Du sang sur un mur des toilettes des filles du deuxième étage de Poudlard et une née moldue disparue. Dit ainsi, on aurait presque pu voir les gros titres de la gazette du Sorcier, alors que la Chambre des secrets venait tout juste d'être ouverte pour la première fois depuis l'époque de Tom Jedusor. Pourtant, cette fois-ci, cela n'avait rien d'un gros titre de journal, ni même d'une revue souvenir. Face aux voyageurs temporels, survivants de guerres et mangemorts, se trouvaient une inscription sanglante, terrifiante et macabre qui donnait un haut le cœur à quiconque la regardait. Personne n'osa parler, trop choqué par l'horreur et la signification de cet acte. Scorpius, Kai et Magnus observaient le mur avec peur et incompréhension tandis que les Serpentards furent replongés dans leurs souvenirs de deuxième année. Ginny et Ginerva semblaient sur le point de tourner de l'œil et le futur Drago avait un air ahurit collé sur le visage.

Harry lui, ne put s'empêcher de fixer d'un air inquiet, l'ouverture de la Chambre des Secret. A côté de la porte, Ron s'était écarté de la chaleur humide des toilettes, sur le point de vomir. Seul Jedusor sembla garder un sang-froid de marbre face à la situation. Sans un mot, il s'approcha du mur. Dans ses yeux, outre de la surprise, commençait à naître une colère sourde et bouillonnante. Le rouge de ses pupilles, ressortait davantage à la vue du sang.

- Est... est-ce que c'est...

- A ton avis Potter ?! Répondit-il brusquement avec mépris.

L'élévation de sa voix fit frissonner tout le monde. Sans grande surprise, ils le virent tous tâter le mur, et scruter l'écriture. Ses doigts enfleurèrent les parois, se couvrant par la même occasion du liquide rouge. Il le contempla longuement, les sourcils froncés, et inquiet.

- Petite vermine... murmura-t-il pour lui-même après plusieurs secondes de silence.

- A qui est-ce ?

Voldemort se retourna vers Kai, désabusé. Le Lestrange, pourtant, n'avait jamais paru plus sérieux et pétrifié qu'à cet instant.

- A qui est-ce ? Répéta-t-il plus fort.

- Tu surestimes ma capacité de déduction, je ne suis pas devin. En revanche, je crains que nous sachions tous qui est absent à l'appel depuis plusieurs heures...

Avant même qu'il n'ait pu finir sa phrase, on entendit Scorpius partir en trombe dans les couloirs, et hurler à pleins poumons après la seule et unique personne qui n'était pas là. Sa mère. Hermione. Drago parti à sa suite avec Kai et Magnus. La peur que l'on lût dans leurs yeux n'avait pas d'égale, et à juste titre. Ginny les regarda courir, mais ne les suivit pas. Elle n'en avait pas la force. Son regard était ancré sur le mur, ou précisément sur les coulées de sang qui tombianet salement des lettres peintes, pour longer la paroi en pierre et s'évaporer en nuage rougeâtre dans l'eau. Cette image l'obsédait, la plongeant dans tout ce que son inconscient gardait précieusement enfermé dans un coin de son cerveau. Elle avait l'impression de faire un bond en arrière, et de se revoir admirer ces mêmes coulées, du haut de ses 11 ans, l'esprit envoûté et tout particulièrement fasciné par ce qu'elle voyait.

- Ginny ?

La voix lointaine de Ron lui parvînt par échos. Un écho qui lui fit tourner la tête avant même qu'elle ne s'en rende compte. Son frère la regardait, inquiet et insistant. Comme dans un brouillard, elle l'entendit parler mais ne comprit pas un traître mot. Pourtant, ses yeux parlaient pour lui. Comme plongée dans un bain d'eau froide elle s'affola, avant même qu'il ne pose la question qu'elle ne voulait certainement pas entendre.

- Je n'ai rien fait... Je... je le jure ! Je n'ai pas... je n'ai..

- Bien sûr que non tu n'as rien fait ! S'agaça Voldemort comme si cette hypothèse lui semblait ridicule.

- Comment le sais-tu ? Demanda Ginerva d'une voix blanche, le regard hagard en regardant son double. Ce... ce ne serait pas une première pour nous.

