Bonjour, bonjour !

On repart sur une histoire sur Saint Seiya, avec encore une fois notre crabe préféré en personnage principal, cette fois accompagné de Milo ! Ce ne sera pas un ship, je précise. L'histoire ne s'y prête pas et puis, ils sont trop jeunes. Vous allez comprendre !

Le rating M est là pour violence et vulgarité, parce que DM étant DM...

En espérant que ça vous plaise :)


CHAPITRE 1 :

Le palais du Pope était froid, et sombre. Les torches qui brûlaient sur les colonnes ne pouvaient pas éclairer l'espace immense dans lequel évoluait le roi du Sanctuaire d'Athéna. Les ombres envahissaient les recoins, laissant à loisir des cachettes pour ceux qui auraient souhaité se dissimuler, ou terrifiant les serviteurs qui se hâtaient de presser le pas. Ce n'était pas le cas de Deathmask. Les ombres, il y avait les mêmes dans son temple, il y était habitué. Ici, il n'y avait pas d'âmes prisonnières des murs, juste des reflet du marbre qui avait viré au gris après tant d'années à se dresser là, en haut de la montagne.

Il était vingt-deux heures. A cette heure-ci, à Athènes, les adolescents de son âge se préparaient à aller dormir, pour être en forme le matin suivant, et supporter le cours de math qu'un professeur bedonnant donnerais à une classe de lycéens endormie. A seize ans, Deathmask entamait la veille de nuit de son temple, et compatit pour s'occuper les visages de ses victimes qui décoraient son intérieur. Les chevaliers n'avaient pas d'enfance. On pouvait convoquer un adulte à cette heure, et le Pope ne s'en était pas privé ; le Cancer avait donc enfilé son armure et grimpé les sept cent soixante-huit marches qui le séparaient de son supérieur.

Saga était assis sur son trône. Il portait son affreux masque en métal, qui dissimulait son identité au reste des chevaliers. Enfin, à une partie. Le Cancer savait qui se cachait sous le métal et les mèches noires qui cascadaient dans son dos. Il était presque sûr qu'Aphrodite le savait, aussi, et que Mû l'avait deviné. Sinon, pourquoi serait-il parti s'enterrer au fin fond du Tibet ?

L'adolescent posa un genou à terre. A sa droite, le chevalier su Scorpion faisait de même. Il lui dédia un regard curieux. Qu'est ce qui pouvais bien pousser Saga a les convoquer en même temps ? A part une tendance au sadisme, ils n'avaient rien en commun. Pourquoi diable irait-il discuter avec une crotte de quatorze ans qui ne voulait jamais se taire ?

« - Je constate que la ponctualité n'est toujours pas ton fort, Chevalier du Cancer, fit la voix doucereuse du Pope. »

Deathmask ne répondit pas -ce n'était pas nécessaire. En son fort intérieur, il était quand même vexé. Il avait deux fois plus de marches à monter quand même ! Mais déjà, Saga s'était désintéressé du sujet et enchaînait.

« - Que savez vous des armures du Bouvier et de la Chevelure de Bérénice ?

- Ce sont des armures d'argent, répondit Milo. Elles ont été perdues le siècle dernier…

- Il semblerait qu'elles aient refait surface. »

Deathmask plissa les yeux. Ceci expliquait cela. Dans la chevalerie, la tradition voulait que les chevaliers d'or entraînent deux chevaliers d'argents, qui entraînaient eux même deux chevaliers de bronze. Lui était censé éduquer les futurs chevaliers du Sextant et de la Chevelure de Bérénice. Fort heureusement, le chevalier su Sextant était déjà adulte quand il avait endossé son armure, et la Chevelure avait été perdue… Plus si perdue que ça, apparemment. Il ne connaissait pas les armures attachées à celles du scorpion, mais il y avait fort à parier que le Bouvier en faisait partie.

« - Les rumeurs font état de deux armures aux mains d'une branche de la mafia italienne, qui aurait récemment fait un énorme bon en avant dans les affaires. »

Ne pas demander comment le Pope était au courant des activités de la mafia. Surtout pas.

« - Je veux récupérer ces armures, ordonna Saga. Leurs pouvoirs sont trop précieux pour êtres perdus au profit de misérables rats comme ceux-là. Penser qu'ils osent défier le Sanctuaire... »

Un éclat de cosmos terriblement colérique fit frémir les chevaliers. Leur Pope n'était pas content. Et quand il n'était pas content…

« - Chevalier du Scorpion, tu te chargeras de savoir comment, et par qui les Italiens ont apprit l'existence de ces armures. Chevalier du Cancer, tu élimineras la menace. Me suis-je bien fait comprendre ?

