Drago regarda Hermione, le visage défait. Les lianes épineuses transperçaient sa peau, faisant ruisseler son sang le long de son corps. Ses cheveux bruns tombaient en cascade dans le vide, imprégnés à leur tour du liquide rouge, tandis que sa tête renversée en arrière affichait un visage battu et tuméfié. Cette vision d'horreur le pétrifiait sur place. Non pas pour les conséquences qu'il aurait sur Granger, et il le savait, elles ne seraient pas des moindres ; mais pour ce que cette mise en scène représentait. Des cris, des larmes, et tant de sang... des flaques entières sous les corps, des ruisseaux dans les jointures des pierres et un caniveau rouge, se jetant au dehors, quelque part au loin, emportant avec lui les dernières traces de ses crimes. Ses crimes. A lui... Un frisson l'électrifia. C'était impossible. Inimaginable. Il ne pouvait pas être ici. Le sang lui monta à la tête, palpitant avec force partout dans son être. Sans essayer de réfléchir, il regarda Hermione, toujours la tête en bas. Les gouttes sur la pierre nappaient déjà le sol. Il grimaça avant même d'agir, et dans un élan d'adrénaline, agrippa à pleine main l'une des lianes pendantes à côté de sa tête. Les épines se plantèrent dans sa chair tendre sans la moindre résistance, brûlant sa peau, et faisant jaillir par la même occasion des traînées écarlate qui coulèrent le long de ses bras. Un grognement sortit de sa gorge mais il ne lâcha pas sa prise pour autant. Alors que sa peau se déchirait sous les griffes acérées des plantes voraces, on entendit un bruit écœurant des chaires lacérées du corps inanimé de la Gryffondor qui chuta de toute sa hauteur, retenu de justesse par une dernière liane accroché à son pull. Dans un cri de douleur et de rage, le Malfoy se détacha, ignora les trous saignant au creux de ses paumes, et agrippa du mieux qu'il put la jeune femme. Son corps, froid et lourd dans ses bras lui donna l'impression de tenir un cadavre.

- Granger ! Granger ! Allez !

Il la secoua vainement, le regard toujours aux aguets et tourné vers les couloirs. Mais comme il s'y attendait, pas un souffle ne lui répondit. Dans une flopée d'insultes rageusement marmonnées, il jeta un coup d'œil à sa baguette avant de la ranger dans sa poche. Le sort s'acharnait, et les possibilités qui s'offraient à lui étaient restreintes. Il ne pouvait pas utiliser la magie sur elle. Pas dans son état. Il pensa un instant à hurler, en espérant que l'un de ses camarades l'entende mais le risque d'attirer l'attention sur sa position l'en dissuada. Il était livré à lui-même, pétrifié par une possibilité qui lui donnait envie de vomir.

- Allez ! Granger, s'il te plaît !

Jamais il n'avait autant voulu l'entendre parler, son air de miss je sais tout, collé sur le visage. Or, elle était là. Inconsciente, ou morte, il ne savait pas ; au milieu d'un couloir couvert de son sang... une véritable misère. Il déglutit, et la revit se balancer dans le vide. Ces images le firent frissonner une nouvelle fois d'effroi, tandis qu'il essayait de se convaincre de l'absurdité de ses pensées et prémonitions. Pourtant, il l'avait senti. Au fond de son ventre. Cette angoisse, cette oppression qui lui donnait envie de se cacher. Il la sentait imprégner son corps, tentant de le paralyser, de le convaincre de ne pas bouger... mais il en était incapable. Tremblant, et grimaçant, il passa un bras sous les jambes de la jeune femme et la leva avec lui dans une grimace douloureuse. Ses mains saignaient avec abondance, le poison contenu dans les épines rendant la cicatrisation et coagulation impossible. Glacée contre lui, Hermione ne fit qu'accentuer son frisson déjà inquiétant. D'un pas mal assuré, il la porta jusqu'à la porte de la Grande Salle, le souffle court et le regard anxieux, mais il ne put ne serait-ce que tenter d'ouvrir la porte qu'un sort le frappa en pleine face. Sans réaliser ce qui arrivait, il se trouva propulsé contre le mur, Hermione roulant au sol à ses côtés, pour retomber dans sa propre marre de sang. Le souffle coupé par l'impact, il se tordit au sol en gémissant. Sa tête avait heurté l'angle du mur, floutant par la même occasion sa vue. Pourtant aucun son à part ceux de ses propres plaintes ne transperçait le silence morbide du couloir.

- Qui est là ?! Hurla-t-il.

Un autre sort, moins violent cette fois vola dans les airs. Il le para de justesse, sa baguette glissante entre ses mains pleines de sang. Debout, mais essoufflé, il riposta. Sans savoir qui ou quoi viser, il affligea le couloir de milles sortilèges avant d'en parer un second. Il était dirigé sur Hermione.

- C'est donc vrai.

La voix qui s'éleva depuis le néant des murs de pierres figea le Malfoy d'horreur. Sans comprendre, et le regard hagard, il vit un sort de dissimulation s'effacer devant lui, révélant ce que son frisson lui avait prédit de plus horrible.

Son père. Debout, le menton relevé et baguette en main, Lucius Malfoy apparut sous ses yeux. Son rictus dédaigneux et empreint de dégoût dévisageait son fils, tandis que son regard semblait ahuri. Sa main se refermait machinalement sur la paume de sa canne, tandis que ses narines se dilataient à mesures que ses inspirations s'intensifiaient. Il tentait de garder son calme. Ses longs cheveux semblaient briller d'une lueur fantomatique dans les ombres du couloir. Si bien que Drago espéra qu'il ne s'agissait que d'une hallucination.

- Tu sauves cette Sang de bourbe. Dit-il en articulant chaque mot.

