Hermione se mordit la lèvre, hésitante tandis que ses mains se tordaient machinalement derrière son dos. Son cœur résonnait dans ses oreilles tandis que le temps s'écoulait sans qu'elle n'esquive le moindre mouvement. Déjà plus d'une dizaine de minute qu'elle se trouvait devant cette porte en bois ciselée. Déjà plus d'une dizaine de minute que tous ses vieux réflexes lui hurlaient de s'enfuir, et pourtant elle n'y parvenait pas. Sa conscience le lui interdisait et pourtant, Merlin savait qu'elle en avait envie. Revoir toutes ses images de la bataille et de leur vie ici, lui avait fait réaliser sa négligence sur pas mal de chose. Tout s'était passé si vite... Son enlèvement, sa torture, et les mangemorts l'avaient complètement distraite de ces vraies préoccupations. La première était sans aucun doute son fils, Kai. Elle n'avait pas compris l'ampleur de son mal, elle n'avait pas réalisé sa douleur. Et elle en payait le prix aujourd'hui. Il l'avait repoussé. A juste titre selon elle. Elle n'avait pas à s'interposer ; il n'était pas un enfant. Et elle devait accepter que non, il n'était pas non plus innocent. Le sang de Bellatrix n'était pas le premier qu'il avait fait couler, tout comme le fait qu'il n'avait pas toujours été une victime dans sa vie. Kai était un homme, responsable et torturé. Et elle devait l'accepter, peu importe sa peine, sa peur ou ses propres convictions. Elle, savait pertinemment que lui et Scorpius seraient ses seules raisons de vivre dans un futur proche, (le sujet de Drago étant encore légèrement en suspension à l'heure actuelle). Et elle refusait de perdre l'un d'entre eux. Kai était ce qu'il était. Elle devait s'y faire. Peu importe le sang sur ses mains, les siennes n'étaient pas propres non plus. Elle aurait souhaité aller le voir mais Scorpius le lui avait déconseillé. Mieux valait qu'il reste un peu seul après les derniers événements. Pourtant, il n'était pas le seul à tourmenter ses pensées. Car une image plus brillante que les autres avait attiré son attention dans l'esprit de Lucius. Celle d'un Drago Malfoy la décrochant des ronces de son père, les mains en sang, et le visage grimaçant. Malgré la douleur il ne l'avait pas lâché. Malgré son père, il ne l'avait pas abandonné. Malgré leurs haines mutuelles depuis des années, il l'avait sauvée. Elle n'avait pas réalisé que c'était lui qui l'avait sauvé avant tous les autres. Elle ne l'avait pas remercié. Et pourtant, elle l'avait vu la regarder. Quelque chose avait changé dans ses yeux, dans son attitude, sa façon de la voir au quotidien. L'absence de mépris peut-être ? Elle ne savait pas vraiment, mais voulais savoir. Elle voulait le voir. Aussi c'est pour cette raison qu'elle se triturait les mains depuis maintenant plus d'un quart d'heure devant sa chambre à lui et à Blaise. La peur lui donnait presque mal au ventre. Jamais elle n'aurait cru visiter Drago Malfoy de sa propre volonté... comme quoi, tout finissait par arriver un jour. La gorge asséchée par un stresse qu'elle n'aurait su contrôler, l'agacement prit le dessus et, dans un coup d'adrénaline, on entendit l'écho de son poing contre le bois résonner dans le couloir désert. Une éternité. Puis deux, s'écoulèrent dans le silence de sa respiration hachée. Elle aurait tout donner pour faire marche arrière mais entendit des pas, puis une voix. La poignée s'abaissa dans un grincement et le visage étonnement souriant de Blaise apparût. Bien entendu, sa joie se transforma en un choc facial profond, qu'il la fit presque sourire. Effectivement, elle devait bien être la dernière personne qu'il s'attendait à voir devant sa porte.

- Est-ce qu'il y a un problème ? demanda-t-il inquiet.

- Non... je... j'aurais voulu parler à Mal… Drago. Je voudrais parler à Drago.

