Coucou, je sais ça fait longtemps, mais je n'étais pas au meilleur de ma forme, et si j'avais écrit avant, tous les personnages se seraient suicidés et plus d'histoire. Donc j'ai attendu j'espère que ça valait le coup.
Bon je sais je retarde sans cesse l'arrivée de Drago et Severus, ce n'est pas que je ne les aime pas, mais il y avait tellement de choses à faire avant. Bon cette fois je vous promets c'est le dernier sans eux. Mais avant qu'ils arrivent, il fallait que j'écrive certaines conversations, cette fois elle sont assez complètes j'espère qu'elles vont vous plaire.
Au passage, je préviens, même si cela peut spoiler, il y a un petit passage qui aborde l'automutilation. Il n'y a rien de décrit, c'est très sobre et tout, mais je préfère prévenir, surtout qu'il y aura peut-être des passages plus descriptif plus tard. Alors si vous ne pouvez pas lire, j'en suis désolée, il y a aussi quelques lignes dépressives, si cela vous déplait, je dois dire que malheureusement il y en aura sans doute tout le long de l'histoire.
Merci à toutes les critiques et à tous ceux qui me lisent, j'espère que l'attente ne vous dérangera pas quand vous comprendrez qu'il m'a fallu plus du temps pour écrire celui-là. Pour me faire pardonner, il est plus long, beaucoup plus long, le double d'un chapitre habituel.
Bonne Lecture !
Lune P
Harry et sa nouvelle vie après la mort de Sirius.
7. Extraordinaire
Cette journée ne s'effaça dans aucune des trois têtes. Même si le reste de la semaine se passait plus ou moins comme avant. Le samedi suivant était une date fatidique qui planait dans l'ensemble de la maison. Pour Remus c'était tout le week-end qui était à craindre. Le samedi était leur arrivée, mais le dimanche était son départ. Après une seule nuit tous les cinq, le loup garou allait remplacer le sorcier pour quelques heures, mais serait-ce les quelques heures de trop ?
Harry ne voyait pas plus loin que le bout de son nez en des circonstances pareilles, il restait bloqué au fait de devoir partager sa chambre avec son pire ennemi. De devoir partager ses cauchemars avec lui. Avec Malfoy, l'enfant gâté qui a toujours eu ce qu'il voulait. Certes Harry se doutait bien que Lucius Malfoy ne devait pas être le père le plus attentionné et câlin avec son fils. Mais au moins il avait un père lui, enfermé à vie, mais en vie.
Abbygail sortait de sa chambre le minimum possible. Comme souvent dans des périodes compliquées, la jeune fille se refermait sur elle-même. Cela ne passait pas à côté des deux hommes de la maison. Harry en était plutôt satisfait. Il pouvait lui aussi rester enfermé pour cloisonner sa colère contre les murs de sa chambre. Il voulait tellement pouvoir lancer un petit Silencio et crier autant qu'il voulait et pouvait, stupide règle du ministère. Même en faisant le peu de bruit qu'il faisait, il était plus que ravi de n'être pas le centre de l'attention du loup. Avec son ouïe, il l'entendait forcément, mais il ne venait pas. Il jugeait surement qu'Abbygail était une cause plus urgente, plus importante ? Il ne voulait pas céder à une jalousie enfantine, une jalousie digne de Ron. Mais il n'était qu'un enfant, du moins il était quand à onze ans il était arrivé à Poudlard. Quand il avait « rencontré » Drago, quand il avait surtout entendu le futur Serpentard insulté son seul ami, ami ? Peut-être était-ce une petite jalousie qui lui avait permis de voir le mauvais de Malfoy. Si c'était seulement une certaine jalousie, peut-être qu'il s'était trompé…
