Note :
Je voulais souhaiter bon courage à tous ceux qui passe ou ont passé leur bac cette année ! Je suis de tout cœur avec vous et je vous encourage ! Ne vous en faîte pas, ce n'est qu'un mauvais moment à passer :D !
J'ai aussi une pensée pour Turquoise Yume, qui a passé son bac et dont le message m'a énormément touché et beaucoup fait rire, mais auquel je n'ai pas pu répondre personnellement à cause du statut de Guest. Merci beaucoup pour ton soutient et ton amour inconditionnel pour Kaï ;) !
Merci aussi à Mia, une autre Guest qui me suit et dont le message était aussi adorable :) merci beaucoup !
Enfin bref, après tout cet amour, je vous laisse avec le nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous plaira !
-Excuse-moi ?
Hermione ignorait par quel miracle elle avait réussi à prononcer ses mots. Pétrifiée et mortifiée par la déclaration du sorcier, son souffle s'était coupé dans sa gorge et sa bouche brusquement asséchée.
Elle avait dû mal entendre. C'était impossible. Il ne pouvait pas l'avoir percée à jour, comme il ne pouvait pas connaître son véritable nom. Un nom qu'elle crut bien ne pas avoir entendu depuis déjà une éternité. Impassible, il s'avança d'un pas lent et mesuré tout en la fixant de son habituelle arrogance et pourtant, elle pouvait clairement voir que quelque chose avait changé en lui. Les prémices de son étincelle s'étaient transformées en un véritable brasier qui l'animait d'une façon dangereuse mais aussi familière. Bien trop familière pour qu'elle ne frissonne pas d'angoisse. Il ne dit rien pendant plusieurs secondes avant de finalement esquiver un fin sourire, qui lui porta le coup de grâce. Face à face, la vérité la frappa plus fort qu'un Avada. Elle devait faire erreur... Il ne pouvait pas...
-Oh je t'en prie, ne me dis pas que ma propre élève ne me reconnaît pas.
Sa voix lui donna davantage de frissons que son corps ne pouvait en supporter. Elle avait l'impression d'être plongée dans un bain d'eau froide et sentait déjà sa poitrine s'affaisser sous le choc. C'était lui. Du moins, lui dans le corps de Jedusor. Son Maître. De retour ? Non... C'était un piège. Ou alors, elle rêvait. Elle ne pouvait que rêver.
-Non... Non, tu ... mens.
-Vraiment ?
Une seconde. Puis deux. Et le monde s'ouvrit sous ses pieds.
-Maître ? souffla-t-elle, les yeux exorbités.
Il sourit, amusé. A croire que sa présence, à ses yeux, était d'une évidence infantile.
-J'ose espérer que je t'ai manqué.
Le ciel lui tomba sur la tête et dans son esprit s'entrechoquèrent plus de questions qu'elle ne pourrait en poser en une vie. Elle ne comprenait rien. Et pourtant, ce n'était pas faute d'avoir essayé. Durant des semaines entières elle avait cherché à comprendre, à percer le mythe de sa disparition, à s'inquiéter et redouter le pire... Pour qu'il apparaisse finalement devant elle, tel un ange maudit chassé du ciel. Elle n'y croyait pas. Ce n'était pas concevable. Pas possible.
Sans difficulté, Voldemort vit son trouble et sa méfiance. De tout évidence, son passé et elle ne devaient pas être en bons termes. Une situation cocasse, si on y réfléchissait bien. Il s'avança de nouveau, la surplombant de son aura bien plus sombre et pourtant étrangement réconfortante.
-Cette couleur te vas mieux au teint, dit-il en saisissant sa cravate Serpentard du bout des doigts.
