Coucou à tous ! Cela fait beaucoup trop méga longtemps que je ne vous avais pas écrit la suite de la vie de tout ce petit monde.
La rentrée a bien été plus compliquée que je ne l'aurais cru ! Je suis aussi désolé parce que je m'étais dit que ce chapitre sortirait en octobre. Mais je n'avais pas vu arrivé un examen le 31 octobre. Alors bon j'ai voulu écrire ce weekend, et je pourrais vous dire tout ce qui m'est arrivé, comme mon ordi qui tombe en panne, que vous ne me croiriez pas. Mais bon c'est arrivé. Alors je vais dire ce que je dis tout le temps, pour que vous m pardonniez du temps que j'ai mis, le chapitre est encore plus long que d'habitude !
J'ai eu encore plusieurs dilemmes, car j'aimerais que cela avance, mais bon je ne peux pas non plus faire comme s'ils étaient tous meilleurs amis depuis toujours. Donc j'ai essayé de bien faire les choses et que cela vous plaira ! En tout cas moi, je trouve ça pas trop mal, et qu'il se passe des choses !
Au fait, je pense traduire cette fanfic en anglais, voilà je vous tiens au courant….Je pense aussi que le prochain chapitre devrait tomber vers Noël, à moins que vous ayez de la chance !
Sinon encore merci pour toute ces lectures, ces critiques et ses encouragements !
Merci, encore
Lune P.
Une nouvelle vie après la mort de Sirius
10. Garder le Contrôle
C'était le début de quelque chose. Ce premier dimanche était le début de quelque chose. Mais le début de quoi. C'était la question que tous les habitants de cette maison se posaient ce matin-là. Personne ne savait pas trop où et comment se placer. En d'autres circonstances Abbygail aurait assuré sa place auprès de Remus. Elle aurait affirmé sa place dans cette « famille ». Mais elle ne savait pas qu'elle était sa place avec Remus, elle ne savait pas si elle devait éviter sa surveillance continue, si elle devait être en colère contre lui pour ne pas lui faire confiance, ou si elle devait le remercier pour veiller sur elle…Tant qu'elle ne reprendrait pas le contrôle sur ses sentiments, d'une manière ou d'une autre, elle ne s'avancerait pas au centre de la scène familiale.
Harry n'était pas dans la peur, bien évidemment c'était un Gryffondor, cela n'empêchait qu'il n'était pas serein. Il ne savait toujours pas comment agir avec Malfoy, ou Drago. Il ne savait pas si cette nuit avait été comme une parenthèse et qu'avec un café le Serpentard allait reprendre de sa couleur verte…Il ne savait pas comment être avec Abby non plus. Il était censé veiller sur elle, mais il n'avait rien fait à part dormir. Comment peut-il sauver le monde, s'il s'endort aussi facilement ? En parlant de sommeil, son cauchemar l'avait vraiment perturbé. Ce n'en était pas un habituel, il ne pouvait en parler à personne, car il n'avait encore dit la fameuse prophétie à personne. Enfin personne, il y avait bien sur Dumbledore qui la connaissait, mais Harry était encore en colère contre vieux sorcier. Il y avait aussi Neville, mais il n'allait pas raconter son cauchemar dans une lettre, si elle était interceptée et puis ce n'était pas quelque chose à apprendre par écrit. Il avait envie d'inviter Neville mais il était venu la veille, cela allait paraitre louche, et puis il n'allait pas gâcher les vacances de son ami. Le jeune Gryffondor avait l'impression d'être un fardeau. Si Remus l'acceptait, Abbygail, Draco et Snape était bien obligé de faire avec. Il ne pouvait pas forcer quelqu'un d'autre à l'apprécier. Neville était bien trop gentil pour son propre bien. Donc sans Neville sur la liste, la personne dont il était le plus proche en ce moment c'était bien sur son deuxième parrain. Mais il ne lui avait pas dit la prophétie. Après tout peut être qu'il la connaissait déjà, mais Harry n'avait pas envie d'imposer ce problème au loup garou. Surtout aujourd'hui, ce soir-là, cela allait être la pleine lune. Il savait comment Moony était ces jours-là. Il s'isolait du monde pour que rien ne provoque sa colère ou toute autre émotion forte. Il tentait tant bien que mal de garder le contrôle de lui-même. Donc il laisserait son parrain de côté, ce qui faisait qu'il restait Snape. Et alors là, comment le jeune Potter pouvait agir avec son professeur était la question. La dernière fois qu'il s'était retrouvé tous les deux, la curiosité du plus jeune l'avait emporté, et il avait commis l'irréparable en fouillant dans la pensine de son professeur avant d'être surpris par ce dernier et de prendre la fuite. Cela aurait été n'importe qui d'autre, Harry Potter se serait excusé, il avait l'habitude de s'excuser pour tout, même pour ce qui n'était à priori pas de sa faute. Mais en face, c'était son professeur détesté. Celui qui l'avait haï, dès qu'il avait mis un pied dans sa salle de classe. Celui qui lui avait trituré son esprit sans gêne particulière. On pouvait dire que c'était un juste retour des choses. Mais le professeur Snape était aussi celui qui lui avait sauvé la vie. Et puis la vision de son père en harceleur avait tourmenté l'esprit d'Harry. Dans son enfance, son père avait été un chauffard alcoolique selon les Dursley, puis il avait été un grand joueur de Quidditch et un grand sorcier. Maintenant Harry ne savait plus quoi penser. Il se devait de garder le contrôle sur ses pensées, l'année dernière avec Voldemort dans sa tête lui avait suffi.
