dangereusement avec le zéro. Arthur avait donc garé la voiture sur le côté de la route et ils guettaient avec la plus grande attention la moindre arrivée d'une personne – en voiture, à pied ou à cheval – qui leur indiquerait leur chemin.
Seulement, le coin semblait aussi désert que la barre de réseau du téléphone d'Arthur était vide.
Le pire ? Ils étaient tellement paumés qu'ils auraient été incapables de revenir sur leurs pas pour rentrer à Londres.
« Quelle bande de boulets on fait… » Marmonna Lancelot.
« Bienvenue dans l'équipe ! » Rétorqua Arthur, cynique.
« Oh pitié, ne commencez pas ! » Gémit Léon.
« Commercer quoi ? »
« Je les connais, vos mélodrames ! Ça commence avec quelques piques acides, ça se termine en combat de coq pour savoir lequel des deux méritait la fille ou une autre connerie amoureuse dans le genre ! »
Lancelot haussa un sourcil.
« Tu préfèrerais peut-être qu'on parle de ton flirt bizarre avec ma sœur ? »
« Qu'est-ce que je disais… » Grogna le bouclé. « Et je ne flirte pas avec ta sœur, j'essaie de lui clouer son bec de coq français une bonne fois pour toute ! »
« Eh ben bon courage avec ça ! »
« Chut, taisez-vous ! » Les interrompit Perceval qui s'était brusquement redressé sur son siège. « J'entends quelque chose ! »
Ils tendirent l'oreille et crurent en effet percevoir le bruit d'un moteur. Quelques instants plus tard, une vieille machine toute cabossée apparut sur le sentier. Arthur sortit aussitôt de la voiture et fit de grands signes pour attirer l'attention du conducteur qui s'arrêta à leur hauteur.
« J'peux vous aider, m'sieur ? » Demanda celui-ci en abaissant sa vitre.
Léon eut un léger sursaut en reconnaissant la voix de l'homme. Il sortit à son tour pour en avoir le cœur net.
« Edwin ? » S'étonna le bouclé lorsqu'il se retrouva effectivement face à un visage familier.
« Oh, m'sieur Léon ! Ça fait longtemps que j'vous ai plus vu ! »
Arthur jeta un coup d'œil surpris à ses deux collègues restés dans la voiture. Perceval lui répondit d'un haussement d'épaules en secouant la tête. Non, ce type ne lui disait absolument rien. Il n'avait pas la moindre idée d'où son colocataire le connaissait.
« Vous vous connaissez ? » Demanda finalement le fils du commissaire, essayant de ne pas trop laisser paraître son étonnement.
Léon hocha la tête, un petit sourire aux lèvres.
« Arthur, je te présente Edwin. Il est jardinier au domaine de ma famille depuis plus de vingt ans ! »
« Vingt-trois ans pour être exact ! » Précisa l'homme, fier comme paon. « Et, je peux m'en vanter, le domaine a toujours été parfaitement entretenu ! Jamais une haie mal taillée ou de rosiers trop étoffés ! »
Arthur ne put s'empêcher de sourire devant la fierté de l'homme pour ses états de service. Sourire qu'il perdit lorsqu'une pensée lui traversa l'esprit.
« Mais, dîtes-moi, que faîtes-vous ici ? »
Le jardinier le regarda, étonné, avant de se tourner vers Léon.
« Ben, j'vais au domaine, pourquoi ? »
Durant un bref instant, Arthur se demanda s'il devait se taper la tête contre le capot ou non. Un coup d'œil désespéré vers Perceval et Lancelot lui apprit que ses collègues avaient le même sentiment. Perceval étouffait son cri – ou son fou rire ? – en enfouissant sa tête dans le dos du siège passager. Lancelot, lui, ne fut pas si réservé.
« Oh putain le con ! »
Bien qu'Arthur et Perceval ne comprenaient rien à la langue de Molière, là, ils saisirent très bien l'idée de l'exclamation du Français.
Léon observa discrètement la réaction de ses collègues, les sourcils froncés, avant de comprendre à son tour.
« Ben quoi ! » S'exclama-t-il en haussant les épaules. « Je vous avais bien dit que je m'étais déjà perdu dans le coin ! »
SsSsSsS
Gauvain éclata de rire lorsque Lancelot lui eut fini de lui raconter leur aventure. Les deux hommes étaient attablés dans un coin du « Mary's house », le bar irlandais que fréquentait régulièrement l'unité.
« Et donc, vous avez pu visiter le manoir Talbot ? » Demanda le détective, curieux de savoir à quoi pourrait ressembler l'environnement dans lequel Léon avait grandi.
Lancelot secoua la tête.
« Léon a préféré éviter… »
« Je suis impressionné. Tu parais à la fois déçu et soulagé… »
Cela fit sourire le Français.
« Dans un sens, j'étais aussi curieux que toi. Dans l'autre, je n'avais pas vraiment envie de me retrouver face à sa famille, qui a tendance à considérer ma mère comme le symbole de l'invasion des ennemis de Sa Gracieuse Majesté… »
« Santé à ça ! » Rit l'Ecossais en levant son verre de bière.
Lancelot l'imita, un petit sourire dans le coin des lèvres.
« Et Uther ? » S'enquit Gauvain après avoir bu quelques gorgées. « Comment il a réagi ? »
« Etonnement bien. Bon, évidement, il nous a traité d'incapables – ce que nous n'avons pas volé. Mais, honnêtement, ça aurait pu être bien pire… »
« Il ne vous a pas tué pour l'avoir empêché de prendre sa revanche sur les Saxons ? »
Lancelot secoua la tête.
« Oh ! Mais on n'a pas perdu… »
« Comment ça ? »
« Tu savais qu'Yvain avait été champion de paint-ball avec son équipe au collège ? Parce que, nous, on l'ignorait. Et je ne te parle même pas de ceux d'en face… »
Lancelot but une gorgée de sa bière avant de conclure.
« Maintenant, tout le monde est au courant. »
Et voilà ! Bonbons ou tomates ? Dans tous les cas, merci d'avoir pris le temps de lire ce texte !
Je rappelle encore et toujours que, si vous avez des idées à proposer pour la suite des opérations et des remarques qui pourraient faire avancer l'affaire, je suis tout ouïe ! (promis, je ne mors pas !)
Que la pythie soit avec vous !
Nerya
