Quand Ginny s'éveilla, elle mit plusieurs secondes avant de réaliser où est-ce qu'elle se trouvait. Dans son esprit embrumé de sommeil, des vagues de souvenirs, d'émotions et de sensations lui revinrent, faisant frissonner son corps nu sous les draps. Elle avait cédé. Volontairement. Complètement. Sans la moindre condition. Si, une seule. Qu'il ne l'abandonne pas. Elle aurait cru qu'il tenterait de lui résister davantage mais de toute évidence, le Lord avait compris son atout. Elle lui était entièrement acquise. Les paupières encore lourdes, elle se releva sur un coude, le cherchant du regard. A son grand regret, elle se trouvait seule dans le grand lit à baldaquin de son maître. Les draps avaient refroidi depuis longtemps et l'odeur de cuivre et de plante qui envahissait la chambre s'était atténuée. Elle ignorait combien de temps s'était écoulé, mais à la vue de l'éclatante lumière magique qui transperçait les fenêtres, elle comprit qu'il devait être tard. Hermione allait la chercher. Sans parler de son frère et de Magnus. Ses joues rosirent à l'idée qu'ils puissent la trouver ici. Quel scandale cela ferait-il... L'angoisse la réveilla tel un seau d'eau froide et elle se redressa, les yeux grands ouverts sur la lumière du jour. Pressée et stressée, elle chercha à se lever, un drap enroulé autour d'elle mais un rire amusé la figea sur le rebord du lit. Une ombre se découpait à travers les raies dorées du jour, assise et immobile. Ginny resta figée de surprise à sa vue. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'il soit finalement là à son réveil.

- Bonjour. Murmura-t-elle brusquement gênée.

Sa voix lui parut si faible qu'elle ignora s'il l'avait entendu. Il y avait quelque chose de surréaliste à se réveiller face à Voldemort, aussi Ginny regretta presque de ne pas être restée couchée. Il sembla esquiver un sourire moqueur dans l'ombre et se leva à son tour. Impeccablement apprêté, il devait être éveillé depuis au moins plusieurs heures.

- Quelle... quelle heure est-il ? Demanda-t-elle.

- Onze heures. Les autres nous attendent dans la Grande Salle.

- Quoi ! Paniqua-t-elle le sang aux joues.

- Du calme. Granger dors d'un sommeil magique, personne ne sait que tu n'es pas dans ta chambre.

- D'un sommeil magique ?! Mais...

- Je vais avoir besoin d'elle aujourd'hui. Dit-il simplement en haussant les épaules. Et je préfère ne pas la voir patrouiller près des cachots.

- Pourquoi ? Les mange...

- Non. Ils n'ont pas bougé. Dit-il en anticipant sa question. Ils sont toujours enfermés. Magnus les surveille.

- Pourquoi lui ?

- Parce que je refuse de laisser Scorpius et Kai surveiller Malfoy et Lestrange ! Rétorqua-t-il en grimaçant. Nous essayons de survivre, pas de provoquer un bain de sang.

Ginny se mordit la lèvre, se sentant presque stupide. Cela avait du sens. Mieux valait laisser les deux sorciers le plus loin possible de leurs ascendants. Elle vit Voldemort se détourner d'elle pour examiner la mixture étrange dans son chaudron. Un liquide épais, à l'odeur étrange. Mal à l'aise, la jeune femme se leva, un drap enroulé autour d'elle et chercha ses vêtements du regard. Pourtant, outre l'aspect comique que devait avoir la situation, elle ne put ignorer le poids du regard de son maître sur elle. Il l'observait à la dérobé, un sourire au coin des lèvres, dos à elle. Pourtant elle crut bien qu'une enclume lui était tombée au fond de l'estomac. Chacun des souvenirs de la veille résonnaient dans leur silence. Un silence étrange, seulement transpercé par leurs respirations et le froissement du drap de Ginny contre sa peau. Un silence qui faisait rosir ses joues, et sourire Voldemort.

Avant même qu'elle n'ait le temps de trouver l'ombre d'un de ses sous-vêtements, elle senti une main chaude lui saisir la taille. Sa peau s'hérissa d'un frisson incontrôlé et le souffle plus prononcé du Mage résonna contre ses omoplates dénudées. Jamais un simple toucher ne lui avait autant donné l'impression de fondre telle une misérable bougie. Elle perçut la force de son torse à travers sa chemise, la grandeur de ses épaules, et l'odeur envoûtante de son parfum. Il était là. Il était là et elle fondait sur place, incapable de ne serait-ce esquiver un simple geste, de peur qu'il parte. Qu'il parte et ne la touche plus jamais. Cette crainte l'habitait, mais elle refusa d'y croire. Dans son ventre la douleur était partie, pourtant elle sentait la tension. La tension de leurs deux corps à proximité. La tension de leurs souvenirs résonnant dans l'air. Son cœur s'accéléra dans sa poitrine et son souffle se coupa. Alors qu'il enserrait ses hanches, elle senti ses deux bras se refermer sur sa taille d'un geste fort, presque brusque. Un geste possessif, et intransigeant. Il ne dit rien mais plongea son nez dans son cou, inspirant à plein poumons dans ses cheveux de feu. Elle se sentit défaillir, alors qu'il la fit se retourner vers lui. Son regard était amusé, curieux et mais aussi lourd de cette passion qui enflammait leurs peaux à chaque contact. Un sourire naquît dans la commissure de ses lèvres, le rendant à la fois sublime et étrangement dangereux. Il ressemblait à un loup. Un loup sublime, et indomptable ; sur le point de dévorer la proie qu'il chassait depuis des lunes. Une proie qui, il le savait, allait se laisser dévorer. Sans la lâcher du regard, il réaffirma sa poigne autour d'elle, la rapprochant toujours plus de lui. Leurs souffles se mélangèrent quand il parla.

