- Harry ? Appela Ron en entrant dans leur chambre commune. Tu es là ?
Le roux n'avait pas vu son ami depuis qu'il avait quitté la Grande Salle. Moins inquiet pour lui, que lorsqu'il sombrait dans une dépression, il refusait néanmoins de le perdre de vue trop longtemps. Mieux ne valait prendre aucun risque avec lui.
- Ici.
La voix lointaine du jeune homme le guida jusque dans un coin de la pièce, entre son lit et un mur. Assis par terre, et entouré d'une dizaine de livre, Harry Potter restait le regard concentré sur sa lecture. Malgré toutes leurs années d'amitié et d'étude, jamais Ron ne l'avait vu aussi sérieux avec un bouquin.
- Harry, tu... tu vas bien ?
- Dans la mesure où je suis destiné à devenir un être consumé par les ténèbres, oui Ron. Tout va très bien ! Dit-il d'une ironique.
Il ne releva même pas la tête, et ne put pas voir le regard inquiet de son ami face à son sarcasme. Le Harry Potter, l'élut de la guerre des sorciers, avait bien changé. Ses cheveux avaient poussé, tombant sur sa cicatrice et ses yeux rouges de fatigue. Plus pâle qu'à l'ordinaire, il semblait ne pas avoir vu le soleil depuis des mois, chose qui était très certainement vrai. Il ne mangeait plus beaucoup, s'était amaigri, et passait son temps dans son lit, dans le noir ou alors en hauteur, près des tours d'observation, depuis lesquelles une nuit sans fin apparaissait au dehors. Il avait mis longtemps à sortir de son mutisme, et maintenant, Ron déplorait de le voir de nouveau se fermer au monde, pour venir se terrer, cette fois, dans des livres. A croire qu'Hermione n'en faisait pas déjà assez, il fallait qu'il s'y mette aussi. Dans un soupir, le Weasley s'assit au sol, face à lui. Pendant un instant, il se crut en cinquième année. Une époque révolue, où il s'asseyait face à son ami, pour le regarder réviser aux vues des épreuves à venir, tandis que lui, avait abandonné tout espoir depuis longtemps.
- Je peux savoir ce que tu fais ? Demanda-t-il innocement.
- A ton avis !
- Tu es plutôt mystérieux ces derniers temps, alors je préfère demander.
Harry le regarda enfin, mais baissa la tête aussitôt à la rencontre de son regard.
- Je cherche un moyen d'arrêter ça ! S'exclama-t-il énervé.
- Quoi donc ?
- Tout ça ! Je veux dire... le futur ! Je veux changer le futur !
- Au cas où tu n'aurais pas remarqué, je crois que c'est la volonté d'à peu près tout le monde ici. Et puis Hermione pourrait te réciter tous ces livres par cœur, je doute que tu y trouve quoi que ce soit qu'elle ne sache pas déjà. Dit-il. Tu pers ton temps.
- Je dois essayer ! Je dois changer les choses, je... je ne peux pas supporter l'idée de devenir un monstre ! Je ne peux pas imaginer que ma vie ne sera que malheur, peine, perte, meurtre, guerre ... Je ne peux pas devenir un autre Lord Voldemort !
- Harry... je sais que ce que tu traverses est difficile mais...
- Comment pourrais-tu savoir !? Je... je révélerais le monde sorcier aux moldus ! Je trahirais les miens ! S'écria-t-il à bout de nerf.
- Et je torturerai un enfant de huit ans ! On est tout le deux dans le même bateau !
- Alors aide moi à changer tout ça ! Je suis sûr qu'on trouvera un moyen !
- A travers la magie !? Harry tu ne comprends donc pas ! La magie fera de nous des monstres ! Cette guerre nous a changé, elle a fait de nous des êtres capables du pire, mais les prochaines nous transformerons en ce que nous détestons le plus. Je ne veux pas perdre ceux que j'aime. Pas pour une guerre que nous allons perdre.
Sa déclaration refroidi le Potter dans son enthousiasme désespéré. Au fond, il savait que Ron avait probablement raison mais une panique folle remuait en lui. Il ne pouvait la contrôler. Il en était piégé. Piégé par sa peur, ses angoisses, ses doutes et sa douleur. Tant de douleur.
- Alors dis-moi comment faire...
- Change de toi-même !
