Si Ron se sentait soulagé après sa conversation avec Ginerva, ce n'étais pas le cas de tout le monde dans le château. Le soir était tombé et la Grande Salle se trouvait étrangement vide. Seul Voldemort y lisait silencieusement, enfoncé dans l'un des fauteuils en velours, un livre de magie noir sur les genoux. Il semblait concentré et même plutôt calme, pourtant, intérieurement, il hurlait. Il ne laissait rien paraître de sa douleur et de son agitation, pourtant elles étaient bien là, à le ronger à petit feu. Le besoin de se rapprocher de Ginerva n'avait fait qu'empirer durant la journée et il aurait donné cher pour y mettre un terme. Pourtant, il endurait en silence cette étrange torture. Il ne voulait rien dire, autant par orgueil que par fierté. Voldemort n'implorait jamais. Sa concentration était mise à rude épreuve aussi il avait du mal à lire correctement les pages de son livre. Les mots se mélangeaient les uns les autres, lui donnant une affreuse migraine qui le distrayait un instant de l'étau qui enserrait sa poitrine et qui l'empêchait de respirer correctement. Il resta ainsi de longues heures, à espérer que la douleur se tarisse et qu'avec elle, partent ses inquiétudes grandissantes concernant leur avenir en ces lieux. Pourtant, rien de tout cela n'arriva. Les minutes s'égrainaient lentement et avec elles, sa raison. Il craignait de devenir fou. Quand rester assis lui devînt insupportable, il se leva d'un bond et jeta rageusement le livre au travers de la salle dans un fracas résonnant. Debout, agité et enfiévré, il déglutit difficilement. Une sueur froide courrait le long de son dos, le faisant frissonner de toute part. Il avait l'impression d'être malade et il détestait ça. Obsédé par ses émotions et sensations confuses, il sursauta quand la porte grinça derrière lui. La chevelure rousse qu'il aperçut le figea sur place. Ginny, vêtue d'une robe de chambre et plus pâle que la mort, se tenait debout dans l'embrasure de la porte. Elle baissa la tête en l'apercevant et détourna le regard avant d'entrer et de se diriger vers une pile de bouquins sur la table à manger.
- Que fais-tu ?
Sa voix les surprit tous les deux. Le mage Noir se fichait éperdument de la réponse, mais cherchait à attirer son attention. Depuis plusieurs semaines, la Weasley l'évitait comme la peste ; non pas qu'il s'en plaignait mais il n'avait pas pour habitude qu'on l'ignore, lui, le plus grand Sorcier de tous les temps. Or, elle, évitait constamment sa présence ou son regard. Une situation qui l'amusait au début mais qui le dérangeait aujourd'hui. Sûrement un effet de sa malédiction pensa-t-il, pourtant, il voulait la voir lui parler. Il voulait la voir lutter elle aussi.
- Je... je ne fais que... passer. Hermione m'a demandé de ramener ses livres. Bégaya-t-elle sans le regarder.
- Et depuis quand es-tu le larbin d'une sang de bourbe ?
Sa mâchoire se contracta à ces mots. Il sourit. Il savait comment la provoquer.
- Hermione est une née-moldue ! Gronda-t-elle agacée.
- Née-moldue, Sang de bourbe... des synonymes pour moi mais tu n'as toujours pas répondu à ma question.
Elle releva enfin la tête vers lui. Son regard s'était embrasé de colère et elle semblait même se retenir de le gifler. Il sourit en coin, pourtant, il remarqua également ses cernes violacés et ses joues creusées. Elle ne semblait pas avoir manger depuis plusieurs jours, chose qui était vrai s'il réfléchissait bien. Cette petite sotte devait être affligée par le nombre de révélation qu'ils avaient fait, se dit-il.
- Je n'ai pas à répondre à vos questions ! S'énerva-t-elle.
- Tien donc ? Dit-il surpris en s'avançant de quelques pas.
Le voir se rapprocher la déstabilisa et elle recula instinctivement. Il sourit davantage.
- Ne joue pas avec moi petite, tu y perdrais.
- J'ai déjà tout perdu par votre faute !
- Ma faute ?
- Ron me déteste, Harry me déteste, ma famille et le reste du monde en feront de même ! Et tout ça à... à cause de vous...
- Petite idiote que tu es ! Fulmina-t-il hors de lui. Ne rejette pas l'évidence sur moi, tu es et resteras toujours la seule et unique fautive ! La seule et unique responsable de mon malheur ! J'avais le monde à mes pieds ! Harry Potter était mort et toi ! Toi, tu te tordais sous mes tortures ! J'avais gagné ! Hurla-t-il hors de lui.
- Vous m'avez tout prit ! Mon enfance, ma famille, ma vie et maintenant mon avenir ! S'écria-t-elle à son tour.
- Et toi tu as réduit à néant des décennies de combats, de travail et de lutte ! J'avais gagné !
Leurs haines résonnaient avec force dans la Grande salle si bien qu'un mur invisible se formait déjà entre eux. L'éclat rouge des pupilles de Voldemort brillaient contre celles brûlantes de colère de Ginny. Jamais elle ne s'était tenue face à lui avec autant de colère. Et pourtant la peur l'habitait malgré tout. La peur que le mage Noir ait raison.