Face à son père, Drago perdit sa langue. A vrai dire, il aurait souhaité pouvoir l'avaler et s'étouffer avec.

- P... Père... vous... vous êtes là.

Il ne répondit pas, mais sourit. Un sourire glaçant, froid et empreint d'un vice à vomir.

- Toi. Mon fils. Sauve une moldue.

- Père...

- Parle ! S'indigna-t-il en lui relançant un sort que son fils esquiva.

- Père... déglutit-t-il. Vous devez m'écouter.

- Comment oses-tu me donner des ordres alors que je te prends en plein délit de trahison ! Pour une sang de bourbe ! Hurla-t-il. Le maître te fera payer ! Il nous fera tous payer !

- Père, vous ne comprenez pas ce qu'il se passe ici !

- Cette Sang de bourbe aurait dû rester pendue comme la saleté qu'elle demeure ! Je me demandais bien qui la secourrait en premier ; Potter, Weasley, mais toi... Mon propre fils au secours d'une impure ! Que je sois damné pour t'avoir enfanté !

Lucius ne pu en supporter davantage. Aveuglé et sans aucun self contrôle, il affronta son fils, lui lançant sortilèges sur sortilèges. Drago les para du mieux qu'il put. Des bouts de pierres volaient des murs frappés par les sorts noirs, emplissant le couloir d'un nuage de poussière étouffant. Pourtant il ne devait pas le perdre de vue. Il ne devait pas oublier leur sort si son père parvenait à achever Hermione. Il ne devait pas le laisser le gagner. Alors qu'il se protégeait des enchantements enragés du mangemort, il réussit à l'envoyer valser contre un mur. Cet exploit glaça le sang du jeune serpentard. Cet affront allait lui coûter cher. Le regard qu'il lui lança en se relevant lui confirma cette évidence.

- Vous devez m'écouter !

- Je ne... veux rien entendre de ta bouche !

- Je ne vous laisserai pas tous nous condamner ! S'écria-t-il. Vous ne savez pas...

Mais sa phrase fut coupée par le rire hystérique de Lucius, qui gloussait en prenant appuis sur sa canne pour tenir debout. Son pantalon déchiré révélait une profonde blessure à sa jambe gauche.

- Pauvre petit idiot ! Ta mère aurait honte de toi ! Te préoccuper de leurs sorts... a tous ces traîtres ! A ces moldus !

- Vous ne savez rien ! Laissez-moi vous…

- Assez ! Bella avait raison, je me suis montré bien trop tendre avec toi !

L'évocation de sa tante suffit à boucher bée le blond de nouveau. Si cette folle sans âme était bel et bien dans le château, il était définitivement condamné. Ils l'étaient tous.

- J'aurais dû la tuer dés l'instant où je l'ai vu ! S'écria-t-il en la pointant avec sa baguette. J'ai laissé ta tante s'amuser avec elle mais c'était imprudent ! Maintenant, te voilà, à défendre sa vie... Pourquoi ?!

Drago déglutit, le visage en sueur et le corps tremblant. A ces pieds, le sang d'Hermione continuait de se répandre sur la pierre et collait à ses semelles.

- Elle ne doit pas mourir ! Si vous m'écoutiez, vous comprendriez !

- Cela n'a aucun sens !

- Rien ici n'a de sens !

- Alors cesse de faire l'enfant et rejoint moi ! C'est là ta place, mon fils ! Pas auprès de ces traîtres à leurs sangs ou de ces moldus ! Tu es un sang pur ! Un Malfoy ! Cracha-t-il en grimaçant. Ces gens ne t'apporteront jamais rien ! Et pourtant tu te bats pour eux ! Contre ta propre famille...

- Père...

- Le seigneur des Ténèbres n'est pas obligé de savoir. Continua-t-il en boitillant. Il t'épargnera si nous lui prouvons ta loyauté ! Mon fils, reprend toi ! Ne finit pas comme elle !

Le regard qui lui lançait son père le déchirait de l'intérieur. Il ne lui avait jamais tenu tête auparavant. Jamais contredit et encore moins combattu. Pourtant, il se tenait là, face à lui et baguette en main. Et il saignait. Il l'avait fait saigner. Son père était blessé par sa faute. Cette vision lui semblait surréaliste. Lucius Malfoy, ce pilier de froideur, cette montagne de souffrance... n'était pas invincible. Et il le suppliait. Le suppliait de le suivre, et de la laisser mourir. De se battre à ces côtés contre Potter et Weasley. Ses réflexes lui hurlaient de ne pas réfléchir, de ne pas se poser de question, et de capituler la tête basse, comme il l'avait toujours fait. Mais il ne bougeait pas. Il ne pouvait pas. Pour la simple et bonne raison que son père se trompait. La guerre était fini. Ils avaient gagné mais cela n'avait plus la moindre importance désormais. Son regard se porta sur le corps de la Gryffondor, et l'image de son futur fils s'imposa dans son esprit. Ses fils. Scorpius et Kai. Ses héritiers tant attachés à leurs valeurs, mais plus que tout : à leur mère. Il avait vu leur réaction à l'annonce de sa disparition. Leur inquiétude, leur obsession, leur angoisse... elle était tout pour eux. Comme pour sa fille. Rose. Le souvenir de la vision de son sauvetage lui hanta l'esprit. Elle était son portrait craché mais avait les yeux de sa mère. Comme Scorpius. Il revit l'arrivée de son propre double et le soulagement qu'il avait lu dans son regard à l'apparition d'Hermione. Il y avait de l'inquiétude, mais aussi de l'amour. Tant d'amour. Aussi bien dans les siens que dans ceux de ses fils. Et même dans ceux de la jeune femme. Elle ne disait rien mais il l'avait vu. A chaque fois qu'elle apercevait Scorpius ou Kai. Une étincelle s'allumait dans son regard. Une étincelle qu'il ne voulait éteindre pour rien au monde, et qu'il ne voyait jamais dans le regard de son père.

