Coucou, cela fait presque 5 mois que je ne vous ai pas dit coucou et posté un chapitre! Je devais vous en écrire un vers Noel, et ben joyeux Noel! Au passage, je vous souhaite une très joyeuse année 2020, même s'il est tard. Désolée de na pas avoir tenue ma promesse, j'ai été beaucoup prise, et pas au meilleur de ma forme. Mais quand même je suis extrement désolée, surtout avec vos reviews follow et favorite qui me font tellement plaisir. D'ailleurs cela m'a aussi mis la pression pour faire un truc pas trop mal. J'espère d'ailleurs que ce chapitre vous plaira. Je suis désolée qu'il soit pas très centré sur Harry, parce que pour une fois celui ci dort! Il est plus centré sur les deux autres jeunes et mon Remy chéri ainsi que mon Sevy chéri. J'espère que vous trouverez dans ce chapitre que les personnages ne s'éloignent pas trop de ceux originaux, même si je fus obligé de les éloigner un peu. Dites moi ce que vous en pensez...Au faites dites moi si vous préféreriez que j'écrive Severus Rogue plutot que Severus Snape. Je sais qu'en français c'est Rogue, mais comme j'ai toujours lu et vu en anglais j'ai du mal. Mais si vous voulez je ferais l'effort. Il n'est pas plus long que le précédent mais presque. Il fut commencé et finit aujourd'hui, sans le bâcler non plus, mais je voulais vous sortir quelque chose quand même, mais bon s'il plait pas dites moi.

Bon vous avez déjà assez attendu. Je vais pas vous faire attendre plus. J'espère qu'il vous occupera pendant ces temps confinés. J'espère aussi que vous allez tous bien!

Bonne lecture,

Lune P.

Harry et sa nouvelle vie depuis la mort de Sirius

11. Punition?

Cette nuit-là, Harry dormait enfin. D'un sommeil paisible, sans pause, sans cauchemar, sans tremblement, sans cri étouffé pour ne réveiller personne et pour ne pas avouer sa faiblesse. C'était même plus qu'une faiblesse, c'était être faible, un simple garçon qui se réveille à la moindre image de sa mère, de son père, d'un ami, de son parrain. Tout ceux qu'il avait tués, c'était simplement de la culpabilité, culpabilité pour avoir enlevé la vie à de bonnes personnes, alors que lui était encore là, pour tuer ou se faire tuer dans les prochaines idées. Se faire tuer était un juste retour des choses, et Harry préférait ce futur, égoïstement. Mais Harry Potter, le garçon-qui a survécu n'était pas le moins du monde égoïste, contrairement à ce que pouvait bien penser deux Serpentard - bien occupés en cette nuit là – alors Harry ne ferait pas ce choix-là, il se battrait jusqu'au bout comme il avait toujours fait. Et si le futur avait décidé de le nommé vainqueur – ce qui était pour l'adolescent impossible, comment un élève de Poudlard pouvait battre le plus grand mage noir de son époque ? – Harry savait que la question de mourir cette fois ne se poserait plus, elle s'imposerait…