Drago Malfoy, lui non plus ne savait pas comment être. Être tout simplement. On lui avait toujours dit comment être, comment fallait être. Maintenant que son père n'était plus là pour lui dicter sa conduite, il était tout simplement perdu. Cette nuit, il avait été naturel, il ne s'était pas posé de questions sur comment agir avec son « ennemi » ou avec la jeune fille. Mais maintenant qu'il était bien réveillé et que son cerveau s'était mis en marche, des milliers de questions flottaient dans sa tête. « Puis-je vraiment supporter Potter, enfin Harry » « comment j'ai pu paraitre aussi faible, moi Drago Malfoy » « qu'est-ce que dirait mon père s'il m'avait vu ». Toujours son père, il avait toujours été rien sans son père, et malheureusement on pouvait presque dire qu'il n'était rien pour son père. Maintenant que Lucius Malfoy avait été retiré de l'équation, c'était l'inconnu pour le jeune Drago. Il devait découvrir qui il était vraiment. Normalement les enfants ont quelqu'un sur qui s'appuyer quand il découvre le monde et eux-mêmes par la même occasion. Mais cette fois Drago était seul, sa mère l'avait laissé partir avec Severus, elle ne l'avait pas retenu, elle avait juste dit à son fils « maintenant que ton père n'est plus là, seul Severus peut te protéger, au revoir fils ». Il avait toujours pensé que le manque d'amour maternelle était la faute de l'emprise que son père avait sur elle. Maintenant il en doutait, il aurait aimé pouvoir rester avec sa mère, pouvoir passer du temps avec elle, qu'ils apprennent vraiment à se connaitre. C'était une période de sa vie qu'il voulait partager avec sa mère. Il savait qu'il n'allait pas spécialement bien, et il avait l'impression que seule une mère pouvait sortir son fils de ce mal. Mais la question c'était est ce que Narcissa Malfoy était vraiment une mère pour lui. Celui qui s'était le plus occupé de lui depuis qu'il était tout petit et encore plus depuis ses 11 ans, était son parrain. Severus Snape n'était pas simplement son professeur de potion, ni son chef de maison, il était la seule figure d'autorité qu'il avait. Son père n'exerçait pas de l'autorité, il utilisait la terreur et la douleur. Alors même si en apparence le professeur favorisait ses serpents et encore plus son filleul, quand ils étaient que tous les deux, Severus lui apprenait à faire la différence entre le bien et le mal et contrait le maximum possible l'éducation et les idées de Lucius. Drago savait que pour tromper les autres le plus possible il se devait d'être honnête avec lui-même. Et en étant honnête avec lui-même, il savait que Severus était le seul père qu'il n'ait jamais eu. Mais ce n'était pas normal. Les enfants attendent de leur parrain d'être gâté, d'être là quand les parents sont les « méchants », justement de ne pas être l'autorité. Mais Drago Malfoy n'était pas normal, il était le fils de Lucius Malfoy, un sang pur. Drago savait que c'était ce qu'il devait être mais ce n'était pas ce qu'il voulait être. Mais avait-il le choix, son père n'était plus là, mais fallait qu'il répare les dégâts, désormais il était sous les ordres d'Albus Dumbledore, s'il devenait espion, il devra afficher la personnalité que le monde entier lui connaissait. Il devait aussi faire cela pour assurer la couverture de son parrain auprès du seigneur des ténèbres. Comme Harry il avait bien plus que son propre destin sur ses frêles épaules. Il était habitué à la pression, mais cette fois la pression n'était pas que sur sa propre vie. C'était beaucoup plus difficile à gérer pour le Serpentard. Il perdait encore plus le contrôle, il n'avait jamais eu le contrôle de sa vie, son père l'avait eu et maintenant c'était le chef du Magenmagot. Jeune, il avait compris qu'il n'avait pas le contrôle de ses émotions, il n'avait pas le droit de pleurer, de crier, d'aimer qui il voulait. La seule chose sur laquelle il avait du pouvoir c'était sur ce qu'il mangeait. Il avait le droit de manger ce qu'il désirait, les buffets de Poudlard et du manoir étaient abondant, mais par esprit de contradiction, pour montrer qu'il le pouvait, il mangeait le moins possible. Cela a commencé par choisir que les plats les plus simples, refuser de manger quelque fois, puis cela s'est empiré. Le peu qu'il mangeait désormais, il le vomissait, il avait le pouvoir et il comptait bien le garder. Le tout était de savoir comment ne pas se faire repérer avec son parrain qui l'avait toujours surveillé, et deux Gryffondor qui avaient l'air de se mêler de ce qui ne les regardait pas.
C'était donc dans ces questionnements que les trois adolescents avaient descendu les escaliers. Arrivés en bas, ils saluèrent les adultes simplement. Ne sachant pas trop quoi faire et dire Harry se réfugia dans la cuisine et commença à préparer le petit déjeuner. Mais comme maintenant il n'était plus trois, il reçut évidemment une remarque acerbe de son professeur.
- Potter qui fait à manger, si vous vouliez m'empoisonnez il ne fallait pas attendre ce matin.
- Le petit déjeuner d'Harry est le meilleur petit déjeuner que je n'ai jamais gouté, vous devriez le gouter avant de parler…
« Abbygail dans toute sa splendeur » pensa Remus. Il se racla la gorge pour éviter un débat supplémentaire. Il était bien d'accord avec sa filleule mais le garda pour lui. Il n'était plus le jeune Gryffondor prêt à tout pour que la justice gagne. La vie avait été tellement injuste avec lui et ceux qui étaient important pour lui, qu'ils ne se battaient plus pour des choses aussi légères. Mais qu'allait faire le plus jeune lionceau…Avant de dire quoi que ce soit, Harry ne savait pas trop où se mettre. Ce n'était pas la remarque de Snape qui le perturbait, elle était plus qu'usuelle. C'était la réponse d'Abby. Il n'était pas habitué à ce qu'on le défende, habituellement les personnes était contre lui, Ron, les Serpentards, toute l'école, le monde sorcier…Il fallait qu'il se fasse à l'idée que des personnes était de son côté. Mais il ne voulait pas non plus espérer que ce soit pour toujours. Il avait été tellement déçu par le passé.
- Excusez-moi, mademoiselle, mais connaissant les talents de M. Potter en potion. Permettez-moi de douter des siens en cuisine qui sont un domaine assez proche de celui des potions.
- C'est juste une question d'habitude, monsieur.
Le « monsieur » avait été ajouté avec une pointe de sarcasme, mais pas suffisante pour frôler l'insolence. Cela mit fin au débat surtout que le repas fut prêt quelques minutes après. Abby accourra à table sous le regard amusé de Remus qui la suivit. Harry apportait les toasts à table alors que les nouveaux arrivants n'étaient toujours pas à table. Abbygail avait tellement faim qu'elle n'avait des yeux que pour Harry, enfin plutôt ce que transportait Harry. Mais Remus lui observait les deux Serpentards. La scène devant ses yeux ne lui paraissait pas inconnue. Il voyait bien dans le regard de Drago, pas de la peur mais comme de l'appréhension. Qu'est-ce que le jeune Malfoy pouvait bien appréhender sur le fait d'aller à table. Remus avait bien une idée mais il attendrait d'avoir la confirmation.
Entre les deux serpents, la conversation était silencieuse, Severus n'utilisait pas la legilimancie mais pas besoin, il savait ce qu'il se passait dans la tête de son filleul. Mais il ne pouvait pas lui faire un long discours sur l'importance de manger, parce qu'il ne voulait pas rendre vulnérable le plus jeune devant les autres habitants et encore moins devant Potter. Il lança alors à Drago son regard le plus noir qu'il avait en réserve. Et comme tout le monde, du moins tous les élèves, il ne réussit pas à échapper à ce regard et alla vers la table à contre cœur.
Tout le monde était attablé, comme hier soir aucune conversation, mais ils étaient à l'aise. Enfin Harry n'osait pas regarder Snape, Abby n'osait pas regarder Remus, et Drago faisait tourner sa nourriture dans son assiette. C'était la confirmation qu'avait besoin Remus, maintenant il n'avait plus qu'à agir. Plus facile à dire qu'à faire. Ce qui a coupé le silence, ce fut le regard surpris du professeur de potion quand il gouta ce qu'avait préparé Harry. Contrairement à l'arrogance que Snape croyait qu'Harry possédait, le jeune Gryffondor a simplement souris et baissé les yeux. Remus laissa échapper un petit gloussement, plus ou moins volontairement. Mais c'est Abbygail qui jeta les pieds dans le plat.
- Vous voyez qu'Harry sait cuisiner, et vous n'avez pas encore goûté ses pâtes. C'est un délice.
