Salut ! Je vous propose un petit OS aujourd'hui. Malheureusement, il n'est pas hyper joyeux. C'est l'ambiance à ce début de deuxième confinement qui me l'a inspiré.
J'espère qu'il va vous plaire !
Bonne lecture !
Disclamer : Les personnages ne m'appartient pas.
Cela aussi passera
L'humanité était fébrile, au bord du gouffre depuis quelques jours. L'Armageddon. Le cauchemars qui devenait soudain réalité. La catastrophe. L'astéroïde était resté caché dans l'ombre du système solaire. Il s'était détaché de la ceinture de Cérès et fonçait droit sur la Terre.
On avait vu ses résidus avant de l'apercevoir avec les télescopes. Ça avait commencé par une étrange pluie de météores dans le ciel américain. Le soir-même, toutes les chaînes de télévisions ne parlaient plus que de ça. La Terre et la Lune étaient bombardées nuit et jour de météores, mais le plus gros arrivait. Dans tous les pays, les pertes furent importantes. Mais ces quelques morts, personne ne prit le temps de les enterrer. Tout le monde avait les yeux rivés vers le ciel. On voyait cette immense masse stellaire qui approchait. Son diamètre était impressionnant.
Le point d'impact avait été déterminé par les calculs de la NASA. La météorite faisait la moitié de la taille de la France et la détruira complètement. Puis, l'onde de choc, les tsunamis et les tremblements de terre tueront tous les êtres vivants de la planète.
L'Europe, la première touchée, était en feu, en proie au chaos le plus total. Les aéroports avaient fermés, les routes étaient embouteillées. Tout le monde voulait partir, s'éloigner. Tout ça pour gagner quelques minutes de vie en plus.
Les bateaux anglais et irlandais étaient prit d'assaut pour rallier le continent. Les scientifiques avaient estimés que l'onde de choc allait se déplacer à environ deux-mille mètres par seconde. Alors même si on habitait à l'autre bout de la terre, on aura pas plus de deux heures de rab.
Les japonnais étaient fatalistes. Il avait été touché par une pluie de météores quelques jours plus tard. À quelques heures de la catastrophe, beaucoup allèrent se masser dans les temples. Rien ne pourra sauver personne. Fuir ne servait à rien.
-L'ISS sera dans la trajectoire, dit Masaomi Akashi en faisant tourner ses glaçons dans son verre.
Il était tranquille. Imperturbable. C'est la fin du monde, merde ! Pensa son fils. Tu ne pourrai pas être un peu plus paniqué ? Mais en réalité, Akashi Seijuro savait parfaitement pourquoi son père était si calme. Masaomi était le petit-fils d'un hibakusha. Il avait écouté petit le récit de son grand-père : le pikadon, les ravages de la bombe atomique. Ce qui attendait toute l'humanité n'était pas bien différent de ce qu'ils avaient connus.
-Ils ont rapatrié les astronautes ? Demanda le fils avec le même calme apparent.
Père et fils étaient dans le salon, devant la télévision. H-1. L'humanité était paralysée. Tout le monde était regroupé devant un écran. Certains espéraient peut-être un miracle.
-Non. Quand on perdra le contact avec la station, il ne restera alors plus que quelques minutes.
Il y avait le tic tac insupportable de l'horloge. Le temps s'écoulait.
Kuroko Tetsuya était seul. Pourtant, autour de lui, il y avait beaucoup de monde. Il pensait que vivre ses derniers instants dans cette ambiance, entouré d'autres humains, lui ferait du bien. Que ce serait ce qui pourrait lui arriver de mieux. Mais c'était finalement une mauvaise idée. Il n'aurait pas dû se mêler aux autres. Voir tous ces gens enlacés, prêts à se dire une dernière fois « je t'aime », lui tordait le cœur.
-Ça y est... elle arrive...
-Oh mon dieu...
Des journalistes, conscients que ce sera leur dernier scoop, attendaient, en plein centre de Paris. En Europe, dans le nord de l'Afrique, on voyait cette immense masse qui projetait son ombre. Le contact avec l'ISS venait d'être perdu. Elle approchait.
Sa surface prit feu quand elle entra dans l'atmosphère. La boule noire devint une boule de feu qui fondait sur la surface de la Terre. La chaleur de l'astre détruisit les caméras et brûla les corps quelques secondes avant l'impact. La Tour Eiffel se ratatina sur elle-même. La télévision se coupa. Un noir et un silence assourdissant. Le présentateur de l'émission reprit le micro. Il était muet.
L'onde de choc allait arriver. Il restait environ une heure avant qu'elle n'atteigne les côtes japonaise.
Kuroko avait du mal à respirer. Des millions d'êtres vivants venaient de mourir à l'autre bout de la planète, écrasé par une masse, brûlé. Une mort rapide, sans doute. La même mort que sa famille.