C'était ce que faisait l'enferment à Harry, pourtant il y était habitué. Cette chambre était plus grande que le placard sous les escaliers et la deuxième chambre de Dudley réunis. Il se demandait vraiment ce que pouvait bien faire Abbygail seule. Mais pour une certaine raison, il pensait que ce n'était pas à lui de bouger, mais à elle, c'était elle qui l'avait mis de côté. Si elle l'oubliait maintenant, quand sera-t-il quand les deux autres arriveront. Il ne pourrait pas accepter si elle le remplaçait par Drago. Il avait trop souvent été abandonné pour en avoir peur. Il avait peur que Remus l'abandonne aussi, mais il savait que ce serait normal, vu qu'il avait couté la vie de l'homme qu'il aimait. Mais il n'avait rien fait à Abbygail, à part être lui-même, et il ne pourrait pas continuer à vivre sachant que rien que le fait qu'il vive fasse fuir les gens. Il avait toujours pensé que les gens le laissaient tomber sans raison, à part les ragots de la Gazette du Sorcier, mais en y réfléchissant bien il trouvait facilement des raisons pour lesquelles ses amis peuvent lui en vouloir. Il leur avait fait risquer leur vie pour rien, seulement parce qu'il n'avait pas été assez intelligent pour savoir que ce qu'il voyait été faux. Sa naïveté, sa taille et son comportement dans bien des situations prouvait qu'il était encore un enfant. Et ils voulaient qu'il tue le seigneur des ténèbres. Il ne voulait plus penser, et surtout ne plus penser à cette stupide prophétie dont il n'avait parlé à personne. Remus était sans doute au courant, quoique s'il savait qu'il devrait tuer ou être tué, il ne l'aurait sûrement pas emmené chez lui. Mais d'ailleurs pourquoi Remus l'avait pris chez lui, il serait très bien chez les Dursley avec sa liste de corvées, et surtout il ne dérangerait personne. Il ne serait pas étonné aussi de ne recevoir aucune lettre. Hermione et Ron savait que cette année il pourrait enfin leur répondre, pourtant ils n'envoyaient rien. Cela affectait beaucoup le jeune sorcier, pour lui, si tout le monde était contre lui le trio d'or serait toujours ensemble contre le monde. Il repensait bien aux différentes crises de Ron qui l'avait beaucoup blésée, mais si Ron était contre lui, c'était sans doute qu'il l'avait mérité. Harry voulait arrêter de penser, que sa tête arrête de tourner dans tous les sens, que son cœur ne souffre plus, qu'il arrête de battre…
Ce n'était pas la première fois qu'il pensait au suicide. Déjà chez les Dursley, quand on lui répétait qu'il ne servait à rien et qu'il aurait mieux fait de mourir avec ses parents. La magie lui avait donner comme une raison de se battre, de vivre : tuer Voldemort. Mais désormais que l'objectif se rapprochait tout en étant de plus en plus compliqué. Fallait-il mieux arrêter avant, sans échouer. Certes le courage d'un Gryffondor n'était pas dans ces pensées, mais après tout il avait tant failli être un Serpentard. Sans qu'il n'ait le temps d'y penser d'avantage, Hedwige tapa à la fenêtre, elle était de retour, Neville avait donc reçu sa lettre. Cela n'étonnerait pas Harry de ne pas avoir de réponse, il était venu au ministère avec eux et lui aussi avait risqué sa vie pour rien. Mais dans la vie d'Harry Potter, rien n'était jamais comme il l'aurait pensé. En effet Hedwige avait une lettre avec elle. Cela pouvait bien être une lettre de rejet ou d'accusation de Neville. Mais Harry avait besoin de savoir à quoi il pouvait s'accrocher et ne pas s'accrocher. Il déroula la lettre et l'ombre d'un sourire se dessina sur ses lèvres.
