Un chapitre soft parce que ça fait du bien!
Bonne lecture c:
« Il avait tellement bu qu'il ne parvenait plus à se lever! Gaia- la propriétaire, elle lui en a mis tellement plein la figure qu'il était aussi rouge que sa tunique! Je crois qu'il n'a jamais eu aussi honte de sa vie. »
Venec rejoignit Kalupso dans son fou-rire. Même Arthur souriait à l'entente de l'anecdote de la jeune fille. Les deux autres l'avaient forcé à les accompagner pendant leur repas, et même si au début il aurait préféré rester peinard dans son lit, il devait dire qu'il ne regrettait pas. À l'inverse des muscles de ses joues qui commençaient à lui faire mal tant ils manquaient d'entraînement.
L'ancien roi resserra sa prise sur son verre de lait et il fixa ses deux compères qui se tordaient de rire. Depuis combien de temps n'avait-il pas assisté à un repas aussi joyeux ? Il fut incapable de trouver une réponse à cette question.
Un gargouillement bruyant interrompit les deux romains qui tournèrent leur visage vers lui. Le sourire de Kalupso s'agrandit plus encore, si c'était possible, et les yeux de Venec s'écarquillèrent, brillant comme deux cristaux qui reflétaient la lumière.
« Je.. je crois que j'ai faim. »
Arthur se demanda comment un tel prodige était possible. La seconde suivante, Venec versait dans une assiette plusieurs tartines de pain et des tranches de viande avant de la lui mettre sous le nez.
« Wow, wow, doucement! s'écria Kalupso avec un fond de rire dans la voix. La viande ce n'est pas pour tout de suite. »
Venec, qui s'était laissé emporter par son enthousiasme, s'excusa et retira la viande de l'assiette du roi. Il étala tout de même de la compote sur plusieurs tartines parce que « ça serait fade sinon ».
Arthur prit une bouchée sous le regard attentif de ses compagnons, comme s'il était un enfant qu'il fallait surveiller par peur qu'il s'étouffe. La bouche pleine de nourriture, il leur lança:
« Non mais faîtes comme d'habitude parce que là… ça me perturbe. »
Un petit rire s'échappa de nouveau de Kalupso puis un silence léger et réconfortant prit place dans la pièce. Arthur était couvé par deux paires d'yeux chaleureux et encourageants, et la nourriture avait un goût particulier dans sa bouche, faisant renaître en lui des sensations qu'il pensait perdues à jamais.
Il se sentit si bien en cet instant qu'il eut envie de pleurer.
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Une fois l'émotion redescendue et la première tartine engloutie, Venec, dont le regard protecteur était toujours fixé sur le roi, se racla la gorge avant de se décider à parler.
« Bon, euh… comme vous commencez à aller mieux, je me suis dit que je pourrais peut-être aller faire un tour. »
Il croisa le regard surpris du souverain et se sentit obligé de se justifier.
« Enfin, parce que… je veux dire, il y a moins de raisons de s'inquiéter pour vous maintenant… »
Arthur avala sa bouchée mais il eut l'impression qu'elle restait bloquée dans sa gorge. Son coeur se serra sans qu'il ne comprenne pourquoi. Il tenta de garder une expression neutre et posa la tranche de pain qu'il avait dans les mains.
« Mais vous voulez aller où ? demanda-t-il, et il eut l'impression que sa voix se craquelait comme un mur de pierre vieux de dizaines d'années qui avait subi la tempête de trop.
- Et ben, en ville! Sur le port surtout. Je pense que c'est là-bas que j'ai le plus de chance d'obtenir des infos sur la situation en Bretagne.
- Oh..! J'ai cru- enfin. J'ai cru que… vous vouliez euh, partir quoi. »
Arthur, penaud, baissa la tête alors que Venec se demandait une nouvelle fois comment le roi pouvait penser une chose pareille. Avait-il été tellement abandonné dans sa vie qu'il en venait à penser naturellement que c'était l'intention de toute personne de son entourage?
« Je resterai jusqu'à ce que vous n'ayez plus besoin de moi. »
Arthur n'osa pas répondre qu'il doutait de ne plus avoir besoin du bandit un jour, et Kalupso sourit discrètement en observant un des angles de la pièce, l'air de rien.
