Ami du jour, bonjour ! Ami du soir, bonsoir !

Avertissement : ceci est le résultat d'un délire durant une session d'examens intensifs qui s'est conclue par l'étude de mon examen d'art byzantin. Néanmoins, je me suis bien marée en l'écrivant, donc, ça compense…

Taille : correct (1421 mots)

Personnage : essentiellement Hadès et les 3 juges, ainsi qu'un invité surprise. Les autres ne sont là que pour faire joli.

Remerciement à : Staffy, pour la correction ! Merci à tous ceux qui ont pris la peine de lire le chapitre précédent, et encore plus à ceux qui ont signalé leur passage, que ce soit par un favori, un follower ou une review !

Disclaimer : Aucun des personnages torturés ci-dessous n'est à moi, mais bien à Masami Kurumada. Quant aux OC's introduits ou évoqués dans cette fic, ils sortent de ma petite caboche…


Anastasis

Hadès fixait ses trois juges, atterrés.

« Pardon ? S'il te plaît, Eaque, explique-moi encore ce qui s'est passé. Je pense que j'ai mal compris... »

Le Garuda se mordit la lèvre inférieure et maudit ses deux collègues de le laisser seul pour expliquer à leur seigneur ce qui avait mis un tel bazar dans son royaume.

Le plus jeune des Juges risqua un coup d'œil vers les réincarnations des deux frères. Minos était assis à son bureau, feuilletant compulsivement ses registres, à la recherche d'il ne savait quelle information. Et, Eaque en avait la certitude, il ne s'arrêterait pas tant qu'il n'aurait pas trouvé ce qu'il cherchait.

Rhadamanthe était dans un état pire encore. Il n'avait pas bougé d'un iota depuis l'incident. S'il n'avait déjà pas été mort, il le serait devenu par asphyxie... Même l'arrivée du dieu des Enfers dans leur tribunal, fermé pour cause de Juges inopérants, ne l'avait pas fait réagir. La Wyvern continuait à fixer, étonné, la porte du tribunal par laquelle leur étrange visiteur avait disparu, balbutiant de temps à autres des "C'est pas possible" ou des "Comment a-t-il fait ça ?".

Non, décidément, les Juges crétois n'étaient certainement pas en état de faire face à leur seigneur, et encore moins de lui raconter ce qui c'était passé.

« C'était une journée de boulot normal. » Commença à expliquer le Garuda après avoir inspiré profondément. « Les morts défilaient, on les jugeait et tout roulait pour le mieux ! Puis, il est arrivé... »

Il frissonna lorsqu'il se remémora l'homme qui avait alors passé les portes du tribunal.

« Un type bizarre, barbe et cheveux longs, vêtements miteux – à se demander comment il a pu payer l'obole à Charon... Bref, il s'est présenté devant nous. Comme d'habitude, on a cherché son nom dans le registre et là, il nous a dit : "Pas la peine de vous déranger, je viens chercher des amis et je pars !". Et, avant qu'on ait pu dire quoi que ce soit, il s'est dirigé vers un des cercles, et pas le plus doux ! On s'est regardé et on a haussé les épaules. Après tout, c'était son problème s'il avait choisi un cercle pire que celui auquel il était destiné. Et puis, c'est pas comme s'il allait revenir pour se plaindre... »

« C'est bien beau tout ça ! » S'impatienta Hadès. « Mais je ne vois toujours pas le rapport avec le fait que deux de mes Juges soient hors service et mon royaume sens dessus dessous ! »

« Il est parti. » Murmura Rhadamanthe, toujours sous le choc. « Parti avec eux ! »

Hadès, qui s'était tourné vers la Wyvern le temps de son intervention, offrit au benjamin des Juges un regard interrogatif.

« J'allais y venir. » Soupira le Garuda. « Un peu plus tard, il y a eu de l'agitation au seuil des portes du cercle dans lequel a disparu l'illuminé. Pas le temps d'aller voir qu'il réapparaissait, cette fois-ci accompagné d'un homme et d'une femme. Il nous a lancé un "Que Dieu vous bénisse !" et s'est dirigé vers l'entrée du tribunal, les deux autres sur ses talons. Le temps qu'on se remette de notre surprise, il avait disparu. »

Il ponctua son récit en baissant les yeux, prêt à recevoir le châtiment de son Seigneur. Seulement, le châtiment ne vint pas. Eaque releva alors la tête et trouva le dieu des Enfers en pleine réflexion.