Les yeux du métis s'agrandirent tandis qu'Hermione eu l'impression d'avaler des lames de couteaux. Elle l'avait appelé Drago. Par Merlin, que son nom sonnait étrangement dans sa bouche. Comme un enfant non habitué à dire un gros mot. Elle avait l'impression que ses lèvres n'y croyaient pas elles-mêmes. Blaise se tut pendant plusieurs secondes, incapable d'articuler devant elle, avant de brusquement déclarer.

- Je crois que je vais allez voir si les barges sont toujours aussi bien attachés.

Le malaise était présent, mais la moquerie dans le regard de Blaise l'était bien plus. Son sourire incrédule la fit rougir tandis qu'elle le regardait partir à grandes enjambées, mais il disparut bien vite quand un autre visage apparût dans la lumière. Ses cheveux brillaient, complètement mouillés, tandis que des gouttes perlaient à leurs extrémités. Son t-shirt collait légèrement à sa peau, moulant son torse qui sembla brusquement imposant à la jeune femme. Il devait sortir de la douche, et était habillé tel un simple un moldu. Le choc de cette vue lui fit perdre un instant ses mots et le bleu de ses yeux lui refléta une surprise partagée. Elle s'étonnait elle-même de tenir encore sur ses jambes.

- Granger ?

- Malfoy.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

Pour la première fois, leur échange n'était pas agressif. Un changement de ton qui leur sembla tous deux surréalistes, mais aucun ne fit de commentaire. La gêne était trop présente pour cela.

- Je... je tenais à m'excuser. Dit-elle soudainement.

- Pardon ?!

- Tu m'as sauvé la vie. Et je me suis comportée comme une ingrate, alors que tu as renié ton père pour moi. Sans toi je serais sûrement morte dans ce couloir, alors... merci.

Elle avait l'impression de courir au soleil. Ses joues étaient roses, son souffle irrégulier et la fièvre lui donnait des sueurs froides. Elle avait l'impression d'être ridicule, mais elle se tut, ses mains toujours agitées dans son dos. Drago la regarda avec désappointement, puis gravité. Il ne s'était pas attendu à ce qu'elle vienne. Surtout pas pour ça.

- C'est un idiot. Dit-il finalement. J'ai tenté de tuer plus d'une fois, alors te sauver des griffes de mon père était... la moindre des choses. Et puis il s'agissait de notre survie à tous. Tu n'as pas à me remercier.

- Si. Soutint-elle. Tu aurais pu me laisser mourir !

- Et affronter la colère du maître, de Potter, des deux Weasley ? Dit-il en éclatant de rire. Je ne suis pas fou. Et puis, Kai et Scorp ne me l'aurait jamais pardonné.

C'était la première qu'il évoquait leurs fils devant elle, et ces mots, même s'ils étaient teintés de son orgueil habituel, la touchèrent. Inconsciemment, ses yeux descendirent jusqu'à ses mains, elles aussi bandées. Le souvenir de lui, la peau en sang lui revînt, juste avant celle de Kai recouvertes de rouge. Un frisson la secoua.

- Oui et bien... merci quand même. Dit-elle d'une petite voix. Je n'ose imaginer dans quel état serait Bellatrixe aujourd'hui, si tu n'avais pas été là pour moi...

- Kai tient d'elle, tu sais ?

Ces mots la coupèrent dans son élan, et son cœur se serra. Elle n'osa pas répondre et baissa la tête tandis qu'il s'accouda à l'encadrement de la porte, les mains dans les poches.

- Je sais que tu refuses de le voir.

- Je le vois ! S'énerva-t-elle. Je... je le vois, crois-moi.

- Pas comme moi.

- Qu'est-ce que s'est censé vouloir dire ?!

- Que tu ne connais que Kai. Moi, je connais ma Tante. Dit-il gravement.

- Au cas où tu aurais oublié un détail, je la connais aussi ! J'ai goûté à ses Doloris pas plus tard qu'il y a trois jours !

- Tu ne connais que ça d'elle. Moi j'ai grandi avec. Je vu d'elle le pire... des choses que tu n'oserais même pas imaginer et qui ferait ressembler tes tortures à une promenade de santé. Je sais comment elle fonctionne, je connais ses instincts, ses réflexes. Kai est comme elle. Bien plus que tu ne le pense, ou que lui-même ne veuille le croire. Tu l'as élevé, et il est certainement beaucoup moins dérangé et plus droit qu'elle grâce à toi, mais un Lestrange reste un Lestrange, Granger. Tu l'as peut-être sauvé, mais tu ne pourras pas le changer.