A part pour le petit brun aux yeux verts, c'était encore une fois, pas cette nuit que le repos frappa les autres habitants de cette maison. La première personne à ne pas pouvoir fermer l'œil en cette nuit du 16 juillet était un homme qui ne quittait pas la fenêtre du regard. A travers cette fenêtre, la lune pleine et entière reflétait sur les long poils bruns du loup garou. Mais grâce à la potion Tue-loup faite gentiment par Severus ou plutôt par obligation, ce n'était pas le loup qui regardait le ciel étoilé mais Remus. Et c'était bien pire, surtout cette nuit-là. Trente nuits auparavant, il était dans une même chambre avec la même potion, mais il n'était pas seule. Pendant la dernière pleine lune, une boule de poile s'était recroquevillée sur lui. Contrairement à leur époque de Poudlard, où ils courraient tous les quatre pendant toute la nuit, depuis que Sirius était revenu d'Azkaban, ils s'enfermaient chacune de ces nuits et ne bougeaient pas, et c'était entièrement suffisant pour l'ancien professeur. Il avait, rien que pour lui, l'une des seules personnes qui n'avait jamais eu peur de lui, enfin du loup en lui. Selon Remus, il était bien évident qu'il ne méritait pas un tel ami, une telle personne à mettre sa vie en jeu pour si peu que lui. Il avait pensé la même chose à l'époque où deux personnes accompagnées d'une troisième lui avait demandé d'être leur ami, quand une de ses personnes lui avait demandé d'être un petit peu plus que meilleur ami, quand cette même personne revint comme si de rien n'était ou presque. Il ne le méritait toujours pas, mais cette là, il était bien loin de regretter tous ces moments passés ensemble, il regrettait bien plus les longs moments qu'ils avaient perdus à cause de son hésitation, même plus de sa peur. Sa peur de ne pas être à la hauteur, sa peur de ne pas suffire, sa peur d'être qu'un monstre…Il en était un, un monstre, il n'y avait pas de doute là-dessus, mais avec ses amis il avait eu parfois l'impression d'être plus que cela. Harry et Abby lui donnait aussi parfois cette impression, comme le fait d'avoir enseigné, cela lui avait comme dit « Certes, Remus tu es un monstre, mais cela n'empêche pas que tu puisses servir ». Harry et Abby étaient ses raisons de se battre contre lui-même, et d'essayer à enfin parvenir à accepter sa condition. Quand on voyait le Remus adolescent toujours souriant, on ne se doutait pas de ce qu'il y avait derrière, et ceux qui savaient ne se doutaient pas de tout ce qu'il se passait dans la tête toujours prête à apprendre ou à mettre au points des plans toujours plus compliqués pour ses amis. Ceux, qui le connaissaient vraiment, pouvaient voir qu'à certains moments le monde de Remus Lupin n'était pas aussi rose qu'il aimerait le faire croire. Mais jusqu'à maintenant il n'y avait eu qu'une seule personne qui savait qu'il n'avait jamais réellement accepté sa condition. En même temps, comment l'accepter alors qu'âgée de seulement 4 ans il se fit mordre par un loup garou. Il ne se souvient pas de sa vie avant, de sa vie normale, de ses parents qui l'auraient aimé pour le jeune sorcier qu'il était, d'amis qu'il aurait pu se faire enfant. La seule chose dont il se souvient c'était l'horrible souffrance qui venait en lui tous les mois. Une fois reparti il fallait faire comme si elle n'était jamais venu, cela le jeune garçon y arrivait plutôt bien, mais ce qu'il n'arrivait pas à faire, c'était d'oublier qu'elle reviendrait le mois prochain. Remus savait la chance qu'il avait eu en étant accompagné par ses amis, par le professeur Dumbledore, le professeur McGonagall, et Madame Pomfresh. Mais aucun d'eux ne pouvaient réellement savoir ce que cela faisait et aucun d'eux ne pouvaient remplacer ses parents. La seule chose qui a permis au Gryffondor de s'accrocher à la vie était l'espoir que les choses changent. Pendant sa scolarité il espérait une potion qui le soignerait, ou au moins empêcherait la douleur ou le loup de venir, ce qu'il avait un peu aujourd'hui. Et pendant sa vie adulte, ce qu'il espérait plus que tout c'était que les points de vus changent, qu'ils puissent avoir un travail honnête, une vie de famille. Mais il savait que les opinions sur les créatures magiques comme lui était trop ancrés, trop ancrés dans la tête des politiciens, des aurors, trop ancré dans la tête de son père, et même trop ancré dans la tête de ses amis. C'est ce qu'il l'avait une fois pour toutes détruit, quand James et Lily ont su qu'il y avait un traitre parmi eux, c'était évidemment lui, parce que c'était ce qu'il était au plus profond de lui un monstre un traitre. Bizarrement, le plus acceptant des bêtes comme lui était Voldemort, parce que leur force et leur sens surdéveloppés l'intéressait en plus, les mangemorts étaient le seul endroit ou ils étaient acceptés parce que c'était ce que tout le monde attendait d'eux. C'était pour la majorité des loups le seul choix possible, mais Remus s'était vu offert d'autres possibilités et quoi qu'il en coute, il ne ferait pas ce choix si simple de se tourner vers le mal. Il refusait que le mal soit sa vraie nature, il voulait être bien mieux. Pour cela il donnerait n'importe quelle potion en échange. La potion Tue-loup qu'il ne pensait pas mériter – ce que Severus Snape lui répétait d'ailleurs dès qu'il pouvait – lui avait permis de contrôler un temps soit peu le loup. Cette potion, donnait beaucoup d'avantages, bien sûr, tout d'abord à Remus, il ne perdait plus le contrôle, cela diminuait sa peur de faire terrible de faire du mal, ensuite pour les autres, car ils ne pouvaient tout simplement pas se faire tuer ou pire mordre par un loup garou incontrôlée. Cette potion qui donnait tant de promesse qui avait été un si grand espoir pour le futur professeur quand Dumbledore lui en avait parlé, celui de pouvoir avoir un travail qu'il aimait de voir l'enfant qu'il avait perdu à cause de tout cela, était arrivée trop tard pour Remus. Il avait déjà vu ce que lui offrait le monde, rien, ce que le monde pensait qu'il était, rien ou pire. Il avait déjà trouvé des moyens de garder le contrôle, des méthodes peu saines, mais très efficaces. C'était trop tard, et puis ne pas perdre le contrôle, c'était aussi se souvenir à jamais des différents nuits de pleines lunes, de la solitude, qu'il avait encore plus en ces nuits-là, de la souffrance qu'il subissait pendant ses transformations. Plus que jamais, en cette première nuit de pleine lune, depuis la mort de son Sirius, il aurait voulu ne pas prendre cette potion, égoïstement, il n'aurait pas voulu souffrir, il n'aurait pas voulu se rappeler qu'il était désormais seul à jamais. Mais comme son louveteau, Remus Lupin n'est pas un homme égoïste, alors il avait pris cette potion et passa toute la nuit à penser. Penser à sa dernière nuit avec Sirius, au fait qu'il ne s'était pas assez battu pour lui lorsqu'il était en prison, tout ça parce qu'il était blessé. Mais à cette époque, le sorcier n'était pas juste blessé, il avait été détruit et brisé, et cela son amour le savait et depuis là ou il était veillait à ce que son Moony chéri ne le soit plus jamais.

« Fallait que ça tombe cette nuit », était la première pensée de Severus face à cette vue sur une Abbygail les bras en sang sur le sol de la salle de bain. Il n'avait pas le temps de pensé plus, comme d'habitude, l'espion savait gérer ses émotions, où plutôt savait les enfouir dans son esprit pour qu'elles reviennent ultérieurement encore plus forte. Mais c'était vrai que ce n'était pas le moment pour se laisser envahir et dépasser par de la tristesse ou de la colère, où même un peu de culpabilité. Emotion que Severus connaissait un peu trop bien. A coté de lui, son filleul se laissait d'ailleurs un peu emporter sous le poids de son esprit. Le professeur savait que si Drago devenait espion comme lui, il fallait qu'il s'habitue à éclaircir son esprit même dans des situations délicates, mais au vu de ce spectacle, même lui avait du mal à faire place à sa raison plutôt qu'à son cœur. L'espionnage pour le compte de Dumbledore n'était d'ailleurs vraiment pas ce qu'il souhait comme futur pour son petit dragon, mais c'était toujours mieux qu'un allé simple à Azkaban. Il était temps de se ramener lui-même et son filleul à la réalité.

- Drago va me chercher deux fioles de potion de régénération sanguine.

Drago s'exécuta sans discuter comme à son habitude. Severus, lui, sortit sa baguette et referma les cicatrices à l'aide de quelques sortilèges. Il nettoya aussi le sol du sang de la jeune fille. Il profita de l'absence de Drago pour lui épargner un tel décors plus longtemps. Quand le plus jeune revient, le maitre des potions n'hésita pas deux fois et força les potions dans l'organisme de l'adolescente. Drago prit l'initiative de nettoyer en quelques coups de baguettes toutes traces de sang sur les vêtements d'Abby.

- On fait quoi maintenant parrain ? Demanda Drago qui avait repris de la force dans sa voix, une certaine confiance.

- On l'emmène dans ma chambre, vu qu'on est les deux seuls en état de s'en occuper cette nuit.

Severus ne cacha pas la colère dans sa réponse. Même s'il savait qu'il était le mieux placé pour gérer la situation qu'un Potter dans les pattes l'aurait encore plus énervé et que le loup devait dormir grâce à sa potion, et ce n'était pas grave s'il ne le voyait pas !