- Parfaitement, Grand Pope.

- Vous trouverez toutes les informations en notre possession dans ces dossiers, conclu Saga en leur tendant deux chemises de carton. Vous pouvez disposer. »

Les adolescents ne s'attardèrent pas dans la salle après avoir récupéré le dossier en question. Sur le parvis du temple Popal, Milo laissa retomber la pression qu'il n'avait pas eu conscience d'avoir sur le dos et examina les feuilles qu'il tenait.

« - Ce n'est pas très épais. On voit ça maintenant ? »

Deathmask grogna son approbation. Plus vite ils auraient commencé, plus vite ça serait terminé. Travailler avec Milo ne l'enchantait pas, mais il s'y ferait, songea-t-il en suivant le scorpion dans son temple. Il aurait pu tomber sur pire… Genre, Shaka. Ou pire, Aiolia ! La mission aurait dégénéré en combat de mille jours en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire.

Il faisait nuit noire dehors. En contrebas, on pouvait voir les torches qui illuminaient les arènes et les baraquements des soldats au plus bas rang. Les marches des temples n'étaient pas éclairées, elles ; ils ne devaient leur démarche assurée qu'à l'habitude, et un peu de cosmos pour se guider.

Ils ne croisèrent personne dans le temple du poisson, mais ça n'étonna pas le quatrième gardien. Ce n'était pas la nuit de garde d'Aphrodite ; le bienheureux devait dormir comme un loir. Il régnait la même ambiance chez Camus, avec quelques degrés en moins. Ils passèrent en silence, même si être silencieux avec plusieurs kilos d'armure sur le dos n'était pas chose facile.

Contrairement aux deux derniers gardiens, Shura était de garde. Les torches qui éclairaient les colonnes du dixième temple étaient allumées. Une silhouette fine et dorée les attendait adossée à un bloc de marbre taillé en bas-relief.

Milo le salua d'un signe de tête. Ils n'étaient pas proches -dans leur génération de Chevaliers d'ors, on pouvais distinguer trois groupes d'âge qui, par la force des choses, se côtoyaient plutôt entre eu. C'était ça qui poussa Deathmask à s'arrêter sur le parvis du temple.

« - Mission tardive ? Demanda le Capricorne en désignant du menton le treizième temple.

- Ouais.

- Tous les deux ? »

Un hochement de tête fit hausser un sourcil à l'espagnol. C'était rare. Un chevalier d'or était généralement suffisant pour le genre de missions qu'on attribuait d'habitude à Deathmask.

« - C'est grave ?

- Chiant, plutôt. Ça risque de durer des plombes, murmura l'italien. »

Il jeta un coup d'œil à Milo, qui attendait poliment à une distance raisonnable. Il observait une sculpture, laissant leur intimité aux deux amis, mais le Cancer ne doutait pas que ses oreilles fussent grandes ouvertes.

« - On va se ramasser vos tours de garde. Merci du cadeau, enfoiré.

- Tu va prendre du gras à rester à rien foutre.

- C'est ton gras que je vais tailler si tu continues.»

Un petit sourire étira les lèvres de l'italien.

« - Des promesses, toujours des promesses…

- Dégage de mon temple, Deathmask. »

L'adolescent aux cheveux blancs s'exécuta avec un petit rire. Est ce qu'ils étaient amis ? Peut-être. Shura était un peu naïf, mais taillé dans le même roc que lui. Ce n'était pas un psychopathe, mais il avait ce côté froid et mécanique qui lui plaisait. Leurs interactions étaient toujours en demi-teintes, agressives mais étrangement empreintes de légèreté. C'était rafraîchissant.

Il rejoignit Milo et ils prirent la direction des temples inférieurs. Heureusement qu'ils ne descendaient pas jusqu'au quatrième, tiens. Croiser des ors en garde n'était pas toujours une expérience plaisante -surtout qu'il ne s'entendait que très moyennement avec la moitié d'entre eux.