« Il ne faut pas que l'affaire s'ébruite ! » Finit par déclarer Hadès après quelques instants de méditation que le juge n'osa briser. « Si l'on découvre que l'on entre et on sort des Enfers comme dans un moulin, je n'ose imaginer les dégâts ! Donc, on passe cet épisode sous silence et, quand cet homme revient, on lui fait regretter sa première visite ! »

Eaque allait approuver d'un hochement de tête quand la voix grave de Minos retentit dans le tribunal :

« Sauf votre respect, Monseigneur, ce plan risque fort d'être compromis... »

Et, pour prouver ses dires, il tendit le registre au dieu, l'informant de l'identité de l'illuminé. Lorsqu'il lut le nom qui y était inscrit par-dessus l'épaule du maître des Enfers, Eaque grimaça.

Cette bourde-là, on en parlerait encore pendant des siècles !

SsSsSsSsS

Des siècles plus tard

La main innocente de Shun plongea dans le bocal et en ressortit un petit papier qu'il déplia et lut à voix haute.

« Racontez le moment le plus embarrassant de votre vie professionnelle... »

Les trois Juges, à qui était destinée la question, se figèrent tandis que les Marinas et les Ors jetèrent un regard soupçonneux à Kanon. Il n'y avait que le Dragon des Mers pour penser à de telles questions. Le Grec, se sentant observé, leur offrit son plus beau sourire d'innocent accusé à tort et désigna discrètement Aioros qui écoutait distraitement les réponses de chacun, la tête posée sur l'épaule de Saga.

Le jeu des questions/réponses faisait partie d'un vaste programme de "pacification inter-sanctuaires" imposé par leurs dieux respectifs. Apparemment, mieux se connaître les empêcherait de se taper dessus... Si on leur avait demandé leur avis, les Ors auraient certainement adopté un autre point de vue. Seulement, pas le choix, les ordres venaient de Shion et aucun d'eux n'avait osé protester.

Les Juges ne s'étaient pas encore remis de la question. Evidemment, des moments gênants, ils en avaient eu durant leur longue vie. Mais rien n'avait été plus embarrassant que cet épisode-là.

Rhadamanthe posa alors sa tasse de thé, l'air grave (à ce moment précis, il aurait bien échange son Earl Grey contre quelque chose de plus fort – un petit verre de whisky peut-être). Ils auraient pu mentir, ou passer l'événement sous silence. Seulement, ils avaient juré à leur Seigneur d'être honnêtes avec leurs nouveaux alliés.

Il se tourna donc vers Eaque qui comprit de suite ce que lui voulait l'Anglais.

« Pourquoi toujours moi ? » Gémit le Garuda sur un ton digne des meilleurs tragiques grecs.

« Parce que tu as raconté l'histoire la première fois. C'est la tienne ! » Répliqua joyeusement Minos (il s'estimait depuis longtemps heureux d'avoir été hors service lorsqu'il avait fallu rendre compte de l'incident au dieu des Enfers). « Et puis, tu fais ça si bien ! »

Comme il l'avait fait presque deux mille ans auparavant, le plus jeune des Juges soupira avant de raconter comment un homme s'était introduit aux Enfers, y avait récupéré ses "amis" et était reparti avant que l'un d'entre eux n'ait eu le temps de réagir.

« Anastasis... » Murmura Seiya lorsque le Népalais eut terminé son récit et que d'autres ricanaient en s'imaginant la tête des Juges à l'époque.

« Anastaquoi ? » S'exclama Baïan, par ailleurs surpris que Pégase connaisse un mot aux allures si savantes.

« Anastasis. » Répéta aimablement l'adolescent comme s'il s'agissait de l'évidence même.

« Anastasia, je connaissais... » Grommela Ikki qui sentait arriver le mal de crâne incessamment sous peu. « Mais anastasis... »

« Et c'est quoi, une anastasis ? » Demanda Queen avant que quelqu'un ne puisse l'en empêcher.

Seiya eut un doux sourire, comme satisfait qu'on lui pose la question, tandis que les Bronzes et plusieurs Ors, qui prévoyaient la catastrophe en devenir, lançaient un regard noir à l'Alraune. Ce dernier déglutit, comprenant qu'il venait de déclencher un nouveau cataclysme, même s'il ne savait pas encore quoi.