Contrairement à ce que pouvait penser Severus, Remus ne dormait toujours pas et n'avait pas prévu de dormir. Il ressassait toujours les moments où il aurait pu faire mieux, c'était pour dire toute sa vie. En plus de la douleur morale qu'il ressentait en revivant les moment difficiles de son existence, il sentait le loup en lui se débattre encore plus qu'habituellement. Il se demanda s'il avait bien pris la potion aux bonnes heures, tous les jours pendant une semaine et il savait que oui. Mais alors pourquoi le loup réagissait ainsi, il avait peur que la potion en soit plus efficace, car il était trop habitué à la prendre. Mais il savait que le loup se faisait présent quand un des ses proches étaient en danger, mais Harry et Abby devait être au lit. Soudain il sentit ce que le loup avait d'ores et déjà senti, du sang. Il savait que contre cette odeur, il ne pouvait pas lutter. Il espérait que ce n'était rien qu'une expérience de Severus qui avait mal tournée, il ne voulait tellement qu'aucun ne soit en danger. Il s'en voulait de ne pas pouvoir faire plus, de ne pas pouvoir sortir de cette pièce et sauver ce qu'il y a sauvé. Mais ce n'était pas pour lui, lui il devait se contenter de voir son petit ami courir sauver son filleul et les laisser tout les deux triste et seul.

Severus et Drago avait porter Abby dans le lit du professeur de potion. Ce dernier était assis sur une chaise au bord de son lit, il la regardait dormir après lui avoir donné une potion de sommeil. Il avait proposé à Drago d'aller se recoucher, mais bien sur son filleul avait refusé, et était lui aussi sur une chaise de l'autre coté du lit, à moitié endormi. Severus savait qu'il devrait réveiller le blondinet et lui dire d'aller se coucher avec un ton de voix qui ne laisserait pas de place au doute. Mais il comprenait que Drago avait besoin d'être dans cette pièce pour se reposer et que dans leur chambre, même dans un lit beaucoup plus confortable que cette chaise, Drago se reposerait beaucoup moins. Alors il le laissa fermer ses yeux argents. Severus lui garda ses yeux ouverts tournées vers la jeune fille dans son lit, mais il était ailleurs, à une autre période de sa vie. Après avoir discuté avec Abbygail, Severus avait eu plus de mal à contrôler ses différentes envies de se faire du mal, mais ce n'était rien comparer aux envies qu'il avait envie en voyant ce que la jeune fille avait presque réussi à faire. En voyant les coupures, l'adulte n'avait pas de doute sur le fait que l'adolescente n'avait pas eu envie de se suicider. Elle ne s'était pas couper pour se tuer, sinon il était clair qu'elle aurait réussi, ce qui n'était pas très rassurant non plus. Non, elle s'était juste coupée avec plus de force que d'habitude, parce qu'elle avait perdu le contrôle. Après leur discussion d'hier, le fait de se faire prendre, c'était normal et prévisible et c'était pour cela qu'il lui avait donné cette potion de sommeil sans rêves pour qu'elle puisse dormir sans cauchemar, afin d'être d'attaque pour se battre contre ses envies. Pour être sur qu'elle l'avait bien prise, il était passé la voir, mais de peur de franchir des barrières imaginaires et auto imposées par son esprit cloisonné, il ne s'en était pas assurée. Et désormais il s'en voulait. Cela ne lui aurait rein couté de vérifier plus précisément si oui ou non elle avait prise la potion. Mais sa peur avait gagné, sa peur de se lier à d'autres êtres humains, sa peur de se lier à d'autres êtres humains qui peuvent mourir, sa peur de se lier à d'autres êtres humains qui peuvent mourir et/ou l'abandonner. Comme Lily. Lily, sa première amie, mais surtout la personne qui l'avait aidé, quand il était dans ce cas-là. Ce n'allait pas être sa mère, pour qui il n'était rien, et encore moins son père, pour qui il était juste quelque chose pour taper dessus, qui allait l'aider. Certains pourront même dire que ses parents étaient la cause de ses cicatrices et ils n'auraient pas tort. Avant son entrée à Poudlard, Lily l'avait aidé, car il n'avait plus été seul. A Poudlard, le harcèlement de la part des chers Potter, Black, Pettigrow et même Lupin, lui avait fait commencer à se scarifier ses bras. Lily était intervenu en lui rappelant qu'il n'était pas seul, bien que ces camarades Serpentard étaient aussi contre lui. Il avait presque arrêté quand il avait commis l'irréparable en appelant Lily un nom qu'il n'a plus jamais prononcé depuis. À la suite de cela, il avait recommencé de plus bel, jusqu'à ce qu'il trouve le contrôle autrement avec le pouvoir que lui donna le Seigneur des ténèbres. Mais tout contrôle qu'exerçait sur lui le Seigneur des ténèbres s'arrêta quand il tua Lily. Et même après être allé voir Dumbledore, pour tenter de racheter sa faute, la culpabilité ne s'effaça pas et ne s'était encore jamais effacé. Il avait néanmoins réussi à arrêter de se faire du mal grâce au directeur de Poudlard qui en l'engageant pour devenir le plus jeune professeur de potion, le força à aller voir un guérisseur mental. Autant dire que Severus n'était pas des plus ravis à cette annonce, mais c'était soit cette proposition, soit un enferment à Sainte Mangouste, soit un enfermement à Azkaban. Quand il faut choisir, Severus avait choisi à contre cœur, mais avait choisi le guérisseur, et même s'il détestait même se l'avouer à lui-même, c'était grâce à ce guérisseur qu'il avait pu véritablement arrêter. C'est pour cela qu'il savait qu'en plus de l'aide qu'il pouvait bien donner à la jeune fille que le loup pouvait bien lui donner, ce ne serait jamais assez suffisant. Mais il n'avait pas hâte d'annoncer cette proposition à la jeune fille, parce que même s'il ne la connaissait pas depuis bien longtemps, ce qu'il avait vu de son indépendance était proche de la sienne.

Harry dormait toujours d'un sommeil des plus paisibles quand le soleil se leva. Pour Remus c'était loin d'être un moment paisible, mais il se répétait dans sa tête qu'il fallait y passer, pour être « normal » pendant trente jours. Une fois humain, bien que particulièrement fatigué, il courra vers là ou il sentait encore du sang, la salle de bain. Il n'y avait aucune trace. Mais son flair ne le trompait généralement pas. Et puis il en sentait aussi en moindre importance dans al chambre de Severus. Il n'hésita pas longtemps et toqua. En toquant normalement la morte s'entre-ouvra, et Remus vit en premier lieu Abby au centre du lit de Severus puis les deux Serpentard autour de ce même lit. L'interrogation fut tout de suite marquée sur son visage, ainsi que de l'inquiétude et de la culpabilité. Severus n'avait rien raté du défilé d'émotion sur le visage de son vieil ennemi. Drago quant à lui était encore entre le sommeil et la conscience, il se réveillait petit à petit, quand son parrain lui demanda de veiller sur Abbygail et de l'appeler au moindre problème. Cette demande de responsabilité réveille instinctivement l'adolescent ce qui fit sourire les adultes qui sortirent pour avoir une discussion.

