Harry et sa nouvelle vie après la mort de Sirius
Coucou, voilà un chapitre assez long, encore plus long que le précédent. Je n'en suis pas très fière, j'espère que vous ne serez pas d'accord. J'aurais surement pu le couper à de nombreux endroits. Mais j'avais promis que Drago et Severus arriveraient enfin…Et ils arrivent, à la fin.
Ce chapitre présente aussi Neville. J'ai donné une grande importance à ce personnage dans ce chapitre. En tout cas, il est d'une grande aide pour Harry. J'espère qu'il ne change pas trop de celui que vous connaissez…J'espère que vous allez aimer.
Ah oui, j'ai une question importante, qui n'est pas très urgente mais quand même. Au tout début, j'avais imaginé envoyer Abbygail à Serdaigle, en hésitant avec Gryffondor. En lisant les critiques et tout j'hésite de plus en plus, alors qu'en pensez-vous. Elle pourrait même aller à Serpentard. (Je n'ai rien contre les Poufsouffle, mais je crois que cela ne le lui correspondrait pas). Merci de m'aider à choisir, mais vous avez le temps, les vacances ne sont pas près de se finir pour le jeune Harry et sa famille. En parlant de famille, j'espère que vous allez aimer ce chapitre, je l'ai appelé comme ça, parce que…ben parce que…
En tout cas merci à vous tous pour me lire et les Reviews…et tout et tout…
Lune P.
8. Famille ?
Le samedi tant attendu avait enfin montré les premiers rayons de soleil. Il était temps, l'appréhension et l'anticipation régnait dans l'air. Il fallait que cela s'arrête. Ce soir-là, à 18h précise, ils sauront ce que l'avenir, prévue par le grand Albus Dumbledore, leur réserve.
Harry et Remus étaient levés comme à leur habitude. Harry n'avait pas profité de sa dernière nuit seul. Il s'était tourné et retourné tout au long du peu de sommeil qu'il avait réussi à avoir. Il avait eu de quoi réfléchir, entre l'arrivée de Snape et Malfoy, la venue de Neville, et les conversations avec Remus. En effet, ces dernières avaient fait un bon bout de chemin dans l'esprit du jeune sorcier. Mais elles se heurtaient toujours à quelques obstacles ici et là. Le principal étant que, pour lui, il ne méritait pas d'aide, pas de compatissance, pas d'empathie, et sûrement pas d'amour…Pourtant c'était tout ce que son parrain voulait lui offrir. Aussi simple que cela pouvait paraitre, l'amour Harry ne pouvait, ni en donner, ni en recevoir. Il n'en connaissait pas les mécanismes. L'amitié avait déjà été difficile à maitriser, il avait eu des hauts et des bas amicaux. Mais tout avait toujours fini par s'arranger. Or il n'avait connu que l'amour de ses parents qui étaient morts, et celui de Sirius qui était lui aussi parti. Il avait aimé Sirius comme un ami d'abord, c'était plus facile. Puis il avait pris son courage de Gryffondor en main, et avait découvert que son cœur pouvait encore aimer d'une autre façon. Il aimait Remus en ami, et ce depuis sa troisième année. Mais il ne pouvait pas se permettre de l'aimer plus, il le voulait, mais il ne le pouvait pas. S'il le faisait, s'il aimait Remus comme un père, un membre de sa famille, il devrait faire pareil pour Abbygail, car elle le méritait. S'il les aimait comme un père et une sœur, ils allaient disparaitre. Comme ils l'avaient tous fait avant eux. Ce qui le perturbait réellement, c'était qu'il ne pouvait pas contrôler totalement ses sentiments. Il essayait tant bien que mal de garder le contrôle et de laisser tout en place comme il devrait. Mais c'était de plus en plus dur, ses deux colocataires arrivaient à franchir une à une les barrières et façades qu'il avait passé toute son enfance à construire. Personne à part Sirius avait réussi à les franchir, et vu où cela l'avait mené, il ne fallait pas que d'autres tentent l'expérience. Il aimait Ron et Hermione mais comme amis, et cela n'irait pas plus loin. Ils formaient un trio, c'étaient les meilleurs amis possibles, mais c'était tout, et encore s'ils l'étaient encore. Il n'avait jamais vu Ron comme un frère, il en avait déjà beaucoup. Depuis qu'il était ici, et qu'il réfléchissait à cette amitié formatrice du trio d'or, il s'était rendu compte, qu'il avait passé beaucoup de temps à s'assurer que Ron et Hermione restaient à leur place. Par conséquent, il n'avait pas véritablement trouvé de places pour Neville et Luna. La venue de Neville avait aussi beaucoup dérangé sa nuit, il ne savait pas quoi lui dire, comment se faire pardonner de l'avoir emmené au département des mystères. Neville lui avait dit qu'il lui avait pardonné. Mais ce n'était pas possible, il s'était pris des Doloris, il avait perdu sa baguette, Harry devait se faire pardonner. Il avait donc réfléchi toute la nuit pour trouver comment laisser Remus et Abby dans une partie de son cœur qu'il maitrisait, comment se faire pardonner par Neville et comment réussir à ne pas vouloir fracasser la tête de Malfoy contre un mur. Tellement de choses, qu'il avait réussi à ne pas faire de cauchemars. Si seulement cela pouvait être la première nuit d'une longue série.