Elle aurait bien aimé rajouter qu'il ne fallait pas juger et encore moins avant de connaitre, ou bien qu'il faut toujours gouter, ou encore que quand on ne sait pas on se tait. Mais elle s'était retenue. Elle ne connaissait pas encore ce professeur habillé de noir, mais elle avait déjà compris qu'il ne se laissait pas marcher sur les pieds.
Toute la table s'était mise en pause. Remus ne savait pas s'il devait être fier d'elle pour s'interposer ou la disputer pour avoir été presque insolente. Harry avait peur pour elle, il ne connaissait que trop bien les colères de Snape. Drago s'intéressait à ce qui allait se passer surtout parce que cela détournait son esprit de la nourriture. Severus ne savait pas comment réagir. Cela l'étonnait beaucoup, parce que cette phrase serait venue de Potter il aurait été en détention jusqu'à ses ASPICS. Si cela avait été Drago, il n'aurait pas fait grand-chose à part peut-être rit. Mais ce mademoiselle Bennett était d'un autre contexte. Elle ne lui avait pas manqué de respect, mais elle avait dit ce qu'elle avait à dire. Elle avait comme gagné du respect pour lui. Il ne fit pas de commentaire. Mais ce silence voulait déjà tout dire, ce n'était pas tous les jours que le directeur de la maison Serpentard ne répondait pas.
Le repas se continua donc en silence, dans lequel Remus regardait Drago et Severus scrutait Abbygail. Harry était invisible et cela lui plaisait bien. Harry et Abbygail finirent à peu près en même temps et Remus les autorisa à monter. Drago jeta un regard suppliant à son parrain et ce dernier ne voulant toujours pas – il n'arrivait surtout pas à dire non à ces yeux argents aussi triste – le laissa sortir de table. Une fois que les adolescents furent montés, Severus mit les choses au clair.
- Lupin, tu te mêles de ce qui te regarde, tu laisses mon filleul tranquille, ce sont mes affaires.
Il voulait sa comme conclusion et parti véritablement s'installer dans sa chambre. Bien qu'il n'ait pas dormi la nuit précédente, il ne fit pas de sieste mais la seule chose qui le calmait, il concocta quelques potions sur la table de bureau dans sa chambre. Pas les plus explosives ou à risque, juste deux trois flacons d'œil vif.
Remus qui s'était donc retrouvé seul dans son salon. La solitude du salon lui rappelait celle qui l'avait vraiment eu. Celle où il n'avait personne ni ces jours, ni ces nuits de pleine lune. Ce soir aussi il serait seul, mais il avait appris à faire avec, il ne voulait surtout mettre personne en danger, ses amis avaient bien été assez fou pour se transformer pour rester avec lui. Mais maintenant qu'ils n'étaient plus là, ils devaient faire avec. Il s'enfonça dans un des fauteuils et pris un livre, il fallait qu'il reste calme.
A l'étage, le professeur n'était pas le seul enfermé dans sa chambre. Celle, pour laquelle il n'avait pas d'admiration mais presque, était aussi sur son lit. Elle avait bien-sûr deux ou trois livres ouverts pour prétexter du travail, mais ce n'était pas l'arithmancie qui la tenait éveillée et qui la faisait presque pleurer. Dès qu'elle fut arrivée en haut, elle se libéra des garçons. Elle avait des pensées à réordonner. Si un sorcier utilisait Legilimens sur son esprit, il ne verrait qu'une simple pièce calme et rangée. Elle n'avait pas maitrisé l'occlumencie, elle n'avait jamais pris de cours, ne s'était jamais entrainé spécialement. Certains pourraient dire que c'était inné, mais c'était surtout le taux de concentration que lui demandait son sortilège qui l'avait forcé à ordonner tout ça. Mais à ce moment, au littéral comme au figuré ses bases s'effondraient. Tonton Remy était une des personnes, sur laquelle elle s'est toujours appuyée, et c'était la seule qui était resté après que tout soit parti en vrille. Mais maintenant, tout se mélangeait dans la tête de la jeune fille. Elle était perdue, Remus devenait le méchant, et elle ne pouvait pas l'accepter. Plein de souvenirs remontaient à la surface de son esprit, les bons comme les mauvais. Elle savait qu'elle n'avait jamais accepté et avancé sur des sujets comme sa maladie, le suicide de sa mère, ou encore l'abandon de son père. Elle avait choisi la facilité, celle d'oublier. Et comme elle ne pouvait pas oublier ces choses-là, elles les avaient enfouies au fin fond de sa mémoire. Mais là, ils s'échappaient et elle se devait de les renfermer, par le seul moyen qu'elle connaissait. Elle ne pouvait pas aller dans la salle de bain, elle n'arrivait pas à maitriser le sortilège, trop de risque… Elle sortit alors un cahier classique de son tiroir, mais il n'était pas classique pour elle, c'était comme un journal intime. Quand elle s'était coupée, ses parents et Remus lui avaient dit de tenir une sorte de journal, pour essayer de faire le tri dans sa tête et aussi de tenter de passer l'envie de se faire du mal. Malgré tout le mal qu'elle avait pu en dire, ce journal l'avait bien aidé à arrêter. Elle essaya donc d'écrire sur ses vielles pages qui lui rappelaient tant de choses. Mais toute l'écriture du monde n'arrivait pas à lui vider la tête aussi bien qu'une simple petite coupure sur son avant-bras…C'était tellement plus simple et plus rapide, une simple coupure et tout était réglé. Enfin une seule coupure c'est ce que pensait Abbygail à chaque fois, et comme à chaque fois ce n'était ni une, ni deux, mais une bonne dizaine…
Les deux garçons étaient dans leur chambre, ils n'avaient que là à aller. C'était un problème, l'un comme l'autre avait l'envie et le besoin de se réfugier quelque part où il serait en paix et seule, ce qui n'était pas possible. Ils étaient posés chacun sur leur lit, ils ne se regardaient pas dans les yeux, mais surveillait du coin de l'œil l'autre. Contrairement à ce qu'aurait pu croire Severus Snape le premier à sortir de quoi travailler ne fut pas son filleul mais le fils de son ennemi. En effet, Harry ramassa le fameux livre qui était tombé durant la nuit tout en grimaçant à son cauchemar. Il n'avait jamais ouvert aussi vite son livre de potion pour ne pas ressasser plus longtemps son mauvais rêve. Mais seulement après quelques lignes de lecture il laissa échapper un petit « pfff » de ses lèvres. Ce qui fit sourire les Serpentard qui ne put pas s'empêcher de le remarquer.
- Les potions sont tellement insignifiantes pour le garçon qui a survécu…C'est pour ça que tu les travaille pas Potter ?
- Non, Malfoy, non c'est juste que je ne comprenne pas pourquoi il faut de l'ellébore pour le philtre de paix alors que c'est connu pour être venimeux….