- Ginerva.

- Maître.

Son sourire s'étala et mordit le reste de son visage. Cela ne dura qu'un instant, mais il suffit à Ginny pour sentir son ventre s'envoler. Il était satisfait. Son maître était satisfait. Elle ne revenait pas sur sa parole. Elle se considérait à lui. Elle était à lui. Sans plus rien dire, il la détailla du regard et passa une main dans ses cheveux emmêlés avant de la descendre dans son cou, de se détacher tranquillement et de pointer une porte du doigt.

- T'es vêtements sont dans la salle de bain. Ne traîne pas.

La jeune femme mit plusieurs secondes avant de comprendre ce qu'il lui disait. Le froid de sa subite distance l'avait comme paralysé un court instant ; puis, comme si elle sortait d'une transe, elle s'éveilla, déglutit et s'engouffra rapidement derrière une porte qu'elle n'avait jusqu'alors pas remarquée. La salle d'eau lui fit penser à la chambre des Secret. Parcourue de marbre vert, de robinets en formes de serpents, et carrelage noir... une véritable œuvre d'art à la Serpentard, qui la laissa un instant sans voix. Devant son air bouche bée, elle crut bien l'entendre ricaner. Comme il l'avait dit, ses vêtements l'attendaient, pliés sur le rebord d'un immense bain creusé dans le sol. Une eau chaude et fumante jaillissait déjà des gueules ouvertes de quatre serpents dressés au-dessus du bassin. Elle s'apprêta à parler quand le vit lui tendre un flacon sous le nez.

- Mets en dans l'eau. Dit-il d'un ton plus froid.

- C'est pour quoi ?

- Ton dos, et ta nuque.

Elle ne comprit pas ce à quoi il faisait allusion, et le regarda quitter la chambre à grande enjambée, sans le moindre regard en arrière. Il n'avait pas besoin d'insister, ou de la menacer pour qu'elle lui obéisse. Tous deux le savaient, tout comme ils savaient que sa demande était un ordre avant toute chose. La jeune femme se pressa alors de jeter le drap dans un coin, de verser le contenu crémeux de la fiole dans la baignoire, et se glissa directement dans le bain déjà à trois quarts remplis. L'eau fumante contre sa peau lui fit l'effet d'un électro choque si violent qu'elle n'eut pas la force de sortir du bain brûlant. D'abord tremblante, elle réussit à fermer les yeux, et à ses détendre, chacune des parcelles de sa peau incendiées par la chaleur suffocante de l'eau. C'est là qu'elle comprit l'utilité du flacon. Dans les événements de la veille, elle avait oublié son corps et ses douleurs. Son dos qui s'était fracassé contre le mur en pierre du couloir, ou encore son cou, sûrement violet après qu'il ait presque faillit étouffer. Cette attention de sa part la fit bêtement sourire, avant qu'elle ne plonge la tête sous l'eau en grimaçant. Elle avait besoin de penser. De se réveiller. De se retrouver seule. De comprendre tout ce qu'elle venait de déclencher en une simple nuit. Ce n'était pas la première fois qu'elle passait une nuit avec Voldemort mais celle-ci était tellement différente, tellement symbolique. Il n'y avait plus de combat, de lutte ou de résistance, non. Plus rien. Juste lui, son pouvoir sur elle et sa dévotion pour lui. Magnus traversa alors son esprit. Son futur fils. Leur futur fils ; leurs portraits crachés. Puis sa propre image plus âgée la hanta, un serpent courant sur sa peau. Nagini et elle ne feraient plus qu'un dans le futur. Puis, des questions sur son avenir apparurent, puis sur sa vie, sur ce qu'ils allaient tous devenir, et sur ce qu'ils risquaient tous ici. Son cerveau tourna à plein régime, surchauffant un peu plus à cause du bain trop chaud. Puis, après une bonne demi-heure de réflexion, plongée dans un semi coma fiévreux, Ginny réalisa qu'avoir été envoyé ici, bien que cela risquait leurs vies à chaque instant, était peut-être la meilleure chose qui aurait pu lui arriver. Cela lui avait donné un fils, des neveux, un avenir, et son maître. Dans l'immédiat, elle ne demandait rien de plus.