- Qu'est ce qu'il s'est passé Severus ? Demanda un Remus fatigué et inquiet.

- A ton avis Lupin ? Tu crois que j'aurais organisé une soirée dans ma chambre pour mon plus grand plaisir ?

Il était devenu clair pour Remus que Severus n'était pas de bon humeur, mais il remarqua quand même de l'inquiétude dans la voix de son ancien camarade ce qui le fit sourire tristement. En effet Remus savait ce qu'il s'était passé, il s'en doutait, il savait pour Abby et une fois de plus culpabilisa de ne pas pouvoir avoir été là.

- Je suis désolé Severus, de t'avoir laissé gérer seul cette situation.

- On aurait tous préféré que cette nuit tombe une autre nuit, ou même jamais mais bon elle est arrivée. Alors Lupin, c'est plus le moment d'être désolé et passif, c'est le moment que tu agisses, que tu aides cette jeune fille !

- Je sais, Je sais Severus, mais je ne sais pas quoi faire pour l'aider…

- Oh non, je crois que tu sais Lupin, tu as juste peur de le faire.

C'était vrai, il savait quoi faire, il avait été là, la première fois qu'elle était tombé dans cette situation. Il l'avait aidé à sa façon, à une certaine place. Maintenant fallait qu'il change de place qu'il ne soit plus juste l'ami, mais son responsable, ce qu'il était déjà pour tout le reste. Il avait évidemment peur, peur d'être perdu, mais surtout peur qu'elle le déteste, comme elle avait détesté ses parents quand ils étaient à cette place. Mais il le fallait, et il l'aimait tellement, qu'il préférait qu'elle vive pour le détester que d'être morte en l'aimant.

Pendant que la conversation entre les adultes continuait sur son futur. Abbygail se réveilla, elle ne se rappela rien de la veille au soir, mais elle se rappelait la veille après-midi et c'en était assez pour faire le lien avec là ou elle était en ce moment. Elle savait ce qu'elle avait dû faire. Elle regrettait de l'avoir fait comme à chaque fois après, elle regrettait d'être à ce point là une mauvaise personne qu'elle était obligé de se résoudre à se faire du mal pour faire semblant d'aller bien. Ce qu'elle regrettait le plus, c'était d'avoir déçu Remus et même Severus. Donc finalement, ce pourquoi elle s'en voulait, ce n'était pas de l'avoir fait, mais de s'être fait prendre. Elle ouvrit les yeux et c'était en voyant un Drago qu'elle ne put s'empêcher de réaliser dans quelle horrible situation elle s'était fourrée.

- Oh merde…laissa-t-elle échapper.

- Ah Abby tu es réveillée.

- Bien joué Sherlock ! Ironisa un temps soit peu Abbygail pour essayer de diffuser la situation.

- C'était élémentaire mon cher Watson ! Répondit fièrement Drago, il n'avait pas lu tous ses livres policiers moldu de son parrain pour rien. Il fut encore plus fière de lui, quand Abby esquissa un sourire.

Ils étaient plongé dans un silence, où tout ce qui n'était pas dit à l'oral, était dit silencieusement. C'était la preuve qu'on pouvait devenir aussi proche en seulement quelques jours. Même si tant de choses n'était pas dites entre les deux, ni Drago et ses habitudes diététiques, ni Abbygail et son autre secret. Tous les deux se disait à quel point ils étaient désolés, il ne savait pas réellement pourquoi ils l'étaient, ils savaient juste qu'ils l'étaient. Les deux se regardaient intensément jusqu'à ce que Drago brise le silence.

- Bon, faut que j'aille les chercher, je reviens… Tenta de dire Drago le plus simplement possible alors que cela soulevait plein de choses pour la jeune fille en face de lui.

- Attends Drago !

- Abby faut vraiment que j'y aille sinon je vais devoir laver des chaudrons pendant des heures ! Essaya de répondre Drago pour la faire sourire un peu.

- Juste deux minutes, Drago s'il te plait ? Implora Abbygail.

- D'accord, qu'est-ce qu'il y a ?

Même s'il savait que son parrain n'allait pas être content de ne pas avoir été prévenu à la minute ou Abbygail avait été réveillée. Il était heureux qu'Abby le demande plus longtemps. Tout ceux qui connaissent le Drago Malfoy de Poudlard ne sauront pas le reconnaitre, mais pourtant le Drago dans cette chambre c'était le vrai lui. Patient, empathique, à l'écoute, ce n'étaient pas des adjectifs qu'on utiliserait pour qualifier le prince des Serpentard. Loin de là, mais pourtant, c'était quelquefois ce qu'il était, dans les situations qui l'exigeaient. C'était pourquoi le rêve de Drago plutôt qu'être un homme d'affaire, ou bien travailler au ministère, c'était d'être un guérisseur. Aider et soigner les gens plutôt que de les torturer à coups d'Endoloris. Et ce matin c'était ce qu'il ressemblait le plus à son rêve, même s'il n'appréciait pas que ce soit cette jeune fille qui ne soit pas bien, il était heureux de l'aider et de tout faire pour qu'elle aille mieux.

- Est-ce que Harry est au courant ? S'inquiéta Abbygail.

- Non pas encore, il dort encore grâce à la potion que tu lui as donné hier. Elle était pour toi, non ? Demanda Drago même s'il se doutait de la réponse connaissant son parrain.

- Oui, mais je n'en voulais pas et puis Harry en avait plus besoin.

- Peut-être, mais toi aussi tu en avais besoin. Tenta de faire comprendre Drago à la jeune fille têtue.

- Est-ce que tu peux ne pas le dire à Harry s'il te plait ?

C'était la véritable question qu'elle voulait poser depuis qu'elle était réveillée. Le moins de gens au courant, le plus facile c'état de continuer et surtout moins elle avait honte. Elle savait que les deux adultes étaient forcément au courant, elle ne voulait déjà pas que Drago le soit, alors encore moins Harry. Drago n'était pas surpris de la question parce que s'il faisait le parallèle avec ses problèmes, lui non plus voudrait que le moins de personne connaissent ses difficultés à faire une chose aussi simple que de manger. Mais quand il ne pensait pas à lui, il savait que c'était le mieux d'avoir plus de personnes pour s'entraider, être accompagner, c'était logique. En plus Harry avait l'air d'être un bon ami. Et vu ses célèbres exploits, il est souvent prêt à tout pour aider.