- Drago ! S'impatienta son père.

Mais il ne dit rien. A la place, le Malfoy se mit devant elle et arma sa baguette, la mâchoire serrée et le regard dur.

- Vous ne savais rien. Dit-il.

- Comment oses-tu ? Écarte-toi !

- Non, père. Pas cette fois.

- Tu te bats pour elle ! Une sang de bourbe !

- Vous avez raison. C'est bien une sang de bourbe, mais cela ne change rien. Je ne vous laisserai pas la tuer.

- Et tu penses pouvoir m'en empêcher ?

- Oui.

- Pourquoi ?! S'époumona-t-il en lui lançant un sort de rage. Pourquoi ?

Cette question le laissa sans réponse un court instant. Un peu trop court d'ailleurs au goût de son orgueil, mais il n'y pensa pas. Non. Un feu venait de s'allumer en lui. Une transe dans laquelle il plongea et se noya, aveuglé par sa chaleur étouffante.

- Personne ne touche à ma famille.

S'en suivit alors un sort, lancé par Drago avec une rage sans nom qu'il n'avait jamais connu auparavant. Puis un autre, que son père eut du mal à éviter. Et puis un autre. Encore et encore, inlassablement. Les deux hommes s'affrontèrent avec une haine et un dégoût qui fit trembler les murs. On entendait plus que le claquement des baguettes dans l'air et les explosions contre les murs. On vit Lucius, le visage déformé et gouttant de sang. Et Drago, plus impassible que la mort, prêt a tuer s'il le fallait. Devant lui, il ne voyait plus son père. Mais uniquement l'homme qui avait torturé des innocents dans la cave de leur manoir, pour leur soutirer des informations. L'homme qui avait contrôler chaque seconde de sa vie. L'homme qui l'avait battu quand il n'était pas assez doué, assez fort, ou assez cruel. L'homme qui n'avait jamais véritablement aimé sa mère. L'homme qui lui avait fait peur toute son enfance durant et qu'il n'avait jamais osé contredire car au fond, il n'avait jamais pu s'empêcher de l'aimer malgré tout. Les minutes s'écoulèrent et plus de sang nappa le sol. Lucius n'avait pas pu éviter tous les sorts de son fils et en particulier une rafale de Doloris. A terre, il crachait, le corps tremblant. Sa baguette gisait loin devant lui et celle de Drago reposait sous son menton. Il était sans défense. Pour la première fois de sa vie, ce n'était pas lui qui avait l'avantage. L'élève venait de dépasser le maître.

- Tu ne... tuerais pas ton... propre père ? Drago...

Drago ne répondit pas à sa voix misérable et son regard subitement effrayé, mais regarda Hermione une nouvelle fois. Il la senti en lui. L'étincelle. Le choix était déjà fait. Il ferma les yeux, prêt à lancer un autre sort, quand un cri s'éleva depuis le couloir derrière lui. Blaise. Son ami était là, avec le Potter et Weasley. Ils le dévisagèrent sans comprendre, ahuris, puis virent Hermione et Lucius. Personne ne trouva quoi dire, avant qu'une autre voix ne résonne. C'était lui. Son fils. Scorpius était là, la bouche ouverte et le souffle court, les yeux écarquillés à l'extrémité de l'autre couloir. A sa vue, un poids s'ôta dans la cage thoracique du jeune homme qui se détourna de son père. Son fils était là. En vie. En sécurité. Il le vit se précipiter vers lui et se figer devant Lucius, à terre. Puis ce fut au tour de Kai d'arriver. Et Ginerva... Tous finirent par le trouver, y compris Voldemort. Un silence de mort plana quand ils reconnurent tous le père Malfoy. Mais les garçons n'y prêtèrent que peu d'importance et se ruèrent vers leur mère. On entendit résonner leurs cris d'angoisses dans le château. Mais par-dessus s'éleva un autre cri. Celui d'une Bellatrix Lestrange méconnaissable, enchaînée, hystérique et traînée au sol par le fils du Seigneur des ténèbres lui-même. Cette fois, ni elle ni Lucuis, ne souriaient.


- Est-ce qu'elle va s'en sortir ?

Ces mots, Kai les répétaient dès que quelqu'un sortait de la chambre d'Hermione. Depuis plus d'une journée maintenant, Ginny et Ginerva s'occupaient de la garder en vie, avec l'aide de Voldemort à qui elles demandaient de l'aide de temps en temps. Personne n'avait de nouvelle de son état à part lui. Et cette situation rendait fou le jeune Lestrange. Quand il l'avait vu, pâle et immobile, allongée dans son sang, le corps battu et lacéré, il avait bien cru que son cœur allait s'arrêter. Que son monde était sur le point de s'effondrer. Il mit plusieurs minutes à détecter ne serait-ce que son pouls. Même Voldemort ne croyait pas qu'elle puisse être sauvée. Mais il en valait de leurs survis à tous. Par, ils ne savaient quel miracle, son souffle s'était approfondit, leur redonnant espoir. Aussi les deux jeunes femmes l'avaient emmené dans sa chambre pour la laver et soigner du mieux qu'elles le pouvaient. Le poison contenu dans les lianes magiques de Lucius Malfoy avait la particularité d'être imperméable à la magie. Aussi la survie d'Hermione ne dépendait plus que d'elle-même. Une circonstance qui affolait Kai un peu plus qu'il n'en avait besoin. Assis en face de la porte de sa mère, il attendait, sans rien dire. Pensif et inquiet, il se focalisait sur elle, priant avec une ferveur inédite, chacun des Dieux qu'il connaissait. A vrai dire, il ne savait pas quoi faire d'autre. Dans un son esprit tournait en boucle les souvenirs de la veille. De sa fuite dans les toilettes du Deuxième étage, à la découverte du corps d'Hermione... Tout défilait dans un film complet et détaillé qui passait et repassait, encore et encore. Chaque détail de sa mémoire lui donnait envie de vomir.