La maison des Kuroko avait été percuté par un des météores. Le garçon était désormais orphelin. Personne à prendre dans ses bras. Personne avec qui passer ses dernières minutes. Il regarda tous ces inconnus autour de lui. Dehors, des cris retentirent. Certains ne supportaient plus la pression et craquaient. Ils courraient, sans savoir pourquoi, ni vers où aller.
Personne se sera épargné, alors à quoi bon ?
A quoi bon...
Kuroko serra les poings. Il se lamentait sur son sort. Mais aujourd'hui était son dernier jour de vie. Ses dernières minutes. Il ne pouvait les passer ici. Il devait...
Il y avait une personne encore, à qui il voulait dire « je t'aime ». Et il savait que cette personne aussi le voulait.
Il fallait courir.
Seijuro dévisagea la télévision et l'écran noir. Il regarda son père. Ses pieds se décollèrent du sol une fois la paralysie du choc passé. Il restait une heure.
-Où vas-tu, Seijuro ? Demanda son père avec le même calme.
-Je suis navré, père, mais je ne vais pas passer mes dernières minutes à vos côtés.
Il le dit avec plus d'amertume qu'il ne l'aurait voulu. Son père n'était pas non plus un homme détestable. Mais Seijuro ne voulait pas lui faire l'honneur de mourir à ses côtés.
-D'accord.
-Et vous, père ?
-Je vais rester là. Je vais veiller sur l'autel de ta mère.
Il y eu un instant de silence entre eux. L'homme se leva et posa son verre sur la table. Il regarda son fils. Son visage, pour une fois, ne portait aucun masque. Seijuro fût frappé par son humanité.
-Adieu, Seijuro.
Il ne sut quoi dire. Seijuro se contenta d'un dernier regard vers cet homme qui avait passé sa vie à construire son empire financier et à former son héritier.
-Au revoir, papa, soufflât le garçon avant de partir d'un pas pressé.
Il enfila ses chaussures, essuya ses joues humides et sortit de la grande maison. Il avait grandit ici. Mais dans moins d'une heure, il n'en restera rien. Aucune trace de son enfance, de sa vie. Tout abandonner.
L'heure n'était plus au sentimentalisme. La Terre s'apprêtait à connaître une nouvelle crise KT.
Seijuro s'aventura dans les rues de son quartier. Il n'y avait que de grandes maisons ici. Tout le monde était terré chez soi, au chaud, à serrer sa famille dans ses bras. Le garçon pressa le pas pour s'éloigner. En une heure, à pied, il n'avait pas le temps de rejoindre le cimetière et d'aller voir sa mère.
Le garçon n'était pas si triste que cela à l'idée de tout quitter. Certes, il avait encore la vie devant lui. Mais cette vie, c'était presque comme s'il l'avait déjà vécu. Il savait quel métier il allait faire, quelles difficultés il allait rencontrer. C'était un futur trop prévisible. La seule variable, c'était ses amis. Ils étaient les seuls à être capable de le faire changer de voie de temps en temps, à le faire sortir des sentiers battus. Surtout Kuroko Tetsuya en fait.
Kuroko... voilà quelqu'un qu'il aurait bien voulu revoir avant de mourir. Ne pas pouvoir lui dire ce qu'il avait sur le cœur était son seul regret. Mais actuellement, il devait faire comme tout le monde et être avec sa famille.
Peut-être pourrait-il au moins l'appeler ? Plus que quarante-cinq minutes... il prendra peut-être cinq minutes pour qu'ils puissent se dire ce qu'ils pensent. Seijuro hésita.
Son téléphone ne cessait de vibrer dans la poche de son pantalon. Instagram et Twitch étaient en ébullition. Certaines personnes laissaient tourner des lives. Un streamer russe filmait la campagne dans laquelle il s'était réfugié. On entendait un bruit atroce, le bruit de la Terre qui craquait et se fissurait. Au loin, un panache de poussière s'élèvait dans le ciel. Puis, soudain, plus rien. Un bref cri et le silence éternel. Il y avait le même genre de vidéos aux États-Unis. Sauf qu'eux, ils voyaient arriver sur leurs côtes une gigantesque vague d'une centaine de mètres de haut qui va ravager et noyer tous les habitants. Puis seulement quelques minutes plus tard, pour les achever, la Terre se fissurera sous eux.
C'était effrayant, angoissant. Une horrible façon de mourir. Même en voyant les images, on ne pouvait pas vraiment se rendre compte. Ça fait quoi d'être broyé sous des litres d'eau ? Qu'est-ce qu'on ressent quand on se fait souffler par l'onde de choc ? Des questions auxquelles il aura des réponses.