- Mais... mais tout ça n'est même pas encore arrivé ! Cela n'a aucun sens !
- Si les ténèbres feront de toi leur hôte c'est qu'il y a une bonne raison à cela. Harry, je veux changer aussi, mais j'ai compris que le problème ne venait pas des autres, de la situation, ou de cet esprit. Mais de moi ! Je choisirais de devenir cet horrible personnage que j'ai vu dans ces visions ! Moi et moi seul ! C'est pareil pour toi !
- Ron...
- Tu as abrité un bout de l'âme du Seigneur des Ténèbres toute ta vie ! Tu as été un Horcrux ! Tu as vécu avec une part de ténèbres à l'intérieur de toi... tu y es habitué. Peut-être qu'en détruisant cet horcrux en toi, tu as aussi détruit une part de toi-même. Tu as laissé un trou béant dans ta poitrine que seules les ténèbres seront jamais capables de combler. Ton destin, n'est pas si surprenant que ça.
- La prophétie n'était qu'une malédiction. Dit-il la mâchoire serrée. Maintenant je le réalise. Ma vie n'est que chaos et désespoir, et je...
Harry n'avait plus les mots. Il ne savait plus quoi dire, plus quoi faire... Le simple fait de respirer le faisait culpabiliser. Il voulait tout arrêter, tout finir. Mourir même, si cela pouvait sauver son âme et le monde sorcier. Bien entendu, il ne pouvait rien en faire, grâce à la magie de protection de l'esprit. Il était condamné à devoir regarder en face le monstre qu'il deviendrait et qu'il était déjà peut-être. Cette situation était en train de le rendre fou.
- Com... comment tu peux être aussi calme ? Comment tu arrives à avancer ? Tu... tu as parlé à Ginerva, et même Ginny n'est plus en colère contre toi !
- N'exagère pas. Railla-t-il. Disons que Ginerva a accepté l'idée de je puisse exister, et ne me voit plus comme un ennemi mortel. Pour Ginny... c'est une autre paire de manche. Comme Hermione d'ailleurs.
- Pourquoi tu fais ça ? demanda-t-il sans comprendre. C'est la femme de Voldemort !
- Mais c'est avant tout ma sœur. Au lieu de lui en vouloir, j'aurais dû l'aider. Etre là pour elle, pour l'accompagner à travers... à travers tout ça. Il fallait que je lui parle, que je lui fasse comprendre que je ne suis pas encore inhumain, que je l'aime et que je m'en veux. Il.. il fallait que je fasse amende honorable... Elle a accepté mes excuses, mais ne m'a en aucun cas pas pardonné. Je la comprends ; le contraire serait injuste pour Kai, Scorpius et Magnus. Quant à Hermione, je crois que tout sera plus compliqué entre nous désormais. Outre Malfoy, elle m'a vu torturer son fils comme Bellatrixe l'a elle-même torturé. Je ne crois pas que cela soit jamais pardonnable. Dit-il d'une voix grave. Et Ginny... je n'ose pas encore aller la voir. J'ai peur de réaliser qu'elle ne me considère plus que comme l'horreur que je deviendrais...
- Et toi ?
- Quoi moi ?
- Tu penses pouvoir les pardonner ?!
- Harry ...
- Non, je suis sérieux Ron. Dit-il en rabattant le livre bruyamment. Peu importe leurs raisons futures, elles nous trahiront. Ginny épousera l'homme le plus cruel de ce siècle, et Hermione, celui qui l'aura insulté et rabaissé toute sa vie. Je reconnais que nos futurs ne sont pas des plus glorieux mais elles aussi ont leur part de responsabilités. Tonks, Lavande, Lupin, Fol'Oeil, Fred, Sirius, Dumbledor, mes parents... Et tous les autres ! Elles vont aussi les trahir. Tous les sacrifices que l'on a faits, tous les morts, tous nos amis, nos serments... réduit à néant. Cette... cette idée me rend malade. Dit-il la gorge serrée.
- Je crois qu'on est arrivé à un stade où il n'y a plus de gentils ou de méchants... Après tout, je suis sûr que nous aussi, nous trouverons de bonnes excuses pour agir comme nous le ferons. On parlera de vengeance, d'honneur... et on ne sera plus dérangé par le fait de tuer pour nos valeurs. Mais c'est là le problème. Dès qu'on aura franchi la limite, on sera aussi pitoyable que des Mangemorts. Nous serons tous pareils. Des tueurs qui se battent pour ce qu'ils pensent être juste...