Lorsqu'ils passèrent dans éternellement vide temple du Sagittaire, il laissa comme toujours son regard s'égarer sur les colonnes. Encore quelque chose que tout le monde taisait au Sanctuaire. La fameuse trahison d'Aiolos. Deathmask n'y croyait qu'à moitié. Lui se souvenait de l'adolescent attentionné, rieur et dévoué jusqu'au bout des ongles à Athéna. Il était assez vieux pour se souvenir des soirées passée au côté du si jeune Chevalier du Sagittaire, le premier de leur génération, juste avant Saga. Saga… Sa soi-disante disparition datait de cette trahison. Entre ça et le fait de le retrouver assis sur le trône du Pope, des théories pouvaient facilement être faites.

Il ne se risquait pas à les exposer à voix haute. Ça aurait été gâcher de l'énergie et du temps pour rien.

Ils quittèrent vite ce temple maudit et arrivèrent enfin au temple du Scorpion. Là, Milo lui fit signe de le suivre jusqu'à une porte dissimulée derrière une rangée de sculptures poussiéreuses.

Les quartiers privés du Scorpion étaient bien différents des siens. Il y avait des tapis persans sur le sol, les tentures aux murs et les meubles étaient finement ouvragés. Il se sentait presque comme déplacé dans cette ambiance un peu étouffante. Est ce que c'était partout pareil ?

« - Mon maître venait du Maroc, expliqua Milo en voyant son regard perplexe. Elle disait toujours que les temples étaient trop vides pour elle. C'est sympa comme déco, j'avais pas envie de la jeter.

- Si tu le dis…

- On s'y met ? »

Ils s'y mirent.


Deathmask sauta du bateau avec bonheur. Il détestait naviguer. Il avait le mal de mer. Fort heureusement, c'était aussi le cas de Milo ; ils avaient donc passé la traversée chacun dans leur coin à sécuriser leur estomac. Heureusement que ça n'avais duré que deux heures…

Le port de Naples était un bordel bruyant et agité, comme tous les ports de la planète. Les deux adolescents avançaient avec difficulté, et ils n'étaient absolument pas aidés par les grosses boites qu'ils portaient sur le dos. Ils avaient dissimulé leurs armures dans des grands sacs de voyage et ressemblaient plus ou moins à des tortues. C'était d'un ridicule… En plus, ils attiraient l'œil par leurs physiques décalés.

Si Deathmask pouvait passer pour un jeune adulte, de part sa musculature et sa taille, ce n'était pas le cas de Milo, qui attendait encore sa poussée de croissance. Ajoutez à cela que le plus jeune était blond, alors que les Italiens étaient plutôt bruns… Quoi que le cancer se démarquait encore plus, avec ses cheveux blancs. Il serra les dents et avança plus vite -il détestait être dévisagé. Il y avait longtemps que plus personne ne le faisait, au Sanctuaire, trop effrayés pour oser étudier le quatrième gardien de près.

Quand ils sortirent enfin du port, il était déjà exténué. Trop de contacts humains !

« - L'hôtel est loin ?

- Pas trop. »

Il sortit de son jogging une feuille de papier pliée. Encore quelque chose qui les démarquait des autres. Au Sanctuaire, la tenue la plus en vogue était les tuniques et pantalon d'entraînements, en tissus solide mais terriblement moches. Bon sang, ils portaient des sandales qui remontaient jusqu'aux genoux, pour certains ! Pour les missions, ils devaient courir à la blanchisserie demander des vêtements passe-partout. C'était parfois un désastre. Par exemple, cette espèce de chemise à fleur moche que se trimbalait Milo… Il avait bien rit en voyant son collègue là dedans, et s'était empressé de chercher lui-même ses vêtements.

L'hôtel n'était pas loin, heureusement. Ils ne mirent qu'une demi-heure à l'atteindre. Il ne payait pas de mine, coincé dans une petite rue d'un quartier marchand, mais c'était mieux qu'un grand hôtel de luxe -déjà, parce qu'ils auraient totalement détonné dans ce genre d'environnement ; ensuite, parce qu'ils se devaient être discrets pour mener l'enquête. Ils passèrent la porte avec bonheur. L'air climatisé était une bénédiction.

Derrière le comptoir, une femme entre eux âges classait des feuilles de couleur. Elle releva la tête à l'approche des deux adolescents -Deathmask se fit la réflexion qu'elle avait les lunettes les plus moches qu'il avait jamais vues, vertes et énormes, attachées autour de sa tête par un gros cordon rouge.

