« Qu'est-ce que vous voulez que je foute de ça? » demanda Arthur en fixant le rudius que Venec avait déposé dans ses mains.

« Et bah! Vous entraîner! J'en ai pris un pour moi.

-Quoi? »

Un petit rire échappa à Kalupso qui esquissa un mouvement pour se servir dans les différents plats. Le roi commençait à râler en disant qu'il n'avait pas besoin et surtout pas l'envie de s'entraîner, et le bandit insistait, répondait qu'il était hors de question qu'ils ne fassent pas un peu d'exercice physique. La jeune femme les coupa d'une voix calme.

« Et pour moi, vous n'en avez pas ramené?

-Et… qu- quoi? Comment? »

Venec et Arthur avaient levé leurs regards vers elle, ne comprenant pas vraiment où était la blague. Seulement, Kalupso semblait extrêmement sérieuse.

« C'est un tort, vous savez. Je sais très bien me battre.

-Ah oui, vraiment? »

Kalupso fronça les sourcils quand une ombre moqueuse passa dans les yeux du bandit, mais retrouva bien vite un sourire éclatant.

« Je vous montrerai. »

Venec aurait mieux fait de la fermer. C'est ce qu'il se répétait alors qu'il contrait les coups de Kalupso tant bien que mal. La jeune femme n'avait pas menti, elle se distinguait dans le maniement des armes, bien plus que lui. Après dix minutes de passes, Venec leva les mains en signe de reddition et s'assit sur une banquette à côté d'Arthur en tentant de reprendre son souffle.

« Bon sang mais… où est-ce que vous avez appris à vous battre comme ça?

- Mon père m'a entraînée quand j'étais plus petite. »

Venec et Arthur échangèrent un regard curieux mais ne firent aucun commentaire. La jeune fille tourna son visage vers l'ancien roi et le pointa de son rudius.

« Bon alors Arthurus, vous faites quelques passes ?

- Hm non, non non.

- Roh allez, histoire de vous dérouiller. » ajouta Venec.

Le breton soupira.

« Je me dérouillerai plus tard, c'est pas la peine d'insister. »

Kalupso haussa les épaules, reposa son épée et commença à débarrasser les plats de leur dîner, aidée par Venec. Quelques instants plus tard, Arthur se leva à son tour pour nettoyer la grande table en bois du triclinium.

Le roi était allé se coucher, le bandit et leur hôte terminaient leur soirée par un jeu de dés. Kalupso continuait de gagner toutes les parties mais Venec apprenait à être de moins en moins mauvais perdant et cela se terminait généralement en crise de rire.

Alors qu'ils s'apprêtaient à rejoindre leurs chambres, la jeune femme s'arrêta brusquement au milieu du couloir.

« Qu'est-ce qui se passe? demanda Venec.

- J'entends un bruit. »

Elle fit demi tour et se hâta vers l'atrium de la villa. Quelqu'un y était effectivement présent, mais elle reconnut la silhouette immédiatement et se détendit. Elle échangea un sourire avec Venec qui était sur ses talons.

Sous les rayons de lune que le toit ouvert de l'atrium permettait d'apercevoir, le roi déchu combattait un ennemi invisible au rudius, avec une volonté qu'il n'avait pas eue depuis bien des années.