Et voilà. C'est la fin. J'espère que vous avez aimé. N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez penser dans une petite review. Ca me ferais très plaisir de pouvoir discuter avec vous.
C'est un peu dramatique mais c'est entièrement voulu. Je voulais sortir un peu de ma zone de confort. J'espère que l'essai est réussi. Si vous voulez quelque chose de plus joyeux à propos de nos deux tourtereaux préférés, souverains d'Illéa, je vous invite à jeter un oeil à ma fic principale: Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants.
Je vous dit donc à très bientôt
elizabeth-victoria
Deux mois plus tard
POV Eadlyn
Le palais avait retrouvé toute sa splendeur d'antan, ce soir. Les domestiques s'étaient surpassés pour le sublimer en cette période de fêtes. Il resplendissait littéralement. Mon cœur se serra et je réprimais les larmes qui montaient à mes yeux à la pensée de la dernière fois qu'il avait été aussi magnifique. Ma mère était encore de ce monde. C'était elle, d'habitude, qui supervisait toute l'organisation des festivités de Noël. Mais cette année, personne n'avait eu le courage de prendre cette responsabilité. Mon sentiment était plutôt que personne n'avait voulu toucher au souvenir encore extrêmement présent de ma mère et ainsi la remplacer. La décoration avait donc été reproduite à l'identique.
Il faut dire qu'aucun n'avait vu ces deux mois passer depuis ce jour tragique. Les obsèques de maman étaient arrivées quelques jours après l'arrivée d'Ahren et Camille. Nous aurions souhaité un enterrement intime et simple. J'étais sûre que c'est ce que maman aurait souhaité. Mais la pression et l'émotion de la population avait été telle que nous avions dû consentir à des obsèques nationales. Ce fut la journée la plus dure de toute ma vie. Rester droite et digne alors que les badauds rassemblés sur le chemin du cortège funéraire faisaient étalage de leur peine m'avait brisé le cœur. On n'avait jamais vu la famille royale verser une larme. Ça aurait fait la une des journaux. N'avoir le droit de pleurer que dans son cœur ou derrière les hauts murs du Palais avait, me semble-t-il, un arrière-goût de punition. Ce jour avait été la dernière apparition publique de mon père. Il avait bien tenté dans un premier temps de maintenir la famille et le pays à flots mais la douleur que j'avais entraperçue avait finalement pris le dessus. J'avais ainsi vu mon père s'étioler petit à petit, comme si ma mère était celle qui le maintenait en vie, qui lui donnait une raison de vivre. Il n'était plus que l'ombre de lui-même et même la présence de tous ses enfants réunis n'avait pas réussi à lui redonner sa joie de vivre qui l'avait caractérisé toute sa vie.
J'avais alors compris une chose. Toute ma vie j'avais idéalisé le couple que formaient mes parents. Ils étaient pour moi un véritable conte de fée. Les histoires que l'on racontait sur eux, sur leur rencontre, les obstacles qu'ils avaient traversés ne les rendaient pas extraordinaires. Bien au contraire. Ils étaient simplement deux personnes ordinaires trop entêtées pour laisser le monde les séparer. C'était peut-être ça la définition des âmes-sœurs, finalement.
Depuis récemment, les couloirs bruissaient des rumeurs de ma prochaine intronisation. Pourtant, malgré ce que tout le monde semblait supposer, ce projet n'avait pas été abordé concrètement pour l'instant. Car si je n'avais pas encore officiellement le titre de Reine, j'en avais déjà toute les prérogatives. En effet, depuis que mon père n'arrivait plus à assumer ses fonctions, les devoirs politiques qui lui incombaient d'habitude m'étaient naturellement revenus.
Et malgré tous ces évènements, j'avais dû me résoudre à continuer ma Sélection. Ne restaient plus que deux candidats en lice : Kile et Henry. Et d'ici quelques jours, comme le voulait la tradition, le grand gagnant serait annoncé en direct à la télévision. Rien que d'y songer, j'étais angoissée. C'était dans ces moment-là que maman me manquait plus que tout. Elle aurait su quoi me dire et me conseiller.
Soudain, une main se posa sur mon épaule, interrompant le cours de mes pensées et me faisant sursauter.
- Ça va, Eadlyn ?
Mon frère jumeau, était arrivé derrière moi sans un bruit. J'eu un instant d'hésitation, deux images se superposant dans mon esprit. J'avais vu une photo de mon père plus jeune portant la même couleur de costume gris perle. Et ce soir-là, avec ses mêmes cheveux blond, la ressemblance entre les deux était frappante.
- Eadlyn ? Répéta Ahren.
- Ce n'est rien. Secouais-je la tête, chassant l'image de mon esprit. Cette couleur te va merveilleusement bien. Ajoutais-je, tout sourire aux lèvres, espérant cacher à mon frère ce qui m'avait troublée. Et s'il l'avait remarqué, il eut le tact de ne rien dire.