Tous ses espoirs fanés renaquirent dans la seconde, la submergeant en une vague aussi salvatrice qu'infernale. C'était lui. Elle pouvait le sentir. Il était là. Il était vraiment là. Sa joie et sa délivrance lui firent tourner la tête. Elle n'arriva plus à réfléchir, à parler ou même à le regarder. Il était là... Il était là. C'est tout ce sur quoi elle put se concentrer. Son Maître était là. Avant même qu'il ne puisse parler, elle tomba à genoux, vaincue par le soulagement. Il était là... Le seul capable de les sauver, de les renvoyer dans leur époque, de les aider mais surtout, le seul capable de la ramener à ses enfants. A cet instant, il était son messie, son sauveur... Il la vit psalmodier au sol, les mains et le corps tremblants devant lui, mais ne s'en réjouit pas comme avec ses autres fidèles. A la place, il s'accroupit lentement devant elle, et la redressa de moitié pour lui faire face. Ses joues étaient inondées de larmes, tandis que ses yeux s'agitaient à le détailler de toute part.
-Vous... Vous êtes... vraiment là ? demanda-t-elle en s'accrochant à lui, de peur qu'il s'évapore de nouveau.
-Je savais que vous seriez tous perdu sans moi, rit-il doucement en la relevant avec lui.
-Comment... Comment est-ce possible ? Vous aviez disparu !
-Dis-moi d'abord ce que veuX dire cette mascarade ! dit-il, agité et toujours désorienté. Pourquoi vous êtes encore là ?!
-On a atterrit ici il y a deux mois environ mais... On... On ne sait pas comment partir... Et vous ! On... On vous a cru mort... Comment êtes-vous arrivé ici ?!
-Je me suis réveillé à côté de Ginny dans… ce corps, dit-il rapidement. En s'approchant d'elle, Jedusor m'a donné l'opportunité de prendre possession de lui. Mais je n'ai que peu de temps.
-Quoi ? De... Depuis tout ce temps vous... Vous étiez avec elle ? En elle ? bégaya-t-elle.
-C'est compliqué, mais d'une certaine manière, oui.
-Comment ? Que... Que s'est-il passé là-bas pour que vous finissiez comme ça ?! paniqua-t-elle.
-Ne te préoccupe pas des détails ! Tout ce qui importe pour le moment est que tout cela cesse au plus vite.
Elle le regarda sans comprendre, perturbée par la noirceur qui émanait de ses yeux et la rigidité de ses traits. Quelque chose n'était pas normal. Quelque chose de grave se passait. Quand elle le comprit, c'est une seconde gifle qui la frappa de plein fouet. Au creux de ses pupilles résidait une souffrance.
-Merlin… souffla-t-elle alors, dans un sanglot de désespoir. C'est donc vrai... Vous... Vous errez dans l'espace-temps.
-Her...
-Et Ginny est votre seul point d'ancrage dans le monde des vivants...
Elle était horrifiée, meurtrie même par une telle constatation. Son Maître avait été envoyé dans un enfer sans échappatoire où il errait sans but, ni corps. Ce n'était pas un rêve mais un véritable cauchemar. L'Esprit les avait pourtant mis en garde dans l'autre dimension, lui plus que tous les autres. Ses Horcruxes le garderaient en vie, mais perdu et incapable de mourir dans une éternité d'errance et de torture entre les mondes. Un sort pire que tous les autres, qu'il confirma tristement d'un sourire amer.
-Des fois, tu es trop maligne pour ton propre bien. Oublie ça et concentre toi !
-Mais si vous... Si vous êtes piégé, alors... Kai, Socprius, Magnus... Est-ce qu'ils...
L'évocation de son fils lui troua le cœur. Si l'état de Ginny le préoccupait plus que tout, celui de Magnus le hantait au-delà du possible.
-Je ne sais pas… souffla-t-il. Mais tu dois réparer ce qui a été brisé ! Vous devez rentrer dans notre époque avant qu'il ne soit trop tard !
-Nous cherchons un moyen ! Nous... Nous voulons communiquer avec l'Esprit pour avoir des réponses.
-Elle est en colère, Hermione… souffla-t-il sombrement. Plus que tu ne peux le croire. Vous avez modifié trop de choses depuis votre arrivée et crois-moi, ça ne lui plaît pas.
-Mais c'est sa faute ! protesta-t-elle, furieuse.