- Je sais... mais la question n'est pas ce que je ressens, mais ce que lui ressent ! Je veux dire... je... je suis censé être sa mère et pourtant, j'ai l'impression d'être larguée avec lui !

Les mots s'enchaînèrent à des sanglots refoulés et elle se mordit la langue pour ne pas les laisser exploser. Pleurer, se plaindre ou gindre ne servirait à rien, surtout devant lui.

- Tout le monde l'est. Dit-il à son tour.

- Je... je suis désolé que tu doives voir ton père dans cet état.

- Il mérite ce qui lui arrive. Mon père est un monstre, et je ne vaux pas mieux que lui. Disons que j'ai eu de la chance, j'aurais pu me retrouver à sa place.

- Tu n'es pas comme lui !

- Tien donc ? Et c'est miss je sais tout qui l'a vu dans sa boule de cristal ? La torture te rend amnésique Granger. Je te signale que c'est moi qui m'occupait de te tourmenter à Poudlard, que j'ai failli tuer Dumbledor que j'essayais de te tuer toi et tes amis pendant la guerre, et que c'est moi et famille, qui avons fait de ta vie un enfer. Je ne crois pas que tu puisses me juger différemment de mon père.

- Les choses... étaient différentes. Tu étais différent maintenant.

- Différent ? Encore une chose que j'apprends. Ricana-t-il amusé.

- Je suis sérieuse.

- Et en quoi le grand et méchant Drago Malfoy a-t-il donc tant changé ? Que je t'insulte dans les couloirs te manque ?

- Personne ne touche à ma famille. Dit-elle brusquement.

Son sourire s'évapora dans la seconde. Elle savait. Et sa pâleur s'accentue.

- Quoi ?

- C'est ce que tu as dit à ton père. C'est ce que tu as dit en me sauvant la vie. L'ancien Drago n'aurait pas lever le petit doigt pour moi. L'ancien Drago ne m'aurait jamais considéré comme autre chose qu'une sang de bourbe. Et pourtant... tu m'as choisi moi, face à ton père. Tu as choisi Scorpius et Kai par la même occasion, tu nous as choisi tous les trois.

- Ce sont mes fils !

- Et moi ? Que suis-je ?

- Ne commence pas Granger... gronda-t-il.

- Cela revient au même ! En me sauvant, tu as sauvé la famille que nous formerons plus tard. Tu... tu as sauvé notre futur.

- Par Merlin, qu'est-ce que tu cherches !? S'agaça-t-il brusquement.

- A comprendre !

- Je t'ai sauvé parce que ça les aurait détruits de te perdre ! Parce qu'ils ne seraient jamais venus au monde, et que oui, je n'aurais jamais connu le bonheur d'une vraie famille ! C'est là ce que tu veux entendre ?!

Hermione ne répondit pas. La gêne avait repris ses joues. Il ne reniait pas le futur qu'ils risquaient d'avoir ensemble. Il ne s'obstinait pas à vouloir protéger leurs enfants de son sang impur. Il l'acceptait.

- Mon père ne signifie rien comparé à ... à mes... nos futurs enfants. Grimaça-t-il. Je suis peut-être un connard, et un monstre comme mon père mais je ne suis certainement pas comme ma tante. Mes fils comptent à mes yeux. Ma famille compte. Et que je le veuille ou non, tu en fais définitivement parti alors...

- Merci.

- Je t'ai dit que...

- Merci Drago. Vraiment.

La sincérité qu'il lut dans le soulagement heureux de son regard, il fit abandonner sa bataille. La miss je sais tout semblait toujours avoir le dernier mot en fin de compte. Fatigué, il soupira. Cette femme finirait par avoir sa peau.

- Pas de quoi. Souffla-t-il finalement à demie-voix.

Son sourire lui fit l'effet d'un coup de poing, mais il n'en montra rien. A la place, il fit semblant de fermer la porte avant de la suive du regard dans le couloir. Mieux valait être prudent après ce qui était arrivé, se disait-il, pourtant, il ne crut pas lui-même à cette excuse et s'affala sur son lit, achevé.