- Mais il va surement le savoir…

- Pas si tu ne le dis pas ! Abbygail lui coupa la parole sans hésitation dans sa voix.

- Mais ce serait mieux qu'il le sache…

- Il a déjà assez de problèmes comme ça.

- Ah oui comme quoi ? S'intéressa Drago sans le cacher, le golden boy qui a des problèmes, il veut tout savoir.

- Ce n'est pas mon histoire à raconter, comme cette nuit n'est pas ton histoire à raconter ! Drago n'avait rien à répondre à cela, malheureusement.

- D'accord, mais ça n'empêche que je pense que c'est mieux qu'il le sache, pourquoi tu ne veux pas, alors qu'on est déjà tous au courant ?

- Parce que…Parce que ?

Abbygail hésitait, au fond elle savait pourquoi elle ne voulait pas, elle ne voulait pas paraitre faible devant quelqu'un de plus, elle ne voulait pas décevoir Harry non plus. Elle avait peur qu'Harry ne l'aime plus, la regarde différemment. Mais toutes ces raisons, elle ne pouvait pas les avouer à Drago. Et heureusement pour elle, elle fut sauver par deux adultes qui entrèrent dans la chambre.

- Drago quand je te dis de m'appeler au moindre changement, qu'Abbygail se réveille est un changement.

- Je suis désolé parrain.

Drago s'excusa sans avouer qu'Abby lui avait demandé d'attendre et sans corriger son parrain sur le fait qu'il lui avait demandé de la réveiller au moindre « problème » et que la jeune fille se réveille n'est pas vraiment un « problème » en soit. Mais il avait vu au regard des adultes qu'il fallait qu'il se fasse petit, il y avait déjà un assez grand problème dans cette pièce pour pas qu'il se rajoute. Alors sans partir, il s'effaça au fond de sa chaise pour laisser les adultes parler.

- Bonjour Abby. Dit Remus de sa voix calme de professeur, Severus l'avait laissé passer devant car c'était à lui de gérer la situation.

- Bonjour Remy, Bonjour Severus. Dit la jeune fille comme si c'était un jour comme les autres.

Pourtant elle avait envie de se jeter dans les bras de son quasi-père, de s'excuser indéfiniment dans ses bras tout en laissant toutes les larmes qu'elle avait en elle. Elle ne le fit pas car il y avait Drago, et qu'elle devait se montrer forte, elle ne devait pas craquer. Mais quand Remus s'assit à côté d'elle, elle se figea pour ne plus rien ressentir. Celui-ci le vit, comme tous les autres occupants de la pièce, mais personne ne dit quoi que ce soit à ce sujet.

- Abbygail, il faut qu'on parle un peu tout les deux, je sais que tu n'en as pas envie, mais il le faut d'accord, dis-moi où veux-tu qu'on ailles ?

Remus était des plus doux et simple dans sa demande, tout en lui parlant il lui caressa ses cheveux et son visage pour l'apaiser. Parce qu'il savait que ces conversations étaient des plus difficiles, mais qu'elles étaient autant difficile que nécessaire. Il en avait eu plusieurs de ces conversations où il était à la place de la jeune fille. Il n'y en avait pas une seule qui fut simple, pas avec ses amis, pas avec Sirius, pas avec Dumbledore, pas avec les parents d'Abby, ni même avec le guérisseur de l'esprit qu'Albus lui avait présenter en cachant l'obligation sous un doux sourire. L'obligation sous un doux sourire était d'ailleurs ce que ressentait Abby en cet instant. Bien sûr qu'elle savait qu'elle n'avait pas le choix. Mais ce n'était pas pour autant qu'un simple sourire de l'homme qu'elle admirait le plus allait suffire. Elle ne pouvait pas s'y résoudre, pas avec son Remus. Alors elle ne vit qu'une seule autre solution.

- Euh, Pardon Remy, ne le prends pas mal surtout, mais je ne peux pas plutôt discuter avec Severus, s'il te plait.

Cette proposition choqua les trois hommes de la pièces. Drago qui ne voudrait jamais parler de ses problèmes avec son parrain. Remus qui fut surpris et blésée même s'il savait que c'était peut-être parce que comme elle l'aimait elle ne voulait pas le décevoir, mais même en sachant cela, Remus fut blessé que sa petite fille ne pense pas mieux de lui. Mais si cette fille qui lui avait tant donné voulait parler avec Severus plutôt que lui il ne pouvait pas refuser. Et Severus qui ne pensait pas avoir franchi autant le cœur de cet enfant. Bien sur que celui lui fit peur, mais si cette jeune fille prometteuse voulait s'en sortir et pour cela parler avec lui, il ne pouvait pas s'y refuser. Ces pourquoi les deux adultes répondirent « bien sûr » en même temps. Et pour la première fois de toute sa vie Severus envoya un sourire compatissant au loup car il savait que ce n'était pas facile de perdre le contrôle sur la personne qu'on aime le plus. Mais en réfléchissant au fait de ne pas être le centre de l'aide, il savait qu'en plus d'être difficile, parfois c'était utile. C'est pour ça qu'au moment où il franchit la porte derrière Abby qui voulait aller dans la bibliothèque après avoir remis son sortilège ni vu ni connu il dit ceci :

- Drago tu restes un peu avec Remus du coup.

Encore une fois les deux furent surpris. Drago fut surtout apeuré de devoir parler avec son ancien professeur qui semblait savoir son problème. Le plus vieux, lui, fut surpris de la preuve de confiance qu'impliquait cette phrase soulignée par l'utilisation de son prénom. Il sourit donc lui aussi au maitre des potions qui fut interrompu dans son départ par son filleul quelque peu stressé. Le Drago le plus stressé que Remus ait vu.

- Euh Parrain, je vais aller travailler un peu, mon devoir de DCFM.

- Bah tant mieux Dragon, profite de ton ancien professeur alors !

Le ton employé, même avec l'utilisation du surnom affectueux pour calmer Drago lui fit comprendre que c'était un ordre. Il ne pouvait pas désobéir, bien qu'il n'ait jamais eu autant envie.

- Tu veux qu'on aille ou Drago ? Tenta de rassurer le plus jeune décidément personne ne voulait passer du temps avec lui aujourd'hui. Ironisa Remus dans sa tête.

- Je ne sais pas, dans le salon…

Ils se dirigèrent tous les deux vers cette pièce. Drago devant même s'il n'était pas serein et que ses mains tremblotaient. Il avait pu donner l'impression de choisir le salon au hasard, mais c'était tout réfléchi. Il était un Serpentard, il savait que comme cela si Potter se réveillait bientôt et qu'il irait directement dans le salon, il devrait parler moins longtemps.