Des cheveux sales, fillasses, tombaient sur le visage tremblant de Luicus. Son teint était devenu gris, mélange de pâleur et de crasse provenant des fonds des cachots. Ses yeux aciers brillaient sous la saleté, tandis que sa lèvre inférieure tremblait. De rage ? De honte ? Nul ne sut en le voyant remonter des sous-sols lugubres. Le voir dans cet état choqua son fils, qui malgré lui dû détourner le regard. Si la culpabilité du père était à discuter, Drago avait très certainement honte. Cet homme à peine humain, son père se tenait devant lui, attaché à sa chaise, la peau entaillée par ses liens, et le fixait avec une haine dévastatrice. Il ne dit rien, se contentant de baisser la tête devant lui et de finalement se tourner vers Blaise, la mâchoire serrée. Faire face à la conséquence de ses actes n'était pas évident, surtout quand il s'agissait de ceux d'un Malfoy. Son futur et son fils ne semblèrent pas éprouver autant de remords que lui, au contraire ils lui firent front sans faillir. Son double paraissait agacé, irrité par sa présence, quant à Scorpius, lui, semblait habité par un dégoût sans nom. Le même genre de dégoût qui tordait le ventre de son grand-père à vrai dire. Un dégoût commun, sur un visage plus semblable qu'ils ne le croyaient tous deux. Les voir face à face, fit sourire Voldemort en coin. Qu'ils étaient naïfs pensa-t-il alors, son chaudron toujours fumant devant lui. Car oui, il était l'heure. L'heure de vérité, sans jeux de mot. Tous étaient présents et tous attendaient, inquiets et impatients. Mais bien plus inquiet qu'impatient. La Grande Salle était pleine, et tous les regards fixaient l'étrange mixture avec méfiance. Rien n'était sûr quand il s'agissait de Voldemort, rien. Aussi Harry et Ron se tenaient au plus loin possible de lui, Hermione semblait déphasée de la réalité, encore à moitié endormie dans un canapé, tandis que Kai et Magnus, avaient l'air, eux plus éveillé que jamais malgré le manque de sommeil. Blaise, bien plus inconscient que brave, regardait de près les volutes de potions s'échapper du chaudron, fasciné, et ne semblait pas partager les inquiétudes des deux gryffondors plus sceptiques. Toujours en proie à sa constante impatience, on entendait le futur Drago taper nerveusement du pied sur le tapis de la Grande Salle, le regard agité et agacé. Ginerva, aux allures étrangement nauséeuses ce matin-là, lui lançait un regard dur dont il n'arrivait à tenir compte. On entendait le sifflement aigu de Nagini s'élever dans la salle depuis son poitrail. Un son qui ne cessait d'accentuer les tremblements de Lucius, pour la plus grande joie de la rousse. Par Merlin, il avait toujours détesté ce sale serpent ! Ginny, outre Hermione qui dormait à moitié, semblait être la plus calme de tous. Assise dans un siège dont elle ne paraissait pas capable de sortir, elle ne disait rien, ses mains fripées cachées entre ses jambes, et les joues aussi roses que ces cheveux humides. Quand il l'avait vu, son fils avait éclater d'un rire presque tendre avant de lui pincer gentiment une joue, ne faisant que la faire rougir davantage sous les yeux d'un Voldemort lui aussi amusé. Décidément, il allait falloir qu'elle apprenne à utiliser le thermostat de la salle de bain. Aussi, à travers ce tableau plus ou moins animé, seuls deux personnages inquiétaient tous les autres. Kai, assis à côté d'Hermione, ne parlait pas non plus. Son cousin et Magnus l'avaient arrêté trois fois tandis qu'il descendait aux cachots cette nuit. S'ils ne l'avaient pas fait, seul Lucius serait remonté vivant des cachots ce matin et ça, tout le monde le savait, et surtout elle. Bellatrix. Elle était dans un état trois fois plus déplorable que celui de son compagnon de cellule. Sur son visage gonflée tel un fruit trop mur, ses plaies commençaient à s'infecter dans des rougeurs écœurantes. Ses cheveux, couvert de son sang se collaient à sa peau balafrée, s'incrustant dans les croûtes à peines formées. Elle était à faire peur, mais étrangement, ne disait rien elle non plus. A vrai dire, on n'eut jamais vu Bellatrix Lestrange plus silencieuse qu'à cet instant. Son regard vide était posé sur Kai, ancré sur sa figure comme un harpon. Elle n'avait pas ri, hurlé ou même essayé de mordre quelqu'un depuis la veille. Elle était juste là, assise, à se laisser pourrir et puruler sur sa chaise, en face de son futur fils. Son fils. Deux mots qui l'avaient plongé dans une torpeur effrayante mais dont personne ne se plaint. Il était reposant et plus sûr pour tout le monde, qu'elle se taise. Après tout, personne n'avait envie de retenir Kai une troisième fois ; comme personne ne pensait que cette nouvelle allait déclencher un élan de maternité chez la mangemort. Un traumatisme, avait dit Voldemort. Une malédiction, avait soufflé Lucius dans sa barbe. Quand tous furent installés, on entendit la voix de Ginerva s'élever près du chaudron.

