Salut ! Me revoici avec un OS sur Breath of the Wild ! :) Le passage que j'ai écrit se situe après le souvenir 7, celui où les Yigas attaquent Zelda. C'est la scène du journal de Zelda, que j'ai écrite ! Celle où elle présente ses excuses à Link. Et ne voulant être influencé en aucun cas par la démo d'Hyrule Warriors 2 sur le caractère des deux, je n'y ai pas joué. Donc, il n'y a aucun spoil là-dessus.

Bonne lecture ! ^^


Bon, Link était devant la porte de la chambre de Zelda. Devait-il frapper à la porte ? La princesse lui avait dit de venir la voir après le repas du midi, ce qu'il avait fait. Sauf que le porteur de l'Épée de légende était parti du réfectoire bien avant les autres chevaliers d'Hyrule. Cela comptait-il quand même, ou était-il en avance ? Il devait avouer hésiter sur ce fait… Et cela ne le dérangeait pas d'attendre quelques minutes supplémentaires en face de la porte. Une autre question lui vint alors en tête, pendant combien de minute il devrait patienter ? Il ne voulait pas déranger la blonde, en arrivant plus tôt que prévu, surtout si elle était plongée dans ses recherches !

D'autre part, si la princesse l'avait fait mander, elle voulait peut-être lui confier une mission urgente. Ainsi, la faire patienter plus que nécessaire n'était pas recommandé. Et aussi, il était son chevalier, celui qui était assigné à sa garde et sa protection, il devrait être en train de protéger la chercheuse ! Il pourrait toujours prétexter cette excuse – enfin, la faire comprendre avec des gestes, vu qu'il ne parlait pas. Après réflexion, Zelda ne risquait vraiment rien avec les soldats qui patrouillaient sans cesse, donc sa justification ne marchait plus vraiment…

Puis l'évidence frappa l'esprit du chevalier. La blonde voulait sûrement lui parler de ce qu'il s'était passé la veille. Alors que la chercheuse revenait d'une étude sur un sanctuaire du désert Gerudo, des Yigas étaient apparus pour l'attaquer. La princesse était parti sans mot dire, au petit matin, de la citadelle du peuple du désert, pour son étude. Link s'en était rendu compte que lorsqu'il s'était réveillé, et avait constaté que Zelda n'était plus dans son lit – un grand merci au palais qui était dénué de porte pour séparer les pièces – et nulle part ailleurs dans la ville. Heureusement, il était arrivé juste à temps avant que la lame d'un des renégats des Sheikahs n'effleure la jeune fille.

Peut-être que la chercheuse lui en voulait de n'être arrivé qu'au dernier moment ? Ou bien, c'était le contraire il était arrivé, alors qu'elle n'avait pas besoin de son aide ? Link passa sa main sur son ventre, alors qu'il avait l'impression que son estomac se tordait et se faisait des nœuds tout seul. Il ne voulait pas que Zelda puisse le renvoyer, alors qu'il avait commis un autre impair. On n'arrêtait pas de dire au blond que son devoir, puisqu'il avait été choisi par l'Épée de Légende, était de protéger la princesse, et ce au prix même de sa vie. C'était ce que le héros s'appliquait à faire, ne souhaitant décevoir personne, et surtout pas son père. Pourtant malgré tous ses efforts, il ne faisait que des faux pas avec la blonde, offusquant cette dernière.

Avec tous ces questionnements, les minutes avaient pu défilé aisément. Ainsi, le héros se résolut à toquer à la porte. Il frappa deux petits coups incertains. Puis se disant qu'il avait sûrement taper trop faiblement pour que la chercheuse l'entende, il asséna deux autres coups, bien plus fort. Un « Entrez » formel résonna dans l'autre pièce, et Link exécuta l'ordre. Fébrilement, il ouvra le battant qui séparait le couloir de la chambre, craignant les remontrances de la princesse.

Il ne fit qu'un pas pour entrer complètement dans la pièce, et referma la porte derrière lui. Puis il s'agenouilla, tête baissé, comme ce qu'on lui avait apprit, attendant la permission de Zelda pour se relever. Il entendit une chaise grinçait sur le sol, et des pas qui s'approchaient vers lui. Sa curiosité le poussait à vouloir détacher ses yeux du sol pour voir ce que faisait la blonde, mais Link se battait intérieurement pour ne pas céder. Il ne savait pas pourquoi cela était inconvenant de regarder un membre de la cour sans y avoir été invité, mais il tenait à respecter ce protocole. Cela faisait partie de son devoir de héros, après tout.

