On se retrouvera dans une autre vie
Harry n'en pouvait plus, depuis son retour de chez son oncle et sa tante, après les vacances d'étés, il avait été mit de côté par les gryffondors, les seuls qui lui parlaient encore étaient Hermione, Neville et les jumeaux Fred et Georges ainsi que Luna. Il était de plus en plus fatiguer, il avait mal partout bien qu'il n'en dise rien à personnes, la douleur la plus insupportable venait de ses poumons à chaque fois qu'il inspirait et expirait. Il sentait au fond de lui que quelque chose n'allait pas, mais s'il allait à l'infirmerie comme à chaque fois l'infirmière le soignerait puis le renverrait en cours sans même demander ce qu'il s'était passé pour arriver à de tels dommages sur son corps.
Il en avait plus qu'assez, pourquoi le monde sorcier comptait-il sur lui pour se débarrasser de Voldemort ? Il n'était qu'un enfant après tout, le monde sorcier le portait en héros mais tous le monde avait oublié qu'il était devenu orphelin de père et de mère cette fameuse nuit d'halloween.
Depuis son retour et ses douleurs quotidiennes, il ne souhaitait qu'une chose, mourir et rejoindre ses parents, il voulait seulement connaître la paix, juste pour un court instant, il avait tenté de mettre fin à ses jours mais les jumeaux l'avait surpris et sauvé, ils avaient acceptés de ne rien dire à Hermione, Luna et Neville uniquement si Harry venait les voir quand ses pensées étaient trop noir pour être laissé tout seul. Ils se doutaient tous que Harry s'était lié d'amitié avec Théodore Nott au vu de comment ils se regardaient, et que lui aussi veillait sur Harry comme s'il était l'une des plus belles merveilles se trouvant dans ce monde que celui soit sorcier ou moldu importait peu.
Sans qu'il ne s'en rende compte ses pas l'avaient conduis à la salle commune des Serpentards, soit il faisait demi-tour avant de tomber sur le professeur Snape qui passeraient sûrement encore ces nerfs sur lui, soit il entrait. Son choix fut vite décidé, il siffla en fourchelangue, le portrait s'ouvrit, il se glissa en silence dans la salle des verts et argents, ils le fixaient tous avec hostilité, un première année disparut pour aller chercher le professeur Snape en silence. Le professeur arriva mais resta dans l'ombre jaugeant du regard la scène devant lui avec impassibilité, son masque bien en place sur son visage.
- Qu'est-ce que tu fiches là Potter ? Lança Blaise Zabini.
- Je visite… répondit Harry avec calme.
- Dégage Potter ! Va retrouver tes bouffons d'or ! Dit Pansy Parkinson d'une voix haineuse.
- Vous aussi vous frappez les gens ? Dit Harry d'une voix basse.
- De quoi tu parles Potter ? Demanda Drago Malfoy qui était perplexe.
- Je divague… répondit le jeune Potter.
- Tu ne divagues jamais et surtout pas là-dessus Harry… s'éleva soudain la voix de Théodore Nott, qui venait d'entrer dans la salle commune.
Harry se retourna très lentement, ce qui inquiéta Théodore, bien qu'il n'en montra rien, Harry ressentit la tentative de Voldemort d'entrer dans sa tête à ce moment-là, sans qu'il ne s'en rende compte, il écarta avec douceur Théodore d'un geste de la main. Il allait amorcer un pas en direction de la sortie quand il sentit la main invisible de Voldemort commencer à l'étrangler, il ne touchait plus le sol et avait de plus en plus de difficultés à respirer. Pris d'une inspiration, il plaça ses mains sur celle de son agresseur puis murmura en fourchelangue :
- Brûle !
La main le lâcha, le faisant s'étaler au sol avec un craquement d'os sinistre, tous les Serpentards étaient abasourdis tout comme le professeur Snape, Potter avait dit la vérité, et il avait faillit se faire tuer devant leurs yeux à tous.
Harry se redressa très lentement, il jugea préférable de rester assis, il leva les yeux sur les verts et argents, ils le fixaient choqués de ce qui venait de se passer, il dit la respiration sifflante :
- Vous pouvez sortir de l'ombre professeur Snape…
- Que s'est-il passé Potter ? Demanda Severus en regardant attentivement son élève.
- Votre maître a de nouveau voulu me tuer, en m'étranglant cette fois… répondit Harry avec toujours se sifflement dans la voix.
Théodore s'assit à ses côtés, posant sa main sur l'une des siennes, l'a serrant doucement, il inspira lentement avant de dire :
- Ça fait bientôt un mois que nous sommes rentrés à Poudlard, après les vacances d'étés… montre-moi Harry…
Harry leva les yeux vers ceux de son vis-à-vis, plongeant son regard dans celui bleu clair de celui qui le considérait le plus dans ce monde, mais il finit par baisser la tête, il avait honte, tellement honte. La voix de Parkinson s'éleva :
- Depuis quand tu t'intéresse à Potter Théodore ?
