Une semaine s'était écoulée depuis l'incident en cours de Défense contre les Forces du Mal. Une semaine pendant laquelle Tom n'adressa pas la parole à Hermione. Une semaine où elle le vit l'ignorer, mais toujours l'épier à la dérobée. Dans son dos, pesait son regard perçant, ne la faisant que redoubler de prudence. L'euphorie qu'avait provoqué leur combat s'était estompée, mais désormais tout le monde la connaissait comme étant celle ayant affronté Tom Jedusor. Abraxas, Arias et Orion, avait beaucoup joué de cette nouvelle réputation. Toujours aussi collant, ils n'avaient apparemment pas reçu de nouvel ordre de la part de leur maître et n'en démordaient pas. Leurs réunions avec Jedusor s'étaient espacées d'après la Carte du maraudeur, mais les sorciers savaient que ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne cherche à recruter d'avantage d'élèves. Entre temps, Drago, Blaise et Hermione n'avaient pu se réunir que deux fois avec leurs deux Gryffondors. Les mangemorts gardant toujours un œil sur eux, il était difficile de s'éclipser sans attirer de soupçons. Une situation contraignante, mais surtout agaçante. A peu près autant que les avances d'Abraxas envers Hermione. De toute évidence, il ne comprenait aucun de ses sous-entendus et restait accroché à sa séduction Malfonienne peu importe ses refus explicites. Ce comportement, hilarant aux yeux de Blaise, avait le don de rendre Drago fou de colère, qui ne supportait pas de voir des regards langoureux lancés en direction de sa future femme. Bien entendu, leur relation entre Hermione et lui, n'était pas elle non plus, très clair et avancée... mais étrangement, tous deux n'en avait pas besoin. Ils savaient que leur avenir était ensemble, et plus important encore, ils savaient que cet avenir leur rapporterait leur famille et leurs enfants... et cette réalité, valait plus que tout à leurs yeux. C'était leur combat, leur lutte et leur espoir. Aussi Abraxas perdait son temps avec elle, car un autre Malfoy lui était destiné, et elle ne l'aurait échangé pour rien au monde. Ils le savaient tous les deux.

Ron n'avait pas réussi à réveiller sa sœur, et ce, peu importe le nombre de potion qu'il avait secrètement concocté sous lit. Rien ne marchait, et le temps passait. Un temps qui les désespéraient. Déjà près d'un mois qu'ils se trouvaient en 1944. Un mois à chercher sans jamais trouver la moindre piste, ou le moindre indice qui les ramènerait chez eux. La traduction du Livre des Esprits avançait lentement, mais là aussi, Hermione avait le sentiment de faire du sur place. Elle avait beau y passer ses nuits et tout son temps libre, rien n'évoquait leur Esprit du Temps ou un moyen de l'invoquer. A croire parfois, qu'elle n'avait jamais existé et que toute leurs mésaventures n'étaient qu'une paranoïa de groupe. Mais ils connaissaient la vérité. Ils savaient à quel point tout était réel, et désespéraient de ne pas trouver de solution. Hermione avait cependant réussi à trouver un moyen de se rappeler tout ça. De se rappeler la réalité de tout ce qu'ils avaient pu vivre ensemble, dans cette dimension désormais lointaine : Un Charme de souvenir, crée à partir d'un bout de miroir brisé qu'elle avait trouvé au fond de son sac. Un Charme, qui, relié à sa mémoire, affichait tous les souvenirs qu'elle désirait revoir ; un peu comme une pensine. Au début, elle avait redouté ce qu'elle pouvait voir, mais l'appel du manque était trop fort pour la convaincre de renoncer.