La princesse ordonna, d'un ton incisif, au chevalier de se relever, ce qu'il fit immédiatement. Il passa sa main devant ses yeux, et d'un geste rapide il enleva les quelques mèches de cheveux qui lui obstruaient la vue. Il constata que l'adolescente était bien loin de lui, ce qui semblait bizarre à Link, vu qu'ils devraient parler plus fort pour s'entendre. Mais il n'était qu'un soldat, alors il garda sa remarque pour lui. Comme toutes les autres qu'il avait eu à un moment ou un autre… Il ne voulait blesser personne avec des paroles maladroites.

Le garçon remarqua que c'était la première fois qu'il mettait les pieds dans la chambre de Zelda, alors il laissa son regard se perdre dans les alentours, curieux. Le carrelage du sol était disposé en damier, de couleur noire et blanche, et les murs étaient faits en briques rouges flamboyantes. Le milieu du mur à sa gauche était recouvert de plusieurs bibliothèques, atteignant pratiquement le plafond et contenant dans leurs étagères des livres à foison. Il se demandait si la princesse avait pu lire tous ces ouvrages, ou s'ils n'étaient là que pour décorer.

Derrière la blonde se trouvait son bureau, où le chevalier voyait des feuilles par centaines, et au sol il y en avait d'autres mais froissé en boule. Cela devait être les notes sur ses recherches sur la technologie Sheikah. Link était impressionné du zèle que mettait l'adolescente dans ses études, et cela ne faisait que renforcer l'envie de s'entraîner davantage de la part du chevalier ! Au dessus du bureau, il y avait un pot d'argile, où des plantes vertes poussaient. Et en leur centre, se dressant fièrement, il y avait une Princesse de la Sérénité, facilement reconnaissable grâce à sa corolle de couleur bleue et blanche.

Deux marches surélevaient la partie droite de la salle. Il aperçut une cheminée, mais n'entendant aucun feu consumer le bois, il se dit qu'elle était sûrement éteinte. Des tapis bleus, en forme de cercle, étaient posés au milieu, camouflant le sol. Le grand lit à baldaquin de la princesse était sur une de ces carpettes, occupant une grande partie de l'espace. Il était d'une teinte azurée, la même que celle des tenues que portaient les prodiges. Plusieurs coussins étaient disposés bien droits et reposaient sur la tête de lit. La voix de la princesse parvint aux oreilles de l'épéiste, l'interrompant dans ses pensées. Il tourna son visage vers celui de la chercheuse, pour y plonger son regard dans celui de sa comparse, mais remarqua qu'elle avait la tête baissée.

« Je t'ai fait venir pour… le chevalier perçut les tremblements de la voix de la princesse, marquant son hésitation, alors que son ton était un peu plus chaleureux que celui qu'elle utilisait d'habitude pour lui parler. Pour te remercier. De m'avoir sauvé, hier. Et je voulais m'excuser pour mon comportement à ton égard, je n'ai pas toujours été la plus aimable… »

Il garda une expression impassible, même s'il était surpris par les dires de la blonde. Il était soulagé, également. Link sentit que la pression qu'il avait dans le ventre, juste avant de toquer à la porte, commençait à partir. Il n'allait décevoir personne. Il n'avait rien commis d'indigne par rapport à son statut de héros légendaire, et cela le soulagea. Et puis, il était fier que la princesse soit reconnaissante envers lui, de l'avoir sauvée ! Pris d'un doute, le blond se demanda si la fierté était une émotion acceptable pour le rôle qu'il incarnait. L'angoisse qui l'avait quitté revint de nouveau se loger dans son estomac. L'adolescent voulait être le sauveur que tout le peuple d'Hyrule attendait, et ce en ayant le même mental et la même force que ce dernier envisageait de lui.

Par contre, le blond ne comprenait pas pourquoi la princesse s'excusait de son comportement envers lui… Croyait-elle qu'elle avait fauté ? Pourtant Link n'arrivait pas à se remémorer ce qu'elle avait pu faire pour le blesser. Et même si c'était le cas, le chevalier était sûr qu'elle avait eu une bonne raison ! On disait souvent de l'adolescent qu'il était trop gentil, à toujours vouloir sauver la veuve et l'orphelin, qu'il en oubliait que les personnes n'étaient pas toutes bonnes. Mais il n'y croyait pas vraiment à cette affirmation, même les Yigas qui en voulaient à sa vie, ne devaient pas tous être méchants. Pour répondre à Zelda, il hocha la tête vivement, signe qu'il avait entendu ses mots. Même si la question, pour savoir pourquoi elle lui demandait pardon, brûlait les lèvres du jeune homme, il ne la posa pas.