- Une pâte de rêve. Dit-elle en examinant la texture. Je ne pensais pas que tu aurais tous les ingrédients nécessaires.

- Je me suis arrangé. Mais ça fera l'affaire.

- Une quoi ? Demanda Blaise.

- Une pâte de rêve permet à celui qui en dispose de plonger qui il veut dans un sommeil où le rêve prend le pas sur la réalité. Le sujet est éveillé et conscient mais il rêve, et ne le sait pas.

- C'est interdit par le ministère. Dit brusquement Hermione, la voix lasse. La pâte de rêve a été bannit des livres de potions dans les années 50, et dégradé au titre de potion interdite.

- Pourquoi ça ?

- Un scandale dont le ministère a tellement honte, qu'on ne sait même pas s'il est vrai. On dit que des dizaines de ministres ont été enfermés dans un sommeil de rêve par un sorcier en fuite. D'après les rumeurs ce sommeil était si puissant qu'il était impossible de les en libérer. Le sorcier responsable de ce crime aurait dérobé des informations confidentielles si sensibles qu'une seule d'entre elles auraient pu compromettre tout le Ministère de la Magie. Mais on l'a jamais attrapé, et cette potion a été prohibé pour des raisons de sécurité jusqu'à ce qu'on trouve un contre poison. Mais ils n'ont jamais réussi.

- Vraiment ?

- Oui. Dit Ginerva. Mais on a découvert avec le temps que le seul sorcier capable d'une telle potion ne pouvait être que...

- Moi ! S'indigna Voldemort en mélangeant sa pâte. Cette bande de petits trolls font passer mes exploits pour des rumeurs ?!

- C'est toi qui as fait ça ?! S'étouffa Harry.

- Et comment Potter ! Si tu savais ce qu'il se cache dans les tiroirs du Ministère, je n'aurais pas eu besoin de provoquer une guerre, tu te serais rangé de mon côté depuis le début ! S'exclama-t-il. Une rumeur... Et puis quoi encore ?! Ma pâte de rêve est la plus puissante du Monde Sorcier, même Dumbledord le reconnaissait !

- Dis-nous plus tôt comment tu comptes t'en servir. Soupira Ron. Je n'ai pas envie de garder ces deux-là dans les cachots encore longtemps...

- Ma pâte de rêve va ouvrir une porte dans leurs esprits et baisser toutes leurs barrières mentales. Nous aurons un accès à leur plus profond subconscient, comme avec la légimencie mais ils seront incapables de résister. Expliqua-t-il.

- Mais comment voir leur arrivée ? Et la faille ?

- Elémentaire Potter. Soupira-t-il. Nous allons les guider, les induire, mais la pâte ne pourra donner accès à leurs esprits qu'à un sorcier, c'est pour cette raison que nous allons devoir trouver un moyen de les projeter. Pour cela, quoi de mieux que notre chère magicienne du temps et ses tours tordus ?

- Tu veux leur déclencher une projection de souvenirs ? S'étouffa Magnus.

- Allié à la pâte de rêve, nous pourrons nous balader dans leur cerveau sans la moindre résistance. Nous verrons ce que nous voudrons, tout comme eux verrons ce que nous déciderons qu'ils voient.

- Ça ne marchera pas ! Dit Hermione, brusquement très réveillée. Pour déclencher le pouvoir de projection, il faut une implication émotionnelle de la part des sujets. Ces deux-là sont émotionnellement vide ! Il n'y a rien à déclencher !

- Je ne décourage pas. Et j'ai quelques théories qui prouveront le contraire. Dit-il d'une voix plus grave.

- C'est à dire ? demanda Ginerva.

On vit le Seigneur des Ténèbres sourire, puis appeler d'une voix plus forte.

- Kai ?

Le jeune homme sorti de sa transe vengeresse, tandis que les visages se tournaient vers lui, les sourcils froncés.

- Maître ? Demanda-t-il sceptique en ignorant la brûlure des yeux de Bellatrix.

- Sois gentil. Torture ta mère, s'il te plaît.


Un grand silence. Un silence froid. Un silence choqué. Un silence brisé par le cri commun de tous. On vit Ginerva et Drago se décomposer, tandis qu'Hermione, Ginny, Scorpius et Magnus se regardaient tous horrifiés, livides, face à un Voldemort au sourire malicieux. On entendit des hurlements indignés, scandalisés, tandis que même Lucius Malfoy, sentant l'étau se resserrer autour de lui, psalmodiait furieusement, implorant pitié. Seule Bellatrix sembla ne pas réaliser la gravité de son cas.

- C'est hors de question ! Hurla Hermione.

- Il va la tuer ! Argua Ginerva à son tour.