Ginny haletait. Son souffle n'arrivait pas à se calmer depuis les aveux que Ginerva lui avait faîte. Son cœur lui faisait mal dans la poitrine si bien qu'elle aussi, avait l'impression de mourir sur place. Son ventre se tordait sous ses bras mais elle n'avait plus rien à vomir depuis longtemps. Tout autour d'elle s'écroulait. Ses espoirs, ses convictions, ses nouvelles résolutions... tout. Et tout ça à cause d'elle. Ginerva lui avait tout expliqué. Comment le fait d'invoquer un Hurleur avait un prix à payer. Comment cette magie était la plus noir de toute. Comment elle finissait par se nourrir de la vie de celui qui l'invoquait. Comment ce phénomène était irréversible. Et comment Son maître savait par avance ce qui l'attendait en agissant ainsi. Il s'était consciemment sacrifié pour les sauver, et mourrait. Et cette réalité lui crevait la poitrine. Ginerva n'avait pas pu quitter sa chambre, trop faible, mais elle, elle n'avait pas pu rester en place. Elle ne pouvait pas. Pas quand le plus grand et destructeur amour de sa vie périssait lentement dans le futur. Pas quand elle savait que son double du futur mourrait aussi. Pas quand elle savait que sa mort les condamnerait tous... son maître, son fils, sa famille, ses amis... Tous. Non. Non c'est impossible. Et Magnus qui ne se doutait de rien. Ni de perdre sa mère, ou de l'éminence de la mort de son père... Cela ne pouvait pas arriver. Pas maintenant. Sa crise de panique la faisait trembler comme une feuille et elle s'accrochait presque au mur du couloir pour avancer. Elle devait trouver un moyen, trouver une astuce, une faille dans cette fatalité. Mais surtout, elle devait le voir et lui parler. Il devait l'aider à comprendre et arranger cette horreur. Elle mit bien une demi-heure avant d'arriver en face de la Grande Salle, et pria pour trouver Voldemort ici. Elle n'avait pas la force d'aller jusqu'à sa chambre. Alors qu'elle peinait à ouvrir les portes, elle perçut les cris de Bellatrixe dans sa tourmente et n'en fut jamais autant soulagée. Il était là, à essayer une nouvelle fois sa pâte de rêve sur l'esprit de ses mangemorts. Tous deux semblaient épuisés, et n'arrivaient même plus à parler. Ils ne pouvaient que crier dans le défilé de leurs misérables vies. Le maître en revanche était franchement mécontent. Aucun indice concret ne ressortait de leurs souvenirs, aucune véritable indication ou localisation. Juste un néant noir et froid. Et l'échec faisait briller le sang dans ses yeux. La veine de son front palpitait sous sa sueur, tandis qu'il s'acharnait vainement. Ginny pouvait presque sentir la chaleur de son sang en train de bouillir sous sa peau, la rage ayant pris possession de ses veines. Alors qu'elle s'avançait, elle fut surprise de voir Blaise, les yeux plissés devant le spectacle auquel il assistait. C'est lui qui la remarqua le premier.

- Ginny ?

Il ne pouvait pas savoir. Personne ne pouvait. Pas maintenant. Le maître se tourna brusquement vers elle, les yeux écarquillés de surprise, comme s'il sortait de trans. Le voir ne fit qu'amplifier la douleur de la vérité qu'elle détenait. L'imaginer mourir lui retournait les entrailles. Blaise parla mais elle ne l'entendit pas. Son esprit était focalisé sur son maître, sur l'échéance à venir, le dilemme et l'urgence. L'urgence. Tellement d'urgence.

- Blaise, laisse nous seuls s'il te plaît.

Son ton était pressé, et les inquiéta tous deux. Gêné par une telle requête de la part de la rousse, il regarda Jedusor, puis les mangemorts, sans savoir quoi faire.

- Il y a un pr...

- Zabinni ! Tonna t'elle les mains encore plus tremblantes. S'il te plaît. Laisse-nous.