Dans le trouble de ses souvenirs, était alors apparu Scorpius. Son sourire amusé, ses yeux narquois et le son de voix avaient résonné dans sa petite chambre tel un soleil rayonnant. Il était le portrait de Drago, et ça personne ne pouvait en douter. Mais l'image avait changé, et le visage de son autre fils émergea. Kai, avec son habituel sourire revanchard, ses yeux rieurs et ses cheveux mal coiffés. Il n'y avait ni main rouge, ni cris, ni larmes... juste lui. Juste son fils, aimant et maladroit. Très vite, ce sont ses propres larmes qui brouillèrent l'image. Ils étaient là. Si prêts, si vivants, qu'elle aurait pu les toucher, les serrer dans ses bras et les embrasser... Ils lui manquaient tant. Et elle avait si peur. Si peur qu'ils aient atterrit dans une autre époque, ou pire, qu'ils soient restés coincés dans la faille, perdus dans le temps et l'espace... Elle ne voulait pas y penser, pourtant, cela la rongeait de l'intérieur. Puis, Magnus apparût à son tour, et ce n'est qu'en le revoyant que la jeune femme réalisa à quel point il ressemblait à son père à son âge. C'en était presque déroutant. Seul ses tâches de rousseurs témoignaient de la douceur qu'il avait hérité de Ginny. Étonnement, une autre figure se refléta dans l'éclat. Celui de sa fille, Rose. La sœur jumelle de Scorpius. C'était la première fois qu'elle pouvait véritablement la contempler. La dernière fois qu'elle l'avait vu, ce n'était qu'à travers le souvenir angoissant de son frère, lors de son sauvetage de sa détention par les membres du CRIME. Elle était si belle. Et, étrangement, lui ressemblait beaucoup. Les mêmes pommettes, les mêmes yeux, et même les cheveux. Bien entendu, ils étaient blonds, mais aussi bouclés et en désordre que les siens. Un parfait mélange en un sens. Un mélange qui lui donna le sourire, et réchauffa son cœur.

Les revoir lui avait rappelé de croire en eux. De croire qu'ils seraient toujours là, quelque part, à avoir foi en elle. A avoir foi en leur mère. Elle refusait d'abandonner cette idée et n'était pas la seule. En voyant son miroir, Drago avait bien eu de la peine à retenir l'émotion qui l'avait saisi. Lui non plus, ne les oubliaient pas. C'était étrange, et difficile à décrire, cette sensation de manque envers quelque chose qui techniquement n'existait pas encore, mais ils ne pouvaient le contrôler, ou le nier. Et c'était aussi leur force. Leur raison ne de pas renoncer. Même Harry et Ron la ressentaient eux aussi. Les revoir, leur avait remémorer ce futur dont ils avaient si honte, mais aussi les raisons de leurs combats. A cet instant, le Weasley n'avait regretté qu'une chose, que Ginny ne puisse être là avec eux pour revoir son fils.

Mais cela n'allait plus durer. Car une deuxième manœuvre était désormais en place.

C'était un plan risqué, mais Ron ne pouvait plus attendre. Et les autres le comprenait. Une nuit, lui, Harry et Blaise empruntèrent l'un des passages secrets de Poudlard pour s'éclipser du château et rejoindre Ginny à l'Hôtel de l'Allée des Embrumes. Elle n'avait pas bougé, protégée par plus d'une dizaine de sorts et enchantements. Dans la plus grande des discrétions et grâce à un charme de dissimulation, ils avaient réussi à l'emmener avec eux sans éveiller de soupçon et à la faire entrer dans le Château au petit matin. C'est Ron, qui avec un jeu d'acteur mémorable aux dires de Blaise, l'avait conduite complètement paniqué à l'infirmière, expliquant l'avoir trouvé prêt du lac alors qu'il se promenait avant son petit déjeuné. Personne ne lui posa plus de question, mais le mystère de la jeune élève inconnue plongée dans le coma commença à s'élever au sein de l'école. Sans papier d'identité, sans nom ou simple indice la concernant, les professeurs et le Directeur décidèrent de la garder auprès d'eux, faisant simplement transmettre sa description à Saint Mangouste et aux Aurores au cas où des proches la reconnaîtrait. Aussi, la troisième étape de leur plan était un succès. Ginny était désormais en sécurité et prêt d'eux. Ils étaient enfin tous réunis.

Les jours continuèrent donc à s'écouler ainsi. Dans le silence de Jedusor, la lourdeur des Mangemorts, l'ennuie des cours, et les visites répétées à l'infirmerie. Pourtant, bien qu'ils se crurent écarté de tous soupçons, Tom n'avait pas dit son dernier mot. Les explications sommaires d'Hermione ne l'avaient pas persuadé, et l'arrivée étrange de cette nouvelle élève plongée dans le coma, ne sonnait pas comme une coïncidence à ses oreilles. Quelque chose clochait. Et peu importe le temps qu'il mettrait à découvrir la vérité, il savait que tôt ou tard, qu'elle finirait par éclater au grand jour.