- Je n'ai pas à te répondre Pansy répliqua Théodore avec calme fixant toujours Harry des yeux.
- Tu nous trahit pour le survivant ! Cria Blaise furieux.
Harry redressa la tête dans un mouvement sec, il se leva malgré la douleur dans ses poumons, se retourna fixant les Serpentards avec un éclat dans le regard qui faisait peur, il dit d'une voix glaciale :
- Le survivant ! Vous n'avez que ce mot à la bouche ! Il est beau le monde magique !
- Potter… Severus tenta de parler mais ce fit interrompre par Harry encore plus furieux sa magie crépitant :
- Vous ! Fermer là ! Vous ne voyez que le reflet de mon père en moi ! Comme tous le monde voit le survivant ! Qui s'intéresse à Harry ? Je peux compter ses personnes sur les doigts de mes deux mains, personne n'aime Harry, personne ne s'en soucie ! Tout le monde a oublié que cette fameuse nuit je suis devenu orphelin !
- Tu es riche et tu as tout le luxe que tu veux Potter ! s'esclaffa Pansy.
- Alors si je suis riche explique moi pourquoi j'ai dormi dans le placard sous l'escalier pendant douze ans ? Pourquoi je fais des corvées tous les étés ? Pourquoi je n'ai le droit à un repas que si j'ai terminé les corvées, et le repas c'est une miche de pain sec et un verre d'eau ? Pourquoi je n'ai pas accès à la salle de bain pour avoir une hygiène correcte que quand ma soi-disant famille me l'autorise ? Il m'appelle « Garçon », « Anormale » ou « Monstre » au choix ! Ils disent que mon père était un ivrogne, que ma mère était faible et qu'ils étaient décédés dans un accident de voiture !
Et je n'ai appris que j'étais un sorcier qu'à mon entrée à Poudlard à onze ans…
Ils étaient soufflés, ils n'avaient rien vu, ils étaient abasourdis par ce que tout ça engendrait, ils virent la difficultée de Harry à reprendre sa respiration, Harry continua d'une voix plus basse :
- Et le pire c'est que l'on me demande de tuer Voldemort, alors que moi tout ce que je souhaite c'est être normal, être juste Harry…
A ce moment-là, le glamour qu'il portait constamment sur lui, se brisa révélant les hématomes, sa maigreur, et le pire était à venir car Harry s'écroula de douleur dans les bras de Théodore, il murmura la respiration encore plus sifflante qu'auparavant et auquel des tremblements s'ajoutèrent :
- J'ai froid Théo…
- Ça va aller Harry, on va te guérir et ça ira mieux tu verras… dit Théo la voix cassée.
- J'ai quelque chose… à te dire… chuchota Harry fixant son regard dans celui de Théo.
Soudain Dobby apparut dans la pièce avec Hermione, Neville et les jumeaux, quand ils virent Harry au sol dans les bras de Théodore Nott, ils sentirent dans leurs magies que leur petit frère vivait ses derniers instants. Neville et les jumeaux s'approchèrent de lui, Harry tourna son regard vers eux, suppliant de le laisser partir, Neville embrassa le front de Harry, tout comme les jumeaux sous les yeux de toute la maison Serpentard et de leur directeur impuissant. Ils s'éloignèrent laissant la place à Hermione, des larmes roulèrent sur les joues de la jeune femme, elle s'agenouilla, prit la main de son frère et dit à voix haute malgré sa gorge nouée :
- Tu as été si courageux, je sais que l'on se retrouvera que ce soit dans cents ans ou dans mille ans, on se retrouvera et je peux te jurer que ta vie ne sera pas celle que tu as vécu dans celle-ci… Tu vas tellement me manquer…
- Ce n'est… qu'un… au revoir… grande sœur… chuchota Harry la respiration de plus en plus basse.
- Je t'aime petit frère… murmura-t-elle avant de l'embrasser sur le front et de se blottir dans les bras des jumeaux et de Neville.
Le portrait s'ouvrit sur Luna, elle était plus pâle encore que d'habitude, ses yeux avaient perdus leur éclat si familier, elle s'agenouilla près de Harry, l'embrassa sur le front puis fit de même avec Théodore, elle sentait au plus profond d'elle même que Théo allait suivre Harry, tout comme les jumeaux, Neville, Hermione, Dobby et elle. Elle murmura avec douceur :
- Nous nous retrouverons dans une vie meilleure, on se retrouvera tous les sept, peut importe les années qui passeront, l'amour qui nous lie sera plus fort que la mort…
Elle finit par se réfugier dans les bras de Neville et des jumeaux se blottissant contre Hermione, les larmes perlant dans ses yeux, Harry tourna de nouveau son regard vers celui de Théo, il murmura sa respiration faisant un bruit de gargouillement :
- On se… retrouvera dans… une autre… vie, je le… sais…
- On se retrouva, je te le promets Harry… chuchota Théodore la gorge nouée.
- Je… Je t'aime… Théo… dit Harry avec la plus grande douceur malgré la douleur de plus en plus présente.