- Harry, je sais que je vais jouer le rôle du père responsable. Je sais que cela ne va pas être facile de vivre avec Drago. Mais ce n'est pas parce que vous ne pouvez pas lancer des sorts qu'une bagarre ou n'importe quelle autre sorte de bataille est autorisée.
- Oui Moony, ne t'en fais pas.
Harry n'avait pas l'air des plus convaincus, lui-même ne savait pas si cela allait réellement être possible. Sans un bon duel non réglementaire, comment survivre dans le même espace que le préfet des Serpentards. Le lion espérait que dans les « autres sortes de bataille », Remus ne comptait pas les insultes. Le plus vieux voyait bien à son regard qu'Harry n'était pas vraiment là, il ne s'inquiétait pas plus que cela, il se doutait bien, que ce n'était pas une situation facile de vivre avec son ennemi d'enfance. Sans savoir que ce qui était le pire pour le jeune Gryffondor, à ce moment-là, était que Remus s'était dit père.
- Je sais que ce n'est pas facile, et qu'en une semaine tu n'as pas eu le temps de te faire à l'idée et de trouver toutes les solutions…
- Ça va Remy, on va survivre, j'ai vécu dans une maison où même une centaine de Drago Malfoy ne pourrait pas égaler le mauvais traitement que j'avais.
Remus fut surpris de le voir aborder les Dursley avec autant de facilité. C'était un sujet qu'ils n'avaient jamais abordé en profondeur, dès qu'ils se frottaient, rien qu'à la surface, le jeune sorcier s'était toujours braqué. Le loup savait qu'il devrait confronter à Harry à cette vie, qu'il aurait pu éviter si le plus vieux avait pris plus sur lui et n'avait pas écouter Dumbledore. Remus s'en voulait et s'en voudrait jusqu'à la fin, il était responsable du fils de James et Lily surtout quand Sirius n'était plus disponible. La première fois, il avait complètement raté, pour la seconde, il ferait tout ce qui lui est possible pour aider son jeune louveteau. Y compris ces conversations, qui lui faisaient aussi remonter des mauvais souvenirs. Mais ce n'était pas le bon moment, pas la bonne journée. Elle allait surement déjà être chargée en émotion. La première émotion de la journée sur le visage d'Harry après la fatigue fut la surprise de voir descendre Abby bien avant midi.
La sorcière avait dormi à la fois mieux et pire que d'habitude. Elle n'arrivait pas vraiment à savoir, elle s'était sentie à la fois libérée et prise au piège. Elle ne comprenait pas ce qu'elle ressentait, et ne pas comprendre c'était cela le pire. Elle savait que cela venait du fait qu'elle avait révélé son secret à Harry. Elle avait encore pu donner raison à Remus, dire la vérité au Gryffondor avait été plus facile qu'elle ne l'avait pensé. Elle se sentait aussi allégée d'un lourd poids. Une autre personne connaissait son secret, quelqu'un de son âge qu'elle appréciait beaucoup, et de plus en plus. Ses mots de la veille avaient été d'un réconfort suprême. Elle n'avait jamais osé penser qu'une autre personne en ce monde pourrait comprendre ce qu'elle ressentait. En y réfléchissant Harry lui ressemblait beaucoup. Lui aussi, n'avait plus ses parents, était différent, mais tous les deux avaient trouver une nouvelle famille dans cette maison. Remus était un second père, un qui ne l'avait pas abandonné, et Harry était devenu son frère, elle en avait eu la certitude lors de cette conversation. Quand elle l'avait pris dans ses bras, elle avait senti qu'il s'était comme figé. Surement parce qu'il ne se sentait pas encore à sa place. Mais, Abbygail, elle en était sûre, depuis les mots qu'ils avaient dits, ces mots étaient obligatoirement ceux d'un frère. Elle avait trouvé une nouvelle mission : faire comprendre à Harry Potter qui il était pour elle, et sûrement aussi pour Remus. Elle était persuadée que seul Harry pourrait réagir aussi parfaitement. C'était un mécanisme de protection, une excuse pour révéler son secret à personne d'autre. Elle était contente de lui avoir dit, mais cela ne changeait rien. Aujourd'hui, l'ami de Harry venait, donc elle garderait le sortilège, et ensuite les deux nouveaux, Remus ne pourrait pas l'obliger à l'enlever. En plus, elle pourrait se servir d'Harry pour le cacher, tout allait pour le mieux. Enfin, tout irait pour le mieux, s'il elle n'avait pas été aussi idiote. Elle avait gardé le sort activé dans des situations compliquées, sous une forte pression. Et, rien que le fait que Remus lui dise qu'il était fier d'elle, lui avait fait baisser sa concentration au point de rupture. Certes cela l'avait forcé à dire la vérité, mais cela la forçait aussi à avoir une conversation avec Remus. Cette conversation, elle ferait tout pour l'éviter, quitte à passer toute la journée avec ce Neville. Mais quand elle vit le regard de Remus en bas des escaliers, elle savait qu'elle n'avait plus le choix.