Drago et Blaise éclatèrent de rire devant la mine vexée et outrée d'Hermione. Pour la énième fois depuis la rentrée, elle s'était faite réprimandée par la bibliothécaire alors qu'elle cherchait à emprunter plus de livres que ne le l'autorisait le règlement. Une situation honteuse et frustrante pour la jeune femme, qui à sa sortie, maugréa contre elle, les dents serrées. Comment était-elle censée trouver une solution si cette bonne femme l'empêchait de se documenter ? C'était ridicule ! Elle connaissait mieux la bibliothèque qu'elle et osait lui donner des leçons ? Et puis quoi encore ?! Les poings serrés et la le corps tendu, Hermione vit ses deux compères se délecter de son air revanchard. Bien entendu, ils n'avaient rien manqué de la scène.

- Je ne comprends pas ! S'exclama Blaise, hilare dans un couloir. Comment peux-tu emprunter plus de dix livres par jours ?

- Mes recherches ! Mes cours ! Et de temps en temps, une lecture distractive ou reposante ! Cette vielle folle et son règlement à la noix me mettent des bâtons dans les roues ! C'est sa faute, pas la mienne ! S'écria-t-elle en leur faisant porter ses trouvailles du jour.

- Attends... tes cours ?

- Oui, Drago ! Mes cours ! Contrairement à certains, je prends cette année très au sérieux, même les cours !

- Ouah... t'es encore plus rat-de-bibliothèque qu'avant... Souffla Zabini, à la fois épaté et effrayé.

- Ce n'est pas comme si j'avais le choix ! Se défendit-elle.

- Oh je t'en prie, c'est le Week-end ! Prend au moins ton après-midi de libre. Il y a match tout à l'heure, Serpentards contre Poufsouffle.

- Ça va être un vrai carnage ! Apparemment on n'a pas perdu un seul match depuis au moins deux ans ! S'il te plaît, viens avec nous ! Me moquer de ces débiles de blaireaux me manque ! Supplia Blaise. Et puis tu feras honneur à ta nouvelle maison !

La sorcière tomba des nus, la bouche ouverte et les yeux grands d'indignation. Ce n'était même pas leurs discours qui la choqua, mais plutôt leur sérieux. Ils ne plaisantaient pas.

- Vous vous fichez de moi ! Du Quidditch ?!

- Si ça peut te rassurer, tous tes livres seront encore là à ton retour.

- Je...

- Même Harry et Ron y vont ! Ajouta Drago.

- S'il te plaît !

Elle aurait voulu hurler, crier, et même les frapper pour leurs enfantillages et caprices ridicules mais dû se retenir malgré elle. Au fond, ils avaient raison. Se vider l'esprit et se reposer était tentant, mais pas en option à ses yeux. Sa traduction l'attendait et ses devoirs aussi. Et elle n'allait certainement pas prendre le risque de prendre du retard, uniquement pour voir des gens se battre pour un ballon. Elle soupira, dépassée, et reprit ses livres depuis les bras des garçons. Elle était épuisée, et devait se reprendre en main. Mais c'était sans compter les voix enjouées d'Orion, Abraxas et Arias qui s'élevaient déjà dans son dos. Ne manquait plus qu'eux... Ils arrivèrent surexcités, les visages à moitiés peint, des écharpe vertes et argent sur les épaules, et d'immenses sourires aux lèvres. Voir les héritiers des plus hautes familles sorcière du pays dans un tel état, la partagea entre le désespoir et l'hilarité. Malheureusement, c'est la première impression qui prit le dessus.

- A ce que je vois, on ne sera pas les seuls à encourager notre attaquant vedette ! Elmer est notre meilleur capitaine ! S'écria Orion.

- Les Poufsouffles n'ont pas la moindre chance !

- Par Merlin... c'est un cauchemar. Souffla-t-elle dépitée leur engouement collectif.

- Ne fais ta rabat-joie, ce sera drôle ! Insista Blaise.

- Tu ne viens pas ? Demanda le Malfoy surpris.

- Non !

- Pourquoi ça ?! C'est le match d'ouverture de la saison ! Tout le monde y va, et même le ministre de la magie s'est déplacé pour l'occasion ! S'exclama Arias.

- Pardon ? S'égosilla-t-elle. Le ministre est là ? Pour... pour du Quidditch ?

