Coucou, mon oral est terminé et je suis désormais en véritable vacances, en cette belle journée, Severus fait sa première apparition. J'espère qu'elle vous plaira !
Bonne lecture !
Lune P.
Harry et sa nouvelle vie après la mort de Sirius
5. Visite surprise
Remus était bien décidé à améliorer cette journée. Mais dès qu'il descendit les escaliers et se retrouva face à une Abbygail plongée dans un livre d'Histoire, il ne savait plus du tout quoi ni comment faire. Abby n'était pas tant plongée dans son livre qu'elle le faisait paraitre. Elle tournait les pages tel un robot, pour augmenter sa couverture. Mais au fond ce qu'elle voulait c'était savoir, tout savoir. Depuis petite, la fillette avait toujours eu un complexe, pour elle ne pas savoir n'était tout simplement pas possible. Remus s'en était toujours amusé, c'était un vrai plaisir de lui apprendre quelque chose. Ses paupières s'ouvraient toujours d'un coup, puis clignèrent le temps qu'elle analyse l'information. Sa curiosité avait amplifié et ce dans tous les domaines. Désormais Remus s'en inquiétait, il avait compris que pour elle ne pas savoir c'était synonyme de souffrance. En effet, la jeune fille croyait la connaissance comme devoir, elle n'avait pas le choix, elle ne pouvait plus faire de magie souvent, alors le moins qu'elle pouvait c'était en apprendre le plus possible. Le véritable problème était toutes les informations qu'elle n'avait pas, qu'elle ne pouvait pas avoir. Elle pensait que dès qu'on lui refusait une information c'était qu'elle ne la méritait pas. Donc les personnes la jugeaient inférieure, et elle se mettait à le croire. Remus en avait fait les frais plus d'une fois, mais une crise avait été plus importante que les autres. La jeune Abbygail devait avoir eu dix ans, elle ne comprenait pas qu'elle ne pouvait pas aller à Poudlard alors qu'elle connaissait déjà le programme des deux premières années en sortilège et en potion, elle avait quelques problèmes pour la métamorphose. Ainsi un soir, elle demanda à son tuteur, donc Remus – ce depuis qu'il lui avait appris à lire et à compter – de lui apprendre au moins un sortilège impardonnable. Remus s'y opposa fermement ainsi que ses parents, Abby avait donc pensé que c'était parce qu'elle était handicapée qu'on lui refusait. Depuis ce jour-là, Abby s'était mis à fouiller dans tous les livres imaginables le sort qu'il lui permettait désormais que sa maladie soit invisible aux yeux de tous les autres. Elle n'avait jamais expliqué la raison à qui que ce soit, Remus lui aurait expliqué que cela ne tenait pas de bout. Si elle voulait tant apprendre ces sortilèges et les autres fallait aller à Poudlard et donc renoncer à ce sortilège. Dès qu'elle y réfléchissait, évidemment que cela n'avait aucun sens, mais elle s'y était habituée, elle avait oublié les regards interrogateurs, les questions impolies…
Remus savait très bien que ce livre intitulé Histoire de la Magie, le plus célèbre des livres historiques, elle avait dû le lire une dizaine de fois. Il savait qu'elle était perturbée par le manque d'information sur un sujet aussi bénin que la mauvaise humeur d'Harry. Remus hésitait à lui en parler, mais ce serait trahir le peu de confiance que lui avait donné Harry, c'était bien trop précieux pour tous les deux. Il pensait aussi que comme elle ne lui avait toujours rien dit, ce ne serait pas juste qu'Harry le fasse. Remus dans sa naïveté voulait qu'ils se disent tout en même temps. Il s'apprêtait à lui proposer l'idée quand le feu de la cheminée se changea en un magnifique vert. Ainsi deux hommes avaient voyagé par poudre de cheminette, l'un avec sa fameuse barbe blanche et l'autre toujours enroulé de sa robe noire.
La jeune lectrice leva ses yeux et demanda non verbalement à Remus le pourquoi, il haussa pour la énième fois de la journée les épaules. Cette fois elle savait qu'il n'en avait réellement aucune idée. Et cela ne la rassura pas, Remus savait tout, il devait tout savoir, sinon…Ces pensées furent interrompues par le plus grand sorcier.
- Remus, Severus et moi ne diront pas non à un peu de thé et quelques sucreries…
Remus détestait la façon que l'homme avait pour le remettre à sa place et dénoncé sa capacité à recevoir tout en gentillesse. Mais Remus aujourd'hui était perdu, sa discussion avec Harry, son inquiétude pour Abby et maintenant l'arrivée de ces deux hommes qui voulaient forcément annoncer quelque chose de mal. Il avait la « garde » d'Harry depuis moins d'une semaine et c'était déjà fini. Le temps qu'il se décide à faire quoi que ce soit, Abbygail était déjà revenu de la cuisine avec le thé, les quelques gâteaux du placard et de la crème, pour son propre thé. Le thé sans crème était sans gout pour la jeune fille, qui avait toujours eu des remarques. Seules remarques depuis qu'elle était sous l'emprise du sortilège.
- Merci Mademoiselle Bennett. Vous nous manquer toujours à Poudlard, réfléchissez bien pour cette année, vous pourrez toujours passer vos BUSES au ministère à la fin du mois et rentrez en sixième année avec Monsieur Potter.
Remus étudia les réactions de sa presque nièce, pour la première fois il la voyait analyser cette phrase sans la balayer du regard. Elle ne répondit pas, mais tout n'était pas perdu. Remus avait toujours beaucoup d'espoir pour les autres.
- D'ailleurs où est ce jeune homme ?
