Contente que la fiction te plaise Marina Ka-Fai!

Chapitre corrigé.

Bonne lecture c:


Venec voulu partir dès la fin de leur repas, mais Kalupso le retint avant qu'il ne franchisse la porte d'entrée. Elle lui tendit timidement la dague qu'elle lui avait confisqué le jour de leur arrivée.

« On ne sait jamais. » dit-elle.

Venec lui sourit et promit de revenir avant la nuit, avant de disparaître sous les rayons du soleil.

Arthur, que la fatigue avait rattrapé, s'excusa auprès de son hôte et retourna se coucher. La jeune fille prit le temps de nettoyer leur table à manger ainsi qu'une partie de la villa, avant de s'installer confortablement pour commencer une lecture en attendant le réveil de son invité.

Arthur fut tiré d'un mauvais rêve quelques heures plus tard. Dans les images diffuses qui lui traversaient l'esprit, il se revit allongé dans la barque de Venec alors qu'ils essayaient d'atteindre Rome. Le bandit, épuisé, s'était laissé tomber et avait basculé hors de leur embarcation. L'ancien roi avait eu beau se débattre, tenter de se défaire des cordages qui l'enserraient, il avait été incapable de porter secours à son compagnon de voyage.

L'esprit brouillé, il lui avait fallu quelques minutes avant de réussir à se tirer des draps et de descendre dans la partie commune de la villa.

Il trouva Kalupso dans la cuisine, s'affairant à préparer ce qui devait sans doute être leur repas pour le soir.

« Vous avez bien dormi Arthurus?

-Euh… bof.

-Vous voulez en parler? »

Arthur haussa les sourcils, désemparé, avant de se racler la gorge pour se donner une contenance. Il observa les rayons dorés du soleil couchant qui atteignaient la chevelure de la jeune fille et donnaient vie à de jolis motifs sur les murs de la pièce.

« Mais… il est si tard que ça? demanda-t-il.

- Oui, vous avez dormi longtemps. Venec ne devrait pas trop tarder à revenir. » Elle leva son visage vers lui et pointa de la lame de son couteau les différents légumes étalés devant elle. « Vous voulez m'aider?

- À cuisiner? Je n'ai jamais...

- Je vais vous apprendre, c'est très simple. »

Le sourire confiant de son interlocutrice donna un élan d'énergie à Arthur, et il s'avança vers elle avant de saisir un couteau à son tour.

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Effectivement, la cuisine n'avait rien eu de bien compliqué jusqu'à maintenant. Arthur prenait plaisir à se re-servir de ses mains et à se concentrer sur quelque chose d'un peu plus léger que sa survie. Ses gestes n'étaient absolument pas assurés et il gaspillait la moitié des légumes qu'il épluchait mais ce n'était pas grave. Il était certain que ce n'était pas pour ça que la jeune fille lui avait demandé son aide. Il jeta un coup d'oeil dans sa direction. Son visage était détendu, elle semblait extrêmement concentrée sur sa tâche, mais un petit sourire persistait sur ses lèvres. Son profil perturbait le souverain mais il n'eut pas le temps de mettre le doigt sur ce qui le dérangeait. Kalupso semblait avoir senti le regard du roi et avait dévié vers lui ses prunelles curieuses.

« Tout va bien?

-Oui… je me demandais simplement si… si notre présence ne vous dérangeait pas. » avait dit Arthur sans réfléchir.

Kalupso retourna à son activité sans se départir de son sourire.

« A vrai dire… je suis plutôt heureuse d'avoir de la compagnie. Venec et vous êtes des colocataires agréables. »

Arthur devint pensif et il lui sembla apercevoir une ombre mélancolique voler dans les yeux de la jeune fille. A moins que cela ne fut un reflet de sa propre tristesse…

« Pardonnez-moi de vous poser la question à nouveau mais… comment ça se fait que vous viviez seule? »

Kalupso souffla longuement, mais ce n'était pas un soupir énervé. Elle semblait plutôt résignée.

« Bon, puisque votre curiosité ne vous laissera jamais tranquille…" Elle posa son couteau. « Mon père voyage beaucoup pour Rome. Et ma mère souhaite le suivre dans tous ses voyages. Quand j'étais petite, ils m'emmenaient avec eux, mais il y a maintenant plusieurs années ils m'ont demandé ce que je souhaitais. J'ai préféré rester à Rome et recevoir chaque jour les leçons de mes précepteurs. J'en avais assez de voyager de ville en ville. Je suis donc responsable de la maison pendant leur absence. Ils… rentrent très rarement. »

Son sourire s'était presque effacé et ses mouvements se firent plus durs. La réponse de la jeune fille fit naître de nouvelles questions dans l'esprit d'Arthur mais il s'en voulait de lui avoir retiré sa bonne humeur, alors il n'insista pas.

Une demi-heure à peine s'écoula avant que les pas de Venec ne se fassent entendre dans l'atrium.

« Je suis de retour! Dites, ça sent super bon, Kalupso! »

Le bandit manqua d'avaler sa langue quand il vit le roi sortir de la cuisine.

« Si- Arthurus?! Je ne savais pas que vous saviez cuisiner.

-Je ne sais pas cuisiner. Si vous vous régalez ce soir, ce ne sera sûrement pas grâce à moi. »

La jeune femme sortit derrière le souverain et retrouva le sourire lorsqu'elle salua Venec d'un signe de tête. Ils s'installèrent tous les trois dans un salon avec les différents plats qui avaient été préparés. Personne n'y toucha avant que le bandit ne raconte son après midi.

« Bon… je n'ai pas appris grand chose. J'ai interrogé pas mal de monde, pourtant. Mais je me suis arrêté avant de commencer à attirer l'attention. »

Arthur haussa lentement les épaules. Peut-être que Venec avait exagéré et que la situation en Bretagne n'était pas si terrible. Peut-être que Lancelot régnait avec sagesse, comme il l'avait espéré.

« Par contre… »

Le ton énigmatique du voleur attisa la curiosité de ses deux auditeurs.

« Et bien, quoi? » s'impatienta le roi.

Venec sourit de toutes ses dents et saisit un objet qu'il semblait avoir caché dans son dos.

« Regardez c'que je vous ai ramené! »

Devant les deux regards interdits, il brandit fièrement un joli rudius taillé dans du bois clair.


Je ne sais pas quand le prochain chapitre arrivera parce qu'il n'est pas fini d'écrire!