- Bien sûr ! C'est presque l'événement de l'année ! Elmer est le préféré, et s'il gagne aujourd'hui, il pourra être sélectionné en équipe nationale ! Dit-il en transe.

- C'est vrai ? S'exclama Blaise.

Hermione crut tomber de nouveau dans une autre dimension. N'y avait-il donc personne de mature dans ce château ? Les cris et exclamations surexcités de ses camarades lui donnèrent la migraine. Elle était dépassée par les événements, et n'avait qu'une hâte, partir ! Tout ce qu'ils disaient n'avait pas le moindre sens et intérêt à ses yeux. Elmer, l'équipe nationale, le ministre... une perte de temps et d'énergie. Elle voulut filer en douce, mais fut vite rattraper par Abraxas, dont le bras vînt entourer sa taille.

- Attends ! Tu ne peux pas rater ça !

- Désolé, mais je refuse de gaspiller mon après-midi à regarder une bande d'imbécile sur des balais.

- Elmer à remporter tous les tournois de 1943 et 1944, c'est une légende ! Dit-il offensé.

- Peu importe ! J'ai mieux à faire. Dit-elle en se dégageant de son emprise.

- Enfin quelqu'un de censé.

La voix de Jedusor les surprit tous dans le couloir, ratatinant par la même occasion ses fidèles grisés par leur débat enflammé. Impassible, il ne dit rien mais afficha le même air défait et dépité qu'Hermione à la vue de leurs drapeaux et peinture. De toute évidence, il pouvait ordonner à ses fidèles de le suivre et de lui obéir, mais pas de faire preuve d'intelligence. La sorcière dû bien se retenir de sourire face à son désarroi évident. Au moins, elle n'était plus seule dans cette galère.

- Tu ne viens pas non plus ? Demanda timidement Orion.

- Non merci. Claqua-t-il. Le Quidditch n'est pas pour moi. A vrai dire je ne suis là que pour transmettre un message de la part du professeur Slughorn.

- Un message ?

- Jeanne, il te veut à sa petite fête privée dans deux semaines. Dit-il alors à l'intention de la jeune femme.

- Moi ? Demanda-t-elle surprise.

- Oui toi. Dit-il froidement sans la regarder. Voici ton carton d'invitation. Il a insisté, pour que je te le transmette en personne.

De toute évidence, sa courtoisie lui coûtait. Il ne voulait pas vexer l'un de ses professeurs et semblait lutter pour ne pas déjà tourner les talons. Hermione saisit son parchemin, intriguée. Elle connaissait la tradition de Slughorn et son obsession malsaine à collectionner des élèves prodiges, mais ne s'était certainement pas attendue à susciter son intérêt en si peu de temps. Avant de quitter Poudlard pour suivre Harry, elle avait déjà eu le déplaisir d'assister à l'une de ses chères "soirées", un moment gênant, et particulièrement malaisant que même Blaise avait été obligé d'endurer. Ce dernier dû d'ailleurs se retenir de sourire, la poitrine secouée d'un rire compatissant. L'idée de réitérer l'expérience ne l'enchantait pas, loin de là, pourtant il était évident que Jedusor y serait lui aussi. Une opportunité de plus à première vue, bien que peu réjouissante.

- Merci Tom.

Il acquiesça, prêt à partir, avant de s'adresser cette fois, à ses fidèles.

- Saluez Robin pour moi. Je suis sûr qu'il gagnera.

Il partit sans demander son reste, les laissant seuls et offrant une parfaite opportunité à Hermione qui put quitter le groupe de fanatique qui l'entourait. Elle entendit bien Abraxas l'appeler depuis l'autre bout du couloir mais l'ignora sans se retourner. Elle avait trop de chose à faire, trop de chose à penser. Elle descendit les escaliers d'un pas rageur, toujours agacée par son problème de bibliothécaire, mais ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil au dehors à la vue d'une fenêtre. Le temps était déchaîné, n'offrant que vent et pluie au stade déjà presque plein. Le ministre était là, ainsi que tous les professeurs, et élèves de Pouldard. Un rassemblement important au beau milieu d'un orage d'Octobre. Une journée triste, pour un match triste.