- Je vous ai possédé dans le but précis d'ouvrir la chambre des Secret, de relâcher le Basilic et de faire passer un message à Poudlard et Dumbledore. Certainement pas pour faire un tel travail... d'amateur ! C'est... une honte ! Une insulte ! S'écria-t-il rageusement en regardant sa main couverte de sang.

- Mais le sang est réel, et l'inondation aussi, alors...

- Bon Dieu Potter, que tu peux être aveugle ! Il n'y a aucun basilic dans ce Château ! Nous l'aurions entendu depuis longtemps ! Et la Chambre n'est même pas ouverte ! Tout ceci n'est qu'une affreuse et pathétique mise en scène.

- De qui ? Et pourquoi ? Paniqua Blaise en jetant des coups d'œil inquiets dans les couloirs. On était tous au rez de chaussé !

- Et surtout avec qui...

Le ton de Drago glaça tout le monde. Personne ne voulait envisager l'hypothèse la plus probable dans l'instant.

- Depuis combien de temps la Moldu a-t-elle disparue ? Demanda le Seigneur des Ténèbres.

- Peut-être deux heures... Murmura Ginny.

- Aucun de nous n'aurai pu la traîner ici, la saigner, écrire ce message, s'occuper des canalisations, et disparaître assez rapidement...

- Alors quoi ?! Vous... vous êtes en train de dire... que.. qu'il y a un tueur caché dans le Château ? Bredouilla Blaise.

- Entre autres. Mais rassurez-vous. Si c'est bien le sang du rat de bibliothèque, elle n'est pas encore morte.

- Comment le sais-tu ?

- On veut nous faire passer un message, nous effrayer. Malheureusement pour celui qui a fait ça, il ne se doute pas à qui il s'en prend. Il va falloir bien plus que ça.

- Mais où est-elle ?! On... on ne peut pas cacher un corps couvert de sang sans laisser de trace ! Et puis, il s'agit d'Hermione ! S'exclama Ron.

- Sauf si l'on se sert d'une inondation pour couvrir ses traces...

Ces mots, Ginny ne s'entendit même pas les dire, pourtant tous la regardèrent, conscient de la véracité probable de ses propos. Voldemort ne dit rien, mais après un dernier coup d'œil au lieu et une dernière grimace, il parla d'une voix radicale.

- Il faut partir. Cette mascarade a assez durée.


Les minutes s'écoulèrent dans un silence angoissant. Pourtant personne ne l'entendit, trop occupé à vérifier derrière chaque porte, scruter chaque tournant de couloirs, fouiller chaque placard... tous passèrent le château au peigne fin, ne trouvant rien d'autre que de la poussière et la confirmation de leur plus grande crainte. Hermione était introuvable, volatilisée. Voldemort et Harry étaient même partis ensemble dans l'antre de la Chambre de secrets. Mais rien. Les minutes se transformèrent en heures et à la fin tous se retrouvèrent dans la Grande Salle, bredouilles et plus inquiets que jamais. Les deux rousses n'avaient pas parlé depuis l'épisode macabre des toilettes, conscientes de leur traumatisme mutuel ; tandis que le futur Drago et les trois jeunes sorciers, eux, paraissaient sur le point de devenir fous. Tout le monde avait peur et personne ne comprenait. Sauf peut-être Jedusor qui marchait de long en large, aux aires pas plus choqué et contrariés qu'à l'ordinaire.

Quand Ron arriva, lui aussi sans nouvelle, une vague de désespoir leur prit ma gorge. Il était le dernier à revenir de la dernière aile du Château.

- C'est impossible ! C'est impossible ! Hurla Scorpius. Elle est forcément quelque part !

- On a fouillé tout le château !

- Les murs bougent ! Il y a forcément des salles secrètes ! Des endroits qu'on a oubliés ! Continua Ron.

- Pour tomber sur celui qui la retient et lui demander de nous la rendre ?! Bonne idée Weasley. Soupira le jeune Drago.

- On ne peut pas rester sans rien faire ! Elle est forcément quelque part et blessée !

- Sans oublier l'éventualité de sa mort. Soupira Voldemort.

- Elle n'est pas morte.