Le jeune Gryffondor ne s'est pas spécialement rendu compte qu'il ait parlé à voix haute, il était en pleine réflexion. Il l'aurait su, il n'aurait rien sans doute pas parlé mais maintenant c'était fait et cela ne méritait rien de plus pour Harry. Mais le Serpentard en face était tellement surpris. Il était déjà étonné que le Gryffondor qu'il avait toujours pris pour un feignant à copier ses devoirs sur Granger travaille déjà dès les premières semaines de juillet. Mais surtout, même s'il savait que son « ennemi » était plutôt doué en défense contre les forces du mal, les potions n'étaient pas son truc. Bon c'est vrai que ce n'était pas en lui jetant des choses dans son chaudron qu'il l'aidait et c'étaient encore moins les répliques et les points en moins donnés par son parrain qui soutenait son désir d'apprendre.
- C'est vrai que ça peut paraitre étrange mais dans plein de cultures, l'ellébore est purgatif et elle peut protéger contre certains sort, cela vient surement de là.
- Je ne sais pas, bon de toute façon, ça ne sert à rien que je me donne du mal sur cette rédaction que Snape nous a demandés, il y a aucune chance que je sois en potion l'année prochaine, ce n'est pas la peine….
- Y a bien qu'un Gryffondor pour foncer comme ça dans une direction, tu n'en sais rien, avoir eu un optimal n'était pas si impossible, surtout que ce n'était pas Sev…le professeur Snape qui corrige nos BUSE.
- Malfoy tu sais mieux que personne que les potions ce n'est pas spécialement mon domaine…
- Ça c'est sûr mais tu n'as pas eu toutes les chances pour toi…
- Je rêve, ou le Drago Malfoy, prince des Serpentards, dit bien que quelque chose serait de sa faute ?
Le ton d'Harry était joueur, mais il se calma dès qu'il vit Drago se renfermer sur lui-même.
- Drago Malfoy, je ne sais pas, mais moi oui !
- Et cela veut dire quoi au juste ? Demanda Harry d'une véritable curiosité.
- Rien de spécial, bon Harry on la travaille cette rédaction horrible ?
Drago avait repris de l'énergie sans exagérer non plus, il savait très bien faire croire que tout allait bien. C'était un Serpentard après tout. Il se claqua intérieurement pour en avoir laissé autant transparaitre devant le Gryffondor. Celui-ci était au contraire était content d'avoir pu voir un morceau du vrai Drago. Il en voulait plus mais il avait vu dans les yeux argent que cette discussion était terminée.
- Les devoirs de vacances de potions les plus horribles les uns que les autres….
Ils travaillèrent donc ensemble sur cette rédaction pendant quelques heures. Ce fut ainsi que Remus ainsi que Severus les trouvèrent avant d'aller manger.
- La cohabitation entre les deux n'est pas si compliqué qu'il n'y paraissait. Chuchota Remus à Severus à l'entrée de la chambre.
- C'est que le premier jour Lupin, connaissant ces deux-là, ça peut partir au quart de tour. Mais il n'empêche que je ne pensais pas que Potter commençait ses devoirs si tôt en juillet. Si c'est vraiment le cas, cela démontre encore plus ses faibles capacités.
- Severus…Harry n'est pas James.
- Aussi arrogant l'un que l'autre !
- Il n'est pas non plus celui décrit par la gazette du sorcier. Remus continuait toujours avec le même calme. Ce calme qui énervait depuis toujours le Serpentard.
- Lupin, tu sais très bien que je ne suis pas de ceux qui lisent et croient ces idioties.
- Le véritable Harry n'est pas non plus celui qu'il montre à Poudlard. J'en connais d'autres qui faisait et font pareil.
Bien sûr que Remus pensait à Severus, même s'il ne connaissait pas la version que l'homme cachait aux autres, il savait qu'elle existait. Lilly l'avait vu et aimé, Remus n'avait aucun doute que l'homme acerbe pouvait aussi être un homme bien. Il s'était arrêté avant de dire que lui et Harry se ressemblait bien plus qu'l ne le pensait et voulait bien l'accepter mais l'idée était là. Et avant que l'autre homme ne puisse pas répondre, il s'avança dans la chambre.
- Les garçons à table !
Au moins quelque chose qui n'avait pas changé, l'appel à table de Remus était exactement sur le même ton. Cela fit autant sourire Harry que grimacer Drago mais les deux se levèrent et prirent la direction de l'escalier. Les quatre hommes passèrent devant la chambre d'Abby et le propriétaire des lieux entrouvrit la porte. Celle-ci était dans un état, des livres jonchaient le sol, du parchemin le bureau. Il y en avait partout. Abbygail était quant à elle sur son lit en train de faire glisser sa plume. Elle leur sourit et s'avança vers eux, le sortilège bien en place. Tout est redevenu calme et paisible dans sa tête. Elle fit attention à ne pas paraitre trop soudainement heureuse non plus, elle ne voulait pas laisser de soupçons pour son parrain. Ce dernier n'était pas le plus bête des sorciers et n'avait pas beaucoup de doute sur l'occupation de la jeune fille ce matin. Mais il n'était pas le moment d'avoir cette conversation, il était temps d'aller manger. Il lança un sort de rangement dans la chambre et tous partirent manger.
Encore une fois le repas se déroula dans un silence confortable, pas assez confortable pour Drago qui voulait un débat pour ne pas être au centre de l'attention.
- Severus la rédaction que tu nous as donnée à faire pour les vacances est vraiment compliqué cette année.
- Pas au-dessus des capacités que j'attends des élèves de 6eme année. Surtout après avoir eu un optimal au BUSE.
Harry s'étrangla avec l'eau qui buvait. La discrétion n'était clairement pas présente aujourd'hui, comme souvent, pour le jeune Harry Potter.
- M. Potter vous avez eu accès à vos notes avant que le ministère les envois, encore un traitement de faveur à ajouter à votre palmarès.
- Non monsieur, je doute simplement que je puisse obtenir une telle note, et encore plus en potion.
- Potter qui avouerait que quelque chose est au-dessus de ses capacités mais le monde tourne à l'envers.
- Mais si Harry tu as très bien pu obtenir un O, l'autre jour on a parlé de potion et tu en savais beaucoup. Déclara Abbygail avant qu'Harry puisse répondre.
Comme ce matin, la réplique d'Abbygail avait remis la tablée en silence. Severus ne comprenait pas pourquoi il ne répondait pas. Harry était soulagé par le retour du silence, pas comme Drago qui avait pu ne rien avaler pendant cette conversation. Mais contrairement à ce qu'il pensait, son manque d'appétit n'était pas passé inaperçu. Remus qui n'avait d'ailleurs pas participé à la conversation n'avait rien raté du repas de Drago.
- Les enfants après manger, comme il fait beau, et que vous avez bien travaillé ce matin, vous pouvez peut-être aller prendre vos ballais et aller voler un petit peu. Qu'en penses-tu Severus ?