- Kai est trop impliqué dans cette affaire ! Il ne saura pas s'arrêter ! Défendit Scorpius.

- Là est justement le but ! S'énerva Voldemort face à leur manque d'objectivité. Kai est émotionnellement impliqué, et c'est précisément ce dont nous avons besoin pour déclencher une projection mémorielle !

- Il y a forcément un autre moyen !

Kai regarda la scène se jouer devant lui avec des yeux d'étranger. Son cerveau n'assimilait plus que la moitié de ce qu'il voyait. Une émeute en colère, l'effarement de son père, la peur de sa mère, le tremblement nerveux de sa tante, l'inquiétude de ses cousins... Il aurait voulu y mettre un terme. Pouvoir arrêter ce cirque et renoncer à l'ordre qui lui avait été donné. Pouvoir se détourner du visage déformé de sa mère biologique, sans ressentir une injustice qui lui couperait le souffle pour le reste de son existence. Mais il ne pouvait pas. Il n'était pas aussi fort qu'on le disait. Il était juste un homme. Un homme blessé, et aux troubles mentaux constants. Il le savait pertinemment, comme eux tous, d'où la raison de leurs protestations. Ils avaient peur. Peur de voir un carnage, une horreur, une boucherie... peur de voir un monstre en action. Même Harry et Ron ne semblaient pas à l'aise à l'idée de voir un tel spectacle. Pourtant, Kai le savait. Il était trop tard. Son esprit s'était déjà déconnecté de toute réalité. Il avait reçu une autorisation. Celle de son maître. Pour se venger de la femme qui avait ruiné sa vie en le mettant au monde. Sa baguette déjà en main, crépitait. Son envie de tuer lui troublait la vue. Et ses yeux n'étaient plus que fixés sur sa cible. Il allait perdre pied, car plus aucune volonté de résister ne l'habitait. Dans un écho lointain, il se revît assis dans un couloir, les mains couvertes de rouge. A cet instant il avait regretté. Mais aujourd'hui, il se souvînt aussi ne jamais avoir vu de rouge aussi sublime.

"Merci Kai... Lui avait dit Ginny dans ce même couloir. Crois-moi quand je te dis merci. Parce que je ne pense pas que j'aurais eu la force de le faire si j'avais été à ta place. On... on n'en aurait pas eu le cran. Alors merci de nous avoir tous vengé avec toi."

Il pouvait le faire. Voulait le faire. Et était le seul à en avoir le cran. Voilà pourquoi Voldemort s'était directement adressé à lui. Car de tous, il était le seul capable de faire ce qu'il fallait, au détriment de son âme.

Il entendit d'autres cris énervé et hystérique de sa mère. Hermione refusait de le laisser faire cela. Mais elle ne le regardait pas en hurlant, elle regardait Voldemort. Et là était son erreur. Lentement, Kai s'avança vers la chaise de la mangemort, sous les yeux pétrifiés de Lucius, persuadé d'être le prochain. Il ne bougea pas, et resta là, devant elle tandis qu'elle, le fixait sans discontinue. Une tension électrique et suffocante régnait entre eux. Un vrai brasier dont personne ne voulait être au milieu. Et pourtant Hermione n'hésita pas. Quand elle le vit baguette en main, son sang ne fit qu'un tour. Sans réfléchir elle s'interposa, prenant son visage en coupe pour le forcer à détourner le regard de la prisonnière. Les autres sorciers prirent peur. Magnus et Scorpius lui saisirent les épaules, pour l'empêcher de tout acte mais il ne bougea pas. Il était trop tard.

- Kai ! S'il te plaît, tu dois...

- Pousse toi.

Jamais Kai ne lui avait parlé aussi durement depuis qu'ils s'étaient rencontrés. Ses yeux n'étaient plus que de fentes sombres ouvertes sur les ténèbres qui habitaient son cœur. Il n'y avait plus de sourire, plus de blague... juste une douleur avide de vengeance.

- Kai, arrête ça tout de suite ! Gronda Magnus.

- Je...

- C'est un ordre !

- Non ! Tonna-t-il.

Jamais Kai n'avait désobéi à un ordre de Magnus. Ses muscles se tendaient sous son t-shirt, tandis qu'une sueur froide mouillait son front. Il avait chaud, respirait fort, et avait besoin d'air. Mais il était incapable de bouger.

- S'il te plaît Kai, je t'en prie. Supplia Hermione sur la pointe des pieds, le regard larmoyant et les deux mains accrochées à son visage. S'il te plaît, ne fait pas ça ! S'il te plaît !

Il détestait la voir dans cet état. Il détestait avoir à lui infliger ça. Il détestait l'idée qu'elle assiste à un tel spectacle. Mais c'était trop tard. Le fils d'Hermione Granger s'était enfermé quelque part dans son esprit, ignorant les appels de sa mère, tandis que le fils de Bellatrix Lestrange s'apprêtait à sortir le grand jeu.

- Laissez-le. Dit Voldemort. Il sait qu'il en a envie.