- Vous êtes le pire monstre de l'histoire ! Et à cause de vous, Harry et Ron sont condamnés à devenir comme vous !
- Ah ! Maintenant je suis aussi responsable de la crise de nerf de Potter ! Mais excusez-moi ô très chère Mademoiselle Weasley mais que je sache, ce n'est pas moi qui vais lâchement les abandonner pour assouvir un désir égoïste ! Ce n'est pas moi qui vais sacrifier le bonheur de ma famille à cause de simples sentiments et de cette abomination qu'est l'amour ! Ce n'est pas moi que l'on appellera la Pute de la Mort !
Ces mots lui ôtèrent tout répondant et la firent pâlirent davantage. Pourtant l'étincelle de ses yeux ne s'éteignit pas et s'enflamma même d'avantage quand des larmes de rage dévalèrent ses joues. Tout son visage était déformé par la haine. Et face à elle, l'aura du Seigneur s'alourdissait elle aussi. Tout deux ressemblaient à deux bombes prêtent à exploser et le mur qui les séparaient se matérialisa complètement. L'air vibrait lourdement autour d'eux.
- C'est vous qui allez m'enlever ! C'est vous qui me retournerez l'esprit ! Vous, vous et encore vous ! Vous allez ruiner ma vie !
- Et toi tous mes plans ! J'aurai dû te tuer dans la chambre des secrets il y a des années ! J'aurais du mettre un terme à ta pathétique existence ! Cela m'aurait évité tous ces ennuies ! A cause de toi je risque de tout perdre !
- Tout perdre ! Tout perdre ! S'écria-t-elle en balançant furieusement les livres de son amie contre le mur. Comment osez-vous parler de perte ! J'ai perdu mon frère à cause de vous et bientôt ce sera mon entière famille !
- Comment pourrais-je jamais laisser ma descendance reposer entre tes entrailles ?! Dit-il un rictus de dégoût coller sur le visage. Tu es la petite impertinente la plus influençable que je n'ai jamais vu ! Tu me suivais aveuglément à tes 11 ans, je vois que tu ne changeras donc jamais ! Et après tu oses reporter la faute sur moi ! Tu essaies de te convaincre, mais cela ne changera rien ! Tu es celle qui trahit, qui ment et me suit ! Tu es et resteras la petite meurtrière en herbe qui tranchait la gorge de poulets pour me satisfaire et cela dès ta plus tendre enfance ! Tu es l'une de mes plus fidèles servantes Ginerva !
- Non ! Cria-t-elle.
- Tu laisseras un enfant de huit se faire torturer par ton frère pour me protéger moi et ma descendance !
- Assez !
- Mais malheur sur moi pour t'avoir possédé, tu me mèneras à ma perte ! Par ta faute, mes détraqueurs s'en iront ! Harry Potter me surpassera ! Ta famille sera détruite ! Par ta seule et unique faute !
- Vous n'êtes qu'un immonde bâtard que personne, personne, ne pourra jamais aimer ! J'ignore comment et pourquoi je resterai auprès de vous, mais je souhaite devant Merlin que cela n'arrive jamais !
- Et bien je le souhaite aussi ! Mais nous savons tous les deux que tu es faible ! Tu as ça dans le sang !
- Un sang plus pur, que le vôtre ne sera jamais ! Cingla-t-elle.
- Sale petite...
- Vous n'êtes qu'un mensonge ! Un mensonge suivit par des fanatiques ! Un ridicule petit garçon traumatisé par la mort de sa mère et l'ignorance de son père ! Un faible en quête de reconnaissance, de pouvoir et d'immortalité ! Vous n'êtes rien ! Rien !
- Je vais te tuer... je jure de te tuer ! Gronda-t-il figé par le mur magique et les poings crépitant de magie.
- Et bien allez-y ! Tuez-moi qu'on en finisse avec cette mascarade ! Oh mais vous ne le pouvez pas ! Non ! Car vous avez trouvé plus fort que vous et que désormais la vérité éclate au grand jour ! Votre faiblesse éclate au grand jour !
- La ferme !
- Ou quoi ?! Ou quoi ?! Vous n'êtes pas en position de force ! Sans votre stupide baguette, vous ne valez pas mieux que votre moldu de père !
Ces deniers mots eurent raison de sa retenue et une énorme éclaire de feu jaillit de ses mains avant de s'écraser contre le mur magique qui vibra sous l'intensité du sortilège. Le Fedeymont invoqué sans baguette embrasa les tapisseries murales et les étagères encombrées de la bibliothèque. Une chaleur étouffante envahit les lieux et Ginny en hurla de surprise. Tombée à la renverse, elle vit les mains du Sorciers recouvertes d'un feu incontrôlable qui grondait avec fureur dans sa direction. Le rouge de ses yeux se confondait avec celui des flammes. Les protections magiques de l'esprit du temps n'empêchèrent pas le bas du pyjama de la rousse de prendre feu sous la chaleur insoutenable et sa surprise laissa place à la douleur. Quand le sort se tarit, Voldemort tituba un instant. Jamais il n'avait réussi à invoquer un sortilège de cette envergure sans baguette. A vrai dire, il ne croyait même pas cela possible. Il la regarda à terre, les yeux écarquillés de stupeur et ne dis rien.