Seijuro décida de ranger son téléphone. Il ne pouvait priver Kuroko de ses derniers moments en famille. C'était égoïste de sa part.
Il se mit à marcher dans but dans la ville déserte. Tokyo était vide. Tokyo était terrifié. Le monde attendait, reclus, angoissé, que sa fin approche. Le pire, c'était sûrement cette attente et cette incertitude. Ce « et après ? » qui leur nouait la gorge.
Après ? Rien. La vie allait s'en remettre. Il y avait déjà eu cinq extinctions de masse. La vie pouvait résister à une sixième. Les espèces marines et les tardigrades allaient sûrement être les moins touchés. Sans compter que les mammifères étaient les pros de l'adaptation. Seijuro avait confiance en la vie. D'ici plusieurs millions d'années, il y aura de nouvelles espèces sur cette planète bleue.
Ce n'était pas une fin.
Kuroko courrait comme jamais il n'avait couru. Il se savait loin de la maison d'Akashi Seijuro. Il voulait le voir, il voulait lui parler. Il y avait tant de choses qu'il voulait lui dire. Il était le seul avec qui il se voyait passer ses derniers instants.
S'il continuait à courir avec cette intensité, il allait s'évanouir, ce qui n'était pas la meilleure option. Il devait ralentir. Kuroko se força à réduire l'allure. Il se mit à trottiner. Il connaissait bien le chemin pour aller chez son ami. Mais d'ordinaire, il le faisait en bus, c'était bien plus rapide. Peut-être pourrait-il voler une voiture ? Non, il perdrait trop de temps à essayer et il ne savait pas conduire.
Il devait continuer à avancer. S'il ne s'arrêtait pas alors il avait une chance d'y arriver. Tant qu'il avait un but...
Le temps filait entre ses doigts. Kuroko jeta sa montre pour ne pas se torturer avec ça. Il avança à rythme régulier dans les rues désertes. De temps en temps, il croisait quelqu'un qui avançait comme un zombie. Ou bien quelqu'un qui courrait vers il ne savait où. Ces gens désespérés n'avaient plus des mouvements humains. Saccadés. Lents.
En levant les yeux, Kuroko vit alors un immense nuage de poussière qui montait dans le ciel. L'onde de choc était là. Un immense tsunami était probablement en train de dévaster le sud du Japon. Il y avait un bruit étrange. La Terre craquait, se fissurait. Au loin, de grands bâtiments s'effondrèrent.
Il n'avait plus le temps.
Kuroko se remit à courir.
Au bout de la rue, il vit une silhouette se découper. Cette chevelure rousse, il saurait la reconnaître entre milles.
-Akashi-kun !
Il ne pouvait croire qu'il était là, sous ses yeux, à porté. Il vit la silhouette se tourner vers lui, puis se mettre à courir.
Dans les immeubles qui cadraient la rue, les habitants qui regardaient la progression du nuages de poussière virent ces deux adolescents qui courraient l'un vers l'autre. Ils courraient comme si leur vie en dépendait. Les habitants penchèrent la tête. Et ensemble, ils prièrent pour que ces deux garçons puissent se retrouver.
Jamais ils n'avaient couru ainsi. La Terre trembla et ils faillirent tomber. Une large fissure apparue dans la rue et la coupa en deux, à équidistance des deux garçons.
-Tetsuya ! Criât Akashi Seijuro.
L'onde de choc arrivait. Les immeubles craquaient autour d'eux, ils entendaient les cris de ceux que l'onde de choc avait éjecté, soufflé, broyé.
La fissure s'élargissait. Elle devenait un immense fossé, une crevasse sombre qui allait les engloutir. Mais les deux garçons ne s'arrêtèrent pas pour autant. Ils sautèrent en même temps.
Les habitants qui pouvaient encore les regarder retinrent leur souffle. Le temps semblait soudainement suspendu. Le garçon roux tendit la main pour attraper l'autre. Leurs doigts s'effleurèrent. Puis, il parvint à saisir sa main et à le ramener vers lui.
Leurs torses se percutèrent. Ils agrippèrent désespérément à l'autre.
Pour les habitants aux alentours, ce fut un soudain regain d'espoir. Même dans cette fin du monde, de belles choses pouvaient encore arriver. Ils se sentirent un peu soulagés, un peu serein, en voyant le nuage les avaler, les murs de leur immeuble se fissurer, le souffle les éloigner les uns des autres. Certains gardèrent en mémoire la vue de ces deux amants qui avaient pu se retrouver in extremis.
Puis la crevasse les avala.
Seijuro et Tetsuya tombèrent dans le noir. Mais, serrés l'un contre l'autre, ils eurent le temps de se murmurer trois mots.
Peut-on dire que ça se termine bien ? J'ai essayé de mettre une note d'espoir.
J'espère que vous avez aimé.
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