- S'ils veulent, mais qu'ils me donnent chacun leur rédaction avant d'y aller…
Drago était habitué, c'était aussi pour ça qu'il avait les meilleures notes en potions. Mais pour Harry c'était une première. Que quelqu'un prête assez d'attention à lui pour vérifier ses devoirs était une première. Il n'avait jamais pu faire ses devoirs chez les Dursley, par manque de temps avec sa liste complète de corvée tous les jours, parce qu'il ne pouvait pas être meilleur que Dudley, et ceux de Poudlard parce que ses affaires magiques étaient enfermées loin de lui. C'était pourquoi il copiait sur Hermione dans le train, c'était pourquoi certains professeurs le prenaient pour un feignant. Et le tout fit que c'était pour cela que le jeune Gryffondor n'avait pas confiance dans ses capacités scolaires – et pas seulement – et qu'ainsi il ne donnait pas son maximum. C'était un cercle vicieux. Ainsi cette petite phrase de son professeur détesté était peut-être le début de la rupture de ce cercle vicieux.
Les deux garçons montèrent en vitesse, presque en harmonie. Ils avaient tous les deux envies de monter sur leurs balais. Le Gryffondor parce que cela faisait longtemps vu qu'il n'avait pas pu jouer cette année à cause de ce crapaud rose. Le Serpentard voyait cela comme l'occasion de faire du sport et d'ainsi perdre les calories qu'il avait mangé ce midi voire plus. Ils redescendirent aussi vite qu'ils étaient montés. Ils donnèrent leur parchemin, un petit peu stressé pour Harry. Mais tout se passa bien.
- Abby tu viens aussi ?
- Ou là non, ça bouge trop pour moi, je vais aller lire dans ma chambre…
- Abbygail va plutôt dans la bibliothèque tu seras mieux…
La jeune fille enviait Remus de laisser glisser ses ordres sur un ton aussi calme et doux. La seule chose qui lui fit dire qu'elle ne pouvait pas le contredire c'était qu'il l'avait appelé Abbygail. Là, il n'y avait pas de doute si elle disait non, cela allait partir en dispute et ses secrets finiraient par éclater. C'était hors de question. Mais abandonner le pouvoir de choisir librement n'était pas facile pour la jeune fille qui avait toujours été indépendante. Alors elle allait évidemment dire oui, mais si elle pouvait faire comprendre à son parrain que cela ne lui plaisait pas, discrètement, elle n'allait pas se priver.
- Oui Remus, tu as sans doute raison.
Le Remus en question, ainsi qu'Harry, avait compris à son intonation sa colère refoulée. Tandis que le plus vieux attendrait d'être seule avec la jeune fille pour en parler. Le plus jeune se devait d'attendrir l'atmosphère.
- Je compte sur toi, Abby, ne les laisse pas s'entretuer.
C'est sur cette phrase qu'Harry s'enfuit, suivi de Drago, pour ne pas être la cible de la colère de Snape. Ce dernier ne l'était pas spécialement, après tout c'était vrai, il avait au fond de lui l'envie de tuer Lupin. Et puis, il avait vu le sourire revenir sur le visage de Mademoiselle Bennett. Il devenait vraiment attendri, il avait dû manger trop de sucreries d'Albus.
Les trois habitants restant allèrent dans la bibliothèque. Remus ne l'avait pas obligé pour rien, il ne voulait pas la quitter du regard cette après-midi, ni jamais. Il savait que cela n'était pas possible, mais il avait plus que l'intuition que ce n'était vraiment pas une bonne idée qu'elle soit seule. Il se devait d'avoir une conversation avec l'adolescente, mais ce n'était pas l'envie qui le prenait.
A l'extérieur, les deux volaient simplement et profitèrent du calme chacun vacant à ses pensées. Le lionceau avait eu du mal à monter sur son balai. C'étaient des souvenirs, des souvenirs de Sirius, des souvenirs de la mort de Sirius, des souvenirs de la mort de Sirius qu'il avait causé. Mais il avait vu le serpent déjà dans l'air et il ne réfléchit pas deux fois et enjamba son balai et s'envola. C'était mieux comme ça. Les deux adolescents étaient dans un silence parfait, seuls quelques oisillons pointaient le bout de leur nez. On pourrait croire que c'était le calme avant la tempête, mais quand on connaissait ces deux-là, on savait que pas besoin de calme pour qu'il y ait une tempête foudroyante. C'était simplement un calme paisible, pour l'instant.
Dans la bibliothèque, c'était un calme plus tendu, le seul bruit entendu était celui des pages tournées, et ce dans la frustration pour Abbygail. Elle faisait ce qu'elle pouvait pour calmer ses émotions, et reprendre le contrôle, mais ce n'était pas gagné. Peut-être qu'un hululement à la fenêtre allait la sauver. Hedwige avait apporté une lettre sans doute pour Harry. Remus alla la chercher et donna à manger et à boire à la chouette.
- Je vais prévenir Harry. Dit Remus avec un site de tête qui donnait l'ordre de ne pas bouger à Abby.
Même si décevoir Remus était quelque chose qu'elle ne souhaitait jamais faire – elle avait l'impression de beaucoup le faire ces temps-ci – elle ne pouvait pas rester ici, fallait qu'elle aille se vider la tête. Elle se leva et pris la direction de la sortie le plus calmement comme si de rien n'était.
- Je pense que ce serait une meilleure idée de rester ici, Mademoiselle Bennett.
Bien sûr que Severus avait vu dans le jeu de son ancien camarade, il ne savait pas pourquoi elle devait rester seule – bien qu'il ait des idées – mais s'il devait la faire rester au même endroit, il le ferait. Il lança d'ailleurs un sortilège informulé pour fermer la porte et qu'elle ne puisse pas s'ouvrir.
- Une partie d'échec ?
Abbygail savait reconnaitre une défaite quand elle en voyait une. Elle se doutait que s'il ne voulait pas qu'elle parte, elle ne partirait pas. Sans accepter verbalement, elle s'assit en face du professeur qui prit évidemment les pions noirs.
Remus sourit aux enfants qu'il vit bien s'amuser. Il les laissa quelques minutes de plus avant d'appeler Harry et lui tendit la lettre. Il était content que son louveteau garde du contact avec ses amis, n'importe lequel, il ne voulait pas qu'il se renferme sur lui. C'était déjà bien qu'avec Drago il ne se batte pas encore, mais ce n'était pas – encore – un ami d'Harry. Le jeune Gryffondor fut surpris d'avoir une lettre, puis fit une moue mi heureuse, mi déçue en voyant l'expéditeur.
- C'est Neville, je vais aller lui répondre…A tout à l'heure Drago.
Il prit son balai en main et courra à la maison. Il fut surpris et heureux que Neville lui écrive alors qu'ils ne s'étaient vu que la veille. Sa déception était due au fait qu'il pensait que Ron et Hermione lui aurait déjà écrit. Il n'y avait plus l'excuse des Dursleys qui ne voulaient pas voir voler Hedwige et il serait étrange que Dumbledore ne les autorise pas envoyer à lui envoyer des lettres, alors qu'il autorisait Neville à le faire. C'était clair qu'il ne voulait pas lui écrire, mais pourquoi, et était ce ainsi les autres étés, est ce que, même sans l'interdiction de Dumbledore, il n'aurait rien reçu. Ses questions lui firent couler quelques larmes qu'il essuya vite. Ses mauvaises pensées ne devaient pas l'empêcher de profiter de cette lettre, surtout qu'il en avait bien besoin.