Abbygail et Severus était tous les deux assis dans la bibliothèque comme ils l'étaient hier, autour du jeu d'échec. Sans un mot, Severus commença une partie, avec les pions noirs évidemment. Il savait que la jeune fille devant lui n'avait pas envie de parler et ne le ferait pas si elle n'était pas distraite. La distraire était aussi une chance d'avoir plus de vérité que si elle prévoyait ce qu'elle allait dire. Les deux jouèrent une bonne demi-heure en silence, Severus ne l'obligerait pas à parler, pour autant ils ne sortiraient pas de cette pièce tant qu'ils ne l'auront pas fait. Abbygail devait l'avoir compris car elle commença à parler.

- Je suis désolée pour hier soir.

- Tu es désolée pour quoi ? Pour t'avoir coupé, ou pour t'être fait prendre par Drago ?

Severus était passé au tutoiement, sans le vouloir, mais après cette nuit le vouvoiement, aurait comme été exagéré. Ils vivaient ensemble, et autant qu'il ne voulait l'admettre il tenait à cette jeune fille, sans savoir trop pourquoi. Surement à cause de son passé. Mais cette jeune fille bien qu'elle lui ressemblait beaucoup, ressemblait aussi à Lily. Alors même s'il était dur pour lui de lui parler, il ne l'abandonnerait pas, il ne ferait pas les mêmes erreurs deux fois.

- C'est Drago qui m'a retrouvée ? Abby fut surprise et s'en voulu encore plus, le pauvre et puis il ne la regardera définitivement plus pareil.

- Oui c'est mon filleul qui t'a retrouvée sur le sol ensanglantée, si Drago n'avait pas vu d'autres choses, il aurait bien pu être traumatisé par cela. Mais tu n'as pas répondu à la question, pourquoi est tu désolée ? Abby ne fut pas surprise mais un peu déçu de na pas avoir réussi à suffisamment changer de sujet.

- Pour ne pas vous inquiétez vous et Remus, et Drago aussi ! Expliqua la jeune fille comme si c'était l'évidence du siècle.

- Donc si personne ne t'avait vu, cela n'aurait pas été grave ? Questionna Severus en ne voulant pas que la réponse qu'il imaginait soit la vrai.

- Bah non ! Je suis juste une mauvaise personne qui se fait du mal parce qu'elle le mérite, ce n'est pas un problème.

- Le problème…Insista Severus…est que tu n'es pas une mauvaise personne.

- Vous ne pouvez pas le savoir ! S'exclama en colère la jeune fille.

- Parce que toi tu le sais ? Ne s'énerva pas Severus, il restait calme, trop calme au gout d'Abby.

- Oui ! Je le sais ! Vous ne pouvez pas comprendre !

- Ah oui, ben essaye on verra. Essaye de me faire comprendre.

- J'ai tué ma mère ! Simple net et précis se dit Abby, elle pensa que l'adulte ne pourrait rien répondre à cela.

- Ah et comment, en lui lançant quelle sortilège ?

- Sans sortilège.

- Avec une arme alors ?

- Non plus.

- Alors comment ?

- Elle s'est suicidé.

La culpabilité quand des gens proches meurent était pour Severus une étape quasiment normale. Mais avec une mort par suicide. Le sentiment serait évidemment décuplé. Mais que fait Lupin à ne pas lui expliquer cela, se demanda Severus, plus en colère contre le loup que jamais. Cette fille souffrait et lui ne faisait rien. En plus, il savait très bien ce que faisait faire cette culpabilité, il fallait qu'il fasse quelque chose. Mais il fut coupé dan son action par Abbygail elle-même.

- Ne vous fatiguez pas, à dire que ce n'est pas ma faute, Remus l'a déjà bien assez fait !

Au moins Lupin avait tenté mais cela n'avait pas l'air d'avoir marché se dit Severus qui devait donc trouver une méthode efficace.

- Mais tu ne le crois pas.

- Non car je sais pourquoi elle s'est suicidé.

- Et pourquoi penses-tu qu'elle s'est suicidé ?

- A cause de ma maladie ! S'énerva Abbygail, si elle n'aimait déjà pas parler du suicide de sa mère, s'il y avait une chose qu'elle détestait encore plus c'était parler de sa maladie.

- Et en quoi cette maladie serait ta faute ?

- Parce que je l'ai méritée !

Et c'est là où Severus comprit que tout va plus loin que juste le suicide de sa mère, tout est relié à sa maladie qui d'après ce qu'il avait compris serait présente toute sa vie et qu'on ne pouvait rien y faire. C'était là, où la vie montrait qu'elle était injuste, contrairement à ce que la fille en face de lui pouvait bien penser, elle ne pouvait pas mériter une maladie alors qu'elle venait de naitre, si on pouvait déjà mériter une maladie dans sa vie. Mais c'était normal d'essayer de se trouver des raisons surtout à l'adolescence pensa Severus qui avait fait la même chose pour ses problèmes.

- Tu l'as eu à ta naissance ?

- Moui…Abbygail en avait assez d'en parler, elle voulait s'enfuir, mais elle savait qu'elle ne pouvait même pas se lever avant que le professeur bloque sa sortie.

- Alors comment as-tu pu mériter cette maladie, alors que tu venais de naitre ? Poussa Severus c'était le moment ou jamais.

- Parce que !

Elle n'aimait pas ne pas savoir, il ne voyait pas que c'était déjà un problème de ne pas le savoir, c'était encore pire de l'avouer. Pourquoi était-il contre elle. Elle aurait peut-être dû aller discuter avec Remus plutôt. Au moins il aurait été gentil, mais en même temps qu'elle regrettait son choix, elle savait que ce dont elle avait besoin, ce n'était pas de la gentillesse, mais plutôt :

- Parce que quoi Abbygail ?

- Je n'en sais rien…J'en sais rien…J'en sais rien. Répéta t'elle indéfiniment, alors que les pleurs commençaient à s'échapper d'elle.

A ce moment Severus su qu'il avait gagné, la partie d'échecs sur le plateau, et surtout la partie verbal entre eux. Il s'approcha donc de la jeune fille et la pris dans ses bras. Contrairement à hier, elle ne resta pas figer mais s'agrippa contre lui. Et pleura de plus bel, tout en posant les questions dont elle cherchait les réponses depuis sa naissances.

- Mais alors Pourquoi ? Pourquoi moi ? Pourquoi Maman ? Pourquoi Papa est parti ? Pourquoi Remus s'occupe de moi.