Remus bouillonnait à l'intérieur de lui, non seulement le loup parce que la pleine lune approchait, mais le sorcier en lui aussi, ce qui était plutôt rare. Albus Dumbledore avait réussi à lui gâcher ses vacances qui aurait sans doute été un des plus beaux moments de sa vie. Mais il avait surtout réussi à les gâcher pour Harry, qui en avait plus que besoin en ce moment et celles d'Abby. Il ne voulait pas revoir la jeune fille au plus mal comme elle le fut quelque fois. Il fallait qu'il y mette un terme et ce serait maintenant. Avant que cela déteigne sur son louveteau. Il ne savait pas ce que le jeune sorcier avait dans sa tête. Mais le fait qu'il culpabilise pour la mort de Sirius pouvait amener à d'autres choses. Il se doutait aussi du peu d'estime de soi qu'il possédait. Remus, non plus, n'en avait pas une grande, il savait mieux que quiconque les conséquences. Il ne fallait pas qu'Harry reste pris au piège de ses pensées dans sa chambre, c'était ce qu'encourageait Abbygail en faisant la même chose. Remus pensait à ses responsabilités, il était le seul adulte pour encore un temps. Il ferait tout pour que les deux adolescents soient…bien des adolescents. Le désordre dans sa bibliothèque lui manquait, mais c'était surtout leur deux sourires narquois qui allait avec. Il passa devant la chambre d'Harry, il entrouvrit la porte et le vit écrire avec Hedwige sur son épaule. L'adulte était rassuré, au moins il gardait contact avec ses amis. Remus en voulait à Ron et Hermione de s'être comporter ainsi, il savait aussi qu'Harry offrait son pardon très facilement, fallait qu'il veille là-dessus. Au moins il ne se refermait pas comme l'habitante de la chambre d'à côté. Abbygail n'avait pas d'amis, elle s'était éloignée de toutes les personnes qu'elle connaissait avant de trouver le sort et d'être enfin « normale ». Seuls ses parents et Remus s'étaient accrochés, au prix de nombreux efforts. Maintenant que ses parents étaient partis, il ne restait que Remus et maintenant Harry dans sa vie. Le sorcier n'allait pas lui laisser l'opportunité de laisser tomber, d'abandonner. Comme Harry, il avait trop souffert de l'abandon des personnes qu'il aimait, pour lui laisser faire ce qu'il trouvait lâche et facile. Si Remus se voulait honnête, il se dirait que la décision irrationnelle de Dumbledore avait un SEUL point positif, et ce pour la jeune fille. Elle pourrait se lier à d'autres personnes. Remus savait que c'était plus facile de se livrer quand on peut compter sur plusieurs personnes, comme cela s'il y a une personne qui nous rejette, il y a toujours les autres. Il avait eu ce problème avec son groupe d'amis, les maraudeurs étaient trop liés, il savait que s'il avait dit son secret à James, la seconde d'après Sirius et Peter aurait été là, à le questionner toute la nuit. C'était une des nombreuses excuses qu'il avait trouvées pour garder son secret, et les nombreux qu'il avait eus après. Sirius avait su faire la part des choses, Remus était son petit ami, James son frère, et Peter, c'était juste Peter. Ainsi il avait gardé ce que disait Remus pour lui, sauf quelques fois ce qui avait donné lieu à de nombreuses disputes et au fameux jour où Severus avait découvert le secret.
- Rems, ça va ?
- Oui dans mes souvenirs et toi Harry ?
Remus n'élabora pas, lui aussi voulait arrêter de penser à Sirius, son passé, Severus…Le plus jeune non plus ne voulait pas en dire plus, ce n'était pas le moment d'une conversation avec son deuxième parrain dans laquelle il lui disait ce qu'il avait sur le cœur. Cette fois, il voulait écrire sa lettre à Neville tranquille. Il hocha simplement la tête, ce qui ne suffit pas pour faire partir le loup.
- Cette fois, elle est pour qui ?
- Toujours Neville, il se moque de ma chance, et du comment je fais pour toujours me retrouver dans des situations comme celle-là. Même moi, je ne sais pas, non mais c'est vrai Remus qu'ai-je fait à part naitre pour avoir le poids du monde sur mes épaules.
Harry se rendit compte de ce qu'il venait de faire, il avait encore une fois tout dit. Enfin pas tout, mais le sorcier était intelligent, il savait lire entre les lignes. Pourquoi, il était aussi facile de se confier à lui. Il ne pouvait plus espérer qu'il parte, et il n'allait pas le laisser détruire les murs de sa maison. Evidemment, Remus s'approcha et s'assit sur le bord du lit à quelques centimètres du plus jeune, mais il le laissa continuer d'écrire.
- Rien tu n'as rien fait Harry, tu es né, cela à été le plus beau jour de la vie de ton père, de ta mère, de Sirius et de la mienne. Dès ta première heure sur cette planète, tu étais accro aux bras de Sirius et aux miens, ton père en était jaloux. Tu n'as rien fait Harry, c'est un sorcier mauvais qui a pris la décision de tuer tes parents et ainsi de faire de toi le symbole de son échec. Mais ce n'est pas tout ce que tu es Harry, cela fait parti de toi, mais tu es aussi un jeune homme intéressant, intelligent, drôle et gentil…
- Naïf, jaloux, égoïste, tueur…
Harry ne pouvait pas écouter ces compliments quand il savait ce qu'il avait de mal et ce qu'il allait faire. Cette prophétie…
- Non, Harry, non. Tu es peut-être un peu naïf, mais c'est normal, tu n'as pas l'âge de te méfier de tout autour de toi. Je ne veux pas te voir devenir le futur Fol Œil.