Il crut que la Weasley s'en irait en courant, les joues en pleures, après cela. Pourtant résonna dans le nouveau silence un crépitement d'étincelles incontrôlable de la part de la rousse, que l'aura du feu magique venait de galvaniser d'énergie. Elle connaissait peu de sortilèges informulés et sentait la magie ancestrale des lieux l'affaiblir, mais elle s'en fichait, sa haine et sa douleur surpassant tout dans son cœur. Elle voulait se battre, se venger, le faire payer à son tour pour tout ce qu'elle endurait. Elle se releva furieusement, ignora sa cheville blessée et hurla de rage. Un chauve-furie surpuissant envahit alors la Grande Salle depuis ses paumes et fit voler les cendres de livres à moitié brûlés. Les bêtes infernales s'écrasèrent à leur tour sur un mur invisible qui trembla durant plusieurs secondes. Voldemort surpris, à son tour, tenta d'invoquer un autre feu mais ne parvint qu'à enrager un peu plus les bêtes de la Weasley qui s'accrochaient à sa cape et déchirait ses vêtements sans pour autant le blesser comme elles l'auraient voulu. Après quelques instants elles disparurent toutes, mais laissèrent entrevoir les dégâts qu'ils avaient causés. L'intensité de leurs sortilèges, accentuée par la non utilisation de baguette avait transformé la grande Salle en un véritable champ de bataille. Des cendres volaient partout autour d'eux et des pans entiers de la bibliothèque fumaient, complètement brûler par le feu et déchiqueter par les chauves-souris.
Les deux sorciers se regardèrent, à bout de souffle et épuisés. Leurs puissances respectives avait pour ainsi dire presque détruite la Grande Salle et pourtant l'intensité de leur haine n'avait pas tarit. Ginny se releva complètement, les genoux tremblants et sa robe de chambre en lambeaux, le visage couvert de griffure. Voldemort, lui, peinait à rester debout et grimaçait à cause de sales brûlures sur ses avants bras. Sa robe de sorcier était pour ainsi dire détruite. Tous deux n'avaient réussi qu'à se blesser eux-mêmes. Ils ne baissèrent pas le regard face à l'autre et se détaillèrent un instant. Ils ne ressemblaient plus à rien, mais quelque chose de nouveau résonnait dans l'air. Une souffrance commune. Leur futur était indéniablement lié, qu'ils le voulaient ou non. Ils ne pouvaient rien y faire. Ils étaient coincés l'un avec l'autre.
Des bruits de pas dévalant les couloirs les sortis brusquement de leurs contemplations respectives et le visage familier de leur futur fils apparut. Les joues rouges après avoir couru, ses yeux s'écarquillèrent devant l'état du Salon. Son souffle se coupa et il bégaya, incapable de parler. Dans cette expression de stupeur et d'incompréhension, les deux sorciers frissonnèrent. Ils ne pouvaient pas le nier. Magnus était leur portrait craché. Ils déglutirent difficilement devant lui. Ginny, gênée baissa la tête et Voldemort soupira. Magnus, qui comprit les raisons d'un tel désastre, se renfrogna et serra la mâchoire. Il semblait se retenir de hurler à son tour.
Kai et Scorpius arrivèrent à sa suite, le bousculant dans l'embrasure de la porte, et n'eurent pas la même retenue que leur cousin.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?!
- Rien ! S'agaça Voldemort.
- Rien ?
La voix glaciale du Jedusor couvrit les exclamations indignées de ses compagnons. Jamais il n'avait semblé aussi déçut et dégoûté depuis son arrivée ici. Et cela, par leur faute. Ginny bredouilla quelques excuses qui se perdirent le brouhaha général, mais cela ne servit à rien. Leur fils parti, un rictus indigné collé aux joues et ne leur lança pas un regard en arrière.
Voir son futur fils avec autant de ressentis à son égard électrisa la Weasley qui n'en supporta pas plus. Sans réfléchir, elle courut à sa suite, les jambes tremblantes et l'appelant sans cesse. Laissant derrière elle le mage noir qui n'avait pas bouger. Il resta là, sans rien dire pendant plusieurs secondes, avant que d'autres bruits de pas ne se fassent entendre depuis les couloirs. Kai et Scorpius étaient partis à leur tour, prévenir les autres des dégâts infernaux qui avaient été causés. Mais il ne voulait pas avoir à affronter les critiques de qui que ce soit. Il ne voulait pas à voir Ginerva, Potter ou encore La sang de Bourbe. Seul le regard de son héritier et la puissance du sortilège sans baguette de Ginny obnubilait son esprit, couvrant même la tension causée par le maléfice qui le liait à Ginerva. Malgré la douleur de chacun de ses pas, il partit en trombes dans les couloirs de Poudlard, laissant derrière lui les fumer odorante de la Grande Salle dévastée. Il devait faire le vide dans son esprit. Il devait se calmer. Sa rage bouillonnait dans chacun de ses membres et il pouvait sentir déjà les étincelles de magie piquer de nouveau le bout de ses doigts. Il avait le sentiment qu'il allait imploser à tout moment.
- Magnus ! Magnus attend !