Cher Harry,
J'ai vu Hedwige voler au loin, je me suis dit qu'elle devait sentir que je devais t'écrire une lettre. Alors après l'avoir nourri et laissé se reposer ne t'inquiètes pas, je vais lui demander de t'envoyer cette lettre.
Je suis très content d'être passé chez vous-même si j'ai dû voir le professeur Snape et Malfoy, et les faire tomber dans la cheminée. Je suis surtout heureux qu'on est pu bien discuter, ce n'est pas facile que tu vis en ce moment Harry et sache que si tu as besoin de discuter ou d'autre chose, je suis là. Mais n'oublie pas que tu n'es pas seul là où tu es, Abbygail à l'air d'être une personne bien et le professeur Lupin sera toujours là pour toi. Je pense que tu pourrais leur dire pour tu sais quoi. Ils pourraient t'aider…
J'espère aussi que la vie avec le professeur Snape et Malfoy se passe le mieux possible. Si je ne reçois pas de nouvelles de toi, je m'inquiéterais de savoir si tu es devenu un ingrédient de potion.
Bon courage à toi.
Toujours là pour toi.
N.L
Quelques larmes avaient fini par couler des yeux émeraude. Celles-là, il les laissa tomber. Cette lettre contenait tout ce qu'il avait besoin de lire. Fallait qu'il remercie Neville et Hedwige. Mais pour l'instant il s'allongea sur son lit profitant qu'il était seul dans sa chambre. Il fit le tri dans ses pensées et réfléchit à ce que lui avait écrit son ami. Il savait qu'il allait devoir finir par dire la prophétie au moins à Moony, mais quand et comment. Ce n'était pas quelque chose dont il aimait parler. En plus connaissant Remus, il allait s'attarder sur ce que son louveteau devait ressentir avec ce poids dans sa conscience. Et Harry n'avait pas du tout envie de venir sur ce sujet, s'il pouvait garder son cauchemar dans son jardin secret il le ferait.
Pendant ce temps-là, Remus était retourné dans la bibliothèque où il espérait retrouver Abbygail. Il ne savait pas quoi faire avec elle. Il ne la laissera pas tomber, mais il pensait qu'il n'était pas à la hauteur pour aider sa presque fille. Il en avait honte, entre Harry qui ne lui parlait seulement au bord de la crise de nerf, et Abby qui voulait garder tout pour elle. Il ne savait pas quoi faire, et le Gryffondor n'aimait pas ne pas savoir. Mais quand il vit que la porte de la bibliothèque était bloquée par un sortilège. Il décida de ne pas rentrer. Il aurait pu lever le sort, mais il avait l'instinct que Severus gérait la situation. Il ne sait pas d'où lui venait cette confiance. Mais il suivit cette intuition et les laissa tous les deux.
A l'intérieur, Severus n'irait pas jusqu'à dire qu'il gérait la situation mais il savait ce qu'il faisait. Il avait vu une cicatrice sur le bras de la jeune fille quand elle avait déplacé son cavalier pour prendre son fou. Elle était en avance sur les pièces prises, elle jouait bien, et lui n'était pas très concentré sur la partie du moins celle joué sur le plateau. Il ne réfléchissait pas à son prochain coup, amis à ce qu'il allait lui dire, le silence était confortable et normal lors d'une partie d'échec. Il se devait de faire quelque chose. Il avait vu certains de ces serpents au cours des années tomber dans cette addiction et travailler dure pour en sortir. C'était un enfer, l'automutilation, il n'avait pas trouvé de meilleur mot durant ces années d'enseignement, ni même avant, faut dire qu'il n'était pas étrange à cet enfer lui-même. Cela remontait à longtemps, mais cela avait été le cas. Il se souvient de toute l'énergie que lui avait demandée le fait d'arrêter. Il se rappelle aussi de toutes ses rechutes. Il ne pouvait laisser une âme supplémentaire en souffrir. La souffrance cachée derrière les yeux violets de l'adolescente en face de lui, fit remonter une certaine envie de meurtre contre le loup garou. Comment avait-il pu ne rien faire, il attendait qu'elle se tue toute seule ?
Il devait se calmer avant de faire quoi que ce soit, cette colère n'était pas contre elle, et il ne pouvait pas lui donner cette impression. De son côté la jeune fille avait remarqué un changement dans le comportement de de son adversaire. Elle espérait tellement qu'il n'ait vu aucune cicatrice, pour ne pas prendre de risques supplémentaires, elle laissa tomber le sortilège, et lança quelques glamours sur elle. Tant qu'elle ne se levait pas, elle pouvait les laisser, pourquoi n'y avait-elle pas pensé plus tôt ?
Cette question résonnait aussi dans la tête d'en face, si elle pouvait lancer des glamours sur ses bras, pourquoi ne l'a-t-elle pas fait avant ? Severus était un assez bon sorcier pour pouvoir remarquer les glamours de petits niveaux. Surtout que c'était ceux qui l'utilisait.
- Pourquoi se lancer des glamours en pleine partie ? Quelque chose à cacher ?
- Je vous demande pardon, monsieur ? Dit-elle le plus calmement possible en essayant de ne pas trembler.
- Mademoiselle Bennett, vous ne croyez quand même pas que je ne peux pas remarquer des petits sortilèges lancé à seulement quelques centimètres de moi ?
Le ton n'était pas moqueur ou dure, il relevait juste les faits. Abbygail savait que face à cela, il fallait mieux abdiquer le plus tôt possible.
- Si monsieur, pardon.
- Alors que cachent t ils ? Peut-être un tatouage ?
- Rien, monsieur.
- S'il n'y avait rien à cacher, il n'y aurait pas de glamours mademoiselle Bennett.
Elle ne savait plus quoi dire, elle savait qu'il ne renoncerait pas. La fuite était la meilleure option. Elle se leva ne s'embêta pas à remettre le sortilège, il y aurait eu peu de chance qu'il fonctionne vu son état émotionnel, et pris la direction de la sortie. Arrivée devant, elle fut bien embêtée, elle essaya presque tous les sortilèges d'ouverture qu'elle connaissait avant qu'elle fut simplement arrêtée.
- Ne gâchez pas vos efforts sur cette porte, mademoiselle Bennet. Voyons, elle ne vous a rien fait et s'ouvrira dès qu'on aura eu une petite conversation. Rasseyez-vous Abbygail.
Elle ne savait pas si c'était l'utilisation de son prénom ou la honte qui la consumait mais elle se rassit et enleva ses glamours, il ne servait plus à rien, et plus vite ce serait fini, plus vite elle serait libre de faire ce qu'elle voulait au plus profond elle, se couper.
- Vous savez que je vais devoir le dire à Lupin ?
- Il le sait déjà…
- Et il ne fait rien pour vous en empêcher ? la colère remonta aux joues du professeur de potions.
- Ne vous en prenez pas à Remus, il fait ce qu'il peut, ce n'est pas facile pour lui de me voir comme ça, il avait tellement aidé la première fois, c'est injuste pour lui.
- La première fois ?
- Oui…avoua-t-elle en chuchotant en s'en voulant d'avoir gaffé, fallait qu'elle se ressaisisse mais ce n'était pas facile devant cet homme, autant que devant Remus.
- Cela fait longtemps que vous avez recommencez ?