- « Vigilance Constante » ! s'écrièrent les deux sorciers en même temps ce qui redonna le sourire au plus jeune. Malheureusement pour lui, Remus n'avait pas fini la conversation.
- Tu n'es pas quelqu'un de jaloux Harry, ce que tu veux c'est avoir une famille et une vie normale, ce que personne ne peut te reprocher. Tu es encore moins égoïste, tout ce que tu fais, tu le fais pour tes amis, pour sauver le monde. Et tu n'es surement pas un tueur, qui as-tu tué, Harry ?
Ils y étaient au grand moment, le moment qu'Harry voulait à tout prix éviter et celui que Remus savait être un passage obligé pour le jeune sorcier.
- Rems…
- Harry, tu n'as tué personne.
- Remus stop !
Harry cria, il jeta sa plume contre le mur, tout en mettant de l'encre partout. Il avait des larmes qui lui montaient aux yeux, des larmes de colères. Il était en colère contre lui-même depuis un certain temps, mais en ce moment le loup garou devenait la cible parfaite. Il se mit à le taper à le pousser de son lit, il voulait qu'il parte. Il y mettait toute sa force, mais si pour une seule fois Remus était heureux d'être un loup, c'était pour sa force. Mais il était plus qu'un loup, il était le sorcier que tout le monde connaissait pour son calme.
- Harry, contredis-moi si tu veux, mais je ne partirais pas !
Remus n'avait pas haussé le temps, il avait été bref et concis. C'était sans doute la tranquillité dont Remus faisait preuve, qui délia la langue d'Harry.
- J'ai tué Cédric ! Voilà je l'ai dit ! Tu es content ?
Cette simple phrase plus l'intonation de celle-ci brisèrent le cœur du sorcier. Evidemment qu'il culpabilisait aussi pour la mort de Cédric Diggory. Mais Remus avait tellement été aveuglé par sa propre peine à la mort de Sirius qu'il avait oublié le traumatisme du cimetière. Pourtant Harry en avait plus d'une fois parlé à ses parrains pendant l'année. En effet ceux-ci s'étaient inquiétés, vivre ce qu'Harry avait vécu à quatorze ans devait forcément laisser des traces, mais le jeune Gryffondor les avait bien cachés et à tout le monde. C'était évident qu'elles allaient réapparaitre au moment le moins opportun. Remus se donna une claque intérieurement pour ne rien avoir vu venir et se promit de ne jamais plus rien laisser passer.
- Non, je ne suis pas content, ce n'est pas toi qui l'as tué Harry, tu as même fait tout ce que tu pouvais pour le sauver.
- Sans moi, il ne serait pas mort !
Harry en voulait de plus en plus à Remus, comment pouvait il être aussi aveugle et ne pas voir l'évidence. C'était lui qui avait dit à Cédric de prendre la coupe. Sans lui Cédric ne se serait pas retrouvé au cimetière.
- Qu'est ce que tu en sais, il ne serait peut-être pas mort ce soir-là, ou bien peut être que si, personne ne le sait Harry. S'il ne voulait pas prendre la coupe, il ne l'aurait pas prise. Ce n'est pas ta faute, louveteau et Sirius non plus…
Remus voyait bien qu'il avait enfin réussi à rentrer dans la tête d'Harry, il suffisait maintenant que ses mots restent et l'impacte vraiment. Rien que le nom de Sirius avait fait glisser de l'eau des yeux de son petit. Il n'avait qu'une envie le prendre dans ses bras. Mais il savait qu'il fallait d'abord qu'il le force à voir la vérité en face. Et s'il devait être le méchant pour le faire, il le ferait.
- Si…
- Non, Harry, non, Sirius savait ce qu'il faisait, il connaissait les risques…
- Il l'a fait pour moi !
- Oui pour te sauver, parce qu'il t'aimait, mais ce n'est pas toi qui l'as poussé dans le voile n'est-ce pas.
Harry se brisa laissa toutes ses larmes coulées et enroula ses bras autour de l'homme. Remus lui rendit son câlin, mais il n'en avait pas fini…
- N'est-ce pas Harry ?