Ginny courrait après son fils dans les couloirs. Elle ne voulait pas le laisser croire des choses qu'il pouvait mal interpréter. Elle voulait qu'il comprenne. Le jeune homme, plusieurs mètres devant elle, serrait les dents pour ne pas répondre. Il ne voulait pas la regarder de nouveau et faire face à l'évidence qu'il avait vu dans la grande Salle. Il marcha plus vite pour rejoindre sa chambre mais Ginny réussit à attraper son bras avant qu'il ne s'échappe. Il gronda sourdement pour qu'elle le lâche mais elle n'en fit rien. Elle n'était pas prête à le lâcher.
- Magnus stop !
- Lâche moi.
- C'est hors de question ! Laisse-moi te parler !
- Pour me dire quoi ?! Hein ? A quel point vous vous détestez toi et mon père ? A quel point vous aimeriez que le futur ne se réalise jamais ? A quel point vous avez tous les deux, honte de moi et de ce que je représente ?
- Non ! Non ! Cela n'a rien à voir avec toi !
- Ah oui ?! Alors pourquoi tant de haine, de lutte et de combat ? Vous ne pouvez pas vous voir en peinture !
- C'est vrai mais essaie de nous comprendre s'il te plaît ! Implora-t-elle.
- Je comprends. Mais ça me dégoûte.
- Magnus ! Ecou...
- Je ne veux pas vous écouter ! Vous êtes mes parents ! Je suis votre fils et j'existe ! Acceptez-le ! Hurla-t-il en se dégageant de son emprise.
- Mag...
- Regarde toi ! Tu... tu serais morte sans ses murs de protections magiques ! Et je suis prêt à parier que tu l'aurais tué aussi sans la moindre hésitation si tu en avais eu le pouvoir !
- Ce... ce n'est pas...
- Vrai ? S'exclama-t-il.
- C'est plus compliqué que cela en a l'air, je t'assure ! Toute cette situation... c'est complètement dingue à croire ou à réaliser ! Magnus, il y a quelques semaines j'étais une adolescente tout ce qu'il y avait de plus normale ! Je me battais pour ce que je croyais être juste mais aujourd'hui je ne sais plus quoi croire ! Je suis perdue... je veux dire... met toi à ma place ! C'est Voldemort !
- Et je suis son fils.
Les larmes coulaient en abondance sur les joues de la rousse et elle ne chercha pas à les essuyer. Elle comprenait la douleur de son fils, mais aurait voulu qu'il comprenne la sienne.
- Je sais... je sais mais...
- Mais tu ne l'accepte pas. Tu n'arrives pas à te faire à l'idée que je sois aussi ton enfant. Tu n'arrives pas à croire en tout ce que tu as vu à travers nos souvenirs. Tu n'arrives pas à réaliser que la femme que j'appelle Maman n'est autre que toi dans quelques années ! Souffla-t-il la gorge serrée.
- S'il te plaît comprends moi... je... je le déteste.
- Et il te déteste aussi. J'avais compris.
- Je suis tellement désolé Magnus mais c'est au dessus de mes forces. Je ... je ne suis pas ta mère. Pas encore et... et je ne peux m'imaginer le devenir, encore moins avec ce monstre... il... il va tout détruire ! Ma famille, mes amis, ma vie toute entière...
Ces mots touchèrent le cœur du Jedusor au-delà de tout ce qu'il aurait cru possible. Sa gorge se serra et il eut du mal à respirer. De tous ses cauchemars, il n'aurait jamais cru voir celui-ci se réaliser. Sa futur mère, la femme qui comptait le plus dans sa vie, le reniait. Il sembla désorienté et mit plusieurs secondes avant de reprendre son souffle. Ginny sanglotait devant lui, lui brisant d'avantage le cœur. Il aurait voulu pouvoir pleurer lui aussi, mais il était trop fier, surtout vu la situation. Il ravala sa peine, avant que ses pensées ne se tournent vers sa sœur et son petit frère. Ginny ne prenait pas conscience qu'en le rejetant ainsi, elle les rejetait tous. Sa tristesse se transforma alors en une colère sourde et son regard se durcit. Il regarda la rousse avec fermeté et dit d'une voix sombre.
- Tu as raison... tu n'es pas ma mère. Elle, n'aurait jamais oser dire cela à son fils.
- Magnus !
- Non ! J'en ai assez... fais ce que tu veux...
- Mais...
- Il n'y a pas de mais. Vas-y. Vas le tuer. Retourne auprès de Potter et Weasley, cette famille si chère à ton cœur. Va tuer mon père avec eux. Il en fera de même avec vous de toute façon. Allez vous entre tuez comme si je n'existais pas !
- Tu interprètes mal ce que j'ai dit ! Se scandalisa-t-elle.
- Et comment suis-je censé l'interpréter ?! Toi et Papa tentiez de vous tuer ! C'est suffisamment clair...
- Non !
- Ose me dire que tu ne le tuerais pas si tu en avais l'occasion là tout de suite !
- C'est... Magnus... je...
- C'est bien ce que je pensais... souffla-t-il dégoûté en tournant les talons.
Elle paniqua en le voyant partir et s'accrocha de nouveau à son bras mais il la repoussa violement.
- Arrête !