Ce qu'il avait fait. La partie de lui qu'il avait libéré ce soir-là... Il n'aurait jamais cru y faire face de cette manière. Il avait toujours su qu'il avait ça en lui. Que sa mère biologique lui avait transmis cette folie meurtrière vicieuse et héréditaire... mais à ce point... il avait du mal à y croire. Il avait commis bon nombre d'atrocité dans sa vie mais ne s'était jamais considéré comme en étant lui-même une. Du moins, pas avant aujourd'hui. Le pire, c'est qu'il ne regrettait pas un seul instant des souffrances qu'il avait affligé à Bellatrixe. Pas un seul de ses cris ne lui procurait pas un frisson d'allégresse et de pure jouissance. Il avait rêvé de les entendre toute sa vie. Et il sait pertinemment que sans l'intervention de sa famille, il aurait continué. Par Merlin, il en était sûr. Jusqu'au petit matin ; jusqu'à ce qu'il ne lui reste plus un seul centimètre de peau qui ne soit pas à vif ; jusqu'à ce que ces boyaux lui sortent du ventre ; jusqu'à ce qu'il lui arrache la langue à main nue... il en était certain. Il ne se serait pas arrêté avant qu'elle ne soit plus qu'un amas de chaire sanguinolente. Et il aurait savouré chacun de ces instants, comme il avait aimé les précédents. Mais non. Scorpius, Magnus, Ginerva, Drago, Voldemort, Ginny... ils étaient tous arrivés avant. Et ils avaient tous assisté à ce spectacle. Ils l'avaient vu, alors qu'il était au pire de lui-même. Une ombre malsaine, déconnectée de la réalité et aussi folle que meurtrière. Il avait pendant l'espace de quelques heures, été une réplique exacte du monstre que représentait sa mère biologique à ses yeux. Et son seul regret, était d'avoir été vu dans cet état. D'avoir aperçu l'horreur dans le regard de sa tante, l'effroi dans celui de Ginny, la peur dans celui de Drago, l'agréable surprise dans celui du Lord, et enfin, l'immense inquiétude dans les yeux de Scorpius et Magnus. Eux, plus que les autres, savaient qui, il était véritablement quand il était en transe. Ce n'était pas la première fois que cela lui arrivait, bien au contraire. Il avait toujours senti ces pulsions en lui, mais les refrénaient autant qu'il respirait. Il était arrivé que pendant des missions risquées, il commence à perde pied. Que ce soit avec des résistants du CRIME, ou des moldus un peu trop extrêmes... il finissait toujours par prendre beaucoup trop de plaisir à les torturer et à les tourmenter... Parfois il ne savait même plus s'arrêter. Comme aujourd'hui. Et à chaque fois, ils étaient là. Magnus et Scorpius. Pour le raisonner, le retenir ou l'assommer en cas d'extrême urgence, chose qui était déjà arrivée d'ailleurs. Il avait fait tant de chose, que parfois les sangs se mélangeaient, ne faisaient plus qu'un... Et toujours il était au milieu. Il nageait dedans. Inconsciemment son regard se porta sur ses mains. Elles étaient rouges. Ce n'était pas la première fois. Il finissait toujours par avoir les mains rouges. A chaque fois. Mais aujourd'hui, ce n'était pas n'importe quel sang. Il était pur. Il venait d'une Black, d'une Lestrange, d'une Mangemort, d'une ancienne prisonnière d'Azkaban, et de sa mère... tant de signification tragique à travers deux paumes rouges. Il aurait voulu se nettoyer un peu, mais n'avait pas la force de se lever. Il n'avait pas bougé depuis des heures. Et il ruisselait littéralement de sang. Ses habits, ses cheveux, son visage... tout chez lui était parsemé d'éclaboussure vermillon, ajouté à ses propres blessures dû à son combat avec sa mère. Sa vie n'était plus que du rouge.

- Kai ?

Trop plongé dans ses pensées, il n'avait pas entendu Ginny sortir de la chambre, un bac de linge humide dans les bras. Il voulut se lever mais elle le rassure d'un sourire, et s'accroupit face à lui. Malgré la fatigue qui se lisait sous ses yeux, elle lui souriait doucement.

- Tu devrais peut-être allez te reposer.

- Non. Trancha-t-il fermement. Je refuse de la quitter.

- Kai, Hermione dort. Elle ne pourra allez nulle et part et puis nous avons installé des sortilèges autour de la chambre. Elle ira bien.

- Je ne prendrais pas le risque.

Elle voulut répondre mais cessa de batailler, consciente que c'était peine perdue. Dans un soupir elle s'assit complètement sur le sol, et le regarda sans rien dire. La clairvoyance et les sous-entendus qu'il y lut, le déstabilisa à tel point qu'il s'en détourna.

- Je suppose que... je devrais m'excuser.

- Ce ne serait pas sincère. Dit-elle sans formalité. Je sais que tu ne regrettes pas ce que tu as fait.

- Ginny, je...

- Merci.

Ce mot était bien le dernier que Malakaï Lestrange s'était attendu à entendre. Figé dans sa surprise et son incompréhension, il regarda la rousse, choqué. Face à sa tête, elle rit doucement, avant de saisir l'une de ses mains et de la regarder. Plus précisément, elle contemplait le sang qui la couvrait.