La Granger se mordit la lèvre pour ne pas hurler de nouveau. Rageusement elle se tourna vers le Mage, mais ce fut là encore une erreur. Sans ménagement, avec la plus grande indifférence, Kai la poussa au sol et se dégagea de ses cousins. Avant qu'il ne puisse être retenu, sa baguette vrombit dans un Doloris et un cri transperça le brouhaha de la Grande Salle. Celui de Bellatrix. On l'entendit hurler dans un silence pétrifié. Seuls Magnus et Scorpius comprirent qu'il n'y avait plus rien à faire et détournèrent le regard. Quand il commençait à torturer, il était presque impossible à arrêter. Hermione le regarda depuis le tapis, plus horrifiée que jamais tandis qu'il lança à sa génitrice sortilège sur sortilège. Cela sembla durer des heures, mais à la surprise générale c'est Voldemort qui mit fin, la pâte de rêve en main. On vit les veines de Kai se gonfler furieusement et son visage se tordre dans une grimace douloureuse. S'arrêter semblait lui demander tous les efforts du monde ; il luttait contre lui-même. Le plus calmement du monde, le Seigneur des Ténèbres étala la pâte sur le front sanglant de sa fidèle puis sur celui d'un Lucius pétrifié d'horreur. Il finalisa enfin le rituel en liant les deux mangemorts d'un sortilège silencieux. Personne ne fit de commentaire face aux tremblements nerveux de Kai, quand Scorpius lui saisit le bras pour l'éloigner.
Tous attendaient, un signe, un oracle, un souvenir... Jusqu'à ce que la Grande Salle s'efface.

Cela n'avait rien à avoir avec une projection habituelle. Il n'y avait aucun brouillard, aucune scène passée, juste un défilé incessant d'images et de sons. D'abord aléatoire, on vit des flashs de lumière, puis une Bellatrix adolescente, un Lucius juvénile, des mariage similaires, des visages fermés, et des carrières de mangemort dérangés ; des cris et des victimes, des décisions et des choix, des combats et des trahisons, du sang et des tortures, des images de Drago enfant, de Narcissa, de la guerre de Pourdlard, et des souvenirs d'amants, de rires fous, d'actes immondes... Les couleurs se déformaient, floutant chaque reflet tandis qu'à mesure que leurs vies défilaient, un vent sombre se levait entre eux. L'aura changea et la lourdeur de l'air leur fit presque mal à poitrine. Des images de Dobbie, d'Harry, du maître, des professeurs, de chaque élève mort au combat, de sortilèges, de monstres, de peur, de colère, de confusion, puis une image plus nette. Ginny convulsant sous les Doloris du Lord, dans la poussière, Harry mort à ses côtés, une Hermione épuisée et un Ron sans espoir... Puis un cri, plus fort que les autres retentis et tous disparurent. Plus rien. Juste leurs sangs et leurs larmes. Puis tout s'accéléra de nouveau. La confusion, l'incompréhension, la panique, plus la vengeance des mangemorts, le pillage du monde sorcier et moldu, le désespoir en Angleterre, la folie grandissante de Bellatrix, le soulagement hurlé à plein poumons de Lucius et enfin du froid. Beaucoup de froid. Un trou béant ouvert sur une obscurité glaçante. Une obscurité de mort assurée, vide de toute lueur de vie, de réalité ou de temps. La faille sans doute, mais ils ne purent la voir davantage. Tout défilait trop vite, tout était trop bruyant. L'arrivée dans le château, leur espionnage et puis Hermione, seule dans un couloir. Son sang sur les murs de la Chambre, les rires amusés des deux fidèles puis les cris incessants de la Lestrange. Des cris, des cris et encore des cris sous les tortures d'un Kai méconnaissable. Des menaces d'une sincérité à faire trembler un mort, la douleur de Lucius à la vue de son fils, une sang de bourbe dans les bras, puis la défaite, humiliante et cuisante. L'incompréhension des révélations, la peur de leur maître, l'effroi de Bellatrix et puis plus rien. Rien si ce n'est un sentiment de terreur permanent et irréversible, et une noirceur perverse inscrit dans leurs cœurs.

Ce sentiment gagna chaque individu présent, avant qu'un éclair venu du faux ciel ne brise la magie de la pâte de rêve et ne les propulse tous face contre terre. Soufflés par une onde de choc surpuissante, on n'entendit plus rien si ce n'est des gémissements plaintifs et des toux haletantes. Personne n'arrivait plus à comprendre. Personne n'arrivait plus à réfléchir, l'esprit trop hanté par ces images et différentes réalités. Personne ne savait plus ce qu'il fallait désormais faire. Les voyageurs de guerre se regardèrent entre eux. Ils avaient vu leur époque. Ce qu'il était advenu après leur disparition. Tant de morts. De pertes. Cette gifle était violente, et c'est sonné qui s'ils se relevèrent tous. Les mangemorts étaient tombés dans l'inconscience, le vent était passé et l'éclair, parti. Le ciel resta chargé de nuages à l'image de leurs ressentis, et du futur qui se jouait, plus instable que jamais dans leur passé.


