Prostrée dans le fond d'un fauteuil en cuir rouge, Ginny fixait le vide, incapable de bouger ou de parler depuis presque une heure. Tout le monde comprenait pourquoi et personne ne vînt la blâmer. Aucun des individu n'arrivait à comprendre ou à réaliser l'énormité de ce qui se trouvait devant eux. Tom Jedusor... Comme cela était-il seulement possible ?
Harry et Ron le fixait, enragé. Comme des animaux il tournait autour de lui, près à bondir au moindre geste suspect tels des lions guettant leur proie. Hermione elle, boitillait le long des étagères, le plus loin possible du mage noir. Elle cherchait en vain un indice, une piste qui lui permettrait de comprendre ce qui arrivait. Tous ses livres lui donnait l'eau à la bouche. Jamais elle n'avait vu pareille bibliothèque. Silencieuse, elle en prit plusieurs et commença ses recherches. Non loin d'elle, les serpentards s'étaient assis sur la seule banquette au couleurs de leur maison. Leurs sourires et rictus moqueurs avaient disparus ne restait que des figure pâles et effrayées. Il regardait leur maître avec une telle crainte que c'était à se demander s'ils n'allaient pas se mettre à pleurer. Leurs mains venaient inconsciemment frotter leurs avant-bras gauches. En les regardant de plus près, Ginny se demanda ce qu'il craignait le plus. L'homme ? Ou la douleur de la marque ancrée dans leurs chaires pour le reste de leur vie ? Ils semblaient redouter chaque seconde en sa présence, même endormi. Elle trouva cela ironique et même curieux.
- C'est ridicule ! Explosa finalement Harry. Je devrais le tuer de mes propres mains tant que j'en ai l'occasion !
- Il a raison !
La rousse les regarda incrédule. Le tuer ? Avaient-ils perdu la tête ? Même Drago sembla trouver cette idée surréaliste, pourtant, il ne dit rien. Blaise, lui baissa la tête. Leur silence attisa sa curiosité.
- Personne ne tuera personne ! S'exclama Hermione.
- Ce salopard m'a tué ! Il a tué mes parents !
- Je sais, mais la magie qui nous a amenée ici est puissante et instable ! On ne sait rien d'elle ! Sa mort pourrait déclencher quelque chose ou pire, nous coincé ici pour toujours !
- Alors quoi, on attend les bras croisés ?
- Non, j'espérais trouver quelque chose qui nous permettrait de comprendre ce qu'il se passe avant qu'il ne se réveille, mais tout irait plus vite si vous m'aidiez un peu !
- Ils ont raison...
L'intervention de Blaise surpris tout le monde. Même Drago le regarda incrédule, les yeux exorbités d'horreur.
- Pardon ?
- Peut-être qu'il vaudrait mieux le tuer...
- Blaise, tais toi tout de suite. Dit froidement le Malfoy.
- Non ! Drago, on n'a jamais voulu..
- La ferme ! S'énerva-t-il en se levant. Le maître te fera payer cet affront s'il apprend ce que tu as osé dire !
- Mon nom est traîné dans la boue depuis que je suis à son service, nos familles sont torturées, je ne vois pas ce qu'on à perdre maintenant !
- La vie !
- T'appelles ça une vie toi ?
- Alors quoi ? Hurla-t-il hors de lui. Tu vieux t'allier à Potter et Weasley ? Devenir un traître ? Te faire tuer ?
- Au moins eux, ne nous ont pas laissé mourir !
Drago ne trouva rien à redire face à cet argument. Il passa une main tremblante dans ses cheveux et serra les dents, furieux. Il savait que son ami avait raison. Il savait qu'il aurait dû vouloir tuer cette ordure de mage noir, pourtant il en était incapable. Il ne pouvait pas se défiler. Pas après tous les sacrifices qu'il avait enduré pour sauver sa famille et l'honneur de son nom dans le monde sorcier. L'image de sa mère torturée par un Doloris lui donna la chaire de poule. Sa main se referma machinalement sur son avant-bras. Il ne pouvait pas...
Du coin de l'œil, il vit le trio d'or le regarder, curieux et méfiant, bien conscient de ce qui se cachait sous sa manche. Il fut surpris de constater que la weaslette le regardait avec peine et compassion. Elle semblait presque désolé pour lui. Il voulut parler mais un grognements sourd le fit taire. Tous se pétrifièrent sur place.