-Les Esprits son orgueilleux, dit-il dans une grimace. Elle estime s'être montrée suffisamment clémente avec vous. La seule raison pour laquelle vous n'êtes pas encore morts est qu'elle ne peut pas intervenir directement dans ce monde... La convoquer lui donnera une occasion en or pour vous tuer.
-Dîtes-moi comment faire, supplia-t-elle. Dîtes-moi comment arranger les choses !
Il soupira, atterré par les risques et l'entêtement de la jeune femme. Il n'aimait pas la tournure de la situation. Elle ne choisissait pas la voie la plus simple, bien au contraire, et ne se doutait pas de ce qui l'attendait. Lui savait... Et ne voulait pas leur faire endurer de tel tourment. A vrai dire, il ne le souhaitait à personne, preuve de l'inhumanité de ce qu'il vivait désormais au quotidien. Être séparé de toute attache corporelle, errer sans but et sans fin dans une éternité de vide et de froid... Il n'avait jamais connu pareil supplice de toute son existence et il craignait que leur impulsivité ne les mène vers le même destin. Les Esprits pouvaient se montrer cruels. Lui plus que les autres en avait prit conscience.
-L'Esprit est la seule à décider, grinça-t-il. Elle jugera de vos sorts mais...
-On fera ce qu'il faut pour la convaincre ! assura-t-elle. On est prêt !
-Non, Hermione. Pas encore. Tu ne comprends pas ! Vous ne pourrez pas y arriver seuls. Vous devez vous protéger d'elle !
-Comment ?
Il serra les dents, incertain, mais dit finalement ce qu'il craignait être, et vu de la conjoncture, un risque plus grand encore :
-Tu auras besoin de la baguette de Sureau.
Ses mots la figèrent dans le silence du couloir. Ils étaient bien les derniers qu'elle s'était attendue à entendre.
-Mais elle est à Grindelwald ! Si on lui prend...
-Je sais... Cela modifiera beaucoup plus de choses... Mais si tu tiens vraiment à affronter l'Esprit, vous devrez trouver un moyen de vous la procurer ! Hermione, si vous l'invoquez, elle cherchera à vous tuer sur le champ sans prendre le temps de vous écouter ! insista-t-il, plus menaçant que jamais en lui saisissant les épaules. La baguette a été créée par la Mort elle-même, elle sera votre seule protection valable contre elle... A partir de là, vous devrez tenter de la convaincre de vous épargner et de vous renvoyer chez nous. C'est le seul moyen, crois-moi !
-C'est pour cette raison que vous avez tout fait pour récupérer nos baguettes dans l'autre dimension… comprit-elle alors.
-Je savais que c'était la seule chose qui la rendrait vulnérable. Mais ce n'est pas tout... Tu dois réveiller Ginny.
-J'ai... J'ai essayé ! Mais...
-J'ignore les raisons de son coma, mais d'une façon ou d'une autre, une part d'elle est restée piégée dans l'autre dimension. Je ne peux pas l'atteindre malgré notre lien, mais tu dois la sauver ! C'est... C'est essentiel !
-Je... Je trouverai un moyen. Je vous le jure. Mais Jedusor nous suspecte, il... Il a des doutes. Si jamais il découvre la vérité, c'est tout le court temporel qui s'effondrera.
L'évocation de son alter-ego adolescent le fit doucement sourire. Oui, il sentait au fond de son double qu'il bouillonnait littéralement de questions et de colère. Un panel d'émotions qui lui rappela le tempérament impulsif de sa jeunesse et qui le rendit presque nostalgique. En ce temps et malgré tous ses crimes déjà commis, il était encore naïf.
-Je m'en doute bien. Mais veille à ce que je... à ce qu'il reste dans l'ignorance, dit-il sérieusement. Il ne doit rien savoir, ou alors, il...
Sa phrase se coupa d'elle-même. Ils savaient tous deux ce qui arriverait dans ce cas.
-Et bien, nous me connaissons suffisamment pour savoir que ce ne sera pas joli.
Ce serait le chaos. La fin de tout. Leur plus grand échec. Elle le savait. Ils le savaient tous.
-Dîtes-moi comment vous sauver ! dit-elle alors brusquement.