Blaise déglutit et le maître haussa un sourcil. La Dark Lady avait parlé. Sans demander son reste, Blaise baissa la tête et parti une nouvelle fois à grandes enjambées, le regard légèrement effrayé par l'ordre qui lui avait été donné. A croire que plus rien ne tournait rond avec elle et Hermione. La porte claqua dans son dos et les deux jeunes gens se retrouvèrent enfin seuls, les mangemorts présents ne comptant pas à ses yeux. Quand elle rencontra le regard surpris et teinté d'incompréhension de son maître, elle eut l'impression d'être au bord de l'apocalypse. Comme si une météorite géante allait s'écraser sur eux d'un instant à l'autre.

- Si tu viens te plaindre de l'ordre que j'ai donné à Kai ce n'est pas la peine. Granger, Magnus et Scorpius m'ont assez pris la tête comme ça. Dit-il en retournant contempler sa pâte de rêve défectueuse à ses yeux.

- Je... je ne viens pas pour ça. Souffla-t-elle anxieuse.

Dans le silence de la respiration hachée de la rousse, Lucius et Bellatrixe relevèrent la tête, à moitié inconscients. Quelque chose de plus d'irréel se déroulait. Une conversation entre leur maître et une traître à son sang.

- Alors quoi ?! Parle. J'ai beaucoup à faire.

Ils allaient mourir. Ils allaient tous mourir. Lui. Leur fils. Tout le monde. Ils étaient condamnés. Tous condamnés. Ces mots tournaient en boucle dans sa tête mais aucun son ne parvenait à sortir de sa bouche. Elle resta plantée là, prostrée, les yeux écarquillés d'horreur tandis qu'il attendait, dos à elle, impatient. Face à son étrange mutisme il se retourna agacé mais se figea quand il senti son effroi. Il n'en avait jamais senti de tel chez elle, pas même quand Hermione s'était faîte enlever. Sa pâleur faisait ressortir ses tâches de rousseurs.

- Ginerva. Dit-il plus fort comme pour la réveiller. Qu'y a-t-il ?

Bellatrix s'éveilla brusquement à l'appel du nom de la jeune femme. Un élan de vie l'habitat soudainement, animé par une incompréhension jalouse. Le maître s'inquiétait-il pour elle ? Elle ne savait pas mais le vit s'avancer vers elle. Ginny bégaya mais ne put parler. Ce n'est que quand il fut face à elle, qu'elle trouva la force d'articuler entre deux souffles.

- Je... je crois que les mangemorts ne sont plus... ne sont plus le seul problème que nous ayons.

- Magnus ? Demanda-t-il inquiet.

- Non... non... ça concerne tout le monde...

Sa voix se coupa dans une exclamation de douleur qu'elle ne put retenir. Pliée en deux, le visage déformé, elle senti son corps s'embraser d'un mal qui n'avait fait que croître depuis que Ginerva lui avait parlé. Son mal. Elle avait cru que sa fière n'était dû qu'à son bain trop chaud, mais quelque chose d'autre la rongeait. La même chose qui rongeait l'âme de son double. Elle pouvait la sentir mourir. Se sentir mourir. Et par la même occasion, elle pouvait percevoir la mort prochaine de son maître. Le temps se jouait d'eux, encore une fois. Paniqué de la voir ainsi, il la rattrapa quand ses jambes se dérobèrent sous elle. Les mangemorts qui assistaient à la scène, le virent la porter jusqu'à un siège. Ses tremblements ne firent que croître.

- Il faut... il faut empêcher ça !

- Empêcher quoi ?! Que se passe-t-il ?

- Elle meurt... je la sens... Bafouilla-t-elle. C'est trop tard...

Un autre cri de douleur la fit tomber au sol. C'était comme être arraché de soi-même. C'était affreux. Et des larmes de douleurs perlaient de ses yeux. Voldemort l'assit avec force et prit son visage en coupe, le regard franchement inquiet.

- Qui meurt ? Concentre-toi ! Qui meurt ?! Hurla-t-il.

- Toi... ton futur meurt. Et... et elle aussi. Ginerva... meurt aussi. On est tous perdu...