« Alors ! » Ronronna presque Pégase. « L'anastasis est un thème iconographique de l'art byzantin qui apparaît au... »

« La version courte, Seiya ! » Intervint gentiment Hyoga, au grand soulagement des autres. « Juste une brève description et ce que ça représente ! »

La mine du Japonais se fit alors boudeuse, comme un enfant que l'on priverait de son plus beau jouet. Néanmoins, il obtempéra :

« C'est la façon dont les Byzantins représentent la résurrection du Christ. » Expliqua-t-il, tout à coup grognon. « Il y est montré en vainqueur d'Hadès, sortant des Enfers où il a sauvé Adam et Eve, qui symbolisent l'humanité. »

Il y eut quelques "Ah" et quelques "Oh" de compréhension dans l'assemblée.

« C'est bien beau tout ça, mais c'est quoi le rapport avec l'histoire des Spectres ? » Demanda Aiolia avant de se redresser subitement. « A moins que... »

Une idée venait de lui traverser l'esprit. Il se tourna vers les Juges, dans l'attente d'une confirmation.

« Pégase a bien deviné... » Avoua Minos, de mauvais poil. « Cet homme, c'était Jésus de Nazareth ! »


Bonus : le moment le plus embarrassant de la vie professionnelle des Ors

Être obligé de m'exiler parce qu'un adolescent mégalomane a réussi à tuer mon maître et prendre sa place sans que personne ne le remarque.

Aldébaran

... (Ce type est trop parfait pour ça !)

Saga

Petit un : Ne pas réussir à tuer un bébé sans défense à cause de l'intervention de mon (crétin de) meilleur ami.

Petit deux : Voir treize années de manipulation parfaitement gérées foutues en l'air en douze heures par cinq adolescents en bronze.

Kanon

Voir des années de manipulation sur le dieu des océans magistralement orchestrée foutues en l'air par les mêmes cinq sales gosses qui avaient déjà fait chier mon frère quelques mois plus tôt.

DeathMask

Me faire battre, et ce sur mon propre terrain, par un gamin aveugle et exhibitionniste qui a réussi à convaincre mon armure que, combattre nu, c'était classe !

Aiolia

Est-ce qu'être interdit de mission, voire de mettre un pied hors du Sanctuaire, parce que mon frère est prétendument un traître, ça compte ?

Shaka

Pensez-vous vraiment que ma divine personne ait pu un jour connaître un moment embarrassant ?

Milo : Je suppose que devoir demander de l'aide à Mu parce que tu t'ais fait exploser par un Bronze, ça compte pas ?

Shaka : Ta gueule, Milo.

Dokho

Coucher avec le Grand-Pope et n'en tirer aucun privilège... Nan, je plaisante.

Ne plus pouvoir jouer les exhibitionnistes et impressionner les filles parce que je me suis transformé en champignon violet à force d'être resté trop longtemps assis à regarder une cascade.

Milo

Je me suis peut-être une fois trompé de cible et m'en suis rendu-compte quand je suis rentré… En même temps, fallait préciser que c'était la femme qu'il fallait tuer, pas son mari !

Angelo : Moi, j'aurais pas eu ce problème… J'aurais tué les deux !

Aioros

Me faire tuer par un gamin de dix ans pour sauver une gamine égocentrique incapable d'honorer correctement ma mémoire...

Shura

J'hésite... Soit coucher avec un spectre, soit avoir un jour égratigné la statue d'Athéna en faisant mes exercices...

Aiolia : Et avoir tué mon frère, non ?

Shura : Pourquoi faut-il toujours que tu reviennes sur les vieux dossiers ? Y a prescription maintenant !

Aiolia : Pour le meurtre, c'est trente ans.

Shura : Ah bon ? Oups...

Camus

Vérone !

Aphrodite

Avoir confondu remède et poison pour un de mes patients, un jour que l'infirmerie était bondée. Enfin, c'est pas comme s'il était encore là pour s'en plaindre…


Des remarques ? Des critiques ? Dans tous les cas, merci d'avoir pris le temps de lire cette histoire !

Je vous souhaite d'ors et déjà une excellente année 2020, pleine de bonheur et d'inspiration !

À très vite ! Et que la Pythie soit avec vous !

Nerya.