C'est là qu'un déclic se fit. Un déclic qui la pétrifia et la fit lâcher sa pile de livre en plein milieu du couloir. Une journée triste, pour un match triste. Elle connaissait cette histoire. Elle l'avait déjà entendu, Ginny lui ayant rabâché des dizaines de fois lors de ses examens d'histoire du Quidditch. Ses souvenirs étaient flous, mais l'issue fatale. Il s'agissait de l'histoire de cet Elmer. Robin Elmer. Le joueur de Quidditch le plus tristement connu des années 40... préféré des pronostics, presque titulaire d'une bourse nationale de Quidditch, prisé pour ses talents d'attaquant... mais tragiquement tué au cours du match le plus important de sa vie. Un match que Grindelwald avait pris pour cible ce jour-là. Un match qui commençait dans moins d'une dizaine de minutes.


Ce n'était possible. Elle ne pouvait pas y croire. Pas aujourd'hui. Pas maintenant.

Mais l'énormité de cette vérité était bien sur le point de se réaliser. Grindelwald tuerait Elmer, et plus d'une dizaine d'innocents aujourd'hui. Cette attaque était son ultime message à Dumbledore. Il voulait le provoquer, mais plus important encore, il voulait lui prouver qu'il avait réussi. Qu'il avait en sa possession la légendaire baguette de Sureau et qu'il était désormais intouchable. Mais les conséquences... les conséquences resteraient gravées dans l'histoire. Poudlard attaqué. Poudlard meurtrie... Un résumé qu'elle connaissait par cœur pour l'avoir vécu trop longtemps. Et elle ne pouvait pas l'accepter... pas quand elle savait que tous ses amis se trouvaient dans ce stade.

L'adrénaline lui prit le cœur et avant même qu'elle n'ait le temps de le réaliser, elle courrait déjà en direction du terrain. Hors d'haleine, et désespérée, elle dévala les escaliers et traversa les couloirs en trombe, retournant les têtes sur son passage. Elle ne pensait plus aux risques de changer le court des choses. Elle ne pensait plus aux conséquences sur son époque. A cet instant, plus rien n'avait d'importance pour elle, si ce n'est les sauver. Les sauver d'une mort certaine dans ce stade bientôt transformé en cimetière. Elle arriva dans le hall le sang aux joues et le souffle court, et heurta malencontreusement la seule personne qu'elle souhaitait ne pas rencontrer à cet instant.

- Hermione ?! S'écria Jedusor.

Il était énervé de s'être fait bousculer, et déjà l'étincelle s'allumaient dans son regard. Mais il était bien le dernier de ces problèmes.

- Où sont-ils ? Demanda-t-elle horrifiée.

- Quoi ?

- Les garçons, où sont-ils ?!

Il la détailla un instant, surpris par son empressement et la panique dans ses yeux. Ses cheveux décoiffés, ses joues roses et sa peur, ne collaient pas ensemble. Quelque chose clochait.

- Qu'est-ce qu'il te prend ? Pourquoi tu coures ?

Il la regardait avec incompréhension. Un regard qui la fit sortir de ses gonds.

- Pour l'amour du ciel Jedusor, réponds ! Où sont-ils ?!

- Au match ! S'agaça-t-il brusquement. Maintenant, dis-moi ce qu'il...

Mais elle ne l'écouta pas et parti tout aussi rapidement, le laissant seul dans le hall sans la moindre explication. Elle ne pouvait pas perdre de temps. Elle ne pouvait pas lui expliquer et se fichait de ses états-d'âmes. Le temps passait, et avec lui, les chances d'éviter l'inévitable. Dehors, une pluie torrentielle s'abattit sur elle, la faisant frissonner de froid et de peur. C'était comme sentir la mort arriver. Sans s'arrêter, elle croisa des dizaines d'élèves en route eux aussi. Elle aurait voulu leur hurler de partir, de fuir, mais n'en avait pas la force ni le souffle. Elle savait que rien ne pourrait empêcher Grindelwald de tuer aujourd'hui, et que tout le monde ne pourrait pas être sauver, mais elle devait au moins essayer de les sauver eux. A l'approche du stade, elle entendit la foule scander les noms des joueurs et hurler son enthousiasme. Des centaines d'élèves étaient là... des enfants. L'horreur de la fatalité lui sera la gorge. Elle revivait l'enfer de sa vie, l'enfer de la guerre, et l'enfer de son impuissance. Alors qu'elle passait les portes des gradins, son cœur s'emballa davantage. Elle assistait à une véritable humaine, agitée, compacte et presque impénétrable. Les têtes se mélangeaient, les corps se pressaient les uns contres autres, et là encore les secondes s'écoulaient. Sur la pelouse, entraient déjà les équipes avec leurs balais en main. Elmer, le célèbre capitaine était acclamé de toute part, et sa jeunesse lui frappa au visage. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il se préparait lui non plus. Elle tenta vainement d'hurler à son tour, mais le son de sa voix se perdit dans le vacarme de la pluie et de la foule.