C'est fou de rage que Voldemort quitta la Grande Salle. On entendit les portes claquer sous sa colère tandis que le reste de l'Assemblée, toujours sonnée par les derniers événements, essayait de comprendre ce qui n'avait pas marché. La faille ne s'était caractérisée que par un instant de d'obscurité glaçante. Pas de localisation, de caractéristique... juste un implacable trou noir qui s'était volatilisé dans le méandre d'images qui avaient défilé. C'était un échec. Un cuisant échec, et une douleur. Une douleur d'avoir vu de telles horreurs se produire dans le temps de la Guerre de Poudlard. Lentement, le silence revînt et la honte aussi. Kai parti sans demander son reste sous les yeux meurtris de sa mère, que Scorpius retenu. Mieux valait le laisser seul pour le moment. Aussi ils s'éparpillèrent rapidement, ne laissant que les Drago et Blaise qui s'occupèrent de traîner dans les airs les mangemorts inconscients. Il n'y avait plus rien à faire aujourd'hui.

Dépitée Ginny rentra la première dans sa chambre, Hermione ayant décidé de se plonger dans ses livres pour oublier. Mais Ginny ne voulait pas oublier ce qu'elle venait juste de voir, pour la simple et bonne raison que la culpabilité l'en empêchait. Le peu de survivant de Poudlard était probablement mort, sa famille, ses amis, le monde sorcier comme on l'avait toujours connu... leur disparition avait engendré un tourbillon de peur et d''incompréhension. Les Mangemorts détruisaient le peu de vivant qu'il restait, ne laissant que mort et désolation derrière eux, et elle, venait juste de promettre fidélité au Seigneur Des Ténèbres. Elle avait envie de vomir. En état de choc elle s'assit sur lit, le regard vide et la respiration lourde et pleine de sanglot. Elle ne savait pas ce qui retenait ses larmes de repeindre ses joues pour tacher le sol, mais elle pouvait néanmoins les sentir. Elles étaient douloureuses, acides et corrosives, et lui faisaient payer sa faiblesse. Elle se laissa faire, torturée de l'intérieur, car au fond d'elle, elle le méritait. Elle méritait de ressentir la peine du monde qu'elle avait abandonné deux fois. La première par accident, en arrivant ici, et la deuxième consciemment, en cédant au plus gros pêché de l'histoire du monde : Voldemort. Elle resta longtemps, prostrée sur son lit, à contempler sa vie s'écrouler autour d'elle avant que brusquement, on ne frappe à sa porte. L'angoisse la saisit, mais elle n'eut pas le temps de se lever car l'individu entra sans même attendre qu'on lui ouvre. Une chevelure d'un roux identique éclaira la pièce et son propre visage lui apparût, tel l'effet d'un miroir déformé auquel elle n'était pas encore habitué. Ginerva, était pâle, cernée, presque malade. Elle regarda sa version plus jeune sans rien dire, avant de soupirer, le visage plus fermé que jamais.

- Que... que se passe-t-il ? Demanda Ginny en essayant de reprendre contenance devant elle.

Ginerva ne dit rien, Nagini sifflotant au creux de sa poitrine.

- J'essaie, dit-elle d'une voix enrouée, de t'empêcher de faire une énorme bêtise.

- Pardon ?

- Me mentir est inutile. Ce serait te mentir à toi-même.

Chaque mot semblait lui coûter un effort monumental, aussi elle s'assit d'un pas fatigué sur le lit d'Hermione, tout en essayant de ne pas trop grimacer.

- Je... je ne compr...

- Par pitié tais-toi. Cingla-t-elle, une main sur le front. Tu en as déjà assez fait. Je... je croyais au début que tu serais différente. Que tu ne... reproduirais pas les mêmes erreurs que moi ! Mais je suis idiote.

- Je...

- Je sais pour toi et le maître Ginny !

Cette exclamation la laissa sans voix, tandis que l'horreur et la honte se peignèrent sur son visage.

- Croyais-tu vraiment que je ne le remarquerais pas ?! Je suis toi ! Au début je ne comprenais pas, j'essayais de me convaincre que je me faisais des idées mais... la nuit dernière j'ai senti que... que quelque chose avait changé.

- Ginerva je ne...

- Tu lui as tout donner de toi, pas vrai ? Continua-t-elle. Pas seulement ton corps, mais ton cœur. Tu... tu lui a cédé, car tu savais que lui, préférerais souffrir une éternité. Tu lui as cédé car tu ne pouvais plus supporter la douleur.

Ces mots la pétrifièrent, si bien qu'elle ne sut quoi répondre. Parfois elle oubliait que ce qu'elle vivait et ressentait, Ginerva l'avait déjà vécu et ressenti. Face à son silence un sourire triste naquît sur ses lèvres.

- Je m'en doutais.