- Parfois, j'aimerais me dire que tout n'est qu'un mauvais rêve. J'aimerai me réveiller dans mon placard, sous l'escalier, pendant que ma Tante Pétunia me hurle dessus pour que j'aille préparer le petit déjeuner.
- Ne dis pas ça ! S'énerva-t-il.
- Que veux-tu que je te dise Ron ? Que j'ai hâte de vivre le merveilleux avenir qui nous attend ?
- Tu ne trouveras aucune solution dans ces livres !
- Alors comment ?!
- Peut-être en ouvrant les yeux sur toi-même. En changeant, avant que le temps ne te change. Personne ne pourra nous sauver à part nous ! Ressaisis toi Harry, tu n'es pas quelqu'un de mauvais, alors ne le deviens pas ! Toute cette histoire nous a retourné le cerveau, et une part de moi espère encore que Ginny et Hermione ne se laisseront pas avoir mais... Harry nous avons déjà perdu la guerre. Se battre ne sert plus à rien.
Harry ne dit rien, conscient de cette réalité. Il avait échoué en tant qu'élu. Il avait déçu tout le monde. Il était mort lors de la Bataille Final. Et ça, ni le temps, le passé ou le futur, ne pourrait rien y changer.
- Mon ange, tu n'aurais pas vu mon double du... passé, par hasard ?
- Non Maman, pourquoi ?
Ginerva hésita à répondre. Elle ne voulait pas inquiéter son fils. Assis sur son lit, le regard fatigué, elle sourit, attendrie par son sourire. Elle avait l'impression de le revoir petit garçon. Son cœur se serra et elle l'embrassa sur le front sans répondre. Elle ne souhaitait pas l'impliquer dans ses doutes et angoisses. Pourtant, la Dark Lady ne pouvait plus se le cacher. Quelque chose ne tournait pas rond chez elle. Même Nagini pouvait le sentir. Quelque chose remuait dans son corps, sa tête et son esprit, une sorte de présentement qui lui glaçait le sang et lui donnait la chair de poule. Coulissant dans son cou, le serpent siffla à son oreille. Un bruit plus timide et aigus que ceux auxquels elle s'était habituée.
- Maman ? Tu...
- Tout va bien, chéri. Je suis juste inquiète pour ta sœur et ton père, tu me connais. Dit-elle en souriant.
- Tu es sûr Tatie ? Tu n'as pas l'air en forme. Insista Scorpius en la voyant sur le point de quitter leur chambre.
- Ne vous en faîtes pas. Je suis fatiguée, comme tout le monde.
- A d'autre ! Gin, tu ne sais pas mentir ! Dit brusquement Kai en plongeant la main dans un paquet de chips.
- Tu manges encore ! S'exclama le malfoy.
- J'ai faim ! Mais c'n'est pas le sujet. Gin, tu nous caches quelque chose.
Il parlait naturellement, mais profondément convaincu. Ginerva était sa deuxième mère après Hermione. Tout comme Magnus et Scorpius, il savait voir quand elle essayait de les préserver à ses propres dépens.
- Kaï, c'est ridicule.
- On te connait !
- Les enfants, arrêtez. Je vais très bien, fin de la discussion.
Son intonation failli les faire taire, trop habitués à lui obéir mais elle scandalisa Kai.
- Les enfants ?! Gin, on n'a plus cinq ans !
- Malakaï…
- Mais...
Le regard qu'elle lui lança ne lui laissait pas le choix de répondre. Déçus, les trois sorciers se regardèrent une fois la rousse parti, inquiets. Ils savaient que quelque chose clochait avec leur Dark Lady, mais la question était de savoir ce qu'il y avait de suffisamment grave, pour qu'elle ne veuille rien leur en dire.