- Hermione ?

Harry apparût alors, surpris par sa présence. A sa vue, elle lui sauta dans les bras, le corps tremblant de soulagement et de peur.

- Dieu merci tu es là !

- J'ignorais que tu voulais voir le match ?

- Non Harry ! Il faut... il faut partir ! Maintenant ! Où sont les autres ?!

- Je ne sais pas, mais pourquoi ? Que se passe-t-il ?

- Grindelwald arrive !

- Quoi !

- Il arrive, on doit trouver les autres et partir !

Harry ne comprit pas exactement à quoi elle faisait allusion, mais ne s'y attarda pas. Il la connaissait, et savait à son regard, que quelque chose de grave allait arriver. Quelque chose qui les dépassait. Il acquiesça, lui prit la main et s'enfonça avec elle dans la foule. Très vite la chevelure flamboyante de Ron se distingua au milieu des Gryffondores. Mais ils n'eurent pas le temps de le rejoindre. Alors que les portes du stade se fermaient, et qu'un coup de sifflet sonnait le début du match, la terrible détonation d'une explosion retentie, ébranlant tous les gradins et projetant les sorciers dans son onde ce choc. Les cris de joies et de soutient se transformèrent en hurlement de peur et de douleur. Très vite, une autre explosion frappa les tribunes d'honneurs. Des flammes, de la poussière, des gravats, de la cendre et une véritable émeute transformèrent le stade en un véritable champ de guerre. On entendit même les structures des tribunes Ouest grincer dans le plissement aigu du métal et du bois brisés. Sous l'œil impuissant des professeurs, elle ne mit pas longtemps avant de céder sous son poids, et s'effondra sur elle-même. Dans le gris du ciel, on perçut cependant un sourire, suivit d'un rire plus glaçant que la plus. Il s'adressait à Dumbledore.


C'est avec toute les peines du monde qu'Hermione réussit à s'extirper des décombres. Désorientée, et les oreilles vrillées par un acouphène, elle s'effondra à genoux, le souffle court et la poitrine douloureuse. Sa main cherchait encore celle d'Harry, mais ne brassait qu'un vide angoissant. Non loin d'elle, elle entendit des infirmiers l'appeler mais ne trouva pas la force de répondre. Ses mots s'étaient envolés pour laisser place à une contemplation horrifiée. Celle d'un paysage de destruction. Le stade n'était plus qu'un amas de gravats et de poussière. La tribune d'Honneur avait presque été intégralement détruite, tandis que les gradins Ouest, ceux des d'élève, s'étaient effondrés sur eux-mêmes, offrant un enchevêtrement mortel pour quiconque se trouvait en dessous. On pouvait percevoir les cris de douleurs et de désespoir, alors que des élèves paniqués recherchaient leurs amis disparus. Le cœur au bord de lèvres, la jeune femme repoussa l'aide médicale qui se présenta à elle. Elle n'en avait pas besoin. Mais des centaines d'autre oui. Sans prendre le temps de calmer ses vertiges, elle s'élança d'un pas titubant vers le dehors où un hôpital de fortune se dressait déjà. La pluie et le vent martelaient les civières, tandis que des docteurs transportaient du mieux qu'ils pouvaient les blessés hors des décombres. L'un d'eux, n'était autre que Robin Elmer ; et à la vue de son crâne fracturé, Hermione failli bien ne pas tenir sur ses jambes. C'était l'histoire de sa vie qui se rejouait devant ses yeux. Une histoire où elle voyait des gens innocents mourir. De toute son âme elle priait, espérant apercevoir Harry, Ron, Blaise ou Drago. A la place, elle ne trouva qu'un Arias défais, assis par terre sous la pluie, le regard vide. Sa peinture avait coulé jusque dans son cou, se mélangeant au sang de son menton balafré. Le voir lui insuffla un soulagement immense. Il était vivant ; et Kai le serait donc aussi.

- Arias !