Harry voulait lâcher Remus et partir, mais ce dernier le retenu, il secoua alors la tête, non ce n'était pas lui qu'il l'avait poussé, mais cela restait de sa faute.
- Louveteau, il faut que tu le dises…
- Je ne peux pas…
- Si tu peux, je suis là, je te tiens d'accord. Tu sais il ne voudrait pas que tu culpabilises, il en serait malade, alors fais le pour lui et pour moi…
- Ce n'est pas…moi…qui l'ai poussé dans le voile.
Harry serra encore plus le corp de Remus contre lui. Le plus vieux avait fait attention au choix des mots, il ne l'avait pas poussé, cela ne voulait pas dire que ce n'était pas sa faute. C'était déjà un progrès et il savait qu'il ne pouvait le pousser guère plus. Il sentit Harry se libérer de son étreinte, il savait qu'Harry ressentait comme de la honte. Il était trop fier ou trop vieux, ou trop n'importe quelle raison.
- Il faut que je finisse ma lettre pour Neville.
- Bien sûr, Harry et profites en pour l'inviter quand il peut !
- C'est vrai, j'ai le droit ?
- Harry, dis-moi pourquoi tu ne pourrais pas inviter un ami chez toi ?
Harry ne répondit pas et reprit sa plume tombée près de la fenêtre et continua sa lettre. Mais le fait qu'il ait enfin une maison à lui fit apparaitre un véritable sourire sur son visage qui se propagea sur celui de Remus. Dire qu'il fallait maintenant qu'il s'occupe d'encore plus têtu.
Il laissa Harry inviter Neville, cela fera du bien à tout le monde. Il ne connaissait pas bien le garçon, la chose dont il se souvenait c'était bien sûr son épouventard en Severus Snape. Faudrait qu'il vienne avant que les deux futurs habitants arrivent. Remus n'avait pas du tout envie de gérer une crise de panique. Il se dirigea directement vers la chambre de la jeune fille. Il savait qu'en toute normalité, il devrait toquer et attendre avant d'entrer. Mais il voulait voir ce qu'elle faisait quand elle était seule et qu'elle pensait que personne ne la regardait. Abbygail avait toujours été la reine pour camoufler toutes blessures extérieures ou intérieures. Il ne voulait pas qu'elle retombe dans certains de ses travers qu'il avait difficilement gérer avec l'aide de ses parents. Cette fois seul, il avait peur d'être complètement perdu et surtout de s'y prendre trop tard. Alors il ne se posa pas plus de questions et entra. Il fut surpris quand il ne trouva personne ni au bureau, ni sur son lit.
En effet Abby revenait de la salle de bain, elle fut tout aussi surprise de voir Remus dans sa chambre. C'était la première fois qu'il violait son intimité comme cela, évidemment il l'avait déjà fait, quand il avait découvert qu'elle se faisait du mal. C'était il y a quelques années, avant le départ de ses parents quand elle aurait dû être en troisième année à Poudlard. Quand Remus avait été appelé pour enseigner les défenses contre les forces du mal. Remus savait que c'était son rêve le plus cher d'aller à Poudlard et elle ne pouvait pas à cause, à cause de sa condition. Lui, il avait pu alors que sa condition était normalement pire. Il était un loup garou. Il avait eu le droit d'aller à Poudlard, et après d'enseigner là-bas. Ce n'était pas juste. Elle n'était pas juste non plus, car elle aurait pu, et pouvait toujours y aller si elle faisait l'effort de laisser tomber le sortilège et d'être elle-même. C'était sa faute, et c'était sa manière de se punir.
- Tu sais que c'est ma chambre Remus ?
- Tu sais que c'est ma maison Abbygail ?
Son ton était ferme et fit tressaillir Abby, elle refusa de trembler et s'assit sur son lit comme si de rien n'était. De son côté, Remus avait remarqué son T-shirt à manches longues à l'intérieur et au mois de juillet. Il savait qu'il devait le faire mais il avait peur de perdre la confiance que cette fillette lui avait donné. C'était un cadeau très précieux, surtout qu'elle ne la donnait pas à grand monde. Mais il devait le faire pour son bien.
- Abby remonte tes manches, s'il te plait.
- Et pourquoi ça Remus ?
- Tu sais très bien pourquoi, fais le s'il te plait, Abby.