- Abby, tu es là plus tôt que d'habitude, en fait plus tôt que je ne t'ai jamais vu…
- Oui, Rems qu'est-ce que tu veux, mon ventre réclamait le petit déjeuner d'Harry…
- Si tu le dis, je demandais à Harry avant que tu descendes de bien se comporter, cela marche pour toi aussi…
- Oui Remy !
Les deux jeunes s'écrièrent en même temps. La conversation était close. Tous les trois s'assirent autour d'un dernier déjeuner pour trois. Le calme régnait, ce qui prouvait que cette journée n'avait rien de normale. Mais le silence permettait aux trois têtes de se mettre au clair. Vers onze heures, un Neville apparut. Harry sentait son anxiété augmenter. Il ne pouvait pas perdre un ami supplémentaire. Le nouvel arrivant salua tout le petit monde, avant qu'Harry ne l'invite à monter. Abbygail, quand elle avait une idée en tête, tenta la fuite avec les garçons. Mais le simple regard de l'adulte, la fit se rassoir.
Les deux adolescents étaient dans la chambre d'Harry. L'un avait ses yeux verts rivés sur le plafond et l'autre admirait le paysage. Aucun ne savait comment commencer cette conversation. C'était tellement étrange de se voir en dehors de Poudlard, sans devoir, règle ou couvre-feu. C'était Harry qui avait invité son ami, il devait dire quelque chose, mais quoi…
- Merci d'être venu Neville…
- Merci à toi de m'avoir invité, cela me change de ma grand-mère.
- Oui, moi ça me change de Remus et d'Abby.
- Pourquoi, je croyais que vous vous entendiez bien.
- Oui, tout va bien, mais c'est étrange pour moi, j'ai toujours passé mes été seuls, là avoir deux personnes continuellement sur mes épaules…c'est compliqué.
Harry avait toujours connu des étés dans la deuxième chambre de Dudley avec pour seul compagnie Hedwige et une liste de corvées. Ici, il avait deux personnes qui s'occupait de lui, il n'avait pas honte de penser que, oui Abby l'aidait plus qu'il ne le voulait. C'est aussi pourquoi, il ne voulait pas lui donner plus de place, vu ce qu'elle faisait déjà, quand serait-il quand toutes ses limites seront tombées. Il ne voulait pas l'imaginer. Et, Remus il se comportait comme un père, surtout depuis ce matin-là. De quoi avait-il bien pu rêver, pour en arriver là. Harry avait toujours souhaité que quelqu'un s'occupe de lui, le sorte du placard sous l'escalier. Mais désormais, qu'il avait grandi, il se posait d'autres questions. Surtout, est-ce qu'il méritait cette aide ?
- Oui et encore là, Drago Malfoy et le professeur Snape ne sont pas là…
- Ne m'en parle pas, aujourd'hui j'aurais passé ma journée à anticiper, encore merci d'être venu…
- C'est normal Harry.
- Non ce n'est pas normal, pas après ce qui s'est passé, tu sais je peux comprendre si tu ne veux plus être ami avec moi, je t'ai quand même mis dans une situation compliquée, pour rien.
- Mais tu rigoles Harry, certes ce ne s'est pas passé comme s'était prévu, mais je suis fier d'y être allé. Tu n'es pas le seul à vouloir une revanche sur certains Mangemorts…
Certes des mangemorts avaient torturés ses parents, mais il s'était quand même pris des Endoloris de la part de Bellatrix Lestrange. Si Harry pouvait mettre la main sur cette femme.