- Il est dans sa chambre, en train de faire ses devoirs. Je vais aller le chercher.
- Au moins un point positif à la garde du loup !
Pour la première fois qu'il parla, ce fut au sujet d'Harry. Ceci n'étonna pas Remus qui rechigna sur le fait d'être encore le loup. C'est ce qu'il était un loup, un monstre.
- Merci Severus.
Le professeur de potion n'aimait pas Lupin, il faisait parti de ses ennemis. C'était le moins pire des quatre. Mais il était trop proche de Lily, elle avait dû se plaindre maintes et maintes fois de lui après l'incident. Il appréciait le fait que contrairement aux autres qui soit l'évitaient, avait peur de lui ou au contraire le prenait de haut, Remus répondait toujours d'un calme olympien après n'importe quelle réplique acerbe de Severus. Il admirait son calme et sa bienveillance, alors que le jeune mangemort avait seulement réussi à tuer la seule femme qu'il avait aimée. Les deux auraient pu très bien s'entendre, tous les deux avides de savoir. Severus savait que sa soi-disant vengeance contre son ennemi était enfantine, mais il avait voulu le tuer !
Dans le plus grand des calmes, Harry descendit les escaliers d'un pas léger et d'une discrétion qui ne lui était pas propre. Mais le vieux sorcier avait des yeux partout.
- Harry, mon garçon. Comment vas-tu ?
- Très bien, professeur.
Même si Harry avait retrouvé tout son calme, que ses cernes sous les yeux avaient diminuer et qu'il arborait le plus doux des sourires, il restait le fait qu'il ne savait pas mentir. Albus Dumbledore lui rendit son sourire, Harry certes n'allait pas « très bien », mais qu'il le dise prouvait qu'il le voulait et donc était sur la bonne voie. Du moins pour Albus, parce que Remus ne voulait pas qu'Harry tombe dans cette phase de déni, la pire à vivre pour ceux autour. La colère il pouvait gérer, mais vu comment le fils de James était têtu, Remus allait en perdre ses cheveux. Même Severus esquissa un haussement de sourcil, ce qui étonna l'ancien professeur face à lui. Quant à Abby, elle était contente de ne plus être le centre d'attention.
- Nous sommes là pour une raison de la plus haute importance, mes enfants. Depuis la capture de Lucius Malfoy au ministère…
Cette simple allusion fait plonger Harry dans de tristes pensées, il ne suivit plus le reste de la conversation. Heureusement pour lui, Remus et Abbygail la suivait de très près.
- Severus a réussi à faire passer son fils de notre côté. Nous cherchons donc une maison pour Drago. Nous préférons attendre d'être sûr de son appartenance à l'ordre avant de lui montrer Square Grimmauld, donc nous avons pensé à ici.
- Donc si j'ai bien compris, vous voulez attendre avant de compromettre la maison de Sirius, mais pour celle de Remus, vous n'avez pas la moindre hésitation.
Harry était sorti des ses pensées dès qu'il avait entendu le nom de Drago, il faut toujours en savoir le plus possible sur ses ennemis. « Proche de ses amis et encore plus proche de ses ennemis ».
- Je disais donc avant que Monsieur Potter m'arrête que nous sommes sûrs des attentions de Drago, nous ne voulons juste pas prendre de risques supplémentaires.
- Donc mettre un fils de mangemort dans la même maison que le garçon qui a survécu, qui plus est son ennemi, n'est pas prendre des risques pour vous ?
- Mademoiselle Bennett, il est temps que ces enfantillages entre ces deux jeunes hommes s'arrêtent. Cet été est le parfait moment pour cela.
- Albus, je ne suis pas sûr que justement ce soit le bon moment.
Remus n'avait pas besoin de dire que Harry était encore fragile, c'était visible sur son visage. Revoir Drago dont le père fut impliqué dans la mort de Sirius n'allait pas lui faire du bien. Mais au même instant, les yeux bleus de Dumbledore s'étaient mis à pétiller. Remus savait qu'il avait perdu mais il lui restait une dernière carte à jouer.
- Severus ?
- Lupin, je suis autant contre que vous, mais j'ai déjà argumenté toute la journée si on pouvait se mettre d'accord pour qu'on s'installe au plus vite.
- On ?
- Oui je ne vais pas mettre la vie de mon filleul entre les mains de deux Gryffondors.
Les deux Gryffondors se regardaient, ils n'en croyaient pas un mot. L'un comme l'autre allait se retrouver avec leur Némésis de Poudlard.
- Alors c'est parfait, et puis comme Severus sera là pour la nuit de dimanche prochain, Remus ne t'inquiète plus pour Molly.
Certes Remus ne s'inquiétait plus qu'Harry aille chez les Weasley et ne revienne jamais, il allait le retrouver, la question était : est ce qu'il allait le retrouver vivant ?
Après quelques bavardages supplémentaires au gout d'Albus, afin de manger deux ou trois gâteaux supplémentaires, les deux hommes repartirent. Les deux Serpentards devraient revenir le samedi suivant, il restait donc sept jours aux trois habitants de cette maison pour se faire à l'idée et faire un plan.
- Je crois que nous devons parler !
A la surprise générale, c'était Abbygail qui brisa le silence, elle pourrait paraitre la moins touchée par cette affaire, elle ne connaissait ni l'un ni l'autre des nouveaux habitants. Mais elle s'était attachée à cette osmose que formait cette famille. Oui, elle s'était tellement habituée à la présence d'Harry, qu'il était devenu un frère pour elle. Elle ne pouvait pas laisser venir les plans de ce vieux fou changer sa famille. Il était temps que son intelligence passe à l'attaque et qu'elle protège ce en quoi elle croit.
