Coucou, coucou !
Alors j'étais pour ce chapitre dans un de ces dilemmes, j'ai hésité et hésité. J'ai écrit celui là et j'espère qu'il vous plaira. C'est pourquoi j'ai été un peu plus longue. C'est aussi parce que c'était mes premiers jours de vacances et que j'en ai profité. Et aussi parce que je ne sais pas où vous êtes mais chez moi, il fait chaud, très chaud, trop chaud.
Comme je ne savais pas si toutes ces excuses allait suffire pour me faire pardonner, ce chapitre est plus long que le autres. Je ne suis pas très fière du début, mais la fin rattrape un peu, enfin je crois, dites-moi…
Merci et bonne lecture !
Lune P.
Harry et sa nouvelle vie depuis la mort de Sirius
6. A TABLE !
Dans le salon résonnait une ambiance pesante, les trois habitants ensemble, les yeux dans le vide, personne ne se faisait face par peur de faire face à la réalité et au futur enfer. On pouvait presque voir de la fumée sortir des oreilles de la jeune fille. Son cerveau tournait à plein régime, elle voulait trouver une solution efficace. Elle ne connaissait pas réellement Albus Dumbledore, elle savait la version historique, celle du ministère, celle des journaux et enfin celle de Remus. Elle savait donc que c'était un sorcier puissant et surtout fort en stratégie. Il savait tout, enfin c'était ce qu'il pensait, parce qu'en aucun cas il pouvait savoir que cette situation était ou serait une bonne idée. C'était tout simplement de la pure folie.
Le jeune Gryffondor ne pensait pas stratégies ou arguments. Il en avait assez de se battre, il savait aussi que contre le grand Albus Dumbledore, il n'avait aucune chance. Ce qui était problématique s'il devait se battre contre l'autre. Ce n'était pas le moment d'y penser, mais depuis que le vieux sorcier lui avait enfin révélé cette prophétie, il ne pouvait pas penser à autre chose. Depuis ce jour, il avait aussi perdu toute confiance en son directeur, il ne serait pas étonné qu'il lui annonce plus tard qu'il doit mourir pour sauver le monde. Harry ne comprenait pas pourquoi, le professeur avait attendu ses 15 ans pour révéler cette information capitale. Il avait toujours été dans le flou. Tout d'abord avec les Dursley, par rapport à la magie et à tout ce qui s'y rapportait dont la mort de ses parents. Ensuite à Poudlard, par rapport à toutes ses péripéties annuelles, dont Dumbledore taisait toutes informations avant et pendant. L'exemple du tournoi rajouta du rouge sur les joues d'Harry. En effet, face à l'impuissance qui l'avait toujours caractérisé, le jeune garçon qui avait survécu était en colère et d'une colère profonde. Il avait toujours su manier la colère comme personne, surtout la cacher. Mais il ne voyait plus aucune raison de la cacher, il était en colère contre le monde entier. Dumbledore et ses plans, Snape et le fait d'être Snape, Malfoy pour être l'enfant gâté, Remus pour l'avoir fait connaitre cette vie qui l'aimait tant mais qui ne sera plus, Abbygail pour être énervée alors qu'elle n'allait pas devoir faire face à son pire ennemi, Sirius d'être parti et de l'avoir laissé seul, lui-même pour être si stupide d'espérer qu'il puisse avoir une vie normale, et ses parents pour l'avoir mis au monde. Il allait exploser…
Le seul adulte présent n'était pas en colère ou en pleine réflexion. Il était dans l'émotion qui avait toujours été en lui depuis sa plus tendre enfance, il avait peur. C'était sans doute étrange d'imaginer un loup garou peureux, ce monstre est le symbole de la force et de la sauvagerie. Mais Remus était d'abord lui avant d'être cet animal. Il avait toujours eu peur de blesser quelqu'un pendant ses nuits de pleine lune. Il avait eu peur que personne ne l'aime. Il avait eu peur d'aller à Poudlard. Il avait eu peur de se faire des amis. Il avait eu peur qu'ils sachent sa véritable nature. Il avait eu peur qu'ils le laissent tomber, le détestent, le trahissent. A toutes ces occasions Sirius avait été avec lui. Patmole était avec les trois autres dans la forêt. Sirius l'avait trahi à cause de Severus. Mais surtout Sirius l'avait aimé comme personne. Ses parents n'étaient jamais passé au-dessus de sa condition, son père culpabilisait et sa mère ne comprenait pas. Le jour de sa morsure il avait tout perdu, surtout l'espoir. Cet espoir et tout l'espoir que Remus avait aujourd'hui était dû à cet homme au long cheveux bruns. C'était pourquoi il gardait espoir en Harry et Abby, pour Sirius. Il gardait la tête froide depuis le département des mystères, son louveteau culpabilisait assez sans qu'il voit la peine dans son regard. Mais en ce jour, Sirius n'était plus avec lui, pour gérer Servillus. Il n'était plus là pour lui dire de garder espoir en la vie. Remus avait peur, peur que deux personnes bouleversent tout ce qu'il avait mis tant d'efforts à construire. Peur qu'on lui prenne Harry. Il avait aussi une certaine peur, il ne savait pas d'où elle venait. Remus pouvait gérer Drago, mais Severus était une autre histoire. Il était imprévisible et réfléchi, un Serpentard. Le loup garou avait peur que la chauve-souris des cachots lise en lui et voit sous son masque. Il n'arrivait pas à l'expliquer, et ceci rajoutait de la peur. Mais c'était à lui de parler, il était l'adulte, c'était à lui de maîtriser ses émotions et de dire ce que personne n'avait envie de dire ou entendre.