Ils reculèrent par réflexe, et virent le mage noir s'agiter dans son sommeil. Des râles sourds s'échappèrent de sa gorge signe d'un réveil imminent. Le blond déglutit.
- Vous pensez qu'on peut l'assommer ?
- Ronald !
Une inspiration forte les fit taire. Dans un sursaut, ils virent le mage noir se redresser, paniqué, les yeux grand ouverts et le visage en proie à une grimace douloureuse. Les traits de son visage se crispèrent. Comme un brouillard qui s'efface, le monde se dessina peu à peu autour de lui, lui laissant retrouver ses sensations engourdies. Le moelleux du canapé sous lui lui donna l'impression de s'enfoncer dans la bouche d'un géant et la douceur du tissus le fit frissonner. Il avait l'impression de sortir d'un coma. Sa respiration s'accéléra dans sa gorge et ses pensées se mélangèrent aux quelques souvenirs intactes de son esprit, le laissant incapable de comprendre où il était. La première chose qu'il vit clairement fut le plafond magique de Poudlard qu'il avait tant aimé admiré pendant ses études dans l'école de magie. Puis, les étoiles se confondirent avec les ruines, le sang et la mort qu'il avait propagée partout sur son passage. L'image du corps sans vie de Potter et de sa victoire lui revinrent, puis le souvenir de la douleur. Une douleur comme il n'en n'avait jamais connu auparavant. Il pouvait encore sentir ses nerfs se tordre et fondre sous l'irradiante chaleur qui l'avait envahit. Était-ce cela les flamme de l'enfer ? Était-ce cela la mort ? Il n'en savait rien, mais était sûr de ne jamais vouloir revivre cette torture. Ses muscles se contractèrent quand il voulut se relever et il grimaça. Quand il releva la tête, il crut halluciner. Tous ses ennemis étaient là, devant lui à le regarder comme un fantôme sorti de nul part. Son instinct lui hurla des les tuer sur le champs mais sa main se perdit dans le vide. Il était sans baguette, démuni.
- Tom.
Le son de la voix du survivant le figea sur place. C'était impossible... Il se tenait là, devant, lui, menaçant alors que l'image de son corps sans vie flottait encore devant ses yeux. Il était mort. Il était mort ! Il avait gagné ! Ou alors étaient-ils mort tous les deux ? Non.. non !
Cette idée le rendit fou de rage et dans un cri déchirant, il se jeta sur le survivant, aveuglé. Ses amis hurlèrent en les voyant tous deux rouler au sol dans un torrent de coups et de râles bestiaux. Harry n'étaient surpris et le frappa avec autant de force et haine que lui. Ron et Blaise tentèrent en vain de les séparer mais rien ne semblait capable de les calmer. Ils ressemblaient à deux bêtes incontrôlables, assoiffées de sang et incapables de s'arrêter tant que l'un ne serai pas mort. Leurs poings s'écrasaient sur leurs visages, les laissant échapper des cris de douleurs. Aucun d'eux n'étaient encore assez remis de leurs blessures de guerre. Dans un mouvement de jambes, Harry prit le contrôle et s'acharna comme jamais. Bientôt, ses jointures furent recouvertes de sang. Ron dû le plaquer au sol pour le faire lâcher prise. Il se débattit contre son ami en hurlant tel un possédé.
- Lâche moi ! Lâche moi !
- Je vais te tuer ! Potter je vais te tuer !
Blaise et Drago eurent du mal à retenir leur maître. Il ne les regarda même pas, trop focalisé sur son ennemi de toujours.
- Harry, arrête ! Hurla Hermione.
- Il mérite de mourir !
- Je t'ai tué ! Je t'ai vu mourir !
- Assez !
La voix qui s'éleva au dessus de leurs têtes leurs fit cesser tout mouvement. Surpris, ils regardèrent autour d'eux, inquiets de ne voir que du vide. Les étoiles brillaient par dessus leurs têtes. Pourtant, l'écho de la voix retentissait encore dans l'air dense et palpable, il résonnait contre les murs, assourdissant et menaçant. Incapable de se contrôler par eux même, Harry et Jedusor cessèrent de lutter, contraint par une force magique qui les fit pâlir. Leurs membres se trouvèrent figés, comme retenu par des chaînes invisibles. Leurs états étaient pitoyables. Ginny put voir qu' Harry avait le nez en sang et un œil à demi fermé tandis que le visage du Lord ruisselait du liquide écarlate. Sa lèvres et son arcade saignait abondement donnant à son visage, des ombres menaçantes et macabres. Les mêmes qu'elle voyait danser dans le brun de ses iris.