La voix céleste de l'esprit Temporel résonna avec force dans la grande Salle, faisant taire tous les cris angoissés de ses occupants. Un vent se leva et dans une volute lumineuse, le corps vaporeux de la femme apparut devant eux. Beaucoup moins scintillante que les autres fois, elle fit face aux sorciers sans sourciller. Loin de sembler fière, elle affichait un visage fermé et préoccupé. A sa vue, Scorpius dût retenir Kai pour qu'il ne lui saute pas dessus. Autant dire qu'il ne rêvait plus que de lui lancer le plus puissants des doloris de sa vie.

- Vous nous faîte enfin l'honneur de votre présence... dit Ron amer.

- Il était temps ! Gronda le Lestrange.

- Je vous prierai de changer de ton. Claqua-t-elle le menton haut et fière.

- Au vu des récents événements, je pense que vous pouvez nous accordez quelques écarts de comportements. Tempéra Voldemort.

- Avant que vous ne commenciez à m'interroger, vous devez savoir que je ne suis en aucun cas responsable de ce qui est arrivé à Hermione. Ce qui s'est passé dans les Toilettes du deuxième étage n'était en rien mon œuvre.

Ils la regardèrent avec autant de désarroi que de colère. Le moindre mot qui sortait de sa bouche, sonnait comme un vulgaire mensonge.

- Vous en train de nous dire que dans un lieu, hors de tout espace-temps, que vous contrôlez depuis le tout début et dont vous êtes la seule maîtresse, quelque chose vous dépasse ? Demanda Tom, un air incrédule sur le visage.

- Assez de moquerie.

- De moqueries ?! C'est une blague j'espère, vous nous torturez depuis des semaines avec votre magie, et là notre mère disparaît ! Vous n'êtes pas innocente !

- Cela est vrai et je le regrette. Concéda-t-elle la mâchoire serrée. Je suis… responsable de tout cela et j'en suis désolé...

Voldemort la jaugea de haut en bas, sceptique. Il faisait autant confiance à cette femme qu'à un rat coincé dans un trou pourtant quelque chose chez elle lui parut changé, chez elle. Elle ne riait plus, ne volait plus, et même le scintillement de sa peau spectrale avait cessé, faisant d'elle une simple et insupportable petite prétentieuse que tous rêvaient de voir morte. Dans ses yeux, il lut de la désolation mais aussi de la peur. Une peur que malheureusement, ils partageaient tous ici.

- Expliquez-vous. Dit-il froidement.

- Quand... quand je vous ai amené ici j'ai cru pouvoir résoudre par moi-même les conséquences désastreuses de vos actes, sur l'espace-temps. Et j'avais raison. Tout semblait rentrer dans l'ordre mais bien trop lentement. A mesure que les schémas temporels se reformaient, d'autres apparaissaient, différents et confus, et ils ne faisaient qu'empirer la situation. J'ai donc ouvert une brèche dans l'espace, et ai ramené Ginerva ici. Je croyais que cela remettrait les choses en place. Mais... ça n'a pas marché. J'ai donc décidé d'apporter Drago mais.. j'ai perdu le contrôle de ma brèche... Elle était incontrôlable et a disparue. J'ignore où elle se trouve depuis...

- Attendez... vous avez, par le plus grand des hasards, "égaré" une brèche spatio-temporelle ?

- Malheureusement, oui.

- Comment un esprit du temps peut-il se montrer aussi incompétent ?! S'exclama Voldemort les yeux fous et menaçant.

- Mon pouvoir décline ! S'énerva-t-elle. Vos erreurs ont un effet domino sur tout ce qui vous entoure ! Le temps, l'espace, mais également ma propre existence ! Ma faille a pu s'ouvrir dans n'importe quelle époque, et ramener n'importe qui venant du passé, présent, et même du futur. Souffla-t-elle livide.

- N'importe qui !?

- Donc il y a bien... quelqu'un dans le château... Paniqua brusquement le jeune Drago.

- Qui ? Insista le Lord.

- Je l'ignore. Mes visions ne sont plus clairvoyantes, et cet endroit n'est plus aussi sûr qu'il ne l'était. Mes boucliers ne valent plus rien.

