Chapitre corrigé par une amie qui me sauve la vie.

Bonne lecture!


Venec aurait certainement pu porter le roi tout seul s'il n'avait pas plusieurs jours de navigation dans les pattes. L'aide de la jeune fille fut donc timidement acceptée, tout comme la nourriture. Elle les conduisit vers la partie privée de la villa, dans une grande pièce fleurie à l'intérieur de laquelle trônait un lit assez modeste et quelques meubles.

Ils posèrent Arthur sur le lit dans une position confortable, puis la jeune fille déclara sans regarder Venec :

« Prenez soin de lui. »

Elle courut ensuite en direction de la porte, que Venec n'avait pas remarquée, qu'elle claqua et bloqua avec une planche de bois après être sortie.

« Mais qu'est-ce que vous faites ? cria le contrebandier.

- Je suis désolée, je ne peux pas vous faire confiance... il faut que je parte et je ne peux pas vous laisser en liberté dans la maison. Ne vous inquiétez pas, il y a un petit stock de nourriture caché dans la malle sous le lit. Je serai de retour au lever du soleil. Ne tentez pas de sortir, s'il-vous-plait... profitez-en pour vous reposer. »

Venec en resta abasourdi et ne répondit rien. Il entendit les pas s'éloigner et bientôt plus aucun son ne résonna dans la maison.

Il resta plusieurs minutes les yeux rivés vers son roi sans le voir. La fatigue l'empêchait de réfléchir et pourtant il était parfaitement conscient de la situation dans laquelle ils se trouvaient. Enfermés, alors qu'ils cherchaient à rester libres.

Il lâcha un soupir ennuyé.

« Et merde... »

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Arthur fut réveillé par des bruits sourds résonnant non loin de lui. Il ouvrit les yeux difficilement et tenta de focaliser son regard sur la forme qui se mouvait à quelques mètres.

« Et merde !

- Venec ? »

Le roi surpris vit enfin son acolyte pester et donner des coups de pied dans une porte en pierre. Celui-ci se retourna vivement, semblant quelque peu soulagé mais aussi contrarié.

« Ah Sire ! C'est pas moi qui vous ait réveillé hein ?

- Arrêtez de m'appeler Sire, bon sang...

- Je suis désolé mais j'arrive pas à adopter le réflexe « Arthur » encore, ça vient pas tout seul..

- Ici vous feriez mieux de m'appeler Arthurus, ça attirera moins l'attention. »

Venec hocha mollement la tête. Son camarade pointa la porte derrière lui d'un signe du menton et l'interrogea avec ses yeux.

« Je suis désolé j'l'ai pas vu venir.. on vous a mis sur le lit pis elle nous a enfermé en sortant de la chambre. Dans ma mémoire y'avait pas de porte à ce genre de pièce. »

Arthur n'eut même pas la force de paraître surpris, bien qu'il l'était. Il promena son regard sur les murs qui l'entouraient et affirma après quelques secondes :

« Non mais c'était l'ancien garde manger ça si je me souviens bien. La seule pièce de la maison qui avait une porte pour que les aliments se gardent mieux.

- Oh... »

Venec ne commenta pas et fixa de nouveau la pierre avec détermination, avant de se jeter dessus l'épaule la première.

« Quoi ? Mais arrêtez qu'est-ce que vous faites ? Venec ! Arrêtez. Vous pourrez pas la péter. »

L'autre s'interrompit, le souffle court. Arthur vit alors à quel point il avait l'air épuisé. Depuis combien de temps s'acharnait-il sur cette porte ?

« J'suis désolé, Sire...

- M'appelez pas Si- »

Venec s'effondra à genoux sous ses yeux horrifiés avant qu'il ne puisse terminer sa réprimande.

« Wow bordel de merde. »

Arthur tenta se s'extraire des draps mais le contrebandier l'arrêta d'un signe de main.

« Ça va vous inquiétez pas, juste un petit coup de fatigue. »

Malgré tout, Venec se sentit touché que le roi veuille l'aider. Il se redressa sur ses jambes flageolantes et s'approcha du lit avant de lourdement retomber sur ses fesses une fois à sa hauteur.

« Vous êtes presque aussi pâle que moi, lui fit remarquer le roi. Sérieusement, reposez vous. Je vous laisse le lit.

- Ah non ! Par terre c'est très bien. Vous aussi vous avez besoin de vous reposer. Si vous voulez, y'a de la bouffe dans la malle sous le lit.

- Pas faim. Vous, vous avez mangé ?

- Non, et sincèrement... je crois pas en avoir la force, là. »

Ceci dit, il posa sa tête au creux de son coude et s'endormit instantanément. Arthur fronça les sourcils, se demandant une nouvelle fois ce qui pouvait pousser le bandit à prendre soin de lui comme ça. Il s'allongea lui aussi, son regard ne quittant pas la chemise de lin blanc qui se mouvait au gré de la respiration de son compagnon de fuite. Il se rendormit sur cette vision, apaisé.


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