- J'en peux plus...
- Pardon ?
- Je... j'en peux plus... c'est... c'est trop...
Harry regarda Ron. Assis sur son lit, la tête enfoncée dans ses mains, il n'avait pas dit le moindre mot depuis la vision du souvenir d'Hermione. Son silence, depuis quelques semaines maintenant ne surprenait plus son ami, lui aussi enfermé dans un mutisme de culpabilité et de profonde tristesse. Tous deux ne ressemblaient plus qu'à deux ombres, coupées du monde et prisonnières de leurs funestes futurs. Ils n'osaient plus se regarder en face et à juste titre. Pourtant, Ron ne supportait plus cette situation. Il avait cru que sa colère et sa rancœur étaient justifiées, et peut-être l'étaient-t-elles, mais... il n'y arrivait plus. La colère l'avait quitté, ne laissant derrière elle qu'une coquille vide et qu'une profonde peur et tristesse avait conquis. Il ne supportait plus de voir le futur de sa sœur, Ginerva, l'ignorer et l'actuelle Ginny se renfermer sur elle-même. Hermione, sa meilleure amie le haïssait pour la future torture qu'il infligerait à Kai, quant aux voyageurs temporels, ils l'auraient tous déjà tué au moins une dizaine de fois sans les murs de protections. Et il comprenait pourquoi. Il deviendrait un monstre... il ne vaudrait rien de plus que les mangemorts qu'il avait combattu ces dernières années. Et cela l'horripilait, lui donnait la nausée et le dégouttait de lui-même. Il ressassait chacun des mots qu'il avait dit à sa sœur, chaque scène où il faisait souffrir, et chaque souvenir heureux qu'il avait aperçu dans sa future vie ; des souvenirs heureux dans lesquels il était bien entendu absent. Tout se mélangeait et il était rongé par la culpabilité. Il ne voulait pas de ce futur. Jamais.
Fébrile, il releva la tête et regarda Harry, toujours muet face à lui. Quelque chose s'était brisé chez lui aussi.
- Harry... je peux plus... je peux plus supporter tout ça.
Le Survivant baissa la tête. Il savait ce qu'il ressentait, mais n'avait pas la force d'en parler. Tout leur monde et leur certitude s'étaient écroulé. Ron ne put plus rester assis et dans un élan d'énergie, il quitta furieusement leur chambre. Il devait faire quelque chose, agir, parler, n'importe quoi qui pouvait arranger la situation. La plupart des habitants du Château étaient partis dans leurs dortoirs, pensifs, or il espérait pouvoir trouver sa sœur. Il devait la voir, lui parler, s'expliquer avec elle avant qu'il ne la perde pour de bon. Avant qu'il ne soit trop tard. Il refusait de se laisser guider par un futur qui n'était pas encore arrivé. Il devait la retrouver. Ils devaient se retrouver.
Il courut jusqu'à la Grande Salle mais n'y trouva personne. Un froid étrange régnait dans les couloirs mais il n'y fit pas attention. L'adrénaline et l'inquiétude qui battaient dans ses veines lui tenait chaud. Il avait l'impression étouffer. Ses joues rouges lui brûlaient et des frissons parcourait tout son corps. Il se sentait en transe. Pourtant, alors qu'il allait prendre la direction du dortoir de Ginny, il s'arrêta, le cœur battant et les sourcils froncés. Quelque chose ne tournait pas rond. Il ne connaissait pas ce couloir. D'abord incertain, il revînt sur ses pas avant de voir stupéfait, un mur se dresser devant lui. Il resta interdit plusieurs secondes, incertain avant que sa panique ne grandisse brusquement ; il était coincé. Son souffle s'accéléra et il s'engouffra dans le couloir inconnu en courant, appelant Harry ou n'importe qui en mesure de l'entendre. Il ne savait pas où il était et maudit l'esprit du temps. Il tourna en rond, prit différents tournants et s'enfonça dans un labyrinthe de chemins sombres avant de tomber par terre, les jambes tremblantes et le souffle court. L'incompréhension et la peur le gagnèrent. Il était seul.
La boule présente au fond de son estomac s'alourdit. Il se sentait vide, désemparé.
- S'il vous plaît... murmura-t-il. Je veux juste arranger les choses... laissez-moi arranger les choses !