- Cela explique pourquoi Granger a pu saigner. Dit Blaise. Mais cela veut aussi dire qu'elle peut mourir, il faut la retrouver.

- Non, ne vous en faîte pas. Je ne suis peut-être plus aussi puissante, mais je reste faite de magie. Tout comme ces lieux. Ils vous garderont en vie mais uniquement pour le moment.

- Le moment ?

- Avec la dégradation de l'espace-temps, et la conséquence de cet incident, je pourrais être effacé à mon tour de la surface du Temps. Or, si je disparais... je n'ose même pas imaginer ce que cela voudrait dire. Vous devez retrouver Hermione et combler la brèche ! Avec un peu de chance, cela stabilisera le temps et l'espace et je retrouverais assez de puissance pour endiguer l'inévitable !

- ça fait beaucoup de si... gronda Kai. Pourquoi pensez-vous que nous aimerions vous aider ? Vous n'êtes que fléau !

- Laissez-moi parler plus explicitement. S'agaça-t-elle en s'approchant du Lestrange. Si Hermione est tuée, chose qui risque fortement d'arrivée si vous ne la retrouvez pas très vite, cela ne signifiera qu'une chose. Que vous, Scorpius et Rose vous évaporerez. Vous n'existeriez plus, pour la simple et bonne raison que sans elle, Kaï, tu mourras par Extraction étant bébé, et que les deux jumeaux ne naîtront jamais. Drago ne l'épousera pas et restera probablement aveugle toute sa vie. Quant au Seigneur des ténèbres, il se pourrait même qu'il perde la guerre sans ses informations, ses talents et son intelligence. Le monde n'aurait pas le même visage et crois moi Malakaï, tu ne veux pas jouer avec des forces dont tu ignores tout. Si elle meurt, ce n'est pas que le futur qui sera compromis, mais tout le passé qui en sera bouleversé. Et vous serez tous perdus à jamais entre les temps, les possibilités et les espaces ! Aucun de nous n'y survivra !

- Je crois qu'on a compris. Cingla-t-il agacé et brusquement menaçant. Nous n'avons pas le choix ou vous perdrez votre boulot et nous serons perdus dans les méandre du temps et des possibilités, pour toujours. Mais ça ne nous dit pas où est ma mère ! Votre château continu d'abriter son agresseur !

- Je ferais ce que je peux. Mais gardez en tête que si l'un de vous venait à mourir, nous serions tous condamnés ! Vous allez devoir vous protéger les uns les uns autres.

- Malheureusement, un mystère reste complet. Intervînt Voldemort. Comment espérez-vous que nous puissions fermer cette faille ? Ou simplement soigner la Modlu ? Nous ne valons actuellement pas grand-chose.

Cette question n'en était pas une. Surtout face au sourire en coin du Lord Noir. Tous le savaient. Les joues de l'esprit devinrent rouges. Mélange de honte et de colère, qui n'échappa à personne. Elle venait de perde son avantage. Sa mâchoire se crispa et son regard se durcit. Elle détestait la tournure des choses, pourtant, elle manquait d'alternative. Sans sourciller, et sans jamais baisser les yeux devant les pupilles enflammées de Voldemort, elle céda. Dans chacune de leur main, le bois de leurs baguettes apparues, crépitant d'étincelles et de flammes, galvanisées par leurs magies.

En relevant la tête, ils la virent disparaître dans la brise. Voldemort sourit. Tout n'était peut-être pas perdu finalement.


- Il faut trouver une idée. Dit le futur Drago déterminé, et baguette en main.

- Pourquoi faire ? On ne sait même pas où elle est !

- Elle est forcément quelque part ! S'exclama Kai.

- On a essayé plus d'une dizaine de sort de localisation ! Rien n'a marché... Où qu'elle soit, son ravisseur à fait en sorte qu'elle soit introuvable. Soupira Blaise.

- Cela veut donc dire qu'il possède également de la magie. Réfléchit Voldemort. Bien que ce rat de bibliothèque m'exaspère et me dégoutte, elle n'en reste pas moins une sorcière futée... elle ne se serait pas laissée enlever sans riposter, or elle n'aurait rien pu faire contre un sort d'immobilisation. Sans oublier que son ravisseur devait la connaître.

- La connaître ?