Elle savait que plus elle attendait, plus il aurait de doute. Elle remonta donc ses manches et vit le regard de fierté du sorcier. En effet, il était fier d'elle, il avait eu tellement peur qu'elle retombe dedans. Mais il avait confiance en elle, et ne douta pas plus. Cela aurait été n'importe qui d'autre, il aurait lancé un Finite Incantatem pour détecter des glamours. Mais l'avantage qu'elle n'arrêtait jamais le sortilège était qu'elle ne pouvait pas en lancer d'autres. Remus s'en contenta.
- Je vois que tu as une grande confiance en moi Remy !
- Tu sais bien que cela n'a rien à voir et je suis fier de toi, Abby, très fier.
Ceci fit monter quelques larmes aux yeux de la jeune sorcière. Personne ne lui avait dit qu'il était fier d'elle à part son père qui n'était plus là, avec elle. Elle ne le dirait jamais à personne, mais Remus était comme un père pour elle, il lui ressemblait tellement. Mais ce n'étaient pas seulement des larmes d'amour, mais aussi de culpabilité.
- Remus, Neville peut venir demain, c'est le dernier jour avant que Snape et Malfoy arrivent. Je ne veux pas imposer Snape à Neville même si cela risque d'être drôle.
- Oui bien-sûr Harry, mais j'aurais bien aimé voir la tête de Severus s'il voyait ses deux pires élèves réunis pendant les vacances.
- Hey, je ne serais pas nul, si Malfoy arrêtait de me lancer des ingrédients dan mon chaudron.
- Bien sûr Harry, Bien sûr.
Pendant ce petit débat familial, Abbygail n'y prit pas part et alla vers son bureau prendre un livre de métamorphose. Mais ce ne fut pas un aller simple, elle se mit à boiter les quelques pas qui la séparèrent de son objectif. Bien qu'elle y ait mit toute la discrétion qu'elle ait pu, les deux Gryffondor le vit. Evidemment ce ne fut pas les mêmes réactions. Harry était dans la surprise et dans l'incompréhension. Alors que Remus affichait le fameux regard « IL FAUT QU'ON PARLE ». Quant à Abbygail, elle s'en voulait affreusement. La seule fois où elle ne devait absolument pas relâcher sa concentration. Comment allait elle pouvoir cacher à Remus qu'elle avait recommencé. Un secret supplémentaire. Elle devait donc s'en libérer d'un, et étonnement il était bien plus simple d'avouer à Harry qu'elle n'était pas « normale », plutôt que de montrer à Remus à tel point elle était faible. Surtout si cela permettait à Remus de lui lâcher la grappe.
- Remy, tu peux nous laisser faut qu'on parle avec Harry.
- Bien sûr, je vais faire à manger !
Dans d'autres circonstances le loup aurait été enthousiasmé par le fait qu'elle révèle enfin à une personne son secret. Parce qu'il savait que c'était ce qu'elle allait faire. Mais il savait aussi très bien ce qu'elle faisait. Et elle pouvait révéler son secret à la terre entière que cela ne changerait rien. Il n'avait pas précisé qu'ils allaient parler à tel point c'était évident pour les deux. Remus n'allait pas le faire devant Harry, mais si elle continuait à retarder l'inévitable, il ne serait plus aussi doux, calme et clément.
Les deux adolescents étaient sur le lit encerclés de livres sorciers et moldus. Abbygail était une vraie rat de bibliothèque et elle donnerait tout pour se cacher derrière un recueil surtout le temps de cette conversation.
- Harry, il faut que je te dise quelque chose.
- Enfin !
- Harry, ce n'est pas facile alors si tu pouvais ne pas me couper…
Harry hocha la tête, sa curiosité était à son comble. Mais il voyait bien que son amie était troublée.
- Tu sais si tu ne veux pas me le dire, je comprendrais, je trouve juste cela dommage que tu ne me fasses pas confiance.
- Ce n'est pas que je ne te fais pas confiance, c'est un secret dont personne connait l'existence à part Remus, mais il sait tout lui…Tu n'as aucun secret que personne ne sait et que tu n'oses pas avouer…
A part le fait qu'il était gai et qu'il existait une prophétie qui le rendrait meurtrier. Ses secrets furent trahis par son expression faciale.
- Tu vois. Moi je vais te le dire, mais personne d'autre ne doit savoir.