- Merci Kai.

- Je ne comprends pas.

- Tu as accompli, le rêve de plus d'une personne ce soir. Déclara-t-elle songeuse et envoûtée par le vermillon sec qui nappait sa peau craquelée.

- Non... je ne crois pas.

- Harry a vu son Parrain, Sirius, mourir devant ces yeux lors de notre cinquième année. Nous nous étions infiltrés dans le Ministère de la Magie en pleine nuit. A l'époque, le retour de Voldemort était tabou. Nous voulions leur prouver qu'ils avaient tort. Nous voulions sauver le monde. Et Bellatrixe l'a tué. Comme ça... sans la moindre hésitation ou considération. Son propre cousin. Elle a torturé les parents de Nevilles, qui a dû être élevé par sa Grand-mère. Elle a brûlé ma maison, à moi et à ma famille. Elle a tenté de tuer ma mère. Elle a torturé Hermione, Luna... Et encore, ce n'est rien comparé à tous ces autres crimes. Alors crois-moi quand je te dis merci. Parce que je ne pense pas que j'aurais eu la force de le faire si j'avais été à ta place. Harry non plus. On... on n'en aurait pas eu le cran. Alors merci de nous avoir tous vengé avec toi.

- Elle va mourir. Murmura-t-il, les yeux remplis de larmes de frustration après les paroles soufflées à basse de la rouquine. Je ne sais pas quand, ni comment, mais je le jure. Elle va mourir. Je vais la tuer.

- Je sais. Sourit-elle doucement en reniflant à son tour. Je sais Kai. Et je sais que tu ne reculeras devant rien pour tenir cette promesse. J'espère juste que...

- Quoi ?

- Que tu ne te perdras pas en chemin. Elle ne le mérite pas.

Il ne dit rien, trop concentré pour ne pas craqué devant elle et baissa la tête. Il avait l'impression que son cœur était descendu dans son estomac. Il senti la main de Ginny se refermer sur la sienne et senti un tissu froid contre sa peau. Lentement, il la vit le nettoyer, dévoilant la véritable couleur de sa peau à travers ce voile opaque écarlate. Il avait l'impression de l'ôter pour la première fois.

- Comment as-tu su ?

- Quoi ?

- Que c'était elle. Bellatrix je veux dire. Les garçons ont dit que tu avais fui devant un bout de tissus.

- Un bout de sa robe. Dit-il d'une voix. Narcissa a toujours gardé des robes qui lui appartenait dans un coffre, caché dans le grenier de notre Manoir. Je passais des heures à les étudier, à l'imaginer dedans... Je n'oublierais jamais la sensation de leur soie sous mes doigts. J'ai tant prié pour pouvoir l'étouffer avec...

- Tu devrais aller te nettoyer. Dit Ginny après quelques secondes de silence. Je doute que tu veuilles qu'Hermione te voies dans cet état. Et puis tu es blessé.

- Je...

- Harry et Ron vont montez la garde. Je sais que tu ne leur fais pas trop confiance mais je ne me fais pas de soucis. Ils aiment Hermione. Il ne lui arrivera rien. Précisa-t-elle face à son expression paniquée.

- Et... et les autres ?

- Oh... et bien je dirais qu'ils sont dans la Grande Salle. Le maît... heu... je veux dire... Voldemort, a décidé d'interroger Lucius et Bellatrix. Je pense qu'il vaudrait mieux que tu y ailles aussi.

- Si je la revoie je serais capable de l'étrangler avec ses cheveux.

- La faille est toujours dans le château et eux seuls savent où elle se trouve. Tu as peut-être appris des choses dont tu ne mesures pas l'importance. Tu devrais y allez.

Il soupira, pas le moins du monde convaincu mais ne dit rien et acquiesça. De toute façon, Hermione n'allait pas se réveiller avant plusieurs heures et il préférait autant éviter de passer celles-ci en compagnie de Potter et Weasley. Et puis, une envie malsaine et perverse au fond de son cœur voulait revoir Bellatrixe. Il voulait voir son état, sa folie, et plus que tout il voulait voir son visage quand elle réaliserait qui il était réellement depuis le début. Quand elle comprendrait que le "bébé sorcier » qu'elle cherchait à tuer, n'était autre que son propre fils, son seul et unique héritier.


- Je ne voudrais passer pour le plus rabat joie de la bande, mais ne vaudrait-il pas mieux que nous recherchions nous-même la faille plutôt que d'attendre quoi que ce soit de ces deux vicieux serpents ? Demanda Blaise en regardant le futur Drago resserrer les liens de son père et sa tante.

- Nous avons déjà fouillé partout. Dit Magnus.

- Ils sont notre dernière chance. Soupira son cousin.

- Personnellement je ne veux juste rien manquer du spectacle. Dit moi Drago, comment est mort ton père dans ton époque ? Demanda le Lord.

- Un Avada de la part d'Arthur Weasley, quelques mois après la défaite de l'Ordre à Poudlard. Je ne m'étais jamais senti aussi reconnaissant envers un Weasley.

- Je vois.

Le Seigneur des Ténèbres observa un instant ces fidèles. Aucun d'eux ne comprenait le moindre mot qu'ils entendaient. Les yeux grands ouverts sur des visages à la fois familiers et inconnus, ils avaient tous deux faillis faire une syncope en reconnaissant leur Maître, et en apercevant les deux Drago et Ginny. Bellatrix avait même failli tomber de sa chaise, prise par une crise panique. Aussi ils étaient tous présent dans la Grande Salle, ne manquait que le Trio d'Or. Même Kai était là. Bien plus propre, la mâchoire serrée et le regard sombre, il ne cessait de fixer sa mère avec une intensité malaisante. Dans sa main reposait celle de Ginny, qui l'avait presque traîné jusqu'ici. Il semblait s'y accrocher pour ne pas céder de nouveau à l'une de ces pulsions. En les apercevant Voldemort ne dit rien, mais un tic agita ses joues, qu'il cacha dans une grimace.