- Tu te trompes Magnus ! Je n'ai rien contre toi mais...
- Mais c'est difficile pour moi aussi ! Je souffre aussi de cette situation ! Qu'est-ce que tu crois ?! Comment penses-tu que je me suis senti en entrant dans la grande salle tout à l'heure ? Hein ? Mes deux parents s'entre-tuant pour ne pas avoir à affronter leur futur ! Vous n'êtes qu'une bande de lâche ! D'hypocrite et de lâche ! Vous ne vous rendez même pas compte des risques que vous me faîtes courir ! Qui vous dit que cela n'affectera pas ma dimension, le futur que je connais ? Qui vous dit que je ne disparaîtrai à cause de votre gaminerie ? S'exclama-t-il.
- Qu... quoi ... Magnus...
- Vous me dégoûtez ...
- Mais...
- Je suis heureux que Kathy et Elias ne soient pas là. Ils auraient été encore plus déçus que moi.
Cette phrase ôta les mots de la bouche de Ginny qui ne trouva pas quoi répondre. Le cœur en miette elle vit Magnus se dégager de son bras et partir. Elle le laissa faire sans rien dire, les joues encore mouillées de larmes et se mordit les lèvres. Elle avait tout gâché de nouveau. Car au fond, elle savait qu'il avait raison. Elle s'était montrée égoïste, n'avait pensée qu'à elle, qu'à sa peine... elle n'avait pas pensé que Magnus souffrirait lui aussi de cette situation et de ces combats. Pourtant c'était bien le cas. Et elle s'était montrée indigne de lui. Mais elle n'était pas la seule. Sa gorge se serra et elle regarda derrière elle. Comme elle s'y attendait un mur barrait la route censée la mener à la Grande Salle. Elle savait où elle devait aller... bien qu'elle n'en aillât pas la moindre envie. Elle resta debout sans rien faire pendant plusieurs minutes avant d'enfin se décider à avancer. Sa tristesse pour Magnus, se mélangeait à sa haine pour le Mage Noir à sa déception et son dégoût pour elle-même. Elle se sentait changée, indigne d'elle-même et perdue. Ses pieds la guidèrent presque naturellement sur la route qu'elle connaissait maintenant par cœur depuis des années. Les Toilettes du Second étage. La Chambre des secrets. Elle se dit que Voldemort avait raison, elle aurait dû mourir là-bas il y a des années.
L'air humide et froid fit frissonner la Weasley quand elle descendit dans les tuyaux exigus et odorant de la Chambre. Des vibrations sourdes courraient au-dessus de sa tête, sûrement ses camarades qui s'activaient à essayer de réparer les dégâts de la Grande salle. Plus elle avançait, plus les mots de Magnus hantaient son esprit, tournant, encore et encore sans lui laisser de repos. La culpabilité rongeait son ventre et son esprit. Elle se dégoûtait elle-même pour sa propre stupidité. C'est vrai après tout, elle n'avait pas réfléchi aux conséquences temporelles de ses actes... ce lieu semblait tellement coupé du temps. Peut-être que chaque action avait une répercutions ? Que pouvait-elle en savoir ? Peut-être que par sa faute, la vie de ses autres futurs enfants était en danger ? Peut-être n'existaient-ils déjà plus ? La Ginerva du futur leur avait expliqué que leur disparition ne laissait que des vides, et des inquiétudes, mais si cela venait changer ? L'esprit du temps était sadique après tout ... une foule de scénario plus insensés les uns que les autres envahissait d'angoisse sa cage thoracique. Les visages qu'elle avait aperçu dans les souvenirs de Magnus l'obsédait. Ses enfants étaient si beaux, pourquoi fallait-il que le père soit si monstrueux ? Elle aurait voulu leur offrir un meilleur avenir, une meilleure vie, loin de cette bête affreuse et pourtant elle prendrait le parti de rester à ses côtés ? Qu'elle folle deviendrait-elle ? Le discours de son fils lui avait fait prendre conscience qu'elle n'était pas seule. Pas seule à souffrir, à se sentir dépassée et impliquée dans quelque chose de plus grand qu'elle. Il lui avait fait ouvrir les yeux de la pire façon qui soit, comme elle, l'avait trahi de la pire façon qui soit. Malgré leur lien ambigu, elle se sentait honteuse d'avoir parlé à son fils de cette façon. Honteuse de l'avoir laissé entrevoir ses peurs et les avoir interprétées. Car, au fond, elle aimait son fils ! Comment pourrait-il en être autrement ? Il était la chaire de sa chaire... mais il était aussi celle de son père. Et pourtant elle l'aimait quand même. Elle ne voulait pas perdre son futur enfant à cause de sa haine profonde pour son géniteur. Elle ne le supporterait pas. Ce serait la goutte de trop. Pourtant elle n'en était pas loin. Et elle devait agir.