-Tu ne...
Mais sa voix se transforma en grognement et subitement, une douleur aigue prit le ventre du sorcier, le pliant en deux au milieu du couloir désert. Il put à peine entendre le cri de surprise et de peur de la jeune femme qui le soutînt de justesse avant qu'il ne tombe au sol, le visage déformé d'une douleur devenue malheureusement familière.
-Je... Je le sens. Tom ne va pas tarder à reprendre sa place. L'Esprit me rappelle, grimaça-t-il en s'accrochant, cette fois-ci, à elle.
-Non, non ! Vous devez lutter ! Vous êtes le seul capable de nous aider ! On a besoin de vous !
-Vous devez réussir, souffla-t-il entre ses dents alors qu'il s'asseyait au sol.
-Non, je vous en prie, Maître… supplia-t-elle, désespérée. Attendez ! Restez !
-Tu n'as pas la moindre idée à quel point j'aimerai que... ce soit possible, sourit-il tristement.
Une autre le vague le pétrifia de douleur, le tordant au sol à l'instant où du sang se mit à couler de son nez. Il luttait, s'accrochait autant qu'il le pouvait mais ne pouvait pas faire le poids. Il se sentait déjà happé par le vide, comme si une multitude de mains invisibles s'agrippait à l'essence même de son être, pour l'arracher de nouveau à sa raison, et à son corps. Face au visage défait de son élève, il sourit malgré tout. Il avait confiance.
- Dis à Potter de ne pas tout gâcher cette fois. Rit-il. Jouer aux héros ne vous sauvera pas.
- On y arrivera ! Je vous le jure ! On trouvera la baguette, on réveillera Ginny et on vous sauvera vous aussi !
Hermione se sentait déchirée de l'intérieur. Son Maître la quittait de nouveau, la laissant seule au milieu d'un enfer dont les échappatoires semblaient de plus en plus floues. Très vite, elle senti d'autres larmes rouler sur ses joues. Le voir disparaître sous ses yeux ne faisait que la mettre face à sa cuisante impuissance. Elle pouvait presque sentir l'essence de son Maître la quitter, peu importe la force et la ferveur avec laquelle elle tentait vainement de le retenir à elle. Au bord de l'épuisement, Voldemort lui sourit malgré tout, une main plaquée sur son bras.
-Ne lutte pas contre la douleur.
Elle ne comprit pas ses derniers mots, mais n'en eut pas le temps. Ses yeux se fermèrent sur une obscurité angoissante et son corps tomba dans l'inconscience. Voldemort avait définitivement quitté Tom, laissant son élève seule, une fois de plus. Bouleversée, elle s'accrocha à lui, en pleurs sur sa chemise, refusant d'admettre l'évidence, mais des voix commençaient déjà à s'élever au loin. Déchirée, elle se releva en titubant, la poitrine secouée par des sanglots muets et pourtant profonds.
Le corps de Jedusor reposait inanimé au beau milieu du couloir. Et elle ne pouvait rester là. Elle ne pouvait prendre le risque qu'on l'aperçoive ici, avec lui dans un tel état. Les joues humides et les yeux rouges, elle récupéra ses affaires et partit en courant sans se retourner. Lui tourner le dos lui donnait l'impression de l'abandonner à son sort... De le trahir. Le souffle court, elle prit la direction de la Salle sur Demande. Elle devait trouver ses amis. Elle devait leur dire. Pourtant, alors qu'elle s'agrippait à un mur, le souffle court, une autre douleur la submergea brusquement, plus grande et brûlante que celle qui enserrait déjà son cœur. Sous ses yeux ébahit d'incompréhension, et dans un grognement plaintif qu'elle eut du mal à contenir, elle vit son avant-bras rougir furieusement à l'emplacement même où Voldemort avait posé sa main pour la dernière fois. Elle n'y crut pas, et pourtant, très vite, la rougeur cuisante s'assombrit, laissant apparaître les prémices d'un dessin qu'elle connaissait déjà. Un dessin qu'elle avait craint toute sa vie et qui désormais se retrouvait à jamais inscrit dans sa chair.