Severus sourit à la dernière question parce qu'autant qu'il était triste et désolant, qu'elle se demande pourquoi quelqu'un l'aime, c'était la seule question dont il savait la réponse. Parce qu'il ressentait la même chose, lui aussi voulait s'occuper et veiller sur cette demoiselle.

Dans le salon, Drago tentait tant bien que mal de cacher son appréhension. Il s'assit autour de la table et cacha ses mains tremblotantes sous cette table. Mais Remus en plus d'avoir une ouïe et un odorat développer savait aussi très bien lire les gestes de stress.

- Drago tu veux quelque chose à boire ?

- Non je vais chercher mon livre. Dit-il le plus normalement possible en se levant.

Il fut stopper net par Remus qui sentait la fuite arriver. Severus lui avait donner comme une mission. Il ferait son maximum pour y arriver. Alors il commença par amener le livre de Drago d'un Accio informulé. Drago se jeta dedans, pour cacher tout autre expression de son visage. Il n'avait jamais pensé vouloir voir Harry Potter de sa vie, mais à cet instant si le brun avait pu descendre, il aurait été plus qu'heureux. Remus usa de la même technique que Severus dans la pièce d'un côté, un adolescent distrait est un adolescent moins sur sa garde. Remus savait qu'il avait en face un Serpentard, un des plus Serpentard qui soit. Il savait qu'il allait devoir contrer un nombre de ruses en tout genre pour arriver à aider ce petit. Mais il était prêt à se battre. Gryffondor un jour, Gryffondor toujours.

- Je suis désolé que tu ais du voir cela cette nuit Drago.

Remus commença prudemment par ce sujet. Ce qui rassura l'adolescent, qui trouva une opportunité. Autant dire que c'était cela qui le bouleversait, comme cela pas de question sur l'autre sujet.

- Oui c'est vrai que c'est très perturbant.

- J'imagine Drago, surtout que c'est toi qui l'as trouvé comme cela.

- Oui en effet, c'est pour cela que je suis encore plus choqué.

Drago souriait intérieurement son excuse marchait et c'est vrai que trouver Abbygail étendue sur le sol, alors qu'il ne savait pas si elle était encore en vie ou non. En y réfléchissant il n'y avait pas assez de sang pour qu'elle soit morte, mais sur le moment trop de choses avaient envahi son esprit. Alors il ne mentait pas en disant que cela l'avait choqué et ému. Et il préférait parler mille fois de ce sujet plutôt que de l'autre. Il pensait vraiment avoir éviter le sujet sauf qu'en face de lui, c'était quelqu'un qui avait lui aussi utilisé toutes les techniques disponibles pour éviter de parler de ce qu'il ne voulait pas.

- Mais d'ailleurs Drago, pourquoi étais-tu dans la salle de bain à cette heure-là ? Demanda innocemment Remus alors qu'il savait la réponse à sa propre question et Drago savait qu'il devait changer de sujet.

- Juste pour me mettre un peu d'eau sur le visage pour dormir, professeur.

- Mais tu aurais dû être couché. Severus m'a dit que tu l'avais appelé vers 2H30 du matin ?

- Oui mais je n'y arrivais pas…

- Ah oui des cauchemars ?

- Non monsieur.

- Alors pourquoi n'arrivais-tu pas à dormir hier soir, Drago ?

Rien que le silence lui répondit. Drago n'avait pas eu de problèmes pour dormir parce qu'il n'avait pas essayer. Vu qu'il devait perdre toutes les calories qu'il avait mangé au diner. Mais cela il ne pouvait clairement pas le dire. Mais parler de ses cauchemars n'était pas non plus sa volonté. Alors il ne répondit rien. Il n'arrivait pas à trouver des ruses, des fuites, ou quoi que ce soit. Il était trop proche de craquer pour cela. Alors Remus continua, s'il arrivait à laisser sans voix Drago Malfoy, c'est qu'il n'était pas loin.

- Cela n'a pas plutôt à voir avec le fait que tu avais mangé hier soir et que tu ne voulais pas garder ce repas en toi ?

- Si vous le saviez déjà, Pourquoi posez vous la question professeur ! S'énerva Drago.

Il ne voulait pas que cela se sache. Il avait tenu seulement deux jours. Mais comment pouvait-il être un Serpentard, ce n'était pas comme cela que son père allait enfin être fier de lui. Parce que oui âgé de ses 16 ans, la seule chose que voulait Drago Malfoy c'était rendre fier son père, et sa mère par la même occasion. Il n'avait jamais réussi, et ne réussira plus jamais maintenant. Alors pourquoi fallait - il qu'il mange ?

- Je t'ai posé la question parce que j'ai besoin que tu me le dises Drago, pour que je puisse t'aider.

- Je n'ai pas besoin d'aide !

- Si Drago, tu en as besoin, mais ce n'est pas grave. Ce n'est pas un signe de faiblesse d'accepter de l'aide quand on en a besoin.

- Si !

- Non Drago, c'est même une preuve de ta force, et je sais que tu es fort Dr…

- Stop vous ne comprenez pas !

- Qu'est-ce que je ne comprends pas Drago ? Explique-moi. Demanda patiemment l'ancien professeur.

- Si si si si je suis faible, je ne pourrais jamais être un espion comme Sev, il aura honte de moi.

Drago avait bien sur déjà honte de dire cela, mais il n'arrivait pas à redevenir le Drago sur de lui juste le temps d'une minute pour s'enfuir. Remus quant à lui, sourit à l'affection que portait le jeune Drago à Severus c'était mignon, mais si cela l'empêchait de manger fallait qu'ils en parlent.

- Drago tu sais je crois que Severus aimerait trouver une autre solution que de t'envoyer faire l'espion auprès de Voldemort. Drago trembla au nom de Vous-savez-qui, ce qui était loin d'être surprenant quand Remus pensait à l'éducation que Lucius avait du donner.

- Je peux le faire !

- Pas parce que tu n'en es pas capable. Mais parce qu'il sait toute l'horreur que cet homme peut vous faire faire. Il ne veut pas te faire subir cela.

- Mais je peux le subir…murmura Drago. Mais bien sûr que Remus l'entendit.

- C'est justement parce que tu peux le subir qu'il veut t'empêcher de le faire, il tient trop à toi, pour te faire faire les mêmes erreurs que lui.

- C'est vrai ?

- Bien sur que c'est vrai Drago ! Et pour en revenir au fait d'accepter de l'aide. Je crois que ton parrain est un des sorciers qui sait le plus à quel point accepter de l'aide est difficile, c'est pour cela que je sais que quand tu seras prêt à le faire, il sera le parrain le plus fier de son filleul.