Elle suffoquait et avançait douloureusement dans la Chambre. Pourtant, elle savait qu'elle n'était pas seule. A peine arrivéd devant l'allée centrale et le Portrait de Salazar, son souffle se coupa de nouveau. Voldemort était là, sa robe en lambeaux et encore fumante, le visage tordu par un surplus d'émotions contradictoires et indéchiffrables. Il marchait furieusement, tournait en rond comme un animal et fixait le sol. Ses pupilles brillaient d'une lueur sanguine et les veines de son front saillaient sous sa peau de nacre sur laquelle le marbre vert serpentait en reflets mouvant. Ses cheveux, d'un noir de jais, tombaient en mèches décoiffées sur son regard affolé. Une de ses mains si accrochait, comme s'il craignait que sa tête n'explose sous peu. La lutte qui se jouait à l'intérieur de lui devait à peu de chose près ressembler à la sienne se dit Ginny. Son regard tomba sur ses manches relevés jusqu'au coude et dont la peau saignait de brûlures causées par le feu infernale. Il ne semblait pas s'en soucier, comme si leur douleur n'était rien de plus qu'un chatouillement supplémentaire. Une broutille. C'était sûrement le cas à vrai dire.
Elle ne dit rien mais avança un peu plus dans la lumière verdâtre de la Salle. Les bruits d'eau et les clapotis causés par sa marche mal assurée la trahirent bien vite et Le Seigneur des Ténèbres sursauta en la voyant. Il ne s'était pas attendu à ce qu'elle revienne à la charge aussi rapidement et la regarda surpris et haineux, prêt à en découdre de nouveau. Pourtant, elle ne se montra pas menaçante et resta immobile devant lui, la gorge nouée. Sa robe de chambre était calcinée tandis que ses manches, elles, étaient déchiquetées. Des griffures sanglantes cinglaient son visage amaigrit et creusé par la fatigue. Ses cheveux détachés et emmêles couvraient la moitié de son visage et ne laissaient dépasser que quelques taches de rousseur ensanglantées sur son nez, sur lequel les ombres bleutés de l'eau dansaient. Ses yeux fixaient le Mage Noir sans sourciller de leur brun tendre et pourtant intransigeant. Elle semblait prête à se battre de nouveau malgré la fatigue et l'épuisement inquiétant qui se lisaient sur son corps amaigrit, pourtant elle n'en fit rien.
Leur joute visuelle dura plusieurs seconds avants qu'il ne cède et parle un premier. Son comportement l'exaspérait plus qu'aucun autre. Il ne la comprenait pas. Quelque chose d'ambigu chez elle, l'horripilait et exacerbait sa curiosité pour autant. Un mélange insupportable à ses yeux.
- Tu n'en as pas eu assez vermine ? Tu veux recommencer ?! Lança-t-il les dents serrées.
Elle ne réagit pas mais baissa la tête, plus par dépit que par peur. Un soupir résonna depuis ses lèvres et son souffle trembla. Voldemort sourit, croyant elle allait se rendre, admettre sa faiblesse ou encore ployer devant lui, mais elle n'en fit rien. A la place, elle le regarda comme son égale et dit :
- Non. Je... je ne veux plus me battre.
- On admet l'évidence Weasley ? Enfin, ce n'est pas trop tôt !
- Non. Je.. je ne refuse pas de me battre parce que j'ai peur de perdre. A vrai dire, je trouve que j'ai plusieurs chances de gagner... Dit-elle. Mais je ne veux plus. Je... je ne veux plus me battre contre vous.
Le sourire du Lord se fana et laissa place à une nouveau rictus agacé. Comment une simple petite idiote pouvait le mettre hors de lui en si peu de mots ?!
- Une nouvelle preuve de lâcheté de la part des traites à leur sang... ce n'est pas bien nouveau.
- Croyez ce que vous voulez, cela m'est égal... je ne veux plus faire parti de votre sordide petit jeu. J'en ai assez, je suis... fatiguée. Et je sais que de nous deux, celui qui en souffrira le plus sera Magnus. Alors je veux y mettre un terme.
L'évocation de leur fils surprit le Mage qui la regarda avec surprise et incompréhension. Il ne comprenait pas comment ni pourquoi son caractère de feu s'était si facilement dompté. Lentement, il s'avança, détaillant son minois couvert de sang et réfléchit. Cette image d'elle lui était familière.
- Comment as-tu su que je serais ici ?
- C'est ici que tout a commencé entre nous... je suppose que c'est ici que tout finira.
L'emploie du nous les fit tous deux frissonner pourtant Voldemort n'en montra rien. Merlin que cette fille le rendait fou. Il ne le comprenait pas. Que ce soit elle, ou son futur, elle semblait toujours employer des mots qui le touchaient d'une façon qu'il détestait. Même dans la Grande Salle, elle avait su déclencher en lui une fureur plus incontrôlable qu'il n'aurait jamais cru possible. Elle savait révéler le pire en lui, comme le plus vulnérable. Il détestait ça.
- Possible... souffla-t-il irrité. Et c'est un bref échange avec Magnus qui t'a convaincu de rendre les armes ? Étrange. Je te croyais plus combative.
- Je refuse qu'il y ait des dommages collatéraux.
- Voilà bien une pensée de faible !
- De personne responsable.
- Ridicule ! S'exclama-t-il.
- Grand bien vous fasse de rire de moi. Mais je ne veux plus voir mon fils souffrir ! Au moins, l'un de nous pense à lui avant sa propre haine.
- Qu'oses-tu insinuer par-là ? Gronda le Lord.