Ginny comprit qu'elle avait perdu connaissance quand elle s'éveilla brusquement dans la Grande Salle, allongée sur les genoux d'Hermione, son frère à son chevet. Le corps douloureux, ils l'entendirent gémir en grimaçant, avant de tous s'agiter autour d'elle, soulagés de la voir reprendre vie devant eux. A sa grande surprise, tout le monde était là, mais tous avaient un visage grave. Il lui fallut plusieurs secondes avant de réaliser pourquoi. Le mal dans sa poitrine n'avait pas disparu, et pour cause, Ginerva était là elle aussi, mais toujours inconsciente et dans les bras d'un Magnus défait, dépité par une réalité qu'il ne croyait pas possible. A ses côtés, Scorpius et Kai retenaient à grande peine l'émotion qui leur tenait le cœur. Leur deuxième mère agonisait devant eux, sans qu'ils ne puissent y faire quoi que ce soit. Les mangemorts étaient toujours là eux aussi, et avait repris quelques couleurs mais personne ne les remarquait plus. Ils faisaient pour ainsi dire partir des meubles.

- Ginny ? Est-ce que... est-ce que ça va ? Demanda prudemment Hermione en la voyant se redresser.

- Tu es restée évanouie une heure. Dit Ron inquiet.

- Une heure !

- Je leur ai dit, ce que tu m'as dit. S'éleva la voix de Voldemort non loin. Et je crois que des explications s'imposent.

Tous se tournèrent vers elle, comme si elle détenait toutes les réponses mais la vérité était qu'elle était aussi perdue qu'eux. A la différence qu'elle, ne faisait pas que voir mourir Ginerva, elle pouvait aussi la sentir partir peu à peu. Son corps lui faisait mal, son cœur lui faisait mal, réfléchir lui faisait mal... le simple fait de respirer lui semblait surhumain. Sa tête pesait lourd sur ses épaules, son dos craquait à chaque mouvement, sa bouche pâteuse lui donnait encore plus envie de vomir tandis que ses entrailles se tordaient en elle. Oui, elle avait bien l'impression de mourir. Devant son état, c'est le vieux Drago qui, à la surprise générale, brisa le silence.

- Je ne pensais pas qu'on devrait faire face à tout ça de sitôt... Dit-il d'in ton grave et désolé. Je suis navré de la tournure de la situation, ce n'était pas... pas prévu.

- Faire face à quoi ?! S'impatienta Voldemort.

- Ouai... J'aimerais comprendre pourquoi ma sœur et son double du futur sont à l'article de la mort. Insista Ron.

- Quoi ? Coupa Magnus incrédule. Attends, tu...tu sais ce qu'il se passe ?

- Papa ? C'est vrai ?

- Oui... Dit-il les yeux baissés.

- Alors quoi ?! Elle est vraiment en train de mourir parce que mon père est malade ?!

- Malade ? Intervînt Voldemort.

- Magnus, ce n'est... ce n'est pas aussi simple que ça.

- Attendez deux minutes, c'est quoi cette histoire ? Voldemort est malade ? Dans le futur ? Demanda Harry complètement largué par cette hypothèse surréaliste.

On vit des regards en coin s'échanger entre les voyageurs puis des soupirs de résiliations. Il n'y avait plus à rien à cacher quand la mort se trouvait sur le pas de la porte...

- Oui. Souffla Magnus en se relevant. Tu es malade. La... la magie noire te ronge et te tues à petit feu depuis des années maintenant. Au début, ça a commencé par une légère tétanie de la main droite, puis de la gauche. Les sortilèges de guérison n'ont jamais marché et n'ont fait que ralentir la propagation du mal mais... tu as fini par avoir du mal à te déplacer, à bouger, puis des crises ont commencées à apparaître. D'abord légères, puis de plus en plus fortes et douloureuses. Tu as refusé de nous dire ce qui t'arrivais pendant très longtemps. Même maman n'était pas au courant, seulement Hermione. C'était elle qui te soignais la plupart du temps. Et puis un jour, Kathy l'a su, en t'écoutant derrière la porte de ton bureau. Elle avait 12 ans, et Maman venait juste de t'annoncer qu'elle était enceinte d'Elias. Autant dire que ça a été un choc pour tout le monde. On a cru qu'on pourrait trouver un remède mais il s'est avéré que tu te savais déjà condamné depuis longtemps.

Chaque mot de Magnus filait tel des lames en pleine poitrine de Voldemort. Ce discours ne pouvait pas être vrai. C'était impossible. Il était Immortel. Le Seigneur des Ténèbres ! Le sorcier le plus puissant du monde ! Il ne pouvait mourir ! Pas par la Magie Noire qui plus est ! Non ! C'était une blague orchestrée par Merlin lui-même ! Cela devait être ça !