« Veux-tu rester avec moi pour que nous puissions discuter ? Sauf si tu préfères partir, évidemment… »

Le ton employait entre les deux phrases émettaient un contraste très audible. Zelda, lors de sa première demande avait enfin regardé le chevalier dans les yeux, et elle avait un léger sourire sur le visage. Tandis que dès qu'elle avait enchaîné sur l'autre, elle avait une nouvelle fois détourné sa tête, et sa voix s'était faite plus détachée.

Link sentait bien qu'il y avait quelque chose de bizarre, mais il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Faut dire que les relations humaines n'avaient jamais été facile pour lui. Déjà enfant, il passait tout son temps à libre sur le terrain d'entraînement. Avec son épée en bois, il imitait son père, un chevalier haut gradé. Ainsi, il n'avait jamais passé beaucoup de temps avec des petits de son âge. Et ce fossé s'était creusé encore bien plus, lorsque l'Épée de Légende l'avait choisi. Peu de personne osaient encore lui parler, de par son rôle de héros. Le blond ne comprenait pas pourquoi, mais il ne se plaignait pas de cela. Au contraire, même ! Cela lui évitait d'essayer d'être le plus neutre possible en présence des autres, à cause de la peur de les décevoir… Il se sentait plus libre dans ses faits et gestes, bien que la solitude n'était pas la plus douce des compagnes.

Pour en revenir aux dires de la princesse, l'adolescent ne savait que répondre. Il aimerait bien mieux connaître celle qui devait protéger. Et il serait tenté d'accepter, juste pour qu'un sourire apparaisse de nouveau sur la figure de la chercheuse ! Mais il devait s'entraîner. Le blond sentait que, même si l'Épée de légende l'avait reconnu, elle ne l'acceptait pas totalement comme porteur. La preuve en était qu'il n'entendait pas la voix de la lame… Pour pouvoir vaincre le Fléau, il savait qu'il ne devait faire qu'un avec son arme. Et Link ne se reposerait pas tant que cela ne sera pas le cas !

Au pire, il pouvait toujours prendre ce petit temps libre avec Zelda, et récupérer sur ses heures de sommeil pour s'entraîner. La solution trouvait, Link hocha une nouvelle fois sa tête, de haut en bas, pour accepter la proposition. La chercheuse arqua un sourcil, confuse. Le héros se doutait de la réaction de sa protégée… Ne pas parler et tout expliquer par des signes plus ou moins indicatifs s'avéraient quelques fois laborieux.

Voyant que le chevalier ne bougeait point de son emplacement, les coins des lèvres de la jeune fille se rehaussèrent. Elle avait sans doute compris que Link ne désirait pas partir. D'un pas léger, elle monta les petites marches, pour atteindre la partie droite de sa chambre. Le blond la suivit machinalement, ne sachant pas quoi faire d'autre. La princesse s'arrêta devant une table, couverte d'une nappe blanche, puis s'assit sur le fauteuil en velours rouge d'à côté.

Elle fit signe à l'adolescent de s'installer sur la chaise en bois, qui était en face d'elle. Il s'exécuta, après avoir enlevé le fourreau de la lame purificatrice dans son dos et l'avoir posé contre un des pieds de la table. Une fois assis, il remarqua que Zelda avait un regard insistant sur l'Épée de légende. Peut-être voulait-elle apprendre à la manier ? Link pourrait même lui apprendre ! Enfin, depuis que le blond avait retiré l'arme de son piédestal, nul n'osait la toucher. Par peur de recevoir un châtiment sacré, puisqu'il n'était pas l'élu choisi par la Déesse… Le chevalier ne pouvait pas se permettre de mettre en danger la blonde !

Il perçut le léger soupir venant de l'adolescente, alors qu'elle détachait ses yeux de la lame purificatrice. Il crut voir, également, de la tristesse dans les iris bleues de sa comparse. Mais il ne comprenait pas pourquoi… Zelda n'avait pas tout pour être heureuse ? Et son devoir de héros lui permettait-il de faire quelque chose pour redonner de la joie à la princesse ? Link en avait envie plus que tout, alors il allait commettre une entorse à ses principes. Et puis, c'était la première fois, il ne pouvait rien lui arrivait… Si ? Il ne risquait pas de rendre des personnes malheureuses, hein ? La Déesse ne punirait pas cet acte ?