Ginny marchait rapidement dans les couloirs du Château. La tête baissée et les mains tremblantes, elle ne souhaitait qu'une seule et unique chose, se terrer dans son lit pour ne jamais en sortir. Encore une fois, ils s'étaient montrés faibles. Ils avaient cédé. Bien qu'elle essayât de se réconforter en se disant qu'ils n'avaient pas eu le choix, ses tentatives étaient veine. La culpabilité et l'horreur étaient bien là. Se leurrer n'y changerait rien. Sous la manche de son t-shirt enfilé à l'envers et dans la précipitation, elle sentait encore sa peau mise à vif par les griffures et morsures qu'ils s'étaient infligés. La réalité de la situation la frappait en pleine face, bien plus que la dernière fois. La confusion et la stupéfaction l'avait quitté, laissant son esprit parfaitement clair et conscient. Elle s'était offerte à Voldemort. Encore ! Pour sortir de la Grande Salle, certes, mais les faits étaient là. Et les conséquences aussi. Des lèvres gonflées, des cheveux à faire peur, sans compter les suçons, bleus et griffures, présents sur corps. Ne pouvaient-ils pas se montrer calmes ? Normaux ? Pourtant, ce terme ne s'appliquait pas à eux. Elle avait pu le sentir. Le désir, l'envie... tout s'était transformé en un mélange confus et incompréhensible. Ils n'avaient pas essayé de véritablement comprendre, ou même lutter. Ils s'étaient laissés porter malgré eux. Et voilà où cela la menait. Etre obligée de se presser pour espérer ne croiser personne dans les couloirs... qu'elle se sentait pathétique. Une véritable gamine inquiète de se faire prendre la main dans le sac. Et elle avait de quoi. A vrai dire, elle ne voulait même pas imaginer la réaction de ses camarades si cela venait à s'ébruiter. Ron ? Harry ? Hermione ? Elle rougit en imaginant la scène. Sans parler de Voldemort... que dirait-il ? Lui ? Cela aussi, elle préférait ne pas y penser.
Distraite et pressée, elle cogna un torse imposant au denier angle de couloir avant sa chambre. Pétrifiée, elle perdit tout souffle.
- Ah, Ginny, tu tombes bien ! Je cherche Hermione, tu ne l'aurais pas vu ?
D'abord incapable d'aligner deux syllabes devant le futur Drago, la rousse déglutit.
- Euh, non... je ne crois pas. Elle... elle n'était pas avec toi ?
- Elle est parti tout à l'heure. Elle voulait me montrer les informations intéressantes qu'elle avait réussis à trouver dans l'un de ses livres et qui pourrait nous aider à partir, mais je ne l'ai pas revu depuis.
- Elle doit probablement être avec Scorpius. Dit-elle rapidement.
- Je viens de le voir, il ne sait pas non plus. Répondit-il pensif. D'ailleurs, Ginerva te cherche aussi.
- Ah oui ? Demanda-t-elle à la fois inquiète et surprise. Pourquoi ?
- Je l'ignore, mais prévient-moi si tu trouves Hermione.
- Oui, oui. Bien sûr.
- Merci Gin.
Il partit en lui embrassant le front. Un geste rapide et affectueux, qu'il fait sans s'en rendre compte et qui la pétrifia une nouvelle fois en plein milieu du couloir. Décidément, elle ne voyait pas la fin de cette journée insensée. Elle courut presque jusqu'à sa chambre et s'y enferma à double tour. La pièce vide lui parut d'un réconfort sans nom. Loin de tout le monde, et surtout du Maître.
Cette pensée lui donna une autre gifle. Elle l'avait appelé Maître, et ce, de la façon la plus naturelle qui soit. Cette autre réalité lui donna le vertige. Non, elle ne pouvait pas ! Elle ne devait pas l'appeler ainsi. Elle n'était ni une mangemort, une servante, ou encore sa femme. Elle n'était... d'ailleurs qu'était-elle ? Cette question la laissa sans réponse. Pouvait-elle seulement se considérer comme quelque chose pour lui ? Avait-elle la moindre valeur ? Importance ? Et si oui, comment aurait pu-t-elle le nommer autrement ? En un sens, elle ne se voyait pas l'appeler Voldemort, et encore moins... Tom. Cela lui semblait ridicule mais, Maître... Ce débat n'avait aucun sens dans son esprit, aussi elle secoua la tête d'un geste rageur et paniqué.