- Abby, Harry, même si Drago et Severus viennent habiter ici, cela ne veut pas dire que tout va changer…
- Evidemment que si tout va changer Remy…
- Et comment tu peux savoir ça, toi ? Tu ne les connais pas, tu ne devrais même pas…
- HARRY ! C'est justement en se battant entre nous qu'on brise ce qui était là.
- Bien dit Rems, approuva Abbygail en lançant un regard des plus accusateurs au plus jeune, nous n'avons qu'à nous adapter !
- Facile à dire, ce n'est pas toi qui vas partager ta chambre avec Malfoy.
- 'Ry, c'est juste la nuit, la journée, on n'a qu'à faire comme s'ils n'étaient pas là.
Cette idée ne plaisait pas tant à Remus, il la trouvait mal polie et il savait qu'elle n'allait pas marcher longtemps. Il pouvait ouvrir les paris sur le moment de la première dispute entre le deux garçons, pour lui ce serait dans la première heure. Mais il n'avait pas envie de briser le calme et l'acceptation qu'avait suscités cette phrase de la jeune fille intelligente.
Le silence n'était pas des plus confortables, mais il n'était pas pesant. Chacun réfléchissait à ce qu'il pourrait et devrait faire. Harry ne dépassait pas le fait qu'il devrait partager sa chambre. En effet la maison contenait quatre chambre et à moins que les deux Serpentards dorment ensemble, les deux jeunes hommes allaient partager. Certes Abbygail, comme souvent, n'avait pas tort. La journée, il pourrait faire comme s'ils n'étaient pas là, après tout ils vivaient bien ensemble à Poudlard. La nuit était une autre histoire, la majorité des personnes, ne voit pas les six à dix heures que durent une nuit passées, mais Harry si. Plus il y réfléchissait, moins il avait d'idées. Dormir la journée, squatter la chambre de Remus. Il ne pouvait pas laisser Drago Malfoy savoir que le survivant n'arrivait pas à dormir, qu'il était si faible et pathétique. L'autre fait qu'il ne voulait pas envisager était le simple fait de voir le blond. Rien que de le regarder et non l'admirer, lui rappellerait son père, donc le ministère, et donc la mort de Sirius. Il avait besoin de se changer les idées, il pensa à envoyer une lettre à Ron pour lui raconter et ainsi rire de sa malchance. Mais dire à Ron c'était dire à toute la famille Weasley et à Hermione, il n'avait pas envie que tout le monde sache, c'est quelque chose qu'il voulait partager avec son meilleur ami, si Ron l'était encore.
Harry dans ses pensées n'avait pas vu Abby se lever et Remus partir avec elle. Ils étaient montés dans la chambre d'Abbygail. Elle cachait tant bien que mal sa souffrance derrière ses barrières de réflexion. Elle n'avait pas dit son dernier mot, elle ferait tout pour éviter cette cohabitation. Elle avait réussi à garder son secret avec Harry, mais avec en plus deux personnes, qui plus est des Serpentards, elle allait devoir redoubler d'efforts.
- Abby, leur présence ne va rien changer à la relation qu'il y a entre toi et moi et entre toi et Harry. Il faudra peut-être faire plus d'effort mais c'est tout.
- Je sais Rem, ce n'est pas ça…
- C'est par rapport à ton secret.