- Merci.
Ahren et Camille étaient repartis en France pendant quelques semaines. Le couple héritier du trône français ne pouvait décemment pas se tenir éloigné trop longtemps de son pays. D'autant plus que le peuple n'avait encore jamais eu l'occasion de les voir ensemble depuis leur mariage, comme me l'avait précisé Camille. En apprenant la nouvelle de la mort de maman, ils avaient décollés en sens inverse le lendemain de leur atterrissage sur le sol français. Après l'enterrement, ils étaient restés quelques semaines au Palais. Lors de ce séjour, j'avais retrouvé mon frère jumeau que j'aimais tant. Il avait cependant un petit quelque chose de changé, une étincelle au fond des yeux, malgré la douleur et la peine. La période n'avait pas été facile pour notre relation qui avait connu des hauts et des bas. Je le tenais pour responsable de la mort de maman et encore maintenant, une petite partie de moi n'arrivait pas à se départir de ce sentiment. Mais papa, Camille et même Kile m'avaient détrompé. Je ne leur avais pas laissé la tâche facile mais ils avaient finalement réussi à me persuader du contraire. Nous nous étions finalement excusés pour toutes les violences que nous nous étions jetés à la figure lors de nos disputes. Et tout s'était finalement apaisé entre nous.
- Camille n'est pas avec toi ? Demandais-je, intriguée.
D'habitude, nous ne les trouvions jamais l'un sans l'autre. Cela m'avait d'abord fait beaucoup soupirer au début de voir autant de débordements d'amour mais peut-être était-ce l'apanage des jeunes mariés...
- Elle arrive. Tu sais comment sont les femmes… Il me fit un clin d'œil, le sourire aux lèvres et je levais les yeux au ciel. Malgré tout, sa répartie me fit sourire.
Je lui emboîtai donc le pas jusqu'au salon où se tenait le diner. Mes deux plus jeunes frères, Henry, Eikko ainsi que les Woodwork étaient déjà présents dans la pièce. Kaden et Josie devisaient à bâtons rompus, imperméables à ce qui se passait autour d'eux. Osten avait embarqué Kile dans un jeu de sa conception. Henry était en grande conversation avec Marlee et Carter. Tout ce spectacle me réchauffa le cœur mais me fit également monter les larmes aux yeux que je réprimais difficilement. Henry finit par m'apercevoir, plantée à l'entrée de la pièce. Il m'offrit son plus beau sourire avant de s'incliner. Derrière lui, Eikko se tenait droit et silencieux. Mais il n'avait pas besoin de parler. Ses yeux disaient tout ce qu'il y avait besoin de savoir. Son regard brillant d'admiration captura le mien pendant un instant qui me sembla pourtant durer des heures. Je rougis et détournais rapidement le regard. Camille nous rejoignit peu de temps après et Ahren enlaça immédiatement la taille de sa femme qui s'appuya contre lui. Papa arriva en dernier. Il se présenta, un sourire nostalgique aux lèvres, le regard voilé par l'absence que nous ressentions tous en ce jour particulier.
- Toute cette joie m'avait manqué. Cela fait du bien de voir tant de sourires réunis après les moments difficiles que nous venons de vivre.
La pièce fut soudainement plongée dans le silence. Ce n'était pas un silence pesant marqué par la peine et la douleur. Ce temps était révolu. Bien sûr, elle nous manquait terriblement. A chaque seconde. Mais nous l'avions assez pleuré. Nous savions tous qu'elle n'aurait jamais souhaité que l'on s'apitoie sur son sort plus longtemps que nécessaire. Et avancer, tous ensemble, reprendre le cours de nos vies était la plus belle preuve d'amour que nous pouvions lui donner.
Après le dîner, nous étions tous rassemblés autour de la cheminée, dans les grands et moelleux canapés lorsqu'un un domestique se présenta à nous, s'inclinant respectueusement.
- Excusez-moi de vous déranger, Votre Majesté, Vos Altesses Royales mais j'ai un message de la part d'une personne très spéciale.
Nous nous regardâmes, intrigués. Mon père hocha la tête à l'intention du domestique qui s'éclipsa quelques instants avant de reparaître, un grand sac rempli de paquets cadeaux dans les bras.
- C'est de la part de qui ? Demanda Kaden.
Le domestique ne répondit pas, posant le sac à terre et s'en allant comme si de rien n'était.
- Du Père Noël, bien sûr ! S'exclama Osten.
Etant la plus proche, je me levai et m'approchai des présents. De petites enveloppes étaient glissées entre chaque ruban, le nom du destinataire écrit dans une fine calligraphie. Je me saisis de l'une d'entre elle. Je reconnu alors cette écriture si particulière. Les larmes que j'avais réussi à juguler pendant toute la soirée, roulaient désormais librement sur mes joues.
- Alors ? Alors ? Demanda Osten qui était venu me rejoindre et sautillait, surexcité comme une puce autour de moi.
