Chapitre V

Jaime

Ils perdaient la bataille. Jaime l'avait su au moment où il avait vu les hommes du Nord débarquer pour soutenir Riverrun. Mais il ne s'était pas découragé, si il devait mourir, il emporterait le plus d'hommes du Nord avec lui et pourquoi pas Robb Stark lui-même. Tout ce qui le rassurait pour le moment c'est que Garett ne soit pas là. Il n'avait donc pas à s'assurer qu'il arrive quoique se soit à son fils cadet. Jaime savait à quel point le garçon était un excellent combattant. Garett le surpassait déjà, dans des combat amicaux. Il avait hérité de la force des Lannister et de la férocité des Renart. Mais son coeur de père prenait le dessus de temps en temps et ne voulait pas que Garett et Aaron aillent à la guerre. C'était un vœu pieu, Jaime le savait mais c'était ainsi. Il s'était moqué plus d'une fois de ces femmes qui devenaient comme folles dès qu'il arrivaient quoique se soit à leurs enfants, mais à la minute où il avait vu Joanna, Garett et Aaron. Son coeur avait arrêté de battre le temps d'un instant qui avait duré pour lui une éternité. Ses enfants, sa propre chair. Ils étaient beaux, se souvient Jaime.

Aaron avait hérité de la chevelure de Morgana, noir comme la plus sombre des nuits mais avait prit ses yeux. Joanna et Garett étaient blonds comme lui, mais son fils avait prit les yeux marrons de Morgana et sa fille les yeux gris des Renart. Il avait passé un an et demi avec eux avant de devoir retourner son devoir auprès du mari de sa soeur.

Il avait d'autres enfants avec sa soeur, Jaime n'en avait pas spécialement honte mais ne pouvait s'empêcher de ressentir de la tristesse à cela. La vie de Joffrey, Myrcella et Tommen serait menacé si quelqu'un venait à apprendre cela. Pour cela, Cercei lui avait interdit d'agir d'être trop près de leurs enfants. Il avait dû se contenter d'être un oncle pour eux, alors qu'ils avaient cruellement besoin d'un amour paternel que Robert n'avait pu leur donner, surtout à Joffrey.

Mettant de côté ses pensées, il plongea dans la bataille son épée en main et commença le massacre. Il réussit à tuer six hommes avant de se retrouver en difficulté face à trois homme. Ils avaient le blason des Manderly sur leur vêtements. Les trois l'acculèrent et Jaime commença à fatiguer. Sans compter qu'il était blessé à la jambe. 'Comme Eddard Stark.' Pensa-t-il ironiquement.

Son petit moment d'inattention lui valu de tomber face aux trois hommes. Il était fini, il le savait. Il était d'accord avec cela. Cela avait toujours été la façon dont il voulait partir : au combat. Il leva quand-même sans épée et regarda ses ennemis droit dans les yeux. Son père ferait un arrêt si il mourrait en s'étant rendu.

Mais avant que lui ou ses ennemis aient pu faire le moindre geste, un chakram venu d'on ne savait où vint se loger dans l'épaule d'un des hommes face à lui. A peine la surprise passée qu'une silhouette tout de rouge vêtue se mit devant Jaime et commença à se battre. C'était une jeune femme pu dire Jaime. Elle se battait avec agilité et rapidité. Les hommes qui se concentraient uniquement sur les deux épées qu'elle possédait ne voyaient pas venir les coup qu'elle leur administrait avec ses jambes.

Bien vite les trois hommes furent à terre assommés avant que la jeune femme ne se retourne vers Jaime. Jaime écarquilla les yeux de surprise en reconnaissant la jeune femme devant lui.

La dernière fois qu'il l'avait vu, elle était dans son quatorzième jour de nom. A peine une jeune fille en fleur et maintenant la voilà femme tout de rouge vêtue, tenant deux épées. Jaime reconnu Tonnerre et Éclair. Quand il lui avait offert Tonnerre au même moment que Morgana lui offrait Éclair. Jaime et Morgana s'étaient tous les deux disputés pour savoir qui avait offert la meilleure épée et celle que leur fille préférait. Apparemment, n'avait pas de préférence et utilisait les deux.

«Eh bien père, je dois dire que vous vous êtes ramolli.» Fit elle avec un sourire moqueur.

***Lannister***

Robb

« Qui es-tu et que fais-tu là?» Demanda Robb.

Robb tenait son épée derrière une jeune femme habillée tout de rouge. Il l'avait vu arriver de loin et lancer une arme circulaire contre Dustin Manderly. Elle s'était ensuite battue contre les cousins de Dustin sans aucune difficultés.

Lentement la jeune femme se retourna et Robb resta interdit. Avant d'éprouver beaucoup de colère. C'était Joanna, la fille de Jaime Lannister et de Morgana Renart. La dernière fois qu'il l'avait vu c'était à Winterfell il y a quatre ans. Elle y avait passé six mois , c'était une sorte de punition pour une bêtise faite à Valanci. Mais cela avait surtout été une punition pour lui de devoir être en sa compagnie.