Ils ne bougèrent plus, mais ne se quittèrent pas des yeux. Leur rage se lisait sur leur visages, de même que leur frustration de ne pas pouvoir en finir. Soudainement ils virent une étoile se détacher du ciel magique. Aucun des individus présents ne comprit ce phénomène. Sa lumière s'intensifia alors, évinçant celle de ses voisines plus discrètes. Il la regardèrent descendre, envoûtés par son éclat, avant de se détourner, éblouis. Elle leur rappela la lumière originelle qui les avaient transporter ici après la bataille. Pourtant, elle se tarit peu à peu, et laissa apparaître la forme flou d'une silhouette féminine. Flottant à plusieurs mètre au dessus d'eux, ils leur étaient impossible de distinguer le moindre de ses traits. Ses cheveux auréolait autour de sa tête tandis que les pans d'une longue robe de clarté l'habillait. Cette femme n'était que cristallisation de lumière et magie. Jamais Le lord n'avait vu une telle chose au cours de sa vie cela ne devrait même pas être possible.
- C'est quoi ça ?! Demanda Ron.
Personne ne lui répondit, mais la tête de la femme se tourna vers lui. La surprise fit reculer tout le monde de quelques pas. De cette même voix exigeante, elle déclara avec force.
- J'avais espéré ne pas à avoir à intervenir de si tôt.
- Qui êtes-vous ? Dit Hermione.
- Je n'ai pas de nom. Je suis celle qui fut, qui est et qui sera. Je suis l'air, l'eau, le feu, et la terre. Je suis celle qui vous vois. Je suis une magie que vous ne connaissez pas. Que personne ne connaît.
- C'est... c'est vous qui nous avez amenez ici ?
- Oui.
- Pourquoi ?!
- Car vos actes ont été irresponsables. Car vous avez déclenchés quelque chose qui n'aurait jamais dû arriver. Si je vous ai amené ici, c'est pour que vous répariez votre faute.
- Une faute ?! S'exclama le mage noir outrée. Comment osez-vous ? Savez-vous seulement à qui vous avez à faire ?
Ils entendirent ce qui ressembla à un rire amusé.
- Tom Jedusor... Voldemort... si puissant. Tu maîtrises la plupart des formes de magies existant, tu défies la mort, tu déclenches des guerres... et pourtant tu es naïf. Dit-elle.
Les serpentards frissonnèrent au commentaire de la femme. Le regard de leur maître ce fit plus dur à son encontre, glaçant l'assemblée.
- Pardon ?
Le spectre tournoya sur lui même en riant de sa voix cristalline. Des volutes de lumières voltigèrent autour d'elle quand elle s'approcha de lui.
- J'ai vu ta vie. Je vois tout.
- C'est impossible. Nul ne peut connaître son futur ! Dit Hermione.
- Je dépasse l'impossible jeune fille. J'ai ramené ton ami à la vie. J'ai arrêter votre espace temps. Je vous ai amené ici.
- Quelle faute avons nous commis ? Demanda Blaise.
Elle tourna encore avant de s'arrêter et de regarder Harry.
- Le destin n'est pas quelque chose à prendre à la légère. Vos vies étaient écrites ! S'écria-telle. Or, la tournure des éventements à tout changer. Vous avez brisé le lien du temps et de l'espace qui règne sur ce monde. A cause de vous, le futur est flou, changeant et incertain
- C'est pour ça qu'on est là ?! S'exclama Ron. Vous voulez qu'on change le futur !
Un soupir lasse retentit, et la lumière s'éleva au-dessus d'eux.
- Bien sûr que non. Je veux que vous restauriez comme il devait être !
- Et comment on est censé faire ça ? Vous avez pris nos baguette et enfermés ! Dit Ginny.