- Il a raison. Dit Ginny après un mutisme de plusieurs heures. Toute cette mise en scène est un message. Un avertissement pour nous. Celui... celui qui a utilisé son sang savait qu'elle était la seule née moldu parmi nous.

- Il devait aussi connaître la localisation de l'entrée de la chambre des Secrets. Commenta Magnus.

- Tout le monde la connaît depuis ce qui est arrivée à Poudlard. Dit Drago.

- Alors lui aussi. Continua Harry, pensif. Il devait aussi probablement savoir qu'Hermione avait déjà été l'une des victimes du Basilic.

- Et que j'étais celle qui avait aidé à sa capture sous l'emprise du Journal... Il savait pour les messages sur les murs et pour les inondations.

- Cela réduit les champs de recherches.

- Pas tant que ça Zabini. Poursuit le Lord. Mais ça nous donne assez d'indices pour supposer que cet individu vient sûrement de notre époque ; qu'il n'aime pas les Nés-moldu et souhaite rendre hommage à Salazard tout en s'en prenant à nous.

- Génial... Toutes les familles de Sang Purs à Serpentards auraient pu faire ça ... Soupira Ron.

- Alors quoi, il aurait préparé son coup ? Repérer les lieux, mit au point un plan et visé intentionnellement Hermione ?

- Possible, oui.

- De mieux en mieux, on est enfermé avec un psychopathe ! S'écria Magnus.

- Psychopathe ou pas, il ne passera pas la nuit. Je refuse de laisser ma mère entre les mains d'un dégénéré ! Allez savoir ce qu'il pourrait lui faire ! Dit Kaî en serrant de plus en plus fort sa baguette.

- On ne peut pas foncer tête baissée, Drago à raison on a besoin d'un plan. Tempéra Ginerva.

- D'un plan ?! Nous sommes 11 contre 1 !

- Hermione était la plus brillante d'entre nous, et pourtant, elle s'est fait prendre !

- Elle était sans magie ! Mais pas nous. Par Merlin, nous sommes les plus puissants parmi le Monde Sorcier ! Vous êtes les survivants de la Grande Guerre, et nous avons le Seigneur des Ténèbres et la Dark Lady. Nous sommes les descendants des lignées les plus purs d'Europe ! Faîtes ce que vous voulez, mais moi j'ai bien l'intention d'aller la chercher ! Je n'ai rien à craindre d'un fou !

- Kaï ...

- Non ! Hurla-t-il hors de lui alors qu'il allait quitter la Grande Salle. Je suis un Lestrange ! Un Malfoy ! Mais aussi un Granger ! Ma mère m'a tout donné ! Je refuse de la laisser une seconde de plus avec un malade mental !

- Tu réagit exactement comme il le voudrait ! S'écria le futur Drago paniquée. Qui te dit que ce n'est pas un piège ?!

- Il a raison. Dit Scorpius d'une voix grave en se levant à son tour.

- Scorpius !

- Non maman. Intervînt Magnus. On a assez tourné en rond. Il est temps d'agir. On n'a jamais reculé face à Ron, Harry ou les Moldus dans notre époque. Ce n'est pas maintenant que nous allons commencer.

Les trois sorciers se regardèrent, entendus et armés. Face à eux, Ginerva et Drago eurent l'air désemparés, et profondément effrayés. L'idée de perdre leurs enfants les paralysaient. Le contexte de la situation rendait tout plus risqué et compliqué, pourtant, ils s'en fichaient.

- Nous allons faire des équipes. Dit alors Voldemort. Personne ne se sépare. On va vadrouiller dans le château, et dénicher cette petite vermine.

- Depuis quand la survie d'Hermione t'intéresse-t-elle ? Demanda Harry, suspicieux.

- A vrai dire, elle m'est égale, mais la mienne m'importe et outre cela, je souhaite attraper ce répugnant petit cancrelat. Personne ne peut prétendre m'imiter sans en payer le prix. Cette mise en scène était ridicule ! Dit-il offensé. Même Ginerva était plus douée à 11 ans ! Je refuse de laisser passer un pareil affront à ma personne !