« - Bonjour, les garçons, fit-elle avec un grand sourire. Est ce que je peux vous aider ?

- On voudrait deux chambres, marmonna le plus âgé. »

Il avait horreur qu'on lui parle comme à un môme. Le dernier qui s'y était risqué s'était retrouvé avec un voyage premium vers le puits des âmes.

La réceptionniste baissa un peu ses lunettes pour les observer.

« - Vous êtes seuls ? Pas de parents ?

- Nan.

- Ce n'est pas très réglementaire, gronda gentiment la vieille dame. Je n'ai pas le droit de louer des chambres à des mineurs non accompagnés.

- Putain, marmonna le Cancer. »

Évidemment ! A chaque mission, c'était pareil. Dans les hôtels ou les restos, on les prenait toujours de haut à cause d'un foutu chiffre marqué sur un bout de papier. Les papiers d'ailleurs, parlons-en ! S'était bien simple, la plupart des chevaliers n'en avaient pas ; ils n'existaient tout simplement pas aux yeux du gouvernement grec, ni pour aucun autre. Quand il fallait prendre l'avion ou traverser les frontières, c'était toujours un bordel monstre.

Milo vit la mâchoire de son collègue tressaillir. Attention, catastrophe ! Il prit aussitôt les devants. Il ne pouvait décemment pas le laisser trucider cette pauvre vieille qui ne faisait que son travail, et qui les regardait d'un air vaguement vexé suite à l'injure du plus vieux.

Il prit son air le plus angélique. Autant que le peu de rondeur d'enfance qui lui restait serve à quelque chose !

« - Excusez mon grand frère, dit-il en donnant un coup de coude au proclamé frère. Il est grognon parce qu'il aime pas le bateau. Pourquoi on peut pas rester ? Maman nous a donné de l'argent pour les vacances, regardez ! »

Il sortit de sa poche la bourse généreusement remplie que leur avait fournit le Sanctuaire.

« - C'est les dernières vacances qu'on a ensemble avant qu'il parte au service militaire, continua-t-il d'un ton suppliant. Après je le verrais pas pendant des mois ! »

Éberlué, Deathmask regarda la réceptionniste se mordre la lèvre. Depuis quand Milo était si bon acteur ? Il hocha mécaniquement la tête pour appuyer les propos.

« - Allez, s'il vous plaît ! On fera pas de bêtises, c'est promis !

- Bon… C'est d'accord. Mais ! Mais, appuya-t-elle pour couper les remerciements du scorpion, je veux téléphoner à votre mère avant. Si elle laisse ses enfants seuls en vacances, c'est son problème… Mais je veux être sûre qu'elle sache où vous êtes. »

Aïe.

« - Pas de soucis ! »

Comment ça pas de soucis ? Mais si, il y avait un soucis !

« - Bien, souris la secrétaire en décrochant le téléphone. Quels sont vos noms, les garçons ?

- Milo, madame. »

Un coup de coude fit savoir à Deathmask qu'il devait répondre, lui aussi. Les yeux bleus de Milo lançaient des avertissements. S'il foirait tout, il se démerdait pour rattraper la bourde.

« -… DM, finit-il par dire.

- J'ai besoin de ton prénom, pas de ton surnom, expliqua la femme avec patience. Pour les papiers de l'hôtel.

- Damian.

- Damian et Milo Maradis, compléta le plus jeune.

- Parfait. Donne-moi le numéro, maintenant. »

Milo s'exécuta, et quand la femme se trouva penchée sur son combiné, Deathmask se pencha vers son collègue.

« - Maradis ?

- Le nom d'un des gardes, souffla le Scorpion. Damian, c'est ton vrai nom ?

- Nan. Qui est ce qu'elle appelle ?

- Un bar à Rodorio. Ils ont un téléphone spécial que les chevaliers peuvent appeler quand ils en ont besoin en mission… Tu ne l'as jamais utilisé ? »

Le Cancer fit non de la tête. Il n'allait quasiment jamais à Rodorio. Pourquoi faire ? Il n'avait personne à y voir, rien à y acheter. Il n'aimait pas la foule et les allées-venues. Il savait que beaucoup de ses inférieurs y passaient leurs soirées libres. Certains y avaient même des familles.

« - Ils ne vont pas faire de conneries ?

- Ils sont habitués. »

Bon. Au moins, tout serait réglé sans effusion de sang. C'était presque dommage, tiens.