Il ne demandait rien de plus. Il voulait retrouver Ginny. Sa petite sœur. Celle qui riait à ses blagues ridicules et qui le grondait comme leur mère lorsqu'il disait une ânerie. Il voulait faire quelque chose de bien. Retrouver sa vie d'avant et ne pas commettre les erreurs qui mèneront à l'anéantissement total de leur relation. Mais personne ne lui répondit. Il voulait essayer ! Juste essayer...
Mais le silence ne dit rien, et régnait dans le couloir, plus oppressant que jamais, le laissant à peine respirer. Il resta au sol un long moment, incapable de se lever. Son cœur lourd de remords le clouait par terre.
- Ginny ?
Cette voix le fit sursauter. Une voix grave et masculine qu'il crut étrangement reconnaître.
- Ginny c'est toi ?
Cette voix appelait sa sœur. Il se redressa brusquement, à la fois soulagé et inquiet, et se précipita en direction de l'étrange écho qui lui parvenait. Il courut quelques minutes, l'oreille aux aguets avant de faire face à une porte en bois entrebâillée. Il voulut s'y précipiter mais hésita au dernier moment. Un étrange sentiment enserrait sa poitrine. Cette voix lui était familière, bien trop familière.
- Tu devrais dormir à cette heure...
C'était la sienne.
Son souffle se coupa à cette réalisation. Il s'agissait d'un souvenir. Silencieusement il se glissa près de l'ouverture et vit avec stupéfaction le salon du Square Grimmauld se présenter devant lui. Une odeur de tarte lui saisit le nez et failli le faire pleurer. Il n'avait pas senti l'odeur des tartes de sa mère depuis si longtemps... Son émotion se renforça quand il vit sa sœur. Habillée d'un pyjama, elle était assise, un piano devant elle. Il semblait abîmé ; de nombreux y avait été porté et quelques touches avaient disparus. Ginny regardait ce clavier incomplet, pensive. Derrière elle, une version plus âgée de lui, se frottait les yeux encore bouffis de sommeil.
- J'ai du mal à dormir. Dit-elle.
Ron s'assit à ses côtés sur le banc et passa un bras réconfortant autour de ses épaules. Elle se laissa aller à son étreinte et sourit.
- Ne t'en fais pas, tu es en sécurité maintenant.
- Aucun de nous n'est en sécurité.
- Ginny, je te jure que je ne Le laisserai jamais venir te reprendre de nouveau ! Jamais !
Il parlait conviction et franchise. Pourtant, au lieu de la rassurer, cela ne fit qu'accentuer l'amertume du regard de sa cadette. Elle semblait se retenir de fondre en larme.
- Ne t'inquiète pas de ça. Il ne viendra pas. Dit-elle.
- Qu'il n'essaye pas ! Je viens juste de te retrouver, ce n'est pas pour te perdre de nouveau.
La jeune femme ne répondit pas. A la place, elle laissa courir ses longs doigts sur le clavier irrégulier. Elle paraissait mal à l'aise, et sa lourde respiration était irrégulière.
- Papa l'a trouvé dans une maison moldu à moitié détruite. Il n'a pas eu le cœur de le laisser là-bas. Je ne te dis pas l'horreur que c'est de l'écouter... Il n'est vraiment pas doué avec les instrument moldus ! Dit-il.
Ginny sourit à cette remarque et soupira. Quelques notes s'échappèrent dans le silence du Séjour avant qu'elle ne parle.
- Il y avait un piano là-bas aussi.
- Voldemort te laissait jouer ?!
- Je m'ennuyais, alors... je n'avais que ça à faire. Il passait ses journées en missions avec ses Mangemorts. Il se fichait de ma présence, du moment que je n'empiétais pas sur ses activités, et que je restais... sage.
Cette phrase, bien qu'anodine, était clairement un mensonge, pourtant, Ron n'en vit rien.
- J'ai eu peur qu'il... qu'il t'ais torturé.
- Au début... et puis il s'est lassé. Je te l'ai dit, tant que j'étais docile... il ne me prêtait pas d'attention. Et puis, le savoir vous combattre sans que je ne puisse rien y faire était une torture suffisante.
- Je... je suis désolé que tu aies dû subir ça...
- Vous avez plus souffert que moi Ron !
- Mais c'est fini maintenant ! Tu t'es enfuie ! Tu es à la maison et toutes ses rumeurs de trahison vont enfin cesser. Plus personne n'osera dire quoi que ce soit ou remettre ta loyauté en question !
- Ce n'est pas grave tu sais...