Tous le regardèrent surpris, et inquiet. Si même Voldemort décidait de se mettre en chasse, ils ne donnaient pas chère de la peau de cet inconnu. La question qui préoccupait désormais les esprits était surtout de savoir comment allaient-ils faire pour le laisser en vie et ne pas le tuer, après tout ça ? Car la menace de l'esprit temporel planait toujours dans l'air. Personne ne devait mourir.


Des groupes avaient été formés pour partir en expédition dans le château. Tous avaient finalement décider d'agir. Ginerva et Drago, la boule au ventre, redoutaient qu'il n'arrive un malheur. Ils connaissaient leurs enfants et même s'ils ne désiraient que trouver Hermione, ils ne pouvaient s'empêcher de trouver cette tactique déraisonnable. Ils ne connaissaient rien de leur adversaire, et fonçaient tête la première, persuadés que leur supériorité ferait le reste. Mais ils se trompaient. Et les doutes les rongeaient. Pour ce qui était des trois jeunes sorciers, rien n'aurait plus les convaincre d'attendre. A peine leurs groupes décidés, ils quittèrent la Grande Salle à toute jambe, baguette ne main. Maintenant que leurs magies étaient revenues, ils ne rêvaient que d'une chose. Torturer cette ordure d'inconnu.

Kaï avait en lui la folie destructrice de sa mère génétique, Scorpius, l'imagination sadique des Malfoy, tandis que Magnus avait, lui, la soif de sang et le machiavélisme de son père.

Dans leurs yeux brillaient le désir de vengeance. Un désir insatiable, qui ne pourrait s'assouvir que quand cet individu ramperait à leurs pieds, les suppliant de l'achever. Ils avaient déjà torturé et tué d'innombrable membres de l'Ordre, Moldus ou traîtres. Derrière eux, les échos des cris de leurs victimes résonnaient encore. Dans leur époque, personne n'ignorait qui ils étaient. Les fils des plus grands sorciers et plus grandes sorcières. Des plus monstrueux aussi. Le trio sanglant. Un Lestrange, Un Malfoy et Un Jedusor. Le fléau de tous, pour quiconque se frottait à eux. Leur réputation faisait froid dans le dos. Et ils le savaient. Ils avaient ça en eux, dans leur sang, dans leur ADN. Rien n'aurait sût changer leurs natures profondes et leurs instincts de tueurs. Mais peu leurs importaient d'être des monstres. A vrai dire, ils l'étaient volontiers, surtout si cela gardait ceux qu'ils aimaient sain et sauf. Ils avaient refusé que leurs parents les accompagnent. Ils ne souhaitaient pas les mettre en danger, mais surtout, ils ne voulaient qu'ils tentent de les empêcher de s'occuper du Ravisseur. La mesure n'était plus d'actualité. Ils avaient fini de jouer les gentils. Car ils ne l'étaient pas. Leurs sangs, leurs orgueils, leurs fiertés, leurs honneurs, leurs noms... tout chez eux ne pouvait tolérer d'être en position de faiblesse. Le chantage ne marchait pas. Et la lâcheté non plus.

D'un pas vif, ils marchaient dans les couloirs sombre du château. Leurs magies rendaient leurs présences et respirations muettes. Ils ne voulaient pas effrayer leur proie. Car oui, ils étaient en chasse. Tout bon chasseur sait que le gibier doit venir à lui, et pas l'inverse. Dans leur silence, ils se suivaient à la trace, sans aucun besoin de communiquer. Ils avaient été formés ensemble depuis leurs plus jeunes âges. Ils savaient se comprendre d'un regard, et n'avait besoin de rien de plus. Ils étaient les meilleurs traqueurs de leur temps et, n'avaient jamais essuyé un échec. Et ils n'en connaîtraient pas un aujourd'hui.
Ils visitèrent tout le rez de chaussé du château sans trouver le moindre indice, avant de monter pour le deuxième étage. Harry, Ron, Ginny et Zabinni s'occupaient, eux, des tours et des douves. Voldemort, les deux Drago et Ginerva étaient partis fouillés les ailes reculées. Le plan était de se retrouver à la Grande Salle toutes les heures. L'esprit du Temps ne leur avaient pas donné beaucoup d'indice clé pour les aider dans cette mascarade, aussi les trois sorciers voulaient partir de là où tout avait commencé. Les Toilettes n'avaient pas changé depuis qu'ils en étaient partit. Une odeur de sang et de fer emplissait les lieux, mais aucun d'eux ne sourcilla. Les robinets ne coulaient plus depuis longtemps, et le sang sur le mur avait séché malgré l'humidité. Ils ne dirent rien, la gorge serrée et restèrent concentrés sur leur mission. Ils y restèrent une vingtaine de minutes, scrutant chaque carreau, robinet ou recoin de la pièce. Ils faillir bien se résigner. Il n'y avait que du sang. Pourtant, alors que Kai fixait avec intensité le mur tagué, sa respiration se coupa.