« - Parfait, les garçons, sourit la réceptionniste en reposant son cabinet. Votre mère va m'envoyer tous les papiers nécessaires. Suivez moi ! »

Elle sortit de derrière le comptoir en remuant son épais fessier enrobé d'un tailleur en velours. Deathmask était plus grand qu'elle, et elle dût relever la tête pour le regarder dans les yeux et lui dire de le suivre. Elle frissonna devant les pupilles rouges de cet étrange adolescent. Des lentilles ? Ou une couleur naturelle ? Sa belle-sœur lui avait parlé des albinos, ces gens qui naissaient sans couleur… Mais il avait la peau foncée, presque tannée par le soleil. Elle détourna le regard, mal à l'aise. L'adolescent eu un sourire torve.

Elle les mena à l'étage de l'hôtel et franchit une porte en bois.

« - Ce sont deux petites chambres qui se partagent une salle de bain, expliqua-t-elle. Je vous laisse vous installer. Le ménage passe le soir, à dix-sept heures. On ne sert pas le petit-déjeuner, mais il y a un bistro en face qui fait moitié prix pour nos clients. Vous n'aurez qu'à leur montrer la clef. »

Elle tendit à Milo une clef accrochée à un gros porte-clef défraîchit. Le Scorpion lui sourit en retour.

« - Merci, madame !

- Je t'en prie, mon petit, appelle moi Giulia. N'hésitez pas à venir me voir si vous avez besoin de quoi que se soit ! »

Après un dernier signe de main, elle les laissa seuls dans la pièce.

« - Grosse vache, grogna Deathmask en posant son sac.

- Elle est gentille.

- Elle pose trop de questions. »

Milo leva les yeux au ciel.

« - Je prend l'autre chambre, fit-il en ouvrant la porte de la salle de bain. Ouah, on a même deux éviers ! »

L'aîné leva les yeux au ciel. Qu'Athéna lui donne la force de supporter cet imbécile…

Il mit en sourdine les exclamations de son auto-proclamé frère et entreprit de vider son sac. La box de son armure, brillante et dorée, lui tira un sourire. Cancer semblait vibrer d'impatience. Il posa une main sur le métal qui était toujours chaud à son contact.

« - Encore un peu de patience, ma belle, murmura-t-il en caressant la boîte. »

Il s'en détourna. Il faudrait penser à la cacher. L'idée le révulsait, mais si une femme de ménage la trouvait, les questions seraient compliquées à éviter, et il ne pouvait pas tuer ceux qui seraient au courant le son existence. Bon sang ! Il détestait les missions d'infiltration. D'habitude, c'était soit Milo qui en héritait, tout seul, ou on envoyait le Verseau ou le Poisson… Lui était bien meilleur dans les missions dites « de nettoyage ». Comprendre, venir, massacrer les cibles, repartir comme s'il n'avait jamais été là.

Foutue armure qui avait décidé de venir le faire chier en remontant a la surface après tant de temps passée sous le radar. Il se vengerait sur son porteur, tiens !

Il dissimula sa partenaire dans le placard qu'il scella d'un coup de cosmos. Celui qui essayerait de l'ouvrir aurait une sacrée surprise.

Le reste de ses affaires n'était pas gros. Quelques vêtements récupérés à la blanchisserie – et méticuleusement choisis s'il vous plaît, il n'était pas un clown, lui-, des affaires de toilettes, et un vieux carnet à dessin tout craquelé. Il s'affala sur son lit et récupéra un fusain qui s'émiettait dans le fond de son sac.

Il tourna les pages noircies. Il n'y avait que Shura et Aphrodite qui savaient qu'il gardait un coffre plein de ces carnets griffonnés. Un psy aurait adoré voir certain de ces dessins, pensa-t-il distraitement. Et on l'aurait fait enfermer dans la foulée. Comme une bonne partie des ors.

« - Hé, t'as faim ? »

Rature sur la feuille.

« - Nan. Fous moi la paix. »

Il entendit le môme marmonner de l'autre côté du mur, avant que la douche ne s'enclenche. Le son de l'eau qui frappait la faïence le plongea dans une sorte de demi-conscience où il laissa ses pensées défiler au rythme du fusain sur sa feuille.

Vivement qu'ils aient un peu d'action. Sinon, il finirait par étrangler son collègue.


Voilà, on démarre doucement ;) A mercredi prochain pour la suite !

(La review est le salaire de l'auteur !)