Il l'avait toujours détesté et il ne saurait dire pourquoi. Tout ce qu'il savait c'est qu'il n'aimait pas qu'elle le regarde, qu'elle le touche et encore moins qu'elle lui parle. Elle lui rappelait depuis toujours, ces nuits qui survenaient un peu avant l'orage. Calmes et silencieuses, qui se noircissaient au fur et à mesure avant d'éclater et de se déchaîner . Joanna était tout à la fois, le calme avant la tempête, la tempête, les éclairs, le tonnerre et le chaos qui régnait une fois la tempête arrêtée.

«Je dois dire que je suis assez surprise et déçue que tu ne me reconnaisse pas Robby.»

«Joanna.» Finit-il par cracher.

Elle lui donna un sourire suffisant avant de dire:

«Princesse Joanna, ne t'oublies pas.»

«Que fais-tu ici?» Demanda il irrité.

Il ne lui parlait que depuis quelques secondes et il voulait déjà qu'elle disparaissent.

«Je ne répondrais que quand j'aurais vu ma mère.» Dit-elle en s'en allant. Laissant Robb et le régicide face à face.

***Lannister***

«Joanna!» S'exclama Morgana en reconnaissant sa fille.

«Mère c'est un plaisir de vous revoir.» Joanna fit la révérence à sa mère.

Cette dernière releva sa fille avant de la prendre dans ses bras. Une fois l'étreinte finie, Morgana regarda sa fille d'un peu plus près. Elle avait grandit, sans pour autant beaucoup changer.

«Tu as fini ?» Demanda-t-elle.

«Oui.» Répondit fièrement la jeune femme.

«Maintenant que tu as vu ta mère, tu peux me dire ce que tu fais là.» Fit une voix dans leur dos.

Joanna leva les yeux vers le ciel avent de se retourner agacer vers le jeune Stark et son loup.

«Aaron m'a demandé de prendre sa place.» Dit-elle ennuyée.

«Quelle place?»

«Auprès de notre mère. Il est au Mur, il avait prévu de ramener Jon mais apparemment ils ont eu un empêchement, je ne sais pas quoi, et il m'a demander de venir à sa place. Donc me voilà.»

«Hors de question tu ne reste pas.» Dit fermement Robb.

Joanna croisa les bras et leur regarda avec un sourire provocateur.

«Tu veux parier ? Ma mère se bat avec toi et maintenant mon père est ton prisonnier. Si tu crois que je vais m'en aller tu es encore plus bête que quand nous étions enfants.»

Mary

Le jour fatidique était arrivé. Se dit Mary.

Aujourd'hui allait marqué la fin de la guerre opposant Lannister et Stark. Elle avait passé les dernières semaines à conclure un accord avec Eddard Stark. Le Seigneur de Winterfell avait fini par accepter de revenir sur ses accusations. Il ne serait donc pas exécuté simplement envoyé au Mur. Sansa resterait ici en tant que sa dame de compagnie pour maintenir la paix. Robb retournerait gouverner le Nord et tout irai pour le mieux.

Il fallait en finir au plus vite avec les Stark car les Baratheon entreraient bientôt en course. Des nouvelles, lui étaient parvenus plutôt par son cousin Lyonel Swann, le fils de sa tante Alyn, la soeur cadette de son père. Apparemment, Stannis avait demandé à Lord Swann de soutenir son droit à monter sur le trône de Fer. Disant que Joffrey, Myrcella et Tommen étaient les bâtards du régicide. Il mettait même en doute la légitimité de Mary et Steffon, car en ne pouvait faire confiance à une femme adultère.

Déjà que Renly avait Steffon et que Mary ne savait quelles étaient ses intentions. Son attention ne pouvait pas être en même temps sur les Stark et sur ses oncles.

La princesse finit de se préparer avec ses dames de compagnie. Alys Caron et Megan Penrose. Et partit rejoindre sa mère, son frère et Sansa. Mary ne pu s'empêcher de donner un sourire rassurant à la jeune Stark. La pauvre vivait des moments difficiles loin de sa famille.

***Lannister***

Mary regarda avec horreur la tête d'Eddard Stark tomber puis rouler sur l'estrade en bois. Dire qu'elle était sous le choc était loin de la vérité. Ce n'était pas censé se passer comme cela. Elle avait tout prévu. Tywin était d'accord, Cercei était aussi d'accord et Joffrey l'était aussi. Pourtant il avait demandé à Ser Payne la tête du «traître».

Mary leva les yeux vers son frère. Il avait un sourire satisfait collé sur le visage. Elle regarda ensuite sa mère qui était sous le choc et Mary pouvait voir la peur. Robb Stark avait capturé son oncle Jaime et Aaron n'était pas avec les Stark pour s'assurer qu'il n'arrive rien à son père.