Un cheveu. Long et bouclé, se trouvait coincé dans le sang coagulé d'une des lettres au mur. D'abord dubitatif, il ne dit rien, pensif. Il était à n'en pas douter à la Gryffondor. Pourtant, alors qu'il le détachait du mur avec délicatesse, un frisson le parcourut. Sans comprendre, il se recula et regarda l'inscription une nouvelle fois. Les lettres étaient de taille moyenne, penchées, et presque tordues. Mais elles lui semblaient aussi familière. Le mot Mudblood n'était pas nouveau pour lui. Il l'avait, lui aussi, gravé dans sa propre peau pour le reste de son existence. De même pour Hermione. Cette pseudo-coïncidence le fit réfléchir davantage. Quelque chose lui échappait. Il en était certain.

- Hé, les gars. J'ai trouvé quelque chose. Murmura brusquement Scorpius depuis le fin fond des toilettes.

Ils se précipitèrent tous deux vers lui. Accroupi derrière les robinets, contre le socle des lavabos, le blond tenait dans ses mains un bout de tissus. De la taille de la phalange d'un pouce, il semblait avoir été déchiré.

- Aucun sort ne fonctionne dessus non plus.

- Il pourrait être à n'importe quoi. Soupira Magnus. Peut-être même à l'un de nous.

Mais Kaï, lui, ne dit rien. Délicatement, il saisit l'étoffe. De la soie couverte de dentelle de toute évidence, et pas de moindre qualité. Cette sensation lui donna la chair de poule et une nausée. C'est là qu'il comprit. Les éléments qui lui échappaient jusqu'à maintenant s'assemblèrent d'un coup dans son esprit, si bien qu'il en eut un vertige. Sans que ses deux amis ne comprennent, il se leva, la respiration brusquement haletante et parti en trombe dans les couloirs. Magnus et son cousin tentèrent bien de le suivre mais sa course était effrénée. Il ignora chacun de leur appel et les sema en quelques instants dans les virages. Il ne pouvait leur parler. Il ne pouvait pas leur dire. Car lui-même refusait d'admettre sa découverte. Il continua pendant plusieurs minutes avant de s'arrêter, le souffle court, et les jambes fatiguées. Il avait l'impression que sa tête allait exploser. Ses pensées, mélangées à ses émotions tournaient en rond dans son cœur et son esprit. Rien ne semblait plus avoir de sens. Au bord de la crise de nerf, il s'assit par terre, les yeux écarquillés d'horreur et de folie. Pourquoi fallait-il donc que ses fantômes le pourchassent ? N'avait-il pas assez souffert ? N'avait-il pas assez enduré cette mascarade ? Sa main se referma machinalement sur son avant-bras ; à l'emplacement, même où le futur Ron Weasley graverait Mudblood, sur sa peau d'enfant de huit ans. Une époque où il était encore innocent et pourtant, cet événement avait véritablement marqué la fin de son enfance. Il l'avait plongé dans le monde de la guerre, de la souffrance et de la peur. Les cris de sa tante, déchirée face à sa torture, résonnaient encore dans ses oreilles. Il avait enduré cette souffrance pour elle, sa mère, son père... pour tous ceux qu'il aimait. Et aujourd'hui, il allait recommencer.

Le corps raide et les poings serrés, il se releva, la respiration lourde. Il ne savait pas comment les choses allaient tourner. Peut-même allait-il mourir ? Mais cela lui importait peu. Il devait retrouver Hermione au plus vite. Et il savait où aller. Pour la simple et bonne raison qu'il savait, qui la détenait.