- J'imagine que vous allez les torturer. Dit le plus jeune des deux Drago, appuyé contre un mur.

- Moi ? Non, voyons. Ce sont mes mangemorts ! Je n'en aurai pas besoin.

D'un coup de baguette ont vit leurs bâillons disparaître, tandis que leurs visages se décomposaient. Comme tous s'y attendaient, c'est Bellatrix qui parla la première.

- Maître ! Mon seigneur je... je suis désolé de ne pas... pas vous avoir reconnu, je vous jure que tout ce que faisions n'était que pour vous ! Par pitié nous ne...

- Chut... Bella calme toi. Dit-il en se mettant à sa hauteur. Je sais que toute cette situation est... déroutante mais je suis prêt à pardonner vos erreurs.

- Maître ?

- Comment êtes-vous arriver ici ? S'impatienta Magnus agacé.

- Comment oses-tu interrompre le Seigneur des ténèbres sale petit...

Mais la Lestrange ne put finir sa phrase, foudroyé par un doloris surpuissant qui lui coupa le souffle dans ses cris. Le doloris de son propre Maître.

- Vous apprendrez tous deux à tenir votre langue en présence de mon fils sale vermine ! Tonna-t-il brusquement enragé.

- Votre... votre fils ? Balbutia Lucius en dévisageant Magnus.

- C'est une longue histoire... siffla Kai, mais parlez d'abord !

Le ton et l'allure de Kai quand il se leva de son fauteuil, réussit à faire trembler Bellatrix. D'un pas lent et feutré, il avança jusqu'au côté du Maître, le regard bloqué sur elle. On vit Magnus et Scorpius se raidir, tandis que Ginny gardait toujours une main dans la sienne, prête à le retenir. Même le maître semblait se méfier de ses réactions. Si tous avaient compris la dangerosité du jeune homme, Lucius Malfoy, lui ne la vit pas.

- Je n'ai rien à dire à un vulgaire Sang de Bourbe !

- Lucius !

Il se tut, apeuré par la réprimande de son maître, mais vit aussi le jeune homme saisir sa baguette d'un réflexe nerveux, une lueur folle et maudite dans le regard.

- Kai... souffla Ginerva en rejoignant son double qui s'efforçait de le retenir. Calme-toi.

- Rappelez-moi pourquoi on doit les garder en vie ? Demanda-t-il précipitamment.

- Personne ne doit mourir !

- Pas encore en tout cas.

- Kai ! S'énerva son père adoptif.

- Assez de jérémiades ! S'énerva brusquement Le Seigneur des ténèbres. Dans un élan enragé, il envoya un doloris à ces deux fidèles, qui hurlèrent sur leurs chaises pendant plusieurs secondes. Des secondes de pur bonheur pour Kai qui ne perdait pas une miette du spectacle. Seul Ginny détourna le regard.

- Je vous ordonne de parler ! S'écria-t-il.

- Nous... nous ne savons pas maître... bégaya le Malfoy.

- Nous le jurons !

- Ils mentent. Répondit Blaise. C'est évident.

- Mes fidèles ne me mentent pas !

- Cette faille est bien quelque part ! S'agaça-t-il à son tour. Qui sait sur quelle époque elle est ouverte et qui elle apportera la prochaine fois ? On doit la trouver !

- Je peux les faire parler. Suggéra Kai sombrement.

- Assez de torture pour toi Lestrange ! S'écria Jedusor hors de lui.

- Lestrange ? Releva Bellatrix.

- Pour l'amour de Dieu ! S'agaça Ginerva, les joues rouges. Assez de distraction ! Où avez-vous atterris dans le château ?

Bellatrix voulut lui lancer une autre insulte mais la baguette de son maître sous son menton et le regard sanglant qu'il lui lança l'en dissuadèrent dans la seconde. La mâchoire contractée et le regard peu sûr, on l'entendit dire.

- Je... je ne sais pas trop. Nous... nous avons atterri dans un couloir et puis, nous... nous vous avons vus. La colère nous a submergé ! Nous étions coincés avec des sangs de Bourbe et des traîtres, nous ne comprenions pas ce qui arrivait. Et puis, Potter et Weasley sont apparus. Nous voulions les tuer pour vous maître ! Mais... mais la Granger est arrivée. Elle nous a vu... Alors nous nous sommes dit que l'enlever, et la torturer, serait la plus exquise des vengeances pour vous mon Seigneur. C'est à cause d'elle que Potter nous a échappé tant de fois ! Nous voulions lui faire payer !

- Et la Chambre ?

- C'était son idée. Dit Lucius.

- Mais... je ... je n'aurais jamais osé si j'avais su que vous étiez là mon Seigneur. Je ne me serais jamais permise...

- Dans quel couloir avez-vous atterris ? La coupa-t-il désintéressée par ces excuses.

- Nous... nous nous sommes réveillés par terre, dans les cachots ! Dit le Malfoy. Mais nous ignorons comment nous y sommes arrivés !

- Nous le jurons maître.