Il ne répondit pas à son appel, mais la regarda sans rien dire. Il était sous le choc. Il ne réalisait pas lui non plus, ce qu'il venait d'arriver.

- Arias, s'il te plaît ! Insista-t-elle en s'accroupissant à ses côtés. Drago et Blaise étaient avec toi ?

- Je... je... ne sais pas. Souffla-t-il finalement.

- Non, je t'en prie, concentre toi ! Parle moi !

Mais c'était une perte de temps. Le Lestrange ne comprenait pas un tiers de ce qu'elle lui disait. Elle se releva, la face grimaçante et le souffle court quand une forte poigne lui saisit l'avant-bras. C'était Jedusor. Trempé jusqu'aux eaux, il sembla soulagé de la voir en vie mais aussi perturbé. De ses pupilles abyssales, il la fixait sans sourciller, le visage marqué par son incompréhension. Elle était dans un état à faire peur. Son nez et ses lèvres saignaient, ses cheveux gouttaient d'eau de pluie et sang et ses mains tremblaient. Il ignorait même comment elle pouvait ne serait-ce que tenir debout et pourtant, elle était là, plus vivante et vivace que jamais. Il voulait une explication, des réponses à toute cette situation et son comportement qui n'avaient pas le moindre sens, mais elle était incapable de lui en donner. Pas maintenant.

- Aide moi ! Supplia-t-elle alors désespérée. Drago et Blaise sont toujours à l'intérieur ! Tu dois m'aider !

Il voulut parler mais étrangement, se ravisa. C'était bien la première fois qu'elle le voyait hésiter. Sa mâchoire se serra légèrement dans un tressautement discret. Un tressautement qui la pétrifia de peur. Finalement, il la lâcha et tourna la tête vers la seule véritable tente se dressant derrière eux, là où se trouvait les blessés les plus graves. Déjà, à son entrée, on couvrait les corps des malheureux ayant succombé. Il n'eut besoin de rien dire. Se précipitant vers le campement, elle fit face à une véritable hécatombe. Des dizaines d'élèves de tout âge, dans des états catastrophiques, essayaient de s'accrocher à la vie. Blaise était l'un d'eux. Le voir allongé sur un lit de camp, plus pâle que jamais, convulsant presque de douleur et les jambes en sang, la paralysa. Une poutre lui était tombé dessus, brisant ses tibias en des fracture ouvertes innommables. Les larmes dévalèrent ses joues d'elles-mêmes, et c'est fébrile qu'elle saisit la main de son ami. Quand il la vit, c'est d'un faible sourire qu'il lui répondit.

- Tu... tu vas bien...

- Chut, chut... garde tes forces. Lui dit-elle. Ça va aller, ne t'en fais pas.

- Dra... Drago ?

- Je... ne sais pas où il est. Souffla-t-elle dans un sanglot. Ni Harry, ou Ron...

- Il était... pas avec nous au moment où...

Il ne put terminer sa phrase, le visage déformé par la douleur.

- Je vais le trouver. Assura-t-elle. Tout ira bien.

- Hermione ?

La voix d'Harry la surprit dans son dos, mais quand elle le vit c'est ses dernières barrières qui s'effondrèrent. Se fichant de sa couverture, elle tomba en pleure dans les bras de son ami, couvert de sang et de poussière. Son arcade était méchamment amochée, mais il allait bien. Quand il vit Blaise, le Survivant balbutia de stupeur. Ce dernier, malgré la douleur, lui lança un regard rassuré.

- Oh Seigneur merci. Sanglota-t-elle. J'ai... j'ai cru...

- Moi aussi... Mais on va bien ! Ron est avec les équipes de soin, il a... il a perdu connaissance mais ça devrait aller.

Alors qu'elle se détachait de lui, elle put voir ses lunettes brisées sur son nez. Elle aurait voulu rire, mais en était incapable. Ils n'étaient pas encore au complet.

- Comment tu as su que...

- Je t'expliquerai, mais on doit... on doit trouver Drago.