- Je suis quand même désolé Neville, je ne savais pas que cela allait se passer comme ça.
- Je sais bien Harry, mais c'est fait…C'est moi qui suis désolée que tu aies perdu ton parrain…
Neville se devait de le dire, c'était normal et il le pensait, mais il savait aussi que s'il avait été à la place d'Harry, il n'aimerait pas qu'on le lui répète tout le temps. Harry cligna des yeux, pour réabsorber quelques larmes. Cela aurait n'importe qui d'autres, Harry aurait été agressif, ou aurait changé de sujet. Mais Neville, comme lui savait ce que cela faisait de perdre des membres de sa famille, et de se retrouver seul. Il y avait aussi la manière dont il l'avait dit « ton parrain », tout le monde disait Sirius. Mais Sirius n'était pas simplement Sirius pour Harry, et Neville le savait. Il était plus qu'un camarade, ou un ami, il était sa vie. A chaque fois, que Ron ou Hermione prononçait son nom, il avait l'impression qu'on lui volait une partie de lui-même. Harry apprécia plus que jamais la sagesse de Neville, celle qu'on ne voit pas au premier abord, mais celle qui est là quand on la cherche. Il savait qu'il avait bien fait d'envoyer ces lettres.
- Et moi je suis désolé que tu aies perdu ta baguette…
Evidemment que cela n'avait pas la même valeur, mais c'était la baguette de son père. Et puis fallait qu'il change de sujet.
- Oui, mais ma grand-mère et moi, nous en avons acheté une nouvelle. Tu sais grâce à toi, elle trouve que j'ai enfin fait quelque chose digne de mes parents.
Harry savait ce que c'était d'être comparé sans cesse à ses parents, par les Dursley, par les professeurs et même par Sirius. C'était extrêmement compliqué d'enfiler les mêmes chaussures que des grands sorciers tels que James et Lilly Potter, et Alice et Frank Londubat. Discuter de cette journée, c'était aussi se rappeler la fameuse prophétie. Harry ne l'avait toujours dit à personne. Ron et Hermione s'inquièterait trop, peut être que Ron serait même jaloux. Et puis fallait déjà qu'il les voit en face à face, ce n'était pas quelque chose à écrire sur une lettre. Dumbledore ne lui avait pas dit à qui, il avait le droit ou non de le dire. Mais cette prophétie pouvait aussi très bien s'appliquer à Neville, même si le grand Albus Dumbledore pensait que non, il pouvait avoir tort. C'était injuste de le garder son ami dans l'ignorance, alors que c'était peut-être son avenir. Il avait aussi moins peur de la réaction de Neville. Mais ce n'était quand même la chose la plus facile à dire.
- Hey, Neville, tu sais au département des mystères, la boule qui contenait la prophétie a été cassé, mais Dumbledore me l'a révélé dans son bureau. Je ne l'ai dit à personne, je pense que tu devrais l'entendre, si tu veux bien…
- Vas-y, Harry, je t'écoute.
C'était vrai, que pendant toute cette année, Neville s'est montré très courageux, il voulait venger ses parents, et il y était presque arrivé. Il avait été d'une grande aide pendant la bataille du département des mystères. Il avait essayé de protéger la boule, il méritait de savoir.
- Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche... il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois... et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore... et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit... Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois...
Neville resta bouche bée, il était né à la fin du mois de juillet et ses parents étaient des fervents opposants au seigneur des ténèbres. Il ne savait pas quoi en penser, certes Harry correspondait aussi, mais si c'était lui, il ne pouvait pas avoir le poids du monde sur ces épaules, il n'était pas assez courageux pour cela, on le lui rappelait si souvent. Harry vit la mine surprise et effrayé de son ami, il s'en voulait de lui avoir dit, mais maintenant c'était dit.
- Le professeur Dumbledore pense que c'est de moi dont il s'agit, car il m'a marqué comme son égal quand il a tué mes parents. Mais je pense que tu devais le savoir…
- Je suis désolé Harry, cela ne doit pas être facile de vivre avec cette prophétie sur le dos. Je suis content, que tu me l'ais dit, je te soutiendrais.
- Merci Neville, tu es le seul à savoir pour l'instant, et j'aimerais que cela reste comme ça, je n'ai pas envie d'avoir des regards de pitié ou autre à chacun de mes gestes.
- Je ne dirais rien Harry, mais ce serait bien que tu le dises à Remus et même à Abbygail, ils sont ta famille maintenant.
Au fond de lui, le garçon qui a survécu savait qu'il devait le dire au moins à Remus, il était un adulte, il saurait surement quoi faire. Mais il ne pouvait pas le mettre en danger et le considérer comme sa famille était le mettre en danger.