- Je t'aime aussi Harry, tellement si tu savais… répondit Théo des larmes roulant sur ses joues.
Les jumeaux sortir six fioles avec un liquide transparent à l'intérieur, Hermione en prit une, tout comme Neville et Luna, Fred et Georges avaient les leur dans leur mains, sans qu'ils ne se concertent ils savaient tous les cinq qu'ils suivraient leurs amis dans la mort, Dobby avait la sixième dans sa petite main d'elfe.
- Embrasse… moi… Théo… chuchota Harry.
Théodore posa ses lèvres sur celles de Harry, quand il mit fin au baiser, les yeux de Harry étaient fermés, il sentit son cœur se briser en des milliers de morceaux, il sentit sa magie mourir d'avoir perdu son seul et unique amour. Une fiole apparut dans sa main, il baissa les yeux dessus, avant de les relever vers ses amis, ils lui sourirent doucement malgré les circonstances, il déboucha la fiole, la porta à ses lèvres, et la but jusqu'à la dernière goutte. Il se blottit contre Harry, posant sa tête contre son torse qui devenait froid, il fixa leurs amis puis murmura avant de s'endormir :
- On se retrouvera dans une autre vie…
- On se retrouvera dans une autre vie… répondirent-ils tous en même temps.
Au moment où les yeux de Théo se fermèrent, ils burent leurs propres fioles puis collés les uns contre les autres ils s'allongèrent avant de eux aussi fermer leurs yeux, jusqu'à leur prochaine vie sur Terre. Severus s'approcha de ses élèves, mais il découvrit le poison qu'il avait utilisé en sentant l'une des fioles vides qu'il y avait sur le sol, il ferma les yeux en baissant la tête, il avait échoué à protéger le fils de Lily, et aussi à protéger ses amis.
- Pourquoi ils ne se réveillent pas ? Demanda Drago en essayant de réveiller Théodore.
- Ils ont tous bu du poison, il s'agit de venin de basilic… répondit Severus avec tristesse.
- Qu… Quoi ?! s'exclama Blaise devenant blanc.
- Ils n'auraient pas supporté la mort de Harry, aucuns d'eux, je pense qu'ils ont décidé de cela il y a un moment déjà, on ne peut rien faire pour les ramener… il est trop tard… acheva le professeur Snape.
Les Serpentards pleurèrent tous sans exception la mort de leurs camarades ainsi que celle de l'elfe de maison, Drago dit doucement en essuyant ses larmes :
- Ils faut qu'on les honorent, ils méritent des funérailles dignes de ce qu'ils ont été les uns pour les autres…
- Drago a raison acquiesça Daphné Greengrass.
Toute la maison approuva, Severus se leva, mit un sort de stase sur les sept corps, puis des boucliers puissants pour que personnes ne puisse dégrader leurs corps, il s'adressa à aux élèves de sa maison :
- Je vais vous demander de veiller sur les corps de vos camarades, vous en êtes les gardiens jusqu'à ce que je revienne, je ne serais pas long, je vais prévenir le directeur ainsi que les autres professeurs.
- Vous pouvez nous faire confiance professeur dit Drago d'une voix qui fit comprendre la menace cachée derrière cette simple phrase.
Severus sortit de la salle commune dans une envolée de cape, une fois sortit, il se dirigea lentement vers le bureau directoriale, jamais une telle nouvelle n'avait été annoncé à Poudlard, jamais il ne s'était sentit aussi responsable de ce qui était arrivé ce soir. Il avait entraperçu le cauchemar de Potter à travers les leçons d'occlumancie mais il n'avait pas chercher plus loin, il s'en voulait, il connaissait le tempérament de Pétunia envers Lily, il aurait dû se douter qu'elle serait pire avec son neveu. Il ne cessait de rejouer la scène à laquelle il avait assister, il cessa quand il se rendit compte que ça faisait au moins cinq bonnes minutes qu'il était arrivé face à la gargouille gardant l'entrée du bureau du directeur.
Il donna le mot de passe, puis s'engouffra dans l'escalier, il frappa deux fois avant de rentrer dans le bureau suite à la réponse du directeur, après être entré dans le bureau il laissa la porte ouverte, et il dit la voix tremblante d'émotion :
- Albus, appelez tous les professeurs tout de suite !
- Que se passe-t-il Severus ? Demanda Albus Dumbledore en voyant son professeur et espion auprès de Voldemort aussi pâle qu'un mort, et avec ses émotions parfaitement lisibles sur le visage.
- Je dois vous faire part d'une nouvelle grave et je n'ai pas envie de la répéter répondit Severus en s'asseyant dans l'un des sièges faisant face au bureau du directeur.
Dumbledore envoya Fumseck avec un mot pour chacun de ses professeurs, ils arrivèrent tous dans les minutes qui suivirent, Minerva fut la première à parler :
- Que se passe-t-il Albus ?
Albus se tourna vers son professeur de potions, celui-ci regarda ses collègues et supérieur avant de dire la voix brisée :
- Sept de nos élèves ainsi qu'un elfe de maison ne sont plus de ce monde...