Voldemort jaugea un instant les visages terrorisés de ses fidèles. Ce qu'ils disaient avaient du sens. Et puis, aucun d'eux n'était assez intelligent pour manigancer quoi que ce soit de plus complexe. Ils avaient atterri dans les cachots, avaient aperçu Hermione et s'étaient lancés dans une vendetta tête baissée, sans prendre en considération leur environnement ou leurs ennemis... un plan d'une tacticité médiocre qui leur ressemblaient bien. Voldemort soupira, et laissa retomber sa baguette. Ils avaient déjà fouillé les cachots, mais ne fut pas surpris de voir Blaise, Ginerva et les deux Drago s'y précipiter. L'esprit les avaient prévenus. Cette faille était imprévisible et incontrôlable. Il y avait donc peu de chance pour qu'elle reste immobile. La complexité de la situation le fit grimacer. Un mal de tête le taraudait, empiré par la fatigue. Cette chasse aux sorcières avait duré des heures, qui ressemblaient à des jours... Et aucunes véritables avancées n'avaient été faîtes. Une perte de temps, et des risques toujours aussi conséquents. N'importe qui pouvait arriver, de n'importe quand et n'importe où.

- Maître... vous... vous nous pardonner ?

La voix crispante de Bellatrix lui donna envie de l'étriper sur place. Mais il ne dit rien. A la place, il la regarda avant de sourire. Un sourie sadique et amusé à la fois. La voir dans un tel état le faisait rire. Son visage avait gonflé, et ne ressemblait plus à rien. Kai n'y était pas allé de main morte. A sa pensée, il se retourna vers le jeune homme, toujours tenu fermement par la rousse qui craignait qu'il ne veule sauter sur sa mère.

- Kai. Dit-il un air étonnement ravi sur le visage. Je crois que je te dois des félicitations.

- Pardon ?

- Tu m'a bien entendu.

Si tout le monde était fatigué par les récents événements, cette phrase finie de les achever. Plus rien ne tournait rond. De ses grands yeux étonnés, Ginny regarda son maître avec incompréhension. Il tramait quelque chose.

- De toute mon existence, dit-il, jamais je n'avais vu un tel travail. C'est... impressionnant. Macabre, mais impressionnant.

- Père ! S'indigna Magnus à ce compliment.

- Quoi ? Son talent est indéniable. Surtout quand on sait de qui il le tient.

- Kai, on ferait mieux de partir. Suggéra Ginny, gênée.

- Oui... partez. Répondit-il sans la regarder.

- Quoi ?

- C'est hors de question !

- La dernière fois que tu t'es retrouvé seul avec ta mère, on est passé à deux doigt de la catastrophe. Lui murmura Ginny. S'il te plaît... viens.

- Non ! Tonna-t-il. Maître, avec votre permission, j'aimerai être seul avec Bellatrix.

Voldemort hésita mais la situation l'amusait bien trop. Il hocha la tête dans un sourire et fit mine à Ginny de le lâcher. Si la rousse était farouchement opposée à cette idée, elle ne put désobéir au regard inquisiteur de son maître. Ses joues s'empourprèrent, malgré elle, Alors qu'elle se reculait.

- Ce n'est pas une bonne idée. Insista Scorpius.

- Suffit. Kai a compris les risques qu'encourait Hermione s'il se laissait aller.

- Je ne le laisserai pas seul !

- Je resterais.

La voix qui s'éleva depuis l'entrée de la Grande Porte souffla un silence de mort entre les occupants de celle-ci. Plus livide qu'un cierge, le visage parcouru de bleus et coupures, Hermione était là. D'un pas mal assuré elle se tenait aux épaules d'Harry et Ron pour avancer. Son état de faiblesse ne semblait être qu'un détail comparé à la force qui s'émanait de son regard. Il était fier, fort, fixe. Kai frissonna à sa vue le cœur soudainement très lourd. Il se sentait cloué au sol, la mâchoire jusqu'aux lacets. Rien n'aurait jamais pu se comparer à cette image, cette sensation, cette émotion. Elle était là. Sa mère était là. Plus forte et vivante que les serpents qui l'avait enchaînée. On entendit les halètements de Ginny, complètement paniquée en voyant son amie déjà debout après un tel enfer. Scorpius eut dû mal à contenir son émotion, les yeux soudainement humides. Drago, lui, ne put s'empêcher de laisser échapper un soupir. De soulagement, de joie il ne savait pas. Mais il savait qu'il venait de se lester de plus d'une centaine de kilos qui reposaient sur ses épaules depuis qu'il l'avait trouvé. Elle avait réussi. Elle avait battu son père et ses plans machiavéliques. Elle s'était montrée plus forte que lui. Même Voldemort eut le regard plus brillant. Il ne s'attendait certainement pas à ce qu'une misérable petite sang de bourbe puisse endurer autant et tenir sur ses jambes le lendemain. Cela la rassura. Au moins, s'il devait la garder dans ses rangs, elle saurait se montrer endurante.

- La magie des lieux à surpasser le poison. Dit-elle le souffle court à une Ginny mortifiée. Ma guérison s'est accélérée.

- Bon à savoir. Répondit le Lord.

- Vous êtes fou de l'avoir laissée venir ! S'écria la rousse sur ses camarades.

- On ne pouvait rien faire ! Même quand elle tombait par terre, elle se débrouillait pour ramper ! Se plaint Ron les joues roses.

- Elle avait le droit de venir. Insista Harry. Elle avait besoin de savoir.