- Harry, je sais ce que c'est que d'avoir personne, j'ai seulement ma grand-mère et souvent je me sens seul. J'aimerais avoir une plus grande famille, mais j'ai déjà quelqu'un. Toi, tu n'as personne, ne laisse rien t'empêcher de profiter d'eux. Tu mérites d'avoir une famille, des personnes qui t'aiment…
- Je ne pense pas, j'ai eu mes parents et ils ont été tués, j'ai eu les Dursley, mais ils ne me voulaient pas, j'ai eu Sirius et il a disparu.
- Mais ce n'est pas parce que tu laisseras d'autres personnes rentrées dans ta vie qu'ils vont eux aussi partir. Et peut-être que même sans les considérer comme ta famille, ils vont disparaitre, et dans ce cas-là vous aurez tous tout perdu. Il n'y a pas que toi dans l'histoire, donner une plus grande place à Remus et à Abbygail, c'est aussi les aider. Je ne t'y force pas, mais réfléchis-y, Harry.
Le jeune sorcier était maintenant sûr qu'il avait bien fait d'en parler à Neville, autant qu'il détestait ce discours, il savait qu'il avait besoin de l'entendre. Neville savait de quoi il parlait, et surtout ne le forçait pas. Il pouvait lui avouer certaines de ces faiblesses, pas toutes, mais certaines.
- Merci Neville, ce n'est pas facile d'avoir le monde entier qui dépend de toi et qui te fusille à chaque fois que je me trompe, que je ne fais pas ce qu'ils veulent. Je ne suis pas celui qu'ils attendaient.
Le monde sorcier avait attendu de découvrir le jeune Harry Potter, pendant qu'il était caché dans le monde moldu. Son arrivée dans le monde sorcier s'est faite très rapidement et était mal organisée. Même s'il n'était pas un aussi grand dévoreur de livre qu'Hermione ou Abbygail, il aurait aimé lire deux ou trois livres sur Poudlard ou sur le monde qui l'attendait. Mais non, il avait cru tout ce qu'on lui avait dit, sans se poser de questions. Il était temps qu'il réfléchisse et se pose enfin des questions.
- Tu sais, les gens, surtout ma grand-mère a toujours attendu de moi, que je sois aussi courageux que mes parents. Mais je ne le suis pas. Je ne serais jamais comme eux. Nous ne pouvons pas être ce qu'on attend de nous. Sinon toi ou moi serait que le garçon de la prophétie, alors que nous deux, nous sommes plus qu'une stupide arme.
- C'est ce que j'ai dit à Abbygail, hier, ce sont nos actions et nos choix qui nous définissent, pas seulement notre naissance.
- Oui même si le passé ne peut pas être changé, il peut servir à changer le futur. Regarde Malfoy.
- Oui, alors si on pouvait ne pas parler de lui aujourd'hui. Mais je suis d'accord, plus j'y pense, plus je vois qu'il n'a pas eu réellement le choix de qui, il voulait être.
Maintenant Drago Malfoy avait le choix de devenir et de faire ce qu'il voulait. Harry l'aiderait peut-être, mais ne le forcerait pas. Lui, non plus n'avait pas eu une véritable opportunité de choisir, il était le symbole de la lumière.
La conversation s'enchaina sur des sujets plus simples, après qu'Harry ait détourné la discussion du prince des Serpentards. Il allait le voir bien assez. Il verrait en temps voulu. Pour l'instant, il voulait profiter de son ami. Neville était toujours aussi passionné par la botanique, mais même toutes les plantes, de tous les livres de toutes la bibliothèque de Poudlard, ne pourrait suffire à Harry pour qu'il regrette cette conversation. Il avait aimé parler de ses problèmes à Neville. Il n'avait jamais été du genre à se plaindre, il avait toujours préféré se cacher par des vêtements trop larges et des faux sourires. Il arrivait à parler à Remus, mais avec l'autre jeune Gryffondor, il se voyait comme dans un miroir.