- Bien sûr que si ! Tu es une Weasley ! Tu as survécu à plusieurs années de détention aux mains du seigneurs des Ténèbres, enfermé avec cette sale fouine ! Tu as fait preuve de plus de courage que tu ne le pense !
- Ce... ce n'était pas si dur tu sais... Dra... Malfoy, n'est pas si dur à vivre quand on s'habitue. C'est une diva insupportable mais...
- N'essaie pas de minimiser ce qui t'es arrivée pour nous épargner Ginny !
La jeune femme ne répondit pas. Elle savait que cela serait inutile. Elle lutta contre la boule s'étant formée dans sa gorge et soupira. Elle devait garder et son calme et respirer. Tout allait bien se passer. Elle devait s'en convaincre ou elle risquait de devenir folle.
- Changeons de sujet. Tu as dit que tu savais jouer ?
- Oh... heu, juste un peu.
- Montre-moi.
Ses joues rosirent. L'idée de jouer devant son grand frère l'intimida brusquement, et elle déglutit difficilement.
- Je ne sais pas si... si c'est une bonne idée. Demain, peut-être. D'accord ?
Ron voulut insister mais se résigna. Elle n'était rentrée que depuis deux jours et il ne voulait pas la brusquer. Après tout, ils avaient tout le temps devant eux désormais. Il sourit gentiment et lui conseilla d'aller se reposer. Il lui embrassa le sommet du crâne et s'apprêta à partir quand elle lui dit précipitamment. Une lueur de peur et de panique hantait son regard.
- Ron, attend !
- Oui ?
- Tu... tu sais que je t'aime, pas vrai ?
- Bien sûr que je le sais !
- Tu ne les croira pas ? Tous ces gens, ces rumeurs sur moi... tu me le promets ?
Il s'attendrit devant son angoisse en la prit de nouveau dans ses bras. Elle s'accrocha à lui avec force, les yeux brillants et la gorge nouée.
- Je te le jure.
- Tu m'a tellement manqué Ron... murmura-t-elle.
- Toi aussi. Je t'aime petite sœur.
- Je t'aime aussi.
- Allez, ne te torture pas trop l'esprit. Va dormir. Harry revient demain ! Ne t'en fais pas, tout va rentrer à la normal !
Cette nouvelle la refroidit brusquement mais elle n'en dit rien. Ron lui sourit une dernière fois et parti, la laissant seule dans le salon, avec le piano et un air désormais désespéré sur le visage. Des larmes dévalèrent ses joues quand elle fut enfin certaine qu'il ne reviendrait pas. Elle se rassit, plus brisée que jamais, une main sur la poitrine et le visage grimaçant. Elle semblait souffrir le martyre. Son souffle haché amplifia ses larmes et d'une main tremblante elle lança un charme insonorisation sur le salon. Ses sanglots s'approfondirent et devinrent véritablement déchirant.
Voir sa sœur dans cet état bouleversa Ron, toujours coincé dans entrebâillement de la porte. Il n'avait pas su voir sa douleur, son mal-être évident, trop heureux de la voir de retour chez eux. Il s'était montré égoïste et n'avait pas su voir au-delà de ses faux sourires.
Le corps tremblant de sanglots, Ginny parcourut de nouveau les notes du piano. Puis, très vite apparut une mélodie jouée timidement. Elle était incapable de la jouer devant son frère. Il aurait forcément compris... Les minutes s'écoulèrent et ses mouvements devinrent plus fluides, signe d'habitude. Elle avait joué cette mélodie des heures entières, espérant qu'elle ne voulait rien dire. Que les notes et les paroles qu'elle avait écrites ne reflétaient que sa peine, et rien d'autre. Pourtant, à l'heure la plus sombre de sa vie, elle ne pouvait plus se mentir. Elle avait déjà trop mal pour ça. Ses larmes séchèrent sur ses joues et sa respiration se calma. Lentement sa voix s'éleva, d'abord tremblante avant de s'affirmer sur la mélodie. Une chanson naquit de sa tristesse. Une chanson qu'elle ne pouvait pas chanter sans penser à celui à qui elle était destinée.