Le cœur battant à cent à l'heure, Malakaï resserra son poing autour de sa baguette et déglutit. Devant lui, se dressait le contour de l'immense porte qu'il venait d'invoquer au beau milieu d'un couloir. Il n'aurait jamais cru y faire face un jour. Pourtant il y était. Devant la Salle sur Demande. Il ignorait comment il avait pu se montrer aussi distrait pour ne pas y être allé dès les premiers instants. Cette Salle, il en avait entendu parler toute sa vie. Les ornements de la porte magique finirent d'apparaître sous ses yeux ébahis. Ils avaient l'impression de redevenir enfant.

Sans respirer, il enfonça la poignée et entra dans le grincement inquiétant des gongs usés de l'entrée. Prêt à toutes les éventualités, il fit face à une étrange salle. Un silence de mort y régnait. Il s'agissait d'une sorte de salon, parcouru de colonnes de marbre Noir, d'anciennes tapisseries, de tableaux et de canapés en cuir tout aussi sombre. L'ambiance y était lugubre, froide et pesante. Baguette en avant, il entra, sur ses gardes. Rien de vivant ne semblait avoir été dans cette pièce depuis longtemps. Même les battements de son cœur lui semblèrent assourdissant en ces lieux. Prudemment, il s'avança. Face aux tapisseries murales, il se rendit compte que celles-ci bougeaient. Des formes se mouvaient lentement, cachées par la tonne de poussière qui reposait dessus. Tout en ignorant la sueur froide qui le taraudait, il l'ôta d'un coup de baguette avant de voir s'afficher plus d'une centaine de visage et de noms. Mais il ne s'agissait pas de n'importe lesquels. Non. Car ils les connaissaient. A vrai dire, ils ne les connaissaient que trop bien.

- On admire la vue ?

La voix aiguë qui s'éleva derrière lui glaça le sang dans un sursaut. Il se retourna, baguette armée. C'est là qu'il la vit. Pourtant, il ne pouvait pas y croire. C'était impossible. Face à son mutisme, son interlocutrice éclata de rire. Un rire amusé, mais plus que tout, un rire hystérique. Un rire qu'il n'aurait jamais cru entendre de sa vie.

- Alors, on a perdu sa langue ? On a peur ?

Il ne répondit pas, mais la regarda s'avancer, le pas léger et gaie. Elle souriait d'un air carnassier, et impatient, plus heureuse que jamais tandis que sa baguette collait à ses doigts recouverts de sang.

- Je ne suis dans le coin que depuis très peu de temps. Dit-elle. Tu es Kaï ? C'est ça ?

L'entendre prononcer son nom lui donna des frissons mais il ne céda pas. A la place, un fin sourire naquît sur ses lèvres à son tour. Il allait apprécier ces instants. Oh oui... Son sourire la fit plisser des yeux, intriguée.

- Malakaï. Corrigea-t-il.

- Malakaï... Intéressant. Un nom de Sang pur ! Tu ne dois pas être le plus débile de la bande. Je m'attendais à voir débarquer ce cher petit bébé Potter à ta place ! Rit-elle. Mais ce n'est pas très grave, je suppose que tu seras le premier à mourir !

- Non. Je ne crois pas.

- Oh, un autre petit sorcier qui se croit plus fort que les autres... Tant mieux ! S'écria-t-elle réjouit. Cela ne rendra ta mort que plus amusante !

- La tienne aussi. Dit-il menaçant.

- Personne n'ose s'en prendre à moi sans être fou jeune homme !

Cette fois, c'est Kaï qui explosa de rire. Un rire étrangement similaire, qu'il avait en lui depuis toujours et qui intrigua la femme d'avantage. Elle ne s'attendait certainement pas à cette réaction de sa part.

- Disons simplement, que ça doit être de famille... Bellatrixe.


Et voilà ! L'arrivée inattendue de Bellatrixe ! J'espère que vous aimez ! Attendez-vous à plusieurs autres surprises, et à beaucoup de conséquences dû à son arrivée. Dîtes-moi ce que cous en pensez dans les commentaires !

Merci pour tout vos messages réguliers et tellement encourageant ! Vous êtes super, je vous adore !

Je vous dit à très vite pour la suite. Bisous à tous !