Puis dans une même grimace elle se releva, s'élevant de tout son haut, le menton relevé et le regard droit. Elle était impressionnante de force et de gravité. Cette femme qui n'était autre qu'elle-même, lui semblait si étrangère à ce qu'elle était aujourd'hui. Cela lui en donnait presque le vertige, et c'est intimidée et pétrifiée, qu'elle la regarda.

- Mais je ne pensais pas qui tu céderais si vite.

- Je suis désolé, souffla-t-elle. Je... je ne pouvais pas...

- Je sais. Crois-moi, je sais.

La panique la gagna et elle se leva, les mains tremblantes.

- J'aimerais pouvoir arranger les choses ! Vraiment, je... je ne sais pas quoi faire, je...

- Tu es piégée Ginny. Autant par lui, que par toi-même. Le jour où j'ai quitté mon foyer, j'ai su que c'était fini pour moi. Et malheureusement, ça l'est pour toi aussi.

- Mais...

- Arrête. Dit-elle plus fort d'un ton irrévocable. Accepte. Ce sera plus facile si tu arrêtes de te battre dans le vide. Au fond de toi tu as pris ta décision. Assume-la, comme je l'ai fait. A partir d'aujourd'hui tu lui appartiens. Tu es la Dark Lady. Et comme moi tu es condamnée.

Quelque chose changea dans son regard. De la peine, de la peur ? Elle ne sait pas, mais elle put le ressentir si clairement qu'elle en eut presque le vertige. Ces derniers mots n'étaient pas un avertissement, mais une information.

- Comment ça ?

Ginerva regarda ses mains. Des mains de femme, de mère, d'épouse, de sorcière... mais des mains tremblantes, usées dont les lignes se bleutaient. Des mains, symbole d'une force, qui se mourait. Et cette réalité, fit dévaler des larmes d'effroi sur ce visage plus âge et plus fort.

- Il se meurt. Souffla-t-elle torturée. Mon mari se meurt et je suis loin de lui.

- Qu... quoi ?

- C'était il y a longtemps, mais la maladie est patiente. Il... il n'y a aucun remède et, moi la seule force vitale extérieure qui lui reste, je suis coincée dans un espace-temps figé. Mon éloignement le tue à petit feu, et... et son état me tue à petit feu aussi. Si je reste ici, il va mourir Ginny, et s'il meurt, je n'ai plus aucune raison de vivre. Je mourrais ! Et si je meurs ici, alors... vous êtes perdu vous aussi. Déclara-t-elle, en essuyant ses larmes silencieuses.

La rousse ne sut plus quoi dire, les yeux exorbités de peur. L'idée que son maître meurt la paralysa sur place, puis après l'image de Magnus s'impose en elle. Non, c'était impossible.

- Ma... mais... Non ! Il... faut trouver un moyen de...

- C'est trop tard, il n'a plus aucune chance.

- Mais, toi ?

Ces mots lui arrachaient la langue, car ils supposaient que Ginerva devrait vivre sans son maître pour les sauver tous.

- Je suis aussi condamnée que lui.

- N'y-a-t'il ...

- Ce n'est pas mon choix Ginny ! Mon corps se meurt tout seul ! C'est un suicide que je ne peux empêcher ou contrer ! Sans lui, je ne suis plus. Je meurs déjà.

- Mais Magnus ? Il... il sait ?

- Il sait que son père est malade. Mais pas... pas pour moi... Je ne peux pas lui dire. Sanglota-t-elle détruite. Et toi, tu t'es juste condamnée au même sort que moi. Ton essence même, la vie qui est en toi, mourra. Exactement comme la mienne. Et tu ne pourras rien y faire. Tu seras enfermée dans un corps qui se meurt, incapable de pouvoir y changer quoi que ce soit. Tu seras perdue. Je... je suis perdue. Et à cause de moi, vous l'êtes tous.

L'imminence de leur sort lui donna la nausée. Elle ne pouvait pas laisser faire ça. Elle ne pouvait pas se laisser mourir !

- Dis-moi quoi faire ! Il y a forcément un moyen d'arrêter ça ! S'il te plaît !

- Je ne peux rien y faire ! S'écria-t-elle. Il... il est presque déjà mort...

Ces derniers mots semblèrent lui arracher le cœur et avant même que Ginny ne réalise ce qui arrivait, elle la vit s'écrouler en sanglot dans ses bras. Elle s'accrochait à elle, comme à sa jeunesse, sa santé, sa vie, son bonheur, alors qu'elle n'était plus que maladie, mort et bientôt souvenir. Tout son être tremblait de peur et d'un chagrin plus immense que Ginny n'en avait jamais ressenti. Et c'est là que ses propres larmes dévalèrent ses joues à son tour, plus douloureuses et brûlante que jamais.


Salut à tous ! Voici la suite, j'espère qu'elle vous plaira ! Les choses s'accélèrent et se resserrent autour de nos personnages ! On se rapproche aussi de la fin ! Dîtes moi ce que vous en pensez dans les commentaires, vous êtes super ! Franchement merci beaucoup !

A très vite ! Bisous !