Guerre des cœurs - War Of Hearts - Ruelle : Version Acoustique :
Come to me
Viens à moi
In the night hours
Aux heures nocturnes
I will wait for you
Je t'attendrai
And I can't sleep
Et je ne peux dormir
Cause thoughts devour
Car les pensées me dévorent
Thoughts of you consume
Les pensées de toi consument
Refrain
I can't help but love you
Je ne peux m'empêcher de t'aimer
Even though I try not to
Même si j'essaie de ne pas le faire
I can't help but want you
Je ne peux m'empêcher de te vouloir
I know that I'd die without you
Je sais que je mourrais sans toi
Stay with me a little longer
Reste avec moi un peu plus longtemps
I will wait for you
Je t'attendrai
Shadows creep
Les ombres rampent
And want grows stronger
Et veulent devenir plus fortes
Deeper than the truth
Plus grandes que la vérité
Refrain
I can't help but be wrong in the dark
Je n'y peux rien mais me trompe dans le noir
Cause I'm overcome in this war of hearts
Parce que je suis accablée dans cette guerre des cœurs
I can't help but want oceans to part
Je ne peux pas m'empêcher de vouloir que les océans se séparent
Cause I'm overcome in this war of hearts
Parce que je suis submergée dans cette guerre des cœurs
Refrain
I can't help but be wrong in the dark
Je n'y peux rien mais me trompe dans le noir
Cause I'm overcome in this war of hearts
Parce que je suis accablée dans cette guerre des cœurs
I can't help but want oceans to part
Je ne peux pas m'empêcher de vouloir que les océans se séparent
Cause I'm overcome in this war of hearts
Parce que je suis submergée dans cette guerre des cœurs
Cette chanson représentait tout le malheur de la jeune femme. Toutes ses émotions, ses craintes, ses angoisses et envie se traduisait à travers cette simple musique aux notes parfois manquantes. Sa voix parfois s'était brisée, ses larmes avaient coulées et ses mains tremblaient. Elle luttait contre tous ce que son corps et son cœur désiraient. Elle se sentait vide, arraché à la plus belle partie d'elle-même. Comme une droguée réclamant sa dose, elle était en manque. Un manque insupportable qui oppressait sa poitrine et lui donnait envie de mourir dans l'instant. A quoi bon vivre avec une telle douleur ? Elle ne voulait pas de cette vie, de ce retour à la normal, de Harry et de tout ce que cela impliquerait... Elle ne voulait rien de tout ça. Jamais plus...
Sa respiration s'accéléra et son regard s'agita. Qu'est-ce qu'elle faisait ici ?
Cette simple question la fit se lever d'un bond. Le banc se renversa derrière elle mais elle n'y prêta pas attention. Elle ne prit même pas la peine de s'habiller et courut vers l'entrée du Square qu'elle désarma de tous les sortilèges de protection. Devant la porte, elle s'arrêta cependant et regarda dans la direction que Ron avait pris en lui disant bonne nuit. Une effroyable tristesse se lit sur son visage.
- Je suis désolé Ron... tellement désolé. Mais s'il te plaît... n'oublie pas de m'aimer.
De nouvelles larmes apparurent mais cette fois moins amères. Un sourire fendit son visage pâle et elle ouvrit la porte. Un vent frais fit voler ses cheveux et elle parut plus soulagée et libérée que jamais. Il était temps qu'elle rentre chez elle.
Le souvenir disparut dans un brouillard et Ron fit face à une pièce vide. Du moins pas tout à fait. Appuyée contre un mur, Ginerva avait regardé, silencieuse, ce souvenir enfouie dans son subconscient. Quand il prit conscience de sa présence il entra franchement. Le grincement de la porte la fit sursauter, et elle adopta une posture de défense en le voyant. Le jeune homme ne réagit pas. Il ne voulait pas la menacer.
- Tu... tu es là depuis longtemps ? Demanda-t-elle mal à l'aise.
- Oui, je... Je me suis perdu. Les murs se sont refermés derrière moi. J'imagine que notre joaillière m'a mené ici.
Ginerva le détailla un instant. Une veille douleur teintait les ombres de son visage. Elle lutta contre tous ses instincts et baissa sa garde en serrant les dents. Ils ne pouvaient pas se faire de mal ici.
- Tu... tu n'avais pas à voir ça...
- Quand... quand est-ce arrivé ?
Ginerva déglutit difficilement. Elle ne voulait pas parler de ça avec lui, mais mentir n'aurait eu aucune utilité. De toute façon, il n'y avait pas grand-chose à dire.
- Après que le Maître m'ait rendu ma liberté. Le lendemain même, à vrai dire. Revoir Hermione chanter dans le souvenir de Kai m'a rappelé le moment où je me trouvais dans la même situation ; torturée par ce que je devais faire et ce que je voulais faire. L'un des pires soir de ma vie.