- Bien sûr je n'ai plus personne à qui le dire de toute façon.
- Harry, je suis malade. C'est une maladie qui m'a donné un handicap. Je suis né avec. Je ne sais pas marcher. Je le peux, mais je ne le sais pas. Donc je boite, je me dandine, tout ce que tu veux. Et c'est très énervant, mes jambes et mon dos me font mal, mais le pire est le regard des autres surtout des sorciers. Normalement cela ne devrait pas arriver dans le monde sorcier, mais je suis une sang mêlée. Donc comme j'en ai eu marre, j'ai trouvé un sortilège, une sorte de glamour qui camoufle tout ça. Ce sortilège c'est la paradis, mais pendant que je le porte je ne peux plus faire aucune magie. C'est pourquoi je ne suis pas avec toi à Poudlard. Voilà.
Harry resta bouche bée toute la tirade. Il ne pensait évidemment pas à cela, en vérité il ne pensait à rien. Cette fille était tellement avenante envers les autres, alors qu'elle cachait ce qu'elle était vraiment. Elle écoutait tellement bien les autres, alors qu'elle gardait tout en elle. Elle faisait si ordinaire, alors qu'elle…
Abbygail comprit mal le silence de son ami presque frère. Elle aurait dû écouter Remus et le dire plus tôt ou bien s'écouter elle-même et ne rien dire du tout.
- Tu sais Harry je comprendrais si tu veux plus être ami avec moi, je sais que je ne suis pas normale et…
- Non, Abby, non absolument pas. En effet tu ne peux pas être normale, mais personne n'est normale. La norme c'est une formalité, c'est une fourchette étroite qui varie en fonction des gens. Regarde pour les moldus, ils sont normaux alors que pour les sorciers c'est eux qui sont normaux.
- Harry, ce n'est pas ça…
- Si c'est totalement ça, ce que tu voulais dire c'est que tu n'es pas ordinaire et oui tu ne l'es pas. Mais même sans cela je savais que tu ne l'étais pas. Tu es si drôle et sérieuse en même temps. Je ne savais pas que c'était possible. Tu es tellement toi, et c'est le principal. Donc non tu n'es pas ordinaire, tu es extraordinaire.
Les mots d'Harry furent tellement bien trouvé, il savait ce que c'était de ne pas être jugé comme normal. Enfant, il était un monstre et faisait des choses bizarres sans comprendre que c'était de la magie accidentelle. Et il n'était pas devenu un sorcier comme les autres, il était le grand Harry Potter. Il savait de quoi il parlait. Il comprenait le fait de rien vouloir de plus qu'une vie simple et normale. Abbygail s'accrocha à Harry et décida qu'elle n'allait plus le lâcher de sitôt. Remus fut attendrit par ce spectacle devant ses yeux. Avec son ouïe sur développée, il avait entendu les mots sages du jeune Gryffondor. Il en était plus que fier. Voir leur bras emmêlés les uns dans les autres fut si touchant. L'adulte vit en cet instant qu'il avait bien fait les choses, ils se s'étaient bien trouvés. Ils étaient parfait ensemble. Il s'assit à la gauche du garçon et enferma ses bras autour de ses deux enfants. Il chuchota à l'oreille du jeune homme :
- Tu as tellement raison Harry, et pour information cela s'applique aussi à toi. Mon extraordinaire louveteau.
Harry entendit mais ne fut pas d'accord, il n'était pas extraordinaire, il était un simple sorcier dont le monde avait fait un symbole alors qu'il avait à peine un an. Ce n'était pas lui qui avait retourné le sortilège de mort, mais la magie de sa mère. Ses parents étaient des sorciers extraordinaires, pas lui. Abbygail avait entendu et vu le désaccord de son ami dans ses yeux, elle, elle était plutôt d'accord avec le plus vieux.
- Tu as raison Remus, on est tous les trois des êtres extraordinaires, je dirais même exceptionnels.
- Bien d'accord Abby, ils vont voir qui nous sommes ces deux Serpentards.
Les émotions défilèrent sur les trois visages. Tous les trois non convaincus qu'ils étaient si exceptionnels que cela, mais ils savaient qu'ensemble ils l'étaient. Ensemble ils étaient plus fort, et rien ne pouvait leur arriver.
Un observateur extérieur aurait pu très bien penser que c'étaient tous les trois qui s'étaient bien trouvés.