Elle voulait tout oublier, ne plus se poser de question pareille ! Agitée et nerveuse, son regard se porta sur le lit de son amie. A moitié défait il était recouvert de livre. Rien d'anormal connaissant Hermione Granger, à part un détail. Il y avait tous ses livres. D'abord incertaine elle les compta, avant de froncer les sourcils. C'était étrange, voire inquiétant. Quelque chose n'était pas normal. Hermione sortait toujours avec un livre sur elle, quel qu'il soit. Elle ne voulait jamais perdre une occasion de lire durant la journée. Jamais. Or, la totalité des bouquins qu'elle étudiait actuellement se trouvaient là. 19 au total, et elle le savait. La Gryffondor les comptait tous les soirs afin d'être certaine de ne pas en avoir oublié un quelque part dans le château. Une habitude qu'elle avait prise dès sa première année à Poudlard.
Pas le moins du monde rassurée, Ginny repensa à Drago qui ne la trouvait pas non plus. Elle était censée avoir pris l'un de ses livres mais ne l'avait pas fait. Elle n'était pas retournée dans leur chambre. Pourtant, il n'y avait pas cent milles endroits où se cacher dans le Château. Et si elle ne se trouvait ni dans la Grande Salle, ou avec l'un des sorciers du futur, où pouvait-elle bien être ? Cette autre question ne la laissa pas sereine, tout comme le présentement qui se mit brusquement à courir le long de son dos.
- Kai ! Hurla brusquement Ginny au milieu du couloir de sa chambre.
- Ginny ?
- Où est Hermione ?
- Je n'en sais rien... Dit-il sans comprendre, avec en main, son énième paquet de chips.
- Tu es sûr ?
- Oui, je suis sûr, pourquoi tout le monde la cherche aujourd'hui ?
Ginny ne savait pas comment expliquer son pressentiment au jeune homme. Pourtant, il était bien là, et elle ne pouvait l'ignorer.
- Je... je m'inquiétais juste pour elle, avec tous les tours que l'esprit peut nous jouer, la situation des deux Drago, je voulais juste...
- Par merlin, tu es encore pire que Gin ! S'exclama-t-il soudainement les yeux écarquillés.
- Pardon ?
- Elle ne sait pas mentir, mais toi, c'est quelque chose ! Rit-il.
- Kai ! S'agaça-t-elle. C'est sérieux !
- Oui, je sais... tu parlais d'Hermione et des Drago, mais je t'assure que ce n'est pas un paradoxe temporel qui va l'achever ! Elle est coriace.
- Je sais mais personne ne sait où elle est depuis deux heures ! Je pensais que toi et Scorpius seraient un peu plus inquiet du sort de votre mère !
- Nous sommes enfermés dans un château magique hors de tout espace-temps ! Ginny, que peut-il bien lui arriver ?
Ginny ne répondit pas mais soupira avec force. Dépitée par sa propre angoisse, elle en devenait déraisonnable. Il avait raison, personne ne pouvait s'échapper. Alors qu'elle allait capituler, et se considérer comme officiellement en train de perdre la tête, un frisson brutal la secoua. Il était si violent qu'elle en claquât des dents, et fit sursauter Kai qui en renversa son paquet.
Elle connaissait cette sensation. Elle ne la connaissait que trop bien.
- C'était quoi ça ?!
- Suis moi. Paniqua-t-elle en lui prenant le bras pour l'entraîner avec elle.
- Excuse-moi ?! Ginny, qu'est-ce que...
- Suis moi !
Il ne comprit pas mais obéit malgré lui. Décidément, ils avaient tous décidés qu'il ne serait pas tranquille aujourd'hui. Ils se mirent tous deux à courir dans les couloirs, sans savoir vraiment où aller, avant de croiser le jeune Drago malfoy, en pleine dispute avec Blaise Zabini devant leur chambre.
- Je te dis que ce n'est pas moi ! S'écriait le blond furibond.
- Oh je t'en prie, tu me faisais le même coup à Poudlard ! Je sais que c'est toi !
- Par Merlin, qu'est-ce qu'il se passe encore ? Soupira le Lestrange.
- On n'a pas le temps Kai ! Pressa Ginny complètement affolée.
- Notre salle de bain a été inondée !
- Tu l'a inondée ! Dit Blaise, une serpillière trempe à la main.
- Arrête de m'accuser !
- Attendez, quoi ? Qui a inondé quoi ? S'intéressa brusquement la rousse, encore plus livide.
- Je croyais qu'on n'avait pas le temps ?!
- La ferme Kai !
- Personne ne l'a inondé ! S'entêta Drago. Le robinet ne s'arrête pas de couler depuis une heure, je n'y suis pour rien !
- Tu y es forcément pour quelque chose, et Peeves ne te sert pas d'excuse ici.