- Vous êtes dans un sanctuaire de savoir. Un terrain neutre où votre guerre n'existe pas. C'est ici que vous ferez fasse à votre destin. Vous n'en sortirez pas tant que le lien du temps et de l'espace n'aura pas été restauré. Aucun de vous ne sera en mesure de tuer. Ajouta-telle. Moi seul contrôle cet endroit.
- Ne comptez pas là dessus. Il est hors de question que je reste ici. Dit Tom.
- Tu peux toujours essayer de partir. Rit-elle. Mais tu n'échapperas pas à ton destin Tom Jedusor pas plus qu'aucun d'entre vous. Ma magie est plus ancienne que Merlin lui-même, aucun de vous ne pourra lutter. Et j'ai bien l'intention de restaurer ce qui sera, peut importe le temps que cela prendra. C'est mon rôle.
- Alors quoi ? Vous voulez qu'on fasse un examen de conscience ? Qu'on fasse la paix ? S'énerva Drago.
- La question n'est pas de savoir ce que je veux. Vous serez confronté à vous-même durant votre séjour ici. Vous affronterez vos peurs, angoisses, envie et futurs... jusqu'à ce que vous compreniez enfin où est votre faute. Jusqu'à ce que vous décidiez d'accepter votre destin !
- C'est ridicule ! Dit Tom. Personne n'est en mesure de me donner des ordres !
- Moi si.
Elle rit d'avantage et prit de la hauteur.
- Ne vous en faîtes, vous ne serez pas seuls bien longtemps.
Sa voix se fit plus lointaine et dans un flash lumineux, la femme redevînt étoile et s'engouffra dans le ciel magique. Elle les laissaient seuls, plein de questions sans réponse et de colère.
Harry et Tom se retournèrent l'un vers l'autre mais furent incapable de bouger. Là encore, des chaînes invisibles les empêchèrent de s'approcher.
- Sois certain qu'une fois sorti d'ici je me ferai un plaisir de t'achever une bonne fois pour toute. Je t'ai tué deux fois, je peux recommencer.
- Vas-y, je n'attend que ça.
- Arrêtez ! S'énerva Hermione.
Elle fur gênée que l'attention soit brusquement tournée vers elle, et évita de regarder Jedusor. Elle pu sentir ses joues rougir.
- Mieux vaudrait que nous... travaillons ensemble. Ici la guerre n'existe pas ! Nous voulons tous sortir d'ici.
Voldemort sourit.
- La Sang de bourbe à dû cran.
A cet insulte Ron voulut se ruer sur lui, mais fut stopper à son tour, le poing en l'air. Malfoy s'apprêtait à se moquer quand un éclair lumineux percuta violemment le tapis de la Grande Salle. Tous crurent que la femme était revenue or, il ne virent que les sombres silhouettes de trois hommes allongés au sol. Ils les entendirent gémir mais gardèrent leurs distances.
L'un d'eux s'exclama.
- Je vais la tuer !
- Kai, par pitié ferme la...
- Non, non, non, non. Dit-il en se relevant rapidement sur ses jambes. C'est hors de question !
- Kai...
- Aide nous au lieu de parler !
- On est où cette fois ?
Les trois hommes regardèrent au dessus de leurs têtes, les sourcils froncés. Tous plus tôt grand ils étaient vêtus simplement, comme des moldus. Ce détail interpella les sept sorciers qui ne dirent rien. Ils se contentèrent d'observer les nouveaux-venus. Le prénommé Kai arborait une mâchoire carré, des yeux brun et des cheveux sombres. Quand il vit le ciel magique, il s'exclama, halluciné.
- Poudlard ?
- C'est impossible. Murmura un blond platine.
- Vous croyez encore à l'impossible après tout ça ? Soupira le deuxième brun.
Ils ne répondirent pas, toujours fasciné par le ciel sans se rendre compte de l'assemblée qui les détaillait stupéfiée. Ce fut le blond qui les vit en premier. Son visage se décomposa sur place.
- Oh merde...
Ses compagnons suivirent son regard et se figèrent. Ils les virent tous les trois, choqués et effarés, comme devant des revenants. Devant leurs mines déconfites, une évidence s'imposa: ils les reconnaissaient.
Voldemort afficha un sourire amusé.
- Bienvenue.
Voici le troisième Chapitre ! J'espère qu'il vous plaire, les choses serveuses vont commencer ! A très vite !