- Le jour où tu as invoqué le Hurleur pour nous sauver elle et moi, tu as compris que cela allait te coûter cher. Dit Kai. Tu savais mais tu l'as quand même fait. Et tu en as payer le prix pendant des années. Les Hurleurs détruisent toute vie sur son passage et se suicident. Ils se dévorent, meurent en s'autodétruisant. Ils s'attaquent eux-mêmes à la vie qu'ils portent, car vivre est presque contraire à leurs natures. En, en invoquant un, tu as initié cette magie en toi. Et depuis elle n'a jamais cessé de te détruire de l'intérieur, de t'ôter lentement la vie. Tel était le prix à payer.

- Mais il n'était jamais question que ma mère meurt aussi ! S'exclama Magnus furieux.

- C'était son souhait Magnus. Dit simplement Drago, la mâchoire serrée.

- Tu savais qu'elle était mourante elle aussi ! Souffla son fils dépité.

- Pas au début. Elle non plus d'ailleurs. Mais quand l'état du maître s'est dégradé, elle... elle a compris. Dit-il en s'asseyant à ses côtés.

- Mais... mais ce n'est pas logique, la magie du Hurleur ne devrait pas l'atteindre, si ? Demanda Blaise.

- Cela n'a rien à voir avec le Hurleur. Non... c'est bien compliqué. Quand elle a rejoint le maître, il en a fait d'elle sa femme, son égale, mais aussi un horcruxs. Nagini en est le symbole. Avoir une partie de son âme intacte, non affectée par la magie noire, lui a permis de retarder la maladie mais aussi d'être assez fort pour stabiliser son état. Mais, maintenant qu'elle est loin, très loin de lui... son corps s'affaiblit de plus en plus. Sans elle a ses côtés pour lui fournir assez de force vitale, il ne va pas tarder à périr et elle avec. Si le maître meurt, alors son essence mourra à elle aussi.

- Ça n'a aucun sens ! La magie des horcrucxs devrait me garder en vie !

- Peut-être survivras-tu à travers le morceau d'âme de Ginny, mais tu seras décharné, n'ayant plus de réceptacle et perdu dans un lieu sans espace-temps. Cela ne t'avancera pas à grand-chose.

- Il n'est pas question d'Horcrucxs mais de ma mère ! Peut-elle ou pas survivre ?! S'énerva Magnus.

- Pas que nous sachions. Souffla Drago. Nous avons tout essayé depuis longtemps.

- Je... je la sens. Gémit Ginny le souffle court. Je sens son corps, mourir...

- Quoi ?

- Elle... elle m'a dit qu'elle ne pouvait rien y faire. Que la distance le tuait lui, mais que sa mort la tuait elle. Elle a dit que son corps mourrait sans qu'elle ne puisse y changer quoi que ce soit. Que c'était un suicide...

- Il y a forcément un moyen !

- On pourrait la plonger dans le coma ! Dit Kai. Elle ne pourrait pas mourir !

- On n'a pas de Mandragore. Dit Hermione. Et en faire pousser prendrait trop de temps.

- Alors quoi ? On ne va pas la laisser mourir ! Je risque de perdre mon père, il est hors de question que je perde ma mère dans la même journée ! Hurla le jeune jedusor, les joues rouges.

-Magnus, ta mère...

- A fait un terrible erreur en me cachant la vérité ! Je suis l'aîné ! Elle aurait dû me faire confiance pour ce secret !

- Elle ne voulait pas que tu essaies de la sauver ! Dit Drago. Elle se sait condamnée depuis presque aussi longtemps que ton père.

- On pourrait la renvoyer grâce à la faille ?

Ces quelques mots de Harry suffirent à souffler un immense silence dans la grande salle. Personne ne sut sur le coup, quoi répondre.

- Excuse-moi ?

- La faille ! S'exclama-t-il comme si cela tombait sous le sens. On pourrait la jeter dedans !

- Tu veux jeter ma mère mourante dans un trou ouvert sur l'espace-temps ?!