- Non…
- Mademoiselle Abbygail, vous voulez véritablement arrêtez n'est-ce pas ?
- Oui monsieur…
- Alors aidez-moi à vous aider en répondant honnêtement et le plus précisément possible.
L'adolescente se contenta d'hocher la tête. Le sorcier s'en contenta.
- Alors on recommence, cela fait longtemps que vous avez recommencez ?
- Un peu plus de deux semaines monsieur.
- Savez-vous pourquoi ?
- Je crois monsieur…
- Vous avez envie de vous faire mal en ce moment ?
Elle n'avait pas vu la question piège arriver, si elle disait oui, il l'en empêcherait, et si elle disait non, il saurait qu'elle mentait. Elle choisit pour une fois l'honnêteté.
- Oui monsieur.
- Je suis satisfait que vous ayez choisi d'être honnête Abbygail.
Abbygail laissa couler quelques larmes à la vue d'un sentiment de fierté dans les yeux du sorcier. Mais ces quelques larmes entraînèrent les autres, et ce fut le torrent de larmes qui se déversèrent de ces yeux violets. Severus fit ce qu'il faisait chaque fois, il la prit dans ses bras. Elle ne se débattit pas, surement par le manque d'énergie, mais elle 'accepta pas le câlin. Le professeur habitué aux réactions encore plus violentes ne s'en formalisa pas et continua simplement de la serrer dans ses bras.
De l'autre côté de la porte, dans le salon se trouvait Drago. Il avait laissé Harry partir répondre sans doute à Granger ou encore Weasley, et il n'avait pas envie de le voir sourire en lisant ce qui devait être leur vie passionnante. Il ne voulait pas voir ce sourire sur le visage d'Harry, alors que ce n'était pas lui qui lui faisait ressentir ce bonheur, mais d'où pouvait bien lui venir cette idée ? Il devenait fou fallait qu'il reprenne le contrôle sur ses pensées. Rien de mieux que travailler pour se concentrer sur autre chose que cette stupide jalouse, parce que personne ne lui écrivait, et qu'il n'avait personne à qui écrire. Ses proches à serpentard n'étaient pas des amis, Crabble et Goyle n'étaient rien de plus que des pots de colle qui le suivaient partout comme le voulaient leurs parents. Il y avait bien des serpentards qu'il aimait bien comme Blaise Zabini, mais il ne pouvait pas trainer avec lui sous l'emprise de son père. Et même si l'année prochaine, il était libre de cette emprise, qui dit que ce Zabini voudrait bien trainer avec lui, Drago Malfoy, un mangemort. C'est ce qu'il était devenu, à son plus grand désespoir, c'est ce qu'il était maintenant.
Il se mit donc au travail sur la table du salon, il choisit de travailler la défense contre les forces du mal. Il avait aimé travailler avec Harry ce matin, il avait vu que Potter était plus réfléchi et intelligent qui le laissait paraitre, très serpentard. Il avait aimé le voir comme cela, il le préférait au pot de colle de miss-je-sais-tout. Mais de là à vouloir travailler avec lui la DCFM, matière dans laquelle même en laissant paraitre l'élève moyen, il le battait. Il voulait que Potter l'admire comme il avait admiré ce matin avec les potions. C'est pourquoi, sur cette table il travailla seule son devoir de défense. Il n'y avait pas réellement de devoir à faire parce qu'on ne savait pas qui allait être le professeur l'année prochaine. Mais il devait rattraper le retard de l'année du à Ombrage.
Il ouvrit son livre et le feuilleta seulement quelques minutes avant d'être interrompu par l'ancien professeur Lupin qui s'assit à côté de lui. En effet Remus avait donc laissé Abby entre les mains de Severus. Il allait en profiter pour ce mêler d ce qui le regarde contrairement à ce que pensait l'autre homme. Drago l'inquiétait, ne pas manger il en connaissait les conséquences et il se devait d'agir avant qu'elles deviennent irréparables. Il regarda travailler le jeune sorcier. Il était consciencieux, il se donnait du mal, cela se voyait. C'était dommage qu'il ne se fût pas donné autant de mal lors de sa troisième année. Le silence se brisa quand Drago en eu marre d'être scruté.
- Je sais que je ne suis pas aussi doué en défense que votre filleul, mais je n'ai pas besoin de votre aide.
- Même si je serais plus que ravi de t'aider dans ton travail Drago, ce n'est pas pour cette aide là que je suis là.
Drago tentait tant bien que mal de garder son incompréhension pour lui. Qu'est ce pouvait bien lui vouloir le loup garou. Il était arrivé seulement depuis hier, il ne pouvait déjà pas avoir fait quelque chose de mal. Parce que oui, sous son arrogance montrée à toute la population sorcière, il doutait de lui. Il ne voulait pas avoir gâché sa nouvelle chance.
- Alors pourquoi, voulez-vous me parlez ? Demanda le plus innocemment possible le jeune serpent.
- Drago, je sais que tu ne vas pas aimer ce que je vais dire….
C'était le moment où jamais, mais Remus doutait. Il doutait parce qu'à la fois il savait qu'il était le mieux placé pour en parler au jeune, mais il savait aussi qu'à sa place il aurait détesté. Il avait déjà à aider Harry et Abby, ce n'était pas qu'il pensait le Serpentard moins important, loin de là. Mais Drago n'était pas réellement sa responsabilité, et puis de leur côté ses filleuls n'avait que lui, enfin c'était ce qu'il croyait. Il avait aussi peur d'empirer les choses entre lui et Severus. Mais pour le Gryffondor la santé de Drago était bien plus importante que n'importe quelle relation possible entre lui et le maitre des potions. Alors il continua :
- Mais je veux seulement ton bien….Je t'ai vu les dernières fois à table, tu faisais tourner la nourriture dans ton assiette et tu n'avalais presque rien…
Drago sentait ses yeux chauffer, il ne savait pas si les larmes étaient dues au fait que quelqu'un qui ne l'appréciait pas – Lupin ne pouvait pas l'aimer après sa troisième année à Poudlard et le coup de la rumeur – pouvait être concerné par son bien. Mais ses larmes pouvaient aussi être dues à sa colère, sa colère envers Remus de se mêler de sa vie, sa colère contre lui-même de s'être fait prendre. Il était un Serpentard, il savait cacher les choses, il avait toujours réussi. Mais l'enferment de son père le déstabilisait bien plus qu'il ne le voulait. Bon il était temps de redevenir le cachotier qu'il savait être. Il savait que pour ne pas être louche, il ne devait pas faire comme si de rien n'était c'était trop tard. Mais révéler juste un petit quelque chose devrait arriver à faire partir le loup de sur son dos.
- Oui, cela fait beaucoup de changement en ce moment, mais je vais m'y habituer je vais essayer de manger ce soir.