La princesse n'osa même pas regarder Sansa. Elle lui avait promis que tout irait pour le mieux et ce n'était pas ce qui s'était passé. Mary avait tout prévu sauf que son imbécile de frère n'en fasse qu'à sa tête.

Joffrey ne savait même pas qu'il venait de prolonger une guerre qui n'aurait jamais du commencer.

«Princesse, il faut partir.» Fit un des gardes royales.

Mary se ressaisit et emboîta le pas des autres. Elle vit la pauvre Sansa évanouit dans les bras d'un autre garde. A son arrivée au Donjon, elle alla directement vers ses appartements.

«Ma soeur où vas-tu ? Ne viens tu pas fêter la mort du traître avec moi?» Lança Joffrey.

Mary se retourna pour faire face à son frère et sa mère.

«Non je ne vais rien fêter parce qu'il n'y a rien à fêter. Nous sommes en guerre contre les Stark, au cas où tu ne le saurais, et nous ne sommes pas en train de gagner. Oncle Jaime est prisonnier de Robb, que pense tu qu'ils vont lui faire quand ils seront que tu as décapité le gouverneur du Nord!?» Siffla Mary.

«Il n'avait pas qu'à remettre en cause ma prétention au trône.» Cria presque Joffrey. «Je suis le véritable roi !»

«Si tu as besoin de rappeler à tout bout de champ que tu es le roi, c'est que tu en doutes toi-même.» Dit Mary avant de s'en aller.

Une fois dans ses appartements, Mary prit le temps de se calmer et d'analyser la situation. Mais ses pensées dérivèrent trop rapidement, sur un jeune homme aux cheveux noirs. Elle lui avait promit à Winterfell, de veiller sur son père et ses sœurs et elle avait échoué. Qu'allait-il penser d'elle ?

Pendant son séjours à Winterfell, Jon et elle s'étaient beaucoup rapprochés. Plus qu'ils n'auraient dû. Ils s'étaient rejoint le soir plus d'une fois, pour parler des heures avec pour seuls témoins les étoiles. Jon lui avait parler de tout, sa famille, sa bâtardise qui le pesait, sa mère qu'il ne connaissait pas, ses rêves, ses craintes, tous. Et Mary avait fait de même.

«Que vas-tu dire à mon père?»

Mary se retourna immédiatement pour voir sa mère la regarder.

«La vérité.» Répondit-elle en reprenant contenance. «Il faut qu'il puisse agir en conséquence.»

«Je ne pensais pas qu'il ferait cela.» Fit Cercei après un petit moment de silence.

«Nous sommes deux mère. Joffrey a toujours été instable mais au moins il vous écoutait. Ce n'est apparemment plus le cas. Vous ne servez donc plus à grand chose.»

«Comment oses tu je suis la reine !»

«Seulement la reine mère. Et dois-je vous rappeler en premier lieu pourquoi nous en sommes là ?»

Cercei ne dit rien.

«Un mois, juste un petit mois à ne pas ouvrir vos jambes pour oncle Jaime pendant que nous étions à Winterfell. Était ce trop difficile?»

Le son de la gifle résonna dans la pièce.

Mary soutint le regard furieux de sa mère pas du tout surprise par son geste. Même sa mère, aussi froide qu'elle pouvait l'être, avait ses limites.

«Je dirais bien que vous n'auriez jamais dû en premier lieu les ouvrir mais l'idée que Tommen et Myrcella n'existent m'est insupportable. Je ne dirais pas la même chose de Joffrey, bien que je l'aime tout autant. Sachez que je sais que vous êtes à l'origine de la mort de Jon Arryn et que vous êtes responsable de la chute du jeune Bran.»

Cercei ne broncha pas et Mary eu sa réponse. Elle n'en savait rien mais le visage de sa mère qui était un livre ouvert pour qui savait le déchiffrer lui fournissait toutes les affirmations dont elle avait besoin.

«Si il arrive quoi que se soit à Steffon ou à n'importe quel autre membre de notre famille, je vous tiendrai personnellement pour responsable. La seule faveur que je vous fait c'est de ne pas dire à grand-père à quel vous avez déshonorez les Lannister et les Baratheon. Vous pouvez disposer.» Finit par la congédier Mary.

Un silence tomba à nouveau. Cercei refusait de bougeait et Mary soutenait toujours son regard. Et dire qu'à une époque, tout ce que voulait Mary c'était ressembler à sa mère. A la plus belle femme de Westeros. Ce temps était bien révolu et heureusement.

Cercei finit par capituler et se retourna pour sortir mais Mary l'interpella.

«S'il vous plaît mère, à l'avenir ne vous permettez pas de venir dans mes appartements. J'ai des choses plus importantes à faire que de discuter autour d'un thé ou dans votre cas d'un verre de vin, comme réparer vos bêtises et celles de votre fils.»

Une fois sa mère partie, Mary prit une profonde inspiration et alla s'asseoir sur une chaise. Elle enleva le bracelet en or serti d'une pierre jaune qu'elle avait au poignet. La princesse ferma les yeux et se concentra sur son objectif : Garett.