Remus n'était pas étonné, il savait que cela viendrait sur le tapis. Cela était devenu si important, un seul jour sans en parler était un exploit. Il avait remarqué qu'avec Harry à la maison, sa maladie avait moins d'importance, elle mangeait normalement sans faire une crise pour venir à table. C'était sans doute parce qu'elle gardait le sortilège activé toute la journée. Avant Remus l'obligeait à l'arrêter deux heures par jour pour pratiquer un peu. Mais depuis qu'Harry habitait à la maison, il lui avait seulement fait promettre de le laisser tomber la nuit. Ce n'était pas bon pour elle de le porter trop longtemps, c'était un sortilège de Glamour amélioré. Il avait confiance qu'elle finirait par avouer son secret à Harry. Mais maintenant avec la présence des deux autres. Soit elle se servait d'Harry comme allié pour le cacher soit elle se ferait découvrir en moins de deux.
- C'est trop dur, Remus j'en peux plus, c'est trop compliqué. Chaque seconde je dois penser à garder le sort activé, comme si je devais penser à respirer. Et en plus, je dois faire attention la nuit à ce que quand je me lève, il soit au bout du couloir le temps que je me faufile dans la salle de bain…Tu penses que je ne pourrais pas aussi le laisser activer la nuit ?
- Abby, tu sais que c'est impossible, vu qu'il faut que tu sois concentrée pour le garder. Et en plus nous avons fait un marché…
- Oui Remy, mais si je ne dors pas, si je trouve un autre sort qui peut me le faire garder en place quelques heures…
- Abby, non, mais ça va allez d'accord. Quand Harry le saura ce sera beaucoup plus facile pour tout le monde, il faut juste que tu trouves le courage pour le lui dire et tout ira bien, tu verras.
Remus essayait de lui faire accepter le fait depuis un certain temps, mais il s'était toujours frotté à un mur. Remus savait que vivre avec un secret était compliqué, il savait aussi que le plus dur c'était que les autres le découvrent par eux-mêmes. Il avait maintes fois regretté de ne pas avoir dit lui-même à James, Sirius et Peter « Hey les gars, je suis un loup garou, je sais c'est compliqué, mais si vous devenez des animagi pour moi, on pourrait s'amusez toute la nuit ». Quand ils l'avaient appris cela avait été beaucoup plus compliqué, non pas parce qu'il était un monstre, mais parce qu'il leur avait menti. Remus conseillait sans cesse à la jeune fille de révéler elle-même son secret. Au fond de lui il savait que si ce n'était Harry, Drago le découvrirait bien assez tôt.
- Remus, pourquoi moi ?
Abbygail cria ces mots qui lui résonnait dans la tête depuis qu'elle était enfant. Pourquoi elle était malade, qu'est ce qu'elle avait fait pour mériter son sort. Malheureusement ces mots avaient aussi toujours raisonné dans celle de Remus. Pourquoi Fenrir l'avait choisi, pourquoi ses parents ne l'avaient jamais accepté. Ces mots résonnaient aussi dans la tête d'Harry et encore plus fort depuis cette fameuse prophétie. A part, être né en juillet, qu'avait il fait pour être celui qui doit se battre corps et âme contre le pire sorcier de son époque. Remus n'avait pas de réponse ni pour lui, ni pour Harry, ni pour Abby. Il se contenta donc de la prendre dans les bras, ce qu'elle combattit avec force pour après se laisser câliner comme elle devrait l'être par un parent.
Après avoir laissé Abby dans un livre, qu'elle avait pris de sa table de nuit que pour faire comprendre à l'adulte qu'elle voulait être seul. Remus redescendit dans l'optique de faire la même chose avec Harry. Ils étaient tellement plus simples, quand ils étaient séparés. Il trouva le jeune homme assis à table avec du parchemin et une plume.
- Tu écris à Ron ou à Hermione ?
- Neville. Snape lui fait encore peur, mais au moins il ne l'aura plus l'année prochaine, moi aussi d'ailleurs. Expliqua Harry le plus calmement possible sans trahir aucune des émotions présentes dans son cœur.
- Pourquoi toi aussi, tu ne veux pas prendre potion ? Tu veux toujours être un Auror ?
- Je n'en sais trop rien, mais le problème n'est pas là, sans un miracle je ne peux pas avoir eu un Optimal en potion…
Ceci explique cela, Severus et son exigence fit encore une fois sourire tristement Remus. Ce dernier sentait bien qu'Harry contrôlait ses émotions. Il prenait de l'encre à chaque fin de phrase tout en respirant.