Rien que l'idée lui donnait envie de vomir, mais il savait qu'il le devait pour être réellement libérer de la surveillance de son ancien professeur. Il se débrouillerait pour perdre les calories de trop qu'il prendrait d'une façon ou d'une autre. Pour l'instant il devait rester impassible. Remus savait que ce n'était pas toute la vérité. Si cela avait été seulement ca il n'aurait pas vu la terreur dans les yeux de Drago avant d'aller à table. Cela doit dater de bien plus longtemps, sinon le petit serpent ne saurait pas autant faire comme si de rien n'était pendant qu'il mangeait. Il lui avait sans doute révéler cela juste pour ne plus l'avoir sur son dos. Harry faisait la même chose depuis le début des vacances, s'il savait à quel point il se ressemblait…
- Bien Drago, mais si tu as besoin d'aide pour tes recherches en défense ou autre…je suis là !
- Merci monsieur.
Sur ce Drago prit la fuite, pardon il se leva et pris la direction de l'étage. Remus ne le rattrapas pas, cela devenait venir du plus jeune, le forcer ne servirait à rien.
- Appelle-moi Remus, Drago.
Après avoir monté calmement les escaliers, il courra dans sa chambre. Il devait se réfugier dans un endroit où il n'y aurait personne pour analyser ses émotions. Mais quand il arriva dans sa chambre, qu'il avait oublié qu'il partageait, il ne s'attendait pas à trouver Harry qui encore une fois tirait sur les draps. Il ne réfléchit pas trop avant d'aller réveiller son ennemi, cela devait être les Gryffondor qui déteignaient sur lui.
- Malfoy….Drago….qu'est ce qui se passe, il est quelle heure ?
- Doucement Potter, je suis la parce que c'est aussi ma chambre, je me doute que le garçon qui a survécu ne doit pas être habitué à ne pas avoir tout rien que pour lui…
- Facile à dire pour toi, Malfoy !
S'en suivit un bataille de regard, c'était bien pour les deux. Aucun ne s'attardait sur les véritables émotions qu'il ressentait au fond d'eux. Drago oublia le temps d'un instant qu'il allait devoir manger ce soir et Harry ne repensait plus à son cauchemar. Ils enchainèrent les répliques les plus tendues les unes que les autres, mais pour tous ceux qui les avaient vus se chamailler à Poudlard, il y avait quelque chose de différent. Aucun d'eux ne dépassait les limites de l'autre, c'était tendu mais pas agressif.
Le diner arriva. Tous les êtres possédants des yeux pouvaient voir que les choses avaient changé en un après midi. Severus n'avait plus aussi l'air indifférant, Remus n'était plus calme à cause de la pleine lune, Harry avait l'air moins fatiguée, Abbygail était silencieuse, et Drago mangeait. Remus n'avait pas détourné les yeux de la fenêtre de tous le repas. Il voyait la douleur arrivée, il voyait le monstre qu'il était.
- Lupin, je dois vous parler d'Abbygail…
- Abbygail tu l'appelles déjà par son prénom alors que moi je suis encore, Lupin ou le loup ? Remus ne savait pas d'où cela lui en venait, il perdait déjà le contrôle et le donnait au loup.
- C'est ce que tu es…Et ce n'est pas le moment pour cette jalousie enfantine…Il y a des choses plus importantes…comme le fait que votre nièce ou filleul ou je ne sais quoi pour vous…se mutile.
- Elle te l'a dit ?
Il y avait plein de questions à poser mais non c'était celle-là que Remus avait choisi, il cédait vraiment trop à cette jalousie.
- Il n'y avait pas besoin, c'est autant visible que tu es un monstre. Ce qui me fait me demander comment tu n'as pu rien faire.
Remus ne savait pas non plus comment il pouvait laisser faire. Ce n'était pas son genre de laisser faire, que les choses soit en dehors de son contrôle quand il était dans sa forme humaine.
- Mais qu'est-ce que j'aurais pu faire Severus ?
- Je ne sais pas agir…
- Comme toi tu agis en laissant Drago ne rien manger et perdre tout son poids.
- Cela n'a rien à voir !
- Cela a tout à voir Severus ! Je dois y aller…surveille les s'il te plait…
- Lupin tu sais que tu peux rester dans ta chambre, tu auras le contrôle cette nuit…
- Je ne peux pas ! Il y a trop de risque.
- Il n'y a aucun risque avec la potion que je te donne…va dans ta chambre, enferme toi et demain on pourra vraiment parler de ton inaction et de ta passivité.
Severus n'attendit pas de réponses, le loup pouvait ce qu'il voulait, ce n'était pas son problème, pas réellement. Il alla dans sa chambre passa devant celle de la jeune fille vérifia qu'elle était endormie. Il lui avait donné une potion de sommeil à la fin de leur discussion. Elle avait besoin de sommeil et il avait peur qu'elle profite de cette nuit pour se faire du mal une dernière fois. Avant d'aller se coucher, il passa quelques minutes dans la salle de bain et ce soir-là, il regarda la lame de rasoir avec plus d'intensité que depuis des années avant de la reposer et d'aller faire la seule chose qui pouvait faire, quand il ne devait pas penser à tous les objets coupants à sa disposition, faire des potions.
Celle qui n'arrivait pas à dormir non plus c'était Abbygail, elle n'en avait pas envie. Elle n'avait pas encore prise la potion de sommeil sans rêves que lui avait donné Severus. C'était devenu Severus pour elle, mais cela ne changeait pas le fait qu'elle devait se couper, elle ne pouvait pas arrêter, elle le méritait. Alors après avoir fait semblant de dormir le temps que Severus monte et vérifie, comme Remus faisait, comme un père faisait. Elle se faufila dans la chambre d'Harry et Drago.
- Harry, je peux te donner quelque chose pour tes cauchemars…annonça Abbygail comme si elle allait sauver le monde en lui tendant le flacon.
- De la potion sommeil sans rêve ? Comment tu l'as eu ?
- Severus me l'a donné cette aprèm quand vous jouiez au Quidditch…je lui ai dit que je faisais des cauchemars comme je savais qu'il te donnerait rien, mais il a l'air de bien m'aimer. Déclara Abby en ayant jamais aussi bien mentit.
- Tu as de la chance…merci beaucoup Abby, mais tu n'en as pas besoin toi ?
- Non je dois y aller…bonne nuit !
Elle partit aussi vite qu'elle était venue. Elle avait quelque chose à faire.
- Tu sais Potter si tu t'y connaissais en potion tu saurais que de un la potion est très addictive t que de deux elle ne peut pas empêcher les visions seulement les rêves.
- Je sais tout ça Malfoy, mais il n'y a pas d'autres solutions. Conclut-il avant d'avaler la potion d'un coup.
Le sommeil de Potter servait bien à Drago, il put sortir de la chambre sans se poser de questions et se dirigea vers la salle de bain. Et avec la vision qui l'attendait la bas, il n'avait pas besoin de se forcer à vomir.
Dès qu'il en avait terminé, il se devait de faire quelque chose, mais lui ne pouvait rien faire. Il devait aller demander de l'aide. Il alla donc vers celui qui avait toujours été là pour lui. Il toqua à la chambre de son parrain.
- Drago ? Qu'est ce qu'il y a ?
- Abbygail !
Aucun autre mot ne put sortir de la bouche du jeune Serpentard. Mais il n'en fallait pas plus que pour que le plus vieux comprenne qu'Abbygail avait perdu le contrôle.