Si Kai soupira devant la reprise énergique de leur débat aux allures puérils, le sang de Ginny se glaça. Elle ne pouvait pas y croire. C'était impossible... Sans rien dire, elle reparti dans une course effrénée que le jeune homme eut presque du mal à suivre. Prenant tournant sur tournant, et grimpant chaque escalier par quatre, ils arrivèrent à un étage que Kai n'avait encore jamais visité. A vrai dire, il n'en connaissait même pas l'existence.
- On est où là ?
Mais il n'eut aucune réponse. Ginny était déjà reparti dans sa course. Son cerveau tournait à plein régime, et son sang battait avec force dans ses veines. Elle priait, priait si fort de faire erreur, de se tromper, ou de simplement être paranoïaque. Pourtant, alors qu'ils prenaient un nouveau tournant, la jeune femme se figea. Un courant d'électricité remonta le long de son dos depuis ses pieds. Des pieds qui désormais pataugeait dans un courant d'eau glacé. Une chair de poule la saisit, mais elle n'osa faire un pas de plus. C'était impossible.
- De l'eau ? Tu... penses que la fuite vient de là ?
Elle ne dit rien non plus, mais le regard horrifié qu'elle lui lança suffit à ce qu'il prenne conscience que quelque chose n'allait pas. Quelque chose de grave. Sans rien dire, et dans un silence ponctué de bruit d'eau en échos, ils s'avancèrent encore dans les couloirs du deuxième étage. L'ambiance qu'il y régnait en fit même frissonner le Lestrange. Ils arrivèrent devant l'entrée tant redoutée, celle des toilettes des filles. Ginny regarda les murs avec tant d'angoisse qu'elle effraya son compagnon, pourtant, elle n'y trouva rien. Un demi soulagement gagna son cœur, avant de s'envoler brusquement. Il n'y avait rien sur les murs, mais l'eau qui coulait depuis le dessous de la porte la figea. Des volutes de sang rouge vif, à travers un débit d'une clarté affolante. A sa vue, Kai perdit toute couleurs et s'empressa d'ouvrir la porte. Elle était verrouillée. Sans même attendre ou réfléchir il la défonça de son gong d'un coup de pied. Avec fracas, elle s'écrasa au sol.
Dans les toilettes, tous les robinets étaient ouverts dans un vacarme malaisant et les bacs d'eau débordaient. Au plus grand soulagement de Ginny, la chambre des Secret n'était pas ouverte, pourtant il y avait bien du sang. Depuis l'entrée ils ne purent voir qu'un mince filet rose mais en entrant complètement, ils furent glacé d'effroi. Le flot s'accentuait depuis le fond des toilettes. C'est là qui virent ce qui avait hanté les cauchemars de Ginny pendant des années. Du sang. Partout. Sur les murs. Un sang frais, dégoulinant sur le sol depuis les lettres qui avait été faîtes avec.
Mudblood
Un simple mot. Qui les fit pâlir tous deux comme jamais. Ils venaient de plonger en plein cauchemar. Plusieurs bruits de pas et les voix de leurs amis retentirent depuis les escaliers. Tous avaient pris conscience des fuites anormales dans leurs salles de bains. Mais aucun n'était préparé à voir ce qu'elle signifiait. C'est Harry, suivit à la grande Surprise, de Voldemort, qui arrivèrent les premiers. Eux aussi avaient dû comprendre les signes. Quand ils entrèrent, ils crurent bien halluciner et restèrent sans voix. Quant aux autres, ils arrivèrent aussi, bien loin de réaliser la valeur de toute cette mise en scène.
- Qu... qu'est-ce...
Même Magnus ne trouva rien à dire. Pourtant, c'était évident. Kai avait tort, ils n'étaient pas en sécurité.
Il y avait quelqu'un d'autre dans le Château.
Alors, voici la suite que vous attendiez ! De toute évidence des surprises sont à prévoir dans les prochains chapitres.
J'espère que ce chapitre vous plaira, le prochains arrivera très rapidement ! N'hésitez pas à me laisser vos commentaires, ils sont inspirant et je ne remercierais jamais assez tous ceux qui me soutienne, me lise et m'encourage. Vous êtes super et j'espère que vous continuerez vous aussi, à me dire ce que vous en pensez !
A très vite ! Bisoussssssss