Celle qui en bas était sous pression, c'était Abbygail. Cela faisait bien dix minutes, que les deux se regardaient droit dans les yeux. La jeune fille voulait se cacher, mais le loup ne la laissera pas faire. Il avait géré le problème une fois, mais cette fois il serait seul. Enfin, Harry pourrait aider, mais il était le seul adulte. Il ne voulait pas mêler Harry à cette histoire, le jeune avait déjà ses propres problèmes à régler. Mais si Abby voulait lui dire, cela leur ferait peut-être du bien à tous les deux. Sachant combien de temps il lui a fallu pour révéler un de ses secrets, il n'était pas très confiant sur le fait qu'elle lui dise volontairement. La dernière fois, c'était lui qui avait découvert la jeune fille dans une flaque de son sang, dans la salle de bain. Il savait à quel point c'était effrayant et perturbant. Il ne pouvait pas laisser Harry, ou Drago, assister à ce désastre. La jeune pré-adolescente avait gardé le secret pendant une année entière. Une année, pendant laquelle il avait été absent de sa vie. Il s'en voulait toujours, s'il n'était pas parti à Poudlard, Abby ne serait pas tomber dans cette addiction, et il n'aurait pas mis en danger la vie d'Harry et ses amis quand il avait oublié de prendre sa potion. Cette année-là, il n'avait pas été là pour elle, il était encore perdu. Depuis la mort de James et Lilly et la trahison de Sirius, il s'était reclus dans cette maison. Il ne vivait pas, au mieux il survivait, dans cette maison remplie de mauvais souvenirs. Ce sont ses parents et Abbygail qui l'avaient sorti de sa dépression. Pourtant, il n'avait rien trouvé de mieux que de partir, les abandonner, dès que Albus Dumbledore lui avait demandé. Il était très perturbé par la fuite de l'homme qu'il avait tant aimé. Il ne savait pas comment il allait réagir s'il le revoyait, cela n'avait pas raté, il avait oublié de prendre sa potion et mis en danger plein de vie, par son ignorance, comme le rappelait, si bien, Severus Snape. Il ne savait pas, non plus, réagir face à un jeune Harry, qui n'était plus le bébé qu'il avait connu. Le jeune l'avait oublié, et il avait cru, pendant longtemps, que c'était mieux ainsi. Il s'était bien trompé, il s'était trompé aussi avec Abby, il aurait dû plus l'encourager à l'accompagner à Poudlard. Il aurait pu la protéger là-bas. Fallait qu'il revienne à aujourd'hui, il ne pouvait pas réparer ses erreurs, mais il pouvait éviter qu'elles recommencent.
- Montre-moi, Abby, s'il te plait.
- Pourquoi Remus, tu sais, je sais, ça ne sert à rien.
- Si, je veux savoir si elles sont infectées, je peux t'aider Abby, mais si tu ne la demandes pas, il faut au moins que tu l'acceptes.
- Merci Remus, mais j'ai géré la dernière fois seule, je peux le refaire.
- Je n'en doute pas Abby, mais ce serait plus facile pour tout le monde…
Abbygail ne le montrait pas, mais elle hésitait vraiment à lui montrer. Il savait qu'elle avait recommencé, elle le savait. Mais lui ne savait pas depuis quand. Elle avait recommencé un après-midi, l'après-midi où Remus était allé annoncer la nouvelle à Harry. C'était le fait qu'il retourne à Poudlard, encore une fois sans elle, que le garçon-qui-a-survécu allait habiter avec elle, que le garçon que Remus aimait comme un fils allait vivre chez eux. Ce n'était pas de la jalousie pure, mais l'amour que Remus avait pour Harry était seulement invisible aux yeux de ce dernier. La jeune fille était une enfant unique, ses parents n'avaient eu qu'elle, Remus n'avait eu qu'elle. Elle n'avait que Remus. Elle ne savait pas si elle allait pouvoir supporter le partage que son ancien tuteur allait devoir faire. Elle s'était posée de nombreuses questions sur sa place dans le cœur de Remus. Si cela se trouvait, elle n'était qu'une ancienne élève pour Remus, il avait dû la prendre chez lui par pitié, parce que sa mère s'était suicidée et son père était parti. Désormais qu'elle connaissait Harry, que son Remy l'aimait toujours autant, elle regrettait. En un après midi, elle avait déjà fait toute une série de lignes parallèles sur ses jambes, mais arrêter elle ne pouvait pas le faire en un après-midi. La dernière fois, elle avait eu de l'aide de ses parents et celle de Remus. Contrairement à ce qu'elle avait bien voulu dire à l'adulte, sans lui, il y avait eu peu de chances qu'elle arrive à s'en sortir. Mais, elle ne pouvait pas encore dépendre de lui. Elle avait grandi, elle était plus mature, dans un an, elle sera considérée comme adulte dans le monde des sorciers. Et surtout, bien que le loup fît tout pour cacher sa souffrance, la jeune sorcière voyait clair dans son jeu. Elle ne pouvait pas lui rajouter de la pression, ce n'était pas sa faute. Elle avait fait un choix, elle allait en assumer les conséquences, c'était cela être responsable c'était ce que ses parents lui avaient appris. Elle remonta dans ses manches, sur ses bras étaient seulement visibles les cicatrices datant de moins d'une semaine, depuis la nouvelle. Elle pouvait très bien mettre tout cela sur le coup des plans du professeur Dumbledore. Elle savait très bien cacher ce qu'elle était, et ce qu'elle ressentait, cela allait juste être un défi de plus. Mais pas un des moindres, car en face d'elle, c'était le sorcier qu'elle estimait le plus au monde, qui avait un talent d'observation non négligeable. En effet, Remus inspecta toutes les marques de fond en comble, avant de lancer un Finite Incantatem, mais rien ne changea. Il ne fallait juste pas qu'il lui demande d'enlever son pantalon ou même son T-Shirt entièrement. Ce qu'il ne fit pas. Abbygail fut à la fois rassurée et surprise de ce manque de considération. Cela l'inquiétait, Remus ne devait vraiment pas être dans son assiette pour tomber dans un piège aussi nul. Contrairement à ce que pensait la jeune fille, Remus espérait du plus fort qu'il pouvait, qu'il n'y avait aucune marque ailleurs. Les cicatrices qu'il voyaient étaient nombreuses mais pas très profondes, aucune était infectées, et elles ne devaient pas dater de plus d'une semaine.