Je relevais la tête vers mon auditoire qui attendait visiblement à la fois impatiemment et anxieusement ma réponse. J'esquissais un sourire à travers mes larmes.
- Non… C'est de la part de maman. Répondis-je dans un souffle, l'émotion me submergeant complètement.
Cela calma immédiatement Osten. La mort de notre mère était une blessure qui ne s'était pas encore bien refermée pour lui. De la fratrie, il était celui qui avait eu le plus de mal à faire son deuil. Il avait été infernal jusqu'à encore très récemment, la colère ayant pris le dessus. Le silence se fit soudainement dans la pièce, puis Marlee s'éclaircit la gorge, visiblement bouleversée.
- Nous allons vous laisser en famille.
Carter, Marlee et leurs enfants se retirèrent, non sans que Marlee n'ait d'abord récupéré le paquet à son nom. Henry et Eikko s'en allèrent également discrètement, laissant finalement seuls les Schreave dans le salon. Osten et moi rapportâmes le reste des présents sur la table basse, près de la cheminée. Tous ainsi rassemblés, l'émotion qui nous étreignait était palpable. Ahren se chargea de la distribution des paquets restants. J'étais trop tremblante pour le faire.
- Pour que tu saches que je serais toujours auprès de toi, mon petit ange. Quoiqu'il arrive. Lut maladroitement Osten en déballant un album photo.
- Tout est une question d'équilibre. Le présent est le trait d'union entre le passé et le futur. Kaden sorti précautionneusement un vieux livre d'histoire qui avait manifestement beaucoup vécu.
- Il appartenait à votre grand-père maternel. Votre mère m'a obligé à le lire, une fois. Elle y tenait beaucoup. Intervint papa. Kaden hocha la tête, visiblement ému.
- Mon chéri, tu as déjà sacrifié beaucoup de choses. Tout ce que j'ai toujours souhaité c'est que tu sois heureux. En espérant que cela t'en apportera autant qu'à moi. Souffla Ahren. Notre mère lui avait offert sa bague de fiançailles passée dans une chaine. L'éclat d'une unique larme brilla un instant sur la joue de mon frère.
Ce fut mon tour. Je décachetais la carte et lu lentement ce que m'avais écrit maman.
- Ma fille, tu es plus forte que tu ne le crois. Il est temps pour toi de faire de grandes choses. Car tu sais au fond que tu en es plus que capable. Le monde ne peut t'arrêter. Tu es merveilleuse. Je suis si fière de toi, ma chérie. Maman. PS : Garde en mémoire qu'on ne naît pas reine, on le devient.
J'ouvris une petite boîte de velours et mes larmes recommencèrent à couler de plus belle. C'était décidément la soirée…
- C'est son collier rossignol. J'adorais la voir le porter. Elle était si belle, si rayonnante, si libre…
Nous nous tournâmes vers notre père, son présent, encore emballé posé sur ses genoux. Je ne distinguais pas son expression. Il prit une grande inspiration et défit le ruban qui enveloppait la boite. Il resta un moment sans rien dire, laissant le silence planer.
- Papa ? Demandais-je.
Il ne me répondit pas immédiatement.
- Je lui avais écrit mes toutes premières lettres quand elle était rentrée en Caroline pour les obsèques de son père, juste avant nos fiançailles. Les plus maladroites et embarrassantes de toute ma vie. Je lui avais promis que c'était les dernières. Murmura Papa un demi-sourire aux lèvres, les yeux brillants de larmes contenues. Et elle me rend la pareille à son tour… Termina-t-il dans un souffle en serrant contre lui un paquet de lettres maintenues ensemble par un fin ruban bleu.
Je m'approchais et vins m'assoir doucement à côté de lui. Je me saisis de la petite carte qui accompagnait le cadeau.
- Maxon, mon amour. Je t'aime. Je t'aime plus que tout au monde et à jamais. Mais n'oublie pas que la famille est la chose la plus importante que tu possèdes. Prends en soin. Pour moi. Pour nous. A bientôt. Ta femme qui t'aime.
Je ne m'aventurerais pas à lui demander ce que contenaient ces missives. J'avais appris depuis un moment qu'il valait parfois mieux ne pas tout connaître de la vie de ses parents au risque d'être déçu. Certaines choses n'appartenaient qu'à eux et nous n'y avions pas notre place.
Nous restâmes silencieux pendant de longues minutes, le souvenir vivace de notre mère flottant entre nous. Curieusement, je ne ressentais aucune tristesse dans l'air mais un incommensurable sentiment d'amour.
- Venez là, mes enfants. Nous appela papa en nous ouvrant les bras.
Mes frères nous rejoignîmes dans le canapé. Osten grimpa sur les genoux de notre père, Ahren et Kaden se répartissant de chaque côté. Papa ne prononça pas un mot mais cela n'était pas nécessaire. Après tant d'épreuves, nos cœurs battaient désormais à l'unisson.
FIN