Prenant son courage à deux mains, le chevalier offrit son plus grand sourire à la jeune fille, lui dévoilant toutes ses dents. Il croisait les doigts pour que cela fonctionne. Il voulait vraiment réussir à chasser le trouble qu'avait la blonde ! Son père lui avait dit qu'un sourire en valait un autre, alors Link essaya pour la première fois ce proverbe. La princesse plaça sa main devant sa bouche, et se mit doucement à rire. Ce n'était pas un rire moqueur, comme ceux que l'épéiste avait pu entendre lorsqu'il avait dit qu'il se rendrait dans la forêt korogu pour retirer l'Épée de légende de sa stèle. Celui-ci était plus doux aux oreilles du jeune homme, comme si Zelda se servait de lui pour se libérer de tous ses soucis. Un sentiment de bonheur s'empara de l'adolescent, renforcé car pour la première fois depuis des mois il avait fait quelque chose sans tenir compte de son devoir de héros !

Le rire s'estompa peu à peu, jusqu'à ce qu'il ne restait plus qu'un sourire sur le visage de la princesse. Puis elle se saisit d'une théière, et en versa le contenu dans deux tasses toutes blanches hormis une auréole bleue en leur milieu. Le liquide orangé dégageait une fine fumée, presque transparente, enveloppant complètement les adolescents. Une odeur de lavande imprégnait la pièce, également. La blonde posa un des contenants devant le chevalier, en lui signalant de faire attention car la boisson était brûlante.

Il acquiesça, avant de saisir sa tasse et de la porter devant sa bouche. Il souffla sur le liquide avant d'en prendre quelques gorgées, imitant au mieux les manières de Zelda, en face de lui. De même que pour ne pas regarder les personnes de la cour sans y avoir été invité, il y avait toute une étiquette à table. Et le blond devait respecter ces codes qu'il n'avait jamais appris, à cause de son devoir de héros. Alors il mimait tant bien que mal les gestes de la jeune fille, pour ne pas l'offenser en buvant d'une façon peu « noble ».

Il ne buvait pas souvent du thé, pratiquement jamais, alors son goût le surprenait à chaque fois ! Le liquide était vraiment bon ! Reposant sa tasse, Link ne savait pas à quel point il pouvait la finir… Sa soif était déjà étanché, mais il ne voulait pas vexer la princesse si elle constatait qu'il en restait. Surtout si c'était l'adolescente qui avait préparé la boisson… Et puis l'attention du chevalier était plutôt tourné sur la petite assiette, au centre de la table, sur laquelle était posé divers petits biscuits.

Il n'avait rien mangé depuis la veille, et voir ces gâteaux avait réveillé son estomac. À l'aube, on lui avait annoncé que la princesse désirait s'entretenir avec lui, après le repas du midi. Et depuis cet annonce, il avait eu une boule au ventre et n'avait rien réussi à ingurgiter. C'était pour cette raison qu'il était arrivé en avance, en se demandant s'il devait entrer ou non devant la porte de la chambre de l'adolescente. Mais désormais, depuis qu'elle avait apaisé les craintes du chevalier, la faim de ce dernier se manifestait.

« Tu peux prendre des biscuits, si tu veux. Au lieu de les regarder avec des étoiles plein les yeux. »

Dit doucement Zelda, une pointe d'amusement dans la voix. Le chevalier pensait avoir jeté des coups d'œils discrets vers les gâteaux… Il sentit ses joues se chauffer sans savoir se l'expliquer… Mais puisque la princesse lui donna l'autorisation de se servir, il plongea rapidement sa main dans l'assiette de biscuit. Il en piocha un, qui était au beurre et aux pépites de chocolats. Fier de sa trouvaille, il ne tarda pas à en croquer un morceau avec vivacité. Lorsqu'il l'avala, son ventre laissa échapper un grognement de plaisir à enfin être rempli. Ce qui fit rire la princesse, et lorsque Link entendit ces éclats de voix ses pommettes chauffèrent encore plus. L'adolescent finit le biscuit qu'il avait commencé, puis en repris un second, puis encore un autre. Il se régalait ! Il ne se rappela que de l'existence de la blonde, quand cette dernière s'enquit froidement, les poings serrés sur la table et plantant un regard dur dans les iris du garçon.