- La faille peut s'ouvrir n'importe où et n'importe quand ! On ne l'a vu que comme un moyen pour les autres d'entrer, mais ça pourrait aussi bien être un moyen de sortir ! Si elle arrive à retourner dans son époque à temps, ni elle ni... j'espérais ne jamais dire ça... Voldemort, ne mourra ! Ils seraient en vie et tout reprendrait son court normal !

- Depuis quand Harry Potter se sent d'humeur charitable pour Ginny Weasley ? Demanda Scorpuis suspicieux. Tu la déteste pour t'avoir trahi.

- Non ! Je... j'ai beau ne pas cautionner certains de ses choix je refuse de la laisser mourir. C'est mon amie. Et puis je ne veux pas de cet avenir ! De ces guerres, de ces mensonges, trahisons, morts... j'en... j'en ai assez de me battre. Je sais que rien de ce que je pourrais dire ne changera ce que j'ai pu vous faire, et sincèrement, je regrette que vous ayez dû endurer de telles choses. Dit-il aux voyageurs du futur. Mais j'aimerais... j'aimerais que les choses changent, et le meilleur moyen est que l'on rentre tous chez nous, sains et saufs.

- Si on oublie la possibilité d'atterrir à peu près n'importe quand, n'importe où, que le voyage pourrait nous tuer et encore plus perturber l'espace-temps déjà extrêmement fragilisé par notre faute. Dit Hermione sceptique.

- Les risques sont... et bien... plus qu'élevés ! A ce stade c'est presque du suicide. Dit Blaise.

- On n'a pas d'autre choix, dans tous les cas elle est en train de mourir et nous manquons de temps. Insista le survivant.

- On n'a pas de choix tout court Potter. Calme ta joie et tes beaux discours, nous n'irons nul part. Nous ne savons pas où se trouve cette maudite faille. Sa localisation est un mystère et on ne peut pas dire que ces deux cracmols m'ait été d'une quelconque utilité. Tempéra Voldemort.

- Ils faut essayer ! Si elle meurt ici, on est tous morts. Dit le roux.

- On n'a plus rien à perdre.

- Désolé, mais vous êtes sérieux ? Vous voulez parier sur un coup de chance et sauter dans un trou béant ouvert sur un espace-temps incontrôlable ? Demanda Blaise.

- Même si on y survit, on pourrait atterrir dans des époques différentes. S'inquiéta Drago.

- Tu préfères vivre dans le futur ou mourir aujourd'hui, Malfoy ?

Le blond ne répondit pas, mais grimaça. Personne n'avait envie de sauter sur un trou d'obscurité froide et mortuaire. Mais personne n'avait de meilleure idée, ou d'autres alternatives à proposer. Le suicide, pensa Voldemort, était peut-être plus sage que d'attendre la mort ? En utilisant la faille ils avaient une chance de survivre, chose qu'ils n'avaient pas en restant ici sans rien faire. Il n'aimait décidément pas la tournure des choses. Mais n'avait pas d'autre choix lui non plus.

- On pourrait, essayer...

Le choc de voir Voldemort se plier à un plan d'Harry Potter, fit comprendre à tous le caractère urgent et apocalyptique de la situation. Merlin lui-même n'y aurait pas cru.

- Mais il faut trouver la faille avant qu'elle ne meure. Continua-t-il.

- Et bien... on va vraiment tous mourir. Marmonna Kai dépité par la scène.

- D'accord, mais comment on fait ça ? Comment on trouve cette faille ? Demanda Blaise.

Les têtes se tournèrent d'elles-mêmes vers les deux mangemorts sanguinolents au fond de la pièce. A cet instant, Lucius regretta de ne pas être mort.

- J'imagine qu'on peut réessayer. Soupira Voldemort. Mais cette fois, je vais avoir besoin de...

- Je m'en occupe. Tonna Kai de lui-même, baguette en main. Il est temps qu'on en finisse.


Voilà tout le monde ! Cela se resserre autour de nos personnages ! J'espère que ça vous plaît, ne vous en faîte pas, ce n'est pas encore la fin mais seulement les prémices, beaucoup de rebondissements sont à venir ! Laissez-moi un commentaire pour me donner vos avis.

Merci à tous ceux qui à chaque chapitre, m'envoie un message, c'est tellement agréable, vous êtes super, vraiment merci beaucoup !

A très vite ! Bisous !