Face aux petits yeux fatigués mais vifs de son amie, Ginny capitula. On vit Hermione se redresser, désireuse de montrer sa force devant ses agresseurs. Sans se tenir, sans boiter malgré la douleur, et sans sourciller, elle avança. Ses cheveux bouffant de boucles défaites, lui donnait un air impérial. Celui d'une reine dont la couronne ne tomberait jamais. Face à elle, le visage de Bellatrix se changea en une espèce de tomate trop mur et déformée. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'elle survive. Elle ne s'était pas attendue à cette humiliation et ne comprenait pourquoi son maître la laissait s'approcher d'eux sans lui lancer un Avada sur le champ.
C'est Magnus qui craqua le premier. Sans se retenir et un sourire immense coupant son visage, il enlaça sa tante avec adoration. Puis, ce fut Scorpius. Quand il la vit le regarder, lui et ses traînées humides sur les joues, il ne put en supporter davantage. Il avait bien cru la perde lui aussi. La tête baissée il la prit dans ses bras dans un élan plus fort que lui. Son parfum l'emplit et son cœur s'envola. Il redevînt l'enfant qu'il avait été, à pleurer dans ses bras pour un genoux écorché, et comme elle le faisait dans le temps (ou le ferai dans un futur proche) ; elle lui passait une main réconfortante dans les cheveux. Un geste maternel, un geste d'amour. Kai n'avait pas toujours bougé, encore sous le choc et incapable de supporter autant d'émotion sans avoir l'impression d'imploser. C'était électrique, c'était ravageant et insupportable. Tous ces souvenirs de la veille lui revinrent et se mélangèrent, ne lui laissant que pour certitude sa monstruosité évidente. Il s'était justifié à travers elle, mais il se trompait. Sa mère n'était pas une excuse. Elle était la raison. La seule et unique. Quand elle se tourna vers lui, il ne put esquiver le moindre geste. Elle était déjà en train de l'enlacer. Debout sur la pointe des pieds, elle s'efforçait de ne pas grimacer, mais ne ressentait presque pas la douleur. Elle avait eu vent de ce qui était arrivé. Ron et Harry lui avait brièvement expliqué ce qu'il avait fait, aussi elle n'avait aucune peine à imaginer ce que devait être la réalité de la chose. Surtout face au visage de Bellatrix. La jeune femme senti les bras de son futur fils se refermer sur elle, comme pour ne jamais plus la laisser partir, pour la garder à jamais en sécurité, près de lui. Ce moment lui donna envie de pleurer. Ces deux enfants, ces fils... elle ressentait leurs amours. Il était énorme. Gigantesque. Effrayant même. Mais cela lui était égale. C'était de l'amour. Même s'ils n'étaient techniquement encore ses enfants, et que rien dans cette dimension n'avait le moindre sens, elle ne voulait pas le perdre. C'était trop précieux. Trop beau. Et aucune torture ne vaudrait pas l'une de ces étreintes. Le parfum de Kai la submergea et elle sourit contre lui. Son Kai. Son immense gaillard à l'esprit dérangé et au cœur d'enfant. Elle savait qu'il regrettait, qu'il culpabilisait. Pas pour ses actes mais pour ce qu'il ressentait. Et elle le comprenait. Elle savait que ce n'était pas simple de devoir toujours vivre avec soi-même dans sa peau. Face à cette scène, Drago se senti fiévreux, mal à l'aise. Ce n'était plus une étincelle qu'il voyait, non. Mais un brasier. Un brasier plus fort que tous les feux de ce monde. Et il reposait dans le regard de la femme qu'il avait haïe toute sa vie, et de ses enfants. Leurs enfants.

Quand elle se détacha enfin, on la vit se tourner vers Bellatrix et Lucius. Les deux mangemorts avaient compris qu'il valait mieux se taire, quitte à se ronger les lèvres. C'est ce que faisait la Lestrange. Le regard outré et défait elle fixait la Granger d'un air enragé, fou et hystérique. Son silence était percé par les cris qu'on percevait sans crainte depuis son esprit tordu. Si elle avait pu, elle se serait jetée sur elle, griffe en avant pour lui crever les yeux. Pour arracher la peau de son visage en pleine guérison. Pour ôter la santé qui courrait un peu plus vite à chaque seconde dans ses veines. Pour l'infecter de toute la pourriture qui pullulait sous ses ongles. Elle ne rêvait que de ça, et Kai ne rêvait que d'une chose. Qu'elle essaie. Sa baguette était déjà armée dans sa main.

- Miss Granger. Souffla Lucius d'un ton que l'on pourrait qualifier de Malfoynien. Vous êtes coriace.

Inutile de traduire la rage qui faisait bouillonner son sang à chaque parole. Ses yeux passaient sans cesse d'elle à son fils. Mais il se trompait. La diplomatie ne le sauverait pas. Pourtant, son interlocutrice ne dit rien. Elle se contenta de juste de le regarder, lui et sa camarade. On pouvait voir la mâchoire de Bellatrix prête à lui cracher dessus à la moindre parole, mais elle garda le silence. Il était froid, implacable et méprisant. Comme son regard.

- Ils ont atterris dans les cachots. Les autres, sont parti patrouiller la zone. Dit Ginny.

Elle hocha la tête, à l'écoute mais ne dit toujours rien.

- Est-ce que tu te... te souviens de ce qui est arrivé ? Demanda Scorpius d'une petite voix.

- Vous allez mourir.

Cette phrase ne s'adressait pas à son fils. Tous le comprirent, et même Vodlemort haussa un sourcil.

- La petite Gryffondor est rancunière ? Tu as soif de vengeance ? Nargua la Lestrange. Pauvre chérie !

- Bella la ferme ! S'égosilla Lucius.

Cette réplique fit sourire la jeune femme, qui ne la quitta pas des yeux tandis que Kai s'avançait dans son dos, baguette en main.

- Soyez sans crainte. Le sang désaltère la soif de vengeance.

Un vrai et énorme sourire fendit son visage en deux. Un terrible sourire.


Bonsoir à tous ! J'espère que vous allez bien ! Ceci est la suite tant attendu ! J'espère qu'elle vous plaira (malgré mes fautes d'orthographes XD ) ! Lucius est bien là et Bellatrix aussi, avec une Hermione et Kai décidés à se venger ! La suite au prochain épisode, donnez moi votre avis !

Merci infiniment pour tous vos commentaires, ils me font tellement plaisir, vous n'imaginez même pas !

A très vite !