- Tu penses que tu as réussi les autres Buses ?
- Je n'en sais trop rien, je devrais avoir des A et E dans la plupart des matières importantes quoi que, j'étais un peu perturbé par d'autres évènements. Je n'étais pas à mon maximum.
Harry trembla en pensant à ces « autres évènements » et fit presque tomber l'encrier que Remus sauva et éloigna d'Harry. Fallait qu'ils parlent. Remus ne s'attendait pas à ce que ce soit ce soir parmi tous les autres, mais il ne pouvait pas laisser passer une telle opportunité. Il s'assit donc en face d'Harry qui le regarda avec appréhension.
- Je comprends bien…Et cela ne te dirait pas de repasser tes Buses au ministère à la fin du mois…
- Pour que je rate encore, et cette fois je n'aurais plus d'excuse, et tu verras à quel point je suis nul avant de te dire que tu ne peux rien faire pour moi.
Le loup savait qu'Harry n'avait pas la plus haute des confiances en soi, faute au traitement des Dursley. Mais il était surpris de à quel point. Son cœur se serra quand il comprit que le plus jeune pensait qu'il allait l'abandonner comme les autres. Il n'avait pas encore totalement confiance en Remus, mais comment pouvait-il alors qu'il ne se faisait déjà pas confiance à lui-même.
- Hey, Harry, je serais toujours là pour toi, même si Drago et Severus viennent habiter ici, même si tu rates tes Buses et même si plein de choses…Je serais là pour toi…
- Jusqu'au moment où tu meurs pour me sauver…Comme Sir...
- Je ne suis pas Sirius.
Ces mots firent très mal à l'adulte. Bien plus mal qu'il ne le laissa paraître. Il avait toujours admiré son petit ami. Il avait voulu être aussi courageux et aimé. Harry était tellement perdu dans ses émotions qu'il ne capta pas le regard vide de son deuxième parrain.
- Sirius, Maman, Papa…
- Harry, je t'ai dit souvent que rien ne m'arrêtera d'être là pour toi, ni même la mort, que j'espère la plus loin possible.
- Tu penses que Sirius, Papa et Maman veillent encore sur moi, même si…
- Même si tu es un enfant génial qui aide sans compter, qui est généreux, loyal envers ses amis et courageux, oui j'en suis sûr.
Remus n'était pas souvent ferme surtout quand il essayait de faire comprendre quelque chose d'importance à quelqu'un. Mais il ne pouvait pas laisser Harry douter de lui et par la même occasion de ses parents et de Sirius. Ces cinq personnes étaient encore les plus importantes de sa vie.
- Merci Remy. Dit Harry le plus simplement alors que dans sa tête tout se chamboulait. Il reprit l'encrier et sa plume et fixa sa lettre.
L'adulte comprit qu'Harry voulait mettre fin à la conversation. Il n'avait pas réussi à lui parler de ses cauchemars, ce qui devait le perturber avec la venue de Drago. Mais il allait à chaque fois plus loin. Il passait une barrière à la fois. Cela allait prendre encore du temps, mais il allait faire comprendre à Harry qu'il était un jeune homme bien. En attendant, il alla regarder ce qu'il pouvait faire à manger pour terminer cette journée infernale. Il fut rejoint dans la cuisine par Harry qui venait de donner sa lettre à Hedwige. Ensemble ils cuisinèrent en silence dans une parfaite harmonie. A ce moment, Harry analysa l'évolution de sa vie. Il allait manger ce qu'il cuisinait, il cuisinait par plaisir et surtout avec une personne qui l'aimait et qu'il aimait. Adieu, les Dursley.
Remus profitait de cet instant, il aurait tellement voulu partager plus de moment comme ceux-là. Il avait raté l'enfance de son petit, à cause du vieux sorcier, qui l'empêchait encore de l'avoir rien que pour lui. Mais dans cette cuisine, il était incapable de ressentir de la haine ou colère envers quelqu'un, il était dans une bulle où seul l'amour partagé entre les deux sorciers était présente. C'était un moment tellement simple et important. Il se promit de continuer à cuisiner avec Harry, quand il vit son sourire si longtemps absent de son visage. Et puis c'était tellement pratique de cuisiner à deux. Abbygail n'était pas une très bonne cuisinière, mais il partageait d'autres instants. Pour remettre un semblant de normalité dans cette journée, il cria les mots qui firent accourir Abbygail vers eux.
- A TABLE !