- Ah oui ?
- Bien sûr ! S'énerva-t-elle. Etre loin du maître me tuait à petit feu, c'était une douleur atroce, au-delà de ce que tu peux imaginer ! Et pourtant, l'idée de... de vous quitter une nouvelle fois, et de vous faire souffrir... me faisait presque aussi mal... Aucun choix n'est facile.
- Je suis désolé, pour ce soir-là... pour ne pas avoir vu que vous...
- Vous ? Tu me vouetoie maintenant ?
Ses joues s'enflammèrent et il bafouilla, incapable de la regarder dans les yeux.
- Et bien... je... c'est à dire que... je ne suis pas... pas trop habitué avec heu... je veux dire...
- Ne te fatigue pas. Je suis juste plus âgée que toi, pas la peine de t'adresser à moi comme à Mcgonagall !
- Dés... désolé.
- Pourquoi tu n'es pas dans ta chambre ? Demanda-t-elle curieuse. D'après Magnus, tu ne sors plus depuis des semaines.
- Je voulais te parler. Je veux dire... parler à Ginny. C'est vous, enfin non, je veux dire c'est "toi" ! Mais... la Ginny plus jeune. Pas que tu sois vieille non, je veux dire, la Ginny encore plus jeune...
- C'est bon Ron, j'avais compris. Sourit-elle amusé par ses bégaiements paniqués.
- Je voulais... je voulais m'excuser.
- T'excuser ? Dit-elle surprise. Ce serait une première.
Il baissa la tête, les joues cette fois rouges de honte mais ne se dégonfla pas. Son regard se durcit et sa voix s'affirma.
- J'ai conscience que j'ai commis des erreurs. Je veux les réparer ! Je ne veux pas perdre ma sœur ! Je ne veux pas que ce que j'ai vu se réalise ! S'exclama-t-il. Je... je veux arranger les choses !
Ce discours choqua la rousse, qui déjà surprise par sa présence ici, crut tomber des nus.
- J'imagine qu'il y a un début à tout... dit-elle après plusieurs secondes de silence. Mais ne te fais pas d'illusion Ron ; même avec la meilleure volonté du monde, moi, Kai, Scorpius, Magnus... aucun de nous ne pourra jamais te pardonner pour ce qui nous arrivé. Pour ce que tu nous as fait.
- Je ne veux pas vous faire du mal ! je ne veux plus, du moins...
- Aujourd'hui peut-être, et c'est une bonne chose mais c'est trop tard pour nous.
- S'il te plaît ! Dis-moi comment faire ! Je ferai n'importe quoi pour me racheter... pour arranger les choses ! Supplia-t-il en panique.
- Ron...
- Ginny, je t'en prie, je ne veux pas te perde !
Ginerva se figea à ces mots. Ses yeux exorbités et sa subite pâleur traduisirent son choque. Elle avait tant de fois rêvée que son frère revienne auprès d'elle... qu'il se retrouvent et se pardonnent. Qu'il l'accepte enfin. Elle crut halluciner pendant plusieurs secondes. Le voir aujourd'hui, plus jeune, et plus surtout humain, lui retournait le cœur de sentiments et de douleurs qu'elle avait enfouie il y a des années. La guerre et la vie l'avait endurcie, préparée à tout. Mais pas à la perte d'un autre frère. Pour autant, elle ne pouvait pas lui en vouloir. Elle l'avait trahi. Ron s'excusait aujourd'hui, face à elle, prêt à tout pour sauver ce qu'elle avait elle-même brisée... Mais sa haine à son égard était justifiée. Seule celle envers ses enfants ne l'était pas.
Elle avait su, le jour où il avait tenté de tuer son fils encore dans son ventre, qu'elle ne pourrait jamais lui pardonner cet affront. Elle avait compris, que son frère, l'homme maladroit et glouton qu'elle avait aimé, était mort avec l'amour qu'il lui avait porté toute sa vie, jusqu'à ce fameux soir. Et que c'était sa faute à elle.
Ginerva ne sut quoi répondre. Perdues dans ses pensées et sa propre culpabilité, elle déglutit et détourna le regard. Nagini roula autour de son bras et siffla, consciente des tourments de sa maîtresse.
- Si tu savais combien de fois j'ai rêvé de cet instant... soupira-t-elle. Toi, me suppliant de te pardonner...
- Ginny...