Ils partirent tous les deux hors de la tente, guettant chaque lit ou corps qu'ils croisaient, la peur au ventre. Au loin, elle repéra Abraxas et Orion près d'Arias. Ils semblaient dans le même état que lui, à la différence que cette fois, Tom leur demandait des comptes et des explications sur ce qui avait pu arriver. Tout ce que les élèves savaient pour le moment, était qu'une attaque avait frappé leur stade. Le nom de Grindelwald pesait sur toutes les lèvres mais personne n'osait encore l'affirmer. Ils avaient trop peur de réaliser que leur école imprenable venait d'être profanée. Les deux sorciers passèrent plus d'une trentaine de minutes à fouiller les décombres, accompagnés d'Aurore qui venaient juste d'arriver. Pour l'heure, dix élèves étaient morts, et le bilan risquait de s'alourdir. Sans nouvelle du blond platine, Hermione ne relâcha pas les recherches, ignorant les appels inquiets de son ami devant ses vertiges. Mais elle refusait de se reposer, ou de supposer le pire. Elle ne pouvait pas l'imaginer. Elle ne voulait pas l'imaginer ! Alors qu'elle faisait un énième allé retour pour vérifier que le Malfoy ne faisait pas parti des nouveaux blessés, elle vit Jedusor se précipiter vers elle une nouvelle fois, cette fois-ci, le visage beaucoup moins compatissant.

- Tu savais. Murmura-t-il sombrement.

- Ce n'est pas le moment Tom !

- Oh si ça l'est ! Tu savais ce qui allait arriver !

- Tu crois sérieusement que j'aurais laissé mes amis partir voir ce match si j'avais été au courant ?!

- Ne te cherches pas d'excuse ! Tu savais pour l'attaque, c'est pour ça que tu courrais.

Son cerveau tournait à plein régime. Elle ne pouvait pas se trahir de nouveau face à lui. Il ne devait pas se douter de la vérité.

- J'ai vu Grindelwald arriver depuis une fenêtre et j'ai eu un pressentiment ! Crois-moi j'aurai préféré me tromper !

- Tu penses sérieusement que je vais gober ça ? S'énerva-t-il.

- J'aimerai oui ! Parce qu'au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, Drago est toujours disparu, Blaise pourrait ne pas passer la nuit, et des dizaines de corps s'accumulent en ce moment même ! S'exclama-t-elle. Alors si tu pouvais mettre ton petit égo de côté pendant cinq minutes, ça m'arrangerait !

Elle était hors d'elle, furieuse, mais aussi rongée par la culpabilité et exténuée. Jedusor ne répliqua pas, les dents serrées par la colère. Elle ne pourrait pas lui cacher la vérité. Elle ne pourrait pas lui échapper. Pas après ce qu'il venait d'arriver. Il la regarda se dégager de sa poigne, et s'éloigner de lui dans un grondement plaintif avant qu'elle ne se fige, coupée dans son élan. Drago était là, accompagné par un infirmier. Couvert lui aussi de poussière, et les habits à moitié déchirés, il portait son bras recroquevillé contre lui. Hagard, et perdu, il regardait partout, à la recherche d'un visage familier, ne voyant pas Hermione courir déjà vers lui à toute jambe. De loin, Jedusor les vit s'enlacer dans le réconfort et la douleur. La peur de se perdre l'un l'autre était aussi profonde qu'évidente chez eux, mais parût aussi brusquement suspecte aux yeux de Tom. A croire qu'ils avaient passé plus d'une seule vie ensemble. Il revit également le Gryffondore à lunette qu'Hermione avait enlacé de cette même urgence tout à l'heure. Il se précipita vers eux, au bord des larmes à la vue d'un Drago sain et sauf. C'était étonnant, qu'un garçon qu'il n'avait vu que de loin depuis le début d'année, soit en réalité, l'un de leurs amis. D'autant plus étonnant, qu'ils ne les avaient jamais vu ensemble auparavant, et qu'ils avaient affirmé ne connaître personne ici.

Non, il n'en avait pas fini avec eux. A vrai dire, quelque chose lui disait que ce n'était que le début.


Coucouuuu ! Les choses sérieuses commencent !

Grindelwald qui fait son retour, Jedusor qui doute de plus en plus, nos héros plus soudés que jamais face à une guerre qu'ils ne pensaient pas devoir subir... beaucoup de changements sont à venir alors suivez bien ! Et pour tous ceux qui attendent avec impatience le réveil de Ginny, ne vous en faîte ! J'ai quelques surprise en attente qui ne devraient pas tarder ;)

J'espère que ce chapitre vous a plût, n'hésitez pas à me le dire en commentaire ! :)

A très vite !