- Que moi, contrairement à vous, je le fais passer avant moi ! S'écria-t-elle rageusement en avançant, le montant relevé face à lui. Avant mon désir viscéral de me venger de tout le mal que vous m'avez fait, à moi, ma famille et au monde Sorcier. Avant mon irrépressible envie de vous mort, vous et vos misérables chiens qui vous servent de fidèles ! Avant ma peur de voir ce futur se réaliser ! Avant mon angoisse de me voir attacher à vous par ma seule volonté et ce, pour le reste de ma vie ! Je le fais passer avant mon envie de fuir, de hurler et de me battre contre vous parce qu'il le faut ! Parce qu'il est mon fils ! Parce que malgré tout ce que je pourrais dire de vous, il continuera de vous aimer comme je finirai par vous aimer un jour ! Parce que c'est mon devoir de le protéger de moi-même ! Et parce que je l'aime, et que je dois me montrer digne de l'amour qu'il portera à la mère que je serai un jour !
Ces cris résonnèrent dans la Chambre avec force et conviction, comme ils résonnèrent dans l'esprit de Voldemort. Il ne s'était pas attendu à cela. A ces mots, cette voix, ces tremblements, ces larmes de rage et ce regard. Cette douleur si vive et pourtant si assumée qu'elle portait face à lui, sans honte ni gêne. Elle assumait son choix, et les risques qu'elle encourait à cause d'eux.
- C'est très... Griffondor. Dit-il déstabilisé à peine un mètre d'elle.
- Peut-être... souffla-t-elle à bout de voix. Mais cela ne change rien. Vous pouvez faire ce que vous voulez de moi, ça m'est égale désormais.
- Toujours aussi dramatique.
- Et réaliste. Vous êtes bel et bien le monstre que j'ai toujours vu en vous et ce depuis le premier jour. Je n'avais juste pas le courage de l'admettre.
- Ne joue pas avec le feu. Mes considérations concernant ta survie en ces lieux pourraient être revue à la baisse. Grinça-t-il.
- Pourquoi ? Parce que je dis vrai ? Parce que je disais aussi vrai dans la Grande Salle ?
- Attention... grogna-t-il.
Gnny se mordit la lèvre pour ne pas répondre de nouveau. Elle devait prendre sur elle. Se contrôler. Se maîtriser face à lui.
- Soit. Grimaça-t-elle comme si ces mots lui brûlaient la langue. Je me tais. Mais cela ne change rien à ce que je pense de vous.
- Une griffondor muette ? Je paierai cher pour voir cela si je n'étais pas convaincu que tu n'y arriveras pas.
- Je veux que cette guerre infernale cesse. Rien d'autre !
- C'est impossible petite Weasley et tu le sais ! Dit-il une lueur de folie dans le regard. Et tu sais pourquoi ? Parce que toi, comme moi sommes maudits ! Damnés ! Enfermés l'un avec l'autre dans une spirale infernale ! S'écria-t-il en lui saisissant les épaules avec force.
Elle voulut se dégager mais il ne laissa pas faire et resserra son emprise pour la regarder dans les yeux. Il voulut parler quand un sentiment nouveau résonna dans ses entrailles. Un soulagement qui le fit soupirer d'aise. Le lien qui l'unissait à Ginerva s'était apaisé. Il comprit alors ce qui lui échappait depuis le début. Ginerva n'était pas lié à lui, c'était Ginny. Il ressentait l'aura de son horcruxe en elle. L'aura du Journal qui l'imprégnait encore après toutes ses années. Son âme l'appelait à lui, le torturant un peu plus tous les jours. La venue du futur de la jeune femme n'avait fait que déclencher cette hérésie, et il s'en trouvait désormais condamné.
- Lâchez moi !
Elle se débattit contre lui mais il ne la laissa pas lui échapper.
- Cette douleur que tu sens au fond de toi ! Ce n'est pas de la culpabilité, de la tristesse, de la peine ou de la colère. Dit-il en appuyant son poing contre son poitrail. C'est un manque ! Un manque insatiable qui te pousse à me haire et que me pousse à vouloir te tuer ! C'est vicieux, puissant et incontrôlable, n'est-ce pas ? C'est plus affreux que n'importe quel Doloris ? Nous ne pouvons y échapper ! Nous sommes tous deux ses prisonniers...
- Quoi ?
- Ma seule est unique envie est de te briser le cou, là tout de suite, pour en finir avec tes niaiseries, ta faiblesse et ton insupportable caractère et pourtant... et pourtant... je m'en retrouve incapable ! Ragea-t-il en la jetant au sol.
- Vous êtes fou !
- J'aimerai bien. Cela prendrait alors un sens ! Je suis coincé ! Et tu le sens aussi.
Ginny balbutia en se relevant. Le regard qu'il lui lançait la transperçait de toute part.
- Je ne vois pas...
- Ne joue pas ! S'écria-t-il. Je sais que tu sens ce manque ! C'est pour cela que tu te caches dans ta chambre, dépéri un peu plus chaque jour, que tu ne manges plus, dors plus... tu te meurs de l'intérieur dévoré par ce manque ... je ne comprenais pas, trop obsédé par ma propre douleur mais maintenant tout prend enfin un sens. Notre confrontation était inévitable et ce vide parait moins douloureux. Nous sommes maudits. Destinés à nous détruire l'un l'autre sans jamais y parvenir ! Tu es nocive pour mon esprit Ginerva Weasley et pourtant je suis incapable de te supprimer ! Souffla-t-il horrifié.