- Je vais être franche avec toi. Toute ma vie je m'en suis voulu pour ce soir-là. Toute ma vie j'ai culpabilisé. D'une certaine façon ce n'est pas à toi de t'excuser. C'est à moi de le faire.
- Qu... quoi ?
- Je vous ai trahit. Claqua-t-elle d'une voix froide. Je ... je suis parti de mon plein gré et je t'ai menti. Je suis la seule responsable de ce qui arrivé et j'en assume les conséquences. Je suis celle qui as fait de toi le monstre que je hais aujourd'hui chaque jour pour les tortures qu'il a infligé à mon fils, à Kai et à Rose et à tous ces innocents. Tu me détestais moi ! Et à cause de moi, tu t'es mis à les détester eux. A détester tout le monde ! Alors non, je ne regrette pas mon choix d'être parti, mais... mais cela ne m'empêche pas de me sentir coupable, moi aussi.
Ron ne sut pas quoi répondre devant un tel aveu. Il avait terriblement maudit et haït sa sœur en découvrant qu'elle allait choisir Voldemort à lui, son propre frère, dans le futur. Mais n'avait jamais réfléchie à ce qu'elle avait pu ressentir en faisant ce choix. Elle aussi avait souffert. Elle aussi, n'avait jamais voulu le blesser.
- Je ne pourrais jamais te pardonner toutes les horreurs que tu as commises au nom de cette haine que tu m'as vouée toutes ces années Ron... Mais je peux comprendre pourquoi elle t'obsédait et pourquoi tu as sombré... j'en suis la seule et unique responsable.
- Je... je ne sais pas quoi dire, je...
- Ne dis rien. Je ne redirais pas ces mots devant les autres, et certainement pas devant Magnus, Kai ou Scorpius, c'est clair ?!
- O.. Oui, mais...
- Je suis désolé Ronald. Dit-elle la gorge nouée. Je... je suis désolé de t'avoir blessé et trahi de la pire des façons qui soit. Et je suis désolé de m'être montrée égoïste et d'avoir fait de toi un monstre sans cœur... c'était ma faute.
Ron resta bouche bée, incapable de trouver les mots. La situation avait pris une tournure pour le moins déconcertante.
- Je t'interdit de répéter ce que tu as vu ou ce que j'ai dit à mon fils. Pour lui tu es un monstre et il a raison. Tu le deviendras sans aucun doute si le futur ne change pas et que nos destins restent figés. Mais, par amour pour le frère que ce monstre a été, et en hommage à toutes ces nuits où il est venu me réconforter quand je pleurais seule dans mon lit, effrayée à cause d'orages... je te devais ces excuses...
- Donc... donc tu ne m'en veux pas ? Demanda-t-il, pas certain d'avoir tout compris.
- Ne fais pas de raccourcis idiots ! Je haïs ton futur. Toi... tu me rappelle de bons souvenirs, du temps où les choses étaient moins compliquées. Disons jus te que... je ne te déteste pas encore.
Ron ne put s'empêcher d'esquiver un sourire. Un vrai sourire. Tout n'était pas perdu finalement. Il regarda Ginerva caresser distraitement la tête de Nagini avant de quitter la pièce dans le grincement de la porte. Elle ne lui adressa pas un regard en arrière. C'était inutile. A cette heure, leurs deux cœurs étaient allégés.
Et même l'Esprit du Temps, esquiva un sourire dans l'ombre.
Coucou tout le monde ! Voici mon nouveau chapitre avec la chanson de Ginny ! War of Hearts de Ruelle est juste sublime ! Allez l'écouter ! Et je fais un clin d'œil à tous ceux ayant regardé Shadowshunter car oui... Je suis une fan de Malec ! XD
J'espère que ce chapitre vous plaira en tout cas ! Je voulais approfondir le personnage de Ron car honnêtement, c'est le mauvais bougre de mon histoire alors bon... ^^ je veux le faire évoluer lui aussi, comme Harry, mais pour lui, cela risque d'être un peu plus délicat. Vous verrez ça dans les prochains chapitres ! ;-)
Merci à tous ceux qui m'envoie des commentaires, cela me fait énormément plaisir ! Je veux vraiment avoir vos avis, ils comptent beaucoup pour moi et m'aident à progresser ! N'hésiter pas à me dire ce que vous aimeriez comme suite ou comme éléments perturbateurs ! Cela rajouterait un peu de piquant !
Je vous aime fort ! Merci encore de me suivre et de m'encourager ! A très vite, j'espère ! Bizzzeeee