- Tu vois Remy, aucune n'est infectée, tout va bien…
- Abby, tout ne va pas bien, sinon il n'y aurait aucune marque sur tes bras.
- Mais, Rems, je sais que je n'aurais pas dû, mais l'arrivée d'Ha…des deux Serpentards m'a perturbée, tu sais l'anticipation et tout, mais comme ils arrivent ce soir, maintenant je ne pourrais plus rien anticiper, et tout va bien se passer…En plus tu sais révéler mon secret à Harry, tu as raison c'était une bonne idée, maintenant je me sens mieux, je n'ai plus aucune raison de continuer.
Même sans raison, cela ne voulait pas dire qu'elle pouvait arrêter. Puis, ce n'était pas entièrement vrai, plus elle le faisait, plus elle trouvait des raisons de le faire, tout d'abord pour se punir. Sa maladie, elle devait surement l'avoir méritée. Sa mère s'était soit suicidée à cause d'elle, soit à cause de sa maladie, donc d'elle. Son père était parti, parce qu'elle n'était pas parvenue à le retenir, après le décès de sa mère, qui était donc sa faute. Il y avait aussi une autre raison, celle de s'assurer qu'elle était bien vivante. Le sortilège lui enlevait non seulement la douleur de ses jambes, mais aussi la sensation de les posséder. C'était étrange. En se coupant, elle les ressentait enfin. C'était peut-être illogique, chercher un sort pour supprimer une douleur physique, mais s'enfoncer une lame de rasoir pour en ressentir. Sauf que celle-là, elle savait pourquoi, elle savait qu'elle la méritait.
- Si tu le dis Abby, mais si tu as besoin je suis là, Harry aussi, tu n'es pas obligé d'expliquer pourquoi, mais si tu ressens l'envie de te faire mal, reste avec Harry ou moi, d'accord…
La jeune fille se contente d'hocher la tête, elle savait qu'elle n'allait pas le faire, rien ne pouvait lui faire passer l'envie, à part le faire. Le manque de réponse et le petit lapsus de tout à l'heure était des raisons suffisantes pour que Remus doute. Il savait que si elle enlevait son T-Shirt, il y avait de grande probabilités qu'il doit inspecter plus de marques. Il se demandait aussi s'il y en avait sur ses jambes, ce serait à la fois étrange, mais tellement logique. Il aimerait savoir pour l'aider le plus efficacement possible. Mais il ne pouvait pas la forcer, ce serait contreproductif. C'était à elle de trouver comment lui faire confiance. Il ne pouvait pas jouer le méchant flic, ainsi la forcer à tout avouer. Premièrement, cela ne lui ressemblait pas, et deuxièmement, il y avait deux ans c'était lui le gentil. Ses parents vérifiaient tous les soirs, la surveillait continuellement, Remus se contentait de l'aider et de lui changer les idées. Il pourrait se métamorphoser en le méchant de l'histoire, mais cette fois il n'y aurait pas de gentil. Personne qui l'aiderait sans lui rappeler que ce n'était pas bien, sans surveiller ses moindres faits et gestes. Le loup savait qu'il n'y avait rien de plus énervant que de se faire suivre partout où on va, d'entendre à longueur de temps « Comment tu vas ? », « tu t'en sors ? », ou encore le « je suis désolé ». Pour autant, il ne pouvait pas la laisser se faire du mal, il savait qu'elle n'était pas suicidaire. Il avait plus de doute avec Harry. Il allait donc la surveiller, il n'avait pas le choix, il veillait sur elle, elle n'avait plus personne d'autre. Mais il le ferait sans que personne le sache, dans la discrétion la plus totale.