Ginny ne dit rien quand il se tu, et déglutit. Ces mots trouvaient un sens en elle bien qu'elle ne comprît pas tout à ce qu'il dît. Il s'accrocha davantage à ses épaules, ancrant son regard au sien. Leurs corps pressés l'un contre l'autre frémissaient. Leurs deux respirations étaient hachées par leur proximité.
- Tu le sens Ginerva. Tu le sens comme moi. Murmura-t-il. Et c'est pour cela que tu me hais tant. Car tu sais que tu céderas dans l'avenir. Que c'est inévitable.
- Taisez-vous...
- Pourquoi ? Parce que je dis vrai ? Parce que je disais aussi vrai dans la Grande Salle ? Sourit-il amusé en reprenant ses propres mots.
- Stop.
- Tu sais que j'ai raison. Plus que tout, tu le sens, et tout comme moi tu détestes ça ! Ce manque d'obsède, te rend folle !
- Vous ne savez rien de moi. Souffla-t-elle en retenant ses larmes. Tout ça, je... je ne le fais que pour Magnus. C'est pour lui. Rien d'autre. Ce qu'il s'est passé dans la Grande Salle, n'était que la haine que j'éprouve contre vous depuis des années. Rien d'autre ! Je ne ressens rien à part de la peine et de la peur pour l'avenir qui nous attends moi et ma famille ! Protesta-t-elle les yeux fermés, incapable de soutenir d'avantage son regard.
- Tu mens. Dit-il contre sa joue en sa taille plus fort.
- Non !
- Alors dis le en me regardant dans les yeux.
Elle aurait voulu fuir, partir loin de ses bras plus forts que des étaux. Son souffle chatouillait ses cheveux et son corps écrasait le sien. Elle ne parvenait plus à respirer contre lui. Son aura toute entière asphyxiait son air, et lui embrasait les poumons. Elle aurait voulu hurler mais ravala ses cris. Ses paupières se soulevèrent et elle lui fit face. Sa gorge s'assécha instantanément. Il était si prêt. Leurs nez se touchaient, et leurs souffles se mélangeaient. Comment pouvait-elle ne serait-ce que dire le moindre mot face au rouge sanglant et envoûtant de ces pupilles ? Il attendait qu'elle parle, elle le savait. Il attendait qu'elle soutienne haut fort ce qu'elle peinait à dire seulement à voix basse. Mais elle en était incapable face à ses yeux. Ils le savaient tous les deux. Ils savaient que lutter était vain. Ils savaient que c'était peine perdue d'avance et que leur destin ne leur appartenait plus. Ils étaient condamnés.
Avant même que Ginny ne puisse comprendre ce qui arrivait, leurs lèvres se joignirent avec force et bestialité. Un baiser étrange, fort et sauvage dénué de toute tendresse. A défaut de ne pouvoir se tuer, ils ne pouvaient que se détester. Mais ils ne pouvaient se résoudre à le faire autrement. Rien ne pourrait jamais combler leur vide. Pourtant, unis dans ce baiser, leurs cœurs s'apaisaient de leurs tourments. Ne restait que leurs haines. Deux haines qui vibraient l'une pour l'autre dans un élan de détresse et d'envie. S'en suivit des caresses brusques qui arrachèrent les restes de leurs vêtements et dévoilèrent leurs deux corps nus face à l'autre. Le monde n'existait plus autour d'eux. Seul perdurait le sol marbré, froid et humide de la Chambre sur lequel ils s'allongèrent. Le froid de l'eau fit frissonner leurs corps brûlant de fièvre. Leurs souffles étaient lourds, hachés et essoufflés par leurs baisers interminables. Leurs bouches se cherchaient, s'aspiraient, se confondaient l'une l'autre dans un élan de passion et de douleur. Leurs gestes étaient douloureux, méchants et rudes. Mélanges de griffures et morsures, bestialité et force. Ils sa battaient, se rejetaient, revenaient, cherchaient à prendre le dessus, à soumettre l'autre mais aucun n'y parvenait. Leurs soupirs résonnaient dans la Chambre témoin de leur combat amoureux qui ne trouverai pas de fin, ils le savaient.
Ils étaient définitivement coincés l'un avec l'autre. Ils haïssaient cette idée. Et se le faisait savoir de la seule unique manière qui leur permettrait d'y survivre.
Me revoilà après encore un mois d'absence ! Je suis désolé pour ces délais mais je fais de mon mieux, mon emploi du temps ne me laisse que peu de temps libre. J'espère néanmoins que ce chapitre vous plaira ! Il laisse entrevoir les débuts de Ginny et Voldemort mais où cela va-t-il les mener ? Mystère pour le moment ;)
Merci énormément à tous ceux qui me suive et me laisse des commentaires, ils m'aident à continuer et persévérer ! Vous êtes géniaux, j'espère ne pas vous décevoir ! Merci encore et à très vite je l'espère ! Bizzzzzzzzzze.