« Tu n'es pas obligé de faire semblant de m'apprécier… elle essayait d'avoir l'air détaché, mais son ton laisser transparaître la tristesse qu'elle éprouvait. Après tout, je ne suis qu'une ratée à côté de toi… Incapable d'éveiller mon pouvoir… »

Obligé ? Ratée ? Tout ceci était faux ! Link ne comprenait pas pourquoi l'adolescente se mettait dans un tel état… Mais une chose était sûr, il n'aimait pas la voir les larmes au bord des yeux ! La jeune fille réagissait-elle comme cela car le chevalier ne lui avait pas encore adressé la parole ? Devait-il parler, alors ? Fallait-il la réconforter ? Et son devoir de héros, le lui permettait-il ?

L'adolescent appréciait vraiment être au contact de la princesse ! Et puis, elle avait fait des merveilles avec la technologie Sheikah ! Le chevalier pouvait-il simplement lui dire cela ? Alors qu'il ne connaissait pratiquement aucune base des convenances orales ? Zelda ne prendrait-elle pas mal cet écart de conduite ? Et si ses paroles la blesseraient encore plus ? Link n'avait jamais été à l'aise avec les mots…

Pourtant, il savait qu'aucun acte ne serait assez puissant pour chasser le désarroi de la princesse. Alors peut-être que les mots du blond, eux, seront assez fort. Après tout, il devait être fort pour protéger l'adolescente, et ce de toutes les façons possibles ! N'était-ce pas là son devoir de héros, de base ? Et puis, il ne voulait pas prendre la parole juste à cause de son devoir. Mais juste pour redonner sourire à Zelda ! Il tendit le gâteau qu'il avait dans ses mains à la blonde, pour attirer son attention, puisqu'elle avait sa tête baissé vers sa tasse de thé. Et lorsque celle-ci le regarda, il prit la parole d'une voix qui se voulait claire et chaude.

« Je… commença le blond, alors que ses cordes vocales lui faisaient mal, car il n'avait pas parlé depuis des semaines. J'aime bien être à vos côtés. Et vous êtes très forte concernant la technologie Sheikah. plus le chevalier parlait, plus sa gorge lui brûlait, mais il faisait fi de la douleur. Vous n'êtes pas une ratée !

- N'essaye p-... tenta la princesse, mais l'adolescent continua sa tirade ne l'entendant pas.

- Et il ne faut pas être vexé car je ne parle pas… J'ai toujours peur de dire quelque chose qui n'est pas digne d'un héros… Il ne faut pas que je déçoive des personnes. »

Sa gorge lui faisait atrocement mal, mais il était heureux d'avoir pu exprimé son avis. Surtout qu'il avait réussi à faire naître un sourire sur le visage de l'adolescente ! Et cela le rendait fier. C'était bien la première fois depuis qu'il avait récupéré l'Épée de légende qu'il se sentait plus libre, loin de son devoir de héros. Link avait l'impression d'être plus lui-même, et pas la personne que les habitants d'Hyrule voulait voir. Zelda, quant à elle, prit le gâteau que lui tendait toujours le blond, avant de le remercier chaleureusement.

« Merci beaucoup, pour ces paroles ! Et n'aies pas peur de parler avec moi, et peu m'importe si tes paroles ne sont pas dignes d'un héros. On est amis maintenant, n'est-ce pas ? »

Le chevalier hocha vivement la tête, un immense sourire gravé sur la face. Être ami avec la princesse, l'idée lui plaisait beaucoup ! Puis peut-être – sûrement – la princesse ne le verrait pas que comme le héros d'Hyrule, mais comme était véritablement le blond. Il l'espérait profondément ! Et grâce à Zelda, le blond pourrait devenir, l'espace de quelques instants, un garçon comme les autres. Avec ses peurs et ses défauts. Loin du héros que Link s'efforçait d'être.


Je voulais faire quelque chose de complètement sérieux, à la base. Donc, les questions existentielles de Link devant la porte de Zelda n'étaient pas prévus… Mais ça s'est imposé lors de l'écriture, et je trouvais ça drôle, donc j'ai gardé. XD Puis bon, c'est Zelda, elle-même qui dans son journal, que Link est un handicapé social ! Enfin, pas avec ces termes… ':)

J'ai essayé de montrer la pression qu'avait Link au sujet de son rôle de héros. Vu que je le vois très innocent, mais aussi très angoissé par son rôle de héros d'Hyrule. J'espère l'avoir bien fait ressentir ! :) Et j'espère que ma façon de faire parler Link ne vous a pas trop dérangé… ':) Vu qu'il parle pas beaucoup dans le jeu, c'est difficile de bien le retranscrire à l'écrit.

À bientôt ! ^^