Un dernier cadeau de son Maître.
La Marque des Ténèbres.
Tom resta sans rien dire pendant plusieurs minutes, immobile, le visage fermé et l'esprit ailleurs. Derrière lui, ses fidèles se regardèrent, inquiets et tremblants dans l'ombre de leurs capes. Trois jours. Trois jours à redouter une crise de sa part, un défoulement de colère, un cataclysme de rage... Mais non. Rien. Et à cet instant, ni Black, Malfoy ou Lestrange ne savaient s'il fallait s'en réjouir ou le craindre davantage. Trois jours qu'il avait été retrouvé inconscient au beau milieu d'un couloir. Trois jours à entendre qu'il s'était "évanoui", et trois jours que l'infirmière lui rabâchait qu'il se surmenait bien trop pour son âge, qu'il devait se reposer et prendre du recul... Un beau discours d'ineptie qu'il n'avait écouté que d'une seule oreille. Il savait pertinemment qu'elle se trompait, mais cela ne l'éclairait pas pour autant. Ses souvenirs étaient trop flous, trop confus pour qu'il ait la moindre idée de ce qui lui était arrivé ce soir-là. Aucun sort ne marchait, aucune potion, aucun charme ! Il semblait privé de ce qui lui revenait de droit, pour il ne savait quelle sombre raison. Dans son brouillon de pensées empli de confusion et de colère irrépressible, il était néanmoins certain d'une chose : cette fille dans le coma lui avait fait quelque chose. Il ignorait quoi, ni comment, mais c'était bien arrivé. Ses seuls souvenirs le menaient irrémédiablement à elle, à son teint de lait, ses cheveux de feu et à la douceur irréelle de sa peau. Depuis qu'il s'était réveillé, et malgré la rage impulsive qui l'avait envahi, elle n'avait pas quitté son esprit. Cette fille lui collait à la peau, la hantait tel un fantôme, et il avait beau se raisonner, rien ne parvenait à calmer cette fièvre incandescente qui avait pris possession de son âme. Il haïssait cette situation, se sentait victime d'un charme, d'un sort, voire d'une malédiction, mais il ne parvenait pas à en comprendre le sens. C'était comme si tout lui échappait, son esprit, sa conscience, son sommeil, sa mémoire... Il était comme paralysé dans son propre corps, pour la première fois spectateur d'une impuissance nouvelle dont il était victime. Il avait beau lutter et essayer de comprendre, tout se noyait dans des méandres de pensées et d'émotions incompréhensibles ; à croire qu'elles étaient celles d'un autre.
Dans ses nuits agitées, il la revoyait sans cesse. Figée sous ses draps trop blancs, elle hurlait pourtant son nom dans un désespoir inhumain. Elle l'appelait, le suppliait sans cesse, l'emplissant au réveil d'une angoisse qu'il n'avait alors jamais connue auparavant. Elle l'obsédait, l'envoûtait, et plus le temps passait, plus il avait du mal à résister au besoin incontrôlable d'aller la visiter à l'infirmerie. Ce qu'il avait ressenti à ses côtés... La voix qu'il avait perçue... L'intensité de son appel et le contact de sa peau... Tout chez elle le rendait fou.
Bien entendu, il n'avait pas la moindre envie de réitérer l'expérience de cette perte soudaine de mémoire dont il ignorait encore tout, mais l'idée de la revoir lui serrait le ventre, le prenait à la gorge. Autant par curiosité que par frustration. Elle représentait un mystère si grand, si dangereux et si interdit que tout son être semblait être attiré vers elle d'une magie qu'il ne pouvait vaincre. Il avait l'impression de toucher du doigt un secret si bien gardé que personne au monde ne serait jamais en mesure de le découvrir, à part lui... Un secret qu'il avait le sentiment de détenir au creux de sa main, et qui, pourtant, continuait de le narguer au loin.
Un secret qui lui rappelait étrangement celui qui entourait les nouveaux venus de l'école. Là encore, quelque chose avait changé dans le comportement des trois Serpentards et de leurs deux amis Gryffondors. Hermione ne parvenait plus à le regarder dans les yeux sans chercher à le fuir, prise de gêne ou d'il ne savait quel sentiment de malaise. Blaise et Drago en revanche, semblaient plus attentifs, plus aux aguets.
Il ne savait pas pourquoi, mais une intuition viscérale lui disait que cela avait un étroit lien avec ce qui lui était arrivé ce soir-là. Une intuition qui faisait ressortir en lui des pulsions sanglantes qu'il avait là encore, beaucoup de mal à contenir.
Sans se retourner vers ses trois fidèles silencieux, il regarda son reflet dans le miroir au-dessus du lavabo. Cachés dans les toilettes du deuxième étage, il sentait bien qu'ils brûlaient tous de questions qu'ils n'auraient jamais le courage de lui poser. Cela l'arrangeait bien. Lui-même n'avait pas les réponses. D'une oreille lointaine, il entendit le Basilique l'appeler. Pour une raison qu'il ignorait, lui aussi était plus agité, ces derniers jours. Il ne cessait d'appeler son Maître, ne rendant sa lutte contre lui-même encore plus difficile. L'ordre de tuer dansait sur ses lèvres mais il ne pouvait y céder. Pas encore. Il devait attendre, garder la tête froide, et avoir plus d'indices. Alors, à cet instant seulement, il pourrait prendre une décision. Et il avait un plan. Il était temps pour lui de prendre les choses en main.
-Vous l'avez trouvé ? demanda-t-il finalement.
-Oui, Maître, se précipita de répondre Arias. Nous avons exécuté vos ordres, comme vous le souhaitiez.
-Excellent. Je veux que tout soit prêt pour demain.
-Vous ne pensez pas que ça risque... d'être dangereux ? On... On pourrait vous démasquer… bégaya Malfoy, autant apeuré par son Maître que par ses intentions.
-Ne soit pas ridicule. Ils penseront tous qu'il s'agit d'un accident. Même Dumbledore ne pourra pas me soupçonner cette fois. C'est infaillible. A moins que ton penchant pour Jeanne n'affecte ton jugement, Abraxas ?
Il prit la peine de se retourner face à lui, glaçant le blond platine sur place dans un tremblement qu'il eut du mal à cacher.
-N... Non, Maître !
-Je l'espère pour toi, cingla-t-il. Demain, je saurais enfin à qui j'ai à faire. Leur Occlumencie n'y résistera pas... Alors ne faîtes pas tout rater.
-Quel... Quel est le but d'une telle manœuvre ? demanda finalement l'héritier Black, les sourcils froncés. S'ils sont une menace, vous pourriez simplement les éliminer.
-Me remettrais-tu en doute ?
-Non ! Je...
-Le but Orion, claqua-t-il, est de justement déterminer s'ils sont, oui ou non, une menace. Alors là, et seulement là, je déciderai ou pas de les éliminer. Je ne veux pas pendre le risque de perdre une opportunité.
Sans rien dire, le jeune homme se ratatina sur lui, ignorant ses frissons de peurs et de doutes. Le plan de leur Maître était risqué, bien trop risqué. Mais il n'en démordrait pas, ils le savaient tous. Toujours silencieux, Black baissa la tête sur le bout de tissu qu'il tenait entre ses mains. Un t-shirt de Drago Mélor, dérobé dans sa chambre alors qu'il était sorti. A ses côtés, Arias tenait l'un de Blaise, tandis qu'Abraxas n'osait pas regarder celui d'Hermione.
-Soyez prêt, dit finalement Jedusor. Je ne tolérerais aucun échec.
-Bien, Maître.
Voilà voilà ! Je sais que beaucoup d'entre vous ont pensé que l'apparition de Voldemort était définitive mais malheureuse ce n'est pas encore le cas ! ;) Soyez patient, d'autres surprises sont à venir et pas des moindres !
Merci beaucoup pour vos encouragements quotidiens et n'hésitez pas à me poser vos questions, je me ferais un plaisir d'y répondre !
A très vite pour la suite ! :)
Bisssseee