En attendant, il fit à manger, pendant qu'Abbygail faisait de son mieux pour l'aider, c'est-à-dire pas grand-chose. Il appela les garçons et tout le monde mangea ensemble. L'après-midi continua avec les enfants dans le salon, sous l'œil aiguisé mais invisible du loup. Abbygail découvrait Neville et l'appréciait. Il était gentil et sage. Maintenant qu'elle avait rejoint la conversation, Neville se détourna des plantes pour parler de Luna. Abby était avant tout une fille, elle aimait les histoires de cœur. Voir Luna par les yeux de Neville, fit comprendre à Harry qu'est-ce qu'être amoureux. Il était désormais sur, de n'avoir jamais été amoureux de Cho ou de Ginny ou de n'importe qu'elle autre fille. Il n'avait jamais été amoureux. Est-ce qu'il le méritait, est ce qu'il pourrait, est ce qu'il mourrait avant. C'était sur ses questions que les dix-huit heures approchèrent. Neville devait partir pour diner avec sa grand-mère. Il se positionna devant la cheminée. Le temps qu'il dise aurevoir à tout le monde. Les flammes derrières lui devinrent vertes, et il fut poussé par deux Serpentards. Cette arrivée fut marquée par le rire des anciens habitants de la maison. Contrairement à ce qu'aurait pensé Remus ou Harry, on n'entendit aucun grognement de la part du professeur des potions, ou aucune phrase tranchante du jeune Malfoy. Neville en profita pour prendre la fuite. Son courage avait augmenté pendant l'année, mais pas au point d'affronter le professeur Snape, pendant les vacances.
Drago se releva en premier dans le minimum de classe qui lui restait. Sa classe était déjà parti avec son nom. Son nom était celui d'un prisonnier d'Azkaban et pas celui d'un homme important. Mais au moins maintenant, tout le monde savait quel homme il était. S'en était fini avec l'image de saint. Il était un monstre, il éduquait Drago comme il avait été éduqué par son père. Drago était plus qu'obligé de suivre la voie des ténèbres, pour honorer son père, pour s'éviter des Endoloris, pour protéger sa mère. Sa mère, qui était désormais seule dans le grand manoir. Elle avait demandé à Severus de le protéger. C'est ce que son parrain fit. Mais il n'avait pas besoin d'être protéger, il pouvait se défendre, il était encore un Malfoy, si cela voulait dire quelque chose. Et même s'il avait besoin de protection, vivre avec le garçon, qui se mettait le plus en danger au monde, n'était surement pas la solution. Il avait encore une famille lui, une mère qui attendait que les temps se calment pour le prendre avec elle. Il n'avait pas besoin d'une deuxième famille comme Dumbledore lui avait présenté les choses. Certes, il appréciait le fait de passer les vacances avec son parrain, mais pour faire des potions, pas pour vivre avec deux Gryffondors insupportables. Mais en plus de ces deux Gryffondors, il vit une troisième personne. Une jeune fille, brune avec les pointes de ses cheveux violets, bien habillée mais étrangement pour un mois de juillet. Elle avait l'air calme et sérieuse. Il allait peut-être finalement pouvoir discuter avec quelqu'un dans cette maison. Il leva les yeux pour se décrire l'endroit dans lequel il allait habiter, mais en faisant cela, il vit que la table était mise et le repas était servi. Rien, que l'odeur du poulet rôti au milieu de la table, le poussait à faire demi-tour, du moins s'éloigner de la nourriture. Tout ceux qu'ils le connaissaient de Poudlard pourrait croire qu'il se jugeait supérieur à un poulet rôti, mais bien au contraire. Il avait plus qu'envie de le dévorer, mais de le dévorer avec sa mère, son père, comme si le Seigneur des Ténèbres n'avait jamais existé, comme s'ils étaient une famille. Il n'avait jamais mangé en famille, il n'avait rien fait en famille, est ce qu'il avait vraiment eu une famille. Tout le monde s'était assis, Drago avait suivi. Le repas se passa dans le calme et dans le silence. Le silence n'était pas pesant, il était celui d'une fin journée épuisante. On pourrait très bien imaginer, qu'autour de la table était une famille très soudée à tel point qu'ils n'avaient rien à se dire. Ce n'était pas encore cela. La famille de Remus, Abbygail et Harry s'était agrandie ce soir -là. Il manquait juste que chacun trouve sa place.