A ces mots toutes les larmes qui ne voulaient pas tomber des yeux argents dégringolèrent. Il aurait honte plus tard mais là il ne pouvait pas s'en empêcher.

- Je suis prêt comment je fais ça, professeur ? Dit Drago en essayant de prendre sur lui, mais Remus s'assit à coté de lui et sa seule main sur l'épaule du blond le fit pleurer encore plus.

- En faisant ce que tu fais déjà Drago, et en répondant à ma question de tout à l'heure, pourquoi était tu allais dans la salle de bain cette nuit ?

- Pour Vomir… Laissa échapper Drago en murmure. Encore une fois Remus l'entendit et le prit un peu plus dans ses bras. Drago se débattit. Mais Remus lui chuchotait du réconfort et réussit à le calmer.

- Chhhhhhh…Drago, Chhhut. Tout va bien…Je suis fière que tu ais réussi à faire le premier pas. Tout va s'arranger…Tout va s'arranger.

- C'est quoi la suite professeur ? Demanda Drago fatiguée, il n'avait pas bien dormi et cet ascenseur émotionnel avait bien dû l'épuiser se doutait Remus.

- Alors tout d'abord, la prochaine étape est très difficile attention, c'est que tu m'appelles Remus, je ne suis plus votre professeur maintenant. Sourit Remus.

- Je suis désolé pour ça professeur, je ne voulais pas…

- Chuuuuut Drago ce n'est pas ta faute, c'était un problème qui te dépassait entre adultes. Alors tu es prêt à m'appeler Remus ?

- Oui je peux faire ça... Remus, sourit timidement Drago d'un vrai sourire.

- Tant mieux ! Maintenant on va faire ce devoir à moins que tu préfères aller te reposer. Questionna Remus car il savait que le garçon devait être fatigué, mais il ne voulait peut-être pas dormir juste après une telle conversation.

- Non le devoir. Mais pour ça, c'est quoi la suite ?

Le « ça » n'avait pas besoin d'être éclairci, les deux hommes savaient à quoi cela référerait. Remus était heureux que Drago voulait allait mieux, mais malheureusement ce n'était pas un problème qui se réglait en trois coups de baguette magique. Il fallait du temps, il savait que Drago espérait régler le problème le plus vite possible, mais c'était de cette façon que le problème recommençait aussi le plus vite. Alors il fallait être patient, et il n'y avait pas de solution efficace en toutes situations.

- Pour cela Drago, il va falloir du temps, il va falloir faire des efforts pendant un temps, mais on sera là pour t'aider d'accord…n'oublie jamais ça !

- « On » ? Demanda Drago la voix tremblante, il ne voulait pas que cela se sache. Il n'avait jamais voulu qu'on apprenne qu'il était aussi faible qu'un homme qui ne pouvait pas manger.

- Severus, Moi, Abby et Harry. En même temps que Remus énonçait les prénoms de ce qui pouvait l'aider, Drago secouait la tête toujours dans les bras de Remus.

- Chhhhh. Je sais que tu ne veux que personne ne sache, mais moi, c'est fait – sourit Remus – Severus le sait aussi – Drago le regarda interrogativement – Oui, Drago il s'en doute, c'est pour cela qu'il sera fier quand il saura que tu me l'as avoué, d'accord. Et pour Abby et Harry...

- NON ! Ils ne doivent pas savoir !

- Pourquoi Drago, quand on est venu dans la chambre tout à l'heure je t'ai entendu demander à Abbygail, pourquoi elle ne voulait rien dire à Harry. Et toi tu as eu raison d'insister en disant que c'était mieux qu'elle le dise.

- Mais ce n'est pas pareil !

- Pourquoi cela, Drago ? Maintenant tu connais le secret d'Abbygail, et Harry et toi vous vous êtes un peu rapprochés, tu dois te douter qu'il ne dirait ça à personne…

- Même pas à Granger et Weasley ?

- Non même pas à Hermione et à Ron. Réfléchis-y d'accord ?

- Oui prof…Rémus.

Et ainsi ils se mirent enfin au devoir de DFCM de Drago. Toujours dans la bibliothèque, la conversation ressemblait aussi à celle que Drago avait avec Remus.

- Je sais que le fait de ne pas savoir Abby, te pousse à mettre la faute sur toi. Mais quelques fois il faut accepter de ne pas savoir. Que c'est de la faute à personne.

Certes Severus, qui disait cela, se trouvait très hypocrite. Mais c'était un Serpentard, alors cela ne lui posait pas plus de problème que cela… Tant qu'il aidait la jeune fille il était prêt à tout.

- En tout cas sache que la réponse n'est jamais la lame. Tu as plein de gens qui peuvent t'aider. Remus qui sera toujours là pour toi, comme moi. Drago qui aimerait aussi t'aider du mieux qu'il pourra. Et bien qu'il me coute de l'admettre, Potter a toujours été prêt à tout pour ses amis. Alors il sera aussi prêt à t'aider. La seule chose que tu as à faire c'est l'accepter.

- Mais je ne veux pas les inquiéter…

- Comme tu ne voulais pas inquiéter Remus en lui disant rien ? Abby se contenta d'hocher la tête sachant où il voulait en venir.

- Et ben tu l'aurais vu ce matin, il était vraiment inquiet et même plus que cela, plus que si tu étais venu hier en lui disant que tu en avais envie.

- Mais je ne voulais pas qu'il m'en veuille.

- Oh crois moi, il ne t'en voudra jamais. Celui-là n'est pas quelqu'un qui garde des rancœurs éternellement. Je suis quelqu'un qui garde des rancœurs éternellement, et même moi je ne t'en voudrais jamais pour avoir l'envie. Il n'y a pas de honte à cela et demander de l'aide et en aucun cas une honte ou une faiblesse ou quelque chose de négatif. Compris ?

- Oui monsieur. Se contenta de dire Abbygail le temps que le discours du professeur s'intègre dans sa tête.

Pendant que deux conversations épuisaient mentalement quatre personnes, Harry quant à lui était des plus réveillés, bien sûr il avait encore quelques cernes sous ses yeux. Mais ce n'était rien comparé à la veille. Il était des plus heureux d'avoir bien dormi, mais en étant heureux, il culpabilisa de l'être. Il ne devait pas être heureux. Il ne pouvait pas l'être quand tant de personnes avait souffert par sa faute. Les cauchemars il les méritaient, c'était sa façon de se punir de vivre, le temps qu'il faut pour tuer Voldemort. Et s'il devait dormir il devait trouver une autre façon de punir…Et ce qu'il ne savait pas c'est que plus tard deux idées de punitions